Sens commun ? Les dirigeants de cette association, née de l’aile la plus dure de la Manif pour tous, sont désormais installés au centre (si l'on ose dire) de la campagne de Fillon.
Du quartier général de campagne dans le XVe arrondissement de la capitale aux comités de soutien locaux, le candidat de la droite et du centre a imposé des responsables de Sens commun à tous les étages. Ce sont eux qui ont supervisé l’organisation de la manif du Trocadéro. Ce sont encore eux qui, la veille, ont assuré la claque, lors du « meeting de la société civile » (sic) à Aubervilliers.
Au premier rang figurait d’ailleurs le porte-parole de l’organisation, Madeleine Bazin de Jessey. Avec en prime, à ses côtés, un revenant en la personne de Charles Millon, ex-associé du Front national en Rhône-Alpes lors des élections régionales de 1998.
Dans chaque comité départemental, Fillon a exigé qu’un responsable local de Sens commun Siège avec les parlementaires et les élus du coin.
Ce qui a dû rassurer, au moins, les grenouilles de bénitier.
On repense à Qu'a vraiment dit François Fillon sur l'avortement ?
Pour en finir avec l'idée de peines-planchers automatiques dont la droite nous abreuve sans cesse depuis plusieurs années :
Ce n’est donc pas la possibilité de rétablir des peines-planchers qui pose problème, mais la prétention à leur caractère automatique, qui pourrait être contraire à la Constitution. Le principe de personnalisation des peines, inscrit à l’article 132-24 du code pénal, permet de déterminer la responsabilité personnelle en raison de la gravité objective du fait. Ce principe substitue en d’autres termes la proportionnalité de la sanction au désir d’expiation sociale. Or, la personnalisation des peines découle notamment de l’article 8 de la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen de 1789, qui a rang constitutionnel en France. Le Conseil constitutionnel veille alors à ce que le juge conserve sa liberté dans la fixation de la peine (considérant n° 16). La loi étant contrainte par le respect de la Constitution, le Conseil constitutionnel pourrait le cas échéant censurer une telle automaticité.
Le projet de directive européenne sur la réforme du droit d'auteur a été présenté en septembre 2016. À cette heure, les travaux qui se déroulent au Parlement européen et les mobilisations d'acteurs concernés à l'extérieur se multiplient, faisant notamment une part importante aux deux articles que La Quadrature du Net a pointés dès septembre : l'article 11 sur la création d'un droit voisin pour les éditeurs de presse, et l'article 13 sur l'obligation de détection automatique de contenus illicites sur les plateformes de partage de contenus.
[…]
Dans un premier temps, cet article inverse la charge de la preuve : au lieu d’exiger de l'ayants-droit qu’il prouve qu'il y a eu utilisation illicite de son œuvre, il impose à l'internaute qui a mis en ligne un contenu de prouver, après suppression automatique, que son contenu ne violait pas les droits d'autrui. Ce mécanisme risque de porter gravement atteinte à la liberté d'expression et de création.
[…]
De même, cette mesure crée une rupture d'égalité forte devant la justice : alors que les ayants-droit n'ont pas à intenter d'action judiciaire pour faire supprimer des contenus, les éditeurs dont les contenus ont été abusivement supprimés doivent, eux, supporter la charge d'une action judiciaire pour faire valoir leurs droits à posteriori.
[…]
La question du contrôle des robots est également cruciale : qui contrôlera ces robots, vérifiera leurs paramétrages ? Qui pourra certifier que ces robots auront la finesse d'analyse nécessaire pour distinguer la reprise illicite d'une œuvre et son détournement en parodie ? Qui pourra valider qu'il n'y aura pas d'abus, pas d'excès, pas d'interprétation abusive du droit d'auteur ? Au vu du fonctionnement de ce type de robots pour des plateformes de vidéo (Youtube), il est d'ores et déjà prouvé que ces robots font de nombreuses erreurs.
[…]
En ce qui concerne le principe même de ces outils, il y a une négation flagrante du statut du créateur amateur, qui ne peut être reconnu et protégé que s'il est inscrit à une société de gestion collective de droits, en charge de fournir les empreintes d’œuvres à « protéger » sur les plateformes de partage. Cette logique est contraire aux principes du droit d'auteur qui protège chaque créateur indépendamment de son statut professionnel ou amateur.
[…]
La directive « commerce électronique » de 2000 n'impose aucune obligation de surveillance préalable des contenus pour les hébergeurs de services de partage de contenus en ligne. Il est impossible d'imaginer pouvoir concilier l'obligation générale d'installation d'outils de détection de contenus illicites avec cette absence de responsabilité a priori des hébergeurs sur le contenu, mise en place à l’époque pour permettre le développement de nouveaux services. C’est cet équilibre qui a permis, depuis 15 ans, de sécuriser juridiquement les hébergeurs de contenu. D’éventuelles corrections de ce statut ne peuvent se faire au détour d’une directive sur le droit d’auteur et sans consultation globale préalable.
L'obligation générale de mise en place d'outils de détection automatique de contenus illicites va générer une forte inégalité entre plateformes : le développement ou l'achat de ce type de solutions est extrêmement coûteux. Les quelques entreprises qui sont actuellement en mesure de développer des outils performants de détection de contenus illicites sont elles-mêmes actrices sur le marché des contenus numériques et vont prendre un ascendant et mettre sous dépendance forte les plus petits acteurs qui devront leur acheter ou louer les services de leurs outils.
Pour un tout début de commencement d'un poil de truc positif dans cette directive, voir https://scinfolex.com/2017/02/14/enfin-un-upgrade-de-lexception-de-citation-envisage-dans-la-nouvelle-directive-sur-le-droit-dauteur/ .
Morpho a créé la première version du TES qui va contenir des données biométriques de tout un chacun, Morpho a développé un logiciel intelligent de prédiction du crime à destination des forces de l’ordre françaises (et européennes, nous en parlerons plus tard), Morpho est au cœur du PPP européen à 450 millions d’euros, et pour finir, on retrouve Morpho dans le rapport sur la Police du futur, les cyber-flics [sauce Minority Report] de 2025. Ca fait beaucoup de Morpho, non ?
As a practical matter, it's unlikely that the petition could ever be meaningful. Even if W3C decided to drop EME, there are enough important companies working on the spec—including Netflix, Google, and Microsoft—that a common platform will be built. The only difference is whether it happens under the W3C umbrella or merely as a de facto standard assembled by all the interested parties. Keeping it out of W3C might have been a moral victory, but its practical implications would sit between slim and none. It doesn't matter if browsers implement "W3C EME" or "non-W3C EME" if the technology and its capabilities are identical.
[…]
However, it's not clear that EME does anything to exacerbate that situation. The users of EME—companies like Netflix—are today, right now, already streaming DRM-protected media. It's difficult to imagine that any content distributors that are currently distributing unprotected media are going to start using DRM merely because there's a W3C-approved framework for doing so.
[…]
Deprived of the ability to use browser plugins, protected content distributors are not, in general, switching to unprotected media. Instead, they're switching away from the Web entirely. Want to send DRM-protected video to an iPhone? "There's an app for that." Native applications on iOS, Android, Windows Phone, and Windows 8 can all implement DRM, with some platforms, such as Android and Windows 8, even offering various APIs and features to assist this. In other words, the alternative to using DRM in browser plugins on the Web is not "abandoning DRM;" it's "abandoning the Web."
Many users on wordpress.com forums, complain lately about not being able to upgrade their wordpress installation from the wp-admin. Message being:
“The update could not be unpacked. Installation failed”
Now, if we look into the ftp server log we can notice that everything seems to be just fine. No errors or weird message spit out into the log file. But in fact, a bug affecting vsftpd was causing this behavior. In order to fix this issue and resume normal clean wordpress upgrade we will need to update to 3.0.3x from Debian unstable branch.
J'aime beaucoup ce genre de montages. Quelques autres :
Sur les aspects liberté et convivialité de la voiture, je pense que DataGueule se trompe. J'ai le regard d'un gus qui n'a ni permis ni voiture, qui n'en a jamais eu et qui n'en aura jamais, par contrainte réglementaire donc un gus qui se déplace en transports en commun depuis 15 ans environ (et qui a beaucoup marché, aussi) + qui a habité dans 5 villes de France (situées dans le top 20 des villes les plus peuplées) en tant qu'étudiant puis en tant que travailleur + qui a toujours vécu des campus universitaires puis des emplois situés en périphéries des villes.
Quand je parle de liberté de conduire, je veux dire que je peux aller n'importe où, quand je le désire sans rien demander à quiconque. Exemple : aller visiter quelques-uns des beaux paysages locaux là où aucun transport en commun ne va, transporter des objets lourds ou nombreux, etc. Seul, si j'en ai envie. Jusque-là, ça ressemble à un usage pragmatique de la voiture.
Ben, c'est la même chose à l'intérieur des villes : les transports en commun sont loin d'aller partout et surtout pas à toute heure. J'ai vécu dans des villes où t'as plus de transports en commun après 21h… Super pour la soirée entre potes ! Mais, d'un autre côté, je ne souhaite pas avoir de transports nocturnes car ce sont des boulots à la con pour les personnes qui les exercent. Mais, quand je vois des métros totalement automatisés qui ferment à 2h du mat'… Ouaaais, les faire tourner toute la nuit quasiment à vide va gaspiller de l'énergie, ouais mais à part ça ? Ne peut-on pas mettre des capteurs de présence comme sur les escaliers mécaniques qui fonctionnent en éco dénergie et se remettent à pleine puissance dès que quelqu'un-e monte dessus ?
Même chose pour les campus universitaires et les emplois dans le domaine informatique qui sont situés en périphérie, dans des endroits pas habitables et pas ou peu accessibles en transports en commun (15 minutes de marche en étant exposé à tout vent, sans rien pour arrêter la pluie dans un endroit où le ciel pisse beaucoup…, un bus toutes les 40 minutes, pas de pistes cyclables voire même pas de trottoir sur des routes à très forte fréquentation…, etc.). 1h+ de trajet en cumulant marche+bus+tram en comparaison de 15 minutes en voiture… Est-ce que le jeu du transport en commun en vaut la chandelle ?
La liberté, c'est aussi de pouvoir bouger en toute flexibilité genre quand tu fais de l'associatif, t'aimerais bien participer / discuter / livrer des objets à deux assos qui, forcément, ont toutes deux le seul samedi comme jour de réunion. L'auto permet ça, pas les transports en commun + la marche. C'est ça le problème de fond : avec les transports en commun, il faut tout organiser, tout planifier. Il faut faire plus régulièrement tes courses alors qu'une voiture te permet de transporter pour 15 jours - 3 semaines de bouffe… Perte de temps. Il faut que les camarades associatifs décalent la réunion pour ta tronche. Pour participer à certaines réunions (notamment avec les élu-e-s ou la presse) ou juste pour gérer un truc perso genre l'arrivée de la fibre ou une fuite d'eau chez toi, pas question de faire un aller-retour tranquillou depuis le taff, noooon, faut poser ta demi-journée ! Super pratique.
Quand je parle de convivialité de la voiture, je veux exprimer le fait d'être seul (ou avec des gens que j'apprécie) dans un habitacle qui sert d'espace vital. Les transports en commun, c'est des boîtes de sardines : tu es toujours serré contre des inconnu-e-s. Tu es toujours serré contre des gens qui ont oublié de prendre un bain (parfois pour de bonnes raisons genre douche en panne au club de sport ou panne du système de production d'eau chaude) ou qui se ramènent avec leur bouffe exotique. Tu es toujours en compagnie d'une source de bruit genre gus-se au téléphone, bébé qui braille, gamin-e qui hurle ou tape contre un objet sans que les parents interviennent… Tu peux prendre un casque audio… sauf que je ne suis pas branché musique le matin et après une journée de taff : j'aime bien avoir des moments de vide, de transition. De mon expérience, ces problèmes-là ne peuvent pas être résolus en adoptant des horaires de travail décalées : il y a toujours des emmerdeur-se-s dans les transports en commun, même à 10h ou à 20h. Sans compter que, fondamentalement, je ne vois pas l'intérêt d'être à plusieurs s'il n'y a aucune interaction sociale positive mais uniquement de la nuisance.
Je pense qu'il est vain de chasser les autos de l'intérieur des villes : il faudra toujours des routes pour avitailler les commerces du coin, à moins que l'on décide de les supprimer pour les remplacer par des hangars automatisés depuis lesquels des multinationales puissantes nous livreront à domicile à l'aide de drones, mais ce monde-là sera sans moi. Donc, si l'infrastructure existe, autant l'utiliser.
Pour l'instant, les infrastructures cyclistes sont peu nombreuses et très mal conçues (ha, ici la piste cyclable s'arrête brutalement à cet endroit ! Ha, cette piste cyclable est entrecoupée de routes à traverser tous les 100 mètres alors que l'on est en périphérie ! Ho, cette piste cyclable t'emmène subitement en plein milieu de la route, pile entre les bus et les voitures !) mais même sans ce problème, je ne suis pas sûr que le vélo soit la solution. Contre la pollution, oui, ça fera le job. Contre les incivilités, en revanche… J'veux dire, quand on sera des troupeaux entiers de vélos à la sortie de nos taff, que se passera-t-il ? On aura déporté le problème des bouchons et l'absence de confort des transports "habituels" sur le vélo. Sans compter l'assurance vélo (remplaçante de l'assurance auto) obligatoire pour assurer le vol de ton vélo (ou d'une de ses roues :- ) et les éventuels dommages aux autres… On aura déporté une partie des coûts d'une auto sur le vélo.
Comme le dit DataGueule, le problème des transports est vaste : il faut repenser aussi la localisation de nos universités, de nos emplois et le télétravail, repenser les loyers dans les métropoles, repenser les infrastructures dans les métropoles mais surtout en dehors, repenser l'aménagement des périphéries des villes pour pas avoir que du taff sans logements et sans commerces, repenser la flexibilité horaire au travail histoire de pas tou-te-s être sur la route au même moment, etc.
Je ne suis pas favorable à l'usage de la voiture pour les longues distances (le TGV fait bien mieux) ni pour aller aux commerces situés à 500 mètres (la marche et les bras font le job) mais pour tout le reste, ne pas avoir de voiture, c'est vraiment handicapant, de mon point de vue.
Ce livre couvre la première moitié du quinquennat Hollande, de mi 2012 à fin 2014.
Je l'avais acheté car, justement, je me souviens à peine de cette première moitié de quinquennat (pas de problème pour la deuxième, j'ai bien en tête les régressions sociales, en termes de libertés et en termes de désignation d'un méchant ennemi intérieur). Sur ce point, je ne suis pas déçu.
En revanche, dès le début, dès la première phrase du bouquin, on te cause du danger Le Pen en 2017. Ça sera répété tout au long du livre. Ça fait plus de 40 ans qu'on nous gonfle avec ça, que ça éclipse tout dans les médias (genre pourquoi les médias vont systématiquement demander son avis sur tout à MLP et pas à Mélenchon ou à un autre représentant minoritaire ?!). Ça fait plus de 40 ans qu'on se fait enfumer et serrer la vis par d'autres guignol-e-s d'autres partis qui sont tout aussi dangereux-euses (quand l'UMP nous parle de camps d'enfermement administratif ou de déchéance de nationalité, hein, sérieux) ! C'est bon, il faut passer à autre chose. Le danger c'est pas tant celui ou celle qui récoltera les fruits de la tempête que ceux et celles qui la sème en ce moment. C'est de ces dernier-e-s dont il faudrait avant tout se méfier.
De même, je m'interroge sur l'intérêt des reportages larmoyants "c'est la misère dans telle ou telle cité". Oui, il est important de documenter cela sinon il n'y a pas de prise de conscience et donc pas d'action pour tenter d'endiguer ce phénomène. Mais, dans ce recueil de dépêches, est-ce que leur nombre ne constitue pas du journalisme facile ? Le récueil de témoignage de terrain, c'est bien mais quid du constat macroscopique ?
Quelques notes :
Bilan (très partiel et je ne reprends pas les idioties que j'ai déjà écris ci-dessus) : des dictateurs sont toujours accueillis à l'Élysée (pour les "aider à évoluer", sans doute ;)), banalisation des démantèlement de camps de réfugié-e-s et des expulsions tout en accusant la droite, mesures de façade genre bricolage des impôts et des allocs familiales au lieu d'une CSG fusionnée et progressive ou de revoir le quotient familial qui redistribue aux plus riches, ratification du TSSG européen, etc.
J'ai mis à jour ce shaarli afin de prendre en compte les (nouvelles) idioties^Wpropositions de Mélenchon, Macron et Hamon.
Heu, c'est mignon mais l'UE file des recommandations qui sont en fait des lignes directrices. Les mesures prises en application de ces lignes directrices restent à la discrétion des États. Il y a plusieurs façon de réduire la dette publique (des dépenses inutiles, des doublons, il y en a, pas besoin de supprimer des services publics ni de virer des fonctionnaires pour parvenir à cet objectif), de réduire les dotations aux collectivités territoriales (exemple de manière positive de faire : développer du business local au lieu de tout concentrer à Paris), de mettre en concurrence les infrastructures, de réformer le marché du travail (la flexibilité, ça peut aussi être en faveur du-de-la salarié-e), etc. Si les États choisissent la méthode la plus libérale possible pour implémenter les lignes directrices, c'est autre chose. De plus, plusieurs recommandations de l'UE ne sont pas idiotes, comme « Supprimer progressivement les subventions néfastes pour l'environnement » (à ce sujet, voir : Énergies fossiles : mortelles subventions #DATAGUEULE 44).
La méchante UE, certes, sur certains points. Le conformisme et l'inertie de nos dirigeants beaucoup plus. Il est là, le problème. Rester ou sortir de l'UE, c'est un choix binaire bullshit : on peut rester et jouer avec le cadre posé afin de faire des réformes pas déconnantes et compatibles avec les directives de l'UE. Et, au-delà de ça, avoir le courage politique de proposer, à l'UE, des alternatives à son origine et à son orientation totalement libérale. Mais ça, pas grand monde, y compris dans la populace, en est capable car ça nécessite de changer lourdement nos modes de vie. Nous créons le maître d'école qui semble nous opprimer. Cocher ou non les cases, ce n'est pas la seule question.
Histoire de l'extension du fichier TES. J'en recommande vivement la lecture intégrale.
De la présidence Sarkozy à celle de Hollande, l'histoire de ce «méga-fichier» censé centraliser les données personnelles de 60 millions de Français reflète les poids des lobbies dans notre procédure parlementaire et le mépris pour les avis des instances de consultation.
[…]
Le Parlement discutait alors d'une proposition de loi relative à la protection de l'identité, déposée en juillet 2010 par deux sénateurs UMP, Jean-René Lecerf et Michel Houel, afin d'«équiper les cartes nationales d'identité de puces électroniques sécurisées» comportant les données biométriques (empreintes digitales et photographies) numérisées de leurs détenteurs.
Les auteurs du texte déploraient en effet le fait qu'«on estime à plus de 200.000 personnes par an les victimes, en France, d'usurpation d'identité», et même à 400.000 «dans le monde virtuel d'internet». Ce chiffre était alors présenté comme «plus important que les cambriolages à domicile (150.000) et que les vols d’automobile (130.000)».
Il était aussi et surtout complètement bidon, émanation au doigt mouillé d'un criminologue rémunéré par un fabriquant de broyeurs de documents (qui avait donc un intérêt financier à exagérer le nombre d'usurpations d'identité), comme nous l'avons depuis démontré dans le numéro de «Cash Investigation» consacré au «business de la peur» (à partir de 45'48").
Pour mieux appréhender l'ampleur de la manip', il faut savoir qu'en 2009, et «sur l'ensemble du territoire français», la police aux frontières (PAF) n'avait en effet saisi que «4.011 documents frauduleux français», dont 1.070 (fausses) cartes d'identité. En 2010, la PAF n'en saisit plus que 651: «133 étaient des contrefaçons, 63 des falsifications, 185 relevaient d’usages frauduleux, 269 avaient été frauduleusement obtenues, et une avait été “volée vierge”...»
Si l'usurpation d'identité ne saurait se résumer aux seules fausses carte d'identité, les parlementaires n'en furent pas moins pressés par Claude Guéant, alors ministre de l'Intérieur, de voter un amendement prévoyant le fichage biométrique généralisé de l'ensemble de la population française, afin de sécuriser la délivrance de la nouvelle carte d'identité et d'empêcher des personnes mal-intentionnées voire malhonnêtes d'usurper l'identité des «gens honnêtes». […]
[…]
Cherchant à comprendre ce pourquoi Claude Guéant voulait ainsi ficher l'ensemble des «gens honnêtes», je découvrais que la lutte contre l'usurpation d'identité n'était pas la seule finalité de cette proposition de loi. Comme l'expliqua au Sénat son coauteur Jean-René Lecerf, «le sujet engage aussi des enjeux économiques, industriels: la sécurisation des échanges électroniques est un marché»
[…]
Je découvrais par ailleurs que, sur les 21 représentants de la société civile auditionnées par François Pillet, 14 représentaient les intérêts du Gixel, le syndicat des industriels du secteur. Un «syndicat» que je ne connaissais que trop bien, pour avoir préalablement enquêté sur ses méthodes de lobbying particulièrement agressives.
En 2004, j'avais en effet découvert son Livre Bleu détaillant ses «grands programmes structurants». Le Gixel y déplorait le fait que «la sécurité est très souvent vécue dans nos sociétés démocratiques comme une atteinte aux libertés individuelles. Il faut donc faire accepter par la population les technologies utilisées et parmi celles-ci la biométrie, la vidéosurveillance et les contrôles», via «un effort de convivialité [et] l’apport de fonctionnalités attrayantes»:
«Éducation dès l’école maternelle, les enfants utilisent cette technologie pour rentrer dans l’école, en sortir, déjeuner à la cantine, et les parents ou leurs représentants s’identifieront pour aller chercher les enfants.»
[…]
Considérant qu'il portait «au droit au respect de la vie privée une atteinte qui ne peut être regardée comme proportionnée au but poursuivi», le Conseil constitutionnel donna raison à l'opposition de l'époque, et censura l'article portant création du «fichier des gens honnêtes».
[…]
A contrario, le fait que le ministère de l'Intérieur ait décidé de réactiver ledit fichier, en catimini, sans débat parlementaire, est une très mauvaise nouvelle pour notre démocratie. Non seulement eu égard à la gravité des questions qui avaient été posées lors des cinq précédentes navettes parlementaires, a fortiori alors qu'elles s'étaient pourtant soldées par la censure du précédent projet de fichier par le Conseil constitutionnel.
[…]
Enfin, et surtout, parce que le principal objectif du nouveau fichier n'est ni de ficher tous les Français, ni de satisfaire aux désidératas des industriels du Gixel mais, et comme je l'avais révélé dans Libération, de... supprimer 1.300 équivalents temps-plein dans l'administration préfectorale, dans le cadre du «Plan préfectures nouvelle génération» (PPNG) de modernisation de l'administration.
Ce que, en d'autres termes, on pourrait qualifier de «banalité du mal», pour reprendre la notion d'Hannah Arendt sur la façon dont «fonctionnarisation» et violations de la démocratie peuvent s'entremêler. Entendons-nous bien: le «fichier des gens honnêtes» est d'autant moins un projet «totalitaire» que sa fonction première est donc de supprimer 1.300 postes de fonctionnaires. Pour autant, la «banalité du mal» ne saurait non plus être confinée au seul totalitarisme nazi, comme l'a notamment démontré l'expérience de Milgram.
En l'espèce, les fonctionnaires qui ont présidé à la réactivation de ce fichier n'étaient pas mal intentionnés, et ne mesuraient probablement pas l'ampleur de la polémique qu'ils allaient susciter. On leur avait confié une mission: réduire le nombre de fonctionnaires préfectoraux. Ils ont trouvé une solution: confier aux mairies, déjà en charge des passeports biométriques, l'instruction des demandes de cartes d'identité. Un plan de réforme, de réorganisation et de rationalisation préparé pendant des mois avec les syndicats.
[…]
«Constatant que ce rapport d’audit confirmait les craintes exprimées par la commission sur les risques de piratage du fichier et surtout de détournement de ses finalités», tout en confirmant les craintes de la Cnil, le sénateur (LR) Philippe Bas souhaitait «s’assurer [...] de la prise en compte effective des recommandations formulées par la mission d’audit». À quoi Bruno Le Roux «a fait part des réserves du ministère de l’Intérieur et renvoyé cette réflexion à son successeur»... L'urgence est donc de ficher, les modalités seront à définir par le prochain ministre de l'Intérieur.
L'histoire retiendra donc que le ministère de l'Intérieur de la présidence Hollande aura réussi à généraliser, à marche forcée, le projet de «fichier des gens honnêtes» qu'avait ardemment soutenu Claude Guéant du temps de la présidence de Nicolas Sarkozy, quand bien même il avait pourtant été censuré par le Conseil constitutionnel. Sans débat parlementaire, sans tenir compte de l'avis de la Cnil, des municipalités qui l'ont expérimenté ni des nombreuses voix, à commencer par le Conseil national du numérique (CNNum), qui appelaient à sa suspension, et tout en renvoyant la patate chaude à son successeur. Circulez...
Le 23 février, une équipe de chercheurs a annoncé avoir cassé SHA-1 en pratique, en générant une collision.
À partir de leur travail, il est possible de produire de nouvelles paires de fichiers PDF arbitrairement différents qui auront la même signature SHA-1. […]
En fabriquant leur collision, les auteurs ont pris soin de la rendre réutilisable :
Furthermore, the prefix of the colliding messages was carefully chosen so that they allow an attacker to forge two PDF documents with the same SHA-1 hash yet that display arbitrarily-chosen distinct visual content.
La réutilisation de la collision repose sur le fait qu’avec SHA-1, ajouter un suffixe identique à une collision existante produit encore une collision […] Autrement dit, vous prenez les fichiers qui produisent une collision, vous ajoutez les mêmes octets aux deux, vous obtenez le même SHA-1 […]
[…]
Notre objectif est que les quelques octets différents entre les deux fichiers PDF déterminent l’image à afficher. Il serait en théorie possible d’appliquer cet aiguillage au niveau de la structure du PDF, mais c’est en fait au niveau du JPEG qu’il sera implémenté […]
[…]
Chacun définit un bloc de commentaires, mais pas de mêmes tailles. Dans le fichier 1, le début du prochain bloc sera à l’adresse 0x232 (0xbf + 0x173), alors que dans le fichier 2 il sera à l’adresse 0x23e (0xbf + 0x17f).
Nous avons donc trouvé notre aiguillage ; nous allons maintenant utiliser des commentaires JPEG pour cacher soit la première image, soit la seconde. […] Les structures JPEG sont donc valides dans les deux fichiers. L’image affichée dépendra de l’octet stocké à l’adresse 0xc0, valant soit 0x73, soit 0x7f.
Très intéressant.
La question est : comment valider ce nouveau mode d’apprentissage et permettre aux gens de prouver que l’apprentissage en réseau leur a apporté des connaissances ? Au lieu d’un diplôme, un étudiant peut avoir 100 000 abonnés sur Instagram. Ces abonnés valident un domaine de compétences plus puissamment qu’un diplôme. On assiste à une diversification des sources d’éducation.
La vie en réseau requiert des compétences dont l’être humain n’avait pas besoin avant. La transdisciplinarité, pour commencer. Elle sera la culture du futur. Ensuite, la créativité. En cette période de bouleversements culturels, environnementaux et technologiques similaires à 1968, la créativité devient une stratégie de survie. Enfin, la capacité à vivre avec les autres : être à l’aise avec des normes sociales divergentes, être capable de côtoyer les autres sans présupposer qu’ils pensent la même chose que nous. Et il n’y a pas de diplôme pour cela.
[…]
Ensuite, l’inflation des diplômes est le symptôme d’un système en décomposition. S’il faut de plus en plus de diplômes pour le même niveau de crédibilité, c’est que le système regarde dans une nouvelle direction. Les diplômes rattrapent lentement le retard du secteur de l’éducation par rapport à la réalité du marché du travail.
[…]
Forcément, l’idée d’avoir à s’adapter provoque de l’anxiété et de la peur, mais comme à la fin de l’ère féodale, où l’aristocratie accumulait les titres pour compenser son pouvoir faiblissant, il est trop tard car le pouvoir a déjà changé de mains.
[…] Pourtant, dans une lettre publiée par Politico et envoyée la semaine dernière, les ministres de l’Intérieur français et allemand, Bruno Le Roux et Thomas de Maizière, poussent la Commission européenne à introduire une nouvelle législation qui définirait « de nouvelles obligations à la charge des prestataires de services de communication par voie électronique tout en garantissant la fiabilité de systèmes hautement sécurisés ». Autrement dit, l’industrie pourrait être priée de résoudre la quadrature du cercle, en proposant des solutions de chiffrement à la fois sécurisées et offrant un accès à l’information en clair aux services de police en cas de besoin.
Les deux ministres proposent l’introduction d’une nouvelle réglementation introduisant ce principe en octobre prochain, soit après les échéances électorales majeures en France et en Allemagne. Un porte-parole de la Commission, s’exprimant dans Politico, a reconnu le bienfondé de la demande franco-allemande : « les technologies de chiffrement ne devraient pas empêcher les forces de l’ordre ou d’autres autorités compétentes d’intervenir dans l’exercice légal de leurs fonctions », a-t-il déclaré.
[…]
[…] Lors du Forum International de Cybersécurité, Guillaume Poupard écartait le recours à des backdoors – « L’affaiblissement du chiffrement, les portes dérobées, ces solutions ne marchent pas », disait-il -, mais indiquait qu’une solution pourrait résider dans l’alignement des obligations pesant sur les acteurs des services en ligne que peuvent être Skype, WhatsApp ou Telegram avec celles des opérateurs télécoms. Une voie qui obligerait ces fournisseurs de services en ligne à revoir leurs infrastructures ou, à tout le moins, leur communication, certaines de ces plates-formes affirmant être techniquement pensées pour rendre toute forme de collaboration avec les forces de l’ordre impossible.
Bullshit ! Derrière ces mots qui semblent protecteurs du chiffrement, on retrouve le vieux dada de vouloir soumettre Skype et Telegram et d'autres au régime français des écoutes administratives et judiciaires ! Donc, oui, on fait du chiffrement entre les utilisateur-rice-s et les serveurs du fournisseur (Microsoft pour Skype, par exemple) puis on prélève la communication ici, sur le serveur du fournisseur. Elle est donc en claire. C'est ça qui se cache sous l'appellation "aligner les acteurs des services en ligne sur le régime des opérateurs télécoms". Dire cela, ce n'est pas prendre position en faveur du chiffrement, c'est enfumer les gens.
Dans leur lettre à la Commission, Bruno Le Roux et Thomas de Maizière appellent aussi l’UE à développer la biométrie et à améliorer les échanges d’information entre les états membres, via une meilleure interopérabilité des systèmes. Les deux ministres réclament la création d’un système d’information permettant d’enregistrer les mouvements des ressortissants européens et des ressortissants de pays tiers en long séjour, ainsi que la mise en place d’un système d’autorisation de voyage pour les ressortissants étrangers exemptés de visas entrant dans l’espace Schengen (l’équivalent de l’Esta américain).
… … … :'( Tout ça pue fortement.
Dans un ordiphone, il y a deux ordinateurs en un. Le premier fait tourner les applis, l'interface graphique toute mimi, tout ça. L'autre, nommé baseband, est chargé de dialoguer avec le réseau GSM voire d'exécuter des ordres venant du réseau genre effacer à distance le contenu d'un téléphone volé. Ça veut dire que cet ordinateur obéit au réseau. Mieux que ça, cet ordinateur n'est pas forcément éteint quand l'utilisateur-rice fait le choix d'éteindre son ordiphone, ce qui signifie qu'un ordiphone peut être un mouchard qui permet d'écouter une conversation à distance. Avoir une batterie amovible permet de s'assurer qu'une telle chose soit impossible (les lois physiques sont formelles : pas d'ordinateur en cours de fonctionnement sans courant électrique).
Mais, il y a une raison encore plus pragmatique pour choisir un ordiphone avec une batterie amovible : la baseband peut être totalement plantée. Il est alors nécessaire de la redémarrer de force. Sur mon ordiphone Motorola Moto G 4G LTE, le bouton on/off/reboot ne fait pas rebooter la baseband. La batterie n'étant pas amovible, il faut la vider… et c'est vraiment pénible. Pour ce faire : regarder une vidéo (avec VLC) en mettant la luminosité à fond ou utiliser Torch pour allumer l'ampoule du flash. L'ordiphone finira par s'éteindre tout seul. Mais la batterie n'est pas encore vide pour autant donc la baseband est encore alimentée. Comment je le sais ? La petite LED de façade clignote 3 coups rapides quand j'appuie sur le bouton on. Pour vider la batterie, il suffit de rester appuyer sur ce bouton on : la LED va clignoter, 3 coups rapides par 3 coups rapides, jusqu'à l'épuisement de la batterie. Une fois que la LED ne s'allume plus, attendre encore 2-3 heures. Brancher le téléphone au secteur, attendre 15-30 minutes puis allumer l'ordiphone et constater que la baseband est de nouveau opérationnelle.
Comment je sais que c'est bien la baseband de mon ordiphone qui était plantée ?
Résumé des actions des exégètes amateurs devant les tribunaux.
Certaines personnes jouent un rôle central dans les communautés geeks. Est-ce toxique, souhaitable, utile, dangereux ? Retour d'expérience.
Le personnage public a une responsabilité car il est en capacité de fausser le discernement et de donner une image de ce qu'est la norme. Ce personnage ne peut pas parler, sauf auprès de gens de confiance, des sujets qu'il ne connaît pas ou insuffisamment de peur que personne ne le contredise s'il se trompe.
Tour d'ivoire pour se protéger des attaques auxquelles le personnage public est, statistiquement, plus exposé. Cela conduit à refuser un argument par principe, avant même d'y avoir réfléchit.
Le personnage public devient un centre. On fait de lui un centre. Et comme toute centralisation, c'est dangereux. Ça encombre : ce personnage est toujours invité aux conférences à la place des copain-ine-s tout aussi compétent-e-s, ce personnage détourne l'audience des talks parallèle au sien, etc. Ça épuise le personnage public. Ça complexifie le passage de relai.
En bref, comme le dit Benjamin, le personnage public connu et le public qui a fait émerger ce personnage public ont tous les deux une part de responsabilité dans le façonnage dudit personnage public : on se fabrique nous-même notre tyran, en quelque sorte.
Rien de neuf par rapport à la citation qui sert de titre mais je me note quelques réflexions fortes intéressantes :