Devoir payer des intérêts lorsqu’un paiement se présente sur un compte pas assez provisionné, rien de plus normal – et personne ne conteste ces agios-ci. Tout pourrait s’arrêter là. Ce n’est pas le cas. Commissions d’intervention, frais de rejet, lettre d’information pour compte débiteur… Les réseaux bancaires ont mis en place une ahurissante mécanique de tarification.
[…]
En moyenne, un client standard verse chaque année 34 € de frais liés à un solde débiteur, selon les centaines de relevés que nous avons pu analyser. Pour le consommateur en difficulté, c’est presque dix fois plus : 296 € en moyenne, selon les relevés de ceux qui ont demandé une aide aux associations familiales en 2016.
Attention ici : client⋅e en difficulté != personne pauvre, mais simplement personne dont les sorties dépassent ponctuellement les entrées.
[…]
Lorsqu’un paiement se présente sur un compte dont le découvert va être dépassé, la banque l’honore en général, car elle y gagne gros : elle prélève des agios proches de l’usure, et surtout une commission d’intervention de 8 € censée rémunérer l’analyse de la situation par le conseiller.
Or, 54 % des conseillers affirment ne pas intervenir eux-mêmes pour facturer cette commission d’intervention, selon une enquête inédite du syndicat CGT Banque Assurance, que 60 Millions révèle dans son magazine de novembre 2017. La plupart du temps, l’ordinateur propose la tarification et le conseiller l’accepte, car la refuser nécessiterait une justification. Au bout de dix commissions, le plafond légal est atteint, et la banque passe alors aux rejets des paiements.
[…]
L’étude révèle un phénomène troublant : à l’exception notable de la Banque postale et des banques en ligne, les frais pour incidents sont exactement analogues dans tous les réseaux bancaires. La commission d’intervention est fixée partout à sa limite légale de 8 €, à l’exception de la Banque postale (6,90 €).
Les frais de rejet de chèque et de prélèvement sont, eux aussi, identiques et au maximum légal. Partout, le rejet d’un chèque coûte 30 € s’il est inférieur à 50 € et 50 € s’il est d’un montant supérieur. Partout, le rejet d’un prélèvement de plus de 20 € est tarifé 20 €. Excepté, là encore, à la Banque postale.
Il n’existe donc quasiment aucune concurrence sur ces prix : impossible ou presque, pour les clients régulièrement ponctionnés, de trouver un établissement moins gourmand. Sauf à choisir une banque en ligne… si elle les accepte.
[…]
Selon nos estimations, l’ensemble de ces frais liés aux incidents de fonctionnement est très rémunérateur. Ils représentent 30 à 35 % du chiffre d’affaires des banques de détail, soit 6,5 milliards de chiffre d’affaires chaque année. Le résultat net est estimé à… 4,9 milliards !
Via le Canard enchaîné du 1er novembre 2017.
‒ Elle en avait vraiment dans le froc.
‒ Dans le froc… Pourquoi est-ce que les couilles reviennent systématiquement sur la table quand on parle de quelqu'un qui a du cran comme elle ? Ces petits trucs tout fragiles qui restent là, bien au chaud, confortablement installés dans leur fine couverture de peau toute ridée. Quelle connerie !
Dans le jeu vidéo Wolfenstein II: The New Colossus.
#courage
Soit un puppetmaster fonctionnel installé dans une machine virtuelle. Le nom « puppet.domain.example » pointe sur cette machine. Dans une nouvelle machine virtuelle, on installe un nouveau puppetmaster, plus récent et on importe nos catalogues existants. Le nom « puppet-test.domain.example » pointe sur cette machine.
Afin de faire des tests, on installe un puppet agent dans une nouvelle machine virtuelle. On le configure pour fonctionner de pair avec le nouveau puppetmaster (server = puppet-test.domain.example dans /etc/puppet/puppet.conf). On déroule un catalogue, il s'exécute, mais, pour chaque action réalisée, une erreur « Error: Could not back up
Pourquoi donc notre puppet agent récupère-t-il un certificat x509 du puppetmaster legacy quand il cause avec notre puppetmaster de test (« self signed certificate in certificate chain for /CN=Puppet CA: puppet.domain.example ») ? Un tcpdump nous montre que l'agent discute avec le puppetmaster de test puis qu'il discute plusieurs fois avec le puppetmaster de production.
Cela provient de filebucket, une fonctionnalité qui permet de sauvegarder, sur le puppetmaster (ou ailleurs) les fichiers qui vont être modifiés par les agents. La configuration de cette fonctionnalité se fait dans le catalogue, sur le puppetmaster. Et dans mon cas, j'avais le bout de conf' suivant :
filebucket { "main":
server => "puppet",
path => false,
}
Ce bout de config' demande explicitement à l'agent de contacter le puppetmaster de prod' pour y stocker les fichiers qui seront modifiés… On corrige cette config' avec le nom du puppetmaster de test et tout fonctionne. :)
Soit un ordi avec deux disques durs. On veut qu'un système Debian GNU/Linux stable soit sur le premier, /home sur le deuxième. On veut que tout soit chiffré. On veut que le système nous demande les phrases de passe au boot.
Je n'ai pas réussi à parvenir à mes fins en utilisant l'outil de partitionnement lors de l'installation : je peux créer plusieurs volumes chiffrés, avec des passphrases différentes, mais je ne peux monter le deuxième sur /home, sinon l'installation se termine bizarrement (le système de base n'est pas installé, me dit le Debian Installer).
Ce que j'ai fait :
/etc/fstab : /dev/mapper/sdb1_crypt /home ext4 defaults 0 0/etc/crypttab : sdb1_crypt UUID=9799011b-0930-45b6-a681-7191b60663c0 none luks. Pour obtenir l'UUID à utiliser : sudo blkid /dev/sdb1 ;LLDP-MED, LLDP Media endpoint discovery extensions, permet de configurer automatiquement une partie des équipements comme des téléphones IP : en se basant sur l'OUI de l'adresse MAC, le switch informe le téléphone IP du VLAN à utiliser. Une fois dans le bon VLAN, le téléphone envoie des requêtes DHCP et obtient sa configuration qui a été provisionné sur le serveur VOIP.
Mettre une information sur un ordinateur, c'est accepter que cette information puisse nous échapper. On peut limiter la casse, rien de plus.
On trouve dans ce Guide d'autodéfense numérique des éléments de compréhension de l’outil informatique et de ses failles, des éléments de réflexion permettant d’élaborer et de mettre en place des « politiques de sécurité » et des outils permettant à quiconque d’apprendre et de répandre des pratiques de protection appropriées à chaque situation.
Pour en finir avec les illusions et les demi-solutions, apprenons et diffusons des pratiques d’autodéfense numérique !
It's unsettling to realize how quickly digital resources can disappear without ongoing work to maintain them.
I spent a long time thinking about how to design a system for long-term organization and storage of subject-specific informational resources without needing ongoing work from the experts who created them, only to realized I'd just reinvented libraries.
Tellement vrai. :')
Ce n'est pas la fête, dans les campagnes. Non seulement les paysans sont en voie de disparition, mais jamais ils n'ont gagné aussi peu d'oseille. Plus de la moitié d'entre eux se contentent de 354 euros par mois. Il existe pourtant une solution pour mettre du beurre dans les épinards : diminuer la quantité de pesticides et d'engrais azotés !
Depuis 2007, le Centre d'études biologiques de Chizé, dans le département des Deux-Sèvres, a enrôlé 450 agriculteurs pour mener une expérience de plein champ, unique en son genre. Après cinq ans d'expérimentation sur 45 00 hectares de céréales, la première récolte de résultats a montré qu'en diminuant de 30 à 50 % les quantités d'herbicides et d'engrais, on déplorait, certes, une baisse des rendements de 3 à 5 %, mais que celle-ci était largement compensée par l’allègement de la facture des emplettes en produits chimiques. En divisant par deux la quantité d’herbicides et d'engrais azotês épandus, le céréalier voit son revenu augmenter iusqu'à 200 euros par hectare de blé planté ! Le gain optimal pour le porte-monnaie se situe à 120 kilos d’azote l’hectare, alors qu'en moyenne les agriculteurs français en déversent allègrement 180 kilos.
Tout aussi étonnant, les chercheurs se sont rendu compte qu’en y allant mollo sur les herbicides on n’impacte pas le rendement. En fait, semer du blé revient à faire place nette. Ne supportant pas que d'autres plantes lui marchent sur les racines, il élimine tout seul 80 % des mauvaises herbes. Les pesticides n’éradiquent que les 20 % restants, dont la présence ne perturbe aucunement la pousse du blé.
Pour quoi ces réjouissantes trouvailles de nos chercheurs ne sont pas au menu des Etats généraux de l'alimentation ? Parce qu’elles ne font ni les affaires de l'industrie phytosanitaire ni celles des grandes coopératives agricoles qui font la pluie et le beau temps chez nous. Un monstre coopératif comme Terrena, 5 milliards de chiffre d'affaires à la pesée, se fait du blé en vendant lui-même les pesticides à ses 29 000 agriculteurs adhérents.
A long terme, l'usage immodéré du pulvérisateur pourrait s'avérer catastrophique pour le portefeuille paysan. Dès que vous diminuez le nombre d'insectes butineurs dans un champ, vous effondrez le rendement. Il est temps de pulvériser les idées reçues !
Dans le Canard enchaîné du 25 octobre 2017.
Interrogatoire, réquisitoire, plaidoirie, délibéré, jugement… et, hop ! en trente-six minutes tout compris - c’est une moyenne - l’affaire est emballée. Ça se passe tous les jours, samedi inclus, au tribunal de Paris, dans les deux chambres correctionnelles (la 23-1 et la 23-2), où sont expédiés les prévenus jugés en comparution immédiate.
Ce minutage précis est l’œuvre de professionnels présents sur place. Paris, qui se pose souvent en modèle, n’a donc rien à envier à des juridictions comme Toulouse et Lyon, où le chronomètrage avait été effectué par des associations. Résultat : une moyenne de vingt minutes, mais sans le délibéré. Pas mieux, pas pire non plus.
De l’abattage, dit-on souvent de cette justice. « Les comparutions immédiates, on n’y voit que des pauvres, venant de quartiers défavorisés, et on les juge en quinze minutes ! Ils mériteraient quand même plus d’attention… » a regretté, le 20 octobre, un magistrat habitué de ces audiences, lors du colloque parisien de l’association Lapac (pour « La Parole est à l’accusé »).
A Paris, pourtant, la hiérarchie judiciaire se vante volontiers d’avoir réussi a circonscrire le nombre de prévenus défilant aux « flags ». La norme est de ne pas dépasser 18 personnes. Les magistrats siègent, en moyenne, entre huit et dix heures d’affilée, à partir de 13 h 30, mais tous commencent à examiner les dossiers vers 10 ou 11 heures, « soit plus de douze heures sans nous arrêter », se plaint l’un d’eux.
Il faut imaginer leur état quand l’audience s’achève et que, yeux rougis, bâillements étouffés, ils s’emmèlent parfois les jugements, confondant les noms ou les personnes.
Et voilà comment, chaque année en France, on traite environ 46 000 affaires aux flags. Une procédure responsable de plus de la moitié des entrées en prison…
L’avocat Henri Leclerc, qui y plaidait souvent, fustigeait jadis ce système dans « Le Monde » : « Quelques minutes pour chaque affaire (...). Le prévenu est un objet. De lui, on ne sait rien, sinon un casier (…). Il y a là une dimension de dérision grotesque et tragique qui nous saisit de honte. » Et c’était il y a… quarante ans. Aujourd’hui, affirme-t-il, « pas une virgule, pas un mot à changer… » C’est pourquoi, depuis le 6 juin 2001, une circulaire signée Marylise Lebranchu, alors garde des Sceaux de Lionel Jospin, impose de ne pas dépasser six heures d‘audience.
Elle n’a, bien sûr, jamais été respectée…
Dans le Canard enchaîné du 25 octobre 2017.
Suite de http://shaarli.guiguishow.info/?1fxNQw
Héroïque France ! Après sa condamnation par la Cour de justice de l’Union européenne, en juin, pour usage abusif du fichage ADN, elle n’a pas hésité, le 11 octobre, à rédiger une circulaire censée remédier au problème. L’affaire concernait un agriculteur, syndicaliste, condamné en 2008 à 2 mois de prison avec sursis pour un innocent coup de parapluie asséné à un gendarme lors d’une manif. En garde à vue, le plaisantin avait refusé le prélèvement ADN. Il a écopé de 500 euros d’amende.
La cour d’appel puis la Cour de cassation lui ayant donné tort, il s’est tourné vers la Cour européenne. Et, là, petit hic. Car la France, pendant quarante ans — une durée quasi « indéfinie », critique la Cour européenne —, conserve l’ADN dans son énorme Fnaeg, le fichier national automatisé des empreintes génétiques, qui recense 3,5 millions d’entre nous et ne cesse d’enfler. Seules les personnes mises hors de cause ont la possibilité d’en être effacées, pas les condamnés. Qu’ils aient volé trois bonbons ou braqué une banque ne change rien.
Voilà pourquoi la dernière circulaire annule l’avant-dernière, qui préconisait de poursuivre « systématiquement » tous les réfractaires au prélèvement ADN. Désormais, les procureurs devront procéder « au cas par cas », « au regard de la gravité de l’infraction ». Oui, mais… la circulaire dit aussi que « l’objectif d’une alimentation régulière de ce fichier ne devra jamais être perdu de vue », car cela garantit son « efficacité opérationnelle ». Autant dire que tout va continuer comme avant.
Alors, à dans dix ans devant la Cour européenne !
Nan mais tu vois, les droits de l'Homme c'est nous, la France, qui en sommes à l'origine, alors c'pas les bouseux⋅euses de l'UE qui vont nous faire la leçon, on connaît mieux le sujet qu'eux⋅elles, quoi, non mais alors, pour qui il⋅elle⋅s se prennent ! … … … La France est coutumière de cette attitude chauvine et nombriliste à deux sous…
Dans le Canard enchaîné du 25 octobre 2017.
Non, ce ne sont pas des patrons voyous ! Mais des patrons responsables, soucieux des intérêts de leur entreprise. D’ailleurs, s’ils ont saboté l’usine qu’ils avaient dans les Vosges, c’est tout à fait légalement.
En 1978, ces finlandais avaient racheté l’usine à papier de Docelles. Ils l’ont mise à l’arrêt, en 2014. Pas assez rentable. Cent soixante salariés dehors. Restait à vendre les machines. Tout en s’arrangeant pour qu’elles ne soient pas rachetées par des concurrents qui leur auraient taillé des croupières. « Les uns après les autres, raconte “Le Monde” (21/10) , les lourds cylindres de métal utilisés pour transformer la pâte à papier ont été systématiquement percés. Il y en avait plusieurs di- zaines. » Et l’un d’eux était neuf, encore dans sa boîte, d’une valeur de 700 000 euros. Le commissaire-priseur a fait ses calculs : « Neuve, une machine à papier allemande comme cela vaudrait 100 millions d’euros. Mais, dans son état actuel, elle partira sans doute à 1 ou 2 millions seulement. » Un beau gâchis ? Mais non, puisque les patrons finlandais ont fait ça, par contrat, pour ménager leurs intérêts…
D’autres patrons aussi ont ménagé leurs intérêts. Mais en dehors des clous, ceux-là. En 2004, deux affairistes américains rachètent pour 1 euro symbolique les ateliers Thomé-Génot, une usine métalurgique située à Nouzonville, dans les Ardennes. Deux ans plus tard, liquidation judiciaire. Les patrons ont siphonné la trésorerie. Trois ans plus tard, ils écopent de 5 ans de prison et 15 millions d’euros d’amende pour « banqueroute par détournement et abus de biens sociaux ».
Mais, comme entre-temps ils étaient rentrés aux Etats-Unis et que le magistrat chargé de l’instruction leur avait envoyé un courrier à Nouzonville au lieu de Los Angeles, ils affirment n’avoir jamais été informés de l’enquête pénale. Ils ont attaqué l’Etat en justice et ont obtenu du tribunal de Paris 10 000 euros chacun en réparation de leur préjudice.
Et, là aussi, c’est tout ce qu’il y a de plus légal !
Et après, nos élu⋅e⋅s et le MEDEF t'expliquent qu'il n'est pas nécessaire de prendre des mesures contre ce genre d'ordures. Et après, on vient t'expliquer qu'il faut protéger la planète en consommant intelligemment et en pratiquant le tri sélectif… pendant que d'autres pratiquent à la chaîne ce genre de massacres. Pfff, comme si ça pouvait rééquilibrer la balance… Une pointe de bonnes pratiques dans un océan de mauvaises pratiques impunies. :(
Dans le Canard enchaîné du 25 octobre 2017.
Macron l’a redit sur TF1 : désormais, les chômeurs qui refusent sans motif légitime deux « offres raisonnables d’emploi » seront sanctionnés. Le problème, c’est que ces sanctions sont déjà prévues par la loi, et ça fait un bail : depuis 2008 !
Pour être exact, il s'agit d'offres raisonnables d'emplois qui correspondent au Projet Personnalisé d'Accès à l'Emploi (PPAE) défini avec les conseillier⋅e⋅s popole (combien de kilomètres êtes-vous prêt⋅e à parcourir chaque jour ? Disposez-vous d'une voiture ? Temps plein ou temps partiel ? Quel métier précis voulez-vous exercer ? etc.). Ce dernier pouvant être (rendu) flou, bon courage aux conseiller⋅e⋅s popole pour démontrer que l'offre refusée y correspond et qu'une radiation est donc justifiée. :)
En théorie, celui qui refuse est radié. Il ne touche plus un sou. Il ne peut se réinscrire à Pôle emploi qu’au bout de deux mois. Point.
Mais, comme le notent les « Echos » (20/10), pourtant pas spécialement mélenchonistes, cette mesure est rarement appliquée et quasiment inapplicable. Car le marché du travail est beaucoup moins statique qu’on ne l’imagine. Comme le remarque « un bon connaisseur du dossier », près de 70 % des 6,4 millions d’embauches au deuxième trimestre de cette année ont concerné des CDD de moins de un mois. Ce qui veut dire que l’écrasante majorité des chômeurs accepte tout ce qu’on lui propose, même le plus furtif ou le plus précaire des boulots ! L’idée du « fainéant » qui refuse les boulots à la chaîne n’est donc qu’un fantasme…
Jupiter ferait bien d’atterrir.
Dans le Canard enchaîné du 25 octobre 2017.
Comme « Le Canard » l’indiquait il y a déjà trois semaines, le chef de l’Etat entend bien s’attaquer au calendrier des élections municipales ainsi qu’au scrutin des européennes, et ce dès le printemps prochain.
Pour les élections européennes de 2019, il veut revenir au scrutin proportionnel par listes nationales, qui était en vigueur jusqu’en 1999. Cela aidera la future liste LRM—MoDern, dans une élection qui « nous est très favorable », remarque une ministre centriste.
Quant aux élections municipales, en principe prévues pour 2020, l’Elysée a acté l’idée de les repousser d’un an, histoire de les regrouper avec les élections départementales et régionales de 2021. Et, accessoirement, de laisser un an de plus aux candidats d'En marche ! pour s’implanter localement
A part quoi Macron ne fait pas de politique à l’ancienne…
Quelle idée géniale d'éviter la diversité des opinions politiques au sein du millefeuille administratif ! :( Tou⋅te⋅s bien en rang derrière le chef, rien qui dépasse, efficacité avant tout ! :(
Dans le Canard enchaîné du 25 octobre 2017.
almaryø: Aujourd'hui j'ai eu un entretien de 10 min qui pourrait s'avérer concluant, je dois attendre quelques semaines qu'ils m'appelent pour confirmer.
almaryø: Cet entretien a eu lieu après une réunion de deux heures il y a 3 semaines
almaryø: Qui s'est suivi d'une demi journée de test MRS à pole-emploi. Ces tests "pratiques" de "mise en situation" ont avant tout pour but de voir notre capacité d'asservissement à des regles stupides tout en gardant le sourire.
almaryø: Donc voila, 3 étapes de sélections pour pouvoir occuper potentiellement un emploi dans 2 MOIS, quand la boite ouvre son magasin..
almaryø: Cette societé donc.. La nasa? Le kgb? La fonction publique? Un poste de commercial ou un boulot avec des responsabilités quelconques? Non c'est Burger King qui cherche des "équipiers polyvalent".
almaryø: Donc pour résumer, 1 mois de recrutement, 2 mois d'attente, Plus de 5H de tests divers.. POUR ETRE UN PUTAIN D'ESCLAVE A 600 BOULES PAR MOIS.
almaryø: Et il faut sourire..
Chronique des temps modernes.
L'affaire Harvey Weinstein n’est ni la première ni, sans doute et malheureusement, la dernière du genre. Mais, à mesurer l’ampleur du flot de paroles qu’elle ne finit pas de susciter, elle est indéniablement celle de trop. A tout le moins celle du trop-plein.
Après deux, puis trois, puis dix et près de trente récits non anonymes d’actrices, de mannequins, de collaboratrices révélant avoir été victimes de beauferie bestiale et de chantage sexuel de la part du sur-puissant et désormais déchu producteur hollywoodien dont dépendaient leur carrière ou leur succès, c’est un déferlement. Des milliers d’autres récits d’autres victimes de drague lourdingue, de harcèlement, de pressions, d’agressions de la part d'autres hommes abusant de leur pouvoir pour abuser d’elles ont envahi les réseaux sociaux. Aux Etats-Unis, bien sûr, pays dont le délicat président Trump - même si Harvey Weinstein a beaucoup financé ses concurrents démocrates — s'est, quant à lui, grassement vanté de la facilité, quand on est riche et connu, d’ « attraper les femmes par la chatte », et est également accusé par plusieurs d’entre elles. Mais aussi dans le monde entier, et chez nous, au pays de DSK en particulier, avec le hashtag #balancetonporc ! C’est du brutal !
Et du plus violent que le #metoo (« moi aussi »), lancé dans le même esprit « name and shame » (« nommer et faire honte ») par l’actrice Alyssa Milano, aux Etats-Unis. Ici comme ailleurs, il convient évidemment d’écouter les mots de ces femmes qui, hier ou dans des délais prescrits, ont eu à subir l’intolérable violence de ce harcèlement, ces chantages, ces attouchements, voire ces viols, dont elles n’avaient jusque-là rien dit ou osé dire. Il convient de saluer leur courage d’en parler et de mesurer la difficulté de le faire.
Et, après cela, finasser sur la brutalité des mots « porc » et « balance » peut sembler aussi déplacé que de s’indigner d’une main sur la figure méritée après une main au cul non souhaitée. Mais, si le choix des mots de ce hashtag vengeur dérange, ce n’est pas parce que la violence de son intitulé n’est rien par rapport à celle qui a été subie et qu’il entend mettre à mal. Si #balancetonporc met mal à l’aise, ce n’est pas par ce qu’il dénonce, c’est par la façon dont il le fait. Traiter les hommes de « porcs » quels qu’ils soient et quoi qu’ils aient fait, c’est régler des comptes en usant d’une violence contre une autre. Et, inviter à « balancer », avec tous les risques de dérives et de dérapages que l’on sait, ce n’est pas dénoncer à la justice, c'est, dans une logique de vengeance justicière, livrer des hommes à la vindicte populacière. Les femmes victimes de ces actes insupportables, et pas seulement celles des milieux où s’exerce le pouvoir, méritent mieux que d’être des « balances ». Et, même si les réseaux sociaux ont un rôle à jouer dans la prise de parole et de conscience, ces femmes ont droit à une autre justice que celle, expédifive et arbitraire, des vengeurs de Twitter ou des Zorro anonymes de la Toile, qui ne s’embarrassent pas de preuves.
La culpabilité d’un harceleur, d’un agresseur sexuel, d’un violeur ne se décrète pas sur Twitter. Elle relève d’une démarche judiciaire. Les lois en ce sens existent et ne manquent pas. Elles peuvent sans doute être améliorées, et la difficulté pour les victimes d’apporter des preuves, comme celle d’en parler, ne facilite pas, bien sûr, leur application. Mais, dans une démocratie, ce n’est en rien une raison de vouloir se venger des « porcs » par une « justice » de cochon.
Cet édito du Canard enchaîné du 18 octobre 2017 me pose problème en cela qu'il est corporatiste, dans le déni de la réalité et qu'il rejoue une énième fois la mise en lumière excessive de la violence des victimes dans le but de ne retenir que celle-ci pour discréditer l'action. Bref, c'est un plaidoyer implicite en faveur d'un monde qui ne change pas.
Commençons par les faits : selon le documentaire « Harcèlement sexuel, le fléau silencieux » diffusé sur France 5 (mon avis) : 95 % des plaintes pour harcèlement sexuel sont classées sans suite (un chiffre similaire, 93 %, est avancé par Alliance, le syndicat des flics (!), pour les violences sexuelles en général). C'est-à-dire que le Parquet estime qu'il n'est pas utile d'enquêter ni de saisir le tribunal pour l'ouverture d'un procès. Un classement sans suite peut signifier que le délai de prescription est écoulé, que le Parquet estime qu'il n'y a pas assez d'éléments dans le dossier, que la justice est débordée donc merci de ne pas la déranger ou que… Bref, c'est vague.
Pour moi, le vrai problème est là : comment ce taux s'explique-t-il ? L'absence de preuve est une excuse bien pratique. Sauf que le documentaire de France 5 illustre que des plaintes avec des enregistrements sonores ont été classées sans suite (alors que les juges ont jusque-là reconnu l'exploitabilité d'écoutes privées dans l'affaire Bettencourt, par exemple). De plus, quand les journalistes de ce documentaire s'informent sur ces cas précis auprès du Parquet, pouf, les dossiers sont rouverts ! Magie ! Alors quoi ? Manque de moyens de la Justice donc les Parquets ne traitent que ce qu'ils estiment être important ? Manque de formation des procureur⋅e⋅s leur permettant de détecter les dossiers solides ? Manque de parité dans les postes clés des Parquets (point 4 de la page 32) entraînant une justice de la caste des hommes ? D'autres pistes ?
Oui, il est toujours possible de déposer une plainte avec constitution de partie civile afin de saisir directement le tribunal. Encore faut-il connaître cette procédure et/ou avoir des sous pour l'avocat⋅e…
La Justice qui s'égare parfois, le Canard enchaîné la connaît bien. D'ailleurs, sous cet édito se trouve un article questionnant le classement sans suite de l'affaire Ferrand / Mutuelles de Bretagne. Dans le numéro précédent (11 octobre), il y a un article qui s'indigne des propos glaciaux et peu courtois qu'une juge aurait réservés, en audience, à un journaliste du Canard et à son avocat dans une action en diffamation intentée par Marcel Campion.
Voici donc la solution que le Canard propose aux femmes : utiliser la presse, le fameux 4e pouvoir, pour contre-balancer une justice en dérive ! Évidemment, tous les journaux sérieux auront le temps d'enquêter et d'éventuellement médiatiser toutes les affaires de « drague lourdingue, de harcèlement, de pressions [et] d’agressions ». Évidemment, les journalistes sont plus habilité⋅e⋅s que le⋅a citoyen⋅ne moyen⋅ne pour « décréter » « la culpabilité d’un harceleur, d’un agresseur sexuel, d’un violeur » et bien plus encore. Au moins, la presse « [s’embarrasse] de preuves », elle ! Quel corporatisme… Nous ne sommes plus au 20e siècle, la presse n'a plus le monopole de la diffusion d'une information de qualité ni celui du formatage de l'opinion ni même celui de l’expression écrite. Et c’est tant mieux.
Un autre problème de fond, c'est que la justice traite au cas par cas (et c'est très bien ainsi). Or, ici, nous avons besoin d'une prise de conscience de la société dans son ensemble, car le problème est global. Comment espérer l'émergence d'une telle prise de conscience, la seule à même d'endiguer cette deuxième bonne excuse qu'est le « Not all men » - vu le nombre de témoignages, certains devraient réfléchir avant d'exprimer ceci - dans un système judiciaire plutôt opaque (les minutes - décisions - des tribunaux sont publiques, mais difficiles à se procurer et pas toutes pérennes, par exemple) ? Les femmes doivent-elles patiemment attendre que les médias, en perte d'audience donc de pouvoir, s'intéressent à leur condition ? Quand les voies sont bouchées, do it yourself.
Au final, le Canard enchaîné retiendra uniquement la violence des opprimées (voir aussi), gag classique pour éviter de réfléchir au fond du sujet posé et moyen d'affirmer que l'on est une personne dominante dans la société actuelle et que tout va bien pour nous. L'empathie, oui, mais la remise en cause, non, faut pas charrier ! Quelles gourdes, ces femmes, elles auraient dû utiliser la procédure (inefficace) habituelle pour se défendre et se faire entendre, un peu comme un⋅e lanceur⋅euse d'alerte doit d'abord passer par sa hiérarchie avant de faire fuiter l'info ! Ainsi, elles n'auraient pas blessé ces pauvres choux d'hommes, tous innocents, qui trouvent trop « brutal » de se voir (temporairement, c'est ça, le pire !) assimilés à des porcs. Le vrai drame, c'est que des animaux sont comparés à des pratiques humaines détestables.
Mais, que les femmes se rassurent, car « il convient évidemment d’écouter [leurs] mots »… et de les laisser immédiatement sortir par l'autre oreille ? Les pauvres femmes sont tellement trop sensibles - ça doit être les hormones ou les gènes - qu'il convient de les écouter, car elles « méritent mieux » que de se donner en spectacle. Ben voyons…
Accessoirement, il faudrait sortir du schéma bien français dans lequel la dénonciation est toujours implicitement assimilée à la collaboration de Vichy (« les risques de dérives et de dérapages que l’on sait »). Oui, une justice réellement indépendante avec les moyens de son ambition est l'idéal à poursuivre sans cesse. Oui, il y aura de faux témoignages. Oui, il y aura des abus. Comme toujours. Le numérique n'a rien inventé, mais c'est toujours bon de sortir cet argument à un lectorat vieillissant. En attendant, le mouvement #balancetonporc me semble plutôt positif dans l'ensemble… à condition qu'il ne retombe pas aussi vite qu'il est devenu populaire. De plus, il est bon de rappeler que tout le monde n'a pas 400 000 suiveur⋅euses⋅s sur Twitter ni que Google ne classe pas premier des résultats tout écrit pour toujours. Ça aide à relativiser la portée de la « vindicte populacière » : agglomérat de voix dissonantes n'est pas lynchage public, l'effet d'amplification se perdant en chemin.
En bon ministre de l’Intérieur, Gérard Collomb ne manque jamais de rendre hommage aux forces de l’ordre quand elles « neutralisent » un terroriste ou autre malfaisant dans le feu de l’action. L’embêtant, c’est que, selon une note de l’Inspection générale de la police nationale évoquée par « Le Monde » (14/10), on constate « des tirs accidentels plus nombreux » et « une hausse du recours aux armes à feu » de la part des flics. On a compté 192 tirs au premier semestre 2017, soit 39 % de plus qu’en 2016.
Quand ça défouraille à tout-va, il y a forcément plus de risques.
Dans le Canard enchaîné du 18 octobre 2017.
Ce n’est pas Yanis Varoufakis, l’ex-tonitruant ministre des Finances grec, qui s’écrit, dans le bouquin qu’il vient de publier, « Conversation entre adultes ». C’est la Banque centrale européenne qui le reconnaît (« Les Echos », 11/10). « La crise grecque a rapporté près de 3 milliards à la BCE », résume le journal, qui précise : « L’institution gardienne de l’euro vient de dévoiler les bénéfices réalisés, depuis 2012, dans le cadre des rachats de dette grecque. »
Les Grecs devraient être fiers que leur dette rapporte.
Dans le Canard enchaîné du 18 octobre 2017.
Armée de l'air et éolienne sont sur un bateau. Qui tombera à l'eau ?
Quand un général de l’armée de l’air regarde une carte de France, il ne voit pas la même chose que le commun des mortels. Il voit des Zones de Vols Tactiques (VOLTAC) pour les hélicoptères de combat, des Secteurs d’Entraînement à Très Basse Altitude (SETBA), un Réseau Très Basse Altitude (RTBA), et aussi des Zones interdites, des Zones dangereuses, des Zones réglementées, des Zones réglementées temporaires, des Zones de ségrégation temporaire, des Zones transfrontières…
Du coup, tout ce qui pointe son nez dans ces Zones est plutôt mal vu. Ainsi les éoliennes, qui ont le toupet de culminer à 180 mètres. Non seulement elles constituent un obstacle pour tout ce qui vole à basse altitude, mais leurs pales ont la particularité de faire disparaître pendant quelques secondes la trace radar d’un objet volant, ce qui perturbe les contrôleurs du ciel militaire.
Dans un ouvrage écrit avec Gilles Luneau, « Le vent nous portera », Jean-Yves Grandidier, patron du groupe éolien Valorem, dénonce la haine grandissante de l’armée envers les éoliennes. En 2013, écrivent-ils, les contraintes des radars militaires et des centrales nucléaires les interdisaient sur 12,3 % du territoire métropolitain. Lequel pourcentage est monté à 50,25% l’an dernier. Et, « selon les informations en notre possession, l’évolution voulue par l’armée va geler 86% du territoire métropolitain ».
L’armée considère en effet que l’équipement français en éoliennes a atteint son « niveau de saturation », et, allant dans ce sens, le secrétaire d’Etat Sébastien Lecornu vient d’affirmer au « Monde » (14/10) qu’il faut désormais « travailler à des logiques de compensation ». Ainsi, « les terrains du ministère des Armées peuvent peut-être permettre d’installer des panneaux photovoltaïques pour aboutir à un accord gagnant-gagnant ».
Est-on sûr que trop de panneaux solaires ne vont pas aveugler nos chevaliers du ciel ?
Dans le Canard enchaîné du 18 octobre 2017.
Un dessin publié dans le numéro du 18 octobre 2017 du Canard enchaîné.