Cette décision du Conseil constitutionnel exprime des choses intéressantes en rappelant des évidences oubliées par les ayants-droit :
[…] la communication au public d’un phonogramme par les services de radio par internet en cause ouvre droit à une rémunération, dont le montant est réparti par moitié entre les artistes-interprètes et les producteurs, versée par le service de radio, en fonction des recettes produites par l’exploitation ou, à défaut, évaluée forfaitairement. Selon les articles L. 214-3 et L. 214-4, le barème et les modalités de versement de cette rémunération sont établis par des accords spécifiques à chaque branche d’activité entre les organisations représentatives des artistes-interprètes, des producteurs de phonogrammes et des personnes utilisant les phonogrammes ou, à défaut d’accord, par une commission administrative paritaire. Il résulte de ces dispositions qu’une rémunération équitable est assurée aux titulaires de droits voisins au titre de l’exploitation des phonogrammes.
Vous nous aviez proposé de nous rencontrer mardi soir dernier afin de discuter ensemble du site NosDéputés.fr. Nos premiers échanges téléphoniques avec vous et vos collaborateurs nous avaient laissé penser que l’objectif de cette réunion serait de recueillir vos suggestions d’améliorations de notre site, dans le respect de son objet […]
À notre profond regret, l’échange a pris la forme d’un « procès » de notre association et de la plateforme développée qui, pour reprendre des formulations exprimées mardi, serait un « système pervers », qui porterait le ferment d’un « antiparlementarisme » et contribuerait à la « valorisation des trolls parlementaires ». Nous ne voulons pas y voir une volonté des questeurs de l’Assemblée nationale de casser l’un des seuls instruments permettant de prendre la température de l’activité parlementaire dans sa diversité. Si nous comprenons parfaitement combien notre action et notre outil peuvent parfois gêner, ils ne sont pas conçus pour plaire ni pour déplaire mais pour retracer des éléments objectifs.
[…] Le plus souvent fructueux, ces différents échanges ont contribué au fil du temps à enrichir à la fois la transparence du Parlement, le site officiel de l’Assemblée et le nôtre :
- mise en œuvre des sanctions réglementaires inappliquées début 2010 ;
- diffusion des amendements de commission en format accessible en 2011 ;
- systématisation des listes d’auditionnés dans les rapports et établissement du registre enrichi des lobbyistes en 2013 ;
- mise à disposition en Open Data de la réserve parlementaire par nos soins en 2013, puis officiellement à partir de 2014 ;
- publication des noms de l’ensemble des votants sur les relevés de scrutins publics en 2014 ;
- ouverture de la plateforme Open Data de l’Assemblée en 2015 ;
- sans oublier la numérisation, avec l’aide de 8 000 citoyens, des données déclarées manuellement auprès de la HATVP en termes de lutte contre les conflits d’intérêts.
[…]
Nous proposons depuis 2010 une solution techniquement très simple pour remédier à cela : la transparence des délégations de vote, c’est-à-dire expliciter sur le relevé de chaque scrutin public et solennel lorsqu’un votant absent a chargé un autre député présent de porter son vote. Cette transparence, qui est la norme dans la plupart des parlements modernes, permettrait de prendre enfin en compte les scrutins électroniques comme sources d’information sur la présence en hémicycle, comme nous le demandent régulièrement de très nombreux anciens et nouveaux députés depuis près de huit ans.
Le fonctionnement des délégations est déjà informatisé en amont des séances et intégré au mécanisme de scrutin électronique, de sorte que lorsqu’un député vote depuis l’hémicycle, le vote de son éventuel délégant est immédiatement et automatiquement intégré au décompte du scrutin. Ainsi, comme nous l’ont confirmé de nombreux interlocuteurs au sein des services de l’Assemblée, aucun obstacle technique n’empêche l’application d’une telle mesure dans le processus de publication des scrutins.
[…]
Afin de pouvoir mieux refléter l’investissement des parlementaires lors de l’ensemble des missions d’information, d’application ou de contrôle, des auditions organisées par les rapporteurs, ou encore des réunions d’organes essentiels comme le Bureau ou la Questure, il serait très simple de publier au Journal Officiel les relevés de présences des parlementaires à ces travaux.
En effet, les réunions des commissions et de certains comités, offices et délégations font déjà l’objet d’un tel relevé de présences publié au Journal Officiel. À titre d’exemple, le Journal Officiel du 21 juillet 2017 détaille les relevés de présences de sept réunions de commissions, alors que plusieurs d’entre elles n’ont pas fait l’objet de feuille d’émargement ni même de compte-rendu.
La pratique des feuilles d’émargement n’est en vigueur que le mercredi matin afin de permettre aux services de l’Assemblée de mettre en œuvre les sanctions financières encourues par les parlementaires en cas d’absences répétées à ces réunions. Mais les administrateurs relèvent les parlementaires présents à la plupart des réunions et assurent la publication quotidienne de ces relevés au Journal Officiel. Il serait donc très simple et peu chronophage pour les administrateurs de systématiser cette pratique dès lors qu’ils sont sollicités pour une audition ou une réunion.
[…]
Concernant la publication de l’agenda individuel de tel ou tel député, nous vous en félicitons et encourageons naturellement ces pratiques transparentes. Ces données n’auront cependant pas vocation à être intégrées directement au sein de NosDéputés.fr, tant que ces pratiques ne seront pas systématiques, officielles et sous un format uniforme pour l’ensemble des députés. Elles mélangent par ailleurs des activités très diverses, pas nécessairement liées aux missions constitutionnelles des parlementaires. C’est en revanche un outil très utile et un important gage de confiance qui vient parfaitement compléter l’ensemble des sources d’information sur les activités publiques des élus. N’hésitez pas à en signaler le lien (URL) aux services de l’Assemblée afin qu’ils puissent l’ajouter à la liste de vos sites. Nous serons ravis de le voir alors apparaître également pour les visiteurs de NosDéputés.fr.
[…]
Comme pour les auditions des commissions ou les réunions du Bureau, il nous semblerait utile que les citoyens puissent être informés des activités de la questure, qui reste parmi les organismes les plus opaques de l’Assemblée. Un simple relevé de décisions à l’image des compte-rendus des réunions du Bureau constituerait d’ores et déjà un important progrès. En complément, un simple relevé par un administrateur des députés participant à chaque réunion, et sa publication dans le flux quotidien du Journal Officiel, suffiraient là encore à offrir une plus grande visibilité à ce travail.
Le fonctionnement budgétaire et financier reste par ailleurs totalement inaccessible : alors que c’est un document central qui régit l’ensemble de l’activité financière de l’Assemblée, l’accès au Réglement budgétaire comptable et financier de l’Assemblée nationale est refusé tant aux députés ne participant pas aux réunions du Bureau qu’au déontologue. Il est bien sûr également refusé à tout citoyen.
Il en va de même pour les documents comptables de l’Assemblée dont seul un résumé très succinct est publié, et seulement depuis 2014.
Moralisation de la vie politique ou moralisation politicienne de la vie politique ?
Il y a un sujet que je souhaite évoquer, mais je ne suis pas sûr de la manière dont il faut l'aborder ni de ce que j'attends en le racontant ici…
Chez l'un de mes anciens employeurs, une petite PME informatique du sud de la France, nous étions 20 salariés et 2 salariées. L'une des salariées occupe un poste administratif et a, de ce fait, un bureau pour elle seule. Elle force le respect des jeunots par son âge, tendance « ça pourrait être ma mère donc bon ». L'autre est une jeune ingénieure R&D qui a son bureau dans l'open space, comme le reste des informaticiens.
Je me suis assez vite rendu compte que, de manière récurrente (au moins une fois par semaine et parfois plusieurs fois en une seule demie journée), cette deuxième personne faisait l'objet de """"blagues"""" désobligeantes en rapport avec son sexe, en provenance de plusieurs collègues de même niveau hiérarchique, toujours les mêmes. C'est tellement banalisé dans notre société que je n'ai pas mémorisé ces petites phrases du quotidien. Je me souviens seulement un peu du jour où j'ai décidé d'intervenir. Trois """"blagues"""" venaient d'être enchaînées dont l'une disait que vu que la collègue portait le badge de la société autour de son cou « comme une vache », c'était forcément pour aller « faire la vaisselle ». Ce badge ouvre juste le local de la société hein, l'avoir avec soi ne dit pas qu'on est le⋅a préposé⋅e aux tâches ménagères des parties communes. Et la majorité des collègues hommes que j'ai fréquenté dans ma carrière mettent aussi leur badge autour de leur cou. Bref, ce propos n'a aucun sens. Je me souviens d'avoir protesté d'un « roooh mais stop quoi ! » agacé qui n'a bien rien changé. Ouais, on a connu plus énergique comme protestation.
Il y avait également des mentions relatives à la pauvre femme frileuse qui nous demandait parfois de couper la clim'. Ouais, pour ces gens-là, c'est difficile d'admettre que la climatisation peut déranger certaines personnes à la longue, même des vrais hommes (!), notamment les personnes enrhumées ou sensibles au pollen, en fonction de la pureté de l'air, de la localisation de la personne par rapport aux buses de climatisation, du réglage de la puissance, etc. Et si t'écoutais la collègue, tu savais son motif.
Depuis quand emmerde-t-on ses collègues comme cela ?! Est-ce acceptable ? Si l'on suit la règle « ne fais pas à autrui ce que tu ne voudrais pas qu'on te fasse », alors c'est inacceptable à mes yeux.
Je sais ce que certains vont penser : peut-être était-ce un jeu entre personnes consentantes ayant un certain degré d'amitié ? Si c'était le cas, il faudrait m'expliquer ces deux choses :
Je ne doute pas que lesdits """"blagueurs"""" sont globalement bienveillants mais mal informés de la réalité et de l'impact de ce qu'ils pensent être des blagues. En effet, s'ils étaient malintentionnés, on pourrait s'attendre à des blagues racistes visant la même collègue. Or, il n'en est rien. Parce qu'on a presque tou⋅te⋅s intériorisé que le racisme c'est quand même pas gentil donc nous sommes racistes, mais nous ne l'exprimons plus.
N'empêche, j'ai une profonde admiration pour cette collègue : subir ce type de comportements à longueur de journées depuis plusieurs années sans broncher… Il faut vraiment avoir un mental d'acier. Je ne sais pas si ça sonne bien de l'écrire à cet endroit, mais c'est sincère. Évidemment, je ne lui ai jamais dit, car ça aurait été le malaise over 9000 pour nous deux, je pense.
À part ça, il y avait la recherche des minois féminins sur le web. En effet, cette société commerciale propose du support client⋅e⋅s par téléphone et tickets. Si un homme représentant une société cliente envoyait un mail de demande d'assistance, les collègues y répondaient sans commentaire (sauf sur l'éventuelle difficulté à communiquer avec cette personne, parfois bornée, parfois incompétente). En revanche, si c'était une femme représentante d'une société cliente qui envoyait un mail, certains collègues (les mêmes, les auteurs des """"blagues"""" visant la collègue, étonnamment) cherchaient son profile LinkedIn, sa photo et tout ce qu'il est possible de trouver en trois clics sur le web avant de lui répondre. Évidemment, ils se targuaient de commentaires à haute voix sur le physique de la dame et de comparaisons entre les clientes façon FaceMatch. En fonction des commentaires, des gens situés à l'autre bout de l'open space se déplaçaient parfois pour admirer les trouvailles…
On pourrait en douter, mais je parle là de personnes qui ont quasiment la trentaine et qui sont en couple. J'en profite pour rappeler qu'être un mec en couple avec une meuf n'apporte aucune garantie sur ta présumée bonne conduite : mention spéciale aux violences conjugales (une femme était assassinée tous les 3 jours en France en 2014) et à la non répartition de la charge mentale dans les tâches ménagères.
Non, mais je comprends : il ne peut pas exister de sujets de discussion plus intéressants que de réduire une catégorie de personne à des objets qui se doivent d'être jolies à regarder. Il ne peut pas y avoir plus important que de discuter du physique des gens. Pour le reste, Emma explique mieux que moi les problèmes fondamentaux que pose ce comportement dans sa BD « le regard masculin ».
Je n'écris pas ce shaarli pour absoudre mon inaction.
D'une part parce que je ne mérite pas l'absolution car je fais partie du groupe dominant oppresseur, par définition. J'ai opprimé, j'opprime et j'opprimerai des personnes, inconsciemment ou consciemment. La choupie défense « tous les hommes ne sont pas comme ça » est un mensonge : je suis bien comme les mecs que je dénonce dans ce shaarli. Je le suis à des degrés différents, peut-être, mais je le suis tout de même. Car je siège sur un privilège. Certes, un privilège inné que je n'ai jamais demandé ni même voulu, mais un privilège quand même. Toute la question est de savoir ce que j'en fais : est-ce que j'en descends pour le remettre en question ou est-ce que je m'en sers pour écraser autrui ?
D'autre part car, bien avant d'être confronté au cas décrit dans ce shaarli, j'avais lu de la documentation féministe (je ne sais pas si ça se dit, ça me semble sonner faux…) et j'en avais conclus que je ne peux pas résoudre ce problème car je suis en partie le problème. Je ne peux pas sauver les femmes (ou toute autre ""minorité"" opprimée) car je ne suis pas un sauveur et que les opprimé⋅e⋅s n'en ont de toute façon pas besoin ! Ce n'est pas à moi d'affirmer qu'une personne a trop besoin de mon aide en mode américain⋅e qui va semer la paix partout dans le monde à l'aide d'armes. Le maximum de ce que je peux faire pour améliorer les choses, c'est réduire la voilure de mon oppression : comprendre et identifier où, comment et pourquoi je nuis et cesser de nuire. Mais je ne peux pas être à l'avant-garde du combat. Il reste la question d'apporter l'aide / l'assistance mutuelle à laquelle chaque personne a le droit. Quels sont alors les signes qui marquent la volonté d'une personne de recevoir de l'aide ? La mise en danger d'autrui ? Le simple fait de constater une infraction pénalement répréhensible comme l'est le harcèlement moral ? Et si ce qui nous semble être une victime n'a pas envie de monter au fight malgré tout ? Sentir une quelconque forme de détresse comme cela se produit lors d'agressions dans les transports en commun ? Pas évident, pas simple.
Je sais que certains pensent que "roooh quand même, on ne va pas se flageller sur cette histoire d'oppression des sexes, stop quoi, c'est boarf mais c'est comme ça". C'est une bonne excuse pour justifier le maintien du rapport de force actuel entre dominants et dominé⋅e⋅s car les personnes qui tiennent ce discours sont du bon côté de la fracture. Tout comme le Seigneur n'avait pas à réfléchir à la condition du⋅de⋅la Serf⋅ve. Tout comme le patronat n'a pas à réfléchir à l'oppression qu'il fait subir au salariat (après tout, il croit lui fournir un emploi, merde quoi, c'est bien suffisant, il ne va quand même pas réfléchir sur une manière de travailler mieux et plus humainement avec les salarié⋅e⋅s !). Tout comme les classes sociales dominantes qui votent pour des hommes et des femmes politiques qui sont de plus en plus sécuritaires / autoritaires et qui proposent toujours le même individualisme et la même compétition constante entre les personnes, n'ont pas à réfléchir aux dégâts que ces politiques causent sur des pans entiers de la population (travailleur⋅euse⋅s pauvres, pauvres, croyant⋅e⋅s, demandeur⋅euse⋅s d'asile, burn-out, salarié⋅e⋅s, etc.). Tout ce beau monde cherche juste à maintenir ses privilèges, tant pis si ça détruit plein d'autres gens qu'eux⋅elles, ce n'était pas voulu consciemment… mais c'est bien l'effet que ça produit. On voit bien que ce raisonnement simpliste "je m'en foutiste / pas en mon nom / boarf" n'est qu'une idiotie de plus pour maintenir la domination, fut-elle implicite.
Que conclure ? Que de tels comportements existent en dehors de l'imagination des feministes et que nous sommes incapables de tous les identifier et de les qualifier. N'oublions pas que d'un point de vue du Seigneur, la condition du⋅de⋅la Serf⋅ve était parfaitement normale, tout allait bien, merci, mais du point de vue du⋅de⋅la Serf⋅ve ? Certes, il⋅elle⋅s s'étaient résigné⋅e⋅s à accepter le sort construit pour eux⋅elles, mais ça ne démontre rien.
En tout cas, ces comportements ont été l'un des facteurs clés qui ont fait que j'avais envie de me barrer de cette société commerciale. L'autre facteur étant qu'à la signature du contrat, j'avais sur-évalué ma capacité à relever le défi que constituait l'une de mes missions. Je suis parfaitement incapable d'expliquer pourquoi et en quoi ces comportements déplacés parvenaient à m'atteindre et à m'attrister. Après tout, je suis dans le groupe dominant, rien à battre, non ? Peut-être parce que c'est l'un des marqueurs d'une mentalité individualiste merdique plus globale qui faisait qu'il n'existait pas, par ailleurs, de vrai esprit d'équipe ni de vraie entraide ? Peut-être parce que je ne pense pas échapper positivement à un jugement basé sur la beauté ?
This is just to inform you that this procedure works fine under Ubuntu 16.04 LTS. There was no driver for our Konica Minolta Bizhub c224e, but I selected the driver "KONICA MINOLTA 500/420/360PS(P)" that was available on the list and works like a charm printing in full colour.
Just remember to change Device URI from the default one to something like lpd://10.1.0.13/print - you can check the IP address in the menu on the printer display.
Le Conseil constitutionnel :
Les Exégètes ont contribué à refermer un peu la brèche, temporairement… Le Conseil semble en effet affirmer qu'un patch législatif satisfaisant pourrait être un nombre limité de personnes surveillées parmi l'entourage. Mais, avec un tel patch, on passerait d'une surveillance "open bar" à une surveillance ciblée, donc on aura déjà réduit la brèche et protégé les droits et libertés. GG aux exégètes. < 3
Via https://twitter.com/bayartb/status/893384523743981568 et https://twitter.com/N_Hervieu/status/893384429892239360
Début mars 2017, je souscris un abonnement pour un accès à Internet par fibre optique sur le site web d'Orange. Rassure-toi, je sors toujours couvert : l'intégralité de mon trafic Internet passe toujours dans un VPN de mon FAI associatif préféré, pas folle la guêpe.
J'interromps déjà mon récit pour te dire de toujours souscrire via le web : les employé⋅e⋅s des boutiques Orange ne font que remplir le même formulaire (et l'amabilité est fluctuante, comme chez toute personne) et ce traitement humain coûte 9 €/mois supplémentaire durant un an soit 108 € (yep, un abonnement en ligne est 9 €/mois moins cher pendant un an).
Quinze jours après ma souscription, un employé d'un sous-traitant d'Orange vient fibrer mon logement. Cela me permet de documenter les coulisses d'un déploiement de fibre optique à la maison (avec de zolies photos) et la manière de supprimer la Livebox. Jusque là, ça va.
Le hic, c'est que je ne reçois ni le contrat ni mon identifiant permettant de m'identifier sur le site web d'Orange. L'identifiant permet de consulter les factures et de désactiver les options (genre demander à ne pas recevoir de spams) comme nous le verrons ci-dessous. Le contrat est important puisque, pour rappel, toute l'idéologie de la Commission européenne pour retarder l'adoption de la neutralité des réseaux en UE était que "les opérateurs n'ont qu'à indiquer, en tout petit dans leur contrat, toutes les atteintes à la neutralité du réseau qu'ils commettent et toutes celles qu'ils envisagent de commettre et le gendarme des télécoms se contentera de vérifier si le contrat évoque l'intégralité des atteintes en cours sur le réseau et sanctionnera pour manquement à la transparence le cas échéant. Si la neutralité des réseaux est un critère important pour les consommateurs, alors ceux-ci, en acteurs libres et éclairés liront le contrat et choisiront l'offre d'accès à Internet sur laquelle il n'y a aucune atteinte". Que fait-on sans contrat ?
Comme je le raconte dans un précédent shaarli, à la demande d'une employée d'Orange, il a fallut triturer mon adresse postale dans le système informatique d'Orange pour qu'elle corresponde au déploiement de la fibre optique dans mon immeuble. Il n'est donc pas forcément étonnant que je ne reçoive rien, l'adresse n'ayant aucune signification pour La Poste, même si un⋅e programmeur⋅euse informatique dirait tout de suite que normalement, on découple l'adresse de facturation de l'adresse de livraison du service…
Le 18 mars, je téléphone au service client⋅e⋅s d'Orange (le fameux numéro de téléphone « 39 00 »). Nous modifions mon adresse postale et l'employé du sous-traitant d'Orange déclenche l'envoi d'un duplicata du contrat. N'ayant toujours rien reçu, je ré-itère ma démarche le 8 avril. Cette fois, on me dit que nous modifions mon adresse postale aujourd'hui mais qu'il faudra téléphoner à nouveau dans 1 semaine pour déclencher l'envoi du duplicata, afin d'être sûrs que la modification de l'adresse est bien prise en compte. Je téléphone le 29 avril : l'adresse n'est toujours pas la bonne… Rebelote. Je téléphone le 27 mai : toujours pas OK.
Je décide de saisir la DGCCRF (Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes).
J'interromps à nouveau mon récit pour rappeler que, depuis 2009, à l'échelle de chaque département, les DGCCRF ont fusionné avec le service départemental vétérinaire, le service départemental de protection de l'environnement et le service départemental de protection de la santé. Les effectifs et les moyens (locaux, par exemple) ont été réduit à peau de chagrin. Cela a pour but de faire des économies, paraît-il. Désormais, pour toute question des cons sommateur⋅rice⋅s, il y a un service national avec des hommes⋅femmes-robots qui tentent de répondre en faisant une recherche dans la littérature… qui est déjà accessible sur le web. Je me souviens encore du temps où l'on pouvait aller dans leurs locaux pour poser des questions… C'était il y a moins de 15 ans ! Ça me met dans un état de rage. L'inspection du travail est aussi en train de se faire plomber méchamment… Le business d'abord, merde ! Travaille, consomme et tais-toi ! C'est bien triste. :'(
Dans notre malheur collectif, la DGCCRF propose tout de même un formulaire en ligne qui permet de les informer d'un litige commercial. Étant donné le nombre limité de caractères, j'ai envoyé un PDF d'une demie page expliquant mon problème. J'ai informé la DGCCRF de mon litige le 29 mai. J'ai eu une réponse quasi humaine le 1er juin. Rapide. Réponse qui m'informe que mon dossier a été transmis au médiateur interne à Orange et que si ça ne donne rien, je pourrais saisir l'association Médiation Communications électroniques et que si ça ne donne rien, je pourrais tenter un procès.
Le 20 juin, une directrice du « service national consommateurs » d'Orange me téléphone. Elle m'informe que la DGCCRF a bien toqué à sa porte, que mon adresse postale de contact / facturation enregistrée dans le système info d'Orange est bien la bonne, que le contrat n'est jamais envoyé par courrier (il faut se débrouiller à le trouver sur le site web d'Orange, hahahaha) et que les identifiants ne sont jamais re-envoyés par courrier (pourquoi le service client⋅e⋅s a-t-il une procédure pour cela, alors ? ;) ). Avant de m'adresser au service client⋅e⋅s d'Orange, je m'étais créé un compte sur le site web d'Orange. Mais pour obtenir les droits sur mon contrat fibre, il fallait saisir mon numéro de client qui se trouve sur une facture qui se reçoit… sur le compte dont je n'ai pas le mot de passe. L'employée ne peut pas me le communiquer ni le changer de force (dafuck ?!), mais elle peut me filer mon numéro de client afin que je me fasse procuration à moi-même…
Mes deux demandes (contrats et identifiants) étant satisfaites, je clôture le dossier à la DGCCRF le jour même par retour de mail.
Une semaine plus tard, devine ce que je trouve dans ma boîte aux lettres ? Mais oui, mon identifiant, celui qui est censé ne pas être renvoyé. Mais aussi mon identifiant de connexion (PPoE/DHCP). Évidemment, cela a été envoyé à la mauvaise adresse, celle qu'il a fallut fabriquer à la volée avec l'employée Orange pour valider l'intervention du technicien qui a fibré mon logement…
Et après tout ça, Orange t'envoie plusieurs enquêtes de satisfaction titrées « Votre avis est précieux »… Foutage de gueule… Le paradoxe entre une multinationale qui standardise au maximum mais qui cherche à personnaliser l'expérience utilisateur⋅rice parce que ça rapporte du blé. MA-GI-QUE. :')
Si ça peut t'aider, le numéro de téléphone du service national consommateurs d'Orange est le 08 00 00 76 56. Tu vas tomber au standard, demande Delphine Erpin (je ne suis pas sûr de la manière de l'écrire). Pour être crédible, t'as qu'à dire que c'est la DGCCRF qui t'a filé le numéro et le nom.
Maintenant que j'ai mon (et même mes) identifiant, je peux me connecter à l'espace client Orange et virer les options que me semblent fort déplaisantes :
Le Miroir Digital présente une vision globale et détaillée de vos usages via l'analyse de votre navigation. En activant le Miroir Digital, vous autorisez Orange à déposer un cookie sur votre navigateur. Nous analysons les données de votre navigation Internet. Afin de profiter du Miroir Digital pensez à activer vos cookies. Pour le reste, vous surfez comme d'habitude ! L'analyse à partir des cookies sera mise en œuvre sur chaque navigateur sur lequel vous serez enregistrés avec vos identifiants et mots de passe Orange. Lorsque vous utilisez un ordinateur public ou appartenant à un tiers, effacez les cookies ou utilisez la fonctionnalité « naviguer en privé » du navigateur. Les correspondances privées (notamment contenu des emails, messagerie instantanées, mots de passe, activité sur les réseaux sociaux) et vos téléchargement ne sont pas traités. Les sites traitant des sujets suivants : religion, philosophie, origine raciale, sexualité, appartenance politique ou syndicale, santé ne sont pas pris en compte.
Du contenu, des offres et des bons plans vous sont proposés en fonction de vos thématiques préférées.
Pour qu'un navigateur web transmette un cookie à un site web, il faut que le cookie et le site web partage le même domaine (exemple : il faut que le site web shaarli.guiguishow.info ait une frame ou un contenu hébergé chez orange.fr pour que le cookie Orange soit envoyé par ton navigateur quand tu visites ce shaarli). Comme ce n'est pas le cas sur la majorité des sites web, on en déduit qu'Orange a signé un juteux contrat avec une régie publicitaire qui a de conséquentes parts de marché et qu'en échange, Orange propose quelques offres promotionnelles à ses client⋅e⋅s. Orange a donc connaissance de toutes les pages web qui intègrent la régie publicitaire consultées par un foyer lambda… Une bonne partie des lectures de ce foyer… Comme quelqu'un⋅e lisant au-dessus de l'épaule de millions de personnes. Un outil de surveillance.
J'en profite pour rappeler que la phrase « Les sites traitant des sujets suivants : religion, philosophie, origine raciale, sexualité, appartenance politique ou syndicale, santé ne sont pas pris en compte. » est autant un mensonge que de dire que les programmes informatiques autorisés par la loi Renseignement ne traitent pas les données des journalistes, des avocat⋅e⋅s et des autres professions protégées pour la simple bonne raison que la découverte qu'il s'agit d'un site web traitant de religion, de philo, de sexe, de syndicalisme ne peut être faite qu'a posteriori, au moment où les données collectées sont analysées. Or, la Cour de Justice de l'Union Européenne a été très claire dans son arrêt Digital Right Ireland : collecter, même sans traiter, c'est déjà de la surveillance de masse puisqu'il suffit de revenir sur sa décision de ne pas traiter telles donnéees et pouf, rien ne s'y oppose.
Encore aujourd'hui, le miroir digital n'est pas activé par défaut. Et contrairement à Numerama, je n'ai constaté aucun popup lors de ma connexion à l'espace client⋅e⋅s. Mais vu la ribambelle d'extensions Firefox que j'utilise, ce n'est pas étonnant. :D
Pour activer / désactiver le miroir, il faut cliquer sur ton nom en haut à droite -> « Gérer vos infos personnelles » -> « Voir toutes les préférences de contact » (tout en bas) -> l'onglet « Miroir digital » en haut.
Un jour, la chasse d'eau des WC ne semble plus fonctionner puisqu'après actionnement, de l'eau s'écoule en permanence dans la cuvette.
Ouvrons le capot du réservoir d'eau et voyons comment ça fonctionne à l'intérieur. Ha, oui, pour ceux et celles qui débutent, il faut d'abord dévisser le bouton qui actionne la chasse d'eau jusqu'à pouvoir le retirer complètement (il suffit de le dévisser de droite à gauche, comme un couvercle de conserve en verre).
En gros, à l'intérieur d'un réservoir de WC, il y a deux mécanismes : le tuyau d'arrivée d'eau et un flotteur d'un côté, le mécanisme d'actionnement de l'autre. Voir le schéma de https://www.bebe-et-tournevis.fr/conseils/r%C3%A9soudre-un-probl%C3%A8me-de-chasse-d%E2%80%99eau-sans-appeler-le-plombier.
Le fonctionnement est simple : un joint souple bloque la sortie vers la cuvette, l'arrivée d'eau remplit le réservoir, le flotteur reste à la surface de l'eau et s'élève en suivant le niveau de celle-ci puis, à un certain moment, bloque l'arrivée d'eau. Une pression sur le bouton d'action de la chasse soulève la cloche (la base du mécanisme d'actionnement quoi), ce qui provoque la libération rapide de l'eau dans la cuvette. Puis, le mécanisme d'actionnement remet la cloche en place donc le joint bloque la sortie vers la cuvette et rebelote.
Première vérification : est-ce que le flotteur est fonctionnel ? Monte-t-il avec le niveau de l'eau et parvient-il à stopper l'arrivée d'eau ? Dans mon cas, oui.
Deuxième vérification : est-ce que le flotteur arrête l'arrivée d'eau avant que le niveau de l'eau dans le réservoir n'atteigne le trop-plein (le tube au milieu du mécanisme d'actionnement) ? Sinon l'arrivée d'eau remplit trop le réservoir, le trop-plein le vide, l'arrivée d'eau remplit, le trop-plein vide, etc. Dans mon cas : oui.
Je me dis que le joint souple du mécanisme d'actionnement est foutu / rongé / entartré. Il faut démonter le mécanisme d'actionnement de la chasse afin d'avoir accès au joint. Pour démonter le mécanisme d'actionnement, il suffit de le prendre à pleine main et de le tourner un coup vers la gauche. Les loquets en plastique seront débloqués et il sera possible de soulever l'essentiel du mécanisme. Dans mon cas, le joint semble en bon état avec juste un peu de particules blanchâtres de tartre que j'ai enlevées avec de l'eau et de l'huile de coude. Pour remettre en place le mécanisme, il faut le remettre à sa place et tourner vers la droite. Plusieurs essais peuvent être nécessaires en fonction de l'emplacement des loquets et des encoches.
Je remonte le tout et ça fonctionne… quelques chasses… puis ça foire à nouveau. En revanche, il n'y a pas de fuite d'eau vers la cuvette entre deux chasses réussies. Je me dis que ça doit être le mécanisme d'actionnement sans trop savoir quoi donc je re-ouvre le réservoir, juste pour voir.
Avec l'arrivée d'eau coupée, je m'amuse avec le mécanisme d'actionnement et je comprends ce qui cloche : le mécanisme ne redescend pas toujours après actionnement, il est grippé, il ne coulisse plus donc, forcément, l'eau rejoint la cuvette en permanence. J'aurai dû comprendre plus tôt en écoutant le bruit des WC après chaque chasse ratée : je n'entendais pas le bruit sourd, « CLANG ! » caractéristique du mécanisme qui retrouve sa position fermée et du joint qui empêche brutalement l'eau de descendre dans la cuvette. Pour remettre le mécanisme en ordre de marche, il suffit juste de tirer sur le bitoniau sur lequel vient se visser le bouton d'actionnement.
J'étais partant pour dire que ça ferait bien l'affaire en l'état, mais ça fait quand même un réservoir entier qui se vide à chaque couac, ce qui constitue un gaspillage monstrueux d'eau…
Je me renseigne sur le prix d'un mécanisme de chasse d'eau à étrier à double débit : 25 € au magasin du coin. OK. Sauf que je comprends que pour remplacer le mécanisme central d'une chasse d'eau, il faut soulever le réservoir, ce qui implique de dévisser l'arrivée d'eau et le réservoir (qui est fixé à la cuvette par deux gros vis). Ben ouais, tu croyais que les loquets dont je parle ci-dessus se fixent dans quoi ? Dans un socle en plastique situé "sous" le réservoir… Cette opération dépasse mes compétences.
Pour l'instant, j'ai trouvé une manière de prévenir le problème : appuyer de manière minimale sur les boutons d'actionnement de la chasse. Ne pas rester appuyé, ne pas enfoncer les boutons à fond comme un bourrin, mais juste ce qu'il faut pour déclencher la chasse, petite ou grosse. Et si le système se grippe à nouveau, ce qui n'est pas arrivé depuis, hop, tirer sec sur le bouton d'actionnement sans tout démonter à nouveau et ça repartira.
Parfois, on signe un bail locatif avec un⋅e particulier propriétaire portant sur un appart' situé dans un immeuble. Parfois, on se retrouve avec le genre d'interphone pointé par ce shaarli. Parfois, on se retrouve avec un syndic de copropriété (l'organe exécutif, qui peut être un bidule professionnel, qui est choisi via une mise en concurrence par le syndicat des copropriétaires, le bidule informel qui regroupe tou⋅te⋅s les propriétaires d'un immeuble, similaire aux membres d'une association, les deux délibèrent d'ailleurs en Assemblée Générale annuelle) qui n'y va pas de main morte sur la tarification des services aux propriétaires / locataires. Dans mon cas, le syndic propose d'ajouter mon nom sur la liste située dessous l'interphone en échange de 50 €. Ben oui, le syndic fait intervenir un prestataire professionnel donc bon comprenez mon bon monsieur…
Il faut bien comprendre que dans une platine de rue (le bloc interphone + liste) comme celle-ci, la liste est juste un tableau imprimé sur une feuille A4 pliée et glissée entre deux plaques de plastique épais. Et que tout cela se démonte aisément…
Au premier abord, les vis pour démonter le cadre font peur : on dirait du torx avec une boule au centre. Normal : il s'agit de « security torx ». On se dit qu'il doit falloir un tournevis spécial pour les dévisser. Hé bah non, un tournevis plat de 2,5 mm (x 75 mm pour la longueur du manche, par exemple) suffit largement. Après cela, il suffit d'augmenter l'espace entre les deux plaques de plastique en dévissant 4 écrous (qui, dans mon cas, n'étaient pas serrés du tout donc dévissables à la main). Enfin, il suffira de retirer l'ancienne liste et d'en glisser une corrigée à la place avant de revisser le tout. Waaaaaaouh, ça valait bien 50 €.
Pour corriger la feuille, je conseille d'en refaire une en intégralité. Sur du papier avec un faible grammage. J'ai choisi de coller une étiquette par-dessus le nom de l'ancien⋅ne locataire de mon appart' et, à la nuit tombée, ça se voyait, l'éclairage depuis l'intérieur de la platine ayant plus de mal à traverser deux couches de papier. Mais bon, 2 jours plus tard, le syndic' a refait toute la feuille… en prenant en compte ma modif'… sans rien me facturer jusque-là.
This is the latest chapter in a court proceeding that dates back to 2013, when Cloudflare initiated a challenge to the previous form of the NSL statute with the help of our friends at EFF. Our efforts regarding NSLs have already seen considerable success. After a federal district court agreed with some of our arguments, Congress passed a new law that addressed transparency, the USA FREEDOM Act. Under the new law, companies were finally permitted to disclose the number of NSLs they receive in aggregate bands of 250. But there were still other concerns about judicial review or limitation of gag orders that remained.
[…]
In its ruling, the Ninth Circuit upheld NSL gag orders by ruling that the current system does not run afoul of the First Amendment. Currently, the laws governing the issuance of NSLs permit a nondisclosure requirement so long as the requesting official certifies that the lack of a prohibition “may result” in certain types of harm. However, there is no judicial scrutiny of these claims before the gag order goes into full effect. Only once the restriction has already been imposed can a company seek judicial review before a court. Furthermore, the FBI must only reassess the gag order at three years in, or when investigation has closed.
Along with our co-petitioner, CREDO Mobile, Cloudflare challenged the NSL gag orders as a “prior restraint” on free speech. In First Amendment law, prior restraints are judicial orders or administrative rules that function to suppress speech before it ever takes place. There is a heavy presumption against the constitutionality of prior restraints, but they can be justified in narrowly defined circumstances or if the restraint follows certain procedural safeguards. In the context of NSLs, we considered those safeguards to be lacking.
The Appeals Court disagreed: in its ruling, the Court determined that NSL gag order was indeed a prior restraint subject to “strict” constitutional scrutiny, but that such orders were “narrowly tailored to a compelling state interest” and provided enough procedural safeguards to pass constitutional muster.
While we are still reviewing the specifics of the court’s decision, Cloudflare will continue to report on NSLs to the extent permitted by law. We will also continue to work with EFF as we weigh how to proceed: the next steps may be to make a request for an en banc appeal all the members of the 9th Circuit, or petition the U.S. Supreme Court to take up the case.
Un bon billet sur une des manières d'encapaciter des personnes. À lire.
Première, ça veut dire être en pleine lumière. Et ça me gêne. Ça veut dire que tous les autres élèves de la classe vont regarder ce que je fais, et surtout, qu’on va me prendre pour exemple. Les rares moments où la prof exhibait ma copie pour dire « prenez exemple, elle a tout bon », j’étais très gênée.
Déjà parce que c’est pas vrai. Je fais des erreurs, souvent. Et puis, c’est une dictée, je n’ai aucun mérite, c’est facile d’avoir tout bon, il suffit d’avoir retenu la forme des mots. Rien qui mérite les palmes et les honneurs.
Ensuite, c’est chiant parce que ça m’empêche d’essayer. Si tout le monde me regarde, je vais avoir peur de faire le moindre faux pas, et donc je vais moins prendre de risques : « han mais toi qui es si bonne en orthographe, tu as fait cette faute d’accord ! ». On pardonne moins aux gens qu’on prend en exemple.
[…]
A la Fédération, un jour on a proposé, sur le ton de la plaisanterie, mon nom comme candidate au bureau. Puis en mon absence (!) [1] à l'AG suivante, pof, vice-présidente.
C’est pas exactement comme forcer la main. Les gens qui m’ont « poussée devant » à chaque fois, ne m’ont pas fait faire quelque chose que je ne voulais pas. Je sais dire non, et j’ai déjà refusé des responsabilités que je ne voulais pas prendre. L’expression juste est « poussée devant ». Il y a eu cette impulsion qui disait : mais si, tu peux, allez. La main qui te pousse sur le devant de la scène alors que tu hésites à sortir des coulisses, et qui dit « allez ». Je ne sais pas si j’aurais fait ça de moi-même. Je serais certainement restée terrée dans les coulisses.
Alors c’est un peu malgré moi, mais c’est tant mieux.
Ce que ça a créé comme brèche, c’est que ça a opposé, à ma parole qui était « ce n’est pas à moi de juger que je suis utile, je ne le suis pas plus que tant d’autres, alors je ne vais pas me mettre en avant » (entendre : « je connais le texte par cœur et j’ai répété, mais quand même, je n’ai pas envie de faire capoter la pièce si je me trompe alors je vais rester dans les coulisses et souffler le texte aux autres, moins de risques »), une autre parole : « si, tu en es capable » (et tiens, te voilà sur la scène, au fait).
[…]
Ça a bien fini par arriver. L’autre sentiment que j’avais dans la voiture à Cholet, et qui m’emplissait de trouille, était que c’était irrémédiable. C’était trop évident. Pour tout le monde. Ça coulait de source. J’étais donc morte de trouille à l’idée que ça arrive, je ne me sentais pas du tout à la hauteur.
Pour que j’accepte simplement de présenter ma candidature au poste de présidente de la Fédération FDN, il a fallu un travail assez long. C’est des heures de discussions avec Benjamin, qui démontrait par a + b que si, ça tu sais faire, ça tu fais déjà, si si, ça tu as les épaules pour, si, ça tu vas apprendre et vite, donc pas d’inquiétude, etc. C’est un an et demie-deux ans à entendre, de la part de lui comme d’autres : « tu as les épaules pour faire ça », « tu es légitime ». La parole qui autorise.
Il faut, à un moment donné, cette parole qui dit « tu es légitime ». Sans quoi ça n’arrive jamais. On reste bloquée à « non mais, je suis trilingue, diplômée d’une prestigieuse fac de droit, j’ai vingt ans d’expérience en droit des affaires internationales, mais quand même, je ne vais pas m’autoproclamer experte en droit des affaires international ». Hmm, si tu peux, en fait. [2]
Benjamin a aussi, doucement, créé cette forme de poussée vers l’avant qui faisait que je n’avais pas d’autre choix que d’assumer des responsabilités comme une grande : me retrouver seule à représenter la Fédération à l’anniversaire de l’Arcep, par exemple.
J’ai repensé il y a quelques jours à l’un des meilleurs conseils qu’on m’ait donné. En prépa, devant notre apathie à préparer le concours de l’école normale supérieure (1 % de réussite, peu d’entre nous se sentaient réellement concernés par le concours), M. Jambet [3] referme le livre que nous commentions et s’énerve : « Cessez donc d’être des personnes en puissance et soyez des personnes en acte ! » « Vous êtes ici parce que vous avez les moyens de prétendre au concours : devenez ce que vous êtes ! » Devenez ce que vous êtes. Projetez-vous reçus au concours au lieu de vous dire que ce n’est pas pour vous. Autorisez-vous à faire ce dont vous êtes capables.
C’est ça, ce qu’il se passe, quand on ne s’autorise pas à avoir l’ambition pour ce dont on est capable : on ne s’autorise pas à devenir ce que l’on est. La présidente actuelle de mon association de doctorants est brillante, mais repoussait la responsabilité en disant qu’elle n’y arriverait pas. On l’a poussée devant et élue présidente. Je l’aie vue devenir présidente. Agir de manière présidentielle, prendre l’initiative sur tout, positionner l’association sur tel et tel événement. Il suffisait de s’autoriser, d’accepter que c’est sa place. Elle était déjà parfaitement capable. Elle était, en fait, déjà présidente. En puissance. Il manquait ce geste-là.
[…]
S’autoriser à être légitime, en fait, c’est aussi une conversion du regard, au sens fort et platonicien du terme. C’est cesser de regarder les autres en disant : « et si j’échoue ? », et poser la question autrement : « qui suis-je et quelle est ma place ? ». C’est la juste continuité de ce que je disais il y a quelques temps déjà : « [j]'ai compris que je serai vraiment utile non pas en essayant d'être ingénieur barbu comme eux, ça n'a aucun intérêt. En conjuguant mes apports d'avant avec ce que j'apprends des télécoms. Ça, ça me semble plus malin. Courir après ce qu’on n’est pas ne fait que renforcer le complexe. ». Une partie de la question « et si j’échoue ? » réside en fait dans « et si j’échoue à faire comme Benjamin ? ». C’est une mauvaise question, parce je suis sûre d’échouer : je ne suis pas Benjamin Bayart.
Changer de regard amène à considérer le fait que je peux tout à fait réussir à cette place avec ce que je suis. Parce que je suis quelqu’un d’autre. Et que si j’échoue c’est pas grave. Personne n’est parfait, ni lui ni moi. Et que ça ne remet pas en cause qui je suis ni à quoi je suis légitime de prétendre. C’est ma place, non ?
Heu... J'aimerai savoir pourquoi 4 SSD flanchent d'un coup ?
Aucune idée. Multiples chocs électriques envoyés par le contrôleur et/ou le backplane ? Firmwares vaseux ? 42 ? Nous ne savons pas.
Tout ce qu'on peut dire :
echo 0 - 0 > /sys/class/scsi_host/hostX/scan, il fallait rebooter. Ces événements ne nous inquiétaient pas outre mesure : un contrôleur SATA qui part en vrille et qui ignore un de ses ports, c'pas nouveau, c'était même parfaitement connu du support de Dell à une époque… De même, mdadm qui sort un disque d'une grappe parce que y'a eu un pet de mouche tout près, ça s'est déjà vu plusieurs fois ;Saisi par des députés de gauche, le Conseil constitutionnel a estimé, lundi, que l’accord commercial de libre-échange entre l’UE et le Canada n’implique pas de réviser la Constitution.
[…]
Même s’il doit encore obtenir l’assentiment des trente-huit Parlements nationaux et régionaux des pays membres pour entrer en vigueur, le feu vert des eurodéputés permettra son application partielle à partir du 21 septembre.
[…]
Il faudra encore plusieurs années avant que l’ensemble des Parlements nationaux et régionaux valident à leur tour le CETA. Que se passera-t-il si l’un d’eux vient à dire non ? Difficile à dire, car cela ne s’est jamais produit. En France, le traité est vivement critiqué de l’extrême gauche à l’extrême droite en passant par les écologistes, une partie de la droite et de la gauche. Début mai, le président Emmanuel Macron, qui défend le CETA, s’est néanmoins engagé à reconsidérer sa position si son impact était jugé négatif par une commission d’experts nommée pour l’occasion.
Sa composition a été détaillée le 6 juillet par le premier ministre Edouard Philippe. Ses neufs experts, spécialistes de l’environnement, de l’agriculture ou de la santé, ainsi que des juristes spécialisés dans le droit international, seront présidés par Katheline Schubert, économiste de l’environnement et professeur d’université à l’Ecole d’économie de Paris. Ils rendront leur rapport début septembre.
A peine créée, la commission est déjà contestée. La FNH et l’Institut Veblen, qui réclamaient sa création, estiment que les « conditions d’une évaluation utile et impartiale ne sont pas réunies », et réclament son ouverture à des profils différents.
Ok, il n'y aurait pas d'atteinte au principe de précaution et les tribunaux arbitraux aux mains des industriels leur permettant d'attaquer les normes / décisions d'États dès qu'ils pensent qu'elles remettent en cause leur business ne sont pas contraires à la Constitution… Pas de problèmes non plus à forcer la main en permettant l'application partielle de l'accord avant que tous les Parlements nationaux le valident.
Chez ARN, Fournisseur d'Accès à Internet associatif en Alsace, nous avons perdu un des hyperviseurs de notre grappe Ganeti quand 4 des 5 SSD de la machine ont flanché le même jour.
Voici un bout de documentation sur comment réintégrer l'hyperviseur à la grappe et quelques notes concernant la compatibilité entre les versions de Ganeti et de DRBD packagées dans Debian Jessie et dans Debian Stretch.
Il y a 6 ans, j'ai atterri dans un environnement professionnel extrêmement masculin. Pour arranger ma situation, j'avais pour tâche de faire bosser des types qui n'étaient pas sous ma responsabilité, et j'étais enceinte.
J'ai donc pu faire l'expérience de ce qu'est un environnement professionnel hostile. Mon quotidien se résumait à d'agréables interactions dans ce style :
‒ Je peux t'embêter deux minutes ?
‒ Attends la fin de ma chanson.Ou dans ce style :
‒ Hey, tu m'avais dit que tu livrais hier mais j'ai toujours rien, y'a un souci ?
‒ T'as piqué la robe de ta grand-mère ?J'en arrive à mon sujet : il serait légitime, dans ce genre de situation, de s'énerver et de remettre le type à sa place. Sauf qu'une femme qui s'énerve ça entraîne ce genre de réactions :
‒ Ça te regarde en quoi ce que je porte ??
‒ Ça y est, c'est la crise <- remarques désobligeantes
Regards entendus
Sourire de victoireCette façon d'agresser une personne et de lui faire croire que c'est elle qui réagit mal, c'est en fait une technique de manipulation très pratique pour empêcher des personnes de se rebeller. Ça a même un nom : le gaslighting.
Il y a deux choses qui facilitent le gaslighting d'une personne ou d'un groupe de personnes :
- La solidarité entre les dominants (dans mon cas, solidarité masculine)
- Des conditionnements sociaux qui biaisent notre perception de la réalité (dans mon cas, le patriarcat pousse à voir l'agressivité masculine comme une façon légitime de s'affirmer, et l'agresssivité féminine comme de l'hystérie.
L'histoire des suffragettes est un exemple typique de gaslighting. Au début du 20e siècle, les femmes n'avaient pas le droit de vote. C'est-à-dire qu'on ne les considérait pas VRAIMENT comme des êtres humains autonomes.
Un peu partout en Europe, les femmes militaient sans grand succès pour obtenir ce droit.
En 1903, le mouvement des sufffragettes s'est formé dans l'optique de passer à un mode d'action plus direct et plus violent, comme par exemple s'enchaîner à des bâtiments publics, brûler des lieux emblématiques de la domination masculine ou faire irruption dans des assemblées masculines.
Ces actions ont mené beaucoup d'entre elles en prison. Quand elles entamaient des grêves de la faim, on les y gavait de force.
Mais, on veut juste des droits ! :/
Elles faisaient aussi des manifestations durant lesquelles elles étaient molestées par la police. Des groupes d'hommes extrayaient des manifestantes dans des ruelles et les violaient, la police fermait les yeux.
Pourtant, ce qui était critiqué et médiatisé à l'époque, ce n'était pas la violence que constitue le fait de priver des êtres humains dde leurs droits. Ce n'était pas non plus la violence avec laquelle on tentait de les faire abandonner leur luette. Ce qui était critiqué, c'était la violence des suffragettes. D'ailleurs, j'entends encore ces critiques aujourd'hui.
En tout cas, on retrouve bien les deux constantes dont je parlais : la solidarité des dominants entre eux (les hommes dirigent l'État, la police et la Justice) et un contexte qui biaise le ressenti des gens. Il est perçu comme normal que les femmes ne puissent pas voter, ce n'est donc pas une violence.
Et il se passe la même chose avec les mouvements de rébellion actuels. Que ce soit un ouvrier qui arrache la chemise qui responsable qui est en train de ruiner sa vie, un manifestant qui brûle une voiture de luxe ou des quartiers qui s'embrasent la énième fois qu'un proche meurt sous les balles de la police…
C'est toujours la violence des opprimé⋅e⋅s qui est montrée du doigt. Du coup, je me demande… quel niveau d'humiliation subie devra-t-on atteiindre, pour qu'on nous estime légitime à réagir en dehors du cadre que nos oppresseurs ont défini pour nous ?
‒ Vous vouliez me voir ?
‒ Ah, oui ! Nous allons devoir vous licencier.
‒ Hein ??
‒ Enfin, ne vous énervez pas, madame, ayons cette conversation calmement, entre adultes !
Comme l'expose un commentaire, il y a aussi une deuxième oppression décrite dans cette BD : celle de la hiérarchie, qui vient elle-même en réaction à celle, fantasmée ou non (genre elle est clairement fantasmée dans la définition des délais d'un grand nombre de projets informatiques), de la clientèle. Même si elle n'était pas une supérieure hiéarchique, l'auteure contribuait à cette oppression, « planifier pour faire tourner les équipes » n'étant qu'un mot de novlangue pour exprimer « vite vite, toujours plus vite et bien fait ! ».
Notons que l'oppression de l'auteure n'est pas forcément une réaction à une oppression concernant la cadence de taff, mais qu'il est bien pratique de le prétendre pour ne rien remettre en question (bah oui, dent pour dent, œil pour œil est un biais socialement mieux accepté ;) ). Mais si c'était le cas, il n'en reste pas moins que c'est idiot d'avoir rajouté une oppression sur une seule personne qui, du coup, se retrouve victime de deux oppressions (hiérarchie et le fait d'être une femme) au lieu d'avoir travaillé à une compréhension mutuelle et à trouver une solution pour réduire l'oppression "cadence de taff".
De même qu'il est idiot de transposer l'oppression de la clientèle en oppression interne : le but même des structures de taff (et de leur personnalité déshumanisée) et des chef⋅fe⋅s est de faire bouclier, de décider qu'elles contraintes sont réelles ou non, de répondre de manière humaine à celles qui sont réelles, de partager la responsabilité, de répartir la rage de la clientèle, etc. C'est ça qui, pour moi, justifie, entre autres, les salaires plus élevés dans les couches hautes de la hiérarchie. Sans cela, autant revenir à des professions libérales (chacun⋅e produit et vend directement le produit de sa production), autant virer les intermédiaires hiérarchiques inutiles.
Dans le même genre : https://emmaclit.com/2016/10/27/le-fond-et-la-forme/
Quand une féministe débat avec quelqu'un, basiquement, elle est quand même en train de demander à ce qu'on ne soit plus violées. Et elle face à quelqu'un qui avance des arguments dans le but de la décourager…
Pourtant, régulièrement, c'est à elle que son interlocuteur va reprocher d'être agressive.
‒ On ne veut plus subit de violences ! Il faut que ça casse !
‒ Ok, mais tu dois demander gentiment.Pourtant, c'est complètement possible de dire super calmement des choses agressives…
‒ En même temps quand tu t'habilles comme ça, tu cherches les ennuis.
‒ C'est quand même pas si compliqué de trouver un boulot, tu dois pas trop chercher.… et de tenir avec colère des propos tout à fait légitimes.
‒ Mais non ! Rien ne lui donnait le droit de me peloter le cul !
‒ Mais c'est facile pour toi ! Moi on me rappelle même pas ! J'ai envoyé 20 CV cette semaine !Cette façon qu'ont les personnes dominantes de demander aux opprimées de se ddéfendre avec calme, c'est quelque chose de super courant. Dans le milieu militant, on appelle ça le tone policing ou tone argument : la police du ton, ou comment s'offusquer de la forme pour ne pas avoir à réfléchir au fond…
Ça peut s'exprimer de plusieurs façons.
Le rappel à l'ordre…
‒ Ne pouvons-nous pas avoir une conversation calme entre adultes ?Le tone plicing inversé…
‒ Ha ! Enfin quelqu'un qui sait discuter avec intelligence !… et celle qui personnellement m'énerve le plus : le paternalisme du faux allié :
‒ Vraiment, je partage ta cause, je suis moi-même très féministe, mais ne crois-tu pas que ton propos serait mieux reçu si tu étais moins agressive ? Tu nuis à ta cause avec cette attitude !À la suite de ma BD sur le regard masculin, j'ai reçu des dizaines de messages privés me ""conseillant" d'être moins agressive. Sauf que ce que ces types voulaient en réalité, c'est pas que je sois sympa, c'est que j'arrête de tenir des propos qui les obligent à se remettre en cause. Faute d'arguments valables, c'est sur mon ton qu'ils m'attaquent.
Alors que bizarrement (ou pas), aucun d'entre eux n'a réagi aux nombreux commentaires méprisants et agressifs postés sous la BD. Comme d'habitude, et ça rejoint ce que je présentais dans ma BD sur la violence des opprimé⋅e⋅s, seule l'agressivité des faibles est remarquée et reprochée.
Et on arrive à une situation absurde où des mecs reconnaisent la réalité de notre situation… mais nous reprochent qu'elle nous mette en colère.
En vrai, personne n'est dupe. La situation leur convient très bien et ils n'ont pas du tout envie qu'elle change. Se présenter en allié est juste un moyen d'échapper eux critiques.
‒ Quand tu me dis que tu es d'accord avec moi, mais que mon agressivité nuit à ma cause… je sais très bien que tu ments. C'est toi qui nuis à notre cause en ne nous reconnaissant pas le droit d'être en colère. Si tu la partageais vraiment, tu serais énervé aussi et tu nous soutiendrais.Alors, quand l'envie vous vient de rappeler à l'ordre une personne opprimée au milieu d'un débat… prenez deux minutes pour réaliser qu'elle est en train de demander des droits basiques et que vous les lui refusez. Ça aidera à comprendre sa colère et qui sait, peut-être à réfléchir à ses arguments.
Besoin d'un hyperviseur ?
Pour des machines virtuelles durables ? Exit OpenStack qui est plus orienté "à la demande".
Sans besoin de redondance, sans besoin d'un cluster ? Exit Ganeti.
Sans besoin de trouzemilles fonctionnalités dans une usine à gaz ? Exit Proxmox.
Besoin d'une interface graphique minimaliste mais fonctionnelle ? Exit la ligne de commande et virsh.
Solution retenue : KVM + libvirtd sur l'hyperviseur, virt-manager sur le poste des admins.
Sur le poste des admins : apt-get install virt-manager et c'est prêt. La communication entre les PC des admins et l'hyperviseur se fait avec SSH.
Sur l'hyperviseur : apt-get install openssh-server qemu-kvm libvirt-daemon-system puis ajouter le compte UNIX de chaque admin aux groupes kvm libvirt et libvirt-qemu : usermod -aG <groupe> <admin>. Configurer SSH, distribuer les clés publiques, tout comme d'habitude.
Dans virt-manager, Fichier -> Ajouter une connexion. Hyperviseur : QEMU/KVM. Cocher Connexion à un hôte distant. Méthode : SSH. Nom d'utilisateur : compte UNIX de l'admin sur l'hyperviseur. Nom de l'hôte : nom ou IP de l'hyperviseur.
Et voilà. Un petit hyperviseur simple pour des besoins simples administrable à distance par des personnes très peu familières avec la ligne de commande.
Prenons l’exemple de la Tesla modèle S : il y a plusieurs configurations possibles, mais la plus petite batterie fait 75 kWh. Ce nombre correspond à la quantité d’énergie que la batterie peut stocker. 75 kWh d’énergie, c’est une façon de dire que la batterie peut délivrer une puissance continue de 75 kW émise durant 1 h. Ou bien 150 kW émise durant 30 minutes. Ou encore 300 kW émise durant 15 minutes.
Lors de la recharge (supposée sans pertes), c’est l’inverse : pour recharger une telle batterie en 1 h, il faut l’alimenter avec 75 kW de puissance. Pour la recharger en 15 minutes, il faut un chargeur de 300 kW.
Pour recharger la batterie de 75 kWh en 10 secondes, il faut un chargeur capable de délivrer une puissance de… 27 000 kW. Soit vingt-sept mégawatt.
Pour vos donner une idée, le type d’installation la plus répandue en France est celle qui propose 6 kW à une maison toute entière (en réalité on parle de 6 kVA, mais pour simplifier un peu, on va dire que c’est la même chose, l’erreur n’est pas très importante et de toute façon pas énorme).
Afin de recharger en 10 secondes notre Tesla S, il faudrait donc une puissance électrique équivalente à 4 500 ménages, soit la puissance électrique délivrée par EDF à une ville de 10 000 habitants environ.
Le problème n’est pas la quantité d’électricité nécessaire, mais la vitesse à laquelle on l’injecte dans notre batterie : pour transporter 75 kWh d’énergie en 10 secondes de votre prise à la batterie, il faut non seulement une source d’énergie colossale, mais aussi une prise énorme ainsi que des câbles démesurément gros.
Si on reste sur du 230 V, le câble serait traversé par 117 000 ampères. N’importe quel câble fondrait instantanément avec une telle intensité. Avec la gaine du câble, la prise, le mur, le compteur, le transformateur électrique et même toute l’installation EDF jusqu’à la sortie de la centrale. C’est juste infaisable.
Pour vous donner une autre idée, même recharger un téléphone portable en 5 secondes n’est pas possible : il faudrait faire passer du 16 A sous 230 V dans votre téléphone. C’est à peu près le câble utilisé pour un chauffage électrique de 3 000 W : ces câbles sont gros et ce n’est pas pour rien : à cette puissance, le cordon d’alimentation risque de fondre si il était moins gros, tellement ça chauffe.
Pour verrouiller les touches du pavé numérique sur l'écran de login par défaut de MATE (LightDM), il faut ajouter ces deux lignes à la fin du fichier /etc/lightdm/lightdm.conf :
[SeatDefaults]
greeter-setup-script=/usr/bin/numlockx onDans certaines zones géographiques (exemples : Grenoble, Strasbourg), il y a une étape supplémentaire afin de remplacer la Livebox : les requêtes DHCP doivent être envoyées avec une priorité de VLAN bien définie (« 6 »).
Oui, comme nous l'apprend johndescs, on peut définir la priorité d'une trame 802.1Q (VLAN).
Pour ce faire, au lieu de créer l'interface avec la commande /sbin/ip l a link eth0 name $IFACE type vlan id 832, il faut utiliser la commande /sbin/ip l a link eth0 name $IFACE type vlan id 832 egress-qos-map 0:6. Ensuite, il faut ajouter la règle suivante : sudo iptables -t mangle -I POSTROUTING -o orange -j CLASSIFY --set-class 0:1. Pour qu'elle soit positionnée automatiquement au boot, il est possible d'utiliser le logiciel netfilter-persistent couplé à iptables-persistent. C'est tout. Ce sont les uniques changements, le reste du tuto ne change pas. Notons que la commande qui repose sur iproute2 peut être remplacée par vconfig set_egress_map $IFACE 0 6.
Que signifie ce paramétrage avec iproute ? Sa compréhension n'est pas aisée.
Disons qu'en gros, il existe trois types de marquage de la priorité :
Il y a une correspondance entre sk_priority et VLAN priority. Par défaut, une interface VLAN n'a pas de priorité de sortie. On peut voir cela dans /proc/net/vlan/<nom_interface>. Exemple :
$ sudo cat /proc/net/vlan/orange
orange VID: 832 REORDER_HDR: 1 dev->priv_flags: 1001
total frames received 4
total bytes received 948
Broadcast/Multicast Rcvd 0
total frames transmitted 6
total bytes transmitted 1374
Device: eth0
INGRESS priority mappings: 0:0 1:0 2:0 3:0 4:0 5:0 6:0 7:0
EGRESS priority mappings:
Il n'y a bien rien en egress. Donc, aucune sk_priority ne sera appliquée à un quelconque paquet. Nous pouvons essayer avec sudo iptables -t mangle -I POSTROUTING -o test -p icmp -j CLASSIFY --set-class 0:5 : les trames éthernet contenant un ping (ICMP echo request de son vrai nom) n'auront pas une priorité de 5 quand on les capturera avec wireshark ou autre. Si nous recréons notre interface VLAN avec une correspondance 5:5 (une sk_priority de 5 sera traduite en VLAN priority de 5) avec sudo ip l a link eth0 name test type vlan id 42 egress-qos-map 5:5, notre règle iptables devient fonctionnelle : les trames Ethernet contenant des ICMP echo request sont marquées avec une VLAN priority de 5. Les autres trames Ethernet restent inchangées.
Par défaut, les paquets n'ont aucune sk_priority définie. C'est pour cela qu'au début de ce shaarli, j'ai ajouté une correspondance 0:6 : les trames contenant des paquets qui n'ont pas de sk_priority (et reçoivent donc la sk_priority par défaut, « 0 ») sont marquées avec une VLAN priority de 6. C'est le cas des requêtes DHCP donc ça fonctionne. \o/
Je te vois venir : tu penses que j'agis mal en marquant tooooous les paquets sortants avec une VLAN priority à 6 et tu voudrais faire ceci pour optimiser mon tuto :
$ sudo iptables -t mangle -I POSTROUTING -o orange -p udp --sport 68 --dport 67 -j CLASSIFY --set-class 0:6
$ sudo ip l a link eth0 name test type vlan id 42 egress-qos-map 6:6
Ça ne fonctionnera pas car, comme nous le rappelle johndescs, l'implémentation DHCP de l'ISC utilise des sockets raw pour communiquer. Or, les sockets raw échappent totalement à Netfilter en sortie. Il n'est pas possible de capturer de tels paquets ni de leur appliquer un quelconque traitement.
Pourquoi je parle de DSCP ci-dessus ? Parce que le noyau Linux converti automatiquement les DSCP en VLAN prority (quand l'egress est activé, bien entendu). Ce qui est logique puisque les VLAN priority reprennent les classes les moins granulaires de DSCP. Ce qui est illogique puisqu'un VLAN est normalement dédié à un seul usage donc on ne devrait pas faire fluctuer sa priorité si la nature du trafic échangé diffère… Démonstration ? sudo ip l a link eth0 name test type vlan id 42 egress-qos-map 1:1 2:2 3:3 4:4 5:5 6:6 7:7. ping -Q 72 <IP> génère des paquets avec un DSCP égal à 0x48 (hexadécimal) et une priorité de VLAN de 2 (lire ll'article pointé par le lien précédant pour comprendre le calcul réalisé par le noyau pour faire correspondre un marquage DSCP à une VLAN priority). ping -Q 16 génère des paquets avec un DSCP égal à 10 et une priorité de VLAN égale à 6. Cela fonctionne aussi avec un petit programme en C qui utilise int val = 0xe0; setsockopt(sock, IPPROTO_IP, IP_TOS, &val, sizeof(val));.
Ben alors ?! Puisque l'implémentation DHCP de l'ISC assigne toujours un ToS de 4 (donc un DSCP égal à 0x10 donc une VLAN priority égale à 6), on ne devrait rien avoir à faire d'autre que sudo ip l a link eth0 name orange type vlan id 42 egress-qos-map 6:6 ?! Sauf que les sockets raw, utilisées par dhclient, échappent aussi à ce sous-système… LALA.
À quoi sert la règle iptables -t mangle -I POSTROUTING -o orange -j CLASSIFY --set-class 0:1 ? Pour que tout le reste du trafic (le trafic non-émis via des sockets raw) ait une sk_priority égale à 1. Comme nous n'avons pas configuré la correspondance sur l'interface, les trames Ethernet contenant ce trafic seront marquées avec une VLAN priority à 0, ce qui est ce qu'attend Orange. Oui, si t'envoies tout ton trafic avec une VLAN priority à 6, ton débit sera limité à 300 ko/s environ et la latence explosera à 2-3 secondes au moindre téléchargement. Si tu utilises une autre priorité de VLAN, 0 ou 1, par exemple, ton débit sera limité à 4 mo/s environ et la latence explosera à 300 ms.
ÉDIT DU 29/07/2017 À 20H55 : ajout de l'indispensable marquage du reste du trafic émis en priorité 0. FIN DE L'ÉDIT.
Si toi aussi tu ne veux pas des noms d'interfaces réseau dit persistants / cohérents (basés sur le nom du driver utilisé) sur ta Debian Stretch, mais que tu préfères les bons vieux noms (eth1, wlan0, etc.), ajoute net.ifnames=0 dans la GRUB_CMDLINE_LINUX_DEFAULT de ton /etc/default/grub.
Ce livre présente la décroissance, c'est-à-dire l'idéologie qui remet fondamentalement en question la croissance économique érigée en dogme comme elle l'est actuellement dans nos sociétés. L'idée clé est d'arrêter de faire de la croissance pour produire de la croissance et de remettre la nature et les humain⋅e⋅s au centre de notre attention. Le mouvement décroissant va donc au-delà de l'économie, il s'agit d'un modèle de société tout autre construit autour de l'idée "il faut être athée de la croissance", les idées brodées autour se discutent encore à l'heure actuelle. Les hypothèses posées sont celles de la croissance comme racine des maux constatés (délocalisations, exigence de flexibilité accrue, chômage en hausse depuis 30 ans, systèmes redistributifs en panne, précarisation, inégalités, épuisement précoce des ressources naturelles, rupture des liens sociaux / insensibilité au sort d'autrui, etc.) et le fait que les autres modèles échoueront à corriger tous ces maux car ils corrigent un à un les problèmes sans remonter à la cause racine de ces problèmes.
Le concept clé est la loi de l'entropie : issue de la thermodynamique, elle stipule que l'énergie utilisable devient peu à peu inutilisable et que l'énergie requise pour obtenir quelque chose augmente. Vu que l'univers est un système clos (il n'y a pas d'échange d'énergie et de matière avec "autre chose", l'énergie utilisable diminue donc l'entropie augmente donc l'univers va forcément se refroidir et s'éteindre. La question est donc de savoir si l'on va dans le mur demain (croissance effrénée) ou après-demain (décroissance ou autre modèle de société). Notons que le progrès technique peut être vu comme un ensemble de moyens pour trouver et exploiter de l'énergie encore utilisable qu'on ne savait pas exploiter avant… et tracer ainsi plus vite notre chemin vers notre tombe.
Il n'y a pas un mouvement pour la décroissance mais plusieurs, car il existe une multitude de pensées : culturalisme (l'humain⋅e doit changer de valeurs, les valeurs avant tout), rejet (ou non) du progrès technique asservissant pourtant vendu comme la solution à tous nos maux, priorité (ou non) à la préservation de la nature, faire passer (ou non) le social d'abord "moins de biens, plus de liens", contrôle fort (ou non) de la population mondiale, etc.
Hum, la décroissance, c'est un truc de gauchos, non ? Ce n'est pas clair… Certain⋅e⋅s auteur⋅e⋅s décroissant⋅e⋅s refusent la recherche de l'égalité (valeur plutôt attribuée à la gauche), d'autres l'individualisme (valeur plutôt attribuée à la droite). Parfois il⋅elle⋅s prônent l'amélioration des systèmes de répartition des richesses, parfois il⋅elle⋅s prônent l'entraide. La décroissance se cherche encore politiquement parlant.
On peut se demander si les objecteur⋅rice⋅s de croissance ne se trompent pas de combat :
Il n'existe pas de réponse tranchée, il y a tout un arc-en-ciel de positions décroissantes, de la plus consensuelle à la plus radicale. Un des arguments des décroissant⋅e⋅s radicaux⋅ales est de dire qu'on sait que le travail actuel est placé sous un régime de domination, d'aliénation et d'exploitation ; Les syndicats sont là pour établir un compromis ; Pourtant, ils échouent. Donc, il ne faut accepter aucun compromis.
La décroissante tente de remettre à plat les théories économiques : l'analyse économique classique repose sur les lois de la mécanique classique (action, réaction, tout ça) et fonctionne en vase clos (les schémas économiques illustrent le système présenté comme étant isolé dans son coin, sans interaction avec d'autres ni avec l'humain⋅e et l'environnement…). La décroissance explique l'économie par les lois de la thermodynamique et prévoit des échanges entre les systèmes étudiés et entre ces systèmes et l'extérieur.
Comment agit-on ? Il n'y a pas de scénario de transition pré-écrit et plusieurs voix se font entendre : intervention des États pour taxer les "mauvais" comportements et/ou financer les dégâts envisagés par certain⋅e⋅s auteur⋅e⋅s (perte d'emploi, répartition des richesses, etc.), remise en question profonde de nos modes de vie, des pratiques locales fédérées, etc. Concernant les pratiques locales / individuelles, c'est du très classique : autoproduction, simplicité volontaire (on consomme ce dont on a besoin, on répare ce qui peut l'être, on fuit les modes), favoriser la consommation locale, donner au lieu de jeter, réfléchir aux sujets importants, réduire son temps de travail pour se consacrer à d'autres choses, tisser des liens sociaux, etc.
Au moment de recommander (ou non) ce livre, je suis hésitant… Il s'agit en réalité d'une compilation d'écrits agrémentée de quelques réflexions des auteurs. Parfois, cela donne l'impression de lire un recueil de citations… Mais, d'un autre côté, ça permet de creuser les différents aspects couverts par la décroissance (économie, démographie, social, aspects politiques, aspects théoriques, etc.) en une seule fois.
Notes :