Supposons un Debian GNU/Linux installé sur un ordinateur monocarte d'architecture arm64. Supposons que cet ordinateur tombe définitivement en panne. Pas d'ordinateur monocarte de remplacement donc on souhaite que cet ordinateur soit remplacé par une machine virtuelle... dont l'architecture est amd64. Donc les binaires ne sont pas compatibles, on peut pas juste copier le rootfs de l'un à l'autre.
Donc il faut extraire la liste des logiciels installés pour les installer sur la machine virtuelle vierge. Sauf qu'on ne peut pas exécuter un dpkg --get-selections sur la source sauf à se prendre la tête avec de l'émulation qemu.
Si l'on a accès au rootfs de l'ordinateur en panne, on peut extraire cette liste depuis /var/lib/dpkg/status :
grep -B1 "Status: install ok installed" /var/lib/dpkg/status | grep -Po "(?<=Package: ).*" | tr '\n' ' '
Pour une raison qui m'échappe, ça va aussi faire remonter des logiciels d'une ancienne version majeure de Debian. Genre moi j'ai eu la libgcrypt11 qui était celle de Wheezy alors que j'utilise Jessie et que la libgcrypt20 est installée...
Petits rappels :
Hormis le cas des votes portant sur des nominations personnelles (élection du Président de l’Assemblée nationale en début de législature, par exemple), tous les scrutins sont publics au Parlement.
[...]
Le vote à main levée - C’est la procédure normale. Le président de séance constate le sens du vote et en annonce le résultat. [...] En votant à main levée, les députés présents manifestent publiquement leur position. Mais cette position n’est ni enregistrée ni publiée au Journal officiel.
[...]
Le vote par scrutin public ordinaire. Il est de droit :
sur décision du président de séance ou sur demande du Gouvernement ou de la commission saisie au fond ;
sur demande du président d’un groupe ou de son délégué dont il a préalablement notifié le nom au Président ;
- sur décision de la Conférence des présidents. Celle-ci n’utilise généralement cette prérogative que pour le vote sur l’ensemble des textes les plus importants. Elle en profite d’ailleurs pour reporter le scrutin à un jour et à une heure les plus favorables à la participation des députés. Ce type de scrutin est communément qualifié de « vote solennel ».
Le vote par scrutin public ordinaire a lieu par procédé électronique.
[...]
Le vote à la tribune ou dans les salles voisines de la salle des séances :
- lorsque la Constitution exige une majorité qualifiée (adoption en dernière lecture des lois organiques, motion autorisant l’adoption d’un projet de loi de ratification d’un traité d’adhésion d’un État à l’Union européenne)
- lorsque la responsabilité du Gouvernement est engagée [...] [ NDLR : ou lors d'une motion de censure ]
- lorsque le Gouvernement décide de soumettre au vote de l’Assemblée nationale une déclaration qu’il fait sur un sujet déterminé en application de l’ article 50-1 de la Constitution.
Un autre point d'éducation civique discuté cet après-midi sur le chan IRC d'ARN : en France, lors de la nomination d'un gouvernement, est-ce qu'il y a une approbation systématique de ce gouvernement par l'Assemblée nationale ?
Oui et non, plutôt non. Le système de double investiture s'est terminé avec la 4e République. Il est remplacé par les articles 49.1 et 50.1 de la Constitution.
Le 49.1 permet au gouvernement, s'il le souhaite, de demander l'approbation d'une politique générale ou de son programme. C'est ce qu'on nomme le vote de confiance. Si l'Assemblée refuse (ce n'est jamais arrivé ;) pour la simple raison que le Premier ministre est toujours issu de la majorité à l'Assemblée pour justement éviter ce type de couperet et parce que le Premier ministre est responsable devant le Parlement et surtout, toujours pour le problème de "je suis un-e gentil-le député-e qui veut son investiture et se voir confier des missions intéressantes voire un job dans un ministère), vlam le gouvernement est défait obligatoirement. C'est une coutume de soumettre le nouveau gouvernement à l'approbation de l'Assemblée depuis 1993 (avant, les Premier ministres se sentaient légitime par leur nomination par le Président lui-même élu par le peuple donc ils n'utilisaient pas le 49.1) mais ce n'est pas une obligation.
Le 50.1 permet de faire une déclaration thématique qui peut être votée mais qui n'engage à rien. C'est ce qu'a fait Valls sur le pacte de responsabilité et de solidarité, par exemple
Sur #arn, on discutait de pourquoi c'était la dernière lecture du projet de loi Travail dans quelques heures à l'Assemblée. Sous-entendu que ça ne ressemble ni à la procédure accélérée, ni à la procédure normale. Regardons ça ensemble.
Ce texte est en procédure accélérée. Donc c'est une lecture par chambre, commission paritaire (CMP) puis éventuellement vote du texte issu de la CMP.
La première lecture a eu lieu en mai à l'Assemblée. 49.3 du gouvernement. Elle a eu lieu le 28 juin au Sénat. La CMP n'a produit aucun texte en considérant qu'elle ne pourrait pas parvenir à un compromis susceptible d'être voté en l'état par les deux chambres. Et c'est vrai, les deux visions AN/Sénat (qui joue à fond le clivage droite/gauche, faut pas se voiler la face) sont difficilement conciliables.
Que se passe-t-il dans le cas où la CMP ne produit aucun texte ou que celui-ci n'est pas voté par les deux chambres ? Le gouvernement peut donner le dernier mot à l'Assemblée (ou laisser tomber le texte). Dans ce cas on refait un tour de table, une lecture par chambre. Si y'a un accord bah c'est cool, sinon on refait un 3e tour de table mais le Sénat ne peut pas jouer (d'où le dernier mot va à l'Assemblée :D ).
La deuxième lecture à l'Assemblée a eu lieu en juillet. 49.3 du gouvernement le 6 juillet. Le Sénat a rejeté le texte, sans en débattre, le 20 juillet.
Donc l'Assemblée est légitime à examiner le texte lors d'une lecture définitive. Ce qui sera fait aujourd'hui, 20 juillet.
La commission saisie sur le fond peut décider de travailler sur le texte issu de la CMP s'il y en a un ou sur le texte qu'elle a adopté en deuxième lecture. On l'a vu, il n'y a pas de texte de CMP. Donc on reprend le texte de la deuxième lecture à l'Assemblée, c'est-à-dire le texte du gouvernement puisqu'il y a eu 49.3 et absence de 49.2.
Dans ce cas-là, l'Assemblée peut seulement ajouter des amendements parmi ceux adoptés par le Sénat lors de la deuxième lecture. Le Sénat a choisi de rejeter le texte avant la lecture. Aucun amendement n'a été adopté.
Donc l'Assemblée n'examinera aucun amendement.
Oui. Hé oui, ça signifie bien que ce n'est pas l'Assemblée qui aura le dernier mot mais le gouvernement. Sauf si une motion de censure (49.2) est votée, ce qui n'arrivera pas. Je rappelle que sous la 5e République, aucune des 51 mentions de censure déposées suite à un 49.3 n'a été votée. Car les parlementaires veulent l'investiture aux prochaines élections, faut pas charrier. Et personne ne fait monter en grade un-e jusquauboutiste qui est prêt-e à renverser un gouvernement pour un tout petit projet de loi (c'est bien comme ça que c'est vu par nos politocards).
Et une seule motion de censure spontanée (toujours 49.2 mais pas sur un texte précis) a été votée, en 1962. Mais le gagnant de la rixe a été De Gaulle : 49.2 -> le gouvernement est renversé -> il renomme Pompidou premier ministre comme si de rien n'était (avec certes quelques ministres différents) -> De Gaulle dissout l'Assemblée comme "punition" et se retrouve avec une écrasante majorité présidentielle à l'Assemblée (il n'avait qu'une majorité relative).
Je rappelle aussi que l'essence même de la 5e République, c'est un exécutif fort. C'est par conception, ça a été voulu, c'est dans l'ADN même. Ça a même un nom : rationalisation du parlementarisme. L'idée même est d'éviter les instabilités politiques de la 3e et de la 4e République.
Après 7h30 de débats, les députés, réunis à l'Assemblée à nationale, ont voté la prolongation de l'Etat d'urgence, six jours après l'attentat à Nice. Plusieurs mesures, comme la fouille des bagages et des véhicules, ont également été adoptées.
J'ai écouté les causeries (je refuse de nommer ça « débats » vu la médiocrité ambiante) des député-é-s et voilà ce que j'en retiens.
Avec ces prétextes, on a eu le pire du sécuritaire :
Au final :
Sur une infra composée de plusieurs machines physiques ou virtuelles (VM, LXC, etc.), on utilise ssmtp (voir http://shaarli.guiguishow.info/?Qn9K_Q ) pour que ces machines envoient leurs emails (genre ceux des démons comme cron qui envoient les erreurs à postmaster@ ou root@ ) à un serveur de mail central, le serveur de mail désigné pour toute l'infra. Ça permet que les serveurs de mails de l'infra soient clairement identifiés (utile pour du SPF / DKIM, le debug et la cohérence) sans qu'un MTA complet (postfix, exim, sendmail, etc.) soit installé sur chaque machine (relou à configurer, etc.).
Et, sur le serveur de mails central, on utilise anvil, module de postfix, pour limiter le nombre de mails qu'une adresse IP pourra envoyer via notre serveur sur une quantité de temps définie. Cela permet que, si une machine ou même une application web qui sait émettre des emails, se fait trouer, votre infra n'inonde pas les Internets de spam sinon ça va plutôt mal se passer pour la réputation de vos adresses IP.
Bout de config inspiré de celui pointé par ce shaarli (ici : 100 mails provenant de votre infra ou non / IP / jour ) :
smtpd_client_message_rate_limit = 100
anvil_rate_time_unit = 1d
smtpd_client_event_limit_exceptions =
Par défaut, « smtpd_client_event_limit_exceptions » a pour valeur « $mynetworks », ce qui permet aux machines définies (par défaut la machine elle-même) de contourner la restriction. Je ne pense pas que ça soit la bonne approche, surtout s'il y a une application web ou autre sur la même machine que le serveur mail.
« smtpd_client_event_limit_exceptions » permet aussi d'exclure certaines adresses, comme celle du monitoring qui peut être légitime a beaucoup hurler lors d'une panne sérieuse.
Ma lecture du brouillon des lignes directrices relatives à l'application de la neutralité des réseaux concocté par le régulateur européen des télécoms + ma réponse à la consultation publique organisée par le même régulateur du 6 juin au 18 juillet 2016.
Paragraphe 8 et suivants : seuls sont soumis au règlement européen les fournisseurs de communications électroniques au public qui englobent réseaux de communication publics + services de communication électroniques publics.
Paragraphe 16 : même si un accès Internet se définit comme l'accès à toutes les extrémités de ce réseau (sauf contraintes techniques ou légales) ne peut pas être vu comme une obligation de fournir une connectivité IPv6 et IPv4. Bien vu, les grozopérateurs… Pourtant IPv6 est nécessaire au maintien d'un Internet ouvert. Exemple : quand le RIPE et les LIR seront à sec et que l'on n'a pas migré : comment je monte un FAI associatif ? 99,99 % des LIR veulent que le FAI monte une interconnexion avec lui au nom du principe "je dois pouvoir router tout mon réseau". Or, les interconnexions coûtent cher, surtout si le LIR est à Paris et que tu montes un FAI en province. Ça sera une structure d'exclusion. De même si je veux monter un service : je devrais le faire chez un gros hébergeur qui aura encore des IPv4. Concentration des acteurs.
Pour moi, c'est incomplet :
Sur les offres FTTH, pour juste avoir accès à Internet, il faut que le routeur de remplacement envoie un vendor-id (attribut dans la requête DHCP, voir https://www.neufbox4.org/wiki/index.php?title=Bypasser_sa_neufbox#Le_.22Vendor_class_identifier.22 ) soit générique soit spécifique à un réseau (RIP) ou localité donnée ! Qui peut se permettre un tcpdump de sa connexion pour le trouver ?! Le choix du terminal n'est pas garanti !
Je n'ai pas de vraies idées pour corriger ça.
Considérant 7 : d'éventuels contrats entre FAI et clients sur des tarifs pour des débits et des volumes différenciés, des caractéristiques techniques ou toute pratique commerciale ne doivent pas restreindre les droits des clients (ceux du cadre général, article 3(1). C'est le cadre général du Règlement.
Le principe général n'empêche pas les FAI de prendre des mesures de gestion du trafic raisonnables mais elles doivent être transparentes, non discriminantes, proportionnées, et basées exclusivement sur un besoin différencié d'une qualité de service de la part d'une catégorie de trafic. Ces mesures ne peuvent regarder le contenu (au-delà de la couche de transport, ni discriminer le trafic chiffré, paragraphes 66 et 67) ni être maintenues plus longtemps que nécessaire.
Considérant 11 : la compression de données sans modification du contenu est autorisée parce qu'elle participe à l'optimisation globale du réseau et que ça rend service à l'utilisateur.
J'y suis opposé : ça signifie que le FAI possède des proxy transparents par lesquels transite mon trafic web non chiffré ! Ces machines ont les URL dans leurs journaux. On interdit aux FAI d'aller plus haut que la couche transport pour leurs mesures de gestion du trafic dans les paragraphes 66 et 67 et dans le CPCE mais là, lala ?! Ce n'est pas au FAI de décider mais aux extrémités du réseau : le site web auquel j'accède propose gzip, mon navigateur accepte. De même que La Poste ne réorganise pas mes colis. Au moins, la compression et mise en cache de SFR ( voir https://reflets.info/sfr-man-in-the-middle-oui-cest-particulierement-grave/ ) ne passera pas car elle altère le contenu, c'est déjà ça mais c'est peu.
Paragraphe 75 : « In contrast to network-internal blocking put in place by the ISP, terminal equipment-based restrictions put in place by the end-user are not targeted by the Regulation. ».
Des mesures de gestion du trafic déraisonnables (qui dépassent le cadre général, quoi) peuvent être prises pour :
Préserver l'intégrité et la sécurité du réseau, du service fourni ou celle du terminal utilisateur.
Mitiger une congestion imminente, exceptionnelle (pas prévisible, pas souvent) ou temporaire (répétée mais limité dans le temps (ex: mobile) ou qui ne justifie pas un investissement d'augmentation de la capacité réseau).
Les régulateurs doivent surveiller si les opérateurs dimensionnent correctement leur réseau. Une congestion récurrente et de long terme ne peut être couverte par cette exception (paragraphe 89). Une gestion de congestion qui vise une appli ne devrait pas être acceptée comme substitue pour des changements structurels du réseau. \o/
Cas concrets : selon ces lignes directrices,
Hello,
I'm participating to this consultation on Net Neutrality guidelines as a French citizen considering exercising his liberties (freedom of expression, freedom of information, ...) requires an open Internet. My contribution is realised on my spare time. My professional job is as a software developer but I never worked for an ISP or a CAP.
Firstly, I deplore this consultation is only in English (guidelines are only available in English, "Contributions should be sent preferably in English", ...) because it prevents some small actors like citizen and small ISPs from participating: reading legal documents in English isn't mandatory for setting up a little ISP in a small city in France. Doing this, BEREC tries to restrict participation to those only from historic nationwide ISP lobbyists! This is unacceptable.
Then, I approve and give my full support to paragraphs 17, 59, 60, 65, 66, 67, 74, 86, 88, 89, 97, 101, 107, 108, 113, 114. I strongly encourage you to keep them as-is in the final guidelines.
On paragraph 16An IAS end-user requires IPv6 to "provide applications and services" (article 3(1)). Public IPv4 addresses are exhausted. However, a public IP address is required to provide applications, services, or contents. In France, nationwide ISPs do not provide public IPv4 addresses in their mobile IAS. IPv6 is the only way for ISPs to satisfy to the obligations as stated in article 3(1) of the Regulation for now and in the future.
Moreover, in a few years from now, a new ISP won't be able to enter the market: there won't be any more public IPv4 addresses available to them. It will then provide its end-users with IPv6 access. If the IPv6 contents, services, applications still are in minority as it is the case today, this ISP won't be able to sell IAS as no potential client will be interested in it because he cannot do something with its connection. This technical consideration will be a reason for market exclusion. ISPs and CAPs must deploy IPv6 from now to prevent this.
On the use of the terminal equipment of their choice (paragraphs 23-25)The BEREC analysis is weak and incomplete.
You're wrong in paragraph 51: Endpoint-based congestion control takes place on my computer behind the terminal! On a home IAS, the terminal is the home-router, i.e. the equipment between my private home network and my ISP's network; between my computers, tablets, smartphones, and Internet. On a mobile IAS, the terminal is my smartphone's baseband module. As I can choose my smartphone model, I can choose my terminal. BEREC must clearly state that the home-router is the terminal (called "box" in France: LiveBox, FreeBox, NeufBox) and that the terminal isn't part of the ISP's network because it is part of the end-user's domestic material (like are tables, chairs, TV, ...).
In France, changing the home-router on a FTTH IAS is very hard: the terminal must send a technical information (called "DHCP vendor-id attribute") to the ISP in order to connect to its network and obtain its public IP address. This information is specific to an ISP, or even a geographic area! The information isn't communicated by the ISP to the end-user when signing the contract. Other IAS technical characteristics are also hidden from the end-user (e.g. "VLAN ID"). The freedom the end-user has of choosing his terminal under article 3(1) is then restricted as the end-user must have solid technical knowledge in the matter in order to find out his IAS' technical characteristics if he wishes to replace his terminal. Yes, I'm only talking about IAS specifically, not associated services (telephony, television). NRAs must be vigilant about this;In France, all nationwide ISPs attach services to the IAS, like telephony, television (linear broadcasting or VOD) or videogames in a bundle billed about €30 per month. These bundled services do not directly limit the end-user rights but are more likely to influence end-users’ exercise of the rights defined in Article 3(1) to keep the home-router provided by their ISP in order to benefit from the additional services they pay each month even if they won't actually use them. Consequently:
*NRAs must force ISPs to publish all their IAS and specialised services' technical specifications (e.g. vendor-ID, VLAN-ID, ...). This way, any constructor will be able to sell alternatives to the ISP's home-router still allowing access to both the IAS and the specialised services. Each end-user will then be able to effectively choose his own terminal. This effort on transparency is necessary for a perfect competition.
NRAs must force ISPs to clearly indicate the home router renting costs on the end-user's montly bill. This way, end-users will be aware of the effective costs of this rent and will be able to make an informed decision to buy a home-router independetly from their ISP. End-users must be free to refuse the ISP's home-router. In this case, end-users cannot be billed by the ISP for renting the router.
- NRAs must force ISPs to propose IASes alone, without any specialised services. Such offers must be less costly than the offers bundling services (Internet + telephony + TV + …). They must be easily recognisable in the ISP's catalogue. ISPs are network providers, not services providers (like TV or telephony).
This is a crucial point in the Regulation because several other paragraphs are based on this assertion, like paragraphs 75 et 51. IAS restrictions or congestion control mechanisms applied on the end-user side may only be excluded from the Regulation if the terminal choice is fully under the end-user's control. Otherwise, Regulation and end-user rights violations (e.g. traffic management measures, discriminatory congestion control, restrictions, …) will be observed.
On the zero-rating offers (paragraphs 37 – 45)I strongly second BEREC analysis on paragraph 38.
I strongly disapprove BEREC analysis from paragraph 45 stating that "Commercial practices which apply a higher price to the data associated with a specific application or class of applications are likely to limit the exercise of end-users’ rights because of the potentially strong disincentive" although that a commercial zero-rating practice only "creates an economic incentive to use". It is a strange analysis: applying a zero price to an application or to a category of applications OR applying a higher price to an application or to a category of applications have the same impact on the end-user's choice: who will seriously continue paying the non-zero-rated application?!
The zero-rating practice inherently limits end-users right, notably their right to "provide applications and services" (article 3(1)): my own service or application stays invisible and has no audience as the market is tricked as customers have to pay to access my service or application while access to concurrent services or applications is free! This highly discourages innovation on the Internet.
Each NRA will have to evaluate and potentially sanction each ISP's own practice. It is a loss of time and resources for NRAs. Even if a practice gets sanctioned, it will have created an habit on the public to use a specific service or application. A public that might not have adopted it if it wasn't for the zero-rating offer. A zero-rating offer from an ISP may durably create a strong distortion on services and applications markets.
For those reasons, BEREC must prohibit zero-rating offers on the ground they inherently limit end-users from exercising their rights, which infringes article 3(2).
On the traffic management measures (paragraphs 46-89)Paragraph 51: NRAs must make sure no traffic management measures (like ECN, DiffServ (RFC 2474), ...) are set up by ISPs on home-routers without the end-user knowledge to ensure that ISPs don't circumvent to the Regulation.
BEREC must add an additional guideline: every traffic management measure set up by the ISP, whether reasonable or not, and whether on the network or the end-user terminal, must be under the whole control of the end-user. The end-user must be able to easily (with e.g. a clear and comprehensible option in the ISP-provided home-router) and without any additional cost, disable (or enable) any traffic management measure.
- As an end-user, I must be able to disable prioritisation of VoIP applications or any other traffic category, even if it is offered as a sepcialised service.
- As an end-user, I must be able to disable a technical blockage of an application or service my ISP would have set up, because I "shall have the right to (...) provide applications and services" (article 3(1)). For example, in France, a traffic management measure is set up by many ISP to prevent the end-users' computer from sending emails in order to avoid it sending spams in case it has been infected by a virus. As an end-user, I can decide to disable this traffic management measure in order to propose a legitimate emailing service on my IAS. In France, many nationwide ISPs, like Orange or Darty, prevent me from sending emails from my home IAS, restraining my rights under article 3(1). Some other ISP, like Free or SFR, open the emailing service via an opt-out option. The latter approach is the right one and NRAs must to strongly encourage it.
I second paragraphs 6 and 89: « NRAs may take into account the interconnection policies and practices of ISPs in so far as they have the effect of limiting the exercise end-user rights under Article 3(1). » and « if there is recurrent and more long-lasting network congestion in an ISP's network, the ISP cannot invoke the exception of congestion management ».
But, BEREC needs to clarify paragraph 47: an interconnection of poor quality (capacity, latency, jitter, ...) between two ISPs necessarily create an incentive for the end-users to favour a service or an application (the fastest one) over a technically and functionally equivalent concurrent offer. In such a case, the ISP has restricted the end-user choice, which is an infringement on article 3(1). It is even worse if the privileged service is the ISP's one.
ISPs must provide the same level of quality to virtually all end-points of the Internet. NRAs shall monitor the ISPs interconnection quality and apply sanctions on the ISPs if necessary. In France, the ARCEP works on this matter for a couple of years.
Paragraph 47 probably means that an interconnection between two ISPs isn't an end-user IAS. If yes, this point is OK.
On specialised services (paragraphs 95-123)Paragraph 109: the linear broadcasting IPTV example is biased: some French ISPs provide broadcasting IPTV service and their own VOD service in one single specialised service considering that it all is television after all. Those ISPs then prioritise their own VOD service to the detriment of concurrent VOD services. This is a circumvention of article 3(3) of the Regulation. NRAs must be vigilant on this point.
Paragraph 118: an ISP shall not, in any circumstances, limit the end-user's network capacity. This must always be considered an infringement to the Regulation by NRAs, even if the end-user has been informed (Article 4(1)(c)). If limiting the end user's capacity was acceptable, it would mean the end-user didn't mean to subscribe to an IAS but to the specialised service, so consequently the ISP should not have sold an IAS to the end-user as it is not what he needed. Moreover, in France, specialised services are sold in a commercial bundle (so-called "triple-play" offer) at a charm pricing in an incentive way to prevent the end-user from requesting an IAS without specialised services. These bundled offers aren't easily recognisable in the ISPs' catalogue.
Best regards.
Bonjour,
Je participe à cette consultation sur les lignes directrices relatives à la Neutralité des Réseaux en tant qu'un citoyen français qui considère qu'un Internet ouvert est nécessaire à l'exercice de ses libertés (liberté d'expression, liberté d'information, etc.). Ma contribution est réalisée sur mon temps libre. Mon métier est programmeur informatique mais je n'ai jamais travaillé pour un FAI ou un FSI.
Pour commencer, je déplore que cette consultation se déroule exclusivement en anglais (les lignes directrices sont uniquement publiées en anglais, "Contributions should be sent preferably in English", etc.) car cela nuit à la participation de petits acteurs comme les citoyens ou les petits FAIs : il n'est pas nécessaire de savoir lire des documents légaux pour créer un FAI dans une petite ville de France. Le BEREC essaye de restreindre les participants au cercle des lobbyistes des FAI d'envergure nationale historiques. C'est inacceptable.
Ensuite, j'approuve et je soutiens fortement les paragraphes 17, 59,60,65,66,67, 74, 86,88,89, 97,101,107,108,113,114. Je vous encourage vivement à les conserver dans les lignes directrices finales.
Concernant le paragraphe 16Un utilisateur final d'un IAS a obligatoirement besoin d'IPv6 pour « provide applications and services » (article 3(1)). Il n'y a plus d'adresses IPv4 publiques disponibles. Pourtant, il faut une adresse IP publique pour fournir une application, un service ou un contenu. En France, les FAI d'envergure nationale ne fournissent pas d'adresse IPv4 publique sur leurs accès Internet mobiles. IPv6 est le seul moyen pour les FAI de satisfaire aux obligations de l'article 3(1) du Règlement dès aujourd'hui.
De plus, dans quelques années, un nouveau FAI ne pourra pas entrer sur le marché : il ne pourra pas obtenir d'adresses publiques IPv4. Il fournira donc à ses utilisateurs finaux un accès Internet exclusivement IPv6. Si les contenus, services ou applications IPv6 sont minoritaires comme c'est le cas aujourd'hui, ce FAI ne pourra pas vendre son accès à Internet : aucun client potentiel ne sera intéressé parce qu'il n'aura aucun usage de sa connexion. Cette considération technique sera un motif d'exclusion du marché. Les FAI et les FSI doivent déployer IPv6 dès aujourd'hui pour empêcher cela.
Concernant la liberté de l'utilisateur final d'utiliser le terminal de son choix (paragraphes 23-25)L'analyse du BEREC est faible et incomplète.
Vous vous trompez dans le paragraphe 51 : le contrôle de la congestion est effectué par mon ordinateur situé derrière le terminal. Sur un accès à Internet fixe, le terminal est le routeur domestique, c'est-à-dire l'équipement entre mon réseau domestique privé et le réseau de mon ISP, entre mes ordinateurs, tablettes, smartphones et Internet. Sur un accès à Internet mobile, le terminal est le module baseband de mon smartphone. Comme j'ai le choix de mon smartphone, j'ai le choix du terminal. Le BEREC doit clairement affirmer que le routeur est le terminal et qu'il ne fait pas partie du réseau du FAI.
En France, changer de routeur domestique sur un accès à Internet FTTH est très difficile : une information technique (nommée « attribut DHCP vendor-id ») doit être envoyée par le terminal afin d'être connecté au réseau et d'obtenir son adresse IP publique . Cette information est spécifique à un opérateur voire à une zone géographique ! Cette information n'est pas communiquée par le FAI à l'utilisateur final à la signature du contrat. D'autres caractéristiques techniques du service d'accès à Internet sont également dissimulées à l'utilisateur final (exemple : « VLAN ID »). Donc, la liberté de choix du terminal par l'utilisateur final n'est pas effective puisque celui-ci doit avoir de solides compétences en informatique pour obtenir les caractéristiques techniques de son service d'accès à Internet s'il désire changer de terminal. Je parle bien exclusivement du service d'accès à Internet, pas des services associés (téléphonie, télévision). Les autorités nationales de régulation doivent être très vigilantes sur ce point.
En France, tous les FAI d'envergure nationale associent des services au service d'accès à Internet comme un service de téléphonie ou de télévision (linéaire ou VOD) ou de jeux vidéos dans un forfait mensuel facturé moins de 30 €/mois. Ces services incorporés ne limitent pas directement les droits des utilisateurs prévus à l'article 3(1) mais ils sont de nature à fortement inciter les utilisateurs finaux à conserver le routeur domestique fournit par leur FAI pour profiter des services qu'ils payent tous les mois même s'ils ne les utilisent pas ! En conséquence :
- Les autorités nationales de régulation doivent imposer aux FAIs la publication de toutes les spécifications techniques (exemples : « vendor-id », « VLAN-ID », etc.) de leur service d'accès à Internet et de tous les services associés à celui-ci. Ainsi, n'importe quel fabricant de routeurs pourra vendre des routeurs domestiques alternatifs à ceux des ISP qui permettent de profiter du service à Internet et des services associés. Tout utilisateur final pourra donc choisir le terminal de son choix. Cet effort de transparence est nécessaire à une concurrence pure et parfaite.
- Les autorités nationales de régulation doivent imposer aux FAI d'indiquer, clairement, sur leur facture mensuelle, le prix de la location du routeur domestique. Ainsi, les utilisateurs finaux auront connaissance de la non-gratuité de cette location et pourront décider d'acheter un routeur domestique indépendant de leur FAI. Les utilisateurs finaux doivent être libres de refuser le routeur domestique proposé par le FAI. Dans ce cas, l'utilisateur final ne peut pas être facturé pour cette location par le FAI.
- Les autorités nationales de régulation doivent imposer aux FAI de proposer des offres de service d'accès à Internet nu, sans aucun service ajouté. Ces offres doivent être moins chères que les offres groupées (Internet + téléphone + TV + etc.). Elles doivent être facilement identifiables dans le catalogue du FAI. Un FAI est un fournisseur de réseau, pas un fournisseur de services comme de la télévision ou de la téléphonie.
Ce point est un point central du Règlement car plusieurs points reposent dessus comme les paragraphes 75 et 51. Des restrictions du service d'accès à Internet ou les mécanismes de contrôle de la congestion appliqués côté utilisateur final peuvent être hors champ de la régulation seulement si l'utilisateur a le choix complet de son terminal. Sinon, des violations du Règlement et des droits des utilisateurs finaux (exemples : mesure de gestion du trafic, contrôle de la congestion discriminatoire, restrictions, etc.) seront encore constatées.
Concernant les offres « zero-rating » (paragraphes 37-45)J'appuie fortement l'analyse du BEREC énoncé au paragraphe 38.
Je désapprouve fortement l'analyse du BEREC énoncée dans le paragraphe 45 selon laquelle une « Commercial practices which apply a higher price to the data associated with a specific application or class of applications are likely to limit the exercise of end-users’ rights because of the potentially strong disincentive » alors qu'une pratique commerciale de zero-rating « creates an economic incentive to use ». C'est une analyse étrange : appliquer un prix = 0 pour une application ou une catégorie d'applications OU appliquer un prix plus élevé pour une application ou une catégorie d'applications a le même impact sur la décision de l'utilisateur final : qui continuera sérieusement à payer l'application à laquelle le zero-rating ne s'applique pas ?!
La pratique du zero-rating limite obligatoirement les droits des utilisateurs finaux, notamment leur droit de "provide applications and services" (article 3(1)) : mon service ou application reste invisible et n'a aucune audience parce que le marché est truqué puisqu’il faut payer pour accéder à mon service ou application alors que l'accès aux services et applications des autres acteurs est gratuit ! Cela décourage fortement l'innovation sur Internet.
Chaque pratique de chaque FAI devra être évaluée et éventuellement sanctionnée par l'autorité nationale de régulation de chaque pays membre de l'UE. C'est une perte de temps pour ces autorités. Même si une pratique est sanctionnée, elle aura créé une habitude entre un service ou une application et un public. Un public qui ne l'aurait pas forcément adopté sans l'offre de zero-rating. Une offre de zero-rating proposée par un FAI peut déséquilibrer durablement des marchés de services et d'applications.
Pour ces raisons, le BEREC doit interdire les offres de zero-rating au motif qu'elles limitent obligatoirement l'exercice des droits des utilisateurs, ce qui enfreint l'article 3(2).
Concernant les mesures de gestion du trafic (paragraphes 46-89)Paragraphe 51 : les autorités nationales de régulation doivent veiller à ce que les mesures de gestion du trafic (ECN, DiffServ (RFC 2474), …) ne soient pas configurées par le FAI, à l'insu de l'utilisateur final, sur les routeurs domestiques qu'ils fournissent sinon, le Règlement est contourné.
Le BEREC doit ajouter une ligne directrice supplémentaire : toute mesure de gestion du trafic, raisonnable ou non, mise en place par le FAI, sur son réseau ou sur le terminal de l'utilisateur final, doit être sous le contrôle intégral de l'utilisateur final. L'utilisateur final doit pouvoir désactiver (et activer) facilement (avec une option compréhensible dans l'interface du routeur domestique fourni par le FAI), sans surcoût, toute mesure de gestion du trafic.
- En tant qu'utilisateur final, je dois pouvoir désactiver la priorisation des applications VOIP ou de toute autre catégorie de trafic même si c'est un service spécialisé.
- En tant qu'utilisateur final, je dois pouvoir désactiver le blocage technique d'une application ou d'un service réalisé par mon FAI car "shall have the right to (...) provide applications and services" (article 3(1)). Par exemple, en France, une mesure de gestion du trafic est mise en place par quelques FAI pour éviter que l'ordinateur de l'utilisateur n'émette des emails afin qu'il ne puisse pas émettre des spams s'il a un virus. En tant qu'utilisateur final, je peux décider de désactiver cette mesure de gestion du trafic afin de proposer un service d'emails légitime depuis mon service d'accès à Internet. En France, des FAIs d'envergure nationale limitent mon droit prévu à l'article 3(1) en m'empêchant d'envoyer des emails depuis mon accès Internet fixe comme Orange or Darty. D'autres FAIs ouvrent le service d'emails en opt-out comme Free or SFR. La dernière approche est la bonne et elle doit être encouragée par les autorités nationales de régulation.
J'approuve les paragraphes 6 et 89 : « NRAs may take into account the interconnection policies and practices of ISPs in so far as they have the effect of limiting the exercise end-user rights under Article 3(1). » et « if there is recurrent and more long-lasting network congestion in an ISP's network, the ISP cannot invoke the exception of congestion management ».
Mais, le BEREC doit clarifier le paragraphe 47 : la mauvaise qualité (capacité, latence, gigue, etc.) d'une interconnexion entre deux FAI incite obligatoirement les utilisateurs finaux à privilégier un service ou une application (la plus rapide) au détriment d'un concurrent techniquement et fonctionnellement équivalent. Dans ce cas, le FAI a limité les choix de l'utilisateur final, ce qui est une infraction à l'article 3(1). C'est encore pire si le service privilégié appartient au FAI.
Les FAIs doivent offrir le même niveau de qualité vers « virtually all end-points of the Internet ». Les autorités nationales de régulation doivent surveiller les interconnexions des FAI et sanctionner les FAI si nécessaire. En France, l'ARCEP travaille sur cette question depuis plusieurs années.
Le paragraphe 47 signifie probablement qu'une interconnexion entre deux FAI n'est pas un service d'accès à Internet pour utilisateur final. Si c'est bien le cas, ce point est OK.
Concernant les services gérés (paragraphes 95-123)Paragraphe 109 : l'exemple de la TV linéaire est un exemple biaisé : en France, les FAIs fournissent leur service de télévision linéaire et leur service de VOD dans un même service géré en considérant que tout ça, c'est de la télévision. Ces FAIs priorisent donc leur propre service de VOD au détriment des services de VOD concurrents. C'est un contournement de l'article 3(3) du Règlement. Les autorités nationales de régulation doivent être vigilantes sur ce point.
Paragraphe 118 : un FAI ne doit en aucun cas limiter la capacité réseau d'un utilisateur final. Cela doit obligatoirement être considéré comme une infraction au Règlement, même si l'utilisateur final est informé (Article 4(1)(c)). Si une limite de la capacité réseau de l'utilisateur final était acceptable, cela signifierait que l'utilisateur final n'a pas voulu souscrire à un service d'accès à Internet mais au service géré donc le FAI n'aurait pas dû vendre un service d'accès à Internet et l'utilisateur final n'aurait pas dû acheter un service d'accès à Internet car ce n'est pas ce dont il a besoin. De plus, en France, les services gérés sont fournis dans un package commercial (nommé « offre triple-play ») à un prix psychologique qui incite l'utilisateur final à ne pas réclamer une offre d’accès à Internet sans service géré. De plus, les offres sans services gérés ne sont pas facilement identifiables dans les catalogues des FAIs.
Cordialement.
Un énorme merci à b4n ( http://ban.netlib.re/shaarli/ ) pour son aide sur la traduction. Merci au groupe de travail « régulation » de la FFDN ( https://www.ffdn.org/fr/ ) pour l'accueil et la motivation.
Mais quelque chose étonne dans le discours public, notamment de la part des grands élus de l’opposition. À force de coller aux sentiments et aux ressentiments des anonymes qui s’expriment dans la rue ou sur les réseaux sociaux, de surfer sur les peurs et les fureurs, et même de souffler sur les braises, ne prennent-ils pas le risque de ruiner l’autorité politique qu’ils aspirent à exercer ?
Henri Guaino dégage-t-il une impression de sagesse lorsqu’il invite à armer de lance-roquettes les militaires chargés d’assurer la sécurité des rues ? Christian Estrosi est-il crédible, quand il interpelle l’État en oubliant que les grands élus locaux ou régionaux ne sont pas des quidams ? Emportés par leur zèle, les chefs des diverses oppositions, au fil des temps et des alternances, se sont souvent aventurés sur des chemins intenables, qui les ont ridiculisés dès qu’ils sont passés du ministère du verbe aux allées du pouvoir. [...]
À ce titre, et au-delà des dérapages des uns ou des autres, une rhétorique est en train de devenir dominante. Elle parle, comme l’a fait Nicolas Sarkozy à la sortie d’une cérémonie religieuse, de « dire les choses » pour être cru. De les nommer. De lever les tabous. D’oser mener la guerre, puisqu’on nous la déclare.
Le problème, c’est que ce discours martial (« Aux armes citoyens, formez vos bataillons, marchons, marchons, qu’un sang impur abreuve nos sillons ») est justifié par une autre exigence. La promesse de sécurité et de tranquillité. À entendre ces proclamations, il faut oser la guerre pour se mettre à l’abri ! On entre là dans un concept qui date de la première guerre du Golfe. On a dégainé à cette époque l’idée d’une guerre technologique où ne mourraient que les ennemis, et encore… La guerre propre. La fameuse guerre à zéro mort.
On a vérifié depuis cette époque, et de façon souvent affreuse, que ce concept de guerre à zéro mort était une escroquerie. Le plus grand bobard des quarante dernières années. On meurt toujours à la guerre, qu’elle soit symétrique ou pas. Partir en guerre c’est décider, à tort ou à raison, qu’un intérêt collectif supérieur surpasse le droit individuel de vivre, et qu’il peut être utile, au nom du bien public, que des gens trouvent la mort. Si la guerre dont on parle est une nécessité, elle fera d’autres victimes, quelles que soient les précautions.
S’avancer devant l’opinion en promettant que personne ne mourra, parce qu’on prendra de fantastiques mesures de protection, et soutenir dans le même mouvement qu’il faut déclarer la guerre et l’assumer, est un mensonge intenable. Soit on se planque pour survivre, soit on se bat quitte à mourir, mais pas les deux à la fois. Alors qu’ils s’apprêtent à revenir au pouvoir en réclamant qu’on « dise les choses », les candidats à la primaire de droite feraient bien de ne pas les escamoter.
Rappel : Il reste que ce week-end pour défendre la neutralité des réseaux au niveau européen. La manière la plus simple de contribuer à cela est de se rendre sur https://savetheinternet.eu/en/#act et de remplir le questionnaire composé de 5 questions. Cela génère un mail automatique qui prend en compte vos réponses et qui, si vous le validez, sera envoyé au régulateur européen des télécoms. Y'en a pour 5 minutes…
Note : vous pouvez aller sur la version française du questionnaire, https://savetheinternet.eu/fr/#act pour comprendre le questionnaire et les explications mais il n'est pas recommandé d'envoyer un mail en français car le régulateur européen des télécoms ne donne aucune indication sur leur lecture / prise en compte.
Les internautes ont jusqu'au 18 juillet pour participer à la consultation publique sur la neutralité du net et demander la correction de certaines lacunes.
Branle-bas de combat général pour la neutralité du net en Europe. Neuf mois après l’adoption par le parlement européen de la recommandation sur le marché unique des communications électroniques, qui met en place un cadre pour la neutralité du net, les défenseurs d’un strict respect de ce principe essentiel montent au créneau pour tenter de corriger certaines lacunes du texte.
C’est tout le sens de la campagne Save The Internet, qui cherche à peser de tout son poids sur les réflexions de l’organe des régulateurs européens des communications électroniques (ORECE, ou BEREC en anglais). En effet, les règles de procédure de l’ORECE prévoient que la participation du grand public aux débats, mais pour un temps limité seulement : du 6 juin au 18 juillet 2016.
[...]
Afin de les pousser à participer, le site web Save The Internet propose une version simplifiée et en français du questionnaire (la version détaillée peut aussi être remplie, mais elle a le désavantage d’être en anglais et de requérir plus de temps). Il ne faut vraiment qu’une poignée de minutes pour contribuer. Selon le compteur installé par les organisateurs de la campagne, plus de 160 000 personnes ont répondu.
[...]
La campagne a d’ailleurs reçu jeudi un soutien de poids en la personne de Tim Berners-Lee, le créateur du web, mais aussi de Lawrence Lessig (professeur de droit à l’université Harvard à l’origine des licences Creative Commons) et de Barbara van Schewick (professeur de droit à l’université Stanford).
Dans une lettre ouverte publiée sur Web Foundation, ils appellent à se mobiliser avant le 18 juillet 2016 pour peser sur la décision finale de l’ORECE, en les incitant à boucher les failles existantes sur la définition actuelle de la neutralité du net. Les trois personnalités refusent ainsi les voies rapides sur Internet, la pratique du Zero Rating, la discrimination du trafic et les services spécialisés.
Intéressant : deux programmes, connectés via un pipe et la dernière sort toujours avec le code 0 aka "j'ai fait mon job". Dans un tel cas, une condition de ce genre ne fonctionne pas :
if mysqldump -u backup -p testbd | gzip -9 > testbd.bak.gz ; then
echo 'Backup testbd OK';
else
echo 'Backup testbd NOK';
fi
En effet, même en saisissant un mot de passe incorrect ou autre erreur durant l'extraction depuis la base de données, mysqldump sortira en erreur mais gzip sortira en OK puisque cette commande n'aura rien reçu sur stdin donc pas de travail à faire donc elle aura bien réussi à ne rien faire. :)
Solutions : soit on teste la valeur de $PIPESTATUS[0] (pour un pipe enchaînant 2 commandes, [0] et [1] pour 3 commandes, etc.) soit, sans changer la structure de notre code, on positionne l'option « pipefail » : set -o pipefail. Elle permet d'obtenir un code de retour = 0 si toutes les commandes d'un pipe ont réussies ou le code de la dernière commande du pipe qui n'est pas sortie en 0.
ÉDIT DU 15/07/2016 À 23h40 : la rigueur de mon bash-nazi habituel, b4n, m'oblige à vous indiquer que oui, ça fonctionne avec bash, zsh et quelques autres mais que ce n'est pas standard. FIN DE L'ÉDIT.
Dans les exceptions à la neutralité du Net, il y a les services gérés. Le consensus actuel est que la télévision linéaire (celle de papa, avec de la pub entre et dans les émissions, par opposition à la télévision de rattrapage qui se fait en ligne, avec de la pub partout aussi et du flash) est forcément un service géré. Ce consensus s'appuie beaucoup plus sur des pratiques actuelles et sur des choix techniques douteux que sur une réalité intangible.
[...]
Quand le principe de la neutralité du Net a commencé à s'imposer, les opérateurs ont essayé d'y échapper en créant la notion de service spécialisé, aussi appelés services gérés : des services qui demandent une qualité particulière sur le réseau et sont donc en-dehors du champ de la neutralité du Net. Il y en a deux classiques en France, la télévision et le téléphone. Pour ces deux services, quand ils sont vendus dans le cadre d'un abonnement unique via une box, il y a une priorisation du trafic : sitôt qu'on allume le décodeur télé, de la bande passante est consommée en priorité par ces flux et ça se ressent sur l'accès à Internet, surtout en ADSL (en fibre ça ne se sent pas, en câble les techniques sont vraiment différentes).
Plusieurs angles d'analyse s'opposent et se complètent pour essayer de caractériser ce qui est un service géré, et parmi les services gérés ce qui est légitime et ce qui ne l'est pas.
Notre angle habituel (côté Fédération FDN et Quadrature du Net) est qu'un service géré qui est équivalent, fonctionnellement, à un service disponible en ligne est une entrave à la libre concurrence : l'opérateur privilégie son propre service (ou celui de son partenaire, c'est égal) en lui offrant une jolie priorisation sur le réseau, contre les services de ses concurrents disponibles en ligne.
Un angle habituel des opérateurs est la nécessité de la priorisation : le service de vidéo demande une priorisation pour que les vidéos soient fluides même quand bittorrent tourne en tâche de fond. Mais il est difficile d'expliquer que c'est vrai pour les vidéos payantes des opérateurs (sur le service de VOD de leur offre télé, par exemple) alors que la priorisation n'est pas disponible pour les vidéos payantes de YouTube (si, si, il y en a, on peut louer des films sur YouTube).
Un angle nouveau proposé par les opérateurs est de comparer l'état du réseau selon que le service est géré ou qu'il ne l'est pas, toutes choses étant égales par ailleurs. Si le réseau est dramatiquement plus chargé, ou mis en danger, ou rendu moins efficace, bref, s'il y a un dommage sur le réseau, c'est qu'il faut que ce soit un service géré. Cet argument a été avancé par quelqu'un pendant la réunion qui s'est tenu le 11 mai au matin dans les locaux de l'ARCEP[1] et je m'y suis opposé sur des bases techniques. Opposition légère, et rapide, de principe, je n'avais pas le temps d'expliquer.
Sur le fond, l'argument est bon. Si un service en passant de géré à normal crée des dommages sérieux sur le réseau, alors il devrait être géré. Reste que ce n'est pas le cas de la télé.
Le cas de la vidéo à la demande est enfantin
Pour la vidéo à la demande, l'analyse est simple. Pas de vraie différence sur le réseau entre la vidéo diffusée par la plateforme de vidéo à la demande (VOD) de l'opérateur et celle diffusée pas un acteur externe, Netflix ou YouTube par exemple. Donc, ce n'est pas défendable.
L'utilisateur final a payé son accès au réseau, sous la forme d'un abonnement. Il paye le visionnage de la vidéo à la plateforme de vidéo. Si le réseau marche mieux pour une plateforme que pour une autre, c'est un abus de position dominante, et une atteinte très claire au principe d'accès à un réseau ouvert.
Le stress imposé sur le réseau par le visionnage d'une vidéo à la demande, que ce soit sur un site Web, ou au travers du décodeur télé sur la plateforme de l'opérateur, est de la même nature. Il ne diffère qu'en fonction de la vidéo (haute définition ou pas), et par la source du trafic (un point A du réseau au lieu d'un point B du réseau), pas par la nature de la charge induite par le visionnage lui-même. Sur ce service là, l'argument "dommage sur le réseau" n'est donc pas opérant.
Le simple fait que l'opérateur privilégie son offre en prévoyant un câblage spécifique sur la box est un problème. La prise où on branche le décodeur télé est un accès spécial au réseau, cet accès passe par des voies privilégiées pour que les flux télé et VOD soient priorisés. Les flux de VOD de toutes les offres du marché, quel que soit le fournisseur, devraient passer par cet accès priorisé. La priorisation du trafic n'est pas en elle-même un problème. C'est le fait que cette priorisation se fasse pour une seule plateforme qui est un problème. En fait, savoir si la priorisation a lieu pour les offres de VOD de l'opérateur, ou d'un opérateur concurrent, ou de Netflix, ou de Télé Bocal, devrait être automatique et non-discriminant. Ou au choix et sous le contrôle de l'utilisateur final. Mais pas au choix de l'opérateur.
Fonctionnement de la diffusion de la télévision linéaire en IP
Techniquement, la télévision linéaire est diffusée en multicast[2]. C'est un cas intéressant, tout le monde voit le même flux, à la même seconde, la même image en même temps. L'idée est que, quel que soit le nombre de téléspectateurs, on ne va transporter les informations qu'une seule fois. Et pour obtenir cet effet, on utilise du multicast.
[...] Le principe du multicast est radicalement différent. Le réseau sait que c'est un flux (de quoi, il s'en fiche, c'est un flux). Quand je veux regarder une chaîne donnée, mon décodeur télé envoie un message au routeur juste au-dessus dans le réseau disant "Je veux recevoir le flux de Télé Bocal". Si le routeur reçoit déjà le flux en question (mon voisin regarde déjà cette chaîne) alors il copie le flux vers moi et c'est fait. Sinon, il propage la demande au routeur suivant, jusqu'à remonter au serveur qui émet le flux. L'effet sur le brin du réseau qui va chez moi est assez faible. On a mis en œuvre un protocole de routage plus complexe, mais il y a bien un seul exemplaire du flux qui arrive chez moi, comme avant, comme en unicast. En revanche, sur les grands axes du réseau, un seul exemplaire du flux est transporté. Cet exemplaire sera dupliqué à chaque point de connexion, pour aller vers les zones où quelqu'un regarde la chaîne, et seulement ces zones-là.
Du coup, en effet, si on remplace la diffusion de la télévision linéaire en multicast par des flux web en unicast, on crée un stress considérable sur le réseau, les grands axes du réseau se retrouvent avec le même flux en plusieurs millions d'exemplaires, au lieu d'un exemplaire unique. Mais... ce n'est pas la priorisation, ou un changement de priorisation, qui produit cet effet. Ce n'est pas de rendre prioritaire les flux des bouquets télé autres que celui de l'opérateur qui produit cet effet. Ce qui produit cet effet, c'est qu'on a changé de technologie. On est passé d'une diffusion multicast à une diffusion unicast.
Si on reste sur la même technologie, à savoir multicast... Mais, peut-on rester sur la même technologie ? Globalement, la réponse simple est oui. Oui. Un émetteur de flux multicast est défini par une adresse IP [...] Et il existe des milliers millions d'adresses IP identifiées comme multicast. Et je ne parle là que d'IPv4, en IPv6, il y en a beaucoup plus. Pour le moment, entre les grands opérateurs d'Internet, les flux multicast ne sont pas routés. Sur les points d'échange, on ne fait pas passer ces flux là. Si on voulait le faire, on déstabiliserait ces points d'échange[4]. Mais le concept de point d'interconnexion multicast entre deux réseaux est un concept raisonnable, qui ne demande pas des équipements nouveaux, mais simplement des équipements actuels et un effort de configuration.
À tel point que certains opérateurs, de petite taille, commencent à fournir ce type de plateforme d'interconnexion multicast, pour aider d'autres petits opérateurs à diffuser des flux de télévision. C'est donc faisable. Pas encore à grande échelle, mais uniquement parce que les grands acteurs du secteur ne veulent pas le faire.
Nous proposons qu'il y ait des points d'interconnexion multicast sur le réseau IP européen, comme il y a des points d'interconnexion pour les flux unicast. Certaines interconnexions sont payantes, d'autres sont gratuites, on pourrait fonctionner sur les mêmes bases. Chaque émetteur de flux télé vient se connecter sur un de ces points (via son fournisseur d'accès à Internet) et dispose d'une adresse IP multicast. France Télévision a une de ces adresses, le groupe Canal+ aussi, Télé Bocal aussi, etc.
Quand le décodeur télé d'un abonné demande à regarder une chaîne... hé bien il se passe la même chose qu'à l'heure actuelle, une demande de souscription IGMP[5] circule sur le réseau vers l'adresse IP qui émet le flux, et chaque routeur sur le trajet se met à gérer son exemplaire du flux, et à dupliquer vers les personnes qui le souhaitent. En clair, sur la théorie, on ne change rien.
Sauf que tout d'un coup, tous les abonnés de tous les FAIs de toute l'Europe ont accès à toutes les chaînes de télévisions de tous les bouquets de tous les pays.
Oh, et les chaînes payantes ? C'est assez simple. Soit le contrôle d'accès à ces chaînes payantes est fait sur le réseau, et alors il continue d'être fait sur le réseau : le routeur qui est au bout de ma ligne n'accepte ma demande de recevoir un flux que si j'ai l'abonnement qui correspond. Soit le contrôle est fait par le terminal : le flux est chiffré, et mon décodeur télé ne pourra déchiffrer le flux que si j'ai l'abonnement correspondant. Il y aurait sans doute des efforts à faire pour généraliser le contrôle d'accès par le réseau, mais j'y reviendrai.
Mais sur le principe, je peux depuis Paris souscrire aux chaînes de cinéma diffusées par les grands bouquets polonais, ou tchèques, ou espagnols.
En ce moment, la Commission européenne fait des grands moulinets avec les bras sur les histoires de geoblocking[6] et sur le Digital Single Market[7]. Ils luttent contre le fait que des plateformes acceptent de diffuser des flux aux abonnés français mais refusent ces diffusions aux abonnés allemands ou américains. Ce qui fait que les copains en séjour aux USA, quand ils veulent regarder un peu de télé franchouillarde, passent par des VPNs pour être vus comme venant de France. C'est stérile. C'est débile. C'est la main invisible du marché.
Notre idée d'un réseau multicast ouvert et public, routé comme il devrait l'être[8], permet de faire du marché de la télévision un vrai marché européen. Non pas qu'une chaîne de télévision en polonais ait une chance de prendre 40% des parts de marché en France, mais qu'un polonais qui est en séjour en France ait accès à des informations en polonais. Le citoyen européen qui se déplace en Europe peut prendre des nouvelles de chez lui. Il est un peu plus chez lui partout en Europe. Et il nous semble que tout ça a du sens.
[...] Le mécanisme que nous proposons pose tout de même une difficulté pour les chaînes payantes. Pas une difficulté de principe, on l'a vu, mais une difficulté contractuelle. En effet, il faut que le routeur au bout de ma ligne sache si je suis abonné ou pas à une chaîne. Or la transaction commerciale a eu lieu, en toute logique, entre la chaîne de télévision (ou son mandataire, mais ça ne change rien) et moi. Il n'est pas logique que l'opérateur soit partie prenante à cette transaction. Il faut donc prévoir un mécanisme simple et portable. Par exemple que l'opérateur puisse interroger une plateforme avec une question du type "l'abonné XXX (identifiant unique) peut-il accéder au flux YYY". Cette plateforme n'est pas très différente, dans son principe, de ce qui se fait pour la portabilité des numéros de téléphone. [...]
Effet de fourniture
Le règlement européen insiste, dans sa définition d'un accès ouvert au réseau, sur le fait que l'utilisateur final peut accéder au service de son choix. Notre proposition fait que l'utilisateur final peut accéder au service télé de son choix via le réseau. C'est donc parfaitement cohérent. Et l'approche contraire qui est que l'utilisateur ne peut accéder qu'au service de télévision linéaire de son opérateur est fondamentalement contraire au texte européen.
Mais il y a plus, comme disent certains juristes. En effet le règlement européen indique clairement que l'utilisateur doit pouvoir fournir le service de son choix. Dans notre approche, c'est possible. Chacun peut avoir une adresse multicast s'il le souhaite, et donc se mettre à émettre, depuis chez lui si la vitesse de son accès le permet, un flux de télévision. Et l'Europe entière pourrait regarder ce flux, sans que sa ligne soit plus chargée que d'habitude.
Le texte du règlement européen est très clair. Il ne dit pas qu'il doit y avoir plusieurs acteurs de marché dans le monde de la télévision. Il dit que chaque utilisateur final doit pouvoir proposer les services de son choix. La vision que nous proposons d'un réseau multicast ouvert, interconnecté, routé, pour le réseau de diffusion de la télévision linéaire est la seule qui permet ça.
Il n'y aurait plus qu'un seul FAI
Le représentant d'un grand opérateur qui défendait le point lors de la réunion de l'ARCEP m'a répondu, outré, comme si j'étais le pire des ignobles, qu'il n'y aurait alors plus qu'un seul FAI. Me dire ça. À moi.
En effet, pour lui, ce qui permet à plusieurs FAIs d'exister, c'est que les offres sont différentes, c'est que les bouquets de télé sont différents, c'est que les films disponibles en vidéo à la demande sont différents. Il devait croire en 2000 que c'est pour le portail qu'un abonné choisissait entre Orange et Free. Et qu'une fois la mode du portail passée, et elle est passée depuis 2008, l'univers entier allait s'écrouler. Il croit donc que si tous les abonnés peuvent accéder par le réseau à toutes les offres de télé, alors tous les FAIs auront le même service, et qu'il n'y aura plus de marqueur différenciant.
Mon analyse à moi, c'est qu'il n'y a qu'un seul Internet. Et que tous les FAIs fournissent un accès au même Internet. Et la proposition qui est faite ici est simplement de réintégrer dans ce réseau Internet unique les flux multicast que les opérateurs ont mis de côté.
Je redoute que sur ce point son approche et la mienne ne puissent pas être réconciliées. Mais voilà, c'est bien mon approche qui est soutenue par le règlement européen, contribuer à ce qu'il n'y ait qu'un seul Internet, et que tous les citoyens d'Europe puissent y accéder de la même manière où qu'ils soient en Europe.
Dans les éléments constitutifs d'un accès ouvert au réseau Internet tel que défini par le règlement européen sur les télécoms adopté récemment, il y a le fait que l'utilisateur final puisse utiliser le terminal de son choix.
Le cas pas si simple du mobile
Les smartphones sont tous conçus sur un modèle relativement similaire. Deux ordinateurs cohabitent dans le téléphone, qui font tourner deux systèmes d'exploitation différents. L'un est ce qu'on appelle le baseband, qui gère la liaison avec le réseau, l'essentiel de la partie radio/GSM. L'autre est celui qu'on manipule via un écran tactile.
Le texte du règlement européen ne rentrant pas dans ce genre de détails, et les téléphones n'étant pas démontables, il en résulte qu'ayant le choix du terminal, on a le choix (sans le faire exprès) du module de connexion au réseau.
Les projets en cours sur ces sujets-là emportent, à mon sens, un enjeu stratégique trop souvent mis de côté par le régulateur et le législateur : la confiance que l'utilisateur accorde, parfois un peu légèrement, à un intermédiaire technique dont il n'a pas forcément conscience.
On a vu par exemple que le téléphone mobile est un outil de choix pour la surveillance de masse de la population (cf. révélations Snowden), que c'est un outil parfait pour cibler un individu, et que la partie radio est capable de prendre la main sur le système central et de le modifier. C'est par exemple ce qui se passe avec certains services contre le vol : le légitime propriétaire du téléphone va sur le site de fabriquant, signale qu'il veut que le terminal soit détruit, et lors de sa prochaine connexion sur le réseau, un message technique sera envoyé à la partie radio qui prendra la main sur le système principal, et effacera toutes les données.
C'est un vrai service rendu à l'utilisateur. Mais c'est aussi le signe que toutes les données de l'utilisateur sont à portée du constructeur et de l'opérateur réseau. Avec l'accord de l'utilisateur final. Ou sans cet accord. Et alors la liberté de choix du terminal prend un sens très fort. Souhaitons-nous accorder de tels pouvoirs à des intermédiaires techniques, et si oui, lesquels ?
Le découpage du fixe
Dans le cas de l'accès fixe à Internet, le découpage est beaucoup plus visible. Tellement visible qu'il finit parfois par être encombrant dans le salon. L'utilisateur final a en général deux ou trois boîtiers interconnectés. L'un est le convertisseur entre l'arrivée en fibre optique et une arrivée réseau plus classique, en RJ45 le plus souvent. Cet équipement est intrinsèquement lié au réseau. C'est lui qui est adapté à la couleur qui circule sur la fibre, et au type de modulation employée (GPON, ethernet, etc)[1]. Cet élément est souvent embarqué dans la box dans le cas de l'ADSL tel qu'il se pratique en France.
Le second élément est celui qu'on appelle la box, parce que c'est joli en terme de marketing. En pratique, c'est un routeur, qui embarque le modem dans le cas de l'ADSL. C'est cet équipement qui est connecté à Internet, qui dispose d'une adresse IP, qui propose du réseau Wifi pour le réseau local, qui réalise le partage de connexion entre le réseau local et Internet, etc. Cet équipement, quand la partie modem en est détachée, est parfaitement standard. Il n'a rien de vraiment lié au réseau. C'est un petit routeur, tout ce qu'il y a de plus simple.
Le troisième élément est le décodeur télé. Il intègre aussi d'autres fonctions, comme l'accès à une plate-forme de vidéo facturée au visionnage (dite vidéo à la demande). [...] Cet équipement est couplé à l'offre de vidéo. Il n'est pas couplé au réseau. Les éléments techniques qu'il met en jeu ne sont pas liés au réseau en lui-même, mais à la plateforme de service. [...] Ce décodeur télé n'est donc pas un terminal utilisé pour le service d'accès au réseau, mais un terminal utilisé pour un service au-dessus du réseau. Ce n'est pas le sujet ici, mais le service de vidéo n'a aucune raison d'être couplé avec le service d'accès à Internet. C'est un cas assez clair de vente lié et d'effet de bras de levier pour imposer un choix à un consommateur captif.
Enfin, il est à noter que le service de téléphonie est assuré soit par la box, dans le cas des accès fibre et ADSL, soit par un équipement entièrement distinct, dans le cas de certains abonnements au câble. Techniquement, ce service pourrait complètement être découplé de l'abonnement à Internet, en étant un service entièrement à part, c'est par exemple le cas quand on prend un abonnement VoIP chez OVH.
Regardons le modem
La question de la définition réglementaire du modem quand il est incorporé dans un autre équipement semble peu intéressante. Soit on considère que c'est le statut de l'équipement englobant qui l'emporte, et alors le modem est intégré à un terminal qui doit être au libre choix de l'utilisateur. Soit on considère que c'est le statut du modem, dernier maillon du réseau, qui l'emporte, et alors il doit être au choix de l'utilisateur parce que le modem est un élément standard simple et remplaçable comme on a vu ci-dessus. Si le libre choix de l'utilisateur est obligatoire, alors l'utilisateur final doit avoir accès à une version de l'abonnement où les deux équipements sont séparés, sans sur-coût inutile (ergo, avec une ristourne significative quand il se passe d'un équipement ou des deux).
On devrait donc arriver à une situation de marché où il est admissible que l'utilisateur n'ait pas le libre choix du modem en vertu du règlement européen sur les télécoms, mais où ce libre choix découlerait du droit de la concurrence et du droit de la consommation, et où les abonnements sans modem seraient moins chers que les abonnements avec modem. Toutes les autres combinaisons correspondent à un dysfonctionnement du marché, et devraient donc être corrigées par la régulation, côté ARCEP ou côté DGCCRF, selon.
Selon cette lecture, le modem n'est donc pas un terminal au sens du règlement européen, c'est le dernier élément du réseau, il est contraint de respecter les choix techniques du réseau (un modem ADSL ne marchera pas sur de la fibre, par exemple).
La box est-elle un terminal ?
La partie modem est le point de terminaison du réseau, elle est un élément du réseau, et ne peut donc pas être considérée comme un terminal au sens du règlement européen.
La box, une fois ce découpage fait, c'est un simple routeur. Ce routeur monte la connexion, détient l'adresse IP publique, gère le partage de connexion, bref, réalise l'accès au réseau, et connecte les services qui disposent d'une priorité particulière. Cet équipement est le terminal qui gère la connexion au réseau. C'est cet équipement qui permet par exemple de faire suivre les connexions Web vers l'ordinateur qui est chargé, chez l'utilisateur final, de diffuser un site web (fourniture des services de son choix au sens du règlement). C'est typiquement cet équipement qui peut se charger de faire du contrôle parental pour que ce contrôle soit effectif sur tous les systèmes raccordés en Wifi au réseau familial.
Quand le règlement européen parle du terminal au libre choix de l'utilisateur final, c'est forcément de la box, simple routeur domestique, qu'il est en train de parler, tous les autres éléments étant en fait les services, que le règlement évoque séparément.
L'opérateur est libre d'imposer un modem précis. La box, le routeur domestique, doit être au libre choix de l'utilisateur final. Il doit donc exister une offre sans la box, et cette offre peut contenir le modem, détaché de la box.
Pour le modem, c'est le droit normal de la concurrence qui va s'appliquer. Si c'est un modem standard, respectant une norme bien connue, et que pour cette norme il existe déjà un marché ouvert, il est probable qu'il soit lui aussi au libre choix de l'utilisateur final.
Microsoft, qui refusait depuis 2013 de fournir aux autorités américaines les données stockées en Europe d’un utilisateur de ses services, a été entendu en appel, jeudi 14 juillet. La cour d’appel des États-Unis pour le second circuit à New York a validé l’argument des avocats de la firme de Redmond. Selon eux, autoriser Washington à émettre des mandats pour accéder aux données stockées à l’étranger foulerait aux pieds les législations nationales et créerait un dangereux précédent.
Appel donc il doit encore y avoir des voies de recours mais c'est déjà encourageant.
Rappel : Il reste que ce week-end pour défendre la neutralité des réseaux au niveau européen. La manière la plus simple de contribuer à cela est de se rendre sur https://savetheinternet.eu/en/#act et de remplir le questionnaire composé de 5 questions. Cela génère un mail automatique qui prend en compte vos réponses et qui, si vous le validez, sera envoyé au régulateur européen des télécoms. Y'en a pour 5 minutes…
Note : vous pouvez aller sur la version française du questionnaire, https://savetheinternet.eu/fr/#act pour comprendre le questionnaire et les explications mais il n'est pas recommandé d'envoyer un mail en français car le régulateur européen des télécoms ne donne aucune indication sur leur lecture / prise en compte.
Passons au sujet de ce shaarli :
Le lobby des télécoms est toujours très actif à Bruxelles. Il faut dire qu'avec l'UE, les points de désaccords ne manquent pas. En témoigne les récents blocages de fusions au Royaume-Uni et au Danemark par l'Autorité de la concurrence européenne. Ces décisions ont passablement agacé les intéressés, qui misent sur ces « consolidation » pour diminuer la concurrence, augmenter leurs prix, et donc leurs bénéfices.
L'autre gros sujet qui fâche concerne les règles de la neutralité du Net. Ce principe suppose que toutes les flux de données en ligne soient traités de manière équitable. Ou en d'autres termes, qu'ils ne soient pas discriminés. Sur le fonds, les opérateurs voient cette mesure d'un très mauvais œil. Pour accroître leurs revenus, ils veulent bénéficier de « différentes catégories de qualité pour proposer de nouveaux services », comme le disait récemment Tim Hoettges, le DG de Deutsche Telekom.
Or début juin, l'organe européen des régulateurs des télécoms (Berec) a dévoilé des « lignes directrices » pour garantir la neutralité du Net sur le Vieux Continent. Or certains positionnements ont suscité une levée de boucliers des opérateurs. L'un d'entre eux concernent le « zero rating », une pratique consistant pour les FAI à ne pas comptabiliser l'accès à un service spécifique dans le décompte de la consommation de data. Le Berec veut encadrer cette pratique pour éviter qu'un service soit favorisé au détriment d'un autre. Concrètement, si une appli musicale est incluse en illimité dans un forfait mobile, le Berec souhaite que si l'accès à Internet est bridé une fois la limite de données atteinte, cette limitation concerne aussi l'appli « zero rating ». Ce qui ne plaît pas aux opérateurs télécoms.
Heu c'est pourtant sobre comme approche. :O Quand tu n'as plus de forfait, tu n'as plus de forfait, point. Si l'on te donne accès à des sites web préselectionnés, c'est uniquement ceux-là que tu consulteras pendant les 28 jours du mois en hors-forfait. Parce que ce seront les seuls pas bloqués ou pas ralentis ! Même chose si c'est des services ou applications, hein. Notamment pour les personnes qui ont un faible quota d'Internet mobile car pas de thunes. On discrimine toujours plus les pauvres.
[...] dans un manifeste dévoilé par le Financial Times, les poids lourds BT, Deutsche Telekom, Telecom Italia ou encore Vodafone [ NDLR : et encore 13 signataires supplémentaires dont Orange et Nokia et Ericsson (LOL) :S ] ont carrément menacé les autorités de l'UE de retarder leurs investissements dans la 5G, la prochaine génération de très haut débit mobile, si le cadre réglementaire n'était pas assoupli !
Bien peu diplomatique, le ton employé illustre à quel point le sujet est sensible. En outre, les opérateurs demandent que les acteurs du Net, à l'instar de Skype ou de WhatsApp - qui concurrencent leurs services en empruntant librement leurs tuyaux - soient soumis aux mêmes règles du jeu qu'eux. Ce qui n'est pas le cas actuellement.
C'est le cas si ces fournisseurs de services ne sont pas leur propre fournisseur d'accès à Internet. S'ils sont leur propre opérateur (comme Wikimedia ou Google ou Facebook) alors oui, les interconnexions IP ne sont pas de la fourniture d'accès à Internet donc ça échappe aux lignes directrices du BEREC. independence?
En menaçant de retarder leurs investissements dans la 5G, les opérateurs jettent un sacré pavé dans la mare. Depuis quelques temps, Bruxelles se démène pour que l'UE reste en pointe dans le développement de cette prochaine génération de très haut débit mobile. En plus de permettre d'acheminer les données beaucoup plus rapidement, la 5G est perçue comme la prochaine grande rampe de lancement de l'Internet des objets. Ce qui permettra, d'ici quelques années, de faire émerger de nouveaux business, comme celui de la voiture connectée. [ NDLR : ou la santé ou la ville connectée, etc. ]
Lol. On n'a même pas encore de la 2G ou de la 3G partout en France et encore moins en EU et encore moins de la 3G qui fonctionne que les opérateurs partent déjà pour la 5G. Minute, papillon ! L'innovation au prix d'accroitre la fracture numérique ?
Via https://www.laquadrature.net/fr/euractiv-les-operateurs-europeens-font-du-chantage-a-la-5g
http://arstechnica.com/tech-policy/2016/07/5g-vowed-by-telcos-demand-weak-net-neutrality/ :
The 3,000-word document also makes certain promises: signatories have committed to starting large-scale demonstrations of 5G technology by 2018, and launching 5G commercially in at least one city in every EU country by 2020.
Y'a aucune promesses : la 5G a toujours était prévue pour l'horizon 2020 !
The telcos also want net neutrality laws to allow “innovative specialised services,” adding that “5G introduces the concept of network slicing to accommodate a wide variety of industry verticals’ business models on a common platform, at scale and with services guarantees.”
[...] Plus qu’un réseau, la 5G sera en fait un ensemble de réseaux cohabitant de façon transparente pour l’utilisateur.
Boarf, on découpe la plage de fréquences. On est au niveau physique de ce que font les VLAN des services spécialisés TV & téléphone au niveau logique.
Il [ NDLR : l’équipementier chinois Huawei ] avait aussi diffusé cette illustration qui montrait bien la répartition des différentes applications possibles en fonction des besoins de chacune [...]
Or si les applications ont des besoins différents et peuvent demander à accéder à telle partie du spectre qui offre plus de distance de couverture, ou à telle autre qui offre une meilleure latence, il devient techniquement nécessaire d’arbitrer entre les utilisateurs du réseau, et de fixer des règles qui permettent de savoir qui peut accéder à quoi, selon quels critères et quelles priorités. Sauf à imposer un système auto-géré par déclarations de besoins, et par des algorithmes non discriminants, les opérateurs mobiles se retrouvent en position de choisir qui a accès à certaines parties de la 5G, et donc de vendre cet accès.
Ben. Les opérateurs veulent des niveaux de services différents pour des cas d'usage spécialisés (genre ville connectée, maison connectée (ça se fait déjà chez SFR)). C'est OK dans les guidelines du BEREC. Faut juste que l'optimisation soit objectivement (critères techniques genre latence, débit, etc) nécessaire. Les telcos disent que oui donc c'est OK… Donc là, s'ils grognent, c'est que ce qu'ils veulent, c'est :
Et si ça n’était pas assez clair, les opérateurs veulent se garantir le droit de vendre des accès à certains pans de la 5G. « Il est essentiel d’assurer la monétisation de la 5G pour conduire les investissements. La monétisation peut prendre place à travers toute la chaîne de valeurs avec les utilisateurs finals, les fournisseurs de services et les verticaux de l’industrie, pour assurer de justes retours [sur investissement]. Les opérateurs devraient aussi être libres de mixer et gérer différentes générations de technologies, mobiles ou autres, qui permettent à la technologie mobile 5G de servir leurs clients de façon optimale ».
In this context we must highlight the danger of restrictive Net Neutrality rules, in the context of 5G technologies, business applications and beyond. 5G introduces the concept of “Network Slicing” to accommodate a wide-variety of industry verticals’ business models on a common platform, at scale and with services guarantees.
Donc, en gros, la 5G c'est de la convergence de réseaux. Accès Internet + réseaux IOT (genre Sigfox). Donc moins d'acteurs. Donc les opérateurs telcos veulent pas déployer seuls, c'est ça leur argument, en fait. Donc, ils recherchent une garantie de rentabilité de déploiement d'une infrastructure. Mooouiiii à ce train-là, on n'aurait déployé aucun réseau (électricité, eau potable, etc.) puisqu'au tout début, qui pouvait prévoir l'usage et donc la future rentabilité de ces réseaux ? Et plutôt que d'envisager du co-investissement de déploiement (où ensuite chaque acteur commercialise son service IOT bullhsit), les telcos attendent une rente des fournisseurs de services comme FT qui loue la boucle locale cuivre alors que la ligne est déployée depuis plus de 30 ans et que y'a jamais de travaux de maintenance dessus ! (ils attendent aussi des fréquences bradées de la part des États).
5G network slices are meant to run on shared infrastructure without deteriorating the agreed levels of service.
Bah donc si vos services spécialisés ne détériorent pas le niveau de service promis pour l'accès à Internet, alors les lignes directrices actuelles du BEREC ne peuvent rien contre vous. :)
The EU regulatory framework should be reformed to have as a primary objective a requirement for NRAs (National Regulatory Authorities) to secure long-term benefits to consumers and European economic development by incentivising investments in connectivity by all players
Ok, ils ont toujours à l'idée de faire casquer les fournisseurs de services. L'idée est de dire que sans services, les réseaux ne valent rien. Et sans réseaux, on n'accède pas aux services. Sauf que quand je paye mon abonnement d'accès à Internet, je paye pour que mon FAI monte son réseau et me donne accès à tout Internet ! Pourquoi aller demander de l'argent aux fournisseurs de services en échange d'une priorisation ? Le FSI aussi il monte son réseau où il a recours à un FAI qui doit monter son réseau ! Le FAI répartie les coûts sur ses clients, comme dans tout business ! Après, si les FAI vendent forfaitairement et à 30 €/mois quelque chose qui n'est pas forfaitaire ou à 30 €/mois, c't'un autre problème.
https://edri.org/telcos-commission-attack-net-neutrality-berecs-independence/ :
Seventeen operators have made an anti-net neutrality statement called the “5G Manifesto” that one can even find on the European Commission’s website. Among other things, the manifesto criticises BEREC’s draft guidelines for creating (unspecified) uncertainties for investment. The rather hysterical statement even threatens the regulators with a delay in investment unless they “take a positive stance on innovation and stick to it.” This demand is mirrored in some of the almost comically biased questions in the 5G networks “consultation” launched by the European Commission.
Even more worrying than the content of the manifesto is the endorsement it has received from the European Commission and, in particular, from the European Commissioner for Digital economy and Society Günther H. Oettinger. In fact, the Commission has promoted the anti-net neutrality declaration not only once, but at least three times on the European Commission’s website (see here, here and here). In addition, the Commissioner applauded these companies in social media. Does this mean that the Commission is “very much” welcoming an attack against net neutrality, the law and the regulators’ independence?
Bah EU = exécutif fort, comme en France.
Moi j'sors ma boule de cristal et j'dis que SFR et d'autres annonceront des licenciements massifs au nom des règles trop strictes de l'EU alors qu'il n'en est rien : http://www.numerama.com/business/177155-patrick-drahi-regrette-davoir-promis-de-ne-pas-licencier-chez-sfr.html
La Commission européenne a adopté mardi matin le Privacy Shield, le cadre juridique qui remplace le Safe Harbor et présume que les données personnelles exportées vers les États-Unis bénéficient d'un niveau de protection équivalent à celui offert par le droit européen. Applaudi par Microsoft, l'accord est critiqué par les défenseurs de la vie privée.
[...]
Les CNIL européennes réunies dans le groupe G29, elles, devraient se prononcer le 25 juillet prochain.
Se prononcer = émettre un avis purement consultatif, hein.
Pour un résumé de ce que contient le Privacy Shield, voir http://shaarli.guiguishow.info/?2QNnaA
Je rappelle : la manière la plus simple de contribuer à défendre la neutralité des réseaux au niveau européen est de se rendre sur https://savetheinternet.eu/en/#act et de remplir le questionnaire composé de 5 questions. Cela génère un mail automatique qui, si vous le validez, sera envoyé au régulateur européen des télécoms. Y'en a pour 5 minutes…
Note : vous pouvez aller sur la version française du questionnaire, https://savetheinternet.eu/fr/#act pour comprendre le questionnaire et les explications mais il n'est pas recommandé d'envoyer un mail en français car le régulateur européen des télécoms ne donne aucune indication sur leur lecture / prise en compte.
Les militants de Save The Internet, une coalition internationale d'ONG pour la défense de la neutralité du Net, n'ont plus qu'une semaine pour faire entendre leur voix : l'Union européenne doit protéger la neutralité du Net. Leur message s'adresse à l'ORECE, l'Organisation des Régulateurs Européen des Communications Électroniques, qui prépare ses lignes directrices pour l'application de la directive sur la neutralité du Net.
Cette coalition s'oppose à un adversaire de taille : les gros opérateurs télécoms. La semaine dernière, les 17 plus gros Fournisseurs d'Accès à Internet (FAI) européens ont dévoilé leur « manifeste pour la 5G », dans lequel ils demandent des règles moins strictes concernant la neutralité du Net. Sur la base d'arguments et d'analyses discutables, ils ont affirmé qu'un Internet libre et ouvert pourrait mettre en danger les investissements dans les nouveaux réseaux 5G. En réalité, toutes les données disponibles indiquent que la neutralité du Net, servant de garde-fou contre les pratiques anticoncurrentielles, encouragerait au contraire les investissements en infrastructures.
Les technologies 5G permettent aux FAI un tout nouveau niveau de contrôle sur l'Internet mobile. Cela rend la protection de la neutralité du Net encore plus importante pour préserver le bon fonctionnement d'Internet en tant que force motrice pour l'innovation. Le seul argument économique de l'industrie télécoms concerne les profits qu'elle espère tirer d'une intégration verticale. [...]
[...] « Les 17 plus grosses sociétés de télécoms du continent se sont alignées derrière cette atteinte à la neutralité du Net et le commissaire de l'Union européenne, Günther Oettinger, a rejoint leurs rangs en soutenant et en republiant leur manifeste.
Alors que la Commission européenne a clairement pris le parti des industriels, SaveTheInternet.eu donne la parole au public européen. Nous avons besoin de montrer à l'ORECE à quel point le soutien en faveur de la neutralité du Net en Europe est large, diversifié et passionné. [...]
Un mois après le début de la consultation, les retours ont déjà atteints des niveaux sans précédent. La consultation précédente de l'ORECE n'avait reçu que 19 réponses en comparaison et leur consultation la plus réussie en avait reçu 72. La campagne SaveTheInternet.eu a rencontré un succès jamais vu, avec plus de 93 000 commentaires adressés aux régulateurs, soulignant l'importance que le public européen donne à la neutralité du Net. La consultation se terminant le 18 juillet, SaveTheInternet.eu voudrait donner un dernier coup de fouet en atteignant les 100 000 contributions.
J'ai eu envie de me re-visionner cette conférence car on y apprend des choses comme les débuts de VLC et le foirage HADOPI en dehors de la sécurisation des accès et de la riposte graduée.
Pour voir cette conf' : https://video.passageenseine.fr/w/kzwCAquNt4cSRaDDvpCDjn
Débuts :
VideoLAN, l'association derrière VLC :
Stats et anecdotes :
DRM ou MTP (mesures techniques de protection, en français) :
L'aspect légal (ou comment la HADOPI a foiré une autre de ses missions…) :
Emmanuel Macron a finalement décidé de lancer, mardi soir à la Mutualité, sa campagne pour la présidentielle mais sans quitter le gouvernement. [...] Il y a donc bel et bien deux hypothèses. Soit Emmanuel Macron est de mèche avec François Hollande ; soit il ne l’est pas. Soit il est en passe de voler de ses propres ailes ; soit il rentrera plus tard dans la basse-cour socialiste. Mais sait-il lui-même ce que sera son chemin ? Ou bien les aléas de la vie politique décideront-ils pour lui ?
En fait, toutes ces spéculations n’ont guère d’intérêt car, dans tous les cas de figure, la candidature d’Emmanuel Macron revêt une importance qui dépasse ces péripéties : c’est la première fois en effet, en France, que l’oligarchie de Bercy, celle de l’Inspection des finances ou de la direction du Trésor, pousse en avant l’un des siens à entrer en politique pour son propre compte.
Depuis trente ans, cette oligarchie de l’Inspection des finances a certes déjà joué un rôle majeur dans la vie politique et économique française. Contrôlant toutes les grandes directions, les plus influentes, du ministère des finances, dirigeant la plupart des grandes entreprises publiques, dirigeant aussi de très nombreuses entreprises privées grâce à trois décennies de privatisations, cette oligarchie pèse d’un poids majeur sur toutes les politiques publiques. Sur ce que Jacques Chirac avait baptisé la « pensée unique ».
En clair, si la gauche et la droite ont conduit depuis plus de trente ans des politiques économiques et sociales de plus en plus voisines, sinon même strictement identiques, bafouant périodiquement l’aspiration à une alternance des citoyens, ruinant la conception même de la démocratie, c’est en grande partie à cause de cette oligarchie, qui a toujours survécu à toutes les alternances, et préconise perpétuellement la mise en œuvre des mêmes réformes dites « structurelles » – traduction : néolibérales !
Veut-on connaître la philosophie qui guide depuis si longtemps l’action de cette oligarchie ? Il suffit de se replonger dans le rapport de la commission Attali – dont Emmanuel Macron était le rapporteur – remis à Nicolas Sarkozy en janvier 2008. Brûlot néolibéral, ce document proposait 316 réformes visant à démanteler le code du travail et à déréguler l’économie – autant de réformes qui sont depuis des lustres dans les cartons des grandes directions de Bercy. Et en introduction de ce document, Jacques Attali et Emmanuel Macron avaient consigné cette préconisation : « [La réforme] ne peut aboutir que si le président de la République et le premier ministre approuvent pleinement les conclusions de ce rapport, le soutiennent publiquement, dès maintenant, personnellement et durablement, en fixant à chaque ministre des missions précises. Pour l’essentiel, ces réformes devront être engagées, selon le calendrier proposé à la fin de ce rapport, entre avril 2008 et juin 2009. Elles devront ensuite être poursuivies avec ténacité, pendant plusieurs mandats, quelles que soient les majorités. »
« Pendant plusieurs mandats, quelles que soient les majorités »… Nous y voilà ! Toute la « pensée unique » est dans cette formule. Voilà ce que sécrète le système de l’oligarchie française, dont Jacques Attali et Emmanuel Macron sont des représentants : elle sécrète une idéologie qui tient la démocratie pour méprisable ou quantité négligeable. Peu importent les alternances démocratiques, peu importe le suffrage universel : il faut que « pendant plusieurs mandats, quelles que soient les majorités », la même politique économique se poursuive. Perpétuellement la même. L’enrichissement pour les uns, la punition sociale pour les autres.
Sans que l’on n’ait pu le deviner dès cette époque, il y avait d’ailleurs un aspect prémonitoire dans cette recommandation. Car effectivement, c’est sous le quinquennat de Hollande qu’une bonne partie des dispositions réactionnaires contenues dans ce rapport commandé par Sarkozy ont finalement été mises en œuvre, instillées dans les deux lois défendues par le même… Emmanuel Macron
Macron 1 et sa partie dans la loi Travail, celle qui a d'ailleurs fait sortir les gens dans la rue… tout en propulsant Macron en tête des sondages de popularité, va comprendre…
Et comme tant d’autres oligarques, Emmanuel Macron a lui-même joué les essuie-glaces : il a commencé à faire carrière sous Sarkozy ; et a continué sous Hollande, en défendant exactement les mêmes idées, ce qui lui a permis de prendre son envol. Voici ce qu’incarne Emmanuel Macron : d’une certaine manière, c’est la fin de la politique ; c’est l’oligarchie qui survit à toutes les alternances.
Hoooo, c'est donc ça, son attitude "ni de gauche, ni de droite" qui le fait passer pour un libre penseur… C'pas stupide comme hypothèse.
Avec Macron, il y a pourtant une nouveauté radicale. Jamais, jusqu’à présent, les membres de sa caste n’étaient entrés en politique directement. Il y a certes des inspecteurs des finances qui ont fait ce choix, tel Alain Juppé, mais toujours en respectant les codes traditionnels de la vie politique : en se mettant au service d’un parti, en l’occurrence le RPR (l’ancêtre de l’UMP puis du mouvement Les Républicains), jamais en défiant les partis politiques installés. Mais dans la plupart des cas, les oligarques français de l’Inspection des finances se sont toujours tenus dans les coulisses du pouvoir, préférant jouer les conseillers de l’ombre, plutôt que de prendre en main eux-mêmes les commandes publiques. C’est le cas d’un Alain Minc – le modèle et ami de Macron – ou encore de Jacques Attali – un autre ami – qui, pour n’être pas inspecteur des finances, est aussi très illustratif de l’oligarchie française.
Conseiller dans les coulisses du pouvoir, Macron l’a donc longtemps été, comme ses influents protecteurs. Mais lui fait aujourd’hui un pas de plus, que n’ont pas fait ses mentors : il entre en politique pour son compte propre. Ou pour le compte de la caste dont il est issue. C’est en cela que son parcours est inédit.
[...]
Dans l’audace de Macron, c’est ce qui ressort. Il a décidé de franchir le pas, parce qu’il a derrière lui le clan de Bercy. Et s’il a ces appuis, c’est qu’il y a de l’exaspération dans les hautes sphères de la finance qui n’ont plus confiance en Sarkozy, qui n’ont plus confiance en Hollande ; bref, qui ont envie de diriger eux-mêmes, ou qui approuvent que l’un des leurs se lance dans cette aventure.
La candidature de Macron dit donc beaucoup de l’exaspération qui chemine dans le pays. Pas l’exaspération de « gauche » ou de gauche radicale. Une autre forme d’exaspération, dans d’autres couches de la société. L’exaspération des cercles de l’oligarchie.
Mais il y a, pourtant, quelque chose de pathétique dans cette irruption en politique de l’un des représentants de l’oligarchie de Bercy. Car si Macron a beaucoup d’appuis dans les milieux de la haute finance qui le poussent à s’émanciper, c’est qu’il règne un climat de panique dans ces milieux d’affaires. En effet, celui que ces mêmes milieux d’affaires adoubent pour les représenter n’est pas le plus brillant de la caste. Comparé aux hauts fonctionnaires des décennies antérieures – comme Jean-Claude Trichet, Jacques de Larosière ou Michel Camdessus –, Macron apparaît même bien terne et maladroit, sans charisme ni autorité. Sans véritable légitimité…
Si l’on s’en tient aux derniers mois, on peut même recenser une cascade de faux pas et de maladresses qui révèlent l’amateurisme du jeune ministre voulant se mettre en marche…
Bah du coup, sa partie de la loi Travail et sa sortie sur le costard s'expliquent parfaitement. :) L'incohérence "faites ce que je dis, pas ce que je fais" à propos de son ISF ou de la rémunération, c'est habituel chez les politocards.
[...]
Opposé à un système d’emploi à vie pour les petits fonctionnaires, Emmanuel Macron profite, pour lui-même, du statut le plus protecteur de la fonction publique, celui des inspecteur généraux des finances : un emploi à vie parmi les plus mieux rémunérés. Cessant d’être ministre, il va donc pouvoir continuer à percevoir durant encore six mois la rémunération qu’il percevait à ce titre, mais au-delà, s’il ne démissionne pas, il percevra de nouveau la rémunération des inspecteurs des finances : de l’ordre de 100 000 euros brut par an.
Ceci explique cela. :)
Le règlement européen sur la neutralité du net adopté en novembre 2015 est extrêmement faible puisque consensuel. Ce sera donc aux régulateurs nationaux des télécoms, l'ARCEP en France, de définir les termes, les contours et les pratiques qui sont acceptables et celles qui ne le sont pas. Ensuite, tout cela permettra à ces mêmes régulateurs d'effectuer leur taff de régulation à proprement parlé.
L'autorité européenne qui chapeaute les régulateurs nationaux, le BEREC, a publié, début juin, son brouillon de lignes directrices sur la mise en œuvre des règles concernant la neutralité des réseaux c'est-à-dire de quelle manière les régulateurs télécoms nationaux appliqueront et feront appliquer le règlement européen. C'est disponible ici : http://berec.europa.eu/eng/document_register/subject_matter/berec/public_consultations/6075-draft-berec-guidelines-on-implementation-by-national-regulators-of-european-net-neutrality-rules . Une traduction collaborative est disponible ici : https://quadpad.lqdn.fr/TradBEREC
Ce même organisme conduit une consultation publique en ligne sur ce brouillon de directives : http://berec.europa.eu/eng/news_consultations/ongoing_public_consultations/3771-public-consultation-on-draft-berec-guidelines-on-implementation-of-net-neutrality-rules . « Contributions should be sent preferably in English ».
C'est l'occasion d'essayer de faire fléchir la position du régulateur national vers nos convictions et d'obtenir une définition claire et une protection de la neutralité des réseaux dans toute l'UE.
La FFDN bosse sur une réponse. Je vous invite à participer en votre nom propre pour montrer l'implication de la société civile.
La deadline pour répondre à la consultation publique du BEREC est le 18 juillet à 14h CET. Dans une semaine, donc.
ÉDIT DU 11/07/2016 À 17H15 : Plutôt que de répondre directement, from scratch à l'adresse mail fourni par le BEREC, vous pouvez répondre au questionnaire de https://savetheinternet.eu/en/#act . Ce formulaire génère une réponse pré-écrite qui sera directement envoyée au BEREC suite à une validation de votre part. Vous pouvez lire le formulaire en français sur https://savetheinternet.eu/fr/#act pour bien tout comprendre mais le mieux est d'utiliser le formulaire en anglais car le BEREC ne donne aucune garantie que le mail sera pris en compte / traduit / lu. FIN DE L'ÉDIT.
Y'a un délire que je pige pas, c'est les grands patrons / directeurs qui ont un bureau (à leur travail) mieux foutu que le domicile de tout quidam. Je m'en fais une petite liste ici :
Tout va bien ! On notera que je me cantonne aux établissements financés par de la thune publique. Je me moque du bureau de boss de sociétés commerciales privées (si elles ne sont pas en charge d'une délégation de service publique, bien évidemment), je trouve ça moche mais ça ne me regarde pas, c'est aux salarié-e-s de ces sociétés de se faire entendre.