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  • Les pilotes graphiques Nvidia décidément bien trop bavards

    Toutes ces fonctionnalités — et il y en a d'autres — ont désormais un prix, celui de devoir créer un compte utilisateur, directement sur les serveurs Nvidia ou via une connexion Facebook/Google. Nos confrères de Canard PC ont ainsi mis en évidence l'envoi de données matérielles détaillées, l'envoi de la liste des programmes installés, l'historique du débit dans les jeux ainsi que le temps passé à jouer pour ne donner que quelques exemples.

    Malheureusement, Nvidia n'a pas souhaité s'arrêter là, puisque la version 375.70 de ses pilotes systématise cette télémesure, que l'utilisateur ait choisi ou non d'installer GeForce Experience. Trois tâches planifiées s'exécutent ainsi périodiquement et envoient différents paquets de données sur les serveurs de Nvidia. Difficile de savoir ce que contiennent exactement les données envoyées puisque celles-ci sont chiffrées.

    [...]

    [...] cet envoi de données est désormais évoqué dans ses conditions d'utilisation. L'utilisateur, qui accepte quasi systématiquement ces conditions sans les lire, est donc consentant à la collecte et l'utilisation de ces informations.

    Ce qui n'est pas conforme au consentement explicite de l'utilisateur comme on le retrouve dans les décisions de la CNIL vivant Tuto4PC (Eorezo Group), voir http://shaarli.guiguishow.info/?1zizBQ .

    Via http://sebsauvage.net/links/?o6eyRg

    Fri Nov 11 12:44:36 2016 - permalink -
    - http://www.lesnumeriques.com/carte-graphique/pilotes-graphiques-nvidia-decidement-bien-trop-bavards-n57221.html
  • Transparence de la vie économique : nos propositions [ Projet de loi Sapin 2 - protection des lanceur-euse-s d'alertes ] - GuiGui's Show - GuiGui's Show

    Mardi 8 novembre 2016, l'Assemblée a adopté la version définitive de la loi Sapin 2

    Ce que j'en retiens :

    • La réduction de la durée de validité d'un chèque bancaire de 1 an à 6 mois n'est pas entrée dans la loi ;

    • Les conventions judiciaires d'intérêt public sont entrées dans la loi. Il s'agit, pour les sociétés commerciales, d'une amende négociée en amont plutôt qu'un procès dans des affaires de corruption et de fraude fiscale. Ça se nommait transaction pénale fût un temps et ça a été retoqué au Conseil d'État mais bon, faut bien retenter sa chance :- . Instaurer un tel mécanisme comme palliatif au fait que la justice française n'a jamais condamné définitivement une entreprise pour corruption active, c'est se moquer du monde ;

    • Registre numérique unique, en Open Data, des représentant-e-s d'intérêts. Ça couvre : Assemblée, Sénat, membre du gouvernement, membres de cabinets ministériels, collaborateurs du Président, les autorités administratives indépendantes.

    • J'adore le reporting fiscal genre chaque société commerciale (> 750 millions d'euros de chiffres d'affaires pour l'entreprise ou tout le groupe) devra pondre un rapport public sur le montant d'impôts qu'elle devrait payer. Même si elle est une filiale d'une holding étrangère. Et si le groupe a beaucoup de filiales (seuil sera défini en décret) alors le rapport devra indiquer les impôts dans les différentes juridictions. Je trouve ça tellement lol et utopiste. :') Après, il ne faut pas se mentir, ce bout de texte allait est une implémentation conforme d'une directive européenne à venir ;

    • J'aime aussi beaucoup : « la possibilité de limiter voire bloquer tout retrait sur les contrats en assurance-vie pendant une période de 6 mois. » (http://bfmbusiness.bfmtv.com/france/pourquoi-la-loi-sapin-2-inquiete-les-epargnants-1056628.html ). Il faut protéger l'assureur, le financier contre des retraits massifs afin de "protéger le système". Magnifique, non ? :') Toutes les sociétés commerciales aimeraient être autant chouchoutées et protégées de leurs clients que le sont les banques et assurances.

    • Lanceur-euse-s d'alertes :
      • Personne physique uniquement. Une personne morale (association, syndicat) ne peut se réclamer de ce statut. Juste histoire de dissuader un maximum de personnes de "jouer" au lanceur-euse-s d'alertes par la technique de l'isolement :- ;

      • L'Assemblée a ré-introduit la possibilité de faire remonter des alertes à propos de menaces potentielles, pas juste de faits avérés \o/ ;

      • On retrouve toujours la graduation bullshit pour lancer l'alerte : d'abord en interne auprès de la hiérarchie sauf exceptions (danger grave et imminent, ou dommages irréversibles) puis aux autorités compétentes (judiciaires, administratives, ordres pros) et enfin à la presse/public. Ceci est insensé et confus : qu'est-ce que le délai raisonnable entre chaque gradation ? Vous vous imaginez en train de raconter à votre boss qu'il y a de graves problèmes au sein de la société et que vous allez sortir une alerte ?! Sans compter que le but non avoué est bien de faire en sorte que les alertes n'atteignent jamais la presse ;

      • Des sanctions sont prévues pour l'entrave du-de-la lanceur-euse d'alertes : 1 an et de 15 000 € ;

      • Une aide (avance des frais de justice, dit-on) et un secours financier (quand le-la lanceur-euse d'alerte sera sans emploi, dans la misère totale) par le Défenseur des droits sont vaguement prévus dans une proposition de loi qui a été adoptée en même temps : http://www.assemblee-nationale.fr/14/dossiers/competence_defenseur_droits_protection_lanceurs_alerte.asp . Je trouve cela trop vague : comment le Défenseur agira-t-il ? Sur quels critères accordera-t-il et refusera-t-il son secours financier ? Rien n'est indiqué. Notons que cette proposition de loi fait l'objet d'un recours parlementaire devant le Conseil Constitutionnel ! ;

      • Qu'est-ce que la « bonne foi » du-de-la lanceur-euse d'alerte ? « Une brèche dans laquelle la partie adverse ne manquera pas de s'engouffrer. Elle aura tout loisir de mettre en lumière des éléments prouvant que l'intéressé ne l'était pas. Par exemple qu'il était en désaccord avec des personnes de l'entreprise et a voulu leur nuire, ou qu'il a fait du chantage pour négocier son départ en mettant dans la balance le fait qu'il avait un "dossier" sur l'entreprise. "En Angleterre, où il y a une législation sur le sujet depuis 1998, on a supprimé la notion de bonne foi en 2013. Ce qui importe, c'est de savoir si les allégations sont vraies ou fausses, c'est tout", remarque Patrick Thiébart. » (source : http://lentreprise.lexpress.fr/rh-management/droit-travail/pourquoi-le-statut-de-lanceur-d-alerte-sera-difficile-a-obtenir_1838699.html ) ;

      • Quid du lanceur-euse d'alertes de sécurité ? Un-e lanceur-euse d'alertes qui fait fuiter des docs, l'infraction me semble être constituée par la fuite elle-même alors que le-a lanceur-euse d'alertes de sécurité, on peut l'accuser d'avoir commis une infraction avant même qu'il divulgue : entrée et maintien dans un STAD, etc. ;

      • De même, l'agence anti-corruption n'est pas une autorité administrative indépendante. Elle sera sous la tutelle de deux ministères. Pas top du tout : un scandale n'arrange jamais le business d'un secteur. or, le ministère (santé, économie, industrie) est là pour chapeauter ce secteur d'où la possibilité de vouloir restreindre les alertes. Niveau budget : l'étude d'impact table sur 10-15 millions d'euros. Plus que la HADOPI ces temps-ci mais je ne sais pas ce que ça vaut ;

      • Bref, on est sur la création d'un parcours du combattant pour les lanceur-euse-s d'alerte, pas sur la définition d'une protection réelle de ces personnes !
    Fri Nov 11 10:52:34 2016 - permalink -
    - http://shaarli.guiguishow.info/?VdE_fQ
  • Comment activer le double appel sur un smartphone Android

    Ça, c'est un des trucs qui m'énervent le plus : sur mon ordiphone, pendant plusieurs dizaines de secondes, avoir un signal sonore qui m'indique un appel entrant alors que je suis déjà en communication. Ça altère bien la compréhension de l'appel en cours, c'est totalement génial.

    Pour virer ça, si l'on a la branche KitKat d'Android :

    • [...] il vous faudra vous rendre dans l’application Téléphonie de votre smartphone

    • Toucher le menu en bas, à droite (les trois points verticaux)

    • Vous sélectionnez la rubrique Paramètres [...]

    • Puis « Autres paramètres »

    • Il faut attendre un peu car les paramètres sont chargés/vérifiés depuis le réseau

    • Décocher « Appel en attente - Me signaler les appels entrants lorsque je suis en communication »
    Fri Nov 11 09:54:24 2016 - permalink -
    - http://www.prodigemobile.com/tutoriel/comment-activer-double-appel-android/
  • Fiche de synthèse : L’exercice du droit d’amendement (et annexe) - Rôle et pouvoirs de l'Assemblée nationale - Assemblée nationale

    La réforme du Règlement du 27 mai 2009 a institutionnalisé le délai de dépôt des amendements en commission : les amendements doivent être déposés au secrétariat de la commission au plus tard le troisième jour ouvrable, à 17 heures, précédant l’examen du texte en commission.

    Elle a modifié le délai pour les amendements déposés sur le texte discuté en séance en le portant également au troisième jour ouvrable précédant l’examen du texte en séance, à 17 heures, au lieu de la veille de la discussion à 17 heures, comme c’était le cas depuis 2006.

    [...]

    Après l’expiration des délais susvisés, restent recevables les sous-amendements, les amendements du Gouvernement et des commissions saisies au fond, les amendements portant sur les articles modifiés ou ajoutés par un amendement du Gouvernement ou de la commission au fond déposé hors délais.

    Illustration d'un problème : le projet de loi égalité et citoyenneté a probablement été lourdement modifié en commission de l'Assemblée nationale le 8 novembre dernier suite à l'échec de la CMP pour trouver un texte de compromis en 1re lecture. Or, dans cette nuit du jeudi 10 novembre au vendredi 11 novembre, le texte issu de la commission, le rapport de la commission ainsi que les comptes-rendus des séances de la commission ne sont pas disponibles en ligne. Je pense que ces documents ne le seront pas avant lundi 14 novembre ou mardi 15 novembre. Compte-tenu du délai-butoir, si je calcule bien, les député-e-s ont jusqu'au vendredi 18 novembre à 17h pour déposer des amendements. Cela laisse donc au maximum 4 jours au-à-là citoyen-ne impliqué-e pour lire et comprendre les ajouts et modifications apportées par la commission de l'Assemblée, pour trouver quel-le-s député-e-s s'occupent de ce texte pour une formation politique donnée, pour établir un dialogue avec lui-elle, etc. On voit bien que c'est quasiment impossible.

    Ce n'est pas la première fois que je constate cela.

    Oui, je pourrais parler de la procédure accélérée, elle produit le même type d'effets mais c'est trop mainstream.

    Du débat démocratique à la française…

    Fri Nov 11 00:29:11 2016 - permalink -
    - http://www2.assemblee-nationale.fr/decouvrir-l-assemblee/role-et-pouvoirs-de-l-assemblee-nationale/les-fonctions-de-l-assemblee-nationale/les-fonctions-legislatives/l-exercice-du-droit-d-amendement-et-annexe
  • Article 68 de la Constitution de la Cinquième République française — Wikipédia

    L'article 68 de la Constitution française définit les conditions de destitution du président de la République et les modalités de la procédure devant la Haute Cour.

    Ho, j'ignorais que la réforme constitutionnelle de 2007 (avant l'élection de Sarkozy) et une loi organique de 2014 ont implémenté dans notre droit français une sorte d'impeachment que l'on retrouve dans les pays anglo-saxons. Il y a quelques différences majeures.

    • Aux USA, la procédure permet de mettre en cause tout haut-fonctionnaire. En France, elle permet uniquement de cibler le Président. Le gouvernement étant soumis à l'éventuel pouvoir du Parlement par les articles 49.1 et surtout 49.2 de la Constitution.

    • Aux USA, la procédure est applicable pour tout crime et délit alors qu'en France, c'est pour des « manquement à ses devoirs manifestement incompatible avec l'exercice de son mandat ». Qu'est-ce que ces manquements ? Aucune définition en vue. « Concrètement, le Président pourra être destitué s’il « viole gravement la Constitution. Par exemple s’il refuse d’appliquer les lois. Ou pour des événements de sa vie privée : s’il tue quelqu’un, commet un acte qui est un délit ou un crime pénal important », explique le sénateur UMP Hugues Portelli, rapporteur du texte et professeur de droit ». Source : http://www.publicsenat.fr/lcp/politique/destitution-chef-etat-senat-va-finir-travail-690878

    • Aux USA, le vote a lieu à la majorité simple, comme pour un projet de loi classique. En France, il faut réunir 2/3 dans chaque chambre pour voter la réunion en Congrès puis 2/3 du Congrès pour voter la destitution en elle-même. Ça en dit long. ;)

    • Aux USA, la procédure a un aspect judiciaire immédiat puisque c'est le président de la Cour suprême qui préside la séance. En France, la procédure est purement politique.
    Thu Nov 10 23:17:22 2016 - permalink -
    - https://fr.wikipedia.org/wiki/Article_68_de_la_Constitution_de_la_Cinqui%C3%A8me_R%C3%A9publique_fran%C3%A7aise
  • Paul Magnette: «Dans l’intérêt de l’Europe, il faut parfois lui désobéir» - Page 1 | Mediapart

    [...] L’UE n’est pas une machine à produire de l’accord, c’est une machine à réduire les désaccords.

    Il y a ceux qui sont pour le traité avec le Canada, très bien. Et il y a les autres. La commission va les voir les uns après les autres, pour cerner les difficultés, et voir comment s’en accommoder. Évidemment, avec une certaine préséance : quand c’est l’Allemagne qui demande, ça n’a pas le même poids que la Wallonie, pour dire les choses clairement.

    L'idée, c'est de laisser les plus petits pour la fin. Et à la fin, on vous dit : 27 sont d’accord, vous ne pouvez pas être tout seul à ne pas être d’accord. Comme si le seul fait d’être le dernier vous privait de votre droit au désaccord. Quand on dit que l'UE fonctionne à l'unanimité, ce n'est pas vrai. C'est de la presque unanimité. Au fond, le dernier, surtout s'il est petit, n’a pas le droit d’avoir un veto.

    [...]

    [...] on vous convoque sans cesse à des réunions. Et il faut être honnête, il n'est pas possible de ne pas y aller. Parce que l'on joue le jeu institutionnel. Il m'est arrivé une seule fois durant la séquence de pratiquer la politique de la chaise vide, parce qu'on avait essayé de me coincer dans un format de réunion qui n'était pas celui que je désirais. Mais sinon, la technique, c’est que l'on vous invite et l'on vous demande d'expliquer vos difficultés. On vous explique pourquoi on ne peut pas y répondre. On vous demande de faire des propositions. On vous fait des contre-propositions. Vous ne pouvez pas sortir de la réunion. La négociation dure. Et il faut reconnaître la qualité intellectuelle et le professionnalisme des experts, de la commission comme du conseil. Ce sont de grands commis de l'État, d'une grande rigueur et honnêteté intellectuelles. Et tout cela fait que l'on se trouve un peu coincés dans le processus.

    Une technique d’entonnoir, très classique dans les négociations internationales. Au fil des semaines, de moins en moins d'acteurs s'y opposent. Mi-octobre, il restait encore les Roumains et les Bulgares, qui voulaient des garanties sur les visas avec le Canada, pour signer le CETA. Puis il n'est plus resté que les Wallons. Et puisqu'il n'y a plus que vous, vous allez forcément céder. On a dit non. Et là, ils nous disent qu'ils veulent bien discuter, mais uniquement jusqu’à telle date, et sous telles conditions, et uniquement sur tels aspects. Tout l'enjeu pour nous, tout au long des discussions, c'était de rouvrir l’agenda, et de rouvrir le calendrier, pour trouver à chaque fois la manière de ne pas se laisser enfermer.

    [...]

    Nous avons mené un combat dur. Nous avons pris des risques politiques importants. Un ambassadeur d’un pays de l’UE m’a dit : telle entreprise qui devait investir chez vous, n’investira pas si vous ne signez pas le CETA. Parfois, ces pressions sont plus voilées. On vous dit que telle directive européenne à laquelle vous êtes très attachés, cela va devenir très compliqué de l'adopter. Il y a plein de choses comme ça, qui font que l’on mesure le risque qu'on prend pendant les négociations. En plus du risque de réputation pour la Wallonie, et de mon risque personnel. Mais ça, à un moment donné, on n'y pense plus.

    Les joies du faux dialogue au sein de l'UE. :'(

    Thu Nov 10 23:00:38 2016 - permalink -
    - https://www.mediapart.fr/journal/international/101116/paul-magnette-dans-l-interet-de-l-europe-il-faut-parfois-lui-desobeir
  • Fichier TES : l’Anssi et la Dinsic jouent les arbitres dans le conflit Cazeneuve - Lemaire

    Finalement, les débats internes au gouvernement ont débouché sur 3 avancées. Tout d’abord le relevé des empreintes digitales sera soumis au consentement explicite des individus lors de la collecte des données. Cela signifie que les personnes pourront refuser de voir leurs empreintes digitales versées dans la base de données.

    Ensuite, l’Intérieur n’échappera pas à un audit de l’architecture de TES par l’Anssi (Agence nationale de la sécurité des systèmes d’information) et par la Dinsic (la DSI de l’Etat). Et la première devra rendre un avis conforme avant toute généralisation de TES, actuellement en cours d’expérimentation dans les Yvelines. « L’Anssi assurera également un suivi et aura la charge d’une évaluation régulière de TES », précise Axelle Lemaire.

    Enfin, l’Intérieur fait un geste en direction de la société civile, en affichant sa volonté de tenir compte des recommandations du Conseil national du numérique, qui a lancé une consultation publique sur le fichier TES. Par ailleurs, Axelle Lemaire a évoqué l’idée d’impliquer la CNIL dans le suivi du projet. Mais Axelle Lemaire ne remet pas – ou plus – en cause le bien-fondé du projet : « la réforme va permettre une sécurisation maximale des données personnelles délivrées par les usagers », dit-elle.

    C'est beau, le courage politique d'une secrétaire d'État. :')

    Thu Nov 10 21:36:58 2016 - permalink -
    - http://www.silicon.fr/tes-anssi-dinsic-arbitres-conflit-lemaire-cazeneuve-162452.html
  • Combines, passe-droits... Bernard Squarcini, l'ex-espion qui s'y croyait encore - L'Obs

    L'enquête sur l'ex-patron des renseignements français révèle que Bernard Squarcini n'a jamais coupé les ponts avec son ancienne maison, tout en travaillant pour LVMH.

    [...]

    Mis en examen fin septembre pour une très longue liste de délits, dont "compromission" du secret de la défense nationale, violation du secret professionnel et "trafic d’influence", Squarcini est effectivement soupçonné d’avoir continué, après son départ en février 2013, à se comporter comme un chef du renseignement au mépris de la loi. Quatre autres personnes, dont un ancien magistrat, l'ancien patron de la PJ parisienne et un commissaire de la DGSI, sont poursuivis dans ce dossier.

    Les juges cherchent à comprendre quels intérêts a cherché à défendre l'ancien espion. Ceux de l’Etat, comme il le prétend ? Ceux de ses amis, notamment Claude Guéant et Alexandre Djouhri, avec lesquels il n’a jamais rompu les liens ? Ceux de sa société d’intelligence économique, Kyrnos Conseil, dont le premier client est Bernard Arnault, patron de LVMH ?

    [...]

    En octobre 2015, ce dernier lui demande ainsi de se renseigner sur un certain Andreï Skoch, oligarque russe classé 18e fortune du pays. Le "squale" apprend que le milliardaire est fiché S, considéré donc comme une menace potentielle à la sûreté de l'Etat. L'homme, d'après la presse russe, est réputé proche de la mafia, des trafiquants d’armes et d'un baron de la drogue d’Asie centrale. A cette date, Skoch souhaite faire retirer sa fiche et Squarcini va tenter de l'y aider, pour des raisons qui restent encore aujourd'hui obscures.

    [...]

    Autre marotte de Squarcini : la contrefaçon. Recruté par le géant du luxe LVMH notamment pour lutter contre ce fléau, il transmet régulièrement au commissaire O. des listes de personnes impliquées dans des affaires de ce type liées aux parfums Dior, Guerlain ou aux cigarettes Philip Morris (un autre de ses clients). Son officier traitant se charge de les "passer aux fichiers". Ainsi, Squarcini connaît tout de leurs antécédents.

    Que fait-il ensuite de ces informations ? Le but était de démontrer, explique Squarcini aux policiers, les liens entre contrefaçon et terrorisme. Et ainsi, faire durcir, via du lobbying, la législation sur le financement des attentats. "Les frères Kouachi et Coulibaly vivaient de la contrefaçon de produits Nike et Adidas", a-t-il expliqué. [...]

    [...]

    Le commissaire O., mis en examen en même temps que son ancien patron notamment pour compromission du secret de la défense nationale, évoque lui des "échanges d'informations" : "Les renseignements que j'obtenais de Bernard Squarcini étaient transmis à ma hiérarchie. Des notes étaient établies à partir de ces renseignements."

    L’enquête montre également que Squarcini, très proche de la Sarkozie, ne s’est jamais éloigné de ses anciens réseaux, de ses anciens amis. En avril 2013, il se renseigne auprès de Patrick Calvar, son successeur à la tête de la DGSI, sur la fiabilité d’un dénommé "Beaussart", consultant pour les pays de l’Est. La mise en garde de Calvar sur ce personnage – à prendre "avec des pincettes" – est transmise immédiatement à Claude Guéant.

    En juin 2013, le "squale" demande encore un coup de main à son successeur pour régulariser les séjours de deux femmes russes et de leurs enfants sur le territoire français. Elles sont proches du fils d'Alexandre Djouhri, cet homme d’affaires lié aux plus gros contrats de la République, et qui se trouve aujourd’hui au centre d’une enquête sur le supposé financement libyen de la campagne de Sarkozy en 2007.

    [...]

    [...] Les perquisitions menées au domicile et dans les bureaux du "squale" montrent que ce dernier n'a pourtant jamais cessé de se constituer des dossiers, pour des motifs parfois obscurs, souvent lucratifs.

    Pour aider Veolia (l'un de ses clients) à choisir l'un de ses dirigeants en Italie, Squarcini fait effectuer des recherches des fichiers secrets. Son influence, ses connexions n'ont pas de limite. Entre 2013 et 2014, Squarcini utilise des informations fournies par un agent de la DGSI sur l’opposant kazakh Moukhtar Abliazov pour réaliser des rapports. Il les revend ensuite à une société étrangère d’intelligence économique, Arcanum. [...] Il continue également de donner des coups de main à des proches, parfois pour de simples formalités comme l'obtention d'un visa pour une proche de la belle-mère de Bernard Arnault, ou pour la fille de l'homme d'affaires Pierre Falcone, condamné dans l'affaire de l'Angolagate.

    Pour satisfaire le groupe de Bernard Arnault, [...] Squarcini n'hésite jamais à franchir la ligne jaune. [...] Ce dernier le renseigne au printemps 2013 sur les plaintes déposées sur la montée du groupe de luxe au capital d’Hermès. Quelques mois plus tard, en septembre 2013, ce dernier ira même jusqu'à lui fournir des éléments de procédure dans une affaire de malversations liées à des marques de champagne de luxe (Ruinart, Veuve Clicquot....)

    [...] Parfois, il appelait ses anciennes secrétaires pour régler un problème d'assurance, gérer une réservation de voyage ou un rendez-vous médical.

    Ok, le genre de personnes qui profite à fond, quoi. « C'est une expérience éternelle, que tout homme qui a du pouvoir est porté à en abuser ; il va jusqu'à ce qu'il trouve des limites [...] » écrivait Montesquieu. C'est pour cela qu'il faut des contre-pouvoirs forts absolument partout, y compris pour les services de renseignement.

    Sinon, les mots clés sont lâchés (ce n'est pas nouveau) : la contrefaçon entraîne le terrorisme et doit être traitée avec le même arsenal juridique et administratif. Bullshit.

    Via https://twitter.com/bayartb/status/794069818576109569

    Thu Nov 10 21:12:33 2016 - permalink -
    - http://tempsreel.nouvelobs.com/justice/20161102.OBS0595/combines-passe-droits-bernard-squarcini-l-ex-espion-qui-s-y-croyait-encore.html
  • Amesys file un coup de main à l’agence en charge du fichier monstre - Rue89 - L'Obs

    Selon nos informations, un appel d’offres devrait bientôt voir le jour, quelque part entre fin 2016 et début 2017. Contre plusieurs millions d’euros, des industriels se verront donc confier la tâche d’élargir le fichier TES, qui contient déjà les données relatives à nos passeports, aux cartes nationales d’identité.

    Mais l’agence nationale des titres sécurisés (ANTS), en charge de piloter le fichier TES, n’a pas attendu l’émission de ce nouveau marché pour se doter d’aides de camp. Parmi lesquels figurent un certain Amesys, actuellement poursuivie pour complicité de torture en Libye.

    Depuis la mort de Mouammar Kadhafi fin 2011, de nombreuses preuves (témoignages, brochures publicitaires…) accusent l’entreprise d’avoir vendu des technologies de surveillance des télécommunications au régime de l’ancien dictateur libyen. Dont il se serait servi pour arrêter et torturer des opposants, en épiant leurs faits et gestes sur Internet.

    Or selon un résultat de marché daté du 16 octobre 2016, Amesys vient de remporter un contrat de plus de cinq millions d’euros auprès de l’ANTS. Elle doit aider « à la maîtrise d’ouvrage technique et des systèmes d’information » de l’agence.

    [...]

    Amesys n’est donc ici pas chargée de reprendre la main des serveurs et des logiciels auquel le fichier TES a recours. Néanmoins, elle sera forcément amenée à y jeter un œil, nous confirme une source proche du dossier, en aidant les chefs de projet de l’ANTS qui s’en occuperont directement.

    [...]

    Xavier Brunetière ajoute que l’Amesys de 2016 ne renvoie ni à la même société, ni aux mêmes acteurs visés par la plainte déposée en 2011, par la Fédération internationale des droits de l’Homme (FIDH) et la Ligue des droits de l’Homme (LDH).

    Trololololololo. https://reflets.info/petit-retour-sur-la-cession-fantoche-deagle-par-amesys-bull-a-advanced-middle-east-systems-amesys/


    Par ce jeu de poupées russes, l’hydre Atos-Bull-Amesys est de fait l’un des prestataires principaux de l’agence en charge du fichier monstre.

    Le 23 février 2016, Bull décrochait par exemple un marché visant à filer un coup de pouce au responsable de la sécurité des systèmes d’information de l’agence. Il est estimé à 832 500 euros. En 2009, ce même géant de l’informatique se voyait attribuer la maintenance du logiciel qui gère le système d’immatriculation des véhicules. Il a depuis effectué plusieurs missions d’expertise pour l’agence.

    [...]

    Le marché est cette fois-ci saucissonné en quatre lots. La moitié leur revient. Selon nos informations, confirmée par le directeur de l’ANTS, Atos reprend la maintenance des lieux de stockage des données et les logiciels qui les exploitent ; Bull déploie un filet de sécurité, en assurant l’assistance du système et des applications de TES, et en prévoyant... un site de secours.

    Le troisième lot revient à Thales et Orange Business Service : le premier gère les dispositifs de recueil d’empreintes et le second, leur raccordement en télécommunications. Le quatrième lot (sur un volet sécurité, la gestion de clés) est finalement annulé.

    J-O-I-E. :'(

    Via Dudorino sur #arn.

    Thu Nov 10 21:03:18 2016 - permalink -
    - http://rue89.nouvelobs.com/2016/11/09/amesys-file-coup-main-a-lagence-charge-fichier-monstre-265610
  • Campagne de dons 2016 : aidez La Quadrature du Net à développer ses actions ! | La Quadrature du Net

    Ding, ding, il faut remettre des pièces pour que le petit lapin continue à taper sur son tambour. :)

    La Quadrature du Net lance aujourd'hui sa campagne de soutien annuelle. Afin de poursuivre et intensifier ses actions pour la défense des droits fondamentaux à l'ère numérique en toute indépendance, La Quadrature appelle ses soutiens et sympathisants à soutenir financièrement ses actions.

    [...]

    Les principaux dossiers sur lesquels nous travaillons en ce moment (et nous travaillerons en 2017) sont :

    Infrastructure et Réseaux :

    • Après le Règlement européen sur les Télécoms, veiller à une réelle application de la Neutralité du Net
    • Travailler sur le nouveau Paquet Telecom
    • Démarrage d'une campagne pour l'ouverture des réseaux wifis et leur promotion

    Droits de l'Homme à l'ère numérique :

    • Travail de sensibilisation politique et de campagne citoyenne sur le projet de directive européenne ePrivacy (concernant les données personnelles)
    • Défense et promotion du droit au respect de la vie privée (notamment via la protection du chiffrement)
    • Lutte contre la censure (par le blocages de sites Internet ou la censure privée)
    • Campagnes et outils pour la protection des données personnelles et de la vie privée (chiffrofêtes, sites et matériel d'information)
    • Travail d'action contentieuse avec le groupe des « exégètes amateurs » contre les lois de surveillance et de censure

    Partage de la culture et de la connaissance, reconnaissance des Communs :

    • Travail sur la réforme du droit d'auteur (directive européenne sur le Copyright)
    • Campagnes de sensibilisation des créateurs et contributeurs à la création sur les propositions alternatives au système traditionnel de droit d'auteur
    • Action contentieuses pour défendre les exceptions au droit d'auteur, le domaine public ou les licences libres

    Actions de terrain

    • Organisation d'ateliers de sensibilisation sur le chiffrement et sur la protection des données personnelles
    • Participation avec d'autres associations et organisations à des campagnes de sensibilisation en France et en Europe
    • Développement de l'action locale de La Quadrature du Net et décentralisation de ses ateliers
    • Renouvellement, développement et création d'outils de prise en main du débat politique (Memopol, PiPhone etc)
    Thu Nov 10 19:06:04 2016 - permalink -
    - https://www.laquadrature.net/fr/campagne-dons-2016
  • [ L'homme nu. La dictature invisible du numérique par Marc DUGAIN et Christophe LABBE ]

    Un bouquin, écrit par un journaliste du Point spécialiste des questions de défense, de police et de renseignement et un romancier, qui part du big data pour décrire une société dystopique despotique, totalitaire, induite par la surveillance massive de chacun-e d'entre nous.


    Les avantages proposés par les nouveaux maîtres du monde sont trop attrayants et la perte de libertés trop diffuse pour que l'individu moderne souhaite s'y opposer.


    Infos intéressantes

    • https://fr.wikipedia.org/wiki/Acxiom - Acxiom, data broker, société commerciale qui détient des profils détaillés sur 700 millions de personnes à travers le monde… sans que personne ne connaisse son nom.

    • Les photos souvenirs et les selfies sont un leurre faisant croire que la capture de l'instant présent est supérieur à la réalité, à l'émotion vécue de l'instant qui, elle, n'est pas numérisable.

    • Gouvernance par algorithmes : « gouvernement opérant par configuration anticipative des possibles, plutôt que par réglementation des conduites et ne s'adressant aux individus que par voie d'alertes provoquant des réflexes, plutôt qu'en s'appuyant sur leurs capacités d'entendement et de volonté ».

      • Réduire préventivement les possibles, ça me fait penser à la police administrative qui se met doucement en place en France. Ça me fait aussi penser aux pratiques anti-neutralité des réseaux (http://shaarli.guiguishow.info/?mZ7MCA ).

      • Les stimuli me rappellent la société de consommation, par essence même mais aussi les techniques mises en place par les gros silos pour capter l'attention de leurs utilisateur-rice-s, voir http://shaarli.guiguishow.info/?BTnhCQ .
    • Le mythe des algorithmes qui seraient neutres : Lantana Sweeper, profe à Harvard tapant son nom et prénom sur Google Search voit des pubs pour des services judiciaires lui proposant de consulter son casier judiciaire. Pourquoi ces résultats suggérant qu'elle pouvait avoir un casier sont apparus ? Simplement parce que son nom et son prénom sont à consonance Afro-Américaine donc la probabilité d'avoir des ennuis judiciaire est plus élevée. Au-delà de cette anecdote, les algorithmes sont écrits par des humain-e-s imparfait-e-s, qui ont des biais de perception et d'interpréation, n'oublions jamais cela.

    • Sommes-nous hyperconnectés les un-e-s aux autres grâce au numérique ou chacun-e est connecté-e à sa bulle personnelle ? Chacun-e de nous ne voit pas les mêmes résultats de recherche sur Google Search, pas les mêmes pubs, pas les mêmes informations sur un portail d'information ou sur les réseaux sociaux qui appliquent des filtres pour afficher que ce qui est "pertinent".

    • Je compète ma définition de la vie privée avec ça : « La vie privée, ce n'est pas ce que l'on dissimule, c'est de l'espace non public, quelque chose dont nous avons besoin pour ensuite jouer notre rôle sur l'agora. Elle est aussi vitale socialement que le sommeil l'est biologiquement. » Jean-Claude Ameisen. Ça complète la définition de jz, « La protection de la vie privée, c'est la protection de nos intimités. C'est se laisser la possibilité d'êtres libres seul-e ou à plusieurs. C'est la possibilité d'expérimenter sans se faire juger. C'est important. », et celle de Sonntag : http://shaarli.guiguishow.info/?peLLrQ

    • « La transparence totale s'apparente à une nouvelle Inquisition. Car que veut dire être transparent ? Que l'on voit au travers de vous et donc que l'on ne vous voit plus ? On nous fait confondre honnêteté et transparence. Il faut se pose la question : est-ce que le seul moyen que j'ai d'être honnête, c'est d'être mis sous surveillance H24 ? Si la réponse est oui, cela signifie que l'on a inventé l'honnêteté totalitaire. ».

    • « En juin 2013, le directeur de la NSA assura que les programmes de surveillance des télécommunications avaient permis de déjouer des douzaines de «complots terroristes». En octobre, il révisa son estimation à la baisse, évoquant 13 «événements» en rapport avec le territoire américain, avant d’admettre que le nombre de menaces étouffées dans l’œuf par le programme de collecte des métadonnées téléphoniques se montait à une ou peut-être deux. En fin de compte, ne resta qu’un seul complot à avoir été déjoué par plus de dix ans de collecte massive de fadettes téléphoniques : un habitant de San Diego arrêté pour avoir envoyé 8 500 dollars à un groupe militant somalien. ». Source : http://www.liberation.fr/france/2015/04/14/loi-sur-le-renseignement-les-bugs-du-big-data_1241075

    • La surveillance automatique, par des programmes informatiques, ça élimine les cas de conscience. C'est donc d'autant plus dangereux.

    • Croyance forte en la neutralité des moteurs de recherche : deux chercheurs américains ont demandé à 2 100 Australiens, répartis en 3 groupes, de taper le nom de l'un des deux aspirants pour le poste de Premier ministre aux elections élections de 2010, sur un moteur de recherche truqué pour que les premières pages web affichent des résultats favorables, défavorables ou neutre. Les intentions de votes pour l'un ou l'autre candidat basculaient de 37% en fonction de l'orientation donnée par les moteurs de recherche. Une influence incomparable à celles des médias traditionnels car les internautes font beaucoup plus confiance à l'informatio piochée sur le net. Voir : http://www.pnas.org/content/112/33/E4512.abstract

    • Les GAFA ne veulent pas de réglementations strictes car ces sociétés pensent pouvoir en créer de meilleures que le gouvernement. Elles ne veulent pas non plus que la société civile leur impose des règles éthiques car elles pensent que leur jugement éthique est supérieur par définition même. C'est vrai mais ça ne concerne pas que les GAFA : l'industrie d'Hollywood est persuadée de diffuser la bonne parole, les bonnes valeurs, dans le monde entier. Big Pharma et l'industrie agro-alimentaire ne veulent pas non plus de réglementations, c'est tout l'enjeu des traités de libre échange à outrance !

      • Et si ça se trouve, c'est peut-être vrai que les GAFA produisent de meilleures réglementations en se basant sur une méthode scientifique. Mais ce n'est pas la question. La question est : il n'y a pas un semblant de démocratie ni de transparence (qui peut connaître l'intégralité des règles du jeu ?) dans les règles fixées par les GAFA. De plus, tout gros business cherche à s'émanciper des États et pense avoir raison or, les règles de vivre-ensemble fixées par une minorité sont inacceptables par essence.
    • Je découvre la culturomique : http://www.francetvinfo.fr/replay-radio/info-sciences/connaissez-vous-la-culturomique_1740973.html . L'étude de la culture et de la pensée humaine dans le temps. Apparition et disparition d'un mot, changement de sens, etc. Exemple : Google qui, grâce à Google Book, constate que l'usage du mot « Dieu » s'effondre à partir de 1860 jusqu'à 1900 pour rester relativement stable et ne pas redécoller ensuite. Je trouve ça impressionnant car avec cet outil, aurait-on pu prévoir la suite logique, aka la loi de 1905 en France, par exemple ? Et si oui, qu'aurait fait les églises et leurs fans avec cette information ?

    • Je découvre un nouvel acronyme bullshit, NATU : Netflix, Airbnb, Tesla, Uber… … …

    • Pour l'instant le transhumanisme est dans sa phase "prévenir les toooous premiers signes d'une maladie" grâce à des nanoparticules qui se promènent dans tout l'organisme humain. Objectif : gagner de l'espérance de vie (20 ans d'ici 2035). Visiblement, ce courant de pensée porté par Google et d'autres est loin d'avoir pigé la vieillesse et donc de pouvoir atteindre leur objectif : effacer la mort.

    • Les nouveaux outils génèrent « une frustration, celle de ne pas réussir à faire tout ce que l'on veut, et une insatisfaction, de mal faire ce que l'on fait. » Hartmut Rosa, philosophe.

    • « Dans une démocratie, je considère qu'il est nécessaire que subsiste un espace de possibilité de fraude. Si l'on n'avait pas vu fabriquer de fausses cartes d'identité pendant la guerre, des dizaines de milliers d'hommes et de femmes auraient été arrêtés déportés, sans doute morts ». Raymond Forni, père de la CNIL que l'on décrit comme un homme qui a « toujours été partisan de préserver un minimum d'espace sans lequel il n'y a pas de démocratie »


    Points contestables

    • L'origine de la surveillance de masse serait les attentats du 11 septembre 2001 pour les USA tandis qu'en France ça serait la fusion DST + RG en DCRI (opérée en 2008) qui aurait fait perdre le maillage local d'informateurs qu'avait les RG. Sauf qu'Echelon (https://fr.wikipedia.org/wiki/Echelon) existait avant le 11 septembre. Tout était prêt avant les attentats, aux USA comme en France, juste les politiques de carrière ne savaient pas comme mettre en place ces arsenals liberticides. Les attentats font sauter les derniers freins, rien de plus.

    • 12 organismes géreraient la racine du DNS et seulement 2 seraient en dehors des US. Ce n'est pas 2 organisations mais 3, voir http://root-servers.org/ et ce n'est pas le nombre d'opérateurs de la racine qui est important puisqu'ils assurent uniquement un rôle technique de diffusion mondiale d'un fichier préparé, dans les faits, par le gouvernement US (via l'ICANN et le département du commerce). C'est là que se situe l'enjeu de pouvoirs, pas chez les opérateurs de la racine.

    • Non, toutes les fibres optiques mondiales ne passent pas toujours par les US, voir http://www.cablemap.info/ . Dire cela pour mettre en avant la toute puissance de la NSA, c'est éluder la coopération entre tous les services de renseignement autour du globe qui s'échangent des renseignements, aka ce qui circule sur les câbles dépendant de leur juridiction. Du coup, ça amène une erreur de lecture plus loin dans le livre : si les élu-e-s européen-ne-s se sont couché-e-s trèèès rapidement quand la presse a indiqué que les téléphones avaient été mis sous écoute par la NSA, c'est par peur que la NSA divulgue les accords de coopération qui montrent que les services secrets européens ne sont pas non plus des anges.

    • Est-ce que ce sont les contrats de sous-traitance de la Défense US et les investissements de la part de fonds d'investissements liés aux services secrets US (genre In-Q-Tel pour la CIA, voir http://shaarli.guiguishow.info/?8gqkSQ pour plus d'infos sur le sujet) ou bien la législation genre Patriot Act qui ont le plus corrompu les GAFA ? Le livre a un préjugé pour le premier cas alors que moi, je n'en suis pas si sûr, je pense que le Patriot Act a aussi beaucoup joué dans la porosité entre services de renseignement US et GAFA.

    • Le livre désigne l'avarice d'une oligarchie technocratique comme bouc-émissaire de tous les maux du monde à venir. Je n'ai jamais été convaincu de cela : on reconnaît une logique issue de la théorie de l'évolution derrière Internet aka les humain-e-s avaient besoin de diffuser le savoir plus largement et de communiquer plus vite, mais on renie une telle propriété au libéralisme économique accru : en quoi ce libéralisme (voire ce libertarisme) ne pourrait-il pas être nécessaire à l'évolution de la société ou, à défaut, être la moins mauvaise organisation de celle-ci connue à ce jour ? Je n'ai pas de réponse, c'est une question ouverte que je me suis toujours posé.

    • Les auteurs pensent que la robotisation accrue réservera le travail à une élite qui sera du coup abusivement rémunérée. Les auteurs pensent à des travaux créatifs, par exemple. Je suis d'accord mais d'un autre côté, si l'humanité accouche de plusieurs vraies intelligences artificielles complètes alors même ces tâches ne seront pas exclues de la robotisation. Partant de là, les auteurs estiment que le revenu de base est une chimère libertarienne car il sera attribué en échange de temps de présence en ligne (source de production de données qui seront monétisées). Plusieurs points de leur analyse se contredisent : par qui sera distribué ce revenu s'il n'y a pas d'état (vœux des libétarien-ne-s dont certains gus-sse-s de la Silicon Valley font partie) ? Par les GAFA ? Donc il faudra que les données monétisées par personne rapportent plus que le revenu versé, ce qui est loooooin d'être le cas aujourd'hui (on est à 4$ par utilisateur sur un trimestre en moyenne mondiale, voir http://www.nextinpact.com/news/101990-facebook-benefice-et-revenus-records-au-troisieme-trimestre.htm ). Pourquoi les GAFA paieraient les revenus de base de toute personne qui s'est fait remplacer par un robot alors que ces sociétés ne seront pas responsables de toute la robotisation du monde ?


    Définition et enjeux du big data :

    • Perso, j'aime beaucoup cet épisode de DataGueule sur le sujet : https://www.youtube.com/watch?v=5otaBKsz7k4 . Là où le livre est intéressant, c'est qu'il énonce très bien toutes sortes de dangers liée à cette collecte massive bien au-delà des exemples de l'assurance voiture ou santé adaptée que l'on présente assez rapidement en premier auprès de personnes qui méconnaissent le sujet.

    • Big data : collecte massive de données sur tout le monde pour analyse. L'idée et d'affiner les statistiques et surtout les probabilité : si l'on a des données sur tout le monde, on perd la marge d'erreur liée à la qualité de l'échantillon. L'idée est de faire des corrélations entre toutes les données capturées et archivées afin d'en déduire des tendances (foyers des épidémies, prix de l'immobilier, etc.) mais aussi de personnaliser toujours plus les services auprès de chaque individu dans les domaines de la santé, de la sécurité, etc. L'objectif final est une rationalisation ultime de tout ce qui peut l'être, d'effacer la notion de risque, d'effacer les émotions, d'effacer le hasard. C'est-à-dire effacer la créativité humain-e et ce que fût l'évolution humaine jusqu'ici (suite de hasards, notamment génétiques). Notons que la fiabilité de la prévision des foyers d'épidémies ne fait pas l'unanimité : http://science.sciencemag.org/content/343/6176/1203 .

    • Enjeux :
      • Nudité / transparence de l'humain-e : intimités, habitudes, comportements, profil commercial, profil psychologique et idéologique aux mains de sociétés commerciales et d'État tout-puissant-e-s et marginalité pour ceux-celles qui refuseront ce système.

      • Servitude volontaire pour obtenir des services gratos et personnalisés en échange. Services qui nous procurent du confort, aucun doute là-dessus et c'est bien le problème. Là où aucune police politique (la Stasi, par exemple), ni aucun État totalitaire n'a jamais réussi à tout savoir sur tout le monde, le big data y arrive grâce à ce tour de passe-passe. Le changement de modèle de société est subtile, non-violent et indolore d'où il est difficile à contrer.

      • Kobo (fabricant de liseuses de livres électroniques et partenaire de la FNAC) est capable de dire que seulement 7,3 % des lecteur-rice-s de la version numérique du dernier livre de Zemmour l'ont lu en entier. Voir : http://rue89.nouvelobs.com/rue89-culture/2014/12/15/seuls-73-acheteurs-ont-lu-zemmour-jusquau-bout-caftent-les-ebooks-256537 . C'est d'ailleurs pour cela que le livre papier dérange : il est inerte. Son lecteur ne produit pas de données qui auront un intérêt commercial après son achat, puisque la lecture se fait hors réseau. Le livre électronique et ses mouchards, c'est beaucoup mieux : on peut revendre aux éditeurs des tendances sur ce qui intéresse les gens, les morceaux de chaque bouquins lus et zappés, etc.

      • L'enjeu est-il de simplifier la vie ou de réduire tout un-e chacun-e à l'état de consommateur-rice impulsif, but ultime du libéralisme économique ? Quand on voit les boutons connectés d'Amazon, qui permette de commander un produit d'une simple pression, on voit très clairement l'association à des marques donc une emprise de la marque toujours plus forte jusqu'à être matérialiser par une objet chez nous. On est au même stade que Frigidaire (marque de General Motors, pour rappel ;) ). Même chose pour les villes connectées : si tout est géré par des programmes informatiques, alors il n'y a plus de politique (au sens gestion de la vie de la cité) donc il n'y a plus de citoyen-ne-s donc il ne reste plus que des consommateur-rice-s.

      • Les capteurs physiques et psychologiques modélisent notre vie : tant de pas effectués dans la journée, tant de graisse, tant de cholestérol, tant de sommeil. Où est le plaisir ? Où est l'imperfection humaine ? On est ici dans le summum de la société de la performance : il faut se conformer à un modèle statistique qui défini ce qu'est la vie parfaite. Or, une vie parfaite ne nous rendra pas forcément heureux car l'humain-e est imprévisible et imparfait-e par nature. On en trouve une première illustration dans l'épisode Bart-Ball des Simpsons (http://www.simpsonspark.com/episodes/bart_ball.php ). Autre illustration : http://rue89.nouvelobs.com/2016/09/09/lhomme-plus-connecte-monde-sest-fait-devorer-donnees-264377

      • Toute cette surveillance s'approprie illégitimement notre temps (voir http://shaarli.guiguishow.info/?BTnhCQ ) et notre espace genre les caméras de surveillance dans l'espace public et l'analyse en temps réel de leurs images qui permettent de dicter un code de conduite dans l'espace public au-delà de la loi.

      • Les GAFA choisissent les contenus qui s'affichent (sur le mur Facebook (fonctionnalité EgdeRank) ou dans le flux Twitter ou sur Google) et les contacts avec qui on va entrer en relation afin d'harmoniser les relations inter-humain-e-s. Mais s'il n'y a pas de confrontation des points de vue, il n'y a pas d'évolution, pas de changements des mentalités, pas de révolte, pas d'évolution.

      • Le livre évoque plusieurs fois le contrôle de nos pensées. Les exemples donnés n'ont pas percuté chez moi mais j'ai trouvé un autre exemple : l'autocomplétion sur Google Search corrige nos saisies et les guide. C'est donc bien là une influence sur notre mode de pensée : notre question est substituée par une question suggérée par Google comme étant équivalente mais plus populaire, plus mieux, etc.

      • Summum : enregistrer toute notre vie, tous nos faits et gestes dans une sorte de bibliothèque personnel consultable à souhait ? Un ingénieur de Microsoft y a pensé : http://www.lemonde.fr/livres/article/2011/01/06/total-recall-de-gordon-bell-et-jim-gemmel_1461648_3260.html . Quid de l'oubli qui permet le pardon social ?


    Mon avis

    D'un côté, ce livre est plutôt confus, surtout au niveau des premières (et dernières) définitions données : big data = GAFA = géants américains du net, Deep web = Darknet = web caché. Bon, je suis mauvaise langue, le terme « hacker » est remarquablement bien expliqué. On mélange toute forme de surveillance : privée (GAFA, etc.), étatique (lois privatrices de libertés, déploiement massif de caméras de surveillance dans l'espace public, etc.), on fait le lien entre GAFA et renseignement (ce lien est avéré, on est bien d'accord), on fait le lien entre GAFA et problèmes écologiques. Tout ça pour arriver à une vision despotique et dystopique du monde : une seule société humaine asservie par une oligarchie technocratique mondiale transcendant les États. Tout est mélangé sans dire si les auteurs pensent que tout cela est la face d'un même objet aka une société qui va aller encore plus mal ou si c'est lié à une incompréhension des origines multiples des multiples maux de la part des auteurs, par exemple.

    D'un autre côté, les auteurs accablent les GAFA de tous les maux du monde alors que la plupart des maux pré-existaient, ce qui n'aide pas à poser le bon diagnostic. Petite sélection :

    • Le numérique favoriserait un butinage compulsif de l'information, une pensée qui s'émiette, une réflexion qui se fait pas spasmes. Comme avec les journaux TV ? :))))

    • Impuissance de la politique politicienne : quand les sénateur-rice-s US ont interrogé Tim Cook pour les pratiques d'évasion fiscale pratiquées par Apple, il-elle-s lui passent de la pommade et le complimente. Et ? En UE (et aussi en France), on protège nos petits champions. D'autres multinationales pratiquent l'évasion fiscale. Big Pharma est tout autant protégée, hein, rien de spécifique aux GAFA.

    • Les GAFA sont en mesure de générer des émotions durables en manipulant les contenus affichés, c'est ce que démontre l'expérience de Facebook (http://www.lemonde.fr/pixels/article/2014/06/30/des-utilisateurs-de-facebook-manipules-pour-une-experience-psychologique_4447625_4408996.html ). Oui, tout comme les journaux TV. Rien de neuf, c'est à ça que sert la plurité de la presse, ce vieux principe.

    • Les GAFA de déploient dans d'autres secteurs économiques, c'est horrible. Oui, tout groupe commercial qui génère de la thune se diversifie toujours, c'est une vieille logique économique de survie élémentaire. Les GAFA le font dans tous les domaines où le traitement de l'information apportera de la plus-value car ils savent très bien faire cela. Rien de surprenant.

    • Les autres médias raccourcissent tout autant le temps, la politique politicienne aussi. Les deux montent en épinglent nos émotions. Les deux tentent d'amoindrir la pensée. Rien de neuf.

    • Les objets connectés et les GAFA (par le traitement des contenus affichés) incitent à garder la forme, au bonheur, au bien-être, en permanence, ce qui n'est qu'un avatar de la société de la performance. Or, ceux-celles qui n'y parviennent pas peuvent éprouver de la culpabilité et partir en dépression. Là aussi, les GAFA ne sont qu'un vecteur d'injonctions parmi d'autres.

    Enfin, quand on commence à lire et que l'on voit la noirceur du tableau (je ne dis pas que c'est faux factuellement parlant, hein), on se demande si les auteurs parleront un jour des solutions. Hé bah oui. \o/ À la fin, quelques solutions abstraites (mais nécessaires) sont proposées : se réapproprier l'espace et le temps, lutter contre l'uniformisation, accepter l'imprévisibilité et l'imperfection humaine, remettre l'humain-e au centre du système en lieu et place des robots. Des solutions concrètes sont également proposées : TOR, logiciels libres (nommés logiciels ouverts mais l'objectif est très bien expliqué) et chiffrement.

    Au final, les enjeux derrière le big data sont très bien expliqués et c'est en cela que j'ai envie de recommander la lecture de ce livre. D'un autre côté, les références sont parfois inexpliquées ou survolées rapidement, ce qui fait qu'un bagage préalable semble utile (mais pas indispensable). Le tableau est volontairement noirci. Le texte est parfois confus (transitions difficiles). Etc. Tout cela me fait me demander si je conseillerai ce livre à des personnes non initiées… Le côté "paranoïaque" et le côté "impuissance de chacun-e dans ce problème global" peuvent faire perdre pied. Pour les initié-e-s, on y apprend quand même des choses.

    Thu Nov 10 18:58:29 2016 - permalink -
    - http://www.plon.fr/ouvrage/l-homme-nu-la-dictature-invisible-du-numerique/9782259227797
    fiche-lecture
  • Avec Vitis, Netgem fait ses premiers pas comme FAI dans la fibre

    Hasard du calendrier. A peine la Commission européenne validait le mode de financement du Plan France Très Haut Débit qu’un nouvel opérateur « fibre » voyait le jour. Netgem, la Caisse des Dépôts et Océinde annoncent, ce mercredi 9 novembre, le lancement de Vitis.

    Ce nouvel opérateur fixe entend se distinguer des autres sur deux points. Le premier est qu’il ne déploiera pas son propre réseau mais s’appuiera sur les infrastructures existantes pour opérer ses services. Le second est qu’il entend visiblement se limiter aux seuls réseaux d’initiative publique (RIP) pour commercialiser ses offres d’accès. Autrement dit les réseaux déployés à l’initiative des collectivités dans les zones peu denses où les opérateurs nationaux ne tirent généralement pas de fibre. A ce jour, Vitis est présent sur une vingtaine de communes de cinq départements (Nord, Charente, Essonne, Seine-et-Marne et communauté de communes du Pays Créçois,).

    Une façon pour ce nouveau FVNO (Fiber Virtual Network Operator) d’éviter une concurrence frontale avec les grands acteurs du secteur tout en valorisant les réseaux des collectivités trop souvent délaissés des opérateurs nationaux. [...]

    Wed Nov 9 14:18:08 2016 - permalink -
    - http://www.silicon.fr/avec-vitis-netgem-fait-ses-premiers-pas-de-fournisseur-dacces-internet-fibre-162258.html
  • Le décret du fichier biométrique TES attaqué en justice - Politique - Numerama

    L’offensive judiciaire est lancée. Mardi, le collectif des Exégètes Amateurs a annoncé sa décision d’engager un recours au Conseil d’État — la plus haute des instances administratives en France — contre le décret du fichier TES (Titres Électroniques Sécurisés), qui a été publié discrètement au Journal officiel le 30 octobre 2016, en plein week-end de la Toussaint.

    Découvert à ce moment-là, le fichier TES inquiète. Il s’agit d’une base de données qui réunira les données personnelles et biométriques de la quasi totalité des Français. En effet, il est destiné aux passeports et aux cartes d’identité. Néanmoins, il inquiète par l’ampleur et la nature des informations qu’il est amené à recevoir. Surtout, il pourrait servir tôt ou tard à d’autres fins que celles actuellement prévues.

    La stratégie exacte des Exégètes Amateurs — qui rassemble La Quadrature du Net, la fédération de FAI associatifs FFDN et l’opérateur French Data Network (FDN) — contre le décret n’a pas été précisée. La coordinatrice des campagnes de La Quadrature du Net, Adrienne Charmet, a simplement indiqué sur Twitter que les détails seront communiqués ultérieurement.

    Les Exégètes Amateurs ne lâchent rien. Gros GG à eux-elles. < 3

    Wed Nov 9 09:29:41 2016 - permalink -
    - http://www.numerama.com/politique/207252-le-decret-du-fichier-biometrique-tes-attaque-en-justice.html
  • Loi Numérique : on fait le point - Next INpact - GuiGui's Show

    La loi pour une République numérique a été adoptée au Parlement fin septembre 2016.

    Bon, je ne reviens pas sur tout ce qui a été sacrifié sur l'autel du pragmatisme : définition et cadre des Communs et du domaine commun informationnel, logiciels libres et formats ouverts dans l'administration (bon, en même temps entre le ministère de la défense, les ministères sociaux (santé, jeunesse, travail), l'éducation, la culture et les hôpitaux qui se servent chez Microsoft, c'était perdu d'avance), protection du chiffrement (là on a uniquement sa promotion par la CNIL), plaintes initiées par des assos pour utilisations abusives (dérives) des droits d'auteur notamment la réappropriation du domaine public.

    Je passe aussi sous silence les bouts de texte dont se gargarise Axelle Lemaire (tout en donnant des leçons de modestie dans la presse) alors qu'ils sont de simples transpositions ou applications de directives et de règlements européens : neutralité des réseaux, données personnelles (portabilité des données (mais pas suppression !), droit à l'oubli pour les mineurs et augmentation des sanctions de la CNIL).

    Je passe également sur les renforcements de pouvoirs qui n'ont jamais servi. Genre les pouvoirs de sanctions de la CADA ou les pouvoirs de perquisitions de l'ARCEP. Ça donne l'impression au législateur d'avoir trop bien bougé son cul et ça renvoie la balle de l'inaction dans le camp de l'autorité dont les pouvoirs ont été augmentés, c'est mignon tout plein mais ça s'arrête là.


    Open Data

    Voir : http://www.nextinpact.com/news/101397-on-vous-explique-volet-open-data-loi-lemaire.htm

    • Transparence autour des algorithmes utilisés par les administrations pour prendre des décisions individuelles ;

    • Open Data par défaut pour les administrations (et les délégations de service public, universités, etc.) mais des tas de conditions : nombre d'agents comme seuil emportant l'obligation de publication, uniquement les informations déjà dispos au format électronique, périmètre défini, exceptions (pas de données persos, propriété intellectuelle, etc.), etc. Les administrations sont tenues de mettre à jour les documents publiés et ça, c'est cool. Application progressive dans max 2 ans donc fin 2018 ;

    • Pas de redevance sur ces données sauf pour les organismes autofinancés à plus de 25 % (loi Valter et son décret d'application) ;

    • Sous un format librement réutilisable (ça évitera les documents inexploitables comme le code source Admission Post-Bac ou les déclarations d'intérêts) ;

    • Les codes sources des administrations sont des documents communicables… sauf exception de sécurité… … … ;

    • Ouverture des données de référence dont on ne sait pas encore vraiment ce que c'est… On parle du cadastre, du registre SIRENE, la base adresse nationale… ;

    • Hall of Shame CADA (publication du nom administrations qui ne suivent pas souvent ses avis), rapprochement CNIL/CADA, pouvoirs de sanctions augmentés (mais jamais utilisés donc booooon) ;

    • Mise à disposition des décisions de justice (aucune date, les greffes déjà surchargés, une analyse préalable des risques est requise, etc. donc on n'en verra jamais la couleur àmha), publication des "données essentielles" (arnaques à venir) autour des subventions > 23000€, publication, par le CSA des temps d'intervention télé et radio des personnalités politiques (et ça, c'est cool), informations sur les valeurs foncières par le fisc (mais que pour les assos d'info sur le logement, chercheurs et pros), publication de données agrégées par les fournisseurs de gaz et d'électricité, etc. ;

    • Prolongements possibles : nouveau statut pour les données de la recherche. Celles-ci sont de plus en plus souvent publiées par gros éditeurs en même temps que les publications. Il y a donc un risque de réappropriation privée. Pas d'embargo, ces données sont publiables ASAP. Accès libre pour les bases de données détenues par les universités (qui peuvent faire l'objet de demandes CADA si les universités ne publient pas d'elles-mêmes ;) )). « Donc la conclusion à laquelle nous devons aboutir, c’est que la loi numérique a bien créé un statut juridique remarquable pour les données de la recherche : elle en a fait des Communs de la connaissance. ». Voir : https://scinfolex.com/2016/11/03/quel-statut-pour-les-donnees-de-la-recherche-apres-la-loi-numerique/ .

    BTW, j'apprends la différence entre Open Access et accès libre :

    On sait en effet que les chercheurs constituent des agents publics qui ont la particularité de conserver pleinement leur droit d’auteur sur les œuvres qu’ils produisent dans le cadre de leurs fonctions (contrairement aux autres agents publics, dont les droits patrimoniaux sont exercés par leurs tutelles et dont le droit moral est réduit au droit à la paternité). Une des conséquences secondaires de cette titularité individuelle des droits pour les chercheurs sur leurs écrits est que ceux-ci ne deviennent pas automatiquement réutilisables lorsqu’ils choisissent de les publier en ligne dans des archives ouvertes ou sur un site personnel. Le droit d’auteur qui s’applique à eux est pleinement maintenu lors de la diffusion sur Internet. C’est le cas par exemple pour un article déposé par un chercheur sur HAL ou dans une archive ouverte institutionnelle : par défaut, si le chercheur ne fait rien d’autre que le déposer, l’article sera librement accessible, mais pas librement réutilisable. Il ne le deviendra que si le chercheur choisit d’opter par un acte positif pour une licence Creative Commons (ce que la plate-forme HAL permet depuis le passage à la v3).


    Données persos

    Voir : http://www.nextinpact.com/news/101511-on-vous-explique-volet-cnil-et-donnees-personnelles-loi-numerique.htm

    • Mort numérique : même sans directives du défunt, les héritier-e-s pourront clôturer des comptes utilisateur, et récupérer le contenu des boîtes mails et autres documents (genre des photos). Dommage pour la vie privée : on ne souhaite pas tout transmettre à ses héritier-e-s notamment quand il-elle-s sont des personnes éloignées dans l'arbre généalogique ;

    • Secret des correspondances : toujours autant de bullshit : analyse automatique (comme GMail qui "lit" les mails pour y mettre de la pub) est autorisée si consentement de l'utilisateur… Comme aujourd'hui, quoi (oui, les CGV parlent de ça ;) ) ;

    • CNIL : elle pourra être saisie sur plus de sujets (mais son avis est toujours consultatif et son budget restreint, faut pas charrier ;) ), nouvelles missions (promotion du chiffrement et réflexion autour de l'éthique des nouvelles technos), CNIL et ARCEP peuvent se saisir mutuellement pour avis ;

    • Action collective en justice contre les manquements à la loi informatique et libertés : mesure déportée dans la loi pour la justice du 21ème siècle. Uniquement pour faire cesser les manquements, pas pour dédommager. :-


    Réseaux

    Voir http://www.nextinpact.com/news/101547-fibre-ipv6-neutralite-du-net-ce-que-loi-numerique-change-aux-telecoms.htm

    • À partir de janvier 2018, tous les équipements vendus et loués doivent être compatibles IPv6. IPv4 pose de vrais problèmes de société mais les terminaux sont déjà compatibles IPv6, que ça soit les ordiphones, les box. C'est du Linux derrière, hein. Le problème, c'est les FAI et les FSI. Les équipements ne font pas partie des problèmes identifiés par l'ARCEP dans son rapport ( voir http://shaarli.guiguishow.info/?3JKbTw ) ! ;

    • On complète l'implémentation du statut "zone fibrée" prévu par la loi Macron. J'y suis toujours aussi réticent : parler de déploiements de réseaux THD suffisants sur une zone donnée pour justifier l'apparition de mécanismes de forçage de main pour que la population migre vers ces réseaux THD, ça me semble très bancal en 2016. Sans compter que cela pourra être un mécanisme favorable au premeir opérateur qui déploie tendance renforcement d'une position dominante… ;

    • Volonté que les réseaux d'initiatives publics se regroupent à des échelles supérieures genre départementale ou régionale. Pas un scoop : le plan THD du gouvernement Sarko prévoyait déjà des incitations à déployer à de grandes échelles. Même chose pour le plan THD de la gauche ;

    • On commence à parler d'inclusion numérique dans l'aménagement des territoires afin de developper les usages numériques sur les territoires. Biiiiien, enfiiiiiiin, mais c'est trop tard : la plupart des RIP ont déposé leur STDAN… … … ;

    • ARCEP : pouvoir de sanction étendu aux FSI. Hum… À voir ce que ça va donner.


    Droit d'auteur

    Voir : http://www.nextinpact.com/news/101549-on-vous-explique-volet-droit-d-auteur-loi-numerique.htm

    • Liberté de panorama (exception au droit d'auteur permettant de diffuser des représentations d'œuvres situées dans le domaine public) massacrée : uniquement des œuvres architecturales et sculptures qui sont placées en permanence sur la voie publique, réalisées par des personnes physiques, sans visée commerciale. Bref, exception rendue caduque ;

    • Autre exception au droit d'auteur ajoutée par cette loi : le "text and data mining" : en gros, les reproductions licites d'œuvres de recherche scientifiques peuvent être analysées dans le but de les exploiter dans le cadre de la recherche publique uniquement et sans visée commerciale. Là encore, c'est plutôt restrictif ;

    • Open Access (pour bien comprendre l'étendue du problème, je vous conseille cet excellent épisode de Datagueule : https://www.youtube.com/watch?v=WnxqoP-c0ZE ) : les publications scientifiques issues de travaux de recherche financés à au moins 50 % par de l'argent public pourront être publiées librement (sans visée commerciale, faut pas charrier donc ça restreint les licences qu'il est possible d'utiliser), dans un format ouvert, par leurs auteurs, 6 mois après la publication (12 pour les sciences sociales) même si les auteurs avaient accordé des droits exclusifs à un éditeur. On voit déjà une grosse limite : il faudra que les chercheur-euse-s soient informé-e-s de ce nouveau droit et qu'il-elle-s ne soient pas vus comme des gourous libertaires (c'est en cela qu'un Open Access imposé était une bonne idée) lorsqu'ils chercheront à intégrer un labo (en Allemagne, 10 % avaient profité de ce droit au bout d'un an). En retour, le gouvernement a prévu un accompagnement financier des éditeurs de revues scientifiques… Oui, de la thune publique va alimenter des grosses multinationales qui se réapproprient des recherches publiques depuis des années ! Pour les questions pratiques, voir chez l'excellent Calimaq : https://scinfolex.com/2016/10/31/open-access-quelles-incidences-de-la-loi-republique-numerique/ ;

    • Les hébergeurs et les plateformes ne sont plus contraintes d'agir avec diligence et de manière proactive contre la contrefaçon. On a échappé belle au filtrage proactif des contenus, une fois encore. :-


    Autre

    Voir : http://www.nextinpact.com/news/101526-les-15-mesures-cles-loi-numerique.htm

    • Il est possible de remonter des failles de sécurité à l'ANSSI puisque le devoir de tout fonctionnaire de dénoncer tout crime et délit est levé dans ce cadre-là. Sauf que le texte ne prévoit pas de délai pour fixer la faille… laissant l'occasion à une autre personne de la découvrir à des fins malveillantes, mettant ainsi en porte-à-faux le découvreur éthique. ;) Et comme dans Sapin 2 : qu'est-ce que la bonne foi ? Comment l'ANSSI protégera l'identité du découvreur ? La loi ne le dit pas. Voir : https://reflets.info/remonter-des-failles-a-lanssi-une-bien-belle-idee-sur-le-papier/ ;

    • « Traduction vidéo en langue des signes. D’ici cinq ans au plus tard, les administrations et entreprises chargées d’une mission de service public devront mettre à la disposition des personnes sourdes et malentendantes, au titre de leur accueil téléphonique, un service de traduction simultanée qui sera vraisemblablement accessible via logiciel de chat vidéo. Les plus grandes entreprises seront également contraintes de suivre ce mouvement, sous deux ans. ». Faut attendre la publication par décret du seuil de chiffre d'affaires au-delà duquel c'est obligatoire ;

    • « Maintien de la connexion à Internet. Sur le modèle de ce qui prévaut aujourd’hui pour l’eau, le téléphone où l’électricité, les départements devront accorder une aide à « toute personne ou famille éprouvant des difficultés particulières » pour payer ses factures d’Internet. Tant que les pouvoirs publics n’auront pas statué sur la demande d’aide, les opérateurs subissant des impayés ne pourront pas couper la ligne de l’abonné. Ils seront en revanche autorisés à en restreindre l’usage « sous réserve de préserver un accès fonctionnel aux services de communication au public en ligne et aux services de courrier électronique ». » ;

    • « Loyauté des plateformes. Les moteurs de recherches tels que Google et Bing devront fournir « une information loyale, claire et transparente » à leurs utilisateurs, notamment quant à leurs « modalités de référencement, de classement et de déréférencement des contenus ». » ;

    • En vrac : définition du revenge porn, reconnaissance de l'e-sport, reconnaissance des MOOC (un cursus pouvant être partiellement suivi par ce biais), recommandé électronique, certification des coffres-fort électroniques, remise d'un rapport par le gouvernement à propos de la création du fameux commissariat à la souveraineté numérique (qui n'a plus de missions, celles de concevoir un système d'exploitation souverain et du chiffrement souverain, lui ont été durant les débats), la plate-forme « dites-le nous une fois » (qui permet de centraliser les justificatifs que l'on fournit à plusieurs administrations (pour mieux se les faire pirater ? ;) ) est désormais ouverte aussi aux particuliers, bafouille sur l'identité numérique (reconnue fiable, mais il faut une certification ANSSI bullshit), etc.


    Ce qui a disparu

    Les dispositions qui ont disparues depuis mon dernier shaarli (celui pointé par ce shaarli :P ) :

    • Les avis du Conseil d'État sur les projets de loi et les ordonnances ne seront pas des documents communicables, finalement. C'était une promesse du Président, une de plus. Pourtant ces avis, rendus avant le Conseil des ministres (et donc avant l'examen par le Parlement) éclaireraient les débats publics car ça indique les erreurs du gouvernement, les problèmes de droit qu'une disposition pourrait créer, les points de vigilance. Ces avis sont cités dans le-s rapport-s des commissions et dans les amendements… ;

    • Le gouvernement devait produire un rapport, sur la nécessité de créer une consultation publique en ligne pour tout projet de loi ou proposition de loi avant son inscription à l’ordre du jour du Parlement. Il n'en est désormais plus question ;

    • Tout opérateur de plateforme ne doit plus déclarer les revenus de ses membres (y compris Le Bon Coin ou autre, donc) dès qu'ils dépassent 5000 € annuels. Disposition ajoutée par le Sénat qui n'a pas survécu à la CMP ;

    • Interdiction, pour un moteur de recherche en situation de monopole, de favoriser ses services. Voir http://www.numerama.com/business/167227-senat-adopte-disposition-contre-abus-de-google.html . Ça n'est plus dans la version finale du texte.
    Tue Nov 8 14:08:55 2016 - permalink -
    - http://shaarli.guiguishow.info/?AN1cDQ
  • NKM veut condamner la consultation sur Internet des « prédications subversives » - Politique - Numerama

    Proposition de loi examinée le 13 octobre 2016 et rejetée suite à une motion de rejet préalable déposée et votée par la gauche. Mais je pose ça là pour info, en temps de primaire de la droite, tout ça.

    Tue Nov 8 10:18:24 2016 - permalink -
    - http://www.numerama.com/politique/194352-nkm-veut-condamner-la-consultation-sur-internet-des-predications-subversives.html
  • Le DVD de "Merci Patron !" - Fakir Shop - GuiGui's Show - Choses vues, sur le web et ailleurs

    Déjà lu quand je cherchais une critique avant d'écrire la mienne. :)

    Je suis en désaccord sur certains mots employés (plus précisément sur leur disproportion) et sur les piques envoyées à Fakir (là-aussi à cause de leur disproportion et l'aspect "je colle une intention à toute une équipe, comme ça, gratos") mais oui, on converge sur plusieurs points.

    Mon Nov 7 20:05:56 2016 - permalink -
    - http://sammyfisherjr.net/Shaarli/?8QHdDw
  • Transparence de la vie économique : nos propositions [ Projet de loi Sapin 2 - protection des lanceur-euse-s d'alertes ] - GuiGui's Show

    Comme on est en procédure accélérée, il y a eu une seule lecture par chambre puis Commission Mixe Paritaire. La CMP n'ayant pas réussi à produire un texte consensuel, une deuxième lecture a eu lieu. Comme il n'y a toujours pas eu consensus, l'Assemblée va plancher sur la version définitive ("dernier mot à l'Assemblée") à partir de demain.

    Ce que j'en retiens :

    • Pour l'instant, la réduction de la durée de validité d'un chèque (bancaire) de 1 an à 6 mois n'est pas revenue ;

    • Je ne savais pas que ce texte tente d'ajouter à notre corpus législatif les « conventions judiciaires d'intérêt public » : une amende négociée en amont plutôt qu'un procès dans des affaires de corruption. Ça se nommait transaction pénale fût un temps et ça a été retoqué au Conseil d'État mais bon, faut bien retenter sa chance :- . Instaurer un tel mécanisme comme palliatif au fait que la justice française n'a jamais condamné définitivement une entreprise pour corruption active, c'est se moquer du monde ;

    • J'apprends que ce projet de loi avait pour ambition de créer un registre commun au Parlement, au gouvernement et aux collectivités territoriales pour l'enregistrement des lobbyistes. Sauf que le Sénat n'en a pas vu l'intérêt pour le Parlement qui dispose déjà de son registre et de ses règles propres. Les collectivités territoriales ont aussi été sorties du champ par le Sénat ;

    • Concernant les lanceur-euse-s d'alertes, l'étau se referme et la protection s'amoindrie :
      • Il y a enfin des sanctions prévues pour l'entrave du-de-la lanceur-euse d'alerte : 1 an et de 15 000 € (et 3 ans / 45 000 si c'est avec violence par une bande organisée) ;

      • Une aide et un secours financier par le Défenseur des droits sont vaguement prévus dans une proposition de loi qui avance en même temps : http://www.assemblee-nationale.fr/14/dossiers/competence_defenseur_droits_protection_lanceurs_alerte.asp . Je trouve cela trop vague : comment le Défenseur agira-t-il ? Sur quels critères accordera-t-il et refusera-t-il son secours financier ?

      • Le Sénat a envie que seuls les faits avérés (et pas les menaces potentielles) soient relevées par des lanceur-euse-s d'alerte … … …

      • On note que l'on est toujours sur une alerte lancée par « une personne physique », ce qui exclu les groupements de personnes comme les délégations du personnel. Juste histoire de dissuader un maximum de personnes de "jouer" au lanceur-euse-s d'alertes :- ;

      • On retrouve toujours la graduation pour lancer l'alerte : d'abord en interne auprès de la hiérarchie sauf exceptions si elle est elle-même corrompue puis aux autorités compétentes et enfin à la presse. Ceci est insensé et confus. Sans compter que le but non avoué est bien de faire en sorte que les alertes n'atteignent jamais la presse. De même, qu'est-ce qu'une « violation grave » ? ;

      • Qu'est-ce que la « bonne foi » du-de-la lanceur-euse d'alerte ? « Une brèche dans laquelle la partie adverse ne manquera pas de s'engouffrer. Elle aura tout loisir de mettre en lumière des éléments prouvant que l'intéressé ne l'était pas. Par exemple qu'il était en désaccord avec des personnes de l'entreprise et a voulu leur nuire, ou qu'il a fait du chantage pour négocier son départ en mettant dans la balance le fait qu'il avait un "dossier" sur l'entreprise. "En Angleterre, où il y a une législation sur le sujet depuis 1998, on a supprimé la notion de bonne foi en 2013. Ce qui importe, c'est de savoir si les allégations sont vraies ou fausses, c'est tout", remarque Patrick Thiébart. » (source : http://lentreprise.lexpress.fr/rh-management/droit-travail/pourquoi-le-statut-de-lanceur-d-alerte-sera-difficile-a-obtenir_1838699.html ) ;

      • Quid du lanceur-euse d'alertes de sécurité ? Un-e lanceur-euse d'alertes qui fait fuiter des docs, l'infraction me semble être constituée par la fuite elle-même alors que le-a lanceur-euse d'alertes de sécurité, on peut l'accuser d'avoir commis une infraction avant même qu'il divulgue : entrée et maintien dans un STAD, etc. ;

      • De même, l'agence n'est pas une autorité administrative indépendante. Elle sera donc sous la tutelle d'un ministère. Pas top du tout : un scandale n'arrange jamais le business d'un secteur. or, le ministère (santé, économie, industrie) est là pour chapeauter ce secteur d'où la possibilité de vouloir restreindre les alertes. Niveau budget : l'étude d'impact table sur 10-15 millions d'euros. Plus que la HADOPI ces temps-ci mais je ne sais pas ce que ça vaut ;

      • Bref, on est sur la création d'un parcours du combattant pour les lanceur-euse-s d'alerte, pas sur la définition d'une protection de ces personnes !
    Mon Nov 7 19:25:49 2016 - permalink -
    - https://shaarli.guiguishow.info/?WSydzw
  • Projet de loi Création : copie privée, les articles validés

    La loi Création (de son nom complet « relative à la liberté de la création, à l’architecture et au patrimoine ») a été adopté par le Parlement fin juin 2016.

    J'en retiens :

    • Les affectations de 25 % des recettes de la Redevance Copie Privée que les SRPD doivent réaffecter seront désormais publiques, accessibles en ligne, dans une base de données unique, dans un format ouvert et facilement réutilisable, régulièrement mis à jour. C'est important car ça permettra de voir le lobbying que permet cette affectation sur les élu-e-s locaux (qui réclament cette affectation pour monter des animations culturelles locales).

    • Redevance sur l'indexation des photos/œuvres graphiques par les moteurs de recherche (ou tout site web qui fait du référencement (et qu'est-ce que du référencement à part des liens ?) ;) ) : toute photo mise à disposition par ce biais sera automatiquement mise en gestion au profit d'une SRPD. Les moteurs devront signer des conventions avec les SRPD pour fixer le montant de cette redevance. Évidemment, osef des licences libres ou même que les photos soient des photos illégalement mises en ligne : on ne s'encombre pas de tels détails quand il s'agit de la thune qui ira dans les poches des SRPD. Côté positif : « le simple fait de mettre une photo ou une illustration sur le Web fait que Google a le droit de l’afficher ». Voir : http://www.numerama.com/politique/176565-toutes-vos-photos-vont-devenir-payantes-pour-google-allez-vous-gagner-de-largent.html

    • La Commission Copie Privée (qui décide du barème de la Redevance Copie Privée) devient enfin un peu plus transparente : publication de son règlement intérieur au Journal Officiel et déclaration d'intếrêts des membres transmises à la Haute Autorité pour la transparence de la vie publique. On a aussi une nouveauté bullshit : « Le projet de loi initie l’arrivée d’un cortège de trois représentants des ministres chargés de la Culture, de l'Industrie et de la Consommation [...] avec voix consultative. »

    • Les magnétoscopes numériques sont désormais soumis à la Redevance Copie Privée. Le barème dépend du nombre d'abonné-e-s au service et de l'espace de stockage mis à disposition.

    • Il n'est plus question que ça soit la HADOPI qui réalise les études d'usage (qui permettent d'établir le barème de la RCP). C'est bien mais du coup, on conserve l'opacité de la Commission Copie Privée alors que le rapport Maugüé préconisait que des experts soient choisis parmi les membres de la Cour des comptes, de l’Inspection générale des finances de l’Inspection générale des affaires culturelles, ou du Conseil général de l’économie, de l’industrie, de l’énergie et des technologies.

    Historique : http://shaarli.guiguishow.info/?C_DCjA

    Mon Nov 7 16:35:15 2016 - permalink -
    - http://www.nextinpact.com/news/100337-projet-loi-creation-copie-privee-articles-valides.htm
  • Réforme de la prescription en matière pénale avec le doublement du délai en matière de crimes et de délits: les députés adoptent le 10 mars 2016 la proposition de loi Tourret-Fenech - Le blog de Thierry Vallat, avocat au Barreau de Paris (et sur Twitter:

    La première lecture de cette proposition de loi s'est terminée au Sénat le 13 octobre. Comme le texte a été modifié et que nous ne sommes pas en procédure d'urgence, une deuxième lecture est initiée.

    Comme ce n'est pas ma spécialité, j'ai noté seulement deux changements :

    • Le Sénat a introduit une modification de la loi sur la liberté de la presse pour augmenter le délai de prescription de l'action publique de trois mois à un an si les infractions ont été commises par voie électronique. Décidément, c'est la saison :- ;

    • Le Sénat a retiré l'imprescriptibilité des crimes de guerre liés à des crimes contre l'humanité proposée par l'Assemblée ;
    Mon Nov 7 14:24:48 2016 - permalink -
    - http://shaarli.guiguishow.info/?c0Sfpg
  • Projet de loi égalité et citoyenneté : où en est-on ?

    Le Sénat a adopté ce texte en première lecture le 18 octobre. Comme on est en procédure accélérée, il y a une seule lecture par chambre. Donc la Commission Mixte Paritaire, chargée d'harmoniser/synthètiser la version Assemblée et la version Sénat s'est réunie le 25 octobre pour constater… qu'elle n'arrivera pas à produire un texte de consensus. On commence donc une deuxième lecture, à l'Assemblée à partir de demain. La version de travail est celle issue du Sénat, c'est-à-dire avec tous les articles qui posent question.

    Article 37 : modification de la loi relative à la liberté de la presse

    • Le délai de prescription de l'action publique passe à 1 an si l'infraction a été commise en ligne ;

    • Le-a plaignant-e n'est toujours plus obligé de qualifier précisément les faits (tel bout est de la diffamation, de l'injure, autre chose ?) car il-elle ne risque plus de voir sa plainte devenir nulle. De même, un juge peut requalifier l'infraction.

    • Il est toujours possible d'entamer une procédure au civil pour demander réparation des dommages sauf pour les journalistes qui adhérent à une charte de déontologie. Quid des sources ? Quid des citoyen-ne-s (oui car cette loi est le seul bout qui protège la liberté d'expression en France) ? Cette distinction pro/pas pro n'est pas sérieuse. :/

    • Il est toujours possible de demander la fermeture d'un site web en référé (donc juge judiciaire, hein) pour des cas de diffamation portant sur l'orientation, le sexe ou handicap.

    • Les peines sont aggravées lorsque les infractions sont commises par un dépositaire de l'autorité publique et pour les infractions portant sur l'orientation, le sexe ou le handicap.

    • Le Parquet peut toujours décider de continuer toute action engagée, même lorsque le-a plaignant-e se retire.



    Article 12 nonies : l'expérimentation d'un service civique obligatoire voulue par l'Assemblée n'est pas encore revenue.



    Même chose pour le droit à la cantine scolaire.



    Article 14 bis et 14 decies : toujours une déclaration préalable avant d'ouvrir une école privée hors contrat, des contrôles qui changent de nature (ajout de « moralité » et de « compétences » dans les points à vérifier). Pour l'instruction en famille : toujours une volonté que les contrôles se déroulent à domicile et de changer la nature des contrôles comme déjà dit.

    Mon Nov 7 12:43:20 2016 - permalink -
    - http://shaarli.guiguishow.info/?o77i5A
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