The Daily Shaarli
Le Conseil Constitutionnel a retoqué le fait que, durant l'état d'urgence, les préfet⋅e⋅s peuvent autoriser les contrôles d'identité + les fouilles de bagages + les fouilles de véhicules sur de longues durées (24 heures renouvelables) et sur de larges zones géographiques (jusqu'à l'intégralité du département). Motif de la décision ? Déséquilibre entre l'atteinte à l'ordre public et la protection de la liberté d'aller et venir + le respect de la vie privée.
Ce bout de loi a été ajouté lors de la 4e prolongation de l'état d'urgence de juillet 2016.
Les député⋅e⋅s savaient que cette disposition était inconstitutionnelle, certain⋅e⋅s s'en sont même vanté⋅e⋅s publiquement durant les débats. Cette disposition n'a pas été transposée dans le droit commun, fort heureusement. La décision du Conseil a au moins l'intérêt qu'une telle disposition ne reviendra pas lors du prochain état d'urgence. Si elle revient, elle devra être nécessairement plus proportionnée.
Ce débat devant le Conseil mentionne des abus :
Tiens, revoilà la farce du comité d’éthique de Canal Plus ! La semaine dernière, la chaîne cryptée a publié la liste des quatre membres composant ce machin « chargé de garantir l’indépendance éditoriale et celle de l’information », comme ne craint pas de le clamer Vincent Bolloré.
Le moment est bien choisi : Canal est en train de virer une salariée qui, par erreur, a diffusé sur Canal Afrique un reportage critiquant Faure Gnassingbé, le monarque du Togo — un grand ami de Bolloré. Les ténors de son vertueux comité vont sûrement mettre un terme à ces aimables pratiques.
Le premier n’est autre que Laurent Le Mesle. Ex-conseiller de Chirac à l’Elysée, ex-procureur général de Paris, Le Mesle officie comme premier avocat général a la Cour de cassation. il va bientôt se retrouver dans une position très éthique. Ladite Cour statuant, à l’occasion, sur les procès que Bolloré intente aux journalistes qui n’ont pas… la même approche de l’éthique que lui.
Mitraillage judicialre
Depuis 2013, le milliardaire a attaqué 19 médias en diffamation, pour dénigrement ou pour préjudice commercial. Radios (France Inter, France Culture, France Info), télévisions (France 2), journaux (« L’Obs »), sites internet (Bastamag, Mediapart, Rue89)… Le groupe Bolloré fait feu de tout bois, réclamant parfois des millions d’euros (il en demande 50 à France 2 !) pour des reportages sur ses affaires africaines, les plus juteuses et les plus secrètes.
Onze procédures en cours ont des chances d’arriver un jour devant la Cour de cass, et la première dès 2918 : un pourvoi introduit par Bolloré dans son procès contre Bastamag — pour un papier sur l’accaparement des terres en Afrique —, que le malheureux industriel a perdu, le 12 février dernier…
Les experts à Saint-Trop'
Par pudeur, sans doute, le communiqué annonçant la nommination de Le Mesle au sein du comité de Canal (une maison où son épouse a officié jusqu’en 2014) le présente comme « un ancien premier avocat général à la Cour de cassation », alors qu’il ne prendra sa retraite qu’en février 2019. Précision du magistrat au « Canard » : « Je suis arrivé par Vincent Bolloré (…) C'est gratuit, je ne suis pas remunéré. Si un dossier le concernant vient devant la chambre commerciale de la Cour où je suis, je me déporterai. » impressionnant.
Quant aux autres membres du comité, le deuxième s’appelle Brice Charles, rapporteur au tribunal administratif de Paris — ça ne peut pas nuire. il y a aussi Sabine Bourgey, spécialiste en numismatique, ex-antiquaire, qui fait ainsi étalage de ses qualités d’experte : « J’aime la télé et beaucoup les séries américaines. » La dernière est Jacqueline Franjou. Jadis conseillère de DSK à l’industrie, elle dirige le Women's Forum de Publicis et préside le Festival de Ramatuelle, à deux pas de ia villa tropézienne de Bolloré.
Chez Canal, l’éthique sera chic !
Roh, mais non, c'est juste un comité éthique qui a le bras long afin de servir aux mieux les intérêts industriels du patron, rien de plus.
Dans le Canard enchaîné du 13 décembre 2017.
Les députés viennent de se voir accorder quelques petites rallonges. Elles s’ajoutent aux 5 373 euros mensuels d’indemnité représentative de frais de mandat (IRFM).
Indemnnité utilisable comme bon leur semble, sans trop de contrôles.
Comme l’atteste un compte rendu que s’est procuré « Le Canard », les trois questeurs réunis le 1er décembre ont ainsi décidé que l’Assemblée prendrait en charge, à partir du 1er janvier, 30 euros sur 80 par nuitée passée par les députés à Paris dans les hôtels détenus par l’Assemblée. Soit 400 euros par mois, puisqu’un député dort, en moyenne, trois nuits par semaine dans la capitale.
L'IRFM n'était pas justement censée servir, entre autres, au logement ?!
Généreux avec leurs pairs, et donc, au passage, avec eux-mêmes, les grands argentiers de l’Assemblée ont également décidé de réunir en une seule dotation annuelle les frais de courrier (12 000 euros), de taxi (2 750 euros) et de téléphone (4 200 euros) par député. Soit 18 950 euros par an pour chacun des 577 membres de l’Assemblée.
L'IRFM n'était pas censée servir pour payer les déplacements ?! 1000 €/mois de courrier… ça fait plus de 1100 lettres prioritaires… Ce n'est pas un peu trop, sérieux ? :/ Je ne critique pas le téléphone car la majorité des assistant⋅e⋅s parlementaires de l'ancienne législature prenaient la peine de rapeller le⋅a citoyen⋅ne lambda qui téléphonait, de vécu.
Jusqu’à présent, d’année en année, l’argent non dépensé était remis dans le pot commun. A compter du 1er janvier, les députés pourront conserver les reliquats d’une année à l’autre. Enfin, ils seront autorisés à utiliser cet argent pour améliorer leur enveloppe informatique : 15 000 euros par député pour la durée de son mandat. Jusqu’alors, ce forfait ne pouvait être dépassé qu’exceptionnellement.
Sans doute un bug !
Dans le Canard enchaîné du 13 décembrre 2017.
J'en ai déjà parlé, mais comme ça me semble être hyper important et méconnu, je répète.
1 % logement, action logement, loca-pass, visale, etc. Tout ça désigne des aides au logement ouvertes à un peu tout le monde. Par exemple, les principales aides à la location sont le paiement de la caution (aka dépôt de garantie) à ta place et le fait qu'Action Logement se porte garante (aka caution solidaire) pour le paiement de tes loyers. Il y a aussi des prêts pour l'accession à la propriété et pour la rénovation, notamment énergétique.
Prenons visale / loca-pass, c'est-à-dire le fait qu'Action Logement se porte garante pour le paiement des loyers :
Certain⋅e⋅s proprios attendent de leur futur⋅e locataire qu'il⋅elle leur explique ce qu'est Action Logement… Allons-y :
Alors que la plupart des ministères sont à la diète, le budget des espions de la Direction générale de la sécurité extérieure ne cesse d’enfler. Selon le projet de loi de finances 2018, ses crédits de paiement devraient passer, révèle « La Lettre de L’Expansion » (20/11), à 295,6 millions d’euros, soit un bonus de 20,3 % par rapport à 2017. C’est Noël, chez les barbouzes !
Près de 70 % de cette manne tombe dans l’escarcelle de la Direction technique, les « grandes oreilles » de la maison. Il y a quelque temps, la France s’est mis en tête de jouer dans la cour des grands. Avec Frenchelon, d’abord, la version coq sportif du système Echelon des Anglo-Saxons, destinée à écouter la planète, lancée dans les années 90. il y a dix ans, ensuite, avec un projet de siphonnage du Web mondial. D’où sa course aux crédits : le trafic mondial ne cesse de croître, le pays a besoin de serveurs puissants pour stocker et mouliner les données piquées dans les câbles sous-marins. Pour faire tourner ce superbouzin informatique, la DGSE, qui aligne 5 430 fausses barbes, a encore embauché 123 agents.
Sans décoder...
Des analystes et des linguistes, mais aussi des matheux, as du cryptage, des « techniciens du signal » ou des experts en bases de données, qu’il a fallu séduire avec de gros chèques. Attirer tous ces civils dans une maison qui n’aligne plus que 25 % de militaires revient donc cher. L’an prochain, la masse salariale va s’alourdir de 20 millions d’euros, pour atteindre 445,5 millions. Et la loi de programmation militaire 2019—2025 prévoit encore un bond des effectifs de 25 % !
D’autant que la lutte contre le terrorisme a fait exploser le nombre de missions à l’étranger. Les frais de déplacement (11,5 millions en 2018) flambent de plus de 17 %. « Dans un monde où tout est surveillé, des mouvements des personnes aux flux financiers, garantir la discrétion est de plus en plus onéreux », regrette un militaire au parfum. D’où la gourmandise grandissante de la DGSE, qui accapare chaque année plus de 50 millions d’euros de « fonds spéciaux ».
Le contribuable n’a pas fini de contribuer. Afin de lutter contre le cryptage auquel les internautes recourent de plus en plus souvent, les barbouzes réclament de nouveaux joujoux techniques, susceptibles de tripler leur budget ! La DGSE devrait recruter le Père Noël…
Toujours plus de flicage, toujours moins de vie privée pour le⋅a citoyen⋅ne lambda. Toujours plus de fric gaspillé pour une efficacité identique face aux grandes menaces qui sont vendues aux citoyen⋅ne⋅s… Moins de liberté, moins de sécurité. Perdant-perdant. :'(
Dans le Canard enchaîné du 13 décembre 2017.
J'ai de nouveau fait appel au SAV d'Eastpak. Cette fois-ci, il s'agissait de réparer la fermeture à glissière de la partie principale (celle qui loge l'ordinateur) de mon sac à dos pour ordinateur portable Eastpak Core Series K202 Hutson Black. Ce modèle, comme de nombreux autres, est couvert par une garantie de 30 ans.
Première étape : retrouver le formulaire de réparation qui change très souvent d'URL (pas cool :( ). Pour ce faire, la recherche sur un moteur de recherche que je propose dans mon billet de blog, « formulaire de reparation site:eastpak.com filetype:pdf » reste efficace. À l'heure de ce shaarli, le formulaire de réparation Eastpak pour un⋅e consommateur⋅rice français⋅e se trouve ici.
Deuxième étape : remplir le formulaire. Le formulaire peut être rempli numériquement avec ton lecteur de PDF habituel. Évidemment, je n'ai plus la preuve d'achat depuis fort longtemps. En dessous du rappel « Veuillez y joindre la preuve d'achat », j'ai écrit que je n'ai plus la preuve d'achat tout en indiquant la date (mois + année) d'achat et le lieu d'achat (nom du magasin + nom de la ville).
Troisième étape : envoyer. Comme je n'ai pas de carton chez moi, j'ai acheté un Colissimo L à 12,90 € à La Poste… On plie le sac dedans, on ajoute le formulaire, on ferme et on envoie.
Quatrième étape : attendre. Colis déposé au bureau de poste le samedi 9 décembre 2017. Colis retour reçu le samedi 16 décembre 2017. 7 jours. Encore plus rapide que la première fois. :)
Eastpak a réutilisé le Colissimo envoyé. Bien sûr, ça a pour but de réduire les coûts de leur côté, mais ça évite aussi de gaspiller du carton donc ça me va très bien.
Je suis un peu moins satisfait par la réparation en elle-même, comparé à la dernière fois. En effet, le modèle de la tête de fermeture éclair est différent du modèle d'origine. Notamment, la partie saisissable est beaucoup plus courte et aucun bout de tissu n'a été ajouté pour en simplifier la saisie… Bref, cette fermeture ne bénéficie pas du même rendu fonctionnel et esthétique que les autres fermetures du sac. C'est un peu dommage…
Les services de renseignement et de police palestiniens coopèrent régulièrement avec leurs homologues israéliens, lesquels se montrent souvent satisfaits de cette relation entre professionnels. Mais, curieusement, les dirigeants d’Israël comme ceux de l’Autorité palestinienne évitent de s’expliquer franchement sur ce qu’un diplomate français qualifie de « connivence discrète ». Et, quand un journaliste se risque à évoquer ces échanges, improbables, ce n’est jamais qu’en trois ou quatre lignes, assorties au mieux de deux conditionnels. A croire que de telles accointances entre barbouzes et flics n’auraient pas l’approbation de leurs dirigeants respectifs.
C’est loin d’être le cas. Les israéliens n’ont en effet aucune envie d’admettre la réalité de cette coopération et, surtout, de reconnaitre que les services palestiniens leur ont, à plusieurs reprises, transmis des informations permettant d’éviter des attentats à Tel Aviv ou ailleurs. Les anathèmes souvent lancés contre les dirigeants de l’Autorité palestinienne, accusés d’être les « complices » du terrorisme, n’auraient dès lors plus de sens…
Quant à Mahmoud Abbas et aux autres chefs palestiniens, ils évitent de se glorifier d’une relation que certains opposants qualifient de « collaboration avec Israël ». Cette gêne se comprend. Le gouvernement Netanyahou, à l’instar de ses prédécesseurs, continue d’autoriser la construction de colonies — à Jérusalem-Est et en Cisjordanie — ainsi que la poursuite des incursions de l’armée israélienne dans les territoires palestiniens. Sans compter le soutien que les soldats apportent aux colons, même lorsque ces derniers commettent des exactions chez leurs voisins arabes. Des actes parfois condamnés à l’ONU, et plus souvent réprouvés par diverses ONG et quelques rares journaux israéliens.
Mais ces réactions, si remarquables soient-elles, ne peuvent remettre en question la relation entre « dominants » et « dominés ».
Intéressant.
Dans le Canard enchaîné du 13 décembre 2017.
Quinze mai 1918, front français. Henry Johnson et Needham Roberts, deux poilus du 369e régiment d’infanterie, veillent dans la tranchée. Dans la nuit, un bruit de cisaille. Les soldats d’en face coupent les barbelés. Grenade allemande. Les deux gars sont blessés. Johnson se relève, vise, tire son premier « boche ». Il est touché à son tour. Il assomme un fantassin à coups de crosse. Les ennemis emportent son copain blessé. Il se rue au couteau, poignarde, éventre, met la patrouille de dix hommes en déroute.
Des reporteurs américains saluent le courage de Johnson. Citoyen américain de 19 ans, appartenant à la garde nationale de New York, versé dans un régiment français parce que noir de peau. Cet Africain- Américain, matricule 103348, est décoré de la Croix de guerre avec palme pour avoir tenu sa position et sauvé son camarade, malgré trois blessures par balles et des éclats de grenade. Une partie de l’Amérique salue le héros. L’autre enrage.
AmériKKKa
Anciens esclaves des champs de tabac de Caroline, la famille Johnson se réfugie au nord pour fuir les persécutions. Lorsqu’il est rattrapé par la conscription, le jeune Henry est porteur à la gare d’Albany. Pour lui, comme pour les autres Noirs qui endossent l’uniforme, la guerre sera un moyen de montrer son attachement au pays, mais aussi de revendiquer l’égalité. Dans l’Amérique, que le garçon quitte pour la guerre européenne, on lynche encore des hommes en raison de leur couleur de peau, la ségrégation reste vivace. Même au tribunal, Noirs et Blancs ne jurent pas sur la même Bible.
Johnson et les autres veulent se battre, mais aucun régiment ne les accepte. Décharger les camions, terrasser les routes, oui. Mais pas question de leur donner une arme, symbole d’égalité. Pour les combattants blancs de l’Oncle Sam, à la ville comme au front, le Noir est paresseux, lâche, à moitié homme. Seul William Hayward, ancien avocat et officier blanc, croit en la valeur de ces garçons.
Il demande aux autorités américaines l’autorisation de former un régiment séparé. Allez ! 2 000 gars à jeter dans les combats ! Refus du général Pershing. Armer des Noirs ? Jamais ! Ils pourraient rentrer au pays avec de sales idées. Seulement, voilà, Pétain a besoin d’hommes. Blancs, noirs, peu importe. Les poilus sont harassés. Il faut de la chair pour les canons. Et voilà les « Harlem Hellfighters », comme on les appelle, enrôlés dans l’armée française.
Uniforme vert olive du Sammy mais casque Adrian, bandes molletières et fusil Berthier fabriqués en France. Ouvriers, musiciens de jazz, ils viennent du Bronx ou des anciens Etats confédérés et rêvent de rentrer au pays sous les vivats. Dans la tranchée, des Français blancs partagent la popote, la poignée de main, la cigarette. Les gosses d’Alabama n’avaient jamais vu ça. Alors ils se battent. Paient l’impôt du sang pour la liberté, l’égalité, la fraternité. Ce régiment noir sera le plus décoré de la Première Guerre mondiale.
Quand ils regagnent les Etats du Sud, en 1919, les soldats noirs sont déshabillés de force par la foule et abandonnés en pleine rue. Cette même année, 77 Afro-Américains sont lynchés, dont 10 vétérans en uniforme. Henry Johnson, lui, meurt sur un trottoir de Washington le 1er juillet 1929, clochard et nègre.
Très intéressant.
Dans le Canard enchaîné du 13 décembre 2017.
