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  • Stop départ !

    « Pour tenir cet objectif, il va falloir faire des efforts ! » Voilà ce qu’on entend partout lorsqu’on évoque le réchauffement climatique. Une sentence qui se classe immédiatement en haut du palmarès des phrases les plus cons entre « nous, les chasseurs, on défend la nature » et « c’était un faisan ou un cycliste ?! » Car pour lutter contre le réchauffement climatique, peut-être faudrait-il précisément arrêter de faire des efforts. Arrêter de défoncer les sols pour tirer des énergies fossiles destinées à déplacer des âmes en peine aux trajectoires absurdes. Arrêter de faire lever des gens à 5 heures du mat’ pour produire des merdes inutiles propulsées par un dégueulis mental nommé « marketing » ! Arrêter de vouloir « make our planet great again » alors qu’en matière d’écologie t’enchaînes des saloperies plus grosses que ton complexe de supériorité ; qu’avec tes discours, t’enfumes plus les gens qu’une vieille Lada d’occasion ; et que derrière ton sourire Ultra Brite, tes mots puent quand même de la gueule. Qu’attendons-nous pour stopper cette course folle vers rien ? Pour arrêter d’être En marche vers que dalle ? Pour souffler. Respirer tant qu’on a encore un peu d’oxygène à s’envoyer derrière la cravate. Car quel est le bilan carbone de la sieste ? De l’imagination ? De la balade en forêt ? De la glandouille ? Arrêtons les conneries. Tous ensemble unissons nos flemmes. Ayons le courage de ne rien foutre !

    Dans le Siné mensuel de janvier 2019.

    Sun Feb 10 19:37:41 2019 - permalink -
    - http://shaarli.guiguishow.info/?IZXkpA
  • Portique de reconnaissance faciale pour des élèves de PACA : comment cela va-t-il se passer ? - Politique - Numerama

    Deux établissements français, le lycée Ampère de Marseille et Les Eucalyptus à Nice, vont accueillir un dispositif expérimental de reconnaissance faciale pour l’accès à leur établissement. Annoncé officiellement en 2018, le projet sera mis en place début 2019. Beaucoup s’inquiètent des dérives sécuritaires, même dans le cadre limité de cette expérience.

    Deux classes par lycée seront concernées par le dispositif. Et parmi ces élèves, seuls les volontaires — avec l’accord de leurs parents pour les mineurs — participeront à l’expérimentation. […]

    […]

    Le lycée proposera une file d’attente distincte pour les élèves volontaires, de sorte à ce que leurs camarades ne soient pas filmés sans consentement. Les participants enregistreront leur profil biométrique, qui sera retranscris sur un badge. La forme de celui-ci, QR code sur smartphone ou badge physique, n’est pas clairement communiquée.

    Ensuite, le lycéen valide son badge à une borne lorsqu’il entre, et les caméras confirment que le profil enregistré correspond à celui à l’image. Mais elles ne devraient pas conserver de données, et seulement opérer localement. Les lycéens garderont la main sur les gabarits faciaux enregistrés dans leur support individuel, et Cisco ne devrait pas y avoir accès. Également, dans cette expérience, les caméras ne devraient se déclencher qu’après présentation du badge, de sorte à limiter les risques de filmer une personne non-consentante.

    Le dispositif a pour objectif d’« apporter une assistance aux agents assurant l’accueil du lycée afin de faciliter et réduire la durée des contrôles, lutter contre l’usurpation d’identité et détecter le déplacement non souhaité d’un visiteur non identifié », a expliqué la région à notre consœur de BFM TV […]

    La CNIL (Commission nationale de l’informatique et des libertés) a accompagné Cisco et la région dans l’élaboration de leur projet. Elle n’a donc pas eu de « feu vert » ou d’autorisation à donner, puisqu’il ne s’agit pas de son champ de compétence, elle n’a fait que donner un avis. […]

    Les contrôles de carnets de correspondance ont été systématisés dans les lycées du PACA, et peuvent créer des problèmes de circulation à l’entrée des cours. Au micro de Sud Radio, Philippe Vincent, proviseur d’un lycée marseillais, développe la problématique : « Pour le faire de temps en temps le matin pour mes 2 400 étudiants et lycéens, je ne suis pas toujours bien sûr que le lycéen qui me présente sa carte soit le même que sur le document ! » Ce système de badge leur permettrait donc de fluidifier l’entrée des élèves.

    […]

    Si le dispositif a autant fait parler, et inquiète tant, c’est surtout car il s’inscrit dans une multiplication des usages de la reconnaissance faciale à Nice et en PACA. Plus globalement, Christian Estrosi (LR), maire Nice, et Renaud Muselier (LR), président du conseil régional, ne cachent pas leur affection pour ce genre de dispositifs sécuritaires.

    Christian Estrosi fait part depuis plusieurs années de son attrait pour les technologies de reconnaissance faciale, qui font écho à sa ligne sécuritaire. Il expérimente depuis juin la présence d’un policier non armé dans les écoles, et veut l’étendre à tous les établissements qui le souhaitent dès janvier 2019. Il a également testé une application sécuritaire, Reporty, qualifiée de « délation généralisée » par l’opposition. […]

    Je note que des précautions ont été prises pour assurer le consentement des utilisateurs. Néanmoins, pas mal de points sont au conditionnel et dépendent de l'implémentation logicielle dont nous ne saurons rien et dont nous ne pourrons rien vérifier, car elle sera opaque…

    De plus, je rappelle que nous avons un seul visage, donc qu'il n'est pas possible de changer de moyen d'identification après une usurpation d'identité, contrairement à un mot de passe ou à un jeton physique. C'est le point noir de tout système biométrique.

    Ce qui me frappe le plus, c'est de voir les lycées (au moins du PACA) être devenus de vrais bunkers… Il n'y avait pas de contrôle à l'entrée des collège et lycée que j'ai fréquentés, c'était vraiment portes ouvertes… La question de la reconnaissance faciale devient assez secondaire à mes yeux, la vraie question devenant : pourquoi voulons-nous bunkeriser nos lycées ? Quel intérêt cela représente-t-il ?

    Via le numéro de janvier 2019 du Ravi, journal satirique en PACA, qui nous apprend que le début de l'expérimentation est reportée à mars « à cause de l'actualité » selon Muselier, le président du Conseil régional. Le même parle déjà d'étendre l'utilisation de ce genre de dispositif dès septembre si l'expérience est concluante soit seulement quelques mois pour expérimenter et conclure… mais bien sûr… … …

    Sun Feb 10 18:59:29 2019 - permalink -
    - https://www.numerama.com/politique/449060-portique-de-reconnaissance-faciale-pour-des-eleves-de-paca-comment-cela-va-t-il-se-passer.html
  • Les prisons serrent la vis mais publient leurs plans

    C'est une manie : l’administration pénitentiaire vient encore de diffuser, pour un marché public, les plans complets d’une prison, celle de Saintes (Charente-Maritime). En accès libre : il suffit de télécharger le dossier sur Internet et, hop ! tous les étages, couloirs, cellules, cours, passages, sorties, grilles, etc., apparaissent en détail, agrémentés des annotations utiles. Un régal pour les Rédoine Faïd locaux et autres candidats à l’évasion…

    QHS ressuscités

    Etonnant laxisme au moment où la même administration se prépare à ressusciter la plus implacable des formes d’emprisonnement, à savoir les « unités pour détenus violents » (UDV), copie des quartiers de haute sécurité (QHS) de jadis. Ces derniers, ayant engendré violences et troubles mentaux, avaient été supprimés par Robert Badinter en 1982. Au programme de ces tout modernes UDV : isolement total, mobilier scellé au sol, cour de promenade minuscule, trou dans la porte pour passer les mains afin qu’elles soient menottées avant toute sortie. « Le détenu sera constamment observé », annonce le document de 16 pages que « Le Canard » s’est procuré. Et il y sera placé pour trois mois renouvelables une seule fois… sauf s’il doit y rester plus. Cette surveillance continue permettra, entre autres, d’« apprécier la nature de son parcours incidentiel (sic), notamment à l’aune de ses déclarations ».

    Quel beau cocktail de technocratie et d’humanité !

    Dans le Canard enchaîné du 30 janvier 2019.

    Sat Feb 9 23:42:09 2019 - permalink -
    - http://shaarli.guiguishow.info/?xs1WXg
  • Chez Hanouna, on est gilet jaune à l‘écran mais pas en coulisses

    Depuis le 1er janvier, le groupe Canal Plus a décidé de baisser les cachets de ses intermittents. Mais, là-dessus, pas de débat avec Marlène Schiappa !

    On a réussi à faire « quelque chose de formidable en termes de démocratie », s’est extasiée Marlène Schiappa, sur C8, au terme de ses trois heures de show chez Cyril Hanouna (25/1). Le lendemain, la com’ était assurée : outre son gros million de téléspectateurs, la production s’enorgueillissait de la contribution majeure de « Balance ton post ! » au grand débat national de Macron.

    Que demande le peuple ? « Sept propositions » retenues lors de l’émission vont être « directement » transmises au gouvernement par la sous-ministre de l’Egalité femmes-hommes. On y trouve, pêle-mêle, la prison pour les fraudeurs fiscaux, le retour de l’ISF ou la suppression de la TVA sur les produits de première nécessité… Dans son cahier de doléances, cependant, le sauveur Cyril Hanouna a oublié d’en consigner une huitième : le pouvoir d’achat des intermittents trimant pour Hanouna Cyril. Et, en général, pour Canal Plus.

    Touche à mon poste !

    Pendant que l’animateur vedette de C8 joue au Petit Père des gilets jaunes et parle de créer une « banque du cœur » sur le modèle des Restos de Coluche, la précarité gangrène ses propres studios ! Depuis le 1er janvier, le montant de la paie des intermittents du spectacle — dont Canal use et abuse sur ses chaînes — a subitement dégringolé. Ses per— sonnels techniques signataires de CDD à répétition (les fameux CDDU, ou « contrats de grille ») ont perdu jusqu’à 30 % de leur cachet journalier !

    Ingénieurs du son, cadreurs, chefs électro, assistants vidéo, scripts, titreurs… tout le monde est touché. Les shows « Touche pas à mon poste ! » et « Balance ton post ! », de C8, n’échappent pas à la règle : ces émissions — produites par H20, la boîte d’Hanouna — sont enregistrées dans des locaux de Vivendi avec du personnel fourni et payé par la Société d’édition de Canal Plus. Jusqu’ici, la situation n’a guère ému le meilleur ami des gilets jaunes.

    Dans l’émission « Balance ton post ! », chère à Marlène Schiappa, le serrage de ceinture atteint, par exemple, 10 voire 20 euros par jour pour un intermittent chargé de la lumière. La perte sèche grimpe à 50 euros pour un assistant plateau, et même à 70 euros pour un ingénieur du son ! Dans les régies d’autres émissions, c’est pire : jusqu’à 100 euros de moins pour un cadre technique de réalisation assurant le boulot d’un chef d’antenne. C’est l’insurrection qui vient, à Canal ?

    Chez Bolloré, on n’a pas jugé utile d’expliquer cette brutale mise à la diète aux principaux concernés. Un mail (limpide) leur a toutefois été envoyé mi-décembre : « Un référentiel tarifaire minimum des contrats d’intermittent entrera en vigueur afin de mettre en cohérence et d’harmoniser les pratiques tarifaires. Votre interlocuteur habituel vous contactera dans les plus brefs délais afin d’échanger individuellement sur cette nouvelle politique. » Laquelle « nouvelle politique » a été précisée oralement : « Chacun a été informé de sa baisse de salaire entre deux portes. C’est ça ou le chômage. Ceux qui refusent ne sont pas rappelés », raconte un intermittent.

    Pour le groupe Canal, qui ne livre jamais le nombre officiel des soutiers qu’il emploie, le coup de rabot n’est pas innocent : Gérald-Brice Viret, le directeur des antennes, a récemment glissé, lors d’une rencontre interne, que les CDDU représentaient « de 400 à 500 équivalents temps plein ». Il y a six ans déjà, Sophie Tissier, une intermittente de « Touche pas à mon poste ! », avait fait irruption sur le plateau pour se plaindre d’une baisse de son forfait imposée par Canal. Virée, elle s’est lancée dans une longue bataille judiciaire contre le mastodonte Canal, qui a fini par l’emporter. Ironie — si l’on peut dire — de l’histoire, cette révoltée est aujourd’hui devenue l’une des figures des gilets jaunes féminins.

    Vendredi soir, comme c’est dommage, ni Schiappa ni Hanouna n’avaient pensé à l’inviter…

    Intéressant papier qui permet de rappeler la précarité qui règne dans le milieu des intermittents du spectacle d'une manière générale (hors Canal).

    Dans le Canard enchaîné du 30 janvier 2019.

    Sat Feb 9 23:32:12 2019 - permalink -
    - http://shaarli.guiguishow.info/?EDmGuw
  • L’encombrant fichier qui “n’existe pas”…

    Suite et confirmation de « Macron ressuscite les RG pour ficher les gilets jaunes ».

    Il fallait faire taire les critiques et calmer les réseaux sociaux après la révélation par « Le Canard » (23/1) d’une consigne fournie aux poulets du Renseignement territorial (ex-RG) leur enjoignant de fliquer sur papier les meneurs locaux des gilets jaunes. Des porte-parole du ministère de l’Intérieur ont donc fait le tour des popotes médiatiques. « A aucun moment il n’a été constitué un fichier gilets jaunes, ont-ils répété. Un tel fichier n’existe pas. »

    Dans ce cas, c’était bien la peine d’adresser aux troupes l’instruction - dont « Le Canard » a copie — de recenser nominativement les « personnalités exerçant une réelle influence sur le mouvement ou se signalant par des discours ou des commentaires vindicattfs ou subversifs trouvant de l’écho sur les réseaux sociaux ». Le tout dans une note titrée « Meneurs du mouvement des GJ ». Ça « existe » ou non, chef ?

    Soucieux de prouver que ce recensement est dans les clous, l’Intérieur assure avoir agi dans le cadre du décret du 16 octobre 2009, qui permet de répertorier les « personnes dont l’activité individuelle ou collective indique qu’elles peuvent porter atteinte à la sécurité publique ». Le fichier en résultant, qui recense actuellement près de 50 000 individus, est baptisé « Prévention des atteintes à la sécurité publique » (Pasp). Il a été déclaré à la Commission nationale de l’informatique et des libertés (Cnil). Bravo !

    N’empêche que la Cnil se méfie des loustics. Il y a un an, elle a lancé un contrôle du fichier Pasp. Ils auront sûrement en tête l’article 3 du décret, qui a donné naissance au Pasp : « Il est interdit de sélectionner dans le traitement une catégorie particulière de personnes. » Les gilets jaunes, par exemple… Est-ce à cause de cet « interdit » que la Direction du renseignement territorial a ordonné à ses troupes de ne pas nourrir le Pasp mais de lui remonter discrètement les fiches numérisées, intitulées « Meneurs du mouvement des GJ » ? Malin, le poulet !

    Gêné aux entournures, un officier du Renseignement crache le morceau : « Il s’agit d’une collecte pour un fichier de travail. » C’est ce qui s’appelle franchir la ligne jaune.

    Avec ou sans gilet ?

    Dans le Canard enchaîné du 30 janvier 2019.

    Sat Feb 9 23:24:19 2019 - permalink -
    - http://shaarli.guiguishow.info/?1INzSA
  • Les incroyables consignes du parquet sur les gilets jaunes

    Que faire des gilets jaunes interpellés ? Un courriel, que « Le Canard » a consulté, adressé par leur hiérarchie aux magistrats du parquet de Paris donne des consignes. Une vision édifiante de la défense des libertés…

    Ainsi, au chapitre « suites judiciaires », la possibilité d’être relâché après une arrestation n’existe pas ! Même si les policiers pincent quelqu’un par erreur, il faut, précise froidement le courriel, « de préférence maintenir » l’inscription au fichier TAJ (pour « traitement des antécédents judiciaires »), même « lorsque les faits ne sont pas constitués ». Prenons le cas d’une femme qui, dans son sac, aurait des lunettes de piscine, très prisées des manifestants pour se protéger des gaz lacrymo. Contrôlée, embarquée « en raison de cet attirail » — comme on l’entend sans cesse, ces temps-ci, dans les prétoires —, l’interpellée, même vraiment en route pour la piscine, sera fichée. Et, plus tard, à la moindre arrestation pour une peccadille : « Madame, vous apparaissez au fichier TAJ. » Ah, c’est pas bon, ça, madame… Se faire rayer du TAJ réclame des trésors de persévérance, sans garantie de succès.

    Le courriel de consignes recommande aussi le fichage, même si « les faits sont ténus ». Autrement dit, même s’il n’y a rien ou presque, ou si « une irrégularité de la procédure » a été constatée. Mieux encore, les magistrats sont priés — toujours cette prudence ! — de ne « lever les gardes à vue » que « le samedi soir ou le dimanche matin, afin d’éviter que les intéressés grossissent à nouveau les rangs des fauteurs de trouble »…

    Réaction d’un porte-parole du procureur, interrogé sur ces saisissantes instructions écrites : « Ne laissez pas penser que le parquet de Paris prolonge les gardes à vue de gens qui n’ont rien fait… »

    Qui donc irait imaginer pareilles horreurs ?

    Dans le Canard enchaîné du 30 janvier 2019.

    Sat Feb 9 23:18:23 2019 - permalink -
    - http://shaarli.guiguishow.info/?m27CfA
  • Envoyé spécial. A l'euro près - 31 janvier 2019 (France 2) - YouTube

    Le contenu de ce genre de """"reportages"""" sur les fins de mois difficiles me laissera toujours sans voix… Ils montrent toujours des situations "àlacon" : famille monoparentale (dans lesquelles, en général, la femme a souvent des qualifications professionnelles insuffisantes pour s'en sortir seule, car elle a choisi de fonder une famille plutôt que de poursuivre des études, le but de l'espèce humaine, étant de se reproduire, pas vrai ?), fonctionnaire qui a tout plaqué pour suivre un mec à l'autre bout de la France (je sais bien que la sexualité est au même niveau que l'eau, l'air et la nourriture dans la pyramide de Maslow, mais il faudrait peut-être voir à pondérer), crédit immobilier hallucinant (parce que la réussite sociale, c'est d'être propriétaire, et de centaines de mètres carré, qui plus est, c'est bien connu), 2-6 gamins (parce que surpeupler la terre est notre projet), dépenses énergétiques conséquentes (transports - parce que se déplacer à pieds, en vélo ou en transports en commun c'est trop chiant -, isolation thermique déficiente de la maison à crédit), etc. Vivre c'est aussi anticiper, réfléchir, faire des choix de mode de vie, et les assumer, non ? Sinon je souscris un crédit à 1200 €/mois, je fais 12 gosses et je pleure de ne pas pouvoir m'en sortir avec mon salaire à 2800 € net/mois. Quelle est la limite du raisonnable ? Le summum, c'est quand même d'exposer que l'on ne peut pas vivre sa retraite avec 2000 € net/mois sans enfant à charge… Faut oser.

    Sat Feb 9 22:27:17 2019 - permalink -
    - https://www.youtube.com/watch?v=1zjlZNJ1tSM
  • Du RN à LFI, la classe politique condamne la tentative d'incendie au domicile de Richard Ferrand — RT en français

    Quasiment toute la classe politicienne, de la France Insoumise au Front National, en passant par le PCF, Hamon, le PS, Jadot, le MoDem, LR, Dupont-Aignan, exprime sa solidarité envers Richard Ferrand. Très bien, cela démontre, une fois de plus, qu'aucune de ces personnes me représente.

    Car, oui, je cautionne la tentative d'incendie de la demeure personnelle de Richard Ferrand si sa nature criminelle venait à être officiellement confirmée par les forces de l'ordre.

    Ça suffit de prendre les citoyens pour des pigeons. Ils nous disent que seuls le débat et la co-construction doivent exister ? Que seule une gentille manifestation pacifique à l'itinéraire connu et décidé par une sainte préfecture (comme lors des manifestations contre la loi Travail de 2016) est légitime ? Fort bien. Sauf que ça fait des décennies que la classe politicienne y est sourde. Pour ma part, cela fait bientôt 15 ans que je tente manifestations pacifiques, discussions avec des parlementaires, dépôts d'amendements, discussions avec les régulateurs des domaines qui m'intéressent (comme l'ARCEP), consultations publiques en vue d'un projet de loi, budgets participatifs, faux débat, etc. Le présent shaarli en rend compte. Rien de tout cela fonctionne. Ça consomme un temps fou pour aucun résultat. Le combat, dans sa forme ritualisée, est asymétrique, donc injuste.

    Quand, de par ta fonction et ta passivité, tu inféodes le pouvoir législatif au pouvoir exécutif en bafouant la séparation des pouvoirs, tu cherches les emmerdes. Soyons honnêtes et francs. Il est en position de responsabilités, de changer la donne, et il n'en fait rien. Il détient l'opportunité financière et les réseaux sociaux pour exercer une autre fonction, mais il choisit de rester à ce poste. Il est responsable.

    Je ne dis pas que la violence est souhaitable. Je dis qu'elle a été provoquée par une indifférence de la classe politicienne à l'égard des citoyens. À chaque fois, la classe politicienne veut contrôler les moyens d'expression du citoyen et canaliser celle-ci dans une voie qu'elle maîtrise et par laquelle elle s'assure que les désidératas citoyens seront étouffés, donc inoffensifs donc que rien ne changera. Je ne dis pas que la violence est agréable, je dis qu'elle est le dernier recours, la dernière voix d'expression qui n'est pas contrôlée par le gouvernement et qui pourrait assurer que les revendications soient entendues. Je ne suis plus mal à l'aise à l'idée de cautionner la violence physique quand les méthodes convenues via le contrat social sont bafouées en permanence par l'une des parties.

    Je ne cautionne pas l'atteinte aux personnes, mais je n'ai que faire des biens matériels…

    Certes, je crois fortement que nos élus nous représentent : il y a, en haut-lieu, une majorité de personnes détestables qui servent avant tout les intérêts d'une unique classe sociale tout en fuyant leurs responsabilités, car il y a, en bas-lieu, une majorité de personnes ignorantes et passives qui cherchent en permanence à servir uniquement leur petit intérêt individuel tout en fuyant leur responsabilité (boulot, climat, etc.). Mais cela n'octroie pas pour autant un quelconque droit à la classe politicienne d'abuser des citoyens.

    Plutôt que de continuer une escalade, je propose à nos gouvernants de revenir à une forme ritualisée du conflit social, donc à respecter l'autre partie, à se tenir à carreau et à concrétiser les volontés citoyennes.

    Si tous ces politiciens condamnent cette tentative d'incendie, c'est parce qu'ils ont peur, par contagion, pour leurs petits biens, pour leurs petites personnes. Il s'agit d'une réaction avare visant à défendre leurs acquis, leur mode de vie, leur prétendue réussite, leur inaction, pas d'une réflexion structurée sur la situation.

    Sat Feb 9 12:36:10 2019 - permalink -
    - https://francais.rt.com/france/58912-rn-lfi-classe-politique-condamne-tentative-incendie-domicile-president-assemblee-richard-ferrand
  • isc-dhcpd : « peer holds all free leases » et « not responding (recovering) »

    Nous avons deux serveurs DHCP isc-dhcpd configurés pour de la redondance après panne (failover). On nous informe qu'il n'est plus possible d'obtenir une adresse IP sur l'un des réseaux Wi-Fi. Les autres réseaux (sans fil et filaires) ne sont pas impactés.

    Nous regardons le journal sur nos deux serveurs. Ils sont remplis (et se remplissent à grande vitesse) de ce message :

    dhcpd: DHCPDISCOVER from 00:00:5E:00:53:01 via 192.0.2.1: peer holds all free leases

    Au total, deux-trois réseaux subissent ce désagrément. En creusant, on s'aperçoit que ces erreurs se produisent depuis 4 à 6 jours, mais que c'est récent (moins d'un jour) pour le réseau Wi-Fi qui fait l'objet de l'investigation.

    Cela peut signifier que nos plages d'IP dynamiques (range) sont sous-dimensionnées par rapport à notre nombre d'utilisateurs (ce qui explique que nos réseaux Wi-Fi sont les premiers visés : de nos jours, tout le monde a 20 objets sur lui qui veulent se connecter à du réseau sans fil) ou que nos baux DHCP ne sont pas libérés / rendus (peut-être car nous octroyons une durée trop longue et que les clients ne les rendent pas explicitement, ce qui fait que les IP ne sont pas remises dans le pot commun ?).

    Je fais cette réflexion à froid, mais, lors de cet incident, nous avons décidé de stopper le service sur chacun de nos serveurs DHCP, de supprimer le journal des baux octroyés (/var/lib/dhcp/dhcpd.leases) puis de démarrer le service DHCP. Évidemment, je ne recommande pas cette méthode, car elle peut mettre la grouille dans un réseau puisqu'on se repose exclusivement sur la capacité d'un système connecté au réseau de tester l'IP que lui a octroyée le DHCP et de la refuser (DHCPNAK) si elle est déjà utilisée (ce qui va être en grande majorité le cas), ce qui constitue une perte de la maîtrise de ton réseau.

    Les journaux sont désormais saturés d'un autre message d'erreur :

    dhcpd: DHCPDISCOVER from 00:00:5E:00:53:01 via 192.0.2.1: not responding (recovering)

    Au début, nous ne nous inquiétions pas : ce message peut signifier que le serveur DHCP ne répond pas aux requêtes le temps de construire sa base de données suite à un failover. Rien de dramatique si ça dure moins de 30 secondes - 1 minute. Mais ce problème perdure.

    Je décide de revenir sur le message d'erreur initial (« peer holds all free leases »). Cela ne signifierait-il pas que nos deux serveurs DHCP ne communiquent plus entre eux pour s'informer mutellement des adresses IPs distribuées ?

    Je regarde la configuration : nos serveurs sont configurés pour échanger leur état sur le port TCP/519. Un petit ss -taupen | grep ":519" met en évidence que nos deux serveurs écoutent sur ce port, mais qu'il y a aucune connexion d'un serveur vers l'autre.

    Je regarde la configuration (/etc/dhcp/dhcpd.conf) de chaque serveur : suite à une erreur récente (moins d'un jour) dans la modification d'un script de mise en production de ce fichier à partir d'une base de donnée maison, l'entête de chaque fichier de conf' est identique. Donc les deux serveurs croient avoir le rôle de primaire, la même IP et croient devoir contacter un autre serveur qu'eux sur une autre IP afin d'effectuer de la redondance en cas de panne.

    Je corrige, je redémarre les services et… la distribution d'adresses IP reprend quasi instantanément son cours. \o/

    Note : les adresses MACs citées ci-dessus sont des adresses MAC réservées et destinées à la documentation. Même chose pour les adresses IP.

    Fri Feb 8 19:01:15 2019 - permalink -
    - http://shaarli.guiguishow.info/?rC31Yg
  • Riser card - Wikipedia

    Une carte riser PCI est un circuit imprimé qui permet de déporter une carte d'extension, qui n'est ainsi plus branchée sur un port de la carte mère, mais sur le riser.

    Parfois, les cartes d'extension (réseau, contrôleur RAID, etc.) proposées par un équipementier ne peuvent pas être branchées perpendiculairement à la carte mère sur un serveur au format 1U, car elles sont plus hautes que ce format et empêchent donc la fermeture du châssis. Un riser permet de positionner la carte d'extension parallèlement à la carte mère, et ainsi de résoudre ce manque de hauteur.

    Fri Feb 8 16:45:30 2019 - permalink -
    - https://en.wikipedia.org/wiki/Riser_card
  • Migrer un projet SVN vers GIT [ avec conservation de l'historique ] - yterium.net

    Migrer un dépôt SVN vers un dépôt git avec conservation de l'historique :

    • Installer l'outil : aptitude install git-svn

    • Créer un fichier de correspondance entre les noms d'auteur / login svn et les noms d'auteurs git :

      authors=$(svn log -q svn://login@monserveursvn.exemple/mondepot | grep -e '^r' | awk 'BEGIN { FS = "|" } ; { print $2 }' | sort | uniq)
      for author in ${authors}; do
          echo "${author} = ${author%@*} <${author}>";
      done



      Dans la partie gauche : le nom d'auteur SVN. Dans la partie droite, son équivalent git. Attention : l'équivalent git doit vraiment être de la forme « texte », sinon une erreur se produira. Dans mon cas, j'utilise un gitlab. Dans la partie droite, j'ai mis les infos (name et email) de mon fichier .gitconfig. Gitlab a parfaitement associé cela à mon login gitlab, comme avec un dépôt git nouvellement créé \o/ ;

    • Convertir le dépôt : git svn --authors-file=authors clonesvn://login@monserveursvn.exemple/mondepot dossier_destination. Attention : la conversion prend beaucoup de temps : 45 minutes pour 12500 commits dans un dépôt svn contenant 120 fichiers qui représentent cumulativement 13700 lignes ;

    • Dans les message de commit, supprimer les références au dépôt SVN ajoutées automatiquement par git-svn (je vais détruire le dépôt svn, donc inutile d'y faire référence) :

      cd mondepot
      git filter-branch --msg-filter '
          sed -e "/git-svn-id:/d"
      '


    • Créer le dépôt git distant (sur gitlab, gogs, etc.) et ajouter sa référence dans les paramètres du dépôt local :

      cd mondepot
      git remote add origin user@monservergit.exemple:mondepotgit


    • Synchroniser le dépôt distant avec notre exemplaire local : git push -u origin master.
    Fri Feb 8 15:59:47 2019 - permalink -
    - https://www.yterium.net/Migrer-un-projet-SVN-vers-GIT?lang=fr
  • vzdump(1) [ utiliser parallel gzip avec vzdump @ proxmox ]

    Avec les versions récentes de Proxmox (plateforme intégrée de virtualisation libre), il est possible de sauvegarder une machine virtuelle en utilisant l'implémentation parallélisée de gzip, donc d'utiliser plusieurs cœurs du CPU pour effectuer la compression, ce qui réduit grandement le temps de la sauvegarde.

    • vzdump --pigz 1 : utiliser la moitié des cœurs disponibles sur la machine ;

    • vzdump --pigz 8 : utiliser 8 cœurs.

    Évidemment, le paquet pigz doit être installé.

    Fri Feb 8 15:36:00 2019 - permalink -
    - https://pve.proxmox.com/pve-docs/vzdump.1.html
  • ldapvi : « ldap_modify: Undefined attribute type (17) - additional info: entry update failed »

    Avec ldapvi, je tente de retirer un attribut sur un objet de notre annuaire LDAP (slapd, OpenLDAP). Au moment d'enregistrer une erreur s'affiche :

    ldap_modify: Undefined attribute type (17)
        additional info: entry update failed

    Cet attribut est défini dans une classe maison. Cette classe était une classe de test qui a changé de nom depuis, tout comme l'attribut. Et voilà, tout est dit : avant de renommer ou de supprimer une classe ou des attributs, il faut les retirer de tous les objets du LDAP.

    Pour réparer après-coup, il existe plusieurs méthodes. Si peu d'objets sont concernés : ldapdelete "uid=guigui,ou=people,dc=exemple,dc=net" Si beaucoup d'objets sont concernés : slapcat + sed + slapadd ou générer un LDIF adapté à coup de script shell. Si l'on a encore l'ancien schéma, on peut le remettre en service le temps du nettoyage.

    Fri Feb 8 15:32:33 2019 - permalink -
    - http://shaarli.guiguishow.info/?cz2C2w
  • ldapvi : « ldap_modify: Inappropriate matching (18) - additional info: modify/delete: monAttribut: no equality matching rule »

    Dans notre annuaire LDAP (slapd, OpenLDAP), nous avons créé une classe auxiliaire (oui, il y existe différents types de classe LDAP). Avec ldapvi, on ajoute des attributs de cette classe sur des objets qui existent déjà. Cela fonctionne. On modifie la valeur d'un attribut sur ce même objet : cela fonctionne. On tente de supprimer les attributs ajoutés (sans supprimer l'attribut « objectClass »), ça échoue pour l'un d'eux:

    ldap_modify: Inappropriate matching (18)
        additional info: modify/delete: monAttribut: no equality matching rule

    Dans la définition d'un attribut, il est possible de définir des règles de comparaison. Un peu comme la surcharge des opérateurs de comparaison permettant de comparer des objets maison dans les langages de programmation orienté objet. Par exemple, pour une chaîne de caractères, on utilise souvent la règle « caseIgnoreMatch » (mais on peut aussi utiliser « telephoneNumberMatch », « caseExactMatch », etc., toutes définies dans le RFC 4517).

    Dans mon cas, l'attribut est de type booléen (si, c'est possible, le RFC 4517 en normalise la définition) :

    attributetype ( 1.3.6.1.4.1.7135.1.3.39.2.1.23
            NAME 'monAttribut'
            DESC 'Attribut de test'
            SYNTAX 1.3.6.1.4.1.1466.115.121.1.7)

    Et, en effet, comme il s'agit d'un booléen, je n'ai pas précisé de règle de comparaison, en pensant que c'est évident (alors que cet exemple illustre qu'il n'y a pas de règle de comparaison par défaut). Il existe la règle de comparaison « booleanMatch », qu'il suffit d'ajouter à la définition de notre attribut pour résoudre le problème :

    attributetype ( 1.3.6.1.4.1.7135.1.3.39.2.1.23
            NAME 'monAttribut'
            DESC 'Attribut de test'
            EQUALITY booleanMatch
            SYNTAX 1.3.6.1.4.1.1466.115.121.1.7)
    Fri Feb 8 12:24:04 2019 - permalink -
    - http://shaarli.guiguishow.info/?FGhzlA
  • LDAP : ajouter des droits sur des attributs ou sur tous les attributs d'une classe

    Dans un annuaire LDAP (slapd, OpenLDAP), on peut attribuer des droits différents à plusieurs utilisateurs.

    On peut octroyer des droits de lecture et / ou d'écriture sur toute l'arborescence ou sur une partie (une ou plusieurs branche / unité organisationnelle) :

    dn: olcDatabase={1}mdb,cn=config
    changetype: modify
    delete: olcAccess
    -
    add: olcAccess
    olcAccess: {0}to dn.subtree="ou=test,dc=exemple,dc=net" by dn="cn=test,ou=ldap,dc=exemple,dc=net" write by dn="cn=admin,ou=ldap,dc=exemple,dc=net" write by * none
    -
    [ autres règles ici ]
    -
    add: olcAccess
    olcAccess: {1}to * by dn="cn=admin,ou=ldap,dc=exemple,dc=net" write by * none

    Dans cet exemple, l'utilisateur « cn=test,ou=ldap,dc=exemple,dc=net » pourra ajouter des objets dans la branche « ou=test,dc=exemple,dc=net », modifier et supprimer tout objet existant dans cette branche.

    On peut aussi octroyer des droits de lecture et / ou d'écriture sur des attributs précis sur tous les objets de toutes les branches (sauf règle contraire ;)) : olcAccess: to attrs=attr1,attr2,attr2,attr3 […]. Il n'est pas possible d'utiliser un joker. Exemple : il n'est pas possible d'écrire « attrs=person* » dans l'intention d'accorder des droits sur tous les attributs dont le nom commence par « person ». Attention : avec le droit d'écriture, il sera possible d'ajouter et de supprimer des attributs sur des objets sur lesquels l'utilisateur n'a pas les droits d'écriture. Même chose avec les droits de lecture : il sera possible de lire uniquement ces attributs-là sur un objet sur lequel l'utilisateur n'a pas de droits plus larges.

    Dans la continuité du point précédent, il est possible d'octroyer des droits pour tous les attributs d'une classe. olcAccess: to attrs=@maClasse […]. Toutes les remarques précédentes s'appliquent aussi ici.

    Attention : lorsque l'on octroie des droits "fins" (sur des branches, des attributs, etc.), il faut spécifier les droits des autres utilisateurs. Exemple : si, dans le premier exemple ci-dessus, dans la première règle, je ne précise pas que l'utilisateur « cn=admin,ou=ldap,dc=exemple,dc=net » a aussi des droits sur cette branche, il aura aucun droit, la deuxième règle ne s'appliquant pas.

    Fri Feb 8 11:42:36 2019 - permalink -
    - http://shaarli.guiguishow.info/?8Csx8A
  • ldapvi(1): LDAP client - Linux man page

    Utiliser un éditeur de texte en ligne de commande (vim, nano, emacs, etc.) pour tripoter un serveur LDAP (ajouter / modifier / supprimer des attributs et / ou des objets). Très pratique.

    ldapvi peut se reposer sur /etc/ldap/ldap.conf ou des paramètres explicites (-b = branche, -h serveur, -D dn de l'utilisateur avec lequel on s'authentifie) :

    ldapvi -h ldaps://monldap.exemple.net:636 -D cn=admin,ou=ldap,dc=exemple,dc=net -b ou=people,dc=exemple,dc=net [ uid=guigui ]

    L'éditeur qui sera utilisé par tous les utilisateurs sera celui sélectionné lors de la première utilisation. Apparemment, ça n'utilise pas /usr/bin/editor et update-alternatives. Pour corriger cela, on peut ajouter un alias : alias ldapvi='EDITOR=vim ldapvi' dans la config' de son shell.

    Fri Feb 8 10:16:22 2019 - permalink -
    - https://linux.die.net/man/1/ldapvi
  • Ex-députée écolo : sans langue de bois ? [EN DIRECT] - Thinkerview

    Entrevue avec Isabelle Attard, ex-députée. On pourrait résumer cette entrevue aux désillusions d'une citoyenne sur le réel pouvoir d'un parlementaire, sur l'utilité des manifestations pacifiques, sur l'utilité du vote républicain, sur l'utilité de produire toujours plus de biens et de services. Rien de neuf.

    Le fond est décevant. D'abord parce que peu de notions sont approfondies et peu de choix de vie sont expliqués. Ensuite, parce que dès que l'on parle d'alternatives, on reste sur des propositions éculées (anarchie, grève générale, écologie qui s'attaque aux racines du problème, etc.)…

    Note :

    Les mouvements non-violents ont leur importance, mais ils n'auraient pas eu l'ampleur qu'ils ont eu s'il n'y avait pas eu des groupuscules ou des activistes qui s'étaient bougé pour faire parler d'eux sur d'autres sujets. Je ne pense pas que Martin Luther King aurait eu le même impact s'il n'y avait pas eu Malcom X, et je ne pense pas non plus que Gandhi aurait eu les mêmes résultats s'il n'y avait pas eu des activistes en Inde dont on ne parle jamais. […] La violence, ça peut être aussi de sous-payer les gens dans tout un pays, ça c'est violent. Créer de la misère et de la précarité, c'est violent. Mais, c'est bizarre, on n'utilise pas ce mot-là, on va l'enrober dans un autre vocabulaire.

    C'est l'un des arguments défendus dans Comment la non-violence protège l’État.

    Wed Feb 6 22:16:17 2019 - permalink -
    - https://videos.thinkerview.com/w/wiWDoxNgsxbCwcHUYugwpY
  • Benjamin Bayart sur Twitter : [ manifestation = convention sociale permettant l'expression bon-enfant d'un conflit ]

    Grmbl. Ce bout de texte est... Voyons... De travers. Bien entendu que c'est un jeu, figurez-vous !

    Parce qu'en fait, soit c'est un jeu (la ritualisation des conflits, pour pouvoir les traiter autrement que par la lutte armée), soit il faut faire la guerre. Alors, oui, faire une manif avec des banderolles, c'est un jeu. C'est une forme rituelle du conflit, qui permet d'exprimer le conflit autrement que par la violence physique et la lutte armée. Évidemment que c'est un jeu, et c'est très bien que ce le soit. C'est une convention sociale. On dirait que tu ferais une manif pour montrer que t'es pas content, et on dirait que je ferais très attention à ton mécontentement, pour que surtout le conflit rituel ne devienne pas un conflit réel.

    Toute la question est de savoir qui a cessé de respecter cette convention sociale. Et donc a rendu le traitement rituel du conflit impossible. Et donc a forcé le conflit à redevenir ce qu'il est : un conflit. Qui a cessé d'écouter les manifs d'un "C'est pas la rue qui gouverne" ? Bien entendu que les manifs Bastille-Nation, c'était un jeu. Tant que tout le monde jouait le même jeu, selon les mêmes règles, ça pouvait fonctionner. Sitôt qu'un des deux camps ne respecte plus les règles, ça redevient un conflit. Et c'est dangereux. Nous avons besoin de ritualiser les conflits. Et le respect de ces rituels, c'est la garantie que notre société peut fonctionner sans qu'on se foute sur la gueule. Manifestement (ah ah), ça ne fonctionne pas.

    Si ça se trouve, c'est ce qu'explique Lordon dans les phrases qui suivent, d'ailleurs. Mais être outré de constater que c'est un jeu, c'est... terrifiant. Parce que ça veut dire qu'on trouve que seule la violence et la peur sont légitimes comme outils de lutte. Pour ma part, je suis hyper favorable au jeu. Si tout le monde joue le même. Ce qui en fait un jeu sérieux.

    Sun Feb 3 23:49:15 2019 - permalink -
    - https://twitter.com/bayartb/status/1089973655189274624
  • Censure antiterroriste : à marche forcée

    Lundi 28 janvier, nous avons publié un article pour faire le point sur le projet de règlement européen contre la propagande terroriste en ligne. Depuis le début ce texte nous inquiète, mais les dernières nouvelles ne sont pas rassurantes du tout.

    Si vous avez raté les épisodes précédents, rappelons que le texte veut obliger les hébergeurs à supprimer en une heure (1 h) les contenus signalés comme étant illicites, pour propagande terroriste en particulier. Cette obligation pose deux problèmes : la décision de suppression est purement administrative et n'est validée par aucun juge, et les moyens techniques et humains pour la mettre en oeuvre sont tellement coûteux que cela revient à donner les clés du web aux grandes plateformes, qui seront seules capables de gérer de telles masses de contenus grâce à leurs algorithmes et à leurs armadas de cliqueurs sous-payés (à lire ici : https://www.laquadrature.net/2018/11/14/censure-antiterroriste-macron-se-soumet-aux-geants-du-web-pour-instaurer-une-surveillance-generalisee/).

    Pour éviter de confier la police du web à Google et à Facebook, il faut bloquer cette mesure.

    Mais la commission LIBE du Parlement européen, chargée d'étudier le texte, semble bien décidée à laisser passer cette mesure désastreuse. Daniel Dalton, le député européen nommé rapporteur du texte, est un citoyen britannique : poussé dehors par le Brexit, il veut à tout prix porter un texte fort avant de quitter le Parlement européen.

    Notre article du 28 janvier s'adressait à lui : pourquoi défendre ce texte ? Travaillez-vous pour Google, ou bien n'avez-vous pas lu les nombreuses alertes lancées par les associations de défense des droits dans toute l'Europe ?
    À lire sur notre site : https://www.laquadrature.net/2019/01/28/d-dalton-rapporteur-sur-le-reglement-antiterroriste-est-sur-le-point-dautoriser-la-censure-de-masse/.

    Mais ce n'est pas tout. Le mardi 29 et le mercredi 30 janvier, Arthur et Martin, les deux juristes de La Quadrature, sont allés à Bruxelles rencontrer les parlementaires de la commission LIBE, dont Monsieur Dalton. Piqué par l'article, il leur a pourtant parlé sans hostilité. Sur certains points, le désaccord est entier : il est persuadé que le terrorisme s'attrape par Internet. Mais sur d'autres, l'accord est surprenant : il ne veut pas non plus de la censure automatisée !

    Alors, pourquoi la défendre ? Parce que d'un point de vue politique, il a besoin d'un texte fort, et que la formule « retrait en une heure » frappera les esprits. Bref, on marche à cloche-pied sur la tête.

    Les prochaines étapes pour le texte sont pour l'heure difficile à connaître : il y aura un vote pour avis dans deux autres commissions du parlement (IMCO et CULT, de leur petit nom), dont l'une a pour rapporteure Julia Reda, qui a des positions proches des nôtres. Ensuite, après un vote aux alentours du 21 mars probablement, la commission LIBE et Daniel Dalton soumettront leur texte au Parlement. Tout cela doit aller très vite, avant les élections de mai, voire avant le Brexit. Si nous ne faisons rien, difficile d'imaginer que le texte ne puisse pas être adopté dans sa pire version, installant une censure administrative et privée de l'ensemble du Web. La situation est aussi grave...

    Notre lettre à Daniel Dalton, rapporteur du règlement contre la propagande terroriste en ligne : https://www.laquadrature.net/2019/01/28/d-dalton-rapporteur-sur-le-reglement-antiterroriste-est-sur-le-point-dautoriser-la-censure-de-masse/

    Sur la liste de discussion de La Quadrature du Net.

    Sun Feb 3 23:38:12 2019 - permalink -
    - http://shaarli.guiguishow.info/?jGA91Q
  • Grand débat: les secrets d’un hold-up - Page 1 | Mediapart

    Deux excellents articles de presse qui déconstruisent la prétendue volonté du gouvernement d'organiser un débat public, d'écouter réellement les citoyens, etc. On le devinait, mais c'est toujours mieux d'avoir des échanges d'emails, une chronologie, une explication de texte, etc. bref, des faits concrets sur lesquels s'appuyer. Le grand débat est donc une opération de communication d'un gouvernement errant qui cherche à limiter la casse aux élections européennes et, qui, à mon avis, prépare l'opinion publique à l'inévitable violence du prochain echelon de sa risposte anti-Gilets jaunes qui sera légitimée par un refus des Gilets jaunes de rentrer chez eux après ce grand débat qui sera présenté comme étant vertueux, comme étant l'écho de la voix du peuple donc comme une incontestable fin de partie. D'où il est important de rétablir la vérité sur la véritable nature de ce grand débat.


    Et quand Chantal Jouanno annonce ce 9 janvier qu’elle reste présidente de la CNDP mais qu’elle n’assumera pas, contrairement à ce qui était prévu, le pilotage de ce grand débat national, l’opinion retient que c’est cette polémique sur sa rémunération qui est à l’origine de cette embardée catastrophique pour le pouvoir.

    […] Et nul ne se doute que cette mise en retrait de Chantal Jouanno est surtout l’aboutissement ultime de très vives tensions entre la CNDP d’un côté, et l’Élysée et Matignon de l'autre, sur la manière de conduire ce grand débat national.

    […]

    L’histoire commence donc au début du mois de décembre. Emmanuel Macron a alors annoncé son intention d’ouvrir un grand débat national pour tenter de désarmer la colère des gilets jaunes et leur apporter la preuve qu’il est à l’écoute.

    Le 5 décembre, Chantal Jouanno, qui préside la CNDP, dont la mission est précisément d’être le garant de la neutralité et de l’impartialité de tous les débats publics organisés dans le pays, est donc approchée. Dans un premier temps, c’est Damien Cazé, conseiller au cabinet du premier ministre, qui lui demande si elle accepterait de piloter le grand débat. Mais la demande est curieusement formulée : son interlocuteur lui demande si elle accepte de le faire « à titre personnel ». Réponse de Chantal Jouanno : c’est impossible ! Si le gouvernement veut la saisir, cela ne peut être qu’ès qualités, comme présidente de la CNDP. Il faut donc que le gouvernement respecte les procédures et fasse une saisine officielle de la CNDP.

    Le sous-entendu est très clair : la CNDP est régie par des règles. Et si le gouvernement veut faire appel à elle, il devra les respecter. Comme dans tous les débats organisés par la CNDP, il ne peut y avoir de « lignes rouges », c’est-à-dire de sujets interdits. La neutralité et l’impartialité des débats devront être assurées, et c’est la CNDP qui en est nécessairement le garant – et non un ministre ou un responsable politique. Tous les intervenants dans le débat sont égaux : en clair, la parole d’un président de la République, s’il intervient, ne peut pas peser plus que celle d’un autre citoyen. Ou alors, si le président ou un ministre participe, ils ne peuvent présider la séance ni être sur une tribune ou au centre de la salle, de sorte que tous les participants soient égaux. Quant aux restitutions et au compte-rendu final des débats, c’est aussi la CNDP qui doit en avoir la maîtrise, de sorte qu’ils ne soient pas biaisés par quiconque. Toutes ces règles, la puissance publique les connaît évidemment, et le premier échange ne fait qu’y faire allusion.

    Alors pourquoi Damien Cazé demande-t-il à Chantal Jouanno de piloter le grand débat « à titre personnel » ? Le gouvernement souhaite-t-il obtenir la caution de la présidente de la Commission, mais sans saisine officielle, c’est-à-dire en s’émancipant des procédures démocratiques de la commission ? Ce même 5 décembre, un autre indice peut le suggérer. Il transparaît du courriel (voir ci-dessous) que Chantal Jouanno adresse au même Damien Cazé mais aussi à Thomas Fatome, qui est le directeur adjoint de cabinet d’Édouard Philippe. Chantal Jouanno leur signale que deux ministres, Jacqueline Gourault et Muriel Pénicaud, « rencontrent demain les organisations syndicales et associations d’élus ». Et la présidente de la CNDP d’ajouter : « Elles envisagent de définir et valider avec eux la méthode et l’organisation du débat. Ceci n’est pas en cohérence avec la volonté affichée de confier à une autorité indépendante cette organisation pour en garantir la neutralité. »

    Le 11 décembre, […] Dans la soirée, Damien Cazé lui apporte une drôle de réponse. Ou plutôt, il revient vers elle pour lui poser une question : « Chantal, on peut mobiliser les équipes sans saisine formelle ? Car on risque d’avoir une gouvernance un peu compliquée… » Le message, cette fois, n’est plus allusif : la formule de « gouvernance un peu compliquée » suggère que le gouvernement cherche un moyen pour ne pas effectuer de saisine de la CNDP et donc, pour échapper aux contraintes démocratiques que cela imposerait.

    Le 13 décembre, le ton commence à monter. Une réunion a lieu ce jour-là à l’Élysée, avec une délégation de la CNDP conduite par Chantal Jouanno, la secrétaire générale adjointe de l’Élysée Anne de Bayser, le conseiller spécial de Macron Ismaël Emelien, le directeur adjoint de cabinet du premier ministre et divers autres conseillers. Un premier sujet de conflit apparaît. Ismaël Emelien veut qu’il s’agisse d’un débat fermé, avec des sujets hors débat – ce qui est contraire aux principes de la CNDP. Un second sujet de désaccord apparaît quand un conseiller évoque le nécessaire « filtrage du rapport final ». Ce qui est pour la CNDP tout aussi inacceptable car les données, dans leur intégralité, doivent pouvoir être accessibles à tous, de sorte que chacun puisse vérifier la sincérité de la restitution, à la fin du débat.

    […]

    Dans sa lettre à Chantal Jouanno, Édouard Philippe utilise en effet ces formules : « Je souhaite que la CNDP accompagne et conseille le gouvernement dans l’organisation de ce grand débat, et que vous assuriez personnellement cette mission. » Qui donc pilotera le grand débat : la CNDP ou le gouvernement ? La formule choisie peut signifier que la CNDP n’aura qu’une mission d’assistance et que c’est le gouvernement qui sera le pilote, ce qui serait une remise en cause du principe de neutralité.

    La formule selon laquelle Chantal Jouanno assurerait « personnellement cette mission » peut aussi suggérer qu’elle ne le ferait pas forcément és qualités de présidente de la CNDP mais à titre personnel, d’autant qu’elle pourrait s’appuyer pour conduire cette mission « sur une équipe interministérielle »**.

    Le 17 décembre, la CNDP rend sa décision, qui est publiée comme le veut la loi par le Journal officiel : « Article 1 – La Commission, autorité administrative indépendante, accepte la mission d’accompagner et de conseiller le Gouvernement dans l’organisation du Grand débat national et désigne sa Présidente, Madame Chantal Jouanno, pour qu’elle assure personnellement cette mission. Cet accompagnement se poursuivra jusqu’au lancement du débat. Article 2 – La poursuite de cette mission jusqu’à la rédaction du rapport final suppose un engagement du Gouvernement à respecter pour ce débat public les principes fondamentaux de la Commission nationale du débat public. »

    […]

    La formule a de quoi inquiéter Chantal Jouanno car le même jour, peu avant, une réunion a eu lieu, toujours à Matignon, au cours de laquelle on lui a dit que la CNDP piloterait le grand débat, mais qu’elle serait assistée de personnalités faisant office de garants. Ce que Chantal Jouanno a refusé, toujours pour la même raison : le garant, le seul, ne peut être que la CNDP, puisque c’est précisément sa raison d’être.

    Pour lever toutes les équivoques, la CNDP transmet d’ailleurs au gouvernement ce 18 décembre « une proposition de méthode pour la conduite du Grand Débat National » (proposition qui, parmi d’autres documents, figure dans le rapport final de la CNDP, que nous examinerons plus loin).

    Dans le lot de ces recommandations figure celle-ci : « Nous déconseillons fortement de préciser publiquement avant le débat les “lignes rouges”, c’est-à-dire les propositions que le gouvernement refusera quoi qu’il advienne de prendre en compte, et plus encore les sujets dont il ne veut pas débattre. L’expérience de la CNDP lui permet d’affirmer qu’afficher une telle position avant l’ouverture du Grand Débat National en videra les salles ou en radicalisera plus encore les oppositions. Un débat qui ne permet pas d’aborder l’option zéro d’un projet, c’est-à-dire son abandon, est systématiquement un échec. Par contre, il ne vous sera jamais reproché de répondre négativement et de manière argumentée. Nous déconseillons également très fortement d’utiliser les mots de pédagogie, d’explication, ou tout autre terme qui laisse à penser que les décideurs n’écoutent pas et se placent toujours dans une position de supériorité. Plus généralement, l’expérience de la CNDP permet d’affirmer que la seule pédagogie acceptable lors d’un débat est la “pédagogie réciproque” et non unidirectionnelle. Un débat renseigne toutes les parties prenantes des points de vue, des arguments et des informations dont chacun dispose. Enfin le débat ne sert pas à faire accepter les projets, mais à faire émerger leur condition de faisabilité. »

    Au chapitre « Neutralité et écoute pendant le Grand Débat National » figure cette autre recommandation : « Pendant le Grand débat national, les membres du gouvernement comme les parlementaires doivent s’engager à adopter une posture d’écoute active […]. La posture d’écoute active implique de ne jamais prononcer de discours en ouverture, en clôture ou depuis une estrade, mais de répondre éventuellement aux questions posées. »

    […] Par une lettre adressée ce 21 décembre à Édouard Philippe, elle lui fait donc savoir qu’elle ne peut pas se livrer à cet exercice. C’est un épisode qui était jusque-là inconnu, car on avait toujours pensé que la décision de se mettre en retrait avait été prise par Chantal Jouanno bien plus tard, le 9 janvier, dans le prolongement des polémiques sur sa rémunération. Or non : dès ce 21 décembre, Chantal Jouanno refuse la mission, telle que le gouvernement la conçoit.

    […]

    Panique à Matignon ! À peine la lettre arrive-t-elle à Matignon que le directeur de cabinet d’Édouard Philippe, Benoît Ribadeau-Dumas, adresse un SMS à Chantal Jouanno la priant instamment de ne pas se retirer. Et le directeur adjoint de cabinet lui téléphone, lui disant en substance : « Ne fais pas cela ! Tu vas nous ruiner. On va trouver une solution… »

    […]

    Le 28 décembre, elle a pourtant très vite la confirmation que son espoir est vain. Sur le site du gouvernement qui annonce le grand débat, deux phrases ont été retirées du projet initial. Un retrait lourd de sens, puisque les deux phrases disparues disaient ceci : « Le compte-rendu [du grand débat] sera réalisé par la Commission nationale du débat public » ; « C’est la Commission nationale du débat public (CNDP) qui assure la coordination opérationnelle et garantit la neutralité de l’ensemble de la démarche ». Aussitôt, Chantal Jouanno fait part au directeur de cabinet de Matignon de son inquiétude.

    Le 4 janvier, Chantal Jouanno adresse un courriel au directeur de cabinet de Matignon, Benoît Ribadeau-Dumas, pour lui expliquer dans le détail les contours que pourrait prendre le grand débat national, et elle lui joint une note de travail. Mais en préalable, elle lui demande (voir ci-dessous) si le gouvernement a clarifié la question du rôle de la CNDP et de la mission […]

    […]

    Le 7 janvier, La Lettre A sort son « indiscret » sur la rémunération de Chantal Jouanno, et des sources gouvernementales multiplient les attaques contre la présidente de la CNDP.

    Le 8 janvier dans la soirée, Chantal Jouanno en vient donc à la conclusion que rien n’a changé depuis sa lettre de mise en retrait du 21 décembre, adressée à Édouard Philippe, et que le gouvernement ne veut pas être contraint par les procédures du débat public. Elle annonce donc au gouvernement qu’elle met en application ce qu’elle annonçait au premier ministre ce 21 décembre.

    Le 10 janvier, une réunion de passation du dossier a lieu entre la CNDP, dont la mission s’arrête, et le Service d’information du gouvernement (SIG). La rencontre se passe mal, et les membres de la CNDP comprennent que toute la méthodologie mise au point va voler en éclats. Alors que la CNDP défend un débat avec « des thèmes ouverts, et pas de lignes rouges », le SIG veut une « fermeture des thèmes ». Et tout est à l’avenant. Alors que la CNDP défend « une posture d’écoute du décideur », le gouvernement veut confier à deux ministres, qui seront donc juges et parties, la gestion et le pilotage du grand débat, etc. Jusqu’à la restitution qui aurait été transparente, sous la responsabilité de la CNDP, et qui va passer sous le filtre du gouvernement, au risque d’être orientée…



    Suite : https://www.mediapart.fr/journal/france/020219/sous-le-grand-debat-la-manipulation-macron

    D'abord, il y a donc « l’indépendance ». En clair, pour qu’un débat soit honnête, il ne peut pas être piloté par un responsable public – élu, ministre, chef de l’État – qui aura ensuite à tirer les enseignements du débat. […]

    Or, dans le cas présent, avec le grand débat, nulle indépendance ! C’est Emmanuel Macron qui, de bout en bout, est à la manœuvre. Et, pour piloter le grand débat, le gouvernement a choisi de remplacer Chantal Jouanno par Emmanuelle Wargon, secrétaire d’État auprès du ministre de la transition écologique et solidaire, et Sébastien Lecornu, ministre chargé des collectivités territoriales

    […]

    La seconde valeur d’un débat public honnête, telle qu’elle est définie par la CNDP, c’est la « neutralité » […]

    Or, de cette « neutralité », Emmanuel Macron n’a jamais voulu entendre parler – et c’est précisément pour cela que le gouvernement a refusé de faire une saisine officielle de la CNDP qui l’aurait contraint à respecter ces procédures. La neutralité aurait en effet voulu que les citoyens mettent sur la table tous les sujets qu’ils souhaitent, sans que le débat ne soit constamment orienté, encadré, et pour tout dire cadenassé. Cela s’est senti dès le début quand, lançant le grand débat, Emmanuel Macron a écrit sa « Lettre aux Français ».

    Car cette lettre n’invitait pas à un débat ouvert. Non, d’emblée, le débat a été fermé – ou plutôt enfermé dans la doxa libérale, suggérant que, quoi qu’il se passe, le gouvernement ne changerait pas de politique (lire ici). « Comment pourrait-on rendre notre fiscalité plus juste et plus efficace ? Quels impôts faut-il à vos yeux baisser en priorité ? », demandait ainsi ingénument Emmanuel Macron. Comme s’il était hors de question de demander le relèvement de certains impôts, comme ceux sur les revenus du patrimoine et du capital.

    « Quelles sont les économies qui vous semblent prioritaires à faire ? », poursuivait le chef de l’État, suggérant ainsi qu’il serait hors de propos de plaider pour des mesures allant à l’encontre de la politique d’austérité. « Faut-il supprimer certains services publics qui seraient dépassés ou trop chers par rapport à leur utilité ? », demandait-il encore, jouant perpétuellement des mêmes thématiques néolibérales.

    En bref, le grand débat a été lancé, dès le premier jour, sur un registre contrevenant à ce principe de neutralité. Et chaque jour qui passe apporte de nouvelles illustrations de cette violation du principe de neutralité. Alors que selon les règles de la CNDP, les responsables publics auraient dû être dans une posture d’écoute, sans peser d’aucune manière sur le débat, ni préjuger de ses conclusions, chaque ministre a son mot à dire. Tant et si bien que dans les médias « mainstream », privés comme publics, ce sont même les ministres qui monopolisent la parole.

    Un jour, c’est le ministre du budget qui se prononce pour la suppression définitive de la taxe d’habitation ; le lendemain, c’est le premier ministre qui se dit favorable à un sixième taux pour l’impôt sur le revenu ou qui lâche à propos du référendum d’initiative citoyenne : « Le RIC, ça me hérisse »…

    […]

    Enfin, dans les règles de la CNDP, il y a encore une autre valeur, qui est celle de « l’égalité de traitement » […] Traduction : dans un débat public digne de ce nom, tous les citoyens sont égaux, quelles que soient leurs fonctions. Simples citoyens, ou maires, ou députés, ou même président de la République, ils ont tous le droit d’intervenir, mais dans les mêmes conditions. Aucun n’est au-dessus de l’autre. Il n’y a donc pas de responsable public qui domine le débat de la tribune, ou qui se met au centre du débat. Il n’y a aucun responsable public qui ouvre le débat ou qui le conclut : l'égalité doit être totale.

    […] Dans d’innombrables réunions, ce sont les deux ministres qui ont distribué la parole à leur guise. Et souvent, ce sont des personnes préalablement désignées par les préfets des départements concernés qui ont eu accès aux micros.

    C’est même plus grave que cela. Dans d’innombrables cas, quand Emmanuel Macron a fait intrusion dans le débat public, l’égalité de traitement a été violée pour céder la place à un « One man show » présidentiel.

    Il s’agit d’une photo prise le 24 janvier lors du débat avec les habitants de Bourg-de-Péage. Mais s’agit-il d’un débat ? En réalité, la vidéo qui retrace les échanges montre clairement qu’il ne s’agit pas d’un débat où tous les participants sont égaux. Non, le chef de l’État est au centre de tout. C’est lui qui distribue la parole, c’est lui qui parle, c’est lui qui répond. Ce n’est pas un grand débat, c’est un meeting de campagne, très proche des scénarios dont raffolait Emmanuel Macron lors de la campagne présidentielle.

    Car, en vérité, lorsque l’on examine toutes les péripéties du grand débat, tout conduit à la même conclusion : si Chantal Jouanno a été mise sur la touche et si sa commission n’a pas été saisie, c’est qu’Emmanuel Macron a pris prétexte d’un supposé grand débat pour entrer en campagne. Non pas pour consulter les Français et les écouter, mais pour se jeter dans la mêlée, à quelques mois des élections européennes, et battre les estrades à son unique profit.

    Au mépris des règles du débat public, Emmanuel Macron a décidé de mobiliser les moyens de l’État, en même temps que l’argent public, pour se financer à bon compte une campagne avant l’heure. Et si tel est le cas, il est important d’observer comment les rouages démocratiques ont fonctionné – ou dysfonctionné – pour interdire ou favoriser cette manipulation du débat public.

    […]

    Il y a d’abord le Conseil supérieur de l’audiovisuel (CSA). Car depuis que le grand débat a commencé, c’est un véritable rouleau compresseur qui s’est mis en branle dans tous les médias, privés mais aussi publics. Il n’est pas un média « mainstream » qui n’applaudisse et salue le succès de l’initiative. […]

    […] Non sans raison, le parti Les Républicains a d’ailleurs interpellé l’autorité indépendante dès le 28 janvier, pour lui enjoindre de faire respecter « l’équilibre des temps de parole ». « Nous sommes en effet assez étonnés des one-man-shows successifs » du chef de l'État, a déclaré l'un des porte-parole de LR, Gilles Platret, lors d'un point-presse. « Le monopole de la parole présidentielle, en tout cas en direct, sur un grand nombre de médias en information en continu – non pas que les médias soient en cause – nous interroge, et nous nous permettons de formuler vis-à-vis du CSA des interrogations sur le respect de l'équilibre de la parole publique. »

    Mais jusqu’à présent le CSA est resté muet, sans faire savoir les suites qu’il entendait donner à cette interpellation.

    Il y a enfin une autre autorité indépendante qui pour l’instant brille par son silence. La Commission nationale des comptes de campagne et des financements politiques […]

    Or cette campagne de communication, organisée de bout en bout pour permettre à Emmanuel Macron d’essayer de reprendre pied, et de surmonter la crise des gilets jaunes, va coûter une véritable fortune. S’il s’agissait d’un véritable grand débat, honnête et impartial, on ne pourrait que s’en réjouir. Mais comme il s’agit d’une campagne de com’ qui ne dit pas son nom, cette utilisation des deniers publics à des fins personnelles retient pour le moins l’attention.

    […]

    En réalité, le gouvernement ne communique que très peu d'informations, arguant que toutes les données financières ne sont pas encore connues et qu’elles seront rendues publiques en temps et en heure. Ce qui est certain, c’est que le grand débat, organisé pour le profit exclusif d’Emmanuel Macron, va porter « sur un coût estimé entre 10 et 15 millions d’euros », soit une somme pas très éloignée de ce que le candidat Emmanuel Macron a dépensé pour sa campagne pour le premier tour de l’élection présidentielle, soit 16 698 320 d’euros

    Et encore ! Cette somme de 10 à 15 millions d’euros devrait comprendre l’ensemble des dépenses prévues pour ce grand barnum, sauf celles engagées pour les shows… d’Emmanuel Macron qui, compte tenu de l’importante logistique engagée, vont aussi coûter très cher.



    Je trouve que Mediapart sacralise trop la CNDP qui, dans le passé, a montré les limites de sa vigilance portant sur la neutralité des débats. Voir, par exemple, l'excellent dossier de Reflets.info sur le débat public autour d'Europacity.

    Sun Feb 3 21:59:37 2019 - permalink -
    - https://www.mediapart.fr/journal/france/260119/grand-debat-les-secrets-d-un-hold
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