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  • L’empire des « Sens commun »

    Sens commun ? Les dirigeants de cette association, née de l’aile la plus dure de la Manif pour tous, sont désormais installés au centre (si l'on ose dire) de la campagne de Fillon.

    Du quartier général de campagne dans le XVe arrondissement de la capitale aux comités de soutien locaux, le candidat de la droite et du centre a imposé des responsables de Sens commun à tous les étages. Ce sont eux qui ont supervisé l’organisation de la manif du Trocadéro. Ce sont encore eux qui, la veille, ont assuré la claque, lors du « meeting de la société civile » (sic) à Aubervilliers.

    Au premier rang figurait d’ailleurs le porte-parole de l’organisation, Madeleine Bazin de Jessey. Avec en prime, à ses côtés, un revenant en la personne de Charles Millon, ex-associé du Front national en Rhône-Alpes lors des élections régionales de 1998.

    Dans chaque comité départemental, Fillon a exigé qu’un responsable local de Sens commun Siège avec les parlementaires et les élus du coin.

    Ce qui a dû rassurer, au moins, les grenouilles de bénitier.

    On repense à Qu'a vraiment dit François Fillon sur l'avortement ?

    Via https://twitter.com/Sansdieux/status/839524412290367488

    Wed Mar 8 22:46:47 2017 - permalink -
    - http://shaarli.guiguishow.info/?fbcjnQ
  • François Fillon risque de ne pas pouvoir tenir sa promesse de peines-planchers automatiques - Les Surligneurs

    Pour en finir avec l'idée de peines-planchers automatiques dont la droite nous abreuve sans cesse depuis plusieurs années :

    Ce n’est donc pas la possibilité de rétablir des peines-planchers qui pose problème, mais la prétention à leur caractère automatique, qui pourrait être contraire à la Constitution. Le principe de personnalisation des peines, inscrit à l’article 132-24 du code pénal, permet de déterminer la responsabilité personnelle en raison de la gravité objective du fait. Ce principe substitue en d’autres termes la proportionnalité de la sanction au désir d’expiation sociale. Or, la personnalisation des peines découle notamment de l’article 8 de la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen de 1789, qui a rang constitutionnel en France. Le Conseil constitutionnel veille alors à ce que le juge conserve sa liberté dans la fixation de la peine (considérant n° 16). La loi étant contrainte par le respect de la Constitution, le Conseil constitutionnel pourrait le cas échéant censurer une telle automaticité.

    Wed Mar 8 17:51:14 2017 - permalink -
    - http://lessurligneurs.eu/francois-fillon-risque-de-ne-pas-pouvoir-tenir-sa-promesse-de-peines-planchers-automatiques/
  • Filtrage automatisé des plateformes : La Quadrature envoie ses arguments aux eurodéputés | La Quadrature du Net

    Le projet de directive européenne sur la réforme du droit d'auteur a été présenté en septembre 2016. À cette heure, les travaux qui se déroulent au Parlement européen et les mobilisations d'acteurs concernés à l'extérieur se multiplient, faisant notamment une part importante aux deux articles que La Quadrature du Net a pointés dès septembre : l'article 11 sur la création d'un droit voisin pour les éditeurs de presse, et l'article 13 sur l'obligation de détection automatique de contenus illicites sur les plateformes de partage de contenus.

    […]

    Dans un premier temps, cet article inverse la charge de la preuve : au lieu d’exiger de l'ayants-droit qu’il prouve qu'il y a eu utilisation illicite de son œuvre, il impose à l'internaute qui a mis en ligne un contenu de prouver, après suppression automatique, que son contenu ne violait pas les droits d'autrui. Ce mécanisme risque de porter gravement atteinte à la liberté d'expression et de création.

    […]

    De même, cette mesure crée une rupture d'égalité forte devant la justice : alors que les ayants-droit n'ont pas à intenter d'action judiciaire pour faire supprimer des contenus, les éditeurs dont les contenus ont été abusivement supprimés doivent, eux, supporter la charge d'une action judiciaire pour faire valoir leurs droits à posteriori.

    […]

    La question du contrôle des robots est également cruciale : qui contrôlera ces robots, vérifiera leurs paramétrages ? Qui pourra certifier que ces robots auront la finesse d'analyse nécessaire pour distinguer la reprise illicite d'une œuvre et son détournement en parodie ? Qui pourra valider qu'il n'y aura pas d'abus, pas d'excès, pas d'interprétation abusive du droit d'auteur ? Au vu du fonctionnement de ce type de robots pour des plateformes de vidéo (Youtube), il est d'ores et déjà prouvé que ces robots font de nombreuses erreurs.

    […]

    En ce qui concerne le principe même de ces outils, il y a une négation flagrante du statut du créateur amateur, qui ne peut être reconnu et protégé que s'il est inscrit à une société de gestion collective de droits, en charge de fournir les empreintes d’œuvres à « protéger » sur les plateformes de partage. Cette logique est contraire aux principes du droit d'auteur qui protège chaque créateur indépendamment de son statut professionnel ou amateur.

    […]

    La directive « commerce électronique » de 2000 n'impose aucune obligation de surveillance préalable des contenus pour les hébergeurs de services de partage de contenus en ligne. Il est impossible d'imaginer pouvoir concilier l'obligation générale d'installation d'outils de détection de contenus illicites avec cette absence de responsabilité a priori des hébergeurs sur le contenu, mise en place à l’époque pour permettre le développement de nouveaux services. C’est cet équilibre qui a permis, depuis 15 ans, de sécuriser juridiquement les hébergeurs de contenu. D’éventuelles corrections de ce statut ne peuvent se faire au détour d’une directive sur le droit d’auteur et sans consultation globale préalable.

    L'obligation générale de mise en place d'outils de détection automatique de contenus illicites va générer une forte inégalité entre plateformes : le développement ou l'achat de ce type de solutions est extrêmement coûteux. Les quelques entreprises qui sont actuellement en mesure de développer des outils performants de détection de contenus illicites sont elles-mêmes actrices sur le marché des contenus numériques et vont prendre un ascendant et mettre sous dépendance forte les plus petits acteurs qui devront leur acheter ou louer les services de leurs outils.

    Pour un tout début de commencement d'un poil de truc positif dans cette directive, voir https://scinfolex.com/2017/02/14/enfin-un-upgrade-de-lexception-de-citation-envisage-dans-la-nouvelle-directive-sur-le-droit-dauteur/ .

    Tue Mar 7 22:51:04 2017 - permalink -
    - https://www.laquadrature.net/fr/argument-filtrage-automatis%C3%A9-MEPs
  • Morpho : fichier monstre, systèmes prédictifs, et p’tits PPP

    Morpho a créé la première version du TES qui va contenir des données biométriques de tout un chacun, Morpho a développé un logiciel intelligent de prédiction du crime à destination des forces de l’ordre françaises (et européennes, nous en parlerons plus tard), Morpho est au cœur du PPP européen à 450 millions d’euros, et pour finir, on retrouve Morpho dans le rapport sur la Police du futur, les cyber-flics [sauce Minority Report] de 2025. Ca fait beaucoup de Morpho, non ?

    Tue Mar 7 22:33:54 2017 - permalink -
    - https://reflets.info/morpho-fichier-monstre-systeme-predictifs-et-ptits-ppp/
  • DRM in HTML5 is a victory for the open Web, not a defeat | Ars Technica

    As a practical matter, it's unlikely that the petition could ever be meaningful. Even if W3C decided to drop EME, there are enough important companies working on the spec—including Netflix, Google, and Microsoft—that a common platform will be built. The only difference is whether it happens under the W3C umbrella or merely as a de facto standard assembled by all the interested parties. Keeping it out of W3C might have been a moral victory, but its practical implications would sit between slim and none. It doesn't matter if browsers implement "W3C EME" or "non-W3C EME" if the technology and its capabilities are identical.

    […]

    However, it's not clear that EME does anything to exacerbate that situation. The users of EME—companies like Netflix—are today, right now, already streaming DRM-protected media. It's difficult to imagine that any content distributors that are currently distributing unprotected media are going to start using DRM merely because there's a W3C-approved framework for doing so.

    […]

    Deprived of the ability to use browser plugins, protected content distributors are not, in general, switching to unprotected media. Instead, they're switching away from the Web entirely. Want to send DRM-protected video to an iPhone? "There's an app for that." Native applications on iOS, Android, Windows Phone, and Windows 8 can all implement DRM, with some platforms, such as Android and Windows 8, even offering various APIs and features to assist this. In other words, the alternative to using DRM in browser plugins on the Web is not "abandoning DRM;" it's "abandoning the Web."

    Tue Mar 7 22:24:51 2017 - permalink -
    - https://arstechnica.com/business/2017/03/drm-in-html5-is-a-victory-for-the-open-web-not-a-defeat/
  • WordPress update could not be unpacked fix on Debian vsftpd 3.0.2 - INSANE PENGUIN [ La mise à jour ne peut pas être décompressée ]

    Many users on wordpress.com forums, complain lately about not being able to upgrade their wordpress installation from the wp-admin. Message being:

    “The update could not be unpacked. Installation failed”

    Now, if we look into the ftp server log we can notice that everything seems to be just fine. No errors or weird message spit out into the log file. But in fact, a bug affecting vsftpd was causing this behavior. In order to fix this issue and resume normal clean wordpress upgrade we will need to update to 3.0.3x from Debian unstable branch.

    Tue Mar 7 15:24:36 2017 - permalink -
    - http://insanepengu.in/wordpress-update-could-not-be-unpacked-fix-on-debian-vsftpd-3-0-2/
  • Inégalité des sexes : « Liberté, Égalité, Adelphité » #DATAGUEULE 71 - YouTube

    • 1920 : plus besoin d'obtenir l'autorisation maritale pour se syndiquer ; 1944 : droit de vote des femmes ; 1954 : fin de la tutelle maritale (travail, gestion des biens et du fric) ; 1985 : gestion du patrimoine réellement partagée.

    • À compétence (d'ailleurs 62,2 % des femmes ont une formation post-bac contre 51,7 % des hommes) + poste + temps de taff égaux, les femmes ont un salaire inférieur de 10 % en moyenne. Les femmes se confrontent plus à la précarité : sous emploi et/ou emploi peu qualifié et/ou temps partiel plus courants pour les femmes.

    • Comment explique-t-on cela ? Héritage socio-culturel (par les comportements quotidiens, on conforme une personne au modèle que l'on attend d'elle, c'est-à-dire celui que l'on a appris/vécu genre les manuels scolaires d'histoire qui évoquent si peu les femmes les amenant à croire qu'elles sont inutiles tout comme les cours d'éducation sexuelle, par l'étude plus approfondi du corps féminin, peuvent laisser penser que le corps masculin est dénué d'intérêt, les jouets et les couleurs que l'on réserve à l'un ou l'autre des sexes, etc.) + anxiété / manque de confiance en soi.

    • L'inégalité inscrite dans les gênes ne tient pas car, en France, environ 400 000 personnes présentent des combinaisons chromosomiques atypiques : femmes XY, hommes XX, 3 voire 4 chromosomes X et Y, etc.

    • Aujourd'hui, on accorde une place aux femmes mais en tant que femme, pas comme une semblable. Il faut que la différence soit performante : on met une femme à tel ou tel poste car on y attend de la modération, d'être plus à l'écoute, etc. On évoque la parité partout, mais, en politique, les femmes sont assignées aux affaires familiales / culturelles / sociales et les hommes aux finances, à la guerre, etc. et les postes à enjeux (encadrement) sont occupés par des hommes. C'est de la complémentarité, pas l'égalité. Le seigneur trouvait le serf complémentaire mais le serf trouvait-il le seigneur complémentaire ? ;)

    • Le langage est important car la façon de s'exprimer renvoie des attentes à l'interlocuteur-rice. D'où les pronoms neutres, d'où virer la règle grammaticale du masculin l'emporte, d'où l'orthographe mixte, etc. Avant, en français, on utilisait des accords de proximité : l'adjectif était accordé en lien avec le dernier mot d'une énumération. C'est l'Académie française qui a fait basculer vers "le masculin l'emporte".
    Tue Mar 7 00:56:25 2017 - permalink -
    - https://www.youtube.com/watch?v=eAQAN2assMw
  • HYPOCRITES - Jean Luc Mélenchon (REMIX POLITIQUE) - YouTube

    J'aime beaucoup ce genre de montages. Quelques autres :

    • Alain Finkielkraut - TAISEZ VOUS (Remix Compilation)

    • EMMANUEL MACRON HURLE - HEAVY METAL (REMIX POLITIQUE)
    Mon Mar 6 23:32:06 2017 - permalink -
    - https://www.youtube.com/watch?v=cm1AQk30kFs
  • Ne voiture rien venir ? #DATAGUEULE 65 - YouTube

    • L'essor de l'automobile et le crédit à la consommation sont liés. 1919 : General Motors lance sa filiale bancaire GMAC. 1926 : 2/3 des voitures US sont achetées à crédit.

    • En 2008, 58 % des trajets étaient effectués en solitaire.

    • En 2015, en France, plus de 3/4 des accidents corporels impliquaient des automobilistes

    • En France, en 2015, tous les transports représentaient 1/3 des gaz à effet de serre. 93 % de ces gaz étaient liés au transport routier. 51 % des gaz émis par le transport routier provenaient des voitures personnelles.

    • En France, nous avons 15 000 km² de routes soit 2,7 % du territoire.

    • À Paris, en cumulé, 8 km² sont réservés au stationnement, ce qui représente presque le 15e arrondissement. 14 % du territoire urbain de Los Angeles est dédié aux places de parking.

    Sur les aspects liberté et convivialité de la voiture, je pense que DataGueule se trompe. J'ai le regard d'un gus qui n'a ni permis ni voiture, qui n'en a jamais eu et qui n'en aura jamais, par contrainte réglementaire donc un gus qui se déplace en transports en commun depuis 15 ans environ (et qui a beaucoup marché, aussi) + qui a habité dans 5 villes de France (situées dans le top 20 des villes les plus peuplées) en tant qu'étudiant puis en tant que travailleur + qui a toujours vécu des campus universitaires puis des emplois situés en périphéries des villes.

    Quand je parle de liberté de conduire, je veux dire que je peux aller n'importe où, quand je le désire sans rien demander à quiconque. Exemple : aller visiter quelques-uns des beaux paysages locaux là où aucun transport en commun ne va, transporter des objets lourds ou nombreux, etc. Seul, si j'en ai envie. Jusque-là, ça ressemble à un usage pragmatique de la voiture.

    Ben, c'est la même chose à l'intérieur des villes : les transports en commun sont loin d'aller partout et surtout pas à toute heure. J'ai vécu dans des villes où t'as plus de transports en commun après 21h… Super pour la soirée entre potes ! Mais, d'un autre côté, je ne souhaite pas avoir de transports nocturnes car ce sont des boulots à la con pour les personnes qui les exercent. Mais, quand je vois des métros totalement automatisés qui ferment à 2h du mat'… Ouaaais, les faire tourner toute la nuit quasiment à vide va gaspiller de l'énergie, ouais mais à part ça ? Ne peut-on pas mettre des capteurs de présence comme sur les escaliers mécaniques qui fonctionnent en éco dénergie et se remettent à pleine puissance dès que quelqu'un-e monte dessus ?

    Même chose pour les campus universitaires et les emplois dans le domaine informatique qui sont situés en périphérie, dans des endroits pas habitables et pas ou peu accessibles en transports en commun (15 minutes de marche en étant exposé à tout vent, sans rien pour arrêter la pluie dans un endroit où le ciel pisse beaucoup…, un bus toutes les 40 minutes, pas de pistes cyclables voire même pas de trottoir sur des routes à très forte fréquentation…, etc.). 1h+ de trajet en cumulant marche+bus+tram en comparaison de 15 minutes en voiture… Est-ce que le jeu du transport en commun en vaut la chandelle ?

    La liberté, c'est aussi de pouvoir bouger en toute flexibilité genre quand tu fais de l'associatif, t'aimerais bien participer / discuter / livrer des objets à deux assos qui, forcément, ont toutes deux le seul samedi comme jour de réunion. L'auto permet ça, pas les transports en commun + la marche. C'est ça le problème de fond : avec les transports en commun, il faut tout organiser, tout planifier. Il faut faire plus régulièrement tes courses alors qu'une voiture te permet de transporter pour 15 jours - 3 semaines de bouffe… Perte de temps. Il faut que les camarades associatifs décalent la réunion pour ta tronche. Pour participer à certaines réunions (notamment avec les élu-e-s ou la presse) ou juste pour gérer un truc perso genre l'arrivée de la fibre ou une fuite d'eau chez toi, pas question de faire un aller-retour tranquillou depuis le taff, noooon, faut poser ta demi-journée ! Super pratique.

    Quand je parle de convivialité de la voiture, je veux exprimer le fait d'être seul (ou avec des gens que j'apprécie) dans un habitacle qui sert d'espace vital. Les transports en commun, c'est des boîtes de sardines : tu es toujours serré contre des inconnu-e-s. Tu es toujours serré contre des gens qui ont oublié de prendre un bain (parfois pour de bonnes raisons genre douche en panne au club de sport ou panne du système de production d'eau chaude) ou qui se ramènent avec leur bouffe exotique. Tu es toujours en compagnie d'une source de bruit genre gus-se au téléphone, bébé qui braille, gamin-e qui hurle ou tape contre un objet sans que les parents interviennent… Tu peux prendre un casque audio… sauf que je ne suis pas branché musique le matin et après une journée de taff : j'aime bien avoir des moments de vide, de transition. De mon expérience, ces problèmes-là ne peuvent pas être résolus en adoptant des horaires de travail décalées : il y a toujours des emmerdeur-se-s dans les transports en commun, même à 10h ou à 20h. Sans compter que, fondamentalement, je ne vois pas l'intérêt d'être à plusieurs s'il n'y a aucune interaction sociale positive mais uniquement de la nuisance.

    Je pense qu'il est vain de chasser les autos de l'intérieur des villes : il faudra toujours des routes pour avitailler les commerces du coin, à moins que l'on décide de les supprimer pour les remplacer par des hangars automatisés depuis lesquels des multinationales puissantes nous livreront à domicile à l'aide de drones, mais ce monde-là sera sans moi. Donc, si l'infrastructure existe, autant l'utiliser.

    Pour l'instant, les infrastructures cyclistes sont peu nombreuses et très mal conçues (ha, ici la piste cyclable s'arrête brutalement à cet endroit ! Ha, cette piste cyclable est entrecoupée de routes à traverser tous les 100 mètres alors que l'on est en périphérie ! Ho, cette piste cyclable t'emmène subitement en plein milieu de la route, pile entre les bus et les voitures !) mais même sans ce problème, je ne suis pas sûr que le vélo soit la solution. Contre la pollution, oui, ça fera le job. Contre les incivilités, en revanche… J'veux dire, quand on sera des troupeaux entiers de vélos à la sortie de nos taff, que se passera-t-il ? On aura déporté le problème des bouchons et l'absence de confort des transports "habituels" sur le vélo. Sans compter l'assurance vélo (remplaçante de l'assurance auto) obligatoire pour assurer le vol de ton vélo (ou d'une de ses roues :- ) et les éventuels dommages aux autres… On aura déporté une partie des coûts d'une auto sur le vélo.

    Comme le dit DataGueule, le problème des transports est vaste : il faut repenser aussi la localisation de nos universités, de nos emplois et le télétravail, repenser les loyers dans les métropoles, repenser les infrastructures dans les métropoles mais surtout en dehors, repenser l'aménagement des périphéries des villes pour pas avoir que du taff sans logements et sans commerces, repenser la flexibilité horaire au travail histoire de pas tou-te-s être sur la route au même moment, etc.

    Je ne suis pas favorable à l'usage de la voiture pour les longues distances (le TGV fait bien mieux) ni pour aller aux commerces situés à 500 mètres (la marche et les bras font le job) mais pour tout le reste, ne pas avoir de voiture, c'est vraiment handicapant, de mon point de vue.

    Sun Mar 5 13:44:05 2017 - permalink -
    - https://www.youtube.com/watch?v=E9-mqOil5dY
  • Un livre de Mediapart: «Qu'ont-ils fait de nos espoirs?» | Le Club de Mediapart

    Ce livre couvre la première moitié du quinquennat Hollande, de mi 2012 à fin 2014.

    Je l'avais acheté car, justement, je me souviens à peine de cette première moitié de quinquennat (pas de problème pour la deuxième, j'ai bien en tête les régressions sociales, en termes de libertés et en termes de désignation d'un méchant ennemi intérieur). Sur ce point, je ne suis pas déçu.

    En revanche, dès le début, dès la première phrase du bouquin, on te cause du danger Le Pen en 2017. Ça sera répété tout au long du livre. Ça fait plus de 40 ans qu'on nous gonfle avec ça, que ça éclipse tout dans les médias (genre pourquoi les médias vont systématiquement demander son avis sur tout à MLP et pas à Mélenchon ou à un autre représentant minoritaire ?!). Ça fait plus de 40 ans qu'on se fait enfumer et serrer la vis par d'autres guignol-e-s d'autres partis qui sont tout aussi dangereux-euses (quand l'UMP nous parle de camps d'enfermement administratif ou de déchéance de nationalité, hein, sérieux) ! C'est bon, il faut passer à autre chose. Le danger c'est pas tant celui ou celle qui récoltera les fruits de la tempête que ceux et celles qui la sème en ce moment. C'est de ces dernier-e-s dont il faudrait avant tout se méfier.

    De même, je m'interroge sur l'intérêt des reportages larmoyants "c'est la misère dans telle ou telle cité". Oui, il est important de documenter cela sinon il n'y a pas de prise de conscience et donc pas d'action pour tenter d'endiguer ce phénomène. Mais, dans ce recueil de dépêches, est-ce que leur nombre ne constitue pas du journalisme facile ? Le récueil de témoignage de terrain, c'est bien mais quid du constat macroscopique ?

    Quelques notes :

    • « Il ne faut pas tout attendre de l'État » / l'État ne peut pas tout. Jospin, à propos de la fermeture d'une usine Michelin à la fin des années 90. On l'a beaucoup latté à l'époque mais, en vrai, ce n'est pas faux : au-à-la citoyen-ne de flécher sa consommation, à l'État de flécher sa commande publique, au Parlement de créer le contexte favorable à l'existence décente d'une multitude de sociétés commerciales locales, mais après, interdire des fermetures d'usines, mouais, ça sonne comme une sanction inutile.

    • Dans son intervention à Pas Sages en Seine 2015, Isabelle Attard conseillait de cartographier les conseillers et les directeurs de cabinets, bref, toutes les personnes qui agissent dans l'ombre des ministres et du Président et qui ont le pouvoir. La liste des nominations est publiée au Journal Officiel. En 2012, Mediapart a tissé les liens pour savoir qui vient d'où, qui a fait quoi avant ce poste, qui vient de quel milieu/contexte culturel, etc. : https://generationchangement.wordpress.com/2012/06/18/les-cabinets-sans-curiosite-du-nouveau-pouvoir/ . Je trouve que cette démarche est primordiale mais la présentation, tout en texte, est totalement imbitable. Si l'on veut prévoir une partie de ce qu'il nous tombera sur le museau, il nous faut une cartographie pour rendre ce travail brut exploitable et présentable.

    • Il ne suffit pas de regarder les taux des impôts pour en déduire leur efficacité, mais il faut aussi regarder l'assiette (celle de l'IRPP est faible, par exemple) et le type d'impôt : proportionnel (tout le monde paie le même montant (comme la TVA ou la TICPE ou la CSPE ou la CSG)) ou progressif (comme l'IRPP). Une fusion de deux impôts, genre l'IRRP et la CSG peut être plus redistributif (compense mieux les inégalités de revenus qu'on peut estimer être socialement nuisibles) qu'un IRPP à taux plus fort.

    • Choc de compétitivité = crédit d'impôt aux entreprises sans contrepartie ; pacte de responsabilité = allégement des cotisations sociales patronales sans contrepartie. Le tout pour faire une relance par l'offre c'est-à-dire "soulager" les entreprises pour qu'elles embauchent magiquement (qu'est-ce qui les empêchent de distribuer la richesse aux actionnaires ?) et que ça relance la consommation des ménages.

    • J'avais oublié ce sombre épisode de 2012 : http://www.liberation.fr/societe/2012/09/17/manifestation-salafiste-a-paris-retour-sur-un-emballement_846902 . Ils manifestent pacifiquement, vlam, c'est des salafistes c'est-à-dire des radicalisés. Heu ? Lol. En comparaison, la manif' pour tous n'était pas du tout des chrétien-ne-s défenseur-se-s d'une foi originelle, nooooooon.

    • Salaire mensuel brut d'un-e ministre : 9 940 € (contre 14 910 € sous Sarko). Premier ministre : 14 910 € (contre 21 300 €). Président : comme le Premier ministre. Évidemment, c'est sans les à côté : logement de fonction, véhicule de fonction, coiffeur / maquilleuse à 8-10 k€/mois, etc.

    • Transparence de la vie politique : que pour quelques élu-e-s (les maires et les conseillier-e-s de tout poil ne sont pas concerné-e-s), transparence de la vie parlementaire, etc.

    • Vote truqué & bourrage d'urnes (détectés mais rester sans conséquences pour les auteur-e-s, osef de la sincérité du scrutin) dans les 3 grosses fédérations PS en nombre d'adhérent-e-s. Ce fût déjà le cas à l'époque Mitterrand…

    • Les universités sont toujours dans le rouge financièrement genre pas de fonds de roulement. C'est voulu genre allouer 5 milliards aux sociétés commerciales au titre du crédit d'impôt recherche, c'est un choix. Du coup, les universités doivent développer leurs fonds propres : formation continue, levées de fonds auprès de sociétés commerciales, augmenter les frais d'inscription (ce qui réjouit le lobby bancaire car ça signifie plus de crédits étudiant ;)), etc.

    • La taxe poids-lourds, suspendue depuis fin 2014, fût la première externalisation de l'organisation et de la collecte de l'impôt, jusque-là compétence régalienne par excellence. Oui, il s'agit d'un PPP avec la société commerciale Écomouv' (avec de gros industriels derrière…).

    • L'État perd en souveraineté : renforcement des régions, Europe, finance toute puissante, perte du pouvoir de battre monnaie, etc. Le seul pouvoir régalien qui reste, c'est la police, l'autorité. On peut alors penser que l'État laisse (et provoque) la montée du racisme, de la xénophobie, de l'homophobie, etc. afin de retracer des frontières, des lignes qui séparent les bons gens des méchants et ainsi pouvoir manifester son pouvoir de police, d'oppression, de la violence d'État qui est tout ce qui reste à l'État en perte de souveraineté. On cherche à « maintenir l'ordre » c'est-à-dire contenir la tension sociale, pas à la faire disparaître avec un traitement sensé à la racine.

    • On reproche à tout président de ne pas tenir le programme sur lequel il a été élu. Encore faudrait-il que celui-ci soit en capacité de le faire. Des engagements du candidat Hollande n'ont pas pu être tenus faute des 3/5 de parlementaires nécessaires. Exemple : supprimer la Cour de Justice de la République.

    • Hollande essaye toujours de faire une synthèse de tout et notamment pour régler les conflits et désaccords ministériels, ce qui donne des réponses bizarres aux problèmes. Exemples : Valls et Ayrault étaient en déssacord sur l'expulsion de Léonarda. Solution hollandaise : Léonarda peut revenir… … … mais sans sa famille. Même chose sur le dossier Florange (désaccord Ayrault/Montebourg). Peut-on toujours faire une synthèse pertinente de tout ? Est-ce toujours pertinent de couper la poire en deux en faveur d'un consensus mou ?

    • L'accord national interprofessionnel sur la compétitivité et la sécurisation de l'emploi de 2014 octroyait déjà de la flexibilité aux employeurs en bonne santé financière en termes de licenciement économiques massifs avec des plans sociaux au rabais. CGT et FO n'ont pas signé. Dans l'usine Elba située dans le Puy-de-Dôme, un seul salarié syndiqué FO a participé aux manifestations. Tout le monde se moquait gentiment de lui… … … Sauf que cette usine a été la première en France à fermer grâce aux largesses permises par cet accord… … … LALA.

    • Bilan (très partiel et je ne reprends pas les idioties que j'ai déjà écris ci-dessus) : des dictateurs sont toujours accueillis à l'Élysée (pour les "aider à évoluer", sans doute ;)), banalisation des démantèlement de camps de réfugié-e-s et des expulsions tout en accusant la droite, mesures de façade genre bricolage des impôts et des allocs familiales au lieu d'une CSG fusionnée et progressive ou de revoir le quotient familial qui redistribue aux plus riches, ratification du TSSG européen, etc.

      • Quelques maigres bonnes nouvelles : fiscalité du capital alignée sur celle du travail et suppressions des assouplissements ISF. Fin de la circulaire sur les étudiant-e-s étranger-e-s qui demandait aux préfets d'instruire avec vigueur et forts contrôles les changements de statuts (pourtant, les conditions et les délais pour passer d'étudiant-e-s étranger-e-s à travailleur sont toujours aussi relous et inadmissibles)
    • Licenci'elles : collectif regroupant, au début, les managers licenciées par les 3 Suisses qui militent pour leurs droits (licenciement abusif), contre tous les licenciements abusifs et pour l'émergence d'une loi contre les licenciements boursiers. Collectif féminin, décentralisé, qui utilisent les outils numériques, qui s'émancipent des syndicats ancestraux qui les ont snobées. Difficultés rencontrées : concilier vie de famille et vie amicale avec la lutte (les proches soutiennent mais ne comprennent pas la lutte) + se montrer crédibles face à ceux qui ont des décennies de lutte comme les métallurgistes. Au moins, la justice a définitivement reconnu que les licenciements des 3 Suisses étaient abusifs. 5 ans de lutte… GG.

    • Un gouvernement qui amalgame antisionisme et antisémisme et qui assimile les manifestations pro-Palestine à une montée de l'antisémitisme… Quel rapport entre refuser une guerre sans fin qu'implique la création d'un État uniquement juif qui expulse une Palestine annexée et l'antisémitisme ? On peut être juif et antisioniste. On peut protester contre les violations des libertés et du droit international commises par l'Israël. Voir de l'antisémitisme partout au nom du souvenir du génocide dont l'Europe fut coupable tout en désignant les musulmans comme ennemis intérieurs et extérieurs, c'est oublier la leçon du passé : toute discrimination est malsaine, pas uniquement celles à l'encontre des juifs.
    Sat Mar 4 21:51:14 2017 - permalink -
    - https://blogs.mediapart.fr/la-redaction-de-mediapart/blog/220115/un-livre-de-mediapart-quont-ils-fait-de-nos-espoirs
    fiche-lecture
  • Présidentielle : les carnets de campagne numérique de Guy Mamou-Mani - GuiGui's Show

    J'ai mis à jour ce shaarli afin de prendre en compte les (nouvelles) idioties^Wpropositions de Mélenchon, Macron et Hamon.

    Fri Mar 3 18:53:54 2017 - permalink -
    - http://shaarli.guiguishow.info/?qRNf_Q
  • Lire l’annexe 4 et éclater de rire : la farce politique française

    Heu, c'est mignon mais l'UE file des recommandations qui sont en fait des lignes directrices. Les mesures prises en application de ces lignes directrices restent à la discrétion des États. Il y a plusieurs façon de réduire la dette publique (des dépenses inutiles, des doublons, il y en a, pas besoin de supprimer des services publics ni de virer des fonctionnaires pour parvenir à cet objectif), de réduire les dotations aux collectivités territoriales (exemple de manière positive de faire : développer du business local au lieu de tout concentrer à Paris), de mettre en concurrence les infrastructures, de réformer le marché du travail (la flexibilité, ça peut aussi être en faveur du-de-la salarié-e), etc. Si les États choisissent la méthode la plus libérale possible pour implémenter les lignes directrices, c'est autre chose. De plus, plusieurs recommandations de l'UE ne sont pas idiotes, comme « Supprimer progressivement les subventions néfastes pour l'environnement » (à ce sujet, voir : Énergies fossiles : mortelles subventions #DATAGUEULE 44).

    La méchante UE, certes, sur certains points. Le conformisme et l'inertie de nos dirigeants beaucoup plus. Il est là, le problème. Rester ou sortir de l'UE, c'est un choix binaire bullshit : on peut rester et jouer avec le cadre posé afin de faire des réformes pas déconnantes et compatibles avec les directives de l'UE. Et, au-delà de ça, avoir le courage politique de proposer, à l'UE, des alternatives à son origine et à son orientation totalement libérale. Mais ça, pas grand monde, y compris dans la populace, en est capable car ça nécessite de changer lourdement nos modes de vie. Nous créons le maître d'école qui semble nous opprimer. Cocher ou non les cases, ce n'est pas la seule question.

    Thu Mar 2 12:54:35 2017 - permalink -
    - https://reflets.info/lire-lannexe-4-et-eclater-de-rire-la-farce-politique-francaise/
  • Le «fichier des gens honnêtes», ce révélateur d'un mal français | Slate.fr

    Histoire de l'extension du fichier TES. J'en recommande vivement la lecture intégrale.


    De la présidence Sarkozy à celle de Hollande, l'histoire de ce «méga-fichier» censé centraliser les données personnelles de 60 millions de Français reflète les poids des lobbies dans notre procédure parlementaire et le mépris pour les avis des instances de consultation.

    […]

    Le Parlement discutait alors d'une proposition de loi relative à la protection de l'identité, déposée en juillet 2010 par deux sénateurs UMP, Jean-René Lecerf et Michel Houel, afin d'«équiper les cartes nationales d'identité de puces électroniques sécurisées» comportant les données biométriques (empreintes digitales et photographies) numérisées de leurs détenteurs.

    Les auteurs du texte déploraient en effet le fait qu'«on estime à plus de 200.000 personnes par an les victimes, en France, d'usurpation d'identité», et même à 400.000 «dans le monde virtuel d'internet». Ce chiffre était alors présenté comme «plus important que les cambriolages à domicile (150.000) et que les vols d’automobile (130.000)».

    Il était aussi et surtout complètement bidon, émanation au doigt mouillé d'un criminologue rémunéré par un fabriquant de broyeurs de documents (qui avait donc un intérêt financier à exagérer le nombre d'usurpations d'identité), comme nous l'avons depuis démontré dans le numéro de «Cash Investigation» consacré au «business de la peur» (à partir de 45'48").

    Pour mieux appréhender l'ampleur de la manip', il faut savoir qu'en 2009, et «sur l'ensemble du territoire français», la police aux frontières (PAF) n'avait en effet saisi que «4.011 documents frauduleux français», dont 1.070 (fausses) cartes d'identité. En 2010, la PAF n'en saisit plus que 651: «133 étaient des contrefaçons, 63 des falsifications, 185 relevaient d’usages frauduleux, 269 avaient été frauduleusement obtenues, et une avait été “volée vierge”...»

    Si l'usurpation d'identité ne saurait se résumer aux seules fausses carte d'identité, les parlementaires n'en furent pas moins pressés par Claude Guéant, alors ministre de l'Intérieur, de voter un amendement prévoyant le fichage biométrique généralisé de l'ensemble de la population française, afin de sécuriser la délivrance de la nouvelle carte d'identité et d'empêcher des personnes mal-intentionnées voire malhonnêtes d'usurper l'identité des «gens honnêtes». […]

    […]

    Cherchant à comprendre ce pourquoi Claude Guéant voulait ainsi ficher l'ensemble des «gens honnêtes», je découvrais que la lutte contre l'usurpation d'identité n'était pas la seule finalité de cette proposition de loi. Comme l'expliqua au Sénat son coauteur Jean-René Lecerf, «le sujet engage aussi des enjeux économiques, industriels: la sécurisation des échanges électroniques est un marché»

    […]

    Je découvrais par ailleurs que, sur les 21 représentants de la société civile auditionnées par François Pillet, 14 représentaient les intérêts du Gixel, le syndicat des industriels du secteur. Un «syndicat» que je ne connaissais que trop bien, pour avoir préalablement enquêté sur ses méthodes de lobbying particulièrement agressives.

    En 2004, j'avais en effet découvert son Livre Bleu détaillant ses «grands programmes structurants». Le Gixel y déplorait le fait que «la sécurité est très souvent vécue dans nos sociétés démocratiques comme une atteinte aux libertés individuelles. Il faut donc faire accepter par la population les technologies utilisées et parmi celles-ci la biométrie, la vidéosurveillance et les contrôles», via «un effort de convivialité [et] l’apport de fonctionnalités attrayantes»:

    «Éducation dès l’école maternelle, les enfants utilisent cette technologie pour rentrer dans l’école, en sortir, déjeuner à la cantine, et les parents ou leurs représentants s’identifieront pour aller chercher les enfants.»

    […]

    Considérant qu'il portait «au droit au respect de la vie privée une atteinte qui ne peut être regardée comme proportionnée au but poursuivi», le Conseil constitutionnel donna raison à l'opposition de l'époque, et censura l'article portant création du «fichier des gens honnêtes».

    […]

    A contrario, le fait que le ministère de l'Intérieur ait décidé de réactiver ledit fichier, en catimini, sans débat parlementaire, est une très mauvaise nouvelle pour notre démocratie. Non seulement eu égard à la gravité des questions qui avaient été posées lors des cinq précédentes navettes parlementaires, a fortiori alors qu'elles s'étaient pourtant soldées par la censure du précédent projet de fichier par le Conseil constitutionnel.

    […]

    Enfin, et surtout, parce que le principal objectif du nouveau fichier n'est ni de ficher tous les Français, ni de satisfaire aux désidératas des industriels du Gixel mais, et comme je l'avais révélé dans Libération, de... supprimer 1.300 équivalents temps-plein dans l'administration préfectorale, dans le cadre du «Plan préfectures nouvelle génération» (PPNG) de modernisation de l'administration.

    Ce que, en d'autres termes, on pourrait qualifier de «banalité du mal», pour reprendre la notion d'Hannah Arendt sur la façon dont «fonctionnarisation» et violations de la démocratie peuvent s'entremêler. Entendons-nous bien: le «fichier des gens honnêtes» est d'autant moins un projet «totalitaire» que sa fonction première est donc de supprimer 1.300 postes de fonctionnaires. Pour autant, la «banalité du mal» ne saurait non plus être confinée au seul totalitarisme nazi, comme l'a notamment démontré l'expérience de Milgram.

    En l'espèce, les fonctionnaires qui ont présidé à la réactivation de ce fichier n'étaient pas mal intentionnés, et ne mesuraient probablement pas l'ampleur de la polémique qu'ils allaient susciter. On leur avait confié une mission: réduire le nombre de fonctionnaires préfectoraux. Ils ont trouvé une solution: confier aux mairies, déjà en charge des passeports biométriques, l'instruction des demandes de cartes d'identité. Un plan de réforme, de réorganisation et de rationalisation préparé pendant des mois avec les syndicats.

    […]

    «Constatant que ce rapport d’audit confirmait les craintes exprimées par la commission sur les risques de piratage du fichier et surtout de détournement de ses finalités», tout en confirmant les craintes de la Cnil, le sénateur (LR) Philippe Bas souhaitait «s’assurer [...] de la prise en compte effective des recommandations formulées par la mission d’audit». À quoi Bruno Le Roux «a fait part des réserves du ministère de l’Intérieur et renvoyé cette réflexion à son successeur»... L'urgence est donc de ficher, les modalités seront à définir par le prochain ministre de l'Intérieur.

    L'histoire retiendra donc que le ministère de l'Intérieur de la présidence Hollande aura réussi à généraliser, à marche forcée, le projet de «fichier des gens honnêtes» qu'avait ardemment soutenu Claude Guéant du temps de la présidence de Nicolas Sarkozy, quand bien même il avait pourtant été censuré par le Conseil constitutionnel. Sans débat parlementaire, sans tenir compte de l'avis de la Cnil, des municipalités qui l'ont expérimenté ni des nombreuses voix, à commencer par le Conseil national du numérique (CNNum), qui appelaient à sa suspension, et tout en renvoyant la patate chaude à son successeur. Circulez...

    Via http://sebsauvage.net/links/?UmP89A

    Thu Mar 2 12:21:59 2017 - permalink -
    - https://www.slate.fr/story/138356/saga-generalisation-fichier-des-gens-honnetes
  • SHAdow · ®om's blog

    Le 23 février, une équipe de chercheurs a annoncé avoir cassé SHA-1 en pratique, en générant une collision.

    À partir de leur travail, il est possible de produire de nouvelles paires de fichiers PDF arbitrairement différents qui auront la même signature SHA-1. […]

    En fabriquant leur collision, les auteurs ont pris soin de la rendre réutilisable :

    Furthermore, the prefix of the colliding messages was carefully chosen so that they allow an attacker to forge two PDF documents with the same SHA-1 hash yet that display arbitrarily-chosen distinct visual content.

    La réutilisation de la collision repose sur le fait qu’avec SHA-1, ajouter un suffixe identique à une collision existante produit encore une collision […] Autrement dit, vous prenez les fichiers qui produisent une collision, vous ajoutez les mêmes octets aux deux, vous obtenez le même SHA-1 […]

    […]

    Notre objectif est que les quelques octets différents entre les deux fichiers PDF déterminent l’image à afficher. Il serait en théorie possible d’appliquer cet aiguillage au niveau de la structure du PDF, mais c’est en fait au niveau du JPEG qu’il sera implémenté […]

    […]

    Chacun définit un bloc de commentaires, mais pas de mêmes tailles. Dans le fichier 1, le début du prochain bloc sera à l’adresse 0x232 (0xbf + 0x173), alors que dans le fichier 2 il sera à l’adresse 0x23e (0xbf + 0x17f).

    Nous avons donc trouvé notre aiguillage ; nous allons maintenant utiliser des commentaires JPEG pour cacher soit la première image, soit la seconde. […] Les structures JPEG sont donc valides dans les deux fichiers. L’image affichée dépendra de l’octet stocké à l’adresse 0xc0, valant soit 0x73, soit 0x7f.

    Très intéressant.

    Wed Mar 1 10:39:12 2017 - permalink -
    - http://blog.rom1v.com/2017/03/shadow/
  • Education : « L’apprentissage en réseau a pris le dessus »

    La question est : comment valider ce nouveau mode d’apprentissage et permettre aux gens de prouver que l’apprentissage en réseau leur a apporté des connaissances ? Au lieu d’un diplôme, un étudiant peut avoir 100 000 abonnés sur Instagram. Ces abonnés valident un domaine de compétences plus puissamment qu’un diplôme. On assiste à une diversification des sources d’éducation.

    La vie en réseau requiert des compétences dont l’être humain n’avait pas besoin avant. La transdisciplinarité, pour commencer. Elle sera la culture du futur. Ensuite, la créativité. En cette période de bouleversements culturels, environnementaux et technologiques similaires à 1968, la créativité devient une stratégie de survie. Enfin, la capacité à vivre avec les autres : être à l’aise avec des normes sociales divergentes, être capable de côtoyer les autres sans présupposer qu’ils pensent la même chose que nous. Et il n’y a pas de diplôme pour cela.

    […]

    Ensuite, l’inflation des diplômes est le symptôme d’un système en décomposition. S’il faut de plus en plus de diplômes pour le même niveau de crédibilité, c’est que le système regarde dans une nouvelle direction. Les diplômes rattrapent lentement le retard du secteur de l’éducation par rapport à la réalité du marché du travail.

    […]

    Forcément, l’idée d’avoir à s’adapter provoque de l’anxiété et de la peur, mais comme à la fin de l’ère féodale, où l’aristocratie accumulait les titres pour compenser son pouvoir faiblissant, il est trop tard car le pouvoir a déjà changé de mains.

    Tue Feb 28 12:56:41 2017 - permalink -
    - http://www.lemonde.fr/o21/article/2017/02/28/education-aujourd-hui-le-mode-d-apprentissage-en-reseau-a-pris-le-dessus_5086793_5014018.html
  • Backdoors dans le chiffrement : la France et l’Allemagne insistent

    […] Pourtant, dans une lettre publiée par Politico et envoyée la semaine dernière, les ministres de l’Intérieur français et allemand, Bruno Le Roux et Thomas de Maizière, poussent la Commission européenne à introduire une nouvelle législation qui définirait « de nouvelles obligations à la charge des prestataires de services de communication par voie électronique tout en garantissant la fiabilité de systèmes hautement sécurisés ». Autrement dit, l’industrie pourrait être priée de résoudre la quadrature du cercle, en proposant des solutions de chiffrement à la fois sécurisées et offrant un accès à l’information en clair aux services de police en cas de besoin.

    Les deux ministres proposent l’introduction d’une nouvelle réglementation introduisant ce principe en octobre prochain, soit après les échéances électorales majeures en France et en Allemagne. Un porte-parole de la Commission, s’exprimant dans Politico, a reconnu le bienfondé de la demande franco-allemande : « les technologies de chiffrement ne devraient pas empêcher les forces de l’ordre ou d’autres autorités compétentes d’intervenir dans l’exercice légal de leurs fonctions », a-t-il déclaré.

    […]

    […] Lors du Forum International de Cybersécurité, Guillaume Poupard écartait le recours à des backdoors – « L’affaiblissement du chiffrement, les portes dérobées, ces solutions ne marchent pas », disait-il -, mais indiquait qu’une solution pourrait résider dans l’alignement des obligations pesant sur les acteurs des services en ligne que peuvent être Skype, WhatsApp ou Telegram avec celles des opérateurs télécoms. Une voie qui obligerait ces fournisseurs de services en ligne à revoir leurs infrastructures ou, à tout le moins, leur communication, certaines de ces plates-formes affirmant être techniquement pensées pour rendre toute forme de collaboration avec les forces de l’ordre impossible.

    Bullshit ! Derrière ces mots qui semblent protecteurs du chiffrement, on retrouve le vieux dada de vouloir soumettre Skype et Telegram et d'autres au régime français des écoutes administratives et judiciaires ! Donc, oui, on fait du chiffrement entre les utilisateur-rice-s et les serveurs du fournisseur (Microsoft pour Skype, par exemple) puis on prélève la communication ici, sur le serveur du fournisseur. Elle est donc en claire. C'est ça qui se cache sous l'appellation "aligner les acteurs des services en ligne sur le régime des opérateurs télécoms". Dire cela, ce n'est pas prendre position en faveur du chiffrement, c'est enfumer les gens.


    Dans leur lettre à la Commission, Bruno Le Roux et Thomas de Maizière appellent aussi l’UE à développer la biométrie et à améliorer les échanges d’information entre les états membres, via une meilleure interopérabilité des systèmes. Les deux ministres réclament la création d’un système d’information permettant d’enregistrer les mouvements des ressortissants européens et des ressortissants de pays tiers en long séjour, ainsi que la mise en place d’un système d’autorisation de voyage pour les ressortissants étrangers exemptés de visas entrant dans l’espace Schengen (l’équivalent de l’Esta américain).

    … … … :'( Tout ça pue fortement.

    Tue Feb 28 12:12:12 2017 - permalink -
    - http://www.silicon.fr/backdoors-chiffrement-france-allemagne-insistent-169453.html
  • Pourquoi choisir un ordiphone avec une batterie amovible ?

    Dans un ordiphone, il y a deux ordinateurs en un. Le premier fait tourner les applis, l'interface graphique toute mimi, tout ça. L'autre, nommé baseband, est chargé de dialoguer avec le réseau GSM voire d'exécuter des ordres venant du réseau genre effacer à distance le contenu d'un téléphone volé. Ça veut dire que cet ordinateur obéit au réseau. Mieux que ça, cet ordinateur n'est pas forcément éteint quand l'utilisateur-rice fait le choix d'éteindre son ordiphone, ce qui signifie qu'un ordiphone peut être un mouchard qui permet d'écouter une conversation à distance. Avoir une batterie amovible permet de s'assurer qu'une telle chose soit impossible (les lois physiques sont formelles : pas d'ordinateur en cours de fonctionnement sans courant électrique).

    Mais, il y a une raison encore plus pragmatique pour choisir un ordiphone avec une batterie amovible : la baseband peut être totalement plantée. Il est alors nécessaire de la redémarrer de force. Sur mon ordiphone Motorola Moto G 4G LTE, le bouton on/off/reboot ne fait pas rebooter la baseband. La batterie n'étant pas amovible, il faut la vider… et c'est vraiment pénible. Pour ce faire : regarder une vidéo (avec VLC) en mettant la luminosité à fond ou utiliser Torch pour allumer l'ampoule du flash. L'ordiphone finira par s'éteindre tout seul. Mais la batterie n'est pas encore vide pour autant donc la baseband est encore alimentée. Comment je le sais ? La petite LED de façade clignote 3 coups rapides quand j'appuie sur le bouton on. Pour vider la batterie, il suffit de rester appuyer sur ce bouton on : la LED va clignoter, 3 coups rapides par 3 coups rapides, jusqu'à l'épuisement de la batterie. Une fois que la LED ne s'allume plus, attendre encore 2-3 heures. Brancher le téléphone au secteur, attendre 15-30 minutes puis allumer l'ordiphone et constater que la baseband est de nouveau opérationnelle.

    Comment je sais que c'est bien la baseband de mon ordiphone qui était plantée ?

    • L'ordiphone décroche du réseau alors qu'il est posé tranquillou sur une table et ne parvient plus à accrocher le réseau ;

    • Passer en mode avion puis en sortir ne change rien (d'ailleurs, si l'on maintient le bouton on pressé quelques secondes, on voit bien que la sortie du mode avion n'a pas été réellement effectuée). Éteindre (dans le menu) + allumer ne change rien. Un reboot (avec le bouton physique) ne change rien ;

    • Une autre carte SIM ne fonctionne pas non plus alors que ma carte SIM fonctionne dans un autre téléphone, ce qui signifie que l'antenne de l'opérateur qui arrose mon quartier fonctionne ;

    • Dans le menu, « Paramètres », « Plus… » de la section « Sans fil et réseaux », « Réseaux mobiles », « Opérateurs de réseaux », « Rechercher les réseaux… » échoue immédiatement, sans même lancer une recherche en affichant un message d'erreur. En temps normal, la recherche prend plusieurs dizaines de secondes.

    • Tout cela me rappelle un laptop GNU/Linux avec une carte Wi-Fi récalcitrante. Ce sont les mêmes symptômes.
    Mon Feb 27 17:10:49 2017 - permalink -
    - http://shaarli.guiguishow.info/?suYfcw
  • Les exégètes amateurs - deux ans - Programme du Capitole du Libre 2016

    Résumé des actions des exégètes amateurs devant les tribunaux.

    • Le fait d'être une équipe qui se repose sur plusieurs associations offre une variété qui permet d'attaquer large car ça permet d'avoir des intérêts à agir complémentaires. Oui, dire qu'un texte est illégal (pas conforme à la Constitution ou au droit de l'UE), ça ne suffit pas, il faut que la personne qui attaque ait un intérêt à agir, un intérêt à ce que le texte soit retiré. Exemple : FDN a intérêt à agir en matière de données de connexion car, en tant que FAI, tel ou tel texte lui impose de faire quelque chose. C'est, je pense, pour cela que les Exégètes n'ont pas eu vocation à devenir une association déclarée à part entière. Exemple de flexibilité que ça permet : un acteur en France métropolitaine dispose de deux mois pour attaquer un décret. C'est 3 mois pour les résidents étrangers et les DOM-TOM. C'est pourquoi la QPC contre la surveillance hertzienne est aussi portée par le FAI associatif à Saint-Barthélemy : délai de 2 mois épuisé par inattention.

    • Les Exégètes reçoivent des sollicitations et des conseils "vous devriez essayer tel angle d'attaque ;)", notamment d'acteurs institutionnels (contre le décret qui étend le fichier TES, par exemple). Ce sont des acteurs qui ne peuvent pas attaquer frontalement : le gus dans un ministère peut pas partir en croisade contre le ministère, une asso (comme Amnesty International) peut être trop complexe pour obtenir une décision interne "on va attaquer tel décret" dans le temps imparti, etc.

    • Il est probable qu'une fédération d’exégètes se monte assez rapidement dans toute l'UE entre les associations existantes qui travaillent sur des recours en justice afin d'avoir une stratégie commune européenne : toi tu attaques ce texte en France, moi j'attaque mon bout de texte ici et on se retrouve tous au niveau européen.

    • Démocratie versus démocratie : ce n'est pas aussi binaire, la démocratie se mesure. On est moins en démocratie qu'en 1970, par exemple. L'histoire allemande des années 30 nous montre que l'État de droit peut s'écrouler à une vitesse fulgurante. Il y avait des procès dans l'Allemagne de l'Est et certains donnaient des victoires. Le problème était plus large que juste être autorisé à poser un recours. La démocratie est un cadre : la population peut très bien soutenir un État autoritaire sous certains degrés. Exemple : la loi Renseignement n'a pas eu l'opposition populaire qu'elle méritait. La démocratie peut très bien mener à une dictature de manière calme si une majorité le décide même implicitement par son inaction.

    • Il faut faire de l'éducation aux enjeux. Depuis plusieurs décennies, nous créons une société paranoïaque. Ce genre d'histoire se termine toujours mal tendance extermination d'une partie de la population. On n'est pas éduqué à ça. « Les journalistes qui n'expliquent pas les enjeux, c'est scandaleux, c'est leur métier. Les politiques qui refusent d'expliquer pourquoi ils prennent une décision, c'est un problème fondamental ! ».

    • Il faut que des groupes de travail similaires se montent en France. Pour ralentir la machinerie politicienne. Pour faire de la sensibilisation juridique afin de permettre au plus grand nombre de comprendre dans quel monde nous vivons, de s'encapaciter.
    Sun Feb 26 17:01:27 2017 - permalink -
    - https://2016.capitoledulibre.org/programme.html#les-exegetes-amateurs-deux-ans
  • De l'usage du personnage public - Programme du Capitole du Libre 2016

    Certaines personnes jouent un rôle central dans les communautés geeks. Est-ce toxique, souhaitable, utile, dangereux ? Retour d'expérience.

    • Le personnage public a une responsabilité car il est en capacité de fausser le discernement et de donner une image de ce qu'est la norme. Ce personnage ne peut pas parler, sauf auprès de gens de confiance, des sujets qu'il ne connaît pas ou insuffisamment de peur que personne ne le contredise s'il se trompe.

      • Je prolonge : en fonction de tes actions passées ou même de ton employeur, certaines personnes te prêtent des compétences que tu n'as pas et attendent vivement une réponse satisfaisante de ta part. Non, je ne sais pas comment on active le support NFS par Firewall IP de masquerading Ethernet en double filtrage coaxial sur ICMP parce que j'en ai jamais eu besoin ou parce que j'ai répondu autrement à la même problématique. Et c'est parfois difficile à faire comprendre. Mais c'est tout aussi compliqué, pour le personnage public, d'admettre ce vieux principe : je sais que je ne sais rien. C'est difficile parce qu'on a peur de ne plus apparaître crédible, même sur les sujets sur lesquels on a taffé à fond.
    • Tour d'ivoire pour se protéger des attaques auxquelles le personnage public est, statistiquement, plus exposé. Cela conduit à refuser un argument par principe, avant même d'y avoir réfléchit.

      • Le contre-point, qui n'est pas évoqué dans ce talk, c'est que cela permet d'avoir une boussole morale, une personne ancrée dans ses certitudes sur les sujets sur lesquels elle a une certaine expertise. Quand tu es dans le brouillard, quand tu t'es fait chahuter par de la rhétorique alors que tu n'y étais pas préparé, quand tu ne crois plus à la cause car tes proches te ressortent le discours bullshit entendu à la TV, voir quelqu'un-e bien identifié qui ne doute pas, ça aide à se remettre en selle. Ce n'est pas du dogmatisme, ça ne signifie pas qu'il faut écouter le gourou et ne rien remettre en question, ça veut dire que ça aide quand tu es dans le brouillard pour de mauvaises raisons (exemple : quand tu es déstabilisé par de la rhétorique idiote ou par le désespoir face à un monde qui sombre toujours plus). Mais, quand la boussole l'apprend, ce n'est pas agréable car alors se pose le problème de responsabilité évoqué au premier point.
    • Le personnage public devient un centre. On fait de lui un centre. Et comme toute centralisation, c'est dangereux. Ça encombre : ce personnage est toujours invité aux conférences à la place des copain-ine-s tout aussi compétent-e-s, ce personnage détourne l'audience des talks parallèle au sien, etc. Ça épuise le personnage public. Ça complexifie le passage de relai.

      • En revanche, et ce n'est pas évoqué, cela permet de collecter de l'information. Exemple : Benjamin entend des rumeurs, des bruits de couloirs, etc. à propos du déploiement de la fibre optique en France. Cela permet, d'une certaine façon, de lutter contre l'opacité généralisée.
    • On attend du personnage public une certaine image, une certaine crédibilité. Benjamin évoque l'exemple bidon de bosser chez Google. Je me souviens de cette connaissance, côtoyée assez longuement dans un hackerspace alors que j'étais étudiant, me taquinant (et plus si affinité), des années après, au sujet de mon ex-employeur qui me retirerait, à ses yeux, ma crédibilité à causer de neutralité des réseaux quand bien même cet employeur est très loin d'être le pire dans ce domaine. Pourtant, c'est sain de briser l'image parfaite du personnage public parfait, du militant tendance ligne dure, car personne n'a envie de ressembler à de tels êtres car ce n'est pas fun et que cela, ce semblant de perfection, semble inaccessible, du coup, cela contribue à avoir relativement peu de gens qui se mettent en avant dans nos communautés.

    En bref, comme le dit Benjamin, le personnage public connu et le public qui a fait émerger ce personnage public ont tous les deux une part de responsabilité dans le façonnage dudit personnage public : on se fabrique nous-même notre tyran, en quelque sorte.

    Sun Feb 26 02:42:24 2017 - permalink -
    - https://2016.capitoledulibre.org/programme.html#de-lusage-du-personnage-public
  • Fabrice Epelboin : "La liberté d'expression n'existe pas en France !" - YouTube

    Rien de neuf par rapport à la citation qui sert de titre mais je me note quelques réflexions fortes intéressantes :

    • Manning et Snowden (et autres lanceurs d'alerte), même combat : contrôler la diffusion de l'information, ce n'est pas possible car ce sont des humain-e-s qui manipulent l'information. Si tu as quelqu'un qui n'est pas d'accord avec la pyramide, tu auras des fuites. Manning et Snowden sont humain-e-s, ont eu accès à des documents, se sont dit que les situations décrites étaient horribles et ont agit. Toute société commerciale, même celle qui se la joue confidentialité maximum échange en interne par mail, stocke des documents sur des serveurs informatique, etc. L'administrateur système de la boîte voit tout. Sans chiffrement (puisque cette personne a fait la config, elle détient les clés de chiffrement). Cette personne est traitée comme une merde, payée comme une merde, dévalorisée au sein de son entreprise, etc. Des mecs comme ça, il y en a partout. Métaphore : Fight Club et son « Les personnes que vous recherchez sont celles dont vous dépendez. On prépare vos menus, on enlève vos ordures, on vous relie par téléphone, on conduit vos ambulances, on vous protège pendant votre sommeil. Jouez pas au con avec nous ! ». Les gens qui maintiennent la tuyauterie qui permettent aux secrets malsains du haut de la pyramide de circuler, ils sont en bas de la pyramide. Le circuit informationnel du haut de la pyramide dépend du bas de la pyramide pour son fonctionnement. On peut toujours renforcer la surveillance, sauf que ça ralentira mécaniquement la circulation de l'information donc la transmission de l'information au pouvoir donc ça ralentira l'efficacité de ce dernier.

    • La France a réglé ses problèmes politique par de la communication et de la censure. Quand on a fait face au racisme, dans les années 80, on a fait une grande opération de communication, Touche pas à mon pote et on a passé des lois qui ont interdit l'expression raciste. Est-ce que ça a réglé le racisme ? Pas vraiment. Quand on s'est rendu compte qu'on a un énorme problème de sexisme (pas de femme PDG dans le CAC 40, le taux de femmes à l'Assemblée nationale le plus bas d'Europe), on a fait des lois pour imposer des femmes (lois que tout le monde s'est empressé de contourner) et d'autres lois qui vont interdire la parole sexiste (délit de presse aggravé). Ça va régler en rien le sexisme. Même chose pour les handicaps (quotas et délit de presse aggravé). Pareil pour l'homophobie, pareil pour tout.
    Sat Feb 25 23:11:26 2017 - permalink -
    - https://www.youtube.com/watch?v=wssn-ylN6aw
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