All links of one day
in a single page.
<Previous day - Next day>

rss_feedDaily RSS Feed
floral_left The Daily Shaarli floral_right
——————————— January 27, 2019 - Sunday 27, January 2019 ———————————

En décembre 2018, j'ai aidé une collègue de travail à installer des décorations de Noël dans les locaux de notre service. Je conchie une bonne partie des aspects de Noël : l'aspect mercantile, l'aspect sacré et l'aspect "se retrouver entre gens qui ne s'apprécient pas afin de faire bonne figure". Donc, les années précédentes, j'aurais tout simplement refusé d'installer des décorations de Noël tout en faisant un laïus sur la stupidité de cette action. J'ai donc voulu me justifier à moi-même mon changement de comportement de cette année. Des personnes m'ont également interrogé (« comment quelqu'un comme toi qui rejette la société de consommation peut-il… ? », « n'est-ce pas contradictoire ? »), et je constate que mon nouveau raisonnement leur a ouvert les yeux. C'est pour cela que je le partage ici, même s'il n'a rien de neuf…

Il y avait rien d'officiel ni d'obligatoire. Rien était imposé par la hiérarchie ni par la société (comprendre : les gens, je considère que je forme une micro-société humaine avec les collègues de mon service). J'ai accepté cette invitation par "amitié", pour passer un moment agréable.

La première question qui vient est : est-ce que je n'aurais pas pu passer un agréable moment avec cette collègue sans pour autant faire cela ? Nan parce que bon « passer un moment agréable » permet de justifier n'importe quelle activité y compris la plus contestable, la plus violente, la plus… La réponse est : sans aucun doute, mais, visiblement, nous n'avons pas su trouver, ni fabriquer de tels moments (en vrai, si, mais je simplifie). Donc, pourquoi s'interdire de se greffer sur un moment prévu / prémâché connu par une majorité de personnes ? C'est peut-être le seul avantage des traditions, à mes yeux. De toutes façons, ce point n'est pas le plus important.

L'important, c'est de passer un agréable moment sans renoncer à ses valeurs et à son éthique. Qu'est-ce qui me pose un problème avec Noël ?

  • La consommation excessive de certains mets, comme si l'on était dans un concours de gloutonnerie, qui vide nos océans (entre autres) dans des conditions de travail inhumaines, ainsi que son corollaire : le gaspillage alimentaire. Aucun rapport avec le fait d'installer des décorations ;

  • Acheter à bas-coût des biens inutiles, non-durables et non-personnalisés confectionnés dans des conditions de travail inhumaines et dont la fabrication et le transport contribuent à l'amoindrissement des ressources naturelles et à la pollution de notre monde, biens que l'on présentera comme des cadeaux afin de faire passer la pilule. Aucun rapport avec le fait d'installer des décorations. Nos décorations ont été apportées sur notre lieu de travail il y a plus de 5 ans et proviennent du stock personnel plus ancien d'un collègue. J'aide à rentabiliser la pollution nécessaire à leur production et à leur transport. J'ai rien acheté de neuf ;

  • L'aspect sacré + cul béni « bonheur pour tous, Jésus est né » en pleine période de rejet de l'autre. Aucun rapport avec mon action. La collègue n'a pas prêché et elle ne m'a pas non plus demandé de croire à l'esprit sacré de Noël pour l'aider. Peut-être que, de son point de vue, mon aide signifie plus que passer un bon moment, mais elle ne l'a pas formulé, donc c'est un problème de son côté, car il s'agit de son interprétation de la situation, qui ne peut pas m'engager ;

  • Passer des moments contraints entre gens qui ne s'apprécient pas, notamment en famille. Aucun rapport avec mon action. Je n'ai pas forcé le trait, je n'ai pas été hypocrite, j'ai apprécié ce moment d'installation de décorations (n'exagère pas, lecteur, je n'ai pas écrit que c'était un moment extraordinaire non plus) et j'apprécie ceux et celles à qui ces décorations ont profité (c'est-à-dire les autres collègues) ;

Je n'ai pas renoncé à mes valeurs et à mon éthique, donc, tout va bien. La seule exception fût d'allumer une guirlande électrique pendant quelques heures. Tout comme les guirlandes de rue, je trouve que ça va trop loin car ça constitue une consommation électrique inutile pour le seul plaisir des yeux qui peut, de surcroît, polluer notre monde (centrale nucléaire, centrale à charbon, etc.). Je me suis néanmoins permis ce privilège d'occidental durant quelques heures.

Ce que je veux illustrer par ce shaarli, c'est qu'il faut examiner un choix en détail. On ne va pas loin en restant bloqué sur l'aspect mercantile de Noël. On va plus loin en participant sans entrer dans le jeu du commerce. On ne va pas loin en utilisant l'esprit sacré d'une tradition pour s'isoler quand vient Noël. On va plus loin en choisissant effectivement et finement les activités et les personnes avec lesquelles on vit Noël. Tu conchies les hypocrites ? Choisis mieux tes hôtes ou tes invités. Bref, il faut regarder dans le détail. Rejeter en bloc quelque chose, c'est quand même un peu simpliste.

Au final : non, aider à l'installation de décorations de Noël, ce n'est pas donner un blanc-seing à tout ce que Noël englobe dans l'imaginaire collectif (sur-consommation, gaspillage, pollution, hypocrisie, etc.).

L'hyperviseur maître de mon cluster Ganeti tombe.

Je migre la fonction de master sur l'unique secondaire afin de pouvoir piloter à nouveau le cluster.

Maintenant, j'aimerais démarrer, sur l'hyperviseur restant, les machines virtuelles qui sont sur l'hyperviseur hors service. Afin de s'assurer que les données des machines virtuelles ne sont pas trop corrompues (car le master est HS suite à une panne de ses supports de stockage), je souhaite migrer, dans un premier temps, une seule machine virtuelle au contenu sans importance.

Les commandes gnt-instance failover --ignore-consistency <nom> et gnt-instance replace-disks -p <nom> ne fonctionnent pas : elles sont bloquées sur l'impossibilité de parler avec l'hyperviseur HS.

Je décide de déclarer que l'hyperviseur est hors ligne avec gnt-node modify -O yes <nom_hyperviseur_HS>, mais ça ne change rien. Désormais, les mêmes commandes retournent le message « Can't use offline node on node : Node is marked offline » et le message « Could not shutdown block device disk/0 on node : Node is marked offline ». Contrairement aux tutos que j'ai trouvé sur le web, cette erreur est bloquante, il ne s'agit pas d'un simple avertissement.

La commande gnt-cluster verify ne relève pas d'erreurs, seulement des avertissements concernant la connexion SSH avec l'hyperviseur hors service.

Au final, je me suis résigné à tester sur une seule machine virtuelle et j'ai effectué un gnt-node evacuate -n <nom_hyperviseur_restant> <nom_hyperviseur_HS> qui a migré toutes les machines virtuelles d'un coup avec succès. Ce résultat positif est étrange, car la documentation officielle nous informe que cette commande est similaire aux commandes gnt-instance failover et gnt-instance replace-disks que j'ai essayées au préalable sans succès…

Jean qui rit ou Jean qui pleure ? Les sociétés du CAC 40 ont distribué pour 46,5 milliards de dividendes, renouant ainsi, pour le plus grand bonheur des actionnaires, avec le niveau d’avant la crise des subprimes, en 2008. Des actionnaires qui font la grimace en faisant leurs comptes : en un an, la valeur de leurs titres a baissé de 14 %.

A noter que plusieurs entreprises à participation publique (Orange, Renault, Engie) se montrent particulièrement généreuses, servant à leur actionnaire-Etat un dividende de 5 à 6,5 %. Mieux que le rendement moyen des actions du CAC 40 (4 %) et beaucoup mieux que le taux d’intérêt de 0,75 % généreusement accordé par les Caisses d’épargne.

Quoi qu’il en soit, ces dividendes, à peine distribués, prennent la poudre d’escampette : les entreprises du CAC 40 — qui réalisent plus des trois quarts de leurs bénéfices hors de France — sont en effet possédées à plus de 50 % par des actionnaires étrangers, essentiellement des fonds de retraite. Une part beaucoup plus importante qu’à la Bourse de New York (environ 20 %) ou de Londres (environ un tiers).

Le parti de l’étranger a encore frappé !

Mince, moi qui pensais que si l'on remerciait grassement ces aventuriers des temps modernes que sont les actionnaires, du fric allait ruisseler à grand torrent tout partout en France. J'ai du mal comprendre… Visiblement, ça va même échapper à l'IRPP et à la TVA et à…

Dans le Canard enchaîné du 16 janvier 2019.

‒ Quand je pense que Macron trouve qu'on a perdu le sens de l'effort !
‒ Il parlait en général…

Totalement d'accord avec ce dessin.

Dessin publié dans le Canard enchaîné du 16 janvier 2019.

Un décret vient de dispenser certains contrats de toute publicité. Pourquoi se compliquer la vie ?

Les marchés de moins de 100 000 euros passés sans mise en concurrence et sans même la moindre publicité préalable ? Cette pratique relevait, jusqu’à présent, des tribunaux correctionnels. Depuis le 26 décembre 2018, elle est parfaitement légale !

Le décret 2018-1225, signé par Edouard Philippe et par Bruno Le Maire, stipule qu’à « titre expérimental, pour une période de trois ans », les acheteurs n’auront plus à publier la moindre annonce ou à décrocher leur téléphone avant de passer un marché public.

La procédure est applicable, pour l’instant du moins, aux montants inférieurs à 100 000 euros hors taxes et concerne les seuls « travaux, fournitures ou services » dits « innovants ». Un adjectif fourre-tout qui peut englober des emplettes aussi diverses que l’acquisition de trottinettes, de logiciels, d’outils ou d’ustensiles en tout genre…

L'opacité de la transparence

Au nom des bons principes, les rédacteurs du décret ont ajouté que les acheteurs devraient tout de même veiller « à choisir une offre pertinente, à faire un bonne utilisation des deniers publics et à ne pas contracter systématiquement avec un même opérateur économique ». Les petits malins soucieux de rester irréprochables sont donc priés de faire affaire alternativement avec leur beau-frère, leur cousin et leur tonton…

Grâce à cette innovation, les contribuables qui voudront contrôler les marchés publics passés par leurs élus vont se retrouver dans le noir complet. Certes, la loi a prévu que les contrats passés sans publicité devraient être déclarés auprès de l’Observatoire économique de la commande publique. Mais celui-ci garde ses observations pour lui : son site Internet ne propose aux curieux ni moteur de recherche ni liste de marchés.

Contacté par « Le Canard », le cabinet de Bruno Le Maire affirme que les « données essentielles » de ces marchés seront publiées après coup par chaque donneur d’ordre sur sa « plateforme d’achat ouverte à tous ». Sauf que, vérification faite, les plateformes en question sont quasi inaccessibles au commun des mortels. A commencer par celle du ministère de l’Economie, que seules les entreprises sont autorisées à consulter.

Ce brouillard comptable est décidément très innovant…

Dans le Canard enchaîné du 16 janvier 2019.

Heu... J'aimerai savoir pourquoi 4 SSD flanchent d'un coup ?

Alors… Cet épisode a désormais une suite…

Le 14 décembre 2018, nous avons à nouveau perdu 4 SSD Samsung 850 Pro. Pour rappel, nous avons acheté 10 SSD en mai 2015 (en un seul coup, dans un même magasin, les numéros de série se suivent malgré quelques trous dans les séquences). Nous avons deux serveurs donc nous avons mis 5 SSD par serveur. Dans chaque serveur, 4 SSD sont actifs (RAID 5 logiciel Linux), et 1 SSD est inactif (hot spare).

Début juin 2017, nous avons perdu 4 SSD le même jour dans l'un des serveurs. En décembre 2018, nous avons perdu 4 SSD le même jour dans l'autre serveur. C'est étrange : les SSD ont été mis en production le même jour et sont censées avoir le même nombre d'écritures puisque nous sommes en RAID et que DRBD écrit les mêmes données sur chaque serveur. Sur le serveur tombé en panne en juin 2017, je constate une variation de 10 To entre les SSD membres d'une même grappe RAID et je ne l'explique pas. Dans les détails, l'attribut SMART « Total LBA written » indique respectivement 37 To, 41 To, 43 To et 50 To.



Que s'est-il passé lors de cette panne de décembre 2018 ?

  • Un premier SSD a été automatiquement retiré de la grappe par mdadm. Le SSD de réserve (hot-spare) commence a être écrit par mdadm ;

  • Environ deux heures plus tard, un deuxième SSD a été retiré de la grappe alors que la reconstruction de la grappe n'était pas terminée ;

  • Plus tard dans la soirée, nous éteignons la machine ;

  • Le lendemain, nous nous déplaçons au centre de données dans lequel sont hébergés nos serveurs. Nous allumons la machine et nous regardons la phase de démarrage sur l'écran : seulement 3 SSD sont détectés par le contrôleur SATA ;

  • Nous démarrons sur un live USB. Ce live USB ne dispose pas de smartctl ni de mdadm donc nous sommes en mesure de récolter que peu d'éléments, ce qui exclu le nombre de secteurs écrits…

  • Nous lançons un dd if=/dev/sdb of=/dev/null sur l'un des SSD restants. Après 94 Go de lecture, dd affiche « i/o error » et le noyau journalise « mpt2sas reset port » puis « mpt2sas removing unresponding device » ;

  • Nous lançons un dd similaire sur un des SSD survivants. 227 Go sont lus avant que le noyau journalise « critical error ». Il suffit de dd skip= 3 secteurs pour que la lecture reprenne et que tout le contenu (512 Go) soit lu (mais cela signifie que nous avons 3 secteurs endommagés…). On recommence… Toujours aucun problème pour lire le contenu, à l'exception des trois secteurs défectueux ;

  • Nous redémarrons la machine : 2 SSD sont détectés par le contrôleur SATA. Nous redémarrons encore : 1 seul SSD est détecté. Nous éteignons la machine et nous procédons à un démarrage à froid : toujours un seul SSD ;

  • Nous avons fait jouer la garantie 10 ans Samsung et nous avons reçus 4 SSD neufs durant les fêtes de fin d'année.



Ce que l'on peut exposer :

  • Il n'y a visiblement pas que le nombre d'écritures qui importe, ce qui nuance un peu plus l'intérêt de superviser ce nombre d'écritures ;

  • Pour qu'un contrôleur SATA ne détecte plus un quelconque support de stockage, cela signifie quand même que le contrôleur interne du support de stockage foire complètement. On avait déjà mis ça en évidence en juin 2017, mais quand même.

  • Le contrôleur SATA et le backplane de notre ancien serveur sont innocentés… Ils n'ont pas envoyés de chocs électriques à nos SSD, ce qui aurait pu expliquer leur mort prématurée.

Le nombre d'écritures sur un SSD est limité, car une cellule mémoire peut être réécrite seulement un certain nombre de fois. De plus, la garantie du constructeur s'applique souvent en-deça d'un certain seuil d'écritures (et/ou en deça d'un nombre d'années d'utilisation présumée). Je voulais savoir comment surveiller ça sur un SSD de marque Samsung.

La première étape est de chercher le seuil prévu par la garantie, car il donne une bonne idée du nombre d'écritures que le constructeur accepte de prendre en charge, c'est-à-dire le nombre d'écritures qui lui semblent relever d'une utilisation conforme de son produit à ses estimations de durée de vie. Ce seuil se nomme « TeraByte Written » (TBW). Pour un Samsung 850 Pro 512 Mo, la garantie couvre jusqu'à 300 teraoctets écris.

Comment récupérer ce TBW sur un SSD en fonctionnement ?

Mon premier réflexe est de chercher les outils proposés par le constructeur. Il en existe un : Samsung Magician. Malheureusement, la seule version GNU/Linux proposée ne prend pas en charge mon modèle, un 850 Pro.

Mon deuxième réflexion est d'effectuer une recherche sur le web. Le résultat le plus satisfaisant est How can I monitor the TBW on my Samsung SSD?. Je recopie ici le script présenté :

#!/bin/bash

#######################################
# Variables                           #
#######################################

SSD_DEVICE="/dev/sda"

ON_TIME_TAG="Power_On_Hours"
WEAR_COUNT_TAG="Wear_Leveling_Count"
LBAS_WRITTEN_TAG="Total_LBAs_Written"
LBA_SIZE=512 # Value in bytes

BYTES_PER_MB=1048576
BYTES_PER_GB=1073741824
BYTES_PER_TB=1099511627776

#######################################
# Get total data written...           #
#######################################

# Get SMART attributes
SMART_INFO=$(sudo /usr/sbin/smartctl -A "$SSD_DEVICE")

# Extract required attributes
ON_TIME=$(echo "$SMART_INFO" | grep "$ON_TIME_TAG" | awk '{print $10}')
WEAR_COUNT=$(echo "$SMART_INFO" | grep "$WEAR_COUNT_TAG" | awk '{print $4}' | sed 's/^0*//')
LBAS_WRITTEN=$(echo "$SMART_INFO" | grep "$LBAS_WRITTEN_TAG" | awk '{print $10}')

# Convert LBAs -> bytes
BYTES_WRITTEN=$(echo "$LBAS_WRITTEN * $LBA_SIZE" | bc)
MB_WRITTEN=$(echo "scale=3; $BYTES_WRITTEN / $BYTES_PER_MB" | bc)
GB_WRITTEN=$(echo "scale=3; $BYTES_WRITTEN / $BYTES_PER_GB" | bc)
TB_WRITTEN=$(echo "scale=3; $BYTES_WRITTEN / $BYTES_PER_TB" | bc)

# Output results...
echo "------------------------------"
echo " SSD Status:   $SSD_DEVICE"
echo "------------------------------"
echo " On time:      $(echo $ON_TIME | sed ':a;s/\B[0-9]\{3\}\>/,&/;ta') hr"
echo "------------------------------"
echo " Data written:"
echo "           MB: $(echo $MB_WRITTEN | sed ':a;s/\B[0-9]\{3\}\>/,&/;ta')"
echo "           GB: $(echo $GB_WRITTEN | sed ':a;s/\B[0-9]\{3\}\>/,&/;ta')"
echo "           TB: $(echo $TB_WRITTEN | sed ':a;s/\B[0-9]\{3\}\>/,&/;ta')"
echo "------------------------------"
echo " Mean write rate:"
echo "        MB/hr: $(echo "scale=3; $MB_WRITTEN / $ON_TIME" | bc | sed ':a;s/\B[0-9]\{3\}\>/,&/;ta')"
echo "------------------------------"
echo " Drive health: ${WEAR_COUNT} %"
echo "------------------------------"

Utilisation concrète :

$ ./monit_ecritures_ssd.sh /dev/sda
------------------------------
 SSD Status:   /dev/sda
------------------------------
 On time:      5,699 hr
------------------------------
 Data written:
           MB: 2,746,510.173
           GB: 2,682.138
           TB: 2.619
------------------------------
 Mean write rate:
        MB/hr: 481.928
------------------------------
 Drive health: 99 %
------------------------------

Si j'effectue un dd de 1 Go à partir de /dev/zero, je constate que ce script calcule bien qu'un gigaoctet supplémentaire a été écrit.

Néanmoins, je perçois plusieurs limites à ce script :

  • Atteindre (ou non) le TBW mentionné dans la garantie ne signifie environ rien (c'est toute la différence entre une valeur et une moyenne de valeurs), et surtout pas que le SSD est fichu. Illustration : Samsung 850 Pro SSD Reaches End of Life With 9100 TB Written. De même le comportement du contrôleur interne au SSD quand cette variable est atteinte est imprévisible ;

  • Contrairement à d'autres constructeurs, Samsung n'a pas prévu un attribut SMART pour présenter le TBW ou toute autre métrique permettant de juger de l'état de santé du SSD, donc le script présenté ci-dessus fait des déductions. Or, seul Samsung sait comment il calcule son TBW. Opacité powa ;

  • La signification de l'attribut SMART « LBA written » est soumise à précaution. D'abord parce que je ne sais pas ce qu'elle englobe. Exemple : englobe-t-elle les cycles d'effacement des cellules (qui entre en compte dans le calcul du TBW) ? De plus, cet attribut mesure au niveau logique (d'où son nom « Logical Block Addressing ») c'est-à-dire qu'il mesure ce que le système d'exploitation a voulu faire, pas ce qui a réellement été fait au niveau matériel. C'est ce qui est nommé « Write Amplification Factor (WAF) » c'est-à-dire le rapport entre le nombre d'octets réellement écrits sur le SSD et le nombre d'octets écrits vu du système. Enfin, quid du ratio de nouvellement de l'usure (Wear leveling, des cellules supplémentaires sont prévues pour palier à la défaillance de cellules) ? Tout cela influe sur le TBW (sources : lien wikipedia en début de ce shaarli + Using SMART Attributes to Estimate Enterprise SSD Lifetime) et nous ne le mesurons pas voire nous n'en avons pas connaissance quand il s'agit d'une valeur prévue par le constructeur (comme le WAF).

Rotule explosée, mâchoire fracturée, côte cassée, œil crevé… Depuis le 17 novembre 2018, pas une manif de gilets jaunes sans son lot de blessés graves : la faute aux grenades lacrymogènes instantanées (25 grammes de dynamite chacune) [ NDLR : GLI F4 ;) ], mais plus encore aux mal nommés lanceurs de balles de défense (LED), version moderne du flash-Ball. Ces « armes de force intermédiaire », selon la police, sont capables de causer « des risques lésionnels graves », voire de tuer une cible à moins de 10 mètres.

Ce n'est pas de la dynamite, mais du TNT.


Depuis l’acte I, 78 victimes de violences flicardes ont saisi la police des polices : c’est Eric Morvan, le chef des poulets, qui l’affirme. Le défenseur des droits précise, de son côté, avoir été saisi de 25 cas de blessés par LBD. Bizarrement, aucun flic n’a, à ce jour, fait l’objet de sanctions pour avoir joué à la baballe.

Toubib or not toubib

Du côté des bœuf-carottes, enquêter n’est pas sorcier : depuis 2012, ils sont destinataires d’un fichier détaillant chaque tir de balle de défense, les circonstances, le matricule du flingueur, l’identité des victimes, leurs lésions, etc.

Pour les blessés, le ministère de l’Intérieur affiche une tendre sollicitude. L’une de ses récentes circulaires précise : « Un examen médical doit être pratiqué dans les meilleurs délais et un certificat médical descriptif doit être délivré par le praticien. » Et elle rappelle cette consigne : « Le tireur vise de façon privilégiée le torse ainsi que les membres supérieurs ou inférieurs. La tête n’est pas visée. » Les éborgnés seront ravis de l’apprendre.

Les utilisateurs de LBD sont pourtant bien formés. De surcroît, pour tirer comme il faut, ils disposent d’une visée à pointeur lumineux. « De deux choses l’une, déclare Jérémie Assous, avocat de sept journalistes blessés par des balles de défense. Soit les policiers sont nuls, soit ils le font exprès. Et leurs chefs préfèrent fermer les yeux. » Impensable.

Casser les casseurs

Un commissaire parisien opère de savantes distinctions : « Si, dans l’ensemble, CRS et gendarmes mobiles respectent les consignes de tir, c’est loin d’être vrai pour les flics en civil qui interviennent à leurs côtés. » Et de pointer les « détachements d’action rapide » créés par la Préfecture de police pour chasser les casseurs. Chez eux, dit-il, manier le LBD, « c’est la fête du slip ». La classe…

Avocat de plusieurs blessés, Yassine Bouzrou a saisi la Cour européenne des droits de l’homme afin de faire temporairement interdire l’engin. En vain.

Le défenseur des droits, lui, attend toujours que la présidence de l’Assemblée réponde à sa proposition (formulée en décembre 2017) d’interdire les LBD dans les opérations de maintien de l’ordre.

Les députés n’ont pas saisi la balle au bond…


Les gilets dans le viseur ?

C'est une première depuis le début du mouvement des gilets jaunes : le 12 janvier, lors des dernières manifs, certains CRS ont été autorisés à s’équiper de fusils d’assaut lors d’« opérations de maintien de l’ordre ». A n’utiliser, bien sûr, qu’en cas de force majeure…

Le 10 janvier à 10 h 48, un télégramme émanant du ministère de l’Intérieur — dont « Le Canard » a copie — ordonne aux patrons de compagnie d’« appliquer systématiquement et obligatoirement [deux] instructions ».

Primo, « chaque commandant (…) veillera à prééquiper un binôme observateur tireur (BOT) en capacité de se déployer immédiatement ». En clair, un tireur d’élite flanqué d’un guetteur avec jumelles, positionnés sur des « points hauts », c’est-à-dire les toits d’immeubles. Un taf habituellement confié aux tireurs d’élite des unités antiterroristes.

Secundo, déploiement systématique de « 2 HK G36 », les fameux fusils d’assaut dont ont été dotés policiers et gendarmes après l’attentat du Bataclan, le 13 novembre 2015.

Justification comique fournie par le directeur central des CRS : « Si nos hommes portent leurs fusils d’assaut, c’est pour ne pas se les faire voler dans le camion (sic) ». Le même Philippe Klayman, en 2015, justifiait la création des BOT par la « possibilité d’une riposte au délai de mise en œuvre réduit », tout particulièrement dans le cadre de « nouvelles menaces ». Comprendre : les actes terroristes. Et, désormais, les gilets jaunes.

Ils seront sûrement flattés du rapprochement !

Mais après ça, nooooon, au grand jamais les mesures et les outils antiterroristes choisis et mis en œuvre dans l'émotion sauront utilisés dans d'autres contextes et contre le peuple ! Un contre-exemple de plus.

Dans le Canard enchaîné du 16 janvier 2019.

D'après la fiche technique du produit, la caméra-piéton choisie par les forces de l'ordre dispose d'une autonomie de quatre heures. Passé ce délai, il faut la recharger ou changer la batterie. Une opération qui peut s'avérer délicate lors d'un affrontement, dans le cadre de vacations qui peuvent durer plus de 12 heures.

Par ailleurs, le modèle de caméra-piéton utilisé est, dans la plupart des cas, placé sur la poitrine des policiers. Ce qui pourrait empêcher l'appareil de capturer les images de l'usage du LBD. Pour utiliser cette arme, les fonctionnaires de police doivent en effet placer le viseur dans un axe différent de celui du haut de leur corps. Dans une telle situation, la caméra serait incapable d'enregistrer les images de la cible.

D'après l'AFP, une première expérience menée à Bourg-en-Bresse lors de l'acte 10 des gilets jaunes a montré les limites de cette configuration. D'abord à cause du positionnement de la caméra, mais également en raison de la portée des LBD, bien supérieure à ce que peut capturer la caméra grand angle (127°), conçue pour filmer un individu placé à quelques mètres.

Je pense qu'il ne faut surtout pas partir dans un débat technique inutile : les seules questions à se poser sont simples et d'ordre éthique : en tant que citoyens, voulons-nous que notre police et notre gendarmerie utilisent des armes de guerre comme des grenades avec effet de souffle et des fusils d'assaut contre nous, la population civile ? Si l'on répond oui, quel niveau de violence et quel contexte rendent légitime l'utilisation de telles armes et quels encadrements prévoit-on afin de limiter les dérives comme l'effet Lucifer ? Des dégradations matérielles sans atteinte directe à des personnes permettent-elles de justifier une riposte armée contre des personnes ? Est-ce proportionné (sans proportionnalité, il n'y a point de justice) ? Quid de la démonstration de culpabilité nécessaire à toute sanction ? Tout cela ne constitue-t-il pas pas un engrenage vers toujours plus de violence ?

Notons que le même jeu de questions se pose avec les contrôles d'identité pour lesquels ces caméras ont été introduites initialement : elles permettent d'éviter de nous demander si nous tolérons vraiment des contrôles d'identité au faciès, et pour quelles raisons nos autorités en sont si friandes. C'est bien pratique de dissimuler sous le tapis ce qui ne nous convient pas.

Ces caméras-piétons sont une mauvaise réponse à un vrai problème éthique. Elles vicient le débat : on ne va surtout pas discuter de l'utilisation d'armes de guerre contre des civils dans un contexte de maintien de l'ordre dans une République ni de la disproportionnalité de cette utilisation. Non, nous préférons contempler de telles utilisations en vidéo. Nous voulons obtenir des chiffres, un ratio du nombre de dérives rapporté au nombre d'actes policiers lors d'une manif' et si nous estimons que ce ratio est suffisamment bas, nous fermerons lâchement les yeux sur les victimes qui seront alors considérées comme des dommages collatéraux. Quelle inhumanité !

Nous avons déjà des vidéos qui illustrent des utilisations impropres et abusives des LBD, celles réalisées par les manifestants. Bien sûr, elles peuvent être tronquées afin d'être partiales dans le but de servir l'intérêt des manifestants, mais les images enregistrées par les forces de l'ordre le seront tout autant puisqu'elles ne sont pas obligées d'allumer leur caméra en permanence. De même, qu'arrivera-t-il aux enregistrements qui pourraient mettre à mal la défense de nos flics et gendarmes ? Seront-ils effacés "par erreur" ?

Méfions-nous du miroir aux alouettes, interdisons l'utilisation de ces caméras et recentrons le débat sur les vraies questions que les uns et les autres tentent d'éluder à l'aide de caméras.

J'ai un serveur OpenVPN configuré pour accepter 32 clients. Un script est lancé lors de la connexion / déconnexion du client afin d'effectuer de la configuration particulière. Ces scripts lancent eux-mêmes des commandes. En réalité, je n'ai pas un serveur, mais 8 (la justification est exposée ici) : 2 protocoles IP (v4 et v6) x 2 adresses IP x 2 protocoles de transmission (UDP et TCP).

Je constate que les OpenVPN les plus utilisés (UDP v4) crashent : leur état dans systemd est « failure ». De prime abord, il n'y a rien dans le journal. Je constate que cela se produit suite à une coupure partielle ou totale de mon accès à Internet. Un jour, j'arrive enfin à choper une erreur dans le journal : « openvpn_execve: unable to fork: Resource temporarily unavailable (errno=11) Exiting due to fatal error ».

Cette erreur est la conséquence de l'atteinte du nombre maximal de processus qu'un utilisateur peut avoir simultanément (ulimit -p). Dans une unit systemd, cela est représenté sous cette forme :

$ sudo systemctl show openvpn@.service | grep -i NPROC
LimitNPROC=10
LimitNPROCSoft=10

Mes VPN sont tous exécutés avec les droits de l'utilisateur « openvpn ». J'ai donc 8 processus (les 8 instances OpenVPN). Il reste une marge de deux processus. Or, un utilisateur qui se connecte les occupe puisqu'un script est lancé (9) et que ce script lance lui-même plusieurs commandes de manière séquentielle (10). Je peux donc avoir un seul utilisateur qui se connecte en même temps : au-delà, la limite est atteinte et OpenVPN se ferme suite à cette erreur qu'il estime être fatale. Or, lors du rétablissement de ma connexion à Internet, plus d'un utilisateur tente de se reconnecter automatiquement en même temps, ce qui explique que la limite est plus fréquemment atteinte à ces moments-là. C'est un problème connu des devs OpenVPN.

Pour résoudre ça, je pourrais changer la valeur de « LimitNPROC » dans l'unit systemd d'OpenVPN, mais je vais se retrouver avec une valeur sur-dimensionnée donc aucun contrôle effectif du nombre de processus. Je pourrais augmenter la valeur de « LimitNPROC » tout en limitant le nombre de tâches au sein d'une même unit systemd, c'est-à-dire au sein d'une même instance OpenVPN, car ce nombre-ci est connu : j'ai 32 clients OpenVPN au maximum par instance, et cela repose sur une limite physique : le nombre d'IPv4 disponible. Pour mettre cela en pratique, j'ai ajouté et modifié ce qui suit dans /etc/systemd/system/openvpn.service (qui est le fichier /lib/systemd/system/openvpn@.service dupliqué) :

LimitNPROC=3897
LimitNPROCSoft=3897
TasksAccounting=yes
TasksMax=30

Pour que cela fonctionne, il faudra d'abord annihiler le générateur d'units systemd livré par le paquet OpenVPN.

Le ministre de l’Intérieur, Christophe Castaner, est finalement passé aux aveux : « Près de 60 % des radars ont été neutralisés, attaqués, détruits par celles et ceux qui se revendiquent [gilets jaunes]. » Soit près de 2 000 des 3 200 radars en fonction au bord des routes. Si la plupart des boîtes grises continuent d’enregistrer la vitesse des bagnoles, qui aurait augmenté de 30 km/h en moyenne, le Centre national de traitement des infractions routières de Rennes est dans l’incapacité de verbaliser les fous du volant, faute de photos claires et nettes.

Inévitablement, les caisses de l’Etat vont se remplir un peu moins vite que prévu. Selon plusieurs sources gouvernementales, le manque à gagner pour l’année 2018 serait de 200 millions d’euros, sur une recette prévue de 1,2 milliard. Pour l’année qui vient de commencer, les mêmes pronostiquent un manque à gagner de 400 millions d’euros.

A fond la caisse… vide !

Dans le Canard enchaîné du 16 janvier 2019.

‒ Y'a quoi sur Facebook ce soir ?

Totalement d'accord sur le fond de ce dessin même si, sur la forme, j'aurais choisi Netflix.

Dessin publié dans le Canard enchaîné du 16 janvier 2019.

Trois semaines avant la mort de Rémi Fraisse, le 7 octobre 2014, sur le site du projet de barrage de Sivens, les gendarmes procèdent à une énième évacuation de zadistes. L’un d’eux, seul à l’arrière, débusque trois opposants planqués dans une caravane sans vitre. Dans une vidéo projetée à l’audience et tournée par l’un des occupants, on le voit demander aux jeunes de sortir, tout en brandissant une grenade.

Comme en témoigne E. M. (elle a requis l’anonymat), âgée de 25 ans au moment des faits : « Il l’a jetée à l’intérieur, elle est tombée à côté de moi. J’ai cru que c’était une lacrymo, j’ai voulu l’attraper pour la sortir, elle a explosé. » Dix jours d’hospitalisation, douze mois de soins et de rééducation, elle souffre toujours aujourd’hui de stress post-traumatique.

Moralité : apprenez à différencier les différents types de grenades, ne ramassez pas et ne donnez pas de coup de pied dans une grenade de type inconnu et préférerez la fuite !


Ce 8 janvier, devant le tribunal correctionnel de Toulouse, le gendarme comparaît pour « violences volontaires aggravées avec arme par personne dépositaire de l’autorité publique ».

« En garde à vue ou devant votre hiérarchie, lui lance le président, vous avez dit avoir lancé cette grenade pour vous protéger d’un groupe d’opposants se dirigeant vers vous. — Avec le recul, la fatigue, j’ai eu une mauvaise analyse de la situation. — Ces opposants, que personne n’a vus, ils y étaient ou pas ? — Je ne sais plus. — Pourquoi ne pas avoir livré la bonne version ? — J’ai perdu le fil. — Vous avez surtout perdu le contrôle. » La principale ligne de défense du maréchal des logis chef Vilamanya, du peloton de surveillance et d’intervention de la gendarmerie de Gaillac (Tarn), vient de s’écrouler.

Cet aspect "boarf, je ne sais plus, vous savez mon bon président, pfffiou" est très révélateur que, dans le cerveau d'un flic / gendarme, envoyer de la quincaillerie explosive dans un endroit confiné est jugé comme normal et routinier, au point que l'information n'est pas enregistrée parmi l'afflux d'informations du moment.


L’engin qu’il a balancé dans la caravane est une grenade désencerclante, également appelée DMP (pour « dispositif manuel de protection »). « Elle est utilisée pour permettre aux forces de l’ordre de se dégager en propulsant 18 plots en caoutchouc à 471 km/h sur un rayon de 30 m », détaille à la barre un témoin de la partie civile. Pas vraiment un jouet… Les deux avocats rappellent l’« ambiance de guerre sur la ZAD ». Affirment que cette caravane, « un univers clos », constituait « un danger potentiel » pour le militaire. Dans la salle d’audience, pleine à craquer et sous bonne garde, l’ambiance est électrique. A droite, les gendarmes, en civil ou en uniforme ; à gauche, les militants écolos. Plus de sept heures d’audience…

L’avocate de la victime rappelle le rôle joué par la vidéo tournée par les zadistes : « Sans cette vidéo, pas de poursuites. Vu que la caravane a été détruite dix jours plus tard. » Le procureur est clair et net : « Je ne crois pas une seconde que vous ayez jeté cette grenade à côté de la caravane. »

Verdict : 6 mois de prison avec sursis, 6 mois d’interdiction de port d’arme, 1 000 euros au titre des frais de justice et renvoi à une audience début avril, pour évaluer et chiffrer le préjudice. L’interdiction de maintien de l’ordre pendant au minimum trois ans réclamée par le parquet n’a pas été suivie. L’« ultra-sévérité », c’est tout un art…

Dans le Canard enchaîné du 16 janvier 2019.

-