La base de données de reconnaissance faciale du FBI est hors de contrôle:
- elle contient les visage de la moitié de la population (soit environ de 1,6 millions de personnes [NDLR : 117 millions, pas 1,6 ]), sans leur consentement.
- 80% de ces fiches concernent des personnes qui ne sont pas des criminels.
- 15% du temps, leur algorithme de reconnaissance faciale se trompe.
- Et il se trompe encore plus quand ils s'agit de "personnes de couleur".
Et aucune loi n'encadre vraiment cette base.
Google and a few other companies provide open dns resolvers to the people around the globe. Unfortunately it may happen that the resolver was hijacked and used for different purposes, such as redirecting to malicious pages or to block certain addresses (censorship).
Our goal is to identify hijacked resolvers by analyzing their fingerprints, in order to increase safety of Internet users. To do that, we utilize data collected via RIPE Atlas (atlas.ripe.net).
We did our analysis only for Google Public DNS […]
Cartes intéressantes.
Intéressant aussi :
Resolvers that were classified as hijacked had significantly longer RTT for a DNS query. While PING RTT was expected to be shorter, we consider longer DNS RTT to be justified. That is because hijacked resolver was isolated and had to perform full name resolution process, while 8.8.8.8 server most likely had already a proper RR in its cache (presumably many of RIPE Atlas probes queried the same instance of Google Public DNS).
Via https://twitter.com/x0rz/status/855734583391813632 via https://twitter.com/bortzmeyer
Cet article date mais vu que ça refait surface depuis hier (en occultant une partie des propos de Poutou, sinon c'pas drôle, ça fait pas de mousse)…
«La police qui est au contact de la population, notamment toutes les brigades spécialisées qui quadrillent les quartiers populaires au nom du sécuritaire, celles-là il faut les désarmer», a précisé Philippe Poutou sur France 2. «On nous habitue à une société policière, une société militarisée. Et ce qu’on dit c’est que ce n’est pas comme cela qu’on combat le terrorisme», a encore expliqué l’interviewé, se prononçant aussi pour que les forces de l’ordre ne disposent pas non plus de matraques «vu à quoi ça sert aujourd’hui», a-t-il commenté en référence à l’affaire Théo.
[…] Etat d’urgence, violences dans les manifestations contre la loi travail, mort d’Adama Traoré, agression sexuelle présumée de Théo, proposition d’une partie de la droite d’armer les policiers municipaux… «La violence était déjà là, ciblée et invisible dans les quartiers populaires avant, mais elle a franchi une étape», déplore le candidat qui souhaite que le pays sorte de la logique de répression.
«Evidemment, s’il s’agit d’intervenir pour désarmer des individus armés dans un appartement, on ne va pas le faire avec des pistolets à eau. La question des truands ou des terroristes doit être mise à part», poursuit le candidat qui voudrait «construire une police qui ne joue pas un rôle de répression», avec, en contrepartie du désarmement, «un renforcement des services publics et des réponses sociales». «Le désarmement de la police, ça s’inscrit dans autre chose : comment on stoppe la spirale de la crise», justifie encore Poutou.
[…] «On fait des lois tous les deux ans pour renforcer les pouvoirs de la police, certains veulent armer les policiers municipaux, nous on souhaite amener le débat dans l’autre sens : on ne veut plus voir de policiers avec des armes. Ce qui compte, c’est d’avoir une réponse à ce qui se passe dans les quartiers populaires et les mouvements sociaux», développe-t-il.
Jacques de Maillard, professeur à l’université de Versailles Saint-Quentin et auteur de Sociologie de la police, confirme à Libération que «c’est plutôt une exception mais, en effet, la plupart des policiers ne sont pas armés en Angleterre. Ils sont d’ailleurs très fiers d’avoir une police au service du peuple […]
En 2016, le Washington Post revenait sur le fonctionnement des policiers en Grande-Bretagne, en Irlande, en Norvège, en Islande et en Nouvelle-Zélande qui «sont désarmés quand ils patrouillent» et ne disposent d’armes à feu que dans des circonstances «particulières». «En 2013, la police du Royaume-Uni n’a tué personne, alors que la police américaine admettait 461 homicides» d’après le FBI’s Uniform Crime Reporting, poursuit le quotidien britannique. S’il n’existe pas de chiffre officiel en France, le site d’information Bastamag a recensé 10 interventions des forces de l’ordre ayant entraîné la mort cette année-là.
+1 général.
Et, forcément, ces messieurs-dames ne sont pas content-e-s et le montrent par la force : http://www.huffingtonpost.fr/2017/04/20/apres-lattentat-a-paris-poutou-pris-a-partie-par-des-policiers_a_22048511/ et http://www.lefigaro.fr/elections/presidentielles/2017/04/21/35003-20170421ARTFIG00109-philippe-poutou-suscite-un-tolle-en-reclamant-le-desarmement-des-policiers.php . CQFD.
"Pourquoi on ne réagit pas pareil lorsqu’il y a des morts au travail ? La violence prend plein de formes différentes. Il y a une violence du travail et de la précarité. Tant qu’on n’a pas une société d’égalité, on crée plein de problèmes par la suite".
+1.
Tout l'article est à lire, en entier.
Outre le fait qu’il n’a jamais été scientifiquement prouvé que les femmes perdent un morceau de cerveau en accouchant, et que, par conséquent, il n’y a aucun lien de causalité entre la grossesse de Léa Salamé et ses compétences professionnelles, la remarque de François Fillon est sexiste à plusieurs égards. En sous-entendant qu’elle fait mal son travail de journaliste, il applique une tactique classique de déstabilisation de l’adversaire, pas forcément sexiste au demeurant, mais qui le devient dans le contexte qui suit, car Léa Salamé aurait mal fait son travail parce que, voilà, son vagin a récemment expulsé une petite chose qu’on appelle communément un enfant. Et voilà comment Fillon assigne Léa Salamé à son rôle de mère, pas de journaliste. Voilà comme il la renvoie aux couches-culottes, aux tétées de la nuit, à son utérus, à sa vie domestique, à ses nuits sans lune, à son intimité. Sous couvert de bienveillance, d’un habile «je me permets de vous féliciter», il force son interlocutrice à accepter ses félicitations avec le sourire, il la pousse, il la force, il l’assigne. Il est sexiste, oui, mais bienveillant.
[…] «L’ambivalence des attitudes envers les femmes découlerait de la coexistence entre deux types de pouvoir : le pouvoir structurel et le pouvoir dyadique, écrivent les chercheurs belges Marie Sarlet et Benoît Dardenne en 2012. Le premier est celui à travers lequel les hommes dominent aux niveaux des institutions politiques, légales, économiques et religieuses. Ce type de pouvoir renforcerait les attitudes sexistes hostiles envers les femmes. Le second, le pouvoir dyadique, est originaire de la dépendance des hommes aux femmes (pour les besoins d’intimité et de reproduction) et encouragerait des formes bienveillantes de sexisme (par exemple, la vénération et la protection des femmes). […]
Dans la vie de tous les jours, le sexisme bienveillant est plus difficile à observer que le sexisme hostile, car il est moins frontal. Mais il est bel et bien là : on le trouve chez ces hommes qui confondent courtoisie et galanterie, convaincus d’être des types bien parce qu’ils tiennent la porte à un être humain en jupe (mais pas question de travailler sous les ordres d’une gonzesse) ; on le trouve chez ces types qui adorent «la femme», mais moins «les femmes» ; chez ceux qui les complimentent sur leur prétendue «douceur» pour mieux les renvoyer ensuite à leurs «faiblesses», ou à leurs «émotions» ; et aussi chez ce monsieur qui vous propose, bien gentiment, de faire votre créneau à votre place en vous voyant galérer, comme tout le monde avec votre voiture, parce que ça n’a pas l’air d’être «votre tasse de thé» à vous, pauvre petite demoiselle en détresse, mais enfin, pourquoi refuser, c’est ridicule…
Le sexiste bienveillant est chevaleresque, le sexiste bienveillant est galant, le sexiste bienveillant, exalté par tant d’altruisme, ébahi de sa propre générosité, ne comprend pas pourquoi, du coup, on refuse une aide si gentiment proposée, franchement les femmes, c’est d’un compliqué…
Et le sexisme hostile, du coup, c’est quoi ? C’est par exemple en 2009, lorsque François Fillon, alors Premier ministre, dit à Nathalie Kosciusko-Morizet, alors secrétaire d’Etat chargée de la Prospective et du Développement de l’économie : «Tu ne seras pas ministre car tu es enceinte.» Le sexisme hostile, c’est quand NKM se retrouve, quatre années plus tard, à prononcer devant un journaliste de NBC cette phrase terrible : «J’ai raté, à chaque grossesse, une occasion de devenir ministre.»
Axelle Lemaire a aussi fait les frais du sexiste bienveillant à l'Assemblée lors du vote finale de sa loi pour une République numérique où les députés la félicitaient pour mieux la ramener à sa condition de femme.
93 jours c’est la période pendant laquelle les populations des régions du Sud-ouest et du Nord-Ouest [ NDLR : régions anglophones ] ont été privées de la connexion internet. La décision prise le 17 janvier 2017 par le gouvernement pour rendre impossible la circulation d’images montrant les brutalités policières exercées contre les avocats ou les étudiants qui manifestent depuis novembre 2016 a été levée ce jeudi 20 avril 2017, sur instruction du Chef de l’Etat.
Complément (source : http://afrique.lepoint.fr/actualites/cameroun-internet-de-retour-selon-l-ordre-de-paul-biya-21-04-2017-2121381_2365.php ) :
Lancée en novembre par des professeurs et des juristes, la contestation anglophone revendique le retour au fédéralisme en faveur des deux régions ou, pour une minorité, le séparatisme, avec la création d'un nouvel État.
Retour à l'article :
Sur le plan économique, les pertes auront été énormes. […] Certains d’entre elles ont dû instaurer de nouvelles procédures incluant l’usage du téléphone tandis que d’autres plus fortunés ont investi dans l’acquisition de d’un V-Sat un moyen de communication par satellite permettant notamment de transférer des données, a constaté le journal de Béchir Ben Yahmed.
L’on n’oublie pas les jeunes startuppers de la Silicon Mountain qui se sont vu imposer trois mois d’inactivité. « Il est regrettable qu’une faction de “sécurocrates” ait inspiré une telle approche à la plus haute autorité politique du pays. La plupart de ces jeunes [les startuppers de la Silicon Mountain] ont lancé leur entreprise avec de maigres moyens, souvent aidés par leur famille et leurs amis. Le gouvernement ferait mieux de soutenir leurs efforts plutôt que de les entraver. » […]
Il y a enfin les entreprises de téléphonie mobile qui se sont diversifiés dans la fourniture d’accès à internet. Selon un chef d’entreprise du secteur qui s'est confié à Jeune Afrique, la baisse inévitable de leur chiffre d’affaire aura forcément un impact fiscal. Ces gros contributeurs aux recettes budgétaires de l’État s’étaient acquittés de 617 milliards de F CFA d’impôts et taxes sur la période 2010-2014. Avec l’instauration en 2016 d’une nouvelle taxe sur les communications téléphoniques et les services internet, l’État prévoyait d’accroître cette cagnotte. […]
Comment déséquilibrer durablement des régions… :'( Une poudrière de plus à la surface du globe…
Ce shaarli (et mon blog) utilise une autorité de certification x509 personnelle pour authentifier les échanges chiffrés entre lui et toi (HTTPS). Pour ne pas être embêté avec un message d'alerte émis par ton navigateur web pour chacun de mes sites à chaque fois que je renouvelle mon certificat serveur (soit une fois par an), je t'ai invité à ajouter le certificat x509 de mon autorité de certification à ton navigateur.
Mais, mon certificat actuel, vieux de 5 ans, souffre de plusieurs problèmes :
J'ai donc décidé d'en générer un nouveau. Pour que la transition se passe en douceur, c'est-à-dire que tu ne vois pas un message d'alerte, tu peux d’ors et déjà ajouter mon nouveau certificat au magasin de certificats x509 de ton navigateur. Il est disponible à l'adresse suivante : http://www.guiguishow.info/wp-content/uploads/AC_GGS_2017.crt. Son empreinte SHA-256 est la suivante : 49:3E:4D:FD:EE:79:7C:C0:1B:9E:ED:60:57:87:ED:D4:54:23:18:A6:4A:72:F8:7B:AC:E3:E8:B1:58:E6:EA:D2 . J'ai ajouté un enregistrement DANE TLSA lui correspondant, ce qui permettra de vérifier, lorsque j'utiliserai ce nouveau certificat, avec l'extension Firefox DNSSEC/TLSA Validator (par exemple), que t'as bien récupéré le bon certificat.
Le changement de mon certificat d'AC x509 aura lieu le 1er mai 2017. Si tu n'ajoutes pas le nouveau dans ton magasin de certificats, ton navigateur crachera une erreur à partir de ce jour-là.
Poutou exprime des choses intéressantes. Rien de neuf, mais exprimé sur des médias de masse.
Le problème, c’est qu’on ne peut pas faire confiance à l’État ou aux patrons pour les reconversions. Si demain, on décide de fermer une usine d’armement, cela entraînera forcément des licenciements. D’où la question de rendre l’économie plus collective, de ne pas la laisser entre les mains des capitalistes. Nous voulons que les salariés et la population puissent assurer eux-mêmes les reconversions s’ils décident d’abandonner un secteur pour des raisons environnementales et de cohérence économique.
[…]
On peut imaginer des structures nationales et locales où la population pourrait discuter de ses besoins et faire des choix politiques. Par exemple, pour le projet d’aéroport de Notre-Dame-des-Landes, il faudrait qu’une population vraiment politisée impose ses choix — plutôt que des collectivités territoriales qui votent ce qu’elles ont envie de faire en lien avec les intérêts des multinationales. Ce n’est pas évident à imaginer dans un monde hyper individualiste où chacun rentre chez soi le soir regarder la télé et ne s’occupe pas de politique. Car il y a déjà ce problème-là à régler : comment donner envie aux gens de discuter de ce qui les concerne collectivement, pour que les militants et les zadistes ne soient plus les seuls à s’en occuper ?
Sur le plan économique, les salariés devraient pouvoir prendre en main l’organisation du travail et même les choix stratégiques. L’exemple de Fralib est très intéressant. Alors qu’Unilever voulait fermer l’usine, des salariés l’ont reprise en Scop. Elle est militante d’un point de vue social : il n’y a quasiment pas d’écarts de salaires, tout est décidé collectivement — la répartition des postes, les heures supplémentaires, etc. Elle a également une dimension écolo, puisqu’elle utilise du thé bio, cherche à s’approvisionner localement… C’est bonnard ! C’est à toute petite échelle certes — ils sont une quarantaine —, mais c’est hyper bien. Autre exemple, l’usine Pilpa à Carcassonne, reprise en Scop par des salariés qui y produisent les glaces La Belle Aude : ils privilégient le bio, les produits locaux… Évidemment, les produits sont vendus un peu plus cher, mais cela montre qu’il est possible de produire en respectant les salariés, l’environnement et la santé de la population.
[…]
[…] Concernant la fonction présidentielle, nous trouvons aberrant qu’un seul individu puisse avoir autant de pouvoir entre les mains. Idem pour les présidents de région, les maires… Il y a un surpouvoir dans toutes les instances démocratiques.
L’autre problème est celui de la représentation. L’absence de proportionnelle intégrale est très problématique. La concentration du pouvoir dans les gros partis et la professionnalisation des élus aussi. Sans parler de leur rémunération excessive : à partir du moment où ils touchent de hauts revenus, députés et sénateurs s’accrochent à leurs postes et sont complètement liés à un milieu social. Cela entraîne une véritable déconnexion des simples travailleurs. C’est pourquoi nous voulons plafonner le revenu des élus à 2.300 euros nets mensuels environ. Nous préconisons aussi le non-cumul des mandats.
Mais ces règles ne sont que des mesures d’urgence. Le véritable objectif, c’est construire une démocratie qui deviendrait le problème de millions de gens. L’histoire des luttes sociales nous donne des modèles de batailles et de moments démocratiques. La Commune de Paris, il y a près de 150 ans, ébauche d’organisation collective à l’échelle d’une ville ; les expériences de démocratie participative à Porto Alegre, au Brésil, avec un mandat tournant et des réunions de quartier… Mais il reste un impératif incontournable : il faut que la population s’en mêle. Un délégué qui parle à la place des autres, ce n’est pas bon ! Les gens doivent parler eux-mêmes pour eux-mêmes. Sinon, ces outils ne resteront que des coquilles vides.
[…] Ce qui est intéressant dans ces occupations de sites ou de places, c’est la manière dont les gens organisent une sorte d’autogestion. Et le fait qu’elles ne sont pas limitées à une lutte, mais qu’on y discute de tout : de solidarité avec les migrants de Calais, de questions démocratiques, antiracistes, féministes… Elles rassemblent aussi des gens assez divers, en âge et en milieux sociaux.
Dans l’activité militante au quotidien, on est très peu à militer, donc très peu à faire le boulot. Ce sont les mêmes qui parlent, qui prennent les initiatives, font les tracts, etc. Pour nous, Nuit debout a été énorme. Le rapport était inversé : tout le monde militait, prenait la parole… C’est hyper reposant, car on n’est plus celui dont l’absence pose problème — si l’on n’est pas là, il y en a plein d’autres ! Les Zads, c’est un peu pareil. Tout n’est pas rose, on y trouve parfois des réflexes sectaires, anti-politiques, anti-organisations, du coup les rapports ne sont pas toujours simples… Mais tout cela va dans le bon sens.
Je pose ça là en complément :
[…] « Légalement, les sociétés de gestion collective sont tenues de mettre à disposition toutes les sommes qu’elles n’ont pas pu reverser, à travers des listes dont elles doivent rendre compte, de telle façon à ce que les artistes puissent les réclamer ».
Sauf qu’entre la théorie et la pratique, il y a un fossé plus large qu’on ne le pense. « Les sociétés de gestion collectives communiquent encore trop peu sur l’argent qu’elles ne distribuent pas, et ces montants servent finalement à financer l’action collective au lieu de revenir aux artistes », explique-t-il. C’est pour cette raison qu’il a créé Mercinity.
[…]
Et elle est ancienne. Il y a dix ans, un coup de projecteur avait été mis sur ces sommes dites « irrépartissables ». Pour 2006, les sociétés françaises de gestion collective ont utilisé 18,4 millions d’euros pour financer leurs actions culturelles (ce qui inclut la lutte contre le piratage), en les piochant directement des lignes d’irrépartissables de leurs livres comptables.
Or ces sommes auraient dû aller, normalement, dans les poches des artistes et non pas pour servir à financer en leur nom la lutte contre le piratage ou bien des festivals ou des évènements culturels. « C’est très bien de financer Rock en Seine ou les Francofolies, mais lorsque c’est votre argent qui est utilisé à votre insu, c’est une autre paire de manches », explique le gérant de Mercinity.
[…]
« En France, nous avons un système de répartition où l’on essaie de retrouver exactement chaque ayant droit pour lui verser la somme qui lui revient. Dans d’autres pays, on verse selon un pourcentage : on regarde les mois en question, ce qui donne un système un peu plus grossier mais dans lequel on amenuise les pertes », explique Nicolas Velai. « L’argent est certes redistribué grossièrement mais tout le monde touche une part approximative assez proche ». Paradoxalement, c’est le système français, qui se veut donc très précis, qui génère ces erreurs administratives qui se transforment ensuite en manque à gagner pour les artistes. […]
[…]
Et les éditeurs de musique, alors ? « Ils font un travail du même genre », reconnaît Nicolas Velai, « mais pas sous la forme que nous proposons ». Certes, « le travail que Mercinity fait est traditionnellement réservé aux éditeurs de musique. Ils sont en charge des catalogues, gèrent les droits d’auteur et s’occupent les contrats des artistes ». À une nuance près : « sauf que c’est un travail qui se fait traditionnellement sur le long terme. avec en outre la nécessité pour le musicien de céder une partie de ses droits à l’éditeur pour qu’il gère tout son répertoire à sa place ».
Tout d’abord, il faut avoir conscience qu’au regard de la diversité des thèmes abordés par cette loi (neutralité dans l’entreprise, compte personnel d’activité…), l’abrogation ne sera sans doute pas totale.
Ensuite, dès lors que le droit antérieur a disparu, abroger ne suffit pas : il faut réécrire la loi. Plus qu’une simple abrogation, c’est donc une nouvelle réforme du droit du travail qui se profile.
Donc se bastonner à nouveau pendant des mois pour décider un peu ce que l'on met dedans… Surtout si Mélenchon n'a pas de majorité parlementaire… Super.
Enfin et surtout : la particularité de la loi El Khomri est de laisser plus de place à la négociation collective, notamment en matière de temps de travail. Autrement dit, des accords collectifs ont déjà été conclus à la suite de cette loi. Pour qu’elle produise tous ses effets, l’abrogation de la loi El Khomri implique donc de remettre en cause ces accords, par une disposition expresse.
Or, leur pérennité est protégée par le Conseil constitutionnel au travers de la liberté contractuelle qui découle de l’article 4 de la Déclaration de 1789 et du principe de sécurité juridique garanti par l’article 16 de ce même texte. Remettre en cause les accords collectifs suppose, non seulement, de poursuivre un motif d’intérêt général suffisant mais également de ne pas modifier leur équilibre c’est-à-dire de ne pas faire peser une charge excessive sur l’un des partenaires contractuels.
LALALALALALA les promesses. :')
Je suis de plus en plus mitigé à l'idée de participer à des associations subventionnées. Ce positionnement éthique n'est pas nouveau : j'étais un anti-subventions avant de me détendre, d'observer comment cela se passe dans plusieurs associations situées dans plusieurs villes de France… et d'arriver à mon positionnement borné d'anti-subventions convaincu. Je vais exposer mes arguments.
En premier, il m'apparaît important de rappeler que je ne suis pas anti-État ni anti-impôts. Je pense que les impôts doivent servir à financer ce qui ne peut être financé autrement (car trop coûteux et/ou gouffre sans fond mais utile et/ou trop difficile à organiser de manière décentralisée genre je vois mal un appel à financement à chaque tronçon de route à réparer) : la recherche fondamentale (car elle peut ne pas aboutir, c'est même son but que de fermer des portes aussi bien que d'en ouvrir), la santé (je parle d'un véritable système de santé qui rembourse effectivement les soins, pas du nôtre, qui est sans cesse raboté au profit du secteur privé), l'éducation (au sens large : école, musée, médiathèque, etc.), les infrastructures vitales (eau, électricité, gaz, communications, transports, loisirs & sports), etc. Bref, les impôts devraient servir à financer un État providence. En revanche, je pense qu'il n'y a nul besoin de subventions pour financer l'achat de matériel électronique pour des ateliers d'initiation ou pour financer (coût initial + récurent) l'infrastructure technique d'un FAI associatif local ou pour payer le transport des intervenant-e-s à une crypto-party. Pour moi, ce sont des choses qui peuvent se financer en se regroupant à plusieurs (ce que je nommerai « financement participatif » ci-après).
Évidemment, il ne s'agit pas de refuser l'argent public pour accepter celui du privé, non, je veux des associations indépendantes, c'est-à-dire qui appartiennent à leurs adhérent-e-s. C'est important afin de pouvoir rester critique sur tout sujet, car toute association participe à la vie de la Cité : un FAI associatif ou une AMAP ou un hackerspace participe forcément à forger la vie de la Cité, par son existence et ses prises de position. Il faut qu'une association puisse camper sur ses positions idéologiques, envers et contre tout et tou-te-s et cela nécessite l'indépendance financière (condition nécessaire mais pas suffisante, bien entendu). À chaque fois, on me répond « quelle plus belle preuve d'indépendance que de pouvoir mordre la main nourricière ? ». Sauf que, quand ça a lieu, ça ne dure pas. Exemple : La chasse aux écolos est ouverte dans le Canard du 22 juin 2016. Prétendre à des subventions, c'est s'exposer aux petits jeux politiciens d'affichage, aux petits jeux électoraux, aux jeux de mise en balance de tel projet pour influer sur une décision, aux compromissions, aux tromperies, aux vaines promesses, à la réunionite, etc.
La ressource humaine est rare en associatif, on a des choses plus sérieuses à faire que d'aller faire de la lèche, de rédiger une réponse à un appel à projets, de rédiger des comptes-rendus et d'entretenir un carnet d'adresses pour rester dans les petits papiers d'élu-e-s/de dirigeant-e-s d'entreprise, seul moyen de rafler les subventions/partenariats et de remporter les appels à projets. Stop aux bullshit jobs. N'avons-nous pas mieux à faire ?!
Un certain nombre de structures a pour objectifs la compréhension des mécanismes de notre monde et leur réappropriation par le plus grand nombre. C'est le cas des FAI associatifs, des AMAP, des associations d'éducation populaire, des associations d'innovation démocratique, des associations d'aide à l'ouverture des données publiques et à la gouvernance publique ouverte, etc. Faire ensemble avec l'argent des autres, c'est-à-dire sans donner un rond, n'est-ce pas un peu trop facile, n'est-ce pas une démarche émancipatrice incomplète ? Il y a ce mythe persistant qu'en associatif, chacun-e est là pour donner de son temps et de son expérience et que parler de fric, c'est sale car ça rappelle le monde du travail, boooouh. Pour moi, faire, ça passe aussi par s'investir financièrement dans un projet.
Du postulat précédent, je dérive le postulat que le financement d'un projet associatif est l'une des composantes de l'implication dans ce projet et que si pas assez de personnes veulent financer un projet, alors peut-être faut-il en déduire que ce projet n'intéresse pas ou pas assez. Une subvention reviendrait à financer une coquille vide.
Le vrai problème du financement de l'associatif, c'est que chacun-e de nous a peur de l'autre, a peur qu'à moment donné, tous les efforts collectifs soient ruinés par une mauvaise décision, par un incident, par je ne sais quoi… C'est vrai que dans ce cas-là, en toute logique, il ne faut rien donner. Ho, si l'on a peur de l'échec, alors pourquoi la puissance publique devrait-elle risquer de financer à perte, elle ? Il est bien là le problème : que l'argent public soit gaspillé, ça ne nous dérange pas (sauf quand c'est un méchant politicien, car il s'agit d'un bouc-émissaire sur lequel on peut facilement taper au lieu de se regarder dans un miroir) alors que c'est le même problème.
D'ailleurs, en parlant de cela, l'un des avantages du financement participatif, c'est qu'on peut supposer un contrôle démocratique de l'usage de l'argent. Je ne peux pas croire que personne ne regardera ce qui se passe dans les détails si une majorité de personnes est impliquée dans le financement. Ce n'est pas le cas avec les subventions. Car les textes législatifs et réglementaires ne prévoient pas d'obligation de contrôle du bon usage des subventions allouées, juste de faibles modalités d'attribution… Et encore… Exemple : aucun contrôle n'est prévu dans le cadre de la réserve parlementaire (somme d'argent que peut verser chaque parlementaire, représentant environ 130 millions d'euros par an tou-te-s parlementaires confondu-e-s). Même chose pour les subventions allouées par les collectivités territoriales. Autrement dit : le-a citoyen-ne peut toujours crier au gaspillage d'argent public, à l'abus de confiance ou à quoi que ce soit d'autre : les élu-e-s s'en fichent éperdument. Même si le-a citoyen-ne fournit la comptabilité bidon interne ou un article dans la presse locale démontrant que, visiblement, l'argent n'a pas servi à la finalité vendue à l'élu-e. C'est du vécu. Ce n'est pas leur fric de toute façon donc il-elle s'en moquent, il-elle-s ne comprennent pas la valeur réelle des sommes qu'il-elle-s manipulent. Si l'on imposait aux élu-e-s le devoir de réaliser des contrôles stricts du bon usage des subventions allouées, alors les élu-e-s alloueraient des subventions exclusivement aux associations les plus solides, les plus crédibles, voire exclusivement à leurs relations. Entre assécher les finances du milieu associatif ou espérer que les dérives seraient moins courantes (aussi bien côté élu-e-s que côté associations) avec un financement participatif, je choisis la deuxième option. Mais je reconnais que c'est un argument type économie libérale "tout va se réguler magiquement parce que chaque acteur-rice va y mettre du sien et exercer son rôle de pouvoir / contre-pouvoir". ;)
À chaque fois, le topo ci-dessus déclenche peu ou prou les mêmes remarques / critiques :
Évidemment, ci-dessus, je présente une vision du monde au vitriol, mais je sais pertinemment d'expérience que tou-te-s les élu-e-s et tou-te-s les dirigeant-e-s d'entreprises ne financent pas le milieu associatif pour se faire mousser ni pour exercer une certaine forme de contrôle social. Ce shaarli est plutôt un appel à l'audace afin de faire émerger beaucoup plus de structures et de projets 100 % autonomes financièrement, car cela me paraît plus sain que le modèle dans lequel tout dépend de l'État, surtout quand il s'agit de notre militantisme.
J'ai un problème similaire avec la réduction de l'impôt sur les revenus pour cause de dons à des associations : en gros, pour tout don effectué à destination d'une association reconnue (labellisée par le fisc) d'intérêt public, culturel, général, etc., il est possible de déduire 66 % du montant du don sur le prochain impôt sur les revenus.
La logique sous-jacente me dépasse : ce mécanisme revient au même qu'une subvention puisque le-a donateur-rice se fait rembourser 2/3 de son don… Et s'il-elle ne donnait de base que le tiers, ça ne serait pas plus simple ? Genre pas de paperasse (l'association doit produire un rescrit fiscal pour se faire labelliser et émettre un reçu pour les adhérent-e-s qui souhaitent une réduction d'impôts), genre le fisc n'a pas ce moyen-là (il en a d'autres mais uniquement en cas d'enquête) pour savoir qui donne combien, quelle année, à quelle structure, etc. Je ne pense pas que nous ayons besoin de super-donateur-rice-s qui filent max de thunes mais au contraire, de plein de petit-e-s donateur-rice-s à 5-10-15 euros : ça me semble former un écosystème plus sain et plus résilient (chacun-e est moins en mesure de faire pression et chacun-e peut se désengager plus facilement sans remords). Si l'on n'a pas beaucoup de donateur-rice-s à 5-10-15 € sans réduction d'impôt, j'ai du mal à voir comment l'on pourrait convaincre ces mêmes personnes de donner 50 € pour s'en faire rembourser 33 € au plus tard un an plus tard : autant que cette personne fasse un don de 15 €. Et ça, ça marche avec ou sans label de l'État disant qu'on est d'intérêt général ou public ou culturel ou…
Généralement, la comptabilité des associations est en rade alors si en plus on demande au-à-la trésorier-e d'émettre des reçus à chaque don/cotisation, on n'est pas rendu… Là encore, on en revient à l'utilité sociale des tâches à accomplir en associatif : n'a-t-on pas plus utile à faire ?
Le seul avantage que je vois, c'est que ce mécanisme permet de flécher indirectement une petite partie de nos impôts, c'est-à-dire de décider à quel usage sera dédié une petite partie de nos impôts. D'un côté, cela peut inciter les personnes qui trouvent flou le concept d'impôt, de pot commun, etc. D'un autre côté, ça me semble être un palliatif au fait que nous n'avons pas réellement la main sur les décisions politiques dont l'usage des impôts fait partie (alors que le contrôle de l'argent public est un droit fondamental).
Même si elle ne reçoit pas d'argent, l'association délivre quand même des reçus donc c'est bien une action de l'association qui rend la déduction d'impôts possible, ce qui fait qu'elle ne peut pas se dédouaner du problème éthique : il ne suffit donc pas de dire « ce n'est pas une subvention directe donc il n'y pas lieu de troller sur les subventions pour savoir si l'on tente une demande de reconnaissance d'intérêt général ».
En septembre 2015, une plainte pour diffamation publique a été déposée à mon encontre. Cela m'a conduit à m'encapaciter sur la question de la diffamation. Nous allons donc nous servir de mon histoire comme d'un fil rouge pour essayer de découvrir et d'approfondir des notfions de droit. \o/ Quand cela m'apparaît intéressant ou opportun, je présenterais les modifications récentes de la législation en matière d'infractions de presse. Rappel : je n'ai aucune formation ni expérience en droit, donc ne prenez pas tout ce que j'écris pour vérité.
Le 10 septembre 2015 à 00h58 (oui, quand tu taffes et qu'il te faut 1h15 de transport pour rentrer chez toi, l'associatif se fait de nuit), j'envoie un mail sur 5 listes de discussion (définition) administrées par trois associations différentes. Dans ce mail, j'indique que, pour une table ronde à venir, dans un événement qui, selon moi, implique les 3 associations en question (car elles y participent fortement et contribuent à son organisation), l'une des structures a choisi, comme animateur, une personne qui est, selon moi, directement responsable d'un mauvais usage répété d'argent public dans une autre structure associative. En conséquence, je me retire de l'organisation de cette table ronde et j'annonce étudier la responsabilité de l'association dans le choix de l'animateur et de la quitter le cas échéant. Évidemment, je ne publierai pas le verbatim ici, je n'ai pas envie de constituer une possible nouvelle infraction.
« Mauvais usage d'argent public » sont des termes pudiques car, d'une part, je ne savais pas (et je ne sais toujours pas) quelle qualification précise utiliser : détournement de fonds publics ? Non, d'une manière générale, cette qualification s'applique à un-e élu-e (lors du versement d'une subvention à une association, par exemple). Abus de bien social ? Ça ne s'applique pas aux associations. Abus de confiance ? C'est une bonne partie du problème, oui. D'autre part, « mauvais usage » couvre également des faits tout à fait légaux que ma petite personne ne considérait pas être fondés ni éthiques pour autant (et dont je pensais que les Assemblées Générales des associations concernées auraient dû se saisir).
Au soleil levé, les premières réactions tombent : soutien public et privé, désapprobation publique et privé et l'intéressé réagit publiquement en indiquant se réserver la possibilité d'un dépôt de plainte.
Le 4 février 2016 au matin, je reçois un appel téléphonique du commissariat du coin m'informant que je suis suspecté de diffamation publique, car une personne a porté plainte auprès du commissariat. Nous convenons d'une audition libre le lundi 8 février 2016 à 14h.
Assez vite, je me souviens des propos de Maître Eolas invitant quiconque à toujours s'adjoindre les conseils d'un-e avocat-e, y compris pour les gardes à vue et les auditions libres, puisqu'il est toujours possible d'y déclarer quelque chose de compromettant. Le délai est trop court pour aller à une permanence gratuite d'avocat-e-s. Le délai me semble trop court pour prendre rendez-vous chez un-e avocat-e (et qui choisir ?). Je fais appel aux relations, mais les avocat-e-s sont malheureusement indisponibles cette fin de semaine-là. Il faudra donc que je me prépare tout seul.
Il n'a jamais été question pour moi de réfuter la réalité : j'ai bien envoyé le mail litigieux. Prétendre que je ne l'ai pas envoyé n'aurait pas été porteur de sens :
Je creuse un peu le sujet de la diffamation et je bloque assez rapidement sur le premier élément : y'a-t-il prescription de l'action publique (définition, section « Kézako ? ») ou non ? La diffamation étant un délit de presse, c'est la vénérable loi sur la liberté de la presse de 1881 qui s'applique. Son article 65 dispose que les infractions de presse ne peuvent plus être poursuivies après 3 mois sauf si l'action publique a été mise en marche.
La plainte a été déposée le lendemain, donc l'infraction est poursuivable ? Non, car la plainte simple déposée auprès du commissariat n'est pas un acte de poursuite, d'instruction ou de réquisition, qui sont les seuls motifs de mise en marche de l'action publique en matière d'infractions de presse (c'est toujours l'article 65 de la loi de 1881). J'ai retenu que les actes d'instruction sont les actes d'enquête permettant la manifestation de la vérité décidés par un-e juge d'instruction (en gros). Les actes de poursuite sont les actions entreprises par le Parquet et/ou la partie civile permettant de mettre en marche la machine judiciaire (en gros). C'est d'ailleurs pour cela qu'en matière d'infractions de presse, il est lourdement conseillé de porter plainte avec constitution de partie civile (si la plainte nécessite d'être approfondie par une enquête avant jugement) ou de procéder à une citation directe (saisir directement le tribunal, si le-a plaignant-e a suffisamment de preuves), car il s'agit d'actes de poursuite qui interrompent le délai de prescription.
Aucun acte interruptif n'a eu lieu donc ma possible infraction n'est plus poursuivable depuis le 12 décembre 2015. Nous sommes en février 2016…
Compléments d'information :
À l'époque, je n'étais pas sûr de moi quant au fait que l'action publique était éteinte concernant ma possible infraction. Quand je l'ai évoqué, lors de ma convocation téléphonique, à la policière, celle-ci m'a répondu que l'« on verra ». Le fait que l'action publique soit éteinte par prescription peut être invoqué par qui que ce soit (prévenu, juge, etc.), à tout moment de la procédure, donc j'aurais pu ne rien déclarer d'autre lors de cette audition libre, en théorie. Ce point n'est pas clair.
Deuxième élément de difficulté : est-ce qu'il s'agit véritablement de diffamation publique ? C'est important parce qu'une diffamation privée est une contravention sanctionnée tout au plus par 38 € d'amende alors que la diffamation publique est un délit sanctionné tout au plus de 12 000 € d'amende (+ de possibles peines complémentaires comme la diffusion de la décision de justice ou un stage de citoyenneté). Évidemment, je parle des infractions simples, pas des infractions discriminatoires ni celles à l'encontre d'un-e élu-e, d'un-e représentant-e de l'autorité, ou d'un-e magistrat-e, pour lesquelles les peines encourues sont supérieures.
Le droit considère qu'une diffamation est publique si les personnes qui sont susceptibles d'avoir connaissance des propos en question n'ont aucun lien entre elles, notamment avec la personne qui s'estime diffamée.
Dans mon cas, deux des cinq listes de discussions étaient à inscription fermée + archives fermées : il fallait fréquenter les personnes impliquées pour être inscrit sur la liste et recevoir ma prose ou pour pouvoir la lire dans les archives. Les trois autres listes de discussion étaient à inscription ouverte + archives réservées aux abonné-e-s : n'importe qui pouvait s'inscrire sans contrôle humain et recevoir ma prose ou aller la lire dans les archives. Dans un cas similaire dans une autre association ailleurs en France, l'affaire a été jusqu'au procès et les juges ont estimé que la diffamation était publique.
Un point important est que les cinq listes de discussion regroupaient en réalité peu ou prou les mêmes personnes. En effet, beaucoup de personnes fréquentaient activement (participation aux activités, participation aux réunions de pilotage, une même personne pouvait être membre de plusieurs conseils d'administration / bureau, etc.) les 3 associations concernées et étaient donc inscrites sur plusieurs listes (il y avait donc de nombreux doublons). Pour moi, ces personnes avaient des affinités sociales voire affectives entre elles, une appartenance commune à un même écosystème dont les 3 associations faisaient indistinctement partie et la table ronde à venir s'inscrivait dans un événement auquel les 3 associations contribuaient en l'inscrivant comme l'un de leurs objectifs du moment, d'où leur diffuser l'information semblait pertinent. De mon point de vue, je m'adressais à un même continuum de personnes, il n'y avait pas de discontinuité, il ne s'agissait pas de tiers. Il n'y avait pas volonté de rendre public les faits et les intentions que mes propos relatent, car nous étions entre-nous. Ce que je décris ici semble correspondre à une communauté d'intérêts, notion reconnue à plusieurs reprises par la Cour de cassation pour requalifier une diffamation publique en diffamation non publique.
Lisons https://www.service-public.fr/particuliers/vosdroits/F32079 et https://www.service-public.fr/particuliers/vosdroits/F32077 :
Une diffamation est une allégation ou imputation d'un fait non avéré qui porte atteinte à l'honneur ou à la considération d'une personne. C'est-à-dire que l'auteur des propos accuse sa victime d'avoir commis tel ou tel fait précis. Le fait en question peut faire l'objet, sans difficultés, d'une vérification et d'un débat contradictoire. Il est possible de répondre par oui ou non à la question « Untel a-t-il commis le fait » ? Le fait en question peut être la commission d'une infraction pénale, la falsification d'un diplôme.
Une injure est une invective, une expression vulgaire ou méprisante, non précédée d'une provocation et qui ne vous impute aucun fait précis. L'expression employée à votre égard ne peut pas être vérifiée. Par exemple : injure sur le physique ou sur le nom de famille... Si les propos vous imputent un fait précis et objectif (une infraction pénale par exemple), c'est une diffamation.
Lisons https://alpernalain.blogspot.fr/2010/01/diffamation-et-injure.html :
[…] La diffamation concerne toujours l’imputation ou l’allégation d’un fait précis et déterminé, qui est peut être vrai mais que l’on ne peut pas prouver. Exemple : "sa promotion. elle l’a eue en couchant avec le patron"ou « M. X a été mêlé en telle année à une affaire de vol de voiture » si la réalité des faits est qu'on avait volé à cette époque la voiture de M. X.
L'invective ou l'expression outrageante qui ne renferme l'imputation d'aucun fait est une injure. Ainsi, les termes « traître à la patrie », « repris de justice », « imposteurs », « maffiosos » ont été jugés diffamatoires.
Traiter le chef d’une entreprise en difficulté de " fossoyeur de l’entreprise " constitue une diffamation , tout comme le fait de désigner un tiers comme étant un "condamné de droit commun privé de ses droits civiques " ou de qualifier une personne de " repris de justice " signifiant ainsi que la personne en question a fait l’objet de condamnations pénales.
A la différence de la diffamation, l’injure doit porter atteinte à l’honneur ou à la considération. Ainsi, traiter une personne de " sale enculé ", " sale homosexuel " ou " sale con " constituera une injure. Les termes " nazi "," nazillon " , les expressions " espèce de lopette ", " larbin " et " sale boche ", constituent des injures. […] les termes « couard », « homme vil », « lopette », « larbin » ont été jugés comme constituant des injures en l'absence d'imputation de faits précis.
Rien n'empêche de ne pas être d'accord avec telle décision ou de critiquer telle personne tout en restant dans les limites de la polémique politique. Par exemple, je peux dire que l'élu X est responsable d'un budget insincère, et que si d'autres élus commettent plusieurs erreurs, que l'équipe est particulièrement incompétente ou je peux affirmer que les élus Y et Z entretiennent des relations de connivence avec un autre collègue aux valeurs contestables et contestées. Cela entre dans le cadre de la polémique purement politique. Par contre, dire que certains élus relèvent des "poubelles de l'histoire" me semble constitutif d'une insulte publique!
Il appartient au-a-la plaignant-e de bien qualifier les propos, car le juge ne peut les requalifier lui-même. Ainsi, si le-a plaignant-e a qualifié un propos injurieux de diffamation, la plainte est nulle et inversement (mais le-a plaignant-e peut ester en justice une nouvelle fois si le délai de prescription n'est pas écoulé). Attention : pour les diffamations et injures discriminatoires, le juge peut requalifier lui-même les propos depuis la loi égalité et citoyenneté entrée en application en février 2017.
En ce qui me concerne, je pense que mes propos n'ont pas bien été qualifiés par le plaignant puisqu'il ne s'agit ni d'injure (je relate des faits au moins aussi précis que les propos « fossoyeur de l’entreprise » donnés en exemple ci-dessus) ni de diffamation (les faits relatés sont vrais et je suis en mesure de prouver leur existence).
Il existe deux moyens de défense dans une affaire de diffamation : prouver la véracité du fait énoncé (ce que le droit nomme « l'exception de vérité » / « exceptio veritatis ») et/ou argumenter que l'on a cru, en toute bonne foi, à la véracité du fait énoncé (ce que le droit nomme prouver sa bonne foi). Un seul moyen de défense suffit, mais on peut utiliser les deux.
La bonne foi nécessite de cumuler 4 critères :
Il va sans dire que les éléments servant à prouver la véracité du fait énoncé doivent être antérieurs aux propos litigieux. Les preuves doivent être parfaites, complètes et absolues : elles couvrent directement le fait énoncé (elles se suffisent à elles-mêmes, c'est-à-dire qu'il ne peut donc pas s'agir d'un document qui laisse à penser que ce que l'on affirme est possiblement vrai), en intégralité, sans indirection (utiliser un tract syndical pour prouver la véracité d'un fait, ça ne marche pas, car le syndicat émet déjà un jugement de valeur, ce n'est pas une preuve du fait en lui-même mais la preuve de l'existence d'un jugement orienté à propos de ce fait).
Évidemment, comme pour toute infraction, le contexte dans laquelle celle-ci s'est déroulée est apprécié par les juges : est-ce qu'il y avait un climat de tension permanente qui explique le mot de trop ? Est-ce qu'il y avait une attente sincère mais trop élevée d'une des parties, causant ainsi une déception, causant elle-même le mot de trop ? Etc, etc. Ça n'excuse pas l'infraction, mais ça l'explique en partie et ça permet de prononcer une peine proportionnée.
Je retiens trois choses de ma convocation :
Contrairement à la policière qui m'a auditionné, je rappelle quelques-uns de nos droits lors d'une audition libre :
En loi 1881, il appartient au-a-la plaignant-e de qualifier chaque propos précisément. Ainsi, ce n'est pas l'ensemble de mon mail qui peut être attaqué indistinctement mais des bouts de phrase très précis. La plainte doit faire état des bouts de phrase que le-a plaignant-e estime être diffamatoires ou injurieux. C'est possible en soulignant ou surlignant les propos dans une copie des propos litigieux jointe à la plainte. Le-a principal-e suspect-e est invité-e à argumenter (et à fournir des preuves) uniquement sur ces passages.
Quand on y réfléchit, c'est parfaitement normal, car si une personne suspectée déclare « alors, ligne 42 c'est un jugement d'ordre général, je voulais en fait signifier que… », c'est que cette personne pense que ce bout de phrase est possiblement compromettant. Par son attitude défensive, cette personne s'auto-incrimine, et, surtout, l'on rentre dans un délit de la pensée (je pense que j'ai dit des trucs pas top ici et ici…). Pas cool.
Attention : je fais cet exercice de restitution de mémoire plus d'un an après donc ça vaut ce que ça vaut…
En gros, j'ai commencé par lire la plainte de long en large, avec ses pièces jointes. Il y avait des documents, qui, pour moi, sont sans rapport avec notre affaire (voir ci-dessous), une copie de mon mail et un mail public d'un-e abonné-e à la liste répondant à mon mail dont l'interprétation est sujette à caution (dit-il-elle qu'il-elle ne se sent pas concerné-e par mes propos en tant que membre de l'association ou dit-il-elle que ce n'est pas le canal de communication le plus approprié pour exprimer cela ou dit-il-elle encore autre chose ? Pour avoir échangé avec lui-elle (avant d'avoir connaissance de la plainte, je ne fais pas dans la subornation de témoin ;) ), c'est loin d'être aussi évident et tranché que cela pour servir directement de pièce jointe à une plainte "as-is", sans même y joindre un commentaire de texte).
Je ne sais plus si j'ai à nouveau fait mention du délai de prescription probablement écoulé.
En tout cas, j'ai assez vite indiqué que je suis bien l'auteur du mail qui fait l'objet du litige.
Ensuite, j'ai présenté le décor et le contexte, c'est-à-dire les associations, leurs activités principales, ce que j'y faisais habituellement, l'événement co-organisé à venir, comment j'ai connu le plaignant, comment je me situe par rapport à lui et à son entourage, l'ambiance générale, etc. Rien de tout cela n'a été consigné dans le procès-verbal car trop verbeux et la désignation de personnes (furent-elles morales) obligerait la policière à interroger lesdites personnes (ou leurs dirigeant-e-s), m'a-t-elle dit.
Ensuite, j'ai indiqué que, compte-tenu de la présentation que je viens de faire du milieu associatif, mon mail ne peut pas être considéré comme étant public car il s'adresse à une même communauté restreinte et délimitée aux intérêts communs malgré l'apparent éparpillement sur cinq listes de discussion.
Puis, j'ai présenté, en réponse aux propos soulignés par le plaignant dans sa plainte, les documents et témoignages qui m'ont amené à écrire lesdits propos. En amont, j'avais surligné les passages clés des documents que j'ai fournis. J'ai donc choisi l'exception de vérité comme moyen de défense tout en commençant à poser les bases de ma bonne foi : oui, j'avais bien un but légitime (attirer l'attention et faire éventuellement stopper, en bonne intelligence, des comportements que j'estimais être problématiques, sans surcharger les tribunaux), oui j'avais plusieurs témoignages et documents qui se corroboraient, non, je n'éprouvais aucune animosité envers le plaignant (seuls les actes m'intéressent), etc.
Enfin, j'ai exposé que plusieurs documents fournis en pièce jointe par le plaignant, qui n'a fourni aucun commentaire de texte dans sa plainte, me semblaient… étrange(r)s.
Le plaignant a été entendu, le principal suspect (moi) a été entendu, donc la plainte peut être envoyée au Parquet. À ce moment-là, on quitte la phase policière pour entrer dans la phase judiciaire : même s'il y a une enquête plus approfondie ultérieurement, elle aura lieu sous le contrôle d'un-e juge.
Le Parquet, composé de magistrat-e-s, peut tout faire : classer l'affaire sans suite (c'est-à-dire ne pas poursuivre l'infraction), décider de mesures alternatives aux poursuites pénales (un rappel à la loi, par exemple), décider d'une enquête complémentaire confiée à un-e juge d'instruction pour étayer l'enquête policière (on nomme ça une instruction / information judiciaire) ou décider d'un renvoi devant un tribunal pour jugement.
Cette étape peut prendre plus ou moins longtemps.
En attendant la décision du Parquet, plusieurs personnes insistaient pour que je prenne conseil auprès d'un-e avocat-e. Au final, le président en exercice de l'une des trois associations me fournit un contact, qui me redirige vers une connaissance-avocat locale censée s'y connaître pas mal en matière de diffamation.
Je prends rendez-vous. Sa secrétaire me téléphone en retour pour m'indiquer que l'avocat est certain que le Parquet classera sans suite mon affaire donc il refuse de me recevoir s'il me faut l'aide juridictionnelle pour payer la consultation. Je décide de maintenir le rendez-vous, quitte à payer 96 € TTC de ma poche.
Je n'y apprendrais rien… Je ne saurais pas pourquoi le Parquet « ne poursuit jamais une plainte simple en matière de diffamation ». J'aurais confirmation des moyens de défense, j'entendrais à nouveau parler de la notion de communauté d'intérêts sans avoir plus de détails sur sa signification profonde appliquée à mon cas. Pire, cet avocat m'expliquera qu'une plainte simple interrompt le délai de prescription…
La policière m'a téléphoné le 17 mars 2016 au matin pour m'informer du classement sans suite de la plainte me visant. Les jours suivants, j'ai été vérifier auprès du secrétariat du tribunal de grande instance, dont le tribunal correctionnel (chargé de juger les délits) est l'une des chambres qui le composent : l'affaire est effectivement classée sans suite. Dans les deux cas (policière et tribunal), j'ai oublié de demander le motif (pas assez d'éléments ? prescription ?). Il semblerait qu'il soit parfois indiqué. Un justificatif d'identité est bien évidemment nécessaire pour effectuer la démarche. Et il faut être l'une des parties prenantes dans l'affaire.
La policière m'a informé que, normalement, tout comme le plaignant, je devrais recevoir un courrier m'informant de ce classement sans suite. La justice étant en manque flagrant de moyens financiers et humains, je n'ai toujours rien reçu à ce jour.
Le plaignant dispose de recours : il peut saisir directement le tribunal correctionnel via une plainte avec constitution de partie civile ou via la citation directe (voir la section « Prescription ou non ? » pour obtenir plus d'infos). Mais comme il y a prescription…
L'auteur des propos litigieux est le seul responsable du mail envoyé puisque la liste de discussion le distribue automatiquement, sans intervention humaine a priori, à tou-te-s les abonné-e-s à la liste et, qu'en plus, aucun mécanisme technique n'est prévu dans le mail pour effacer à distance ou rappeler un mail après envoi. On notera quand même que, parfois, les responsables de moyens de communication ouverts au public utilisés indirectement pour commettre une infraction ont été condamnés, voir https://www.nextinpact.com/news/99776-operation-greenrights-en-appel-parquet-reclame-5-mois-prison-avec-sursis-contre-triskel.htm .
En revanche, l'organisation qui met à disposition la liste de discussion, et plus particulièrement son-a directeur-rice de publication ou à défaut son-a président-e, voit sa responsabilité engagée pour l'archive web des mails échangés sur la liste. Oui, la structure est ici considérée comme éditrice au sens de la loi de 1881 en cela qu'elle a le choix de ce qui est publié puisqu'elle peut supprimer ou modifier le contenu disponible. Oui, même quand les archives sont uniquement accessibles via un abonnement automatique (c'est-à-dire que personne ne valide l'abonnement) et qu'elles ne sont pas indexées par un moteur de recherche.
Dans mon cas, les président-e-s des trois structures ont supprimé mon mail des archives après réflexion, une fois que le plaignant a exprimé que ce message était diffamatoire selon lui. Il-elle-s n'ont pas été inquiété, en tout cas.
Rappel : je n'ai aucune formation ni expérience en droit.
Pour se renseigner sur nos droits :
Contexte : un-e particulier employeur-euse souhaite licencier l'aide à domicile qu'il-elle emploie depuis plus de 10 ans au motif d'une suppression du poste. Celle-ci est en arrêt maladie (en raison d'actes chirurgicaux indépendants de sa volonté) depuis plus d'un an.
Le topo que l'on entend souvent, « on ne peut pas licencier quelqu'un-e pendant son arrêt maladie » est une déformation de la réalité : on peut licencier quelqu'un-e pendant son arrêt maladie, mais le motif ne peut pas être "il-elle est en arrêt maladie". Joie de la nuance. ;) Autrement dit, un-e employeur-euse peut licencier un-e employé-e en arrêt maladie si son absence provoque un désordre (l'absence elle-même désorganise complètement un service au sein de la société), pour motif économique (il y a des règles strictes qui définissent ce que c'est, la baisse des revenus du particulier employeur-euse peut en être une) ou pour une cause réelle et sérieuse comme « mes besoins de particulier employeur ont factuellement changé » (exemples : un retraité décède, des enfants quittent le domicile parental, etc.).
Dans notre cas, le particulier employeur-euse se pense dans le dernier cas : enfants ayant quittés le domicile donc les besoins ont changé (il y a moins de saletés, moins de linge à laver/repasser, plus besoin de garder les enfants le mercredi aprem, etc.). Une réduction du nombre d'heures hebdomadaires travaillées avait été proposée par l'employeur-euse (et refusée par l'employé-e) plusieurs années avant la décision de licencier, au motif de ce changement de besoins. La décision de notre employeur-euse est donc fondée.
Où : sur le lieu de travail habituel c'est-à-dire l'habitation du particulier employeur-euse, en général.
Quand : durant les heures habituellement travaillées. Notons que si l'arrêt maladie impose des heures de sortie qui ne permettent pas à l'employé-e d'être à son domicile dans les temps, ce n'est pas grave : l'arrêt maladie tolère des exceptions et la présence à un entretien préalable au licenciement en est une. Il faut prévenir la sécu à l'avance et, en cas de contrôle aléatoire le jour J, fournir la convocation à l'entretien d'embauche. Source : la sécu, jointe par téléphone.
En présence de qui : vu qu'il n'y a généralement pas d'autre employé-e-s ni d'instance représentative du personnel chez un-e particulier employeur-euse, on pourrait s'attendre à une exception genre conjoint-e autorisé-e. Mais non. Le particulier employeur-euse peut se faire assister uniquement par un-e membre du personnel donc pas de conjoint-e ni qui que ce soit d'autre. L'employé-e peut se faire assister par un-e membre du personnel et par un-e conseiller-e parmi une liste fixée par la DIRECCTE (communément appelée « inspection du travail ») disponible auprès d'elle ou de la mairie. Le manquement à ces règles peut conduire les Prud'hommes à annuler le licenciement.
La loi 2011-867 du 20 juillet 2011 relative à l'organisation de la médecine du travail est très claire : les employé-e-s à domicile, même si il-elle-s sont employé-e-s seulement pour quelques heures par semaine, bénéficient du même régime que tous les salarié-e-s : visite médicale d'embauche obligatoire, visite de contrôle tous les 5 ans (depuis la loi travail de 2016), etc. Les frais de la médecine du travail sont intégralement à la charge du particulier employeur-euse. Il est de la responsabilité du-de-la particulier employeur-euse de s'inscrire (et de cotiser) auprès d'un service de santé interentreprises. Voir : https://www.service-public.fr/particuliers/vosdroits/F13889 .
Évidemment, c'est le bazar : les employé-e-s auprès de particuliers employeur-euse-s ont généralement plusieurs employeur-euse-s en même temps. Tous les employeur-euse-s d'une même personne doivent-il-elles s'inscrire auprès d'un service de santé ? Peuvent-ils mutualiser les coûts s'il-elle-s se connaissent ? Tout est flou. Un accord interbranche relatif « à la santé au travail du secteur du particulier employeur » censé résoudre ces questions a été convenu fin novembre 2014… mais il devra être suivi d'un accord de mise en œuvre pas encore défini… Voir : http://www.fepem.fr/sante-travail-accord-cadre-interbranches-signe/ et http://www.ferraris-avocat.com/actualites/id-12817-particuliers-employeurs-1ere-etape-vers-une-mutualisation-des-visites-medicales.html .
L'employeur-euse est tenu-e de déclarer, auprès de l'Urssaf, toute nouvelle personne qui rejoint l'entreprise. L'employeur-euse devrait remettre à l'employé-e une copie de l'accusé de réception envoyé par l'Urssaf. Il-elle n'y est pas tenu-e, mais c'est mieux, c'est l'esprit de la déclaration et c'est la garantie, pour le-a salarié-e, qu'il-elle est bien déclaré-e, que des cotisations sociales seront versées à son attention, etc. Il me semble (je ne retrouve plus les articles de blog concernés) que Tris Acatrinei avait eu des ennuis avec son employeur avant de découvrir qu'elle n'était même pas déclarée auprès de l'Urssaf, ce qui complique grandement la perception des aides sociales et l'avait poussée à appeler à l'aide avec un financement participatif. Pas cool, donc.
Comme ce n'est pas toujours facile de réclamer cet accusé de réception Urssaf auprès de l'employeur-euse, car on passe pour une personne suspicieuse alors qu'on vient tout juste de débouler dans l'entreprise, l'Urssaf dispose d'une procédure destinée à l'employé-e : il faut envoyer un courrier postal au service prévention contrôle de l'Urssaf régionale avec une copie de la carte nationale d'identité, la date d'embauche, des infos sur la société employeuse (genre SIRET, adresse postale, etc.) et un max d'info sur le contrat de taff genre le nombre d'heures (dafuck ?!).
Voici une procédure inutilement compliquée qui assure qu'un-e salarié-e ne fera jamais valoir ses droits. :)
Contexte : une personne en contrat de professionnalisation de type CDD est harcelée moralement à son travail depuis plusieurs mois. La période d'essai est terminée depuis longtemps. Quels sont les moyens de rompre le contrat de taff avant son terme ? L'objectif fixé est que le contrat se termine le plus vite possible, osef des indemnités (qui sont différentes selon le mode de rupture).
Un contrat de professionnalisation est un contrat de travail classique (CDD, CDI) donc le droit habituel s'applique :
Dans le cas d'espèce, il s'agit d'un CDD donc il n'est pas possible de démissionner (sauf si l'employeur-euse commet une faute grave genre il ne verse pas le salaire ou il faillit à ses obligations pédagogiques) ni d'être licencié-e (sauf pour faute grave :- ) ni de conclure une rupture conventionnelle : ces trois modes de rupture sont réservés au CDI.
Deux manières "simples" de rompre le contrat à l'initiative de l'employé-e : obtenir un CDI ou la rupture d'un commun accord.
Dans le cas présent, l'employeur-euse a refusé la rupture amiable d'un commun accord et nous ne connaissions personne qui aurait pu signer un CDI.
On envisage un autre mode de rupture : l'inaptitude. En effet, depuis la loi 2011-525 de simplification et d’amélioration de la qualité du droit (voir http://droitdelasecu.over-blog.com/article-inaptitude-et-rupture-anticipee-du-cdd-depuis-la-loi-du-17-mai-2011-74496958.html ), un-e employeur-euse peut rompre de manière anticipée un CDD si l'employé-e est reconnu-e inapte par la médecine du travail et s'il-elle a essayé, en vain, d'adapter son poste et de le-a reclasser au sein de l'entreprise.
Ça tombe bien, le harcèlement est une cause qui peut conduire la médecine du travail à prononcer l'inaptitude d'une personne. Si l'employeur-euse licencie le-a salarié-e suite à une aptitude prononcée pour harcèlement, le licenciement donnera droit à des indemnités, car il sera réputé être aux torts de l'employeur-euse (et ne sera donc pas un licenciement pour inaptitude). Voir : http://www.francmuller-avocat.com/inaptitude-suite-harcelement-moral/ et http://licenciementpourinaptitude.fr/harcelement-inaptitude/ .
L'ennui, c'est qu'il faut du temps pour que l'inaptitude soit reconnue : arrêt de travail d'au moins 30 jours puis plusieurs consultations à la médecine du travail afin de vérifier la crédibilité de l'employé-e, j'imagine. En tout cas, la démarche était en cours.
Au final, dans le cas concret qui nous intéresse, l'organisme de formation a fini par s'entretenir avec l'employeur-euse pour lui faire les gros yeux en expliquant que le contrat allait gentiment s'arrêter là. On peut donc dire que l'employeur-euse et l'employé-e se sont quitté-e-s d'un commun accord amiable, en quelque sorte. Quelques mois après, l'employé-e a trouvé une autre entreprise pour terminer son contrat pro donc nous ne sommes pas entrés dans les considérations économiques de "faudra-t-il qu'il-elle rembourse les frais de formation engagés par la puissance publique ?", mais, de toutes façons, d'après les témoignages sur le web, ce cas de figure a l'air rare.
Front national : les hommes de l’ombre :
Le parti anti-système qui en profite bien, du système. C'est beau. :') On notera que même la frange la plus à droite de l'extrême-droite éprouve le besoin de délocaliser ses comptes en banque. :')
L'application Signal ne dépend désormais plus du transport de messages Google (GCM) pour fonctionner (et plus non plus de GooglePlay).
(Ah oui... et l'application fait aussi désormais des appels audio et vidéo. Le tout chiffré. C'est cool. Utilisez ça à la place de Skype !)
Ho, bien. \o/
Or il se trouve que j’avais réalisé de mon côté en 2009 une enquête similaire, qui à l’époque, mettait en lumière une politique globalement très restrictive de diffusion du domaine public numérisé (88% des établissements ne permettaient aucune réutilisation des fichiers). Huit ans plus tard, Laura Le Coz identifie une nette évolution vers davantage d’ouverture chez les bibliothèques françaises (la proportion des établissements interdisant toute réutilisation est tombée à 43%). Le tableau ci-dessous montre également la progression significative de la reconnaissance du domaine public dans les conditions d’utilisation (passage de 4 à 49%).
[…]
[…] Comme je l’ai écrit plusieurs fois sur ce blog, le secteur culturel est le seul qui va dorénavant échapper à l’obligation d’Open Data par défaut mise en place par la loi République numérique. On doit à la loi Valter d’avoir hélas maintenu un régime dérogatoire pour les bibliothèques, archives et musées qui vont pouvoir continuer à lever des redevances sur la réutilisation des oeuvres numérisées, y compris lorsqu’elles appartiennent au domaine public. Cela revient à consacrer une forme de « copyfraud institutionnalisé » qui renie l’existence même du domaine public, pour des motifs purement financiers. […]
[…] Car chaque établissement est désormais placé devant un choix à effectuer : appliquer des redevances ou choisir un moyen approprié de diffuser librement le domaine public numérisé (à noter d’ailleurs que la Licence Ouverte n’est pas la seule à pouvoir être utilisée à cette fin). C’est de cette manière que l’Open Data culturel – et même au-delà l’Open Content – pourra désormais progresser en France, par le biais d’une politique volontariste des établissements.
In January, a California lawmaker introduced legislation, backed by school administrators, that would give K-12 school administrators broad powers to search the phones and electronic devices of their students without a warrant.
[…]
The bill was proposed in a bid to bolster student safety and investigate cyberbullying and other events, she said. […]
Preston said Silicon Valley was concerned tech companies might be forced to decrypt students' phones. Other opponents thought the data on the phones might be used to deport students or their families.
[…]
Nicole Ozer, an ACLU of Northern California attorney, told Ars the newly proposed legislation was unwarranted. "This bill was both unnecessary and it was really bad for kids and families," she said. "It would have opened up these millions of students to invasive searches. There would have been no outside oversight, and no notice to parents and to students about the searches. There would be no safeguards of what was searched, how it was used, and how it was shared."
[…] Ce pouvoir trouve sa source dans l’article 4 de la Déclaration de 1789 pour deux raisons. Tout d’abord, le Conseil constitutionnel considère que ce texte prohibe les engagements perpétuels : tout contrat de droit privé à durée indéterminée doit pouvoir être rompu unilatéralement par l’un ou l’autre des contractants. Ensuite, toujours selon le Conseil, la liberté d’entreprendre qui découle de ce texte, garantit à l’employeur le droit de choisir ses collaborateurs.
[…]
Philippe Poutou peut-il interdire le seul licenciement pour motif économique ? Si une telle mesure participerait indéniablement de la promotion du droit à l’emploi garanti par le Préambule de la Constitution de 1946, elle aurait surtout pour effet de porter une atteinte disproportionnée à la liberté d’entreprendre. Le Conseil constitutionnel a, ainsi, déjà censuré une disposition qui ne permettait à l’entreprise de licencier que si sa pérennité était en cause. Il a considéré que les contraintes imposées par le législateur étaient, par leur ampleur, contraires à la liberté d’entreprendre.
Oui, le gouvernement a déjà diffusé un questionnaire de satisfaction à ce sujet, mais bon, apparemment, à la fin du mandat, il faut bien s'occuper un peu et balancer pas mal d'argent public par les fenêtres afin que Ernst & Young (oui, un des gros cabinets d'audit financier…) le récupère… … …
Voici mes réponses :
Selon vous, quels besoins étaient exprimés par le gouvernement à travers cette consultation ? … … …
Apporter de l'expertise et améliorer la qualité du texte pour mieux répondre aux enjeux du numérique ?
Pas du tout
Défendre l'intérêt des citoyens peu représentés par les canaux habituels de consultation ?
Pas du tout
Identifier les sujets susceptibles de poser des difficultés de mise en oeuvre ?
Pas du tout
Apporter des idées innovantes ?
Pas du tout
Associer davantage les citoyens à la décision publique ?
Pas du tout
Toucher une communauté large et peu organisée ?
Pas du tout
Communiquer et afficher une volonté de consulter les citoyens ?
Pas du tout
Quel(s) autre(s) besoin(s) identifiez-vous ?
L'objectif de cette consultation était vicié dès le début : il ne s'agissait pas de faire prendre part les citoyen-ne-s à la décision politique, ni de trouver des idées innovantes, ni de chercher une expertise ni quoi que ce soit, mais de faire de l'affichage politique en mode "on est trop dans le délire de la démocratie direct, on écoute les citoyen-ne-s". Sur les grandes lignes, le texte a été peu modifié (dans la direction citoyen-ne) par rapport au texte préparé en amont par le gouvernement. Je retiens totalement l'avis formulé par ces collectifs citoyens : https://www.regardscitoyens.org/le-gouvernement-ouvert-a-la-francaise-un-leurre/ .
Selon vous, la démarche de consultation en ligne était-elle adaptée pour répondre à ces besoins ?
Tout à fait
Avez-vous été satisfait(e) par la plateforme République numérique proposée pour cette consultation (facilité d’utilisation, présentation des contributions, clarté de l’outil, etc.) ?
Plutôt non
Etes-vous satisfait(e) d’avoir pu contribuer à cette consultation en ligne ?
Pas du tout
Avez-vous le sentiment que vos contributions ont été prises en compte... ?
…à l’issue de la consultation en ligne et avant les débats parlementaires à l’Assemblée nationale et au Sénat ?
Pas du tout
…dans le texte final de la loi ?
Pas du tout
A titre personnel, quel(s) bénéfice(s) avez-vous tiré de cette consultation ?
Familiarisation avec le processus d’écriture de la loi et le fonctionnement des institutions françaises
Plutôt non
Meilleure compréhension des arguments en faveur et en défaveur des propositions émises
Plutôt non
Fierté d’avoir été associé(e) à la décision publique
Pas du tout
Amélioration de l’image de l’administration
Pas du tout
Autre (réponse facultative)
« Familiarisation avec le processus d’écriture de la loi et le fonctionnement des institutions françaises » écrivez-vous. Cette consultation est un rideau décoratif qui masque le véritable fonctionnement de nos institutions : agenda du parlement décidé par le gouvernement, procédure accélérée + délai pour prendre parti sur un texte toujours plus court, délégation de vote au Sénat, court délai pour poser un amendement, faible qualité des débats au Parlement (paroxysmes : prolongations de l'état d'urgence et 1/5 de la loi égalité et citoyenneté censuré par le Conseil constitutionnel), 49.3, etc. Participer à une consultation ne permet pas de percevoir ces rouages grippés qui forment pourtant notre quotidien démocratique.
Diriez-vous que la consultation a permis d’enrichir la décision publique ?
Pas du tout
Qu'avez-vous pensé de la temporalité de la démarche de consultation ?
Auriez-vous souhaité que la consultation intervienne plus tard dans le processus d’élaboration de la loi, pendant l’examen du projet de loi par l’Assemblée nationale et le Sénat ?
Pas du tout
Auriez-vous souhaité que la consultation intervienne plus tôt dans le processus, au stade de l’écriture des articles du projet de loi ?
Tout à fait
Auriez-vous souhaité que la consultation dure plus longtemps ?
Plutôt oui
A l’avenir, seriez-vous prêt(e) à contribuer de nouveau à ce type de consultation dans le cadre de l’élaboration d’une loi ?
Plutôt oui
Avez-vous d'autres commentaires à formuler sur le processus de consultation ? (réponse facultative)
« A l’avenir, seriez-vous prêt(e) à contribuer de nouveau à ce type de consultation dans le cadre de l’élaboration d’une loi ? » : plutôt oui, SI la qualité démocratique du processus s'améliore. 1) Le gouvernement n'a quasiment rien retenu des propositions. 2) Les réponses du gouvernement sont d'une telle faiblesse dans l'argumentation que c'en est déplorable. Soit le gouvernement avance que l'UE est en train d'étudier le dossier faisant l'objet de la proposition et donc on s'interdit de réfléchir et de proposer des choses à l'UE, ce qui est stupide. Soit le gouvernement avance que la proposition serait contraire aux réglementations européennes et internationales alors que ça n'a pas freiné le gouvernement pour déployer un état d'urgence violent, hors de contrôle et anti-démocratique (la France est en exception à la CEDH !), par exemple. Soit le gouvernement répond des banalités sans argumenter sur le fond juridique ou moral. On est donc très loin d'un échange avec les citoyen-ne-s.
Ça aurait été bien que cette consultation (comme les autres), ne se soit pas déroulée sur la plateforme d'une société commerciale privée en position dominante sur le marché (via un accès privilégié à la commande publique), Cap Collectif par le biais d'une association, Démocratie Ouverte, qui concentrent les conflits d'intérêt. Là encore, lire : https://www.regardscitoyens.org/le-gouvernement-ouvert-a-la-francaise-un-leurre/
Tiens, j'avions raté ça.
Mais finalement, le gouvernement américain repousse une nouvelle fois cette indépendance à septembre 2016, expliquant que de nombreux points restent à éclaircir. Il faudra finalement attendre un accord obtenu lors du 55e congrès de l’Icann à Marrakech pour que le scénario se concrétise. La perspective d’une année électorale inquiète, les républicains américains ne se privent ainsi pas de dénoncer un abandon d’internet de la part de la présidence Obama, mais malgré les craintes et les mauvais présages, le projet tient bon et le contrat liant l’Icann au gouvernement américain n’est pas renouvelé.
L’Icann n’est pourtant pas sorti de l’auberge et aura de nombreux combats à mener afin de roder sa nouvelle gouvernance multipartite, mais un cap est passé.