The Daily Shaarli
Encore une réforme qui « passe mal », comme l’écrit « Le Parisien » (27/6) : celle de l’Inspection du travail. Selon le journal, les 2 000 fonctionnaires de cette petite corporation (dont une partie a manifesté la semaine dernière), chargés de contrôler les pratiques sociales de toutes les entreprises françaises, craignent une baisse des effectifs et la perte de leur indépendance. L’idée du gouvernement est en effet de donner aux préfets un droit de regard sur les inspecteurs du Travail. Promis-juré par la Direction générale du travail, elle « cherche des solutions ». Quant aux emplois, 20 % des effectifs du ministère du Travail ont déjà été supprimés depuis 2009.
Et ça va continuer.
Dans le Canard enchaîné du 3 juillet 2019.
Tambouille avec les chiffres parisiens de la délinquance à l'approche des élections municipales ? Cela me rappelle le bidouillage des chiffres de la délinquance à Marseille dénoncé par les poulets eux-mêmes…
À neuf mois des municipales, les rues parisiennes ne souffrent pas que des travaux. « Le Canard » a mis la palme sur les statistiques de la délinquance compilées par la Préfecture de police depuis le début de l’année. Pour les cinq premiers mois de 2019 — comparés à la même période en 2018 —, le bilan est plutôt violent, selon les flics obsédés de la calculette. Une hausse de 16,4 % pour les « atteintes aux biens » et de 10,7 % pour les « atteintes volontaires à l’intégrité physique » a été relevée. Avec + 42,5 %, le IVe arrondissement est champion dans la première catégorie. Le IIIe détient le record dans l’autre : + 44,8 %.
C’est dans ce même arrondissement qu’a été enregistrée une hausse record des « vols à la sauvette » : passant de 1 à 15, ils bondissent de… 1 400 %. Loin derrière, le fort bourgeois XVIIe, avec + 187,5 %. Plus grave : le nombre de vols à main armée a grimpé de 2 à 7 dans le XVIIIe, soit 250 % de progression…
Vertueuses bagnoles
Du côté des Champs-Elysées, dans le très protégé VIIIe arrondissement (celui de l’Elysée et de l’Intérieur), un effet gilets jaunes se fait sentir : les « dégradations de mobilier urbain » ont bondi de 150 %, et les « destructions, dégradations et incendies volontaires » de 173,8 % — une vraie flambée.
Seule bonne nouvelle, la baisse des vols de voitures : moins de 10 %. Anne Hidalgo a raison de vouloir limiter la place de la bagnole à Paris…
Dommagge que Mahjoubi fut forcé de se retirer de la course, car ces chiffres auraient servis ses propositions sécuritaires… :))))
Dans le Canard enchaîné du 3 juillet 2019.
Dette publique, taux négatif, prime d'émission pour contourner les restrictions de l'UE, etc.
Une fois n’est pas coutume, dans son rapport sur « la situation des finances publiques », publié le 25 juin, la Cour des comptes balance, entre les lignes, une bonne nouvelle : le gouvernement n’aura pas à racler les fonds de tiroir pour financer la baisse d’impôt sur le revenu (5 milliards) promise par Macron à l’issue du grand débat. Son secret ? La décroissance des taux d’intérêt et les économies qu’elle entraîne sur le remboursement de la dette : « jusqu’à 4 milliards en 2020 », estime Didier Migaud, le président (PS) de la Cour des comptes. En 2021, le conte de fées se poursuivra. A en croire les prévisions de la Banque de France, la charge de la dette devrait encore baisser de 8 milliards. De quoi financer quelques beaux cadeaux électoraux à la veille de la présidentielle de 2022…
Et si le compte n’y est pas ? Du crédit, encore du crédit : l’année dernière, la France a emprunté, en moyenne, à seulement 0,5 %. Et, cette année, le taux est même devenu négatif. Non seulement les acheteurs d’emprunts français ne demandent aucune rémunération au Trésor, mais, en plus, ils ont l’obligeance de lui verser une obole pour le remercier de mettre leurs sous en sécurité.
Dette limite
Reste à savoir quand le carrosse redeviendra citrouille. Le jour où les taux se mettront à remonter, le choc sera rude. Au niveau actuel de la dette, selon les prévisions du Trésor, chaque hausse des taux de 1 % alourdira la facture jusqu’à 19 milliards par an**.
Outre ces funestes perspectives — mais, demain, c’est loin ! — plane un péril, politique celui-ci. Le candidat Macron avait promis de réduire sévèrement la dette, qui, aux termes des critères européens, ne devrait pas dépasser 60 % du PIB. Première étape ? Revenir à 90 % en 2022. C’est mal parti : la coquine ne cesse d’augmenter et, selon l’Insee, a atteint 99,6 % du PIB au premier trimestre de cette année. Dans le même temps, la moyenne européenne, elle, baisse rapidement depuis 2015. Difficile, avec un résultat pareil, d’être pris au sérieux en Europe !
Emission pirate
Pour tenter d’endiguer cette montée de la dette, le Trésor use, depuis plusieurs années, d’une petite astuce, autorisée par Bruxelles et appelée « prime d’émission ». Le principe est simple : si le Trésor lance un emprunt de 1 milliard au taux normal du marché, les souscripteurs lui verseront 1 milliard en échange des obligations qu’il émet. Mais, si le Trésor choisit de verser un taux d’intérêt supérieur, alors ces obligations très rémunératrices seront achetées beaucoup plus cher : par exemple 1,5 milliard. Dans ce cas, sera compté comme dette nouvelle le milliard figurant sur l’obligation, et nen le milliard. et demi effectivement récolté !
Et cela fait augmenter le service de la dette. :))))
En 2018, note la Cour des comptes, l’Etat a ainsi émis pour 10,8 milliards de dette non comptabilisée par les censeurs européens. Selon le « compte général de l’Etat », publié en marge du budget 73 milliards (l’équivalent de 3 % du PIB) ont été empruntés en douce ces dernières années. Sans cette petite finasserie, le taux d’endettement de la France aurait largement franchi le seuil symbolique de 100 % du PIB, pour avoisiner aujourd’hui les 103 %.
Et Macron aurait l’air de quoi ?
Dans le Canard enchaîné du 3 juillet 2019.
Ils espéraient tous en croquer, mais ils déchantent. L’agrégateur d’infos d’Apple, Apple News, déçoit les éditeurs de presse qui espéraient se refaire la cerise avec l’application de la marque à la pomme. Las ! trois mois après son lancement aux Etats-Unis, en Australie et en Grande-Bretagne, les revenus sont maigres, et d’autant plus maigres qu’Apple se garde jusqu’à 50 % du chiffre d’affaires généré par les abonnements. Sans oublier les fichiers des clients et leurs numéros de carte bancaire. Les éditeurs se retrouvent comme les reines des pommes. Apple, ç’a eu payé ?
Les éditeurs français, en tout cas, sont prévenus.
Tu veux dire que ça se déroule comme avec iTunes et comme avec l'App Store ?! Incroyable, Apple n'a pas changé de modèle économique depuis plus de 15 ans ! Peut-être parce que ça lui profite ? Totalement incroyable. Et l'intermédiaire qu'il est détient les informations cruciales (fichier client). Oui, c'est le cas de tous les intermédiaires qui ont envahi notre vie. Notons que la presse papier externalise la gestion de sa base d'abonnés, et que cela leur a posé un pépin en 2016.
La presse se réveille, incroyable.
Dans le Canard enchaîné du 3 juillet 2019.
Hurler sur un suspect, virer l'avocat de ce suspect qui appelle à un retour au calme… Moi qui croyais que la flicaille est amour, qu'elle défend le citoyen contre les méchants pas beaux et que quand elle fait un usage illégitime de sa force, c'est en fait légitime parce que Jojo le gilet jaune lui a envoyé un molotov dans la tronche. Les exemples sont nombreux. La flicaille est une force oppresant le citoyen, rien d'autre.
Assez salée, et c’est peu dire, cette enquête du défenseur des droits, Jacques Toubon, signée le 13 juin à propos d’une garde à vue remontant au 3 octobre 2016. Ce jour-là, Grégory Saint-Michel, avocat pénaliste, assiste, au commissariat du XXe de Paris, un client de 65 ans — casier vierge, un peu SDF et accusé de tentative de meurtre. Une bagarre à coups de bouteilles entre deux gars, nantis chacun de 3 grammes d’alcool dans le sang… B., gardien de la paix menant l’interrogatoire, trouve le client trop hésitant et vocifère.
« Vous n’avez pas à hurler comme ça, ce sont des pressions ! intervient l’avocat. B. rugit : « Je fais ce que je veux, et, si je veux hurler avec vous aussi, je le fais ! » « Je fais ce que je veux, c’est mon audition ! » Stupéfait, l’avocat prévient le flic : « Attention, c’est filmé, ce n’est pas bon pour vous ! » Ameuté par son équipe, le capitaine débarque. Ses collègues coupent la vidéo. Futé ! Mais pas trop : l’enregistrement audio, lui, continue…
Vert, l'avocat
« Dégagez, allez ! zou ! ordonne le capitaine à l’avocat. On vous dit de dégager, vous dégagee ! » « On va sûrement pas bosser avec un mec comme vous ! » ajoute l’un des flics. Saisi aux épaules par deux policiers, Grégory Saint-Michel est raccompagné sur le trottoir. « Prends un autre avocat : le tien, il est indigne d’exercer sa profession, conseille, à l’intérieur, un poulet au gardé à vue. T’en prends un autre ou t’en auras pas ! » Le client a tenu bon.
Et l’avocat a saisi le défenseur des droits. Après avoir écouté l’enregistrement, ce dernier a recommandé au ministre de l’Intérieur des procédures disciplinaires contre les flics fautifs. S’il n’est pas entendu, il pourra essayer le hurlement.
Dans le Canard enchaîné du 3 juillet 2019.
Tambouille électorale et presse locale comme outil d'influence.
Le hasard fait bien les choses, sur la Côte d’Azur. A neuf mois des élections municipales, et alors que le richissime Iskandar Safa s’apprête à racheter le journal « Nice-Matin », un autre milliardaire, Xavier Niel, surgit pour, lui aussi, acquérir le quotidien !
D’un côté, l’homme d’affaires Safa est le meilleur allié d’Eric Ciotti — député LR des Alpes-Maritimes et candidat contre le maire sortant de Nice, Christian Estrosi (LR aussi). De l’autre, ledit Estrosi mène, depuis six mois, un lobbying d’enfer dans le Tout-Paris, expliquant qu’une reprise de « Nice-Matin » par Safa serait tragique pour sa ville. L’inespéré Xavier Niel serait donc le sauveur…
Le patron de Free ne cache pas, en tout cas, ses penchants macronistes. Et Estrosi a sonné l’alarme en des termes choisis auprès du Président et de son entourage. Primo, Safa est un marchand d’armes. Deuzio, il représente un marchepied pour la droite musclée de Ciotti, voire pour le RN, lui qui fricote avec l’extrême droite et possède déjà « Valeurs actuelles ». Macron est très sensible, ces derniers temps, a ce genre d’arguments.
Salade provençale
Le chef de l’Etat, qui vient de lancer son offensive en Méditerranée, planche sur la meilleure manière de barrer la route électorale Nice-Marseille au RN et à ses futurs alliés. Vue de l’Elysée, la solution semble toute trouvée : des candidatures communes avec la droite modérée. A Nice, c’est Estrosi l’heureux élu. L’idée est de le voir former un joli tandem avec le député LRM Cédric Roussel, lequel vient de déclarer sa candidature et fait monter les enchères.
Depuis quand appartient-il au Président de la Ripoublique de gérer la tambouille électorale ?! Rien de neuf, je sais, mais ça me révolte toujours autant…
Pour les partisans du maire de Nice, ce Roussel ferait un futur premier adjoint idéal. Et pour cause : deux sondages qu’ils ont commandés discrètement montrent qu’une liste commune Estrosi-Roussel pourrait décrocher près de 49 % des suffrages dès le premier tour ! Sans liste commune, en revanche, la bataille ferait rage en triangulaire ou en quadrangulaire avec Ciotti et le lepéniste Philippe Vardon — un identitaire bon teint.
Safa barder !
A Marseille aussi, l’alliance est en marche. Ici, l’Elysée mise plutôt sur la fin du gaudinisme. Un accord avec Martine Vassal, patronne LR des Bouches-du-Rhône et copine de Jean-Claude Gaudin, emballé moyennement les Marcheurs ; ceux-ci préféreraient un rapprochement avec le patron LR dela région Sud, Renaud Muselier, grand ami d’Estrosi. L’œil rivé sur la carte électorale et les résultats des européennes, Macron aimerait que « Mumuse » l’aide à monter une liste commune très ouverte à Marseille, y compris avec des figures du PS local ! Si Muselier ne conduit pas lui-même cet attelage, il serait au moins assuré, en échange, du soutien présidentiel pour les élections régionales de 2021…
C’est dans ce joyeux contexte que le journal « Nice- Matin » et une part minoritaire du quotidien marseillais, « La Provence » ont subitement éveillé l’intérêt des milliardaires du pays ! Et que le groupe public belge Nethys, qui détient 34 % de « Nice-Matin » et 11 % de « La Provence », est devenu l’objet des convoitises du macroniste Xavier Niel…
A « Nice-Matin », c’est même une vraie pièce de boulevard qui se joue. Dans le cadre d’un plan de sauvegarde du quotidien, Iskandar Safa devait racheter les 34 % de Nethys d’ici au mois d’octobre — le pacte d’actionnaires du journal prévoyant de le faire monter à 100 % du capital en février 2020. Mais, il y a quinze jours, Niel a claironné qu’il négociait en direct avec Nethys et rachetait ses parts. Une fois l’accord signé, Estrosi lui a adressé un message de congratulations. Le 28 juin, Niel a néanmoins fait passer, pour la forme, une offre à l’administrateur judiciaire de « Nice- Matin ».
Chez Les Républicains, un cacique se marre : « Il va quand même falloir bien réfléchir. Qui met le plus d’argent en publicité dans “Nice-Matin” ? La région de Muselier et la métropole d’Estrosi ? ou Eric Ciotti ? C’est clairement les premiers ! »
Tout de suite les sordides questions financières…
Dans le Canard enchaîné du 3 juillet 2019.
Ils ont poussé leur cri, fait connaître leur révolte, rédigé des rapports qui furent autant de brûlots, pétitionné à qui mieux mieux. Ils ont fustigé leur école, sa « violence symbolique », sa « ritualisafion de l’angoisse ». Fichtre. Ils étaient opposés à la notation et ont même fait annuler leur classement de sortie. Tout ça pour ça.
Ha bah si tu ne cites pas un peu de Bourdieu, tu ne peux pas être membre de l'élite. Mais après, tu découvres le contrôle social présent dès l'origine de l'école moderne, et encore après, quand t'as un travail enviable, tu te dis que, finalement, ça a du bon, la reproduction sociale.
Aujourd’hui, les énarques mutins de la promotion Senghor (2002-2004) sont de gentils petits, raconte « Challenges » (27/6) dans une amusante enquête. L’un des leurs, Emmanuel Macron, est à l’Elysée. Il y a fait venir ses potes Aurélien Lechevallier, conseiller diplomatique, Jérôme Rivoisy, à la Direction générale des services, Franck Paris, conseiller Afrique, Stanislas Cazelles, conseiller outre-mer, Marie Fontanel, au pôle santé. Tous ces grands révoltés semblent ne pas trop mal s’habituer aux ors du palais présidentiel. Sibyle Veil est pédégée de Radio France, Amélie Verdier est directrice du budget. Dans le privé, les Senghor tentent de se remettre comme ils peuvent du stress post-traumatique ressenti à la sortie de leur école.
Sébastien Proto est directeur de la stratégie et membre du comité exécutif de la Société générale. Marguerite Bérard-Andrieu, major de la promo, dirige les réseaux BNP Paribas. Boris Vallaud, Romain Grau, Olivier Becht et Julien Aubert sont députés. Gaspard Gantzer, dernier dircom de Hollande, est candidat à la Mairie de Paris. Le fait de n’avoir aucune chance ne le refroidit nullement. N’ a-t-il pas dirigé le service de presse de la Mairie de Paris à l’époque de Delanoë ?
Les bourgeois, c’est comme les cochons…
Je mets de côté ces noms. C'est toujours utile après coup pour identifier qui tire les ficelles, quels sont les réseaux d'influence, et pour contre-argumenter à propos des gouvernements prétendumment constitués de personnes provenant de la société civile (voir : 1er gouvernement Philippe, 2e gouvernement Philippe).
Dans le Canard enchaîné du 3 juillet 2019.
Rapport de la Cour des comptes sur les sociétés de perception et de répartition des droits d'auteurs. Levier d'influence, sommes non-réparties et ponctionnées, artistes lésés, clientélisme et financement des grosses maisons d'édition, conflit d'intérêt, etc. Rien de neuf pour ceux qui suivent ces sujets…
La Cour des comptes critique la gestion des sociétés qui les administrent.
Les 23 sociétés chargées de gérer les droits d’auteur (lettres, musique, cinéma, etc.) sont assises sur un trésor. Car elles ne font pas que redistribuer de l’argent à leurs adhérents. Grâce à la loi de 1985 sur la copie privée, elles disposaient aussi, en 2018, de 183 millions pour financer à discrétion des projets d’action artistique et culturelle. Une somme provenant d’une taxe sur les téléphones, les tablettes et les CD vierges… mais aussi de l’argent dû aux auteurs qu’elles n’ont pu répartir.
Oui, la redevance pour copie privée est utilisée pour influencer les élus locaux en finançant des festivals et autres activités culturelles locales. Les élus locaux étaient souvent des parlementaires. Ce n'est plus le cas, mais un parlementaire reste toujours sensible au développement de son bled, et reste donc attentif aux volontés législatives des ayants-droit.
Las ! la commission de contrôle, affiliée à la Cour des comptes, constate, dans son rapport annuel, que ces sociétés n’utilisent que 126 millions d’euros sur les 183. Le reste vient garnir leurs réserves ou passe en frais de gestion, voire de lobbying ou de justice. Ce qui, pour la commission, « relève davantage des frais généraux de l’organisme ».
Les sociétés de gestion des droits d'auteurs se doivent de rechercher les ayants-droit. Mais, en pratique, leur recherche des ayants-droits est lacunaire, ce qui leur permet de se constituer un bas de laine avec les sommes non réclamées…
La commission s’interroge surtout sur la répartition des aides. Elle dénonce un certain clientélisme, se caractérisant par « une concentration des montants d’aides accordées au profit d’un petit nombre de bénéficiaires ». Ainsi, à la Société civile des producteurs phonographiques, les majors (branches françaises d’Universal, Sony et Warner) s’auto-attribuent une grande partie des aides à la création.
Le rapport dénonce aussi des conflits d’intérêts au sein de plusieurs organismes. La Spedidam, la société de perception et de distribution des droits des artistes-interprètes, par exemple, présidée par François Nowak, subventionne plusieurs satellites, telle l’Action musicale, dirigée par… le vice-président du conseil de surveillance de la Spedidam.
Cette dernière a reçu 220 000 euros de subventions en 2017, dont 75 300 ont servi à rémunérer son directeur, Jean-Philippe Bruttmann, également programmateur de deux autres festivals subventionnés par la Spedidam. L’Action musicale salarie aussi la fille de Nowak (son fils est directeur de la communication de la Spedidam)…
Le parquet de Paris vient d’ouvrir une enquête sur cette gestion très familiale, qui relève moins de la création que de la procréation.
Dans le Canard enchaîné du 3 juillet 2019.
La suppléante de Benjamin Griveaux à l’Assemblée s’est trouvé un point de chute. En avril, Elise Fajgeles avait dû quitter le Palais-Bourbon pour laisser le candidat putatif à la Mairie de Paris reprendre son siège de député de la capitale, après avoir démissionné du gouvernement.
Ce genre de mécanisme promet un travail législatif de qualité, dis donc. :)))) Tantôt je suis au gouvernement, tantôt à l'Assemblée, tantôt en mission parlementaire pour le gouvernement, tantôt… Comment veux-tu qu'ils étudient sérieusement les dossiers sur lesquels ils sont amenés à se prononcer ?! Je ne crois pas au suivi des dossiers avec le suppléant.
L’ex-députée a donc été recrutée, le 1er juillet, comme chargée de mission à la Dilcrah, la délégation interministérielle à la lutte contre le racisme, l’antisémitisme et la haine anti-LGBT. Son contrat doit s’achever en décembre, au moment où la campagne municipale battra son plein.
Délicate attention : le salaire d’Elise Fajgeles a été fixé à environ 6 000 euros, soit l’équivalent de ses anciennes indemnités parlementaires.
La Dilcrah est un refuge très prisé. En 2014,1’écologiste Cécile Duflot avait déjà usé de la même ficelle pour recaser sa suppléante PS. Avis aux amateurs…
Dans le Canard enchaîné du 3 juillet 2019.
Quelques infos sur l'accord de libre-échange signé fin juin 2019 entre l'Union Européenne et le Mercosur.
Pas d'inquiétude, car tout est prévu. Ça fait vingt ans qu’ils en discutent en secret, alors, vous pensez bien… Non seulement l’accord historique signé vendredi entre l’Union européenne et le Mercosur, marché commun réunissant Brésil, Argentine, Paraguay et Uruguay, va « dans la bonne direction », comme l’a dit Macron, mais il sera exemplaire en matière d’environnement et de biodiversité. Comme 90 % des droits de douane entre ces deux immenses marchés vont tomber, l’Europe va pouvoir exporter ses bagnoles, ses pièces détachées, ses produits chimiques, ses médicaments, ses parfums, ses sacs Vuitton, son speck tyrolien, son champagne, etc. Et Brésil et consorts vont pouvoir nous envoyer 100 000 tonnes de volaille par an et 99 000 tonnes de bœuf, pas une de plus, et des fruits, du café instantané, des jus d’orange, et 180 000 tonnes de sucre, et de l’éthanol, et des métaux rares…
Evidemment, les grincheux grinchent. Les agriculteurs, tous syndicats confondus, de la FNSEA à la Confédération paysanne, qui dénoncent cette « course folle à la concurrence ». Les écolos de tout poil, Nicolas Hulot et Yannick Jadot en tête, qui rappellent que le Brésil est le plus gros consommateur de pesticides du monde, que 31 % de ceux dont ils usent sont interdits en Europe, qu’en prime le fou furieux Bolsonaro en a fait homologuer 239 nouveaux depuis janvier, que là-bas les boeufs sont dopés à coups d’antibiotiques et d’hormones de croissance, que l’élevage bovin est avec le soja transgénique le principal responsable du saccage de la forêt amazonienne (400 hectares détruits chaque jour), que pour Bolsonaro le réchauffement climatique n’est qu’« un complot marxiste », etc.
Il y a aussi les 340 ONG, les 600 scientifiques européens, les deux organisations représentant 300 groupes indigènes brésiliens qui dénoncent les violations des droits humains et les attaques contre les indigènes et les minorités…
Mais bon. Pour faire plaisir à l’Europe, Bolsonaro a promis de respecter l’accord de Paris sur le climat et, avec ses amis sud-américains, il s’est engagé aussi à « lutter contre la déforestation ». C’est vague et ça ne mange pas de pain, mais pourquoi ne pas les croire sur parole ? En prime, ils assurent qu’ils ne nous enverront pas de viande aux hormones, bref, arrêtons de douter de leur bonne foi et ouvrons grand ce marché « ouvert, équitable, durable » de 777 millions de consommateurs qui fera la nique à Trump.
Ho bah, s'il a promis ! Tout va bien, alors ! Ça me suffit amplement !
Quand chacun des Etats membres et le Parlement européen auront ratifié cet accord, alors, que vogue… sur les océans mille armadas de porte-conteneurs !
Dans le Canard enchaîné du 3 juillet 2019.
