Une énième diatribe de Gee contre le téléphone, cette fois-ci quand il est utilisé comme appât pour capter un client / usager et le spammer.
Je ne partage plus trop l'arbre de décisions pour savoir quand utiliser le téléphone. Typiquement, l'échange d'informations précises, comme l'heure et le lieu d'un rendez-vous, c'est difficile par écrit en fonction de l'interlocuteur, et impossible avec des acteurs institutionnels, privés comme publics.
In a leaked document, the Irish Presidency proposes to EU Member States that the interest of OpenAI, Anthropic, Google, Meta and SpaceX to make profits should take precedence over the fundamental right to data protection. Use of personal data “in the context of AI” should automatically be lawful. There seems to be wide informal agreement by many Member States. In particular, Big Tech would be able to use all personal data collected over the past decades with virtually no restrictions, as long as this happens “in the context” of AI. […]
[…]
[…] Ireland serves as the EU headquarter for the majority of the US and China’s AI corporations.
[…]
A blank check for an entire technology? Usually, the GDPR permits processing for specific purposes (e.g. retention for tax records or fraud prevention). However, the currently proposed Article 88c (or Article 88bis) legitimises an entire technology. Regardless of the purpose for which it is used, any AI system would be lawfully sucking up any personal data by default. […]
[…]
Further massive limitations on protections and rights. The EU member states have further proposed drastically narrowing the definition of “personal data”, meaning that, amongst other things, it is unclear whether, for example, online tracking would still be covered by the GDPR. This is meant to be done via so-called "pseudonyms" that should regularly not be covered by the GDPR anymore. The problem is, that most IT systems primarily work with pseudonyms (such as user IDs, tracking IDs, IP addresses or social security numbers).
Furthermore, internal company knowledge and capabilities should be an element to be taken into account to determine if the GDPR even applies. Equally, data subject rights should not be applicable if they are “abused” by a data subject.
In practice, these "subjective" factors are prone to abuse. The decision of whether data is still “personal” or a right is “abusive” would be primarily made by the companies that are regulated by the law. Both of these measures can make it almost impossible to enforce the GDPR in practice. In each individual case, companies could have lengthy debates about their (unknown) internal capabilities and intentions and speculate about the potentially "abusive" intentions of users. Such debates typically drag on for years and drown procedures in enormous delays and enormous costs - so anything but "simplification".
[…]
Position of the European Commission and the European Parliament. The European Commission made a 180-degree turn a while ago, and currently clearly prioritises the interests of industry lobbies over fundamental rights. The position of the European Parliament remains mixed. Whilst most of the European People’s Party tend to argue in favour of putting more and more loopholes in EU digital laws, Members of the European Parliament, from the centre-left factions have so far pushed back. Increasingly also far-rights groups oppose proposals for a “free pass” for Big Tech.
Des nouvelles du Digital Omnibus, le démantèlement du RGPD.
La base légale de l'intérêt légitime permet déjà de traiter des données à caractère personnel (DCP) n'importe comment et pour n'importe quoi. Toutes les entités privées en abusent, autant que le public abuse de son équivalent, la mission d'intérêt public. La vérification des critères (intérêt légitime, nécessité, proportionnalité) est chiante, donc les autorités de contrôle, comme la CNIL, y procèdent très rarement. La CNIL elle-même abuse de la mission d'intérêt public, notamment pour sa lettre d'information. Bref, ici l'IA ne fait que rappeler l'existence de ces trous béants du RGPD.
Sur la réutilisation des DCP pour n'importe quelle finalité, noyb dérape un peu. Les systèmes d'IA sont encadrés par l'AI Act, donc écrire que les DCP serviront à entraîner des systèmes dédiés à la désinformation ou à la génération de nus sans consentement, c'est exagéré. Mais, sous cette réserve, il est exact d'affirmer que le principe d'utilisation de DCP pour une finalité précise et leur réutilisation pour des finalités compatibles (lire ici) est sérieusement mis à mal par la proposition.
Concernant le débat de l'application du RGPD aux données pseudonymisées, je renvoie vers cet article.
Triste de voir l'Allemagne sombrer en soutenant une variante de cette proposition qui exclue les autorités publiques (souvenirs de la Stasi ?) et quelques usages (génération voix ou image d'une personne, identification / surveillance / évaluation de personnes). Ce n'est pas la première fois.
L'institution de l'aumônerie n'est pas une anomalie dans un État laïque, même s'il peut sembler surprenant que des ministres du culte soient recrutés par l'État pour exercer leur ministère au sein des armées.
Au contraire, l'aumônerie est une modalité d'application du principe de laïcité, et l'on se souvient que l'article 1er la loi du 9 décembre 1905 énonce que "la République garantit le libre exercice des cultes". Lorsque des personnes sont placées dans une situation qui les empêche matériellement de pratiquer leur religion, la puissance publique organise cet accès au culte, par des aumôneries. On en trouve ainsi dans les hôpitaux, dans les prisons et même dans les établissements scolaires.
L'aumônerie des armées, quant à elle, est une institution ancienne. Après l'instauration de la conscription, la loi des 20 mai-3 juin 1874 établit une aumônerie militaire permanente. Supprimée par la loi du 8 juillet 1880, les aumôniers demeurent toutefois dans les postes isolés et les hôpitaux et pénitenciers militaires, ainsi, en cas de mobilisation, qu'auprès des armées en campagne. La loi du 9 décembre 1905, qui constitue le socle du droit positif, réintroduit ensuite les services d'aumônerie.
L'aumônerie permet aux militaires d'exercer leur culte. Dès 1874, il est prévu des aumôniers des différents cultes, et des aumôniers protestants sont présents durant la guerre de Crimée. Les aumôniers israélites, quant à eux, sont introduits par la loi de 1880. En revanche, le culte musulman a eu davantage de difficultés à s'implanter. Des aumôniers ont certes été présents auprès des soldats musulmans pendant la Première guerre mondiale, mais ils ne bénéficient d'un statut équivalent à ceux des autres ministres de culte que depuis un arrêté du 16 mars 2005.
Si l'aumônier permet aux membres des forces armées d'exercer leur culte, il n'en demeure pas moins qu'il est aussi un militaire, situation quelque peu oubliée par l'aumônier du RPIMa.Le décret du 30 décembre 2008 est parfaitement clair sur ce point : "Les aumôniers militaires sont des militaires servant en vertu d'un contrat". Ils détiennent un grade spécifique et sont soumis aux dispositions applicables aux officiers, lorsqu'elles ne sont pas incompatibles avec leur statut. Ce texte leur confère la mission d'assurer "le soutien religieux des personnels qui le souhaitent".
Surtout, l'article 4 de ce même décret précise leur double casquette, si l'on ose employer cette formule. A la fois ministre de culte et militaire, l'aumônier est soumis à la double hiérarchie de l'aumônier en chef de son culte pour les questions religieuses et de l'autorité militaire pour les modalités d'exercice de sa mission.
[…]
C'est à ce niveau que l'affaire de Carcassonne prend tout son intérêt juridique. En effet, un aumônier bénéficie nécessairement d'une obligation de neutralité quelque peu allégée, car il n'est pas soumis à la neutralité religieuse. Exiger qu'il dissimule ses convictions religieuses reviendrait à détruire la fonction pour laquelle il est recruté.
Certes, mais ce privilège s'arrête là, car il demeure soumis à la neutralité politique et à la réserve militaire. L'article L 4121-2 du code de la défense énonce en effet que les convictions des militaires ne peuvent être exprimées qu'en dehors du service et avec la réserve exigée par l'état militaire. Bien entendu, un aumônier peut exprimer sa foi pendant son service, c'est l'objet même de sa fonction. En revanche, la réserve exigée par l'état militaire s'impose à lui, en tant que militaire. Son homélie, pas davantage que ses autres moyens d'expression, doit s'exprimer dans le respect de ce cadre juridique.
[…] Le rapporteur public concluant sur l'arrêt du 27 juin 2018 affirme ainsi que l'armée, toute l'armée, doit présenter une "neutralité politique absolue" et reconnait que la réserve militaire est plus contraignante que celle des autres agents publics.
#LLC
Comme lecteur de flux RSS, j'utilise Tiny Tiny RSS (tt-rss). Je l'héberge sur ce serveur, à côté de ce shaarli. (Avant tt-rss, j'ai utilisé KrISS feed.)
Qu'est-ce qui justifie de le virer ?
Fonctionnalités désirées du remplaçant :
Pour identifier un remplaçant, j'ai utilisé les inventaires de Wikipedia FR et de Wikipedia EN. Je n'ai pas retenu les logiciels audio / dédiés aux podcasts.
Akregator et Alligator : très nombreuses dépendances à KDE alors que j'utilise MATE, donc je ne les ai même pas installé.
Liferea : l'affichage en trois volets, qui ne peut être changé, ne me convient pas. Recherche globale uniquement. Pas d'annotation.
Newsboat : extrêmement rustique (lecteur en ligne de commande). Aucune mise en forme CSS, et les liens hypertextes rangés à la fin d'un article. Pas de marquage ni d'annotation.
Une extension Firefox (fut un temps, j'utilisais NewsFox) : absence de pérennité (ça va péter au premier changement un peu majeur de Firefox). Embolie du profil. Les premières extensions triées par popularité ne sont pas sous licence libres ou ne proposent pas les fonctionnalités désirées.
Thunderbird : je l'utilise déjà pour mes courriels et je veux dissocier RSS et courriels (= ne pas m'interrompre dans l'une ou l'autre de ces activités distinctes).
RSS Guard : mon coup de cœur ❤️. Icône dans la zone de notification + minimisation. Recherche par flux et globale. Marquage (empêche-t-elle la purge d'un article obsolète ?). Pas d'annotation. Des filtres JavaScript permettant de réparer les merdes habituelles dans les flux (encodage, URL, etc.). Adblock (⚠️ plus à partir de la version 5). Blocage par type de contenus. Ce logiciel m'a beaucoup plu, je le recommande.
RSS Guard est si parfait qu'il m'a rappelé l'inconvénient majeur d'un client lourd : il s'agit d'un navigateur web entier, donc il faut gérer la problématique du flicage. Or, j'ai la flemme, d'autant que le bloqueur disparaît dans les versions récentes.
Du coup, j'ai commencé à me souvenir de l'avantage d'un lecteur RSS de type web : c'est mon uBlock Origin standard qui veille sur mon tt-rss.
Sur mon poste de travail, j'ai déjà un serveur web pour des tests, mon gestionnaire des choses à faire, Vikunja, et l'inventaire de mon matos informatique, GLPI. Ce dernier utilise PHP et MariaDB, et je n'en pas l'intention de le virer, même à moyen/long terme.
Dès lors, héberger mon tt-rss sur mon poste de travail paraît opportun : aucun changement de lecteur RSS, mais je peux virer un SGBD inutile sur un serveur de production.
Reste un dernier souci. J'utilise le suspend-to-ram, l'un des modes de mise en veille prolongée. Je recours à un VPN OpenVPN pour avoir un accès à Internet via un FAI associatif et à un serveur DNS récursif local Unbound pour éviter la censure et pratiquer la validation DNSSEC.
À la sortie de veille, OpenVPN met parfois du temps à détecter que la connexion est hors service. Pareillement, Unbound prend parfois son temps pour détecter le retour de la connectivité à Internet via le VPN.
Conséquence : si le butineur de tt-rss passe dans l'intervalle, et c'est systématiquement le cas, l'ensemble des flux RSS sont en erreur. C'est fâcheux pour les flux que je récupère uniquement toutes les heures ou toutes les quatre heures (afin d'éviter un bannissement par IP).
J'ai pensé à redémarrer tout ce monde dans un script /lib/systemd/system-sleep/. Documentation ici.
L'ennui, c'est que NetworkManager (NM) va aussi redémarrer la connexion filaire, et donc interrompre le VPN, et donc générer le problème. C'est donc à NM de redémarrer OpenVPN, Unbound, et tt-rss. Mon script /etc/NetworkManager/dispatcher.d/restartovpnubndttrss pour ce faire :
#!/bin/bash
IFACE="$1"
EVENT="$2"
if [[ "$IFACE" == "enp0s25" ]]; then
if [[ "$EVENT" == "up" ]]; then
systemctl restart openvpn-client@<CENSURE>.service
sleep 5
systemctl restart unbound.service
sleep 5
systemctl restart ttrss.service
fi
fiDans son topo de rentrée, le patron du Conseil d'État (CE) expose que des clous supplémentaires seront très prochainement plantés dans le cercueil de la justice administrative. Dans l'indifférence générale.
Pour les personnes qui préfèrent la version vidéo, c'est ici.
En premier lieu, l'activité contentieuse du Conseil d'État et de l'ensemble de la juridiction administrative connaît une transformation majeure depuis deux ans. L'augmentation des requêtes a été massive en 2024 et 2025. Devant les tribunaux administratifs, le nombre de dossiers nouveaux est passé de 257 000 en 2023 à plus de 370 000. Sur les douze derniers mois, la hausse s'amplifie encore avec + 20% d’entrées, soit plus de 60 000 affaires nouvelles. Désormais, les cours administratives d'appel subissent mécaniquement cette hausse. Elles ont, sur l'année glissante, connu une augmentation des entrées de près de 9 %. Ici même, au Conseil d'État, la tendance est similaire avec une augmentation très forte de plus de 14 % des entrées sur la même période.
Cette augmentation des contentieux concerne devant les tribunaux administratifs et le Conseil d’État quasiment toutes les matières : étrangers, fonction publique, fiscalité, libertés publiques, logement, travail, urbanisme et aménagement.
Ces hausses massives ont plusieurs causes parmi lesquelles la confiance dans la justice administrative qui rend avec célérité et efficacité ses décisions, mais aussi l'individualisme croissant, la perte de confiance dans les auteurs de décisions publiques, des dysfonctionnements administratifs ou l'utilisation de l'intelligence artificielle. […]
[…]
Ici, au Conseil d'État, la cassation des référés a cru de 40 % en un an mobilisant les collègues dans des conditions inédites.
[…]
[…] D’abord, la majorité des lois adoptées, hors article 53 de la Constitution, est désormais issue de propositions de loi. Cette proportion était de 46% de 2017 à 2022, elle a augmenté à 60% de 2022 à 2024. Elle a atteint 80% en 2025. [Traduction : pas d'étude d'impact, travail bâclé, etc.]
Le CE avait déjà sonné l'alarme lors des vœux à la presse 2026.
Les solutions évidentes :
Dans le même sens, nous avons fait des propositions pour que le contentieux des différentes fonctions publiques bénéficie du dispositif du recours administratif préalable obligatoire qui prévaut déjà pour la fonction publique militaire. […]
Arrêtez de faire chier avec vos recours préalables stériles. Les administrations se torchent avec (pas de réponse, ou médiocrement motivée, pas d'examen sérieux). Il y a déjà une palanquée de recours qui nécessitent de lier au contentieux (= faire naître une décision administrative). Là encore, l'administration ne saisit pas la balle.
Pareil, les médiations préalables (France Travail, par ex.) sont ineffectives, aucun examen des dossiers.
Dans les quinze dernières années, le CE a tout fait pour protéger l'administration et limiter le contentieux (Danthony 2011, Czabaj 2016, CFDT 2018, etc.). Plein d'autres pièges de procédure ont été introduits : confirmer, sous brève échéance, le maintien d'une requête, notamment une requête de fond après le rejet d'un référé, etc.
Depuis décembre 2025, le CE considère, par opportunité, que n'importe quel petit message de la CNIL, même pas informatif, permet de clôturer le contentieux né de son silence sur une plainte (ex. : CE 491492)…
Il y a les 11 000 inutiles recours DALO évoqués par le vice-président (droit au logement opposable => aucune proposition de logement => recours contentieux fructueux => problème inchangé, il n'y a toujours pas de logement disponible).
Ho, bien sûr, l'accès au juge judiciaire s'est aussi refermé : pas de motivation d'une décision pénale si le justiciable ne fait pas appel (oui, oui, t'as bien compris : la société t'accuse de quelque chose, mais tu n'auras pas le raisonnement du juge, sauf à faire appel) ; et, au civil, médiation préalable quasi-systématique depuis septembre 2025.
Rien de tout ça n'a soulagé les juges.
Fut un temps durant lequel, pour décharger le CE, on a créé les cours administratives d'appel (1987)… Méthode plus pertinente.
D’autre part, certains contentieux sont liés à des dysfonctionnements administratifs qu’il convient de traiter. C’est par exemple ce à quoi le Ministre de l’Intérieur, que je remercie, vient de s’attaquer pour les rendez-vous en préfecture d’obtention ou de renouvellement de titres. […]
Ça fait des décennies que ça dure, les prétendus dysfonctionnements administratifs, donc ça va bien 😫️, il s'agit d'une politique. Voir contentieux ANEF.
Enfin, des contentieux évitables sont liés aux requérants quérulents. Ils représentent désormais ici près de 8 % du contentieux. Certains déposent un recours par jour. Le service public de la justice ne peut se prêter à de tels dévoiements. […]
Qu'est-ce qu'un quérulent, quelle méthodologie de calcul ?
[…] C'est vers un modèle d'organisation différent que nous devons nous diriger dans lequel un quart des affaires des tribunaux seront jugés en formation collégiale tandis que les trois quarts des affaires seront jugées par un magistrat seul, le plus souvent par ordonnance. […]
Abattage. Juge seul = réduction de la qualité de la réflexion (une collégiale permet de confronter des points de vue), et réduction de l'indépendance du juge (en collégiale, l'administration, qui gère la carrière des juges administratifs, ne peut pas savoir si tel ou tel juge lui a été défavorable), y compris de l'indépendance objective (le fait qu'un citoyen ne puisse avoir aucun doute sur l'impartialité des juges) chère à la CEDH avec laquelle le juge administratif français s'est toujours torché (illustration).
En premier lieu, la pseudonymisation des décisions de justice avec l’IA est en cours de déploiement et sera achevée en fin d’année.
La fameuse, qui caviarde tout mot commençant par une majuscule, y compris, donc, le nom de personnes morales, dont l'administration en défense…
Néanmoins, je suis satisfait qu'un responsable de si haut rang ait employé le mot « pseudonymisation » et pas anonymisation, puisqu'en effet, le contexte permet de retrouver les parties à un contentieux. (Oui, il utilise le mot « anonymisation » quelques paragraphes plus haut.)
[…] Notre ambition, en lien avec la Chancellerie, dont je remercie à nouveau le ministre et ses équipes, est de doter la juridiction d’outils numériques et d’IA développés de manière souveraine, cyber-sécurisés et tenant compte des spécificités et impératifs du service public. C’est une partie de la réponse à la massification contentieuse en cours même s’il convient de redire, en pleine application de notre charte IA, et comme chez nos amis de la Cour de cassation et de la juridiction judiciaire, qu’in fine l’acte de juger doit rester celui du juge qui doit voir ainsi sa tâche facilitée.
Oui, oui. Au début, on professe cela, et puis l'aide à la décision, voire la décision pré-rédigée, et la paresse ou la surcharge de travail font le reste : on valide la décision automatisée sans trop la vérifier.
Soumettre au Conseil d’État les projets d’amendement du Gouvernement est évidemment une forte innovation. C’est une réponse puissante et adaptée aux modifications institutionnelles en cours. […]
[…]
Dans cette activité soutenue, les demandes d’avis ont tenu une part particulière et très importante. Le Gouvernement y recourt en effet de manière accrue, ces demandes étant passées de 8 en 2020 à 22 en 2025. Elles ont porté sur des thèmes souvent délicats comme le pacte Asile Immigration pour la section de l’intérieur ou l’aide à mourir pour la section sociale. Ces demandes soulignent le besoin de sécurité juridique du Gouvernement dans l’environnement normatif en mutation précédemment décrit.
Je suis mitigé. D'un côté, un législateur éclairé paraît une bonne chose, cf. supra. De l'autre, ça pue la technocratie au détriment du choix politique.
[…] Le Conseil d'État, sous la houlette du président Christophe Chantepy, a augmenté de 10 % les affaires traitées avec près de 1000 décisions supplémentaires.Il l’a fait en maintenant tant la qualité remarquable des travaux de la section du contentieux que l'équilibre de la jurisprudence au service de l'État de droit, c'est-à-dire du respect des règles de droit édictées par le Parlement et le Gouvernement.
[…]
Ces hausses massives ont plusieurs causes parmi lesquelles la confiance dans la justice administrative qui rend avec célérité et efficacité ses décisions
La qualité remarquable, c'est c'la 🤡️. Tous les profs de droit public sont morts de rire 🤣️. Le nombre de taquets que reçoit le CE dans leurs cours… En comparaison, la Cour de cassation inspire infiniment plus de respect. Extraits choisis : « Toute façon, en contentieux administratif, on débat quasi jamais du fond, on dégage (administration) ou l'on se fait dégager (justiciable) sur la procédure » ; « Les règles de procédures sont diaboliques » ; « Le CE est un petit malin. Voilà, j'ai dit les choses » ; la médiocrité de la motivation des décisions ; l'impartialité objective (cf. supra) ; etc.
Ce n'est pas la confiance envers l'institution qui anime les citoyens, c'est la conscience que la justice administrative est la dernière solution civilisée. Après, c'est les balles dans les têtes des administrations.
Projet de loi de transposition de la directive (UE) 2023/970 du Parlement européen.
La directive européenne devait être transposée avant le 7 juin 2026… Fiers d'être des guignols.
Je retiens de l'avis du CE :
En matière de sanctions, l'obligation de résultat de la directive n'est pas reprise dans le projet de loi (pjl), uniquement une obligation de moyens. (Les sanctions portent uniquement sur les obligations déclaratives, de transparence, de mise en œuvre des procédures de remédiation, pas l'application de la remédiation. Dit autrement : pour échapper à la prune, il suffit de mettre en œuvre la procédure, pas qu'elle aboutisse.) Le CE estime que c'est OK car la directive est un grand chambardement, blablabla (point 31 de l'avis).
L'organisme pour l'égalité de traitement devrait être le Défenseur des droits. Le CE soulève que, pour que ce la advienne, il faut modifier ses missions par une loi organique, introuvable à ce jour (point 33 de l'avis).
Le CE reste dans l'idée qu'un statut différent (ex. : entre les salariés de droit privé ou de droit public de La Poste) constitue une justification objective (non-sexiste) d'une différence de rémunération à travail égal… (point 53 de l'avis)…
Au point 44 de son avis, le CE expose que, dans le public, la confection des catégories d'emploi égal sera basée sur les grades et/ou le cadre d'emploi. Je m'interroge sur l'harmonisation avec les contractuels (qui, formellement, n'ont pas de grade ni cadre d'emploi, mais dont la rému peut être calquée sur celle des titulaires). Au point 62, le CE relate que le pjl concerne aussi les contractuels de droit privé.
J'ai retenu de la directive que, sur certains points, elle porte sur l'ensemble des manquements au principe d'égalité, pas qu'en matière de sexe. Ces points : infos avant embauche sur la rémunération et les critères d'évolution, droit d'information individuel sur la rémunération dans sa catégorie de travail (si susceptible de révéler la rému d'une seule personne : droit indirect, via délégué du personnel, CSE, etc.), indemnisation déplafonnée, renversement de la charge de la preuve (l'employeur doit montrer qu'il n'y a pas discrimination), et sanctions.
G Milgram a déniché une nouvelle façon de pratiquer la science, de produire des connaissances : dans un milieu naturel, au sein d'un cercle de constellation (= une simple ronde), des scientifiques incarnent des entités naturelles (une rivière, un loup, de la neige, le temps long, etc.) afin de ressentir leur vécu dans le but d'épaissir la connaissance par des dimensions supplémentaires. 🤡️ C'est le ouija version entités naturelles, en gros. Par Patrick Degeorges, Institut Michel Serres (ENS Lyon).
Parce que la méthode scientifique, notamment la reproductibilité des expériences, c'est limitant, c'est chiant. De nos jours, les scientifiques doivent « s'immerger dans l'expérience ».
Attention quand même : il faut exprimer convenablement le ressenti de l'entité incarnée. Dire « Comme épicéa, je me sens menacé par les bûcherons capitalistes » n'est pas convenable. Il faut dire : « Ma gorge est sèche, je voudrais me déplacer… ».
Afin de cacher la misère, ne surtout pas hésiter à présenter cette nouvelle approche de manière pompeuse : « Des savoirs écologiques à une écologie des savoirs : expériences transformatrices en terrains scientifiques » ou « Créer les conditions de l'émergence. Pratiques transformatrices, intelligences analogiques, et savoirs situés ».
Organiser cela sous forme d'une formation lors d'une université d'été à destination de doctorants ou sous forme d'une conférence à IRCELyon (Lyon 1 - CNRS). Quitte à raconter de la merde, autant y apposer un logo CNRS.
La finalité de tout cela, c'est de convaincre les décideurs politiques et l'opinion publique d'agir concrètement contre le changement climatique, vu que les alertes de la science traditionnelle ne fonctionnent pas.
Ça me fait un peu penser au débat sur l'attribution d'une personnalité juridique des entités naturelles afin de mieux les protéger. Se pose alors la question de leur représentation, vu qu'une forêt est trop conne pour se défendre en justice, et de l'apport de ce concept par rapport à l'octroi, en direct, d'un intérêt à agir à des associations de défense de la nature. De même, je ne comprends pas l'apport de l'intermédiation proposée par Patoche.
Par contre, comme trop souvent, le titre de la vidéo est aguicheur : ça serait gratuit ou financé par le privé que ça n'aurait toujours pas sa place dans des institutions de recherche.
Toujours aussi médiocre, Cash investigation :
Plaintes CNIL déposées par LQDN en 2022 contre le TAJ, TES, et la vidéosurveillance de l'espace public (normal et VSA).
Quatre ans plus tard, où en est-on ?
La plainte contre la vidéosurveillance a été classée car l'objet était trop large (nous demandions à la CNIL de dire que l'ensemble de la vidéosurveillance était disproportionnée).
En revanche celles contre les fichiers TES et TAJ sont toujours en court. Nous avons fait un ajout à la plainte sur le TES il y a un an avec de nouveaux éléments démontrant un détournement du fichier : https://www.laquadrature.net/2025/11/24/la-police-detourne-le-fichier-des-passeports-et-des-cartes-didentite/
Source : liste de discussion de LQDN, ce jour.
À la CNIL, la sieste est toujours aussi intense.
Reprenons notre série sur les contes merveilleux en nous attaquant à un problème de taille : quand un prince vient délivrer une princesse…
[…]
‒ Cent ans qu'on s'autogère à la fraîche, on va quand même pas se laisser emmerder.
‒ Ouais, les nobles, quand ça pionce, au moins ça nous fout la paix.
🤣️
Pourquoi et comment devient on juge
Être juge : les convictions à l'épreuve de la pratique
Juges : garantir l'égalité devant la loi et protéger les plus faibles
Juges : comment rester indépendants et impartiaux
Comment juger dans une institution dévastée ? La face cachée des tribunaux
IA et autoritarisme : un avenir inquiétant pour la justice
Intéressants entretiens avec 10 magistrats (parquet, siège, instruction) du Syndicat de la magistrature (SM), notamment sur leur quotidien (surcharge de taff, manque de moyens, surcharge de dossiers sans intérêt liés aux stupéfiants, aucune vraie solution à apporter à la délinquance, etc.), leur (in)dépendance, leurs biais et l'entre-soi, leurs idéaux et projets de société, etc.
J'en recommande le visionnage.
Dommage de ne pas préciser si la restriction au SM est voulue (cadrage) ou subie (aucun juge de l'Union syndicale des magistrats ou de l'Union syndicale des magistrats administratifs ou… n'a voulu participer). Un débat plus large aurait de la gueule.
Dommage de traiter uniquement du pénal et, un peu, du civil. Le juge administratif mérite aussi l'attention, même s'il est mieux loti niveau moyen et missions.
Plusieurs sujets reviennent en boucle alors que d'autres sont abordés superficiellement.
Je ne suis pas d'accord sur plusieurs points : justice != équité ou morale (premier cours de L1 droit), résumé « CJUE = protège le libéralisme économique ; CEDH = protège le libéralisme politique donc les droits et libertés », etc.
Avec, entre autres, Révolution permanente et Jean-Marc Rouillan de feu Action directe.
Intéressant documentaire long, même si je n'adhère pas à l'espèce de « théorie du tout » habituelle à gauche dans laquelle antifascisme = anticapitalisme + anti-impérialisme + antiracisme + lutte armée d'extrême gauche + Résistance + …, comme si l'antifascisme était à l'origine et à la confluence de tout, comme si tous les modes d'action ne faisaient qu'un, comme s'il fallait adhérer en lot.
A-B-C : les derniers jours d'Hitler et les collabos
Goebbels, Mussolini, etc. : 50 nuances de fascisme - D-E-F-G
Le mensonge politique passe par une réécriture permanente de l’Histoire - H
Police : sommes-nous déjà en pleine dystopie ? [I-J-K-L]
Comment les nazis ont voulu faire disparaître les preuves de la Shoah - M-N-O-P-Q
"Les États-Unis étaient un modèle pour les nazis" - R-S-T-U
"Les nazis ont hélas, beaucoup de choses à nous dire sur nous" - V-W-X-Y-Z
J'ai découvert l'historien Johann Chapoutot dans les médias suite à son livre Libres d’obéir. Le management, du nazisme à aujourd’hui.
J'avais alors trouvé certaines de ses interventions médiatiques peu nuancées et relevant du discrédit par association (« les Nazis ont eu besoin du management => le management est caca prout »).
J'ai donc abordé cet abécédaire avec crainte et prudence, et je me suis donné le temps de la réflexion entre mon visionnage il y a des mois et la présente publication.
Au final, le propos est nuancé, consistant, rythmé. Il y a quelques partis pris sur l'importance de tel ou tel événement ou analyse, comme partout. Je reste dubitatif sur le lien certain qu'il conviendrait de faire avec le présent.
Bref, c'est intéressant.

I REFUSE to install an app just to park my car.
I REFUSE to open an account just to order food.
I REFUSE to scan a QR code just to view a menu.
I REFUSE to hand over my email every time I shop.
I MISS when you could simply live your life WITHOUT every company TRACKING your every move.

Not to sound geriatric, but… You know what I miss? When you turn something on and it just works. No account. No app. No QR code. No "create profile." No "sign in to continue." Just plug it in, and it does exactly what it was built to do.
Énorme +1.
Comme je l'ai esquissé dans mon avis sur l'euro numérique, ce n'est même pas la protection de ma vie privée qui me fait refuser tout cela (et bien plus) en premier lieu, mais le bon sens, le goût des choses simples, sans prise de tête. Qu'est-ce que tu veux que je me prenne la tête avec des dépendances techniques superflues, des erreurs de conception, des bugs, des pannes, des oublis (ex. : oups, plus de batterie), des risques de sécurité supplémentaires, etc. ? Qu'est-ce que ça m'apporte en échange ? Rien. Tout ça n'a aucun sens. Nos sociétés sont inutilement compliquées.
Où est la rapidité du commerce à distance quand tu dois gérer le livreur qui ne livre pas ? 🤷♂️️ Où est la facilité quand le service clients distant ignore tes demandes ? 🤷♀️️ Où est la simplicité des applis mal conçues et/ou qui dysfonctionnent en permanence ? 🤷️ Couche de complexité sur couche de complexité, uniquement pour justifier des emplois, dont ceux des informaticiens.
J'avoue ne pas comprendre…
Via https://bsky.app/profile/aeris.eu.org et https://nitter.jaydenha.uk/LTequila4/status/2099252006640926964 via https://nitter.jaydenha.uk/bortzmeyer.
En effet, sur les 265 demandes d’effacement reçues par la société en 2024, qui émanaient majoritairement de candidats et, ponctuellement, d’anciens salariés, plus des trois quarts n’avaient pas été traitées ou ne l’avaient pas été de manière satisfaisante.
[…]
La formation restreinte a relevé que 12 demandes d’effacement reçues par la société en 2024 n’avaient pas été traitées. Elle a estimé que ce manquement avait porté atteinte aux droits de ces personnes, y compris à celui de conserver la maîtrise de leurs données.
[…]
La formation restreinte a considéré que la société avait manqué à son obligation d’informer les personnes ayant demandé l’’effacement de leurs données.
Elle a relevé que 166 personnes ayant fait une demande d’effacement en 2024 n’avaient pas été informées des suites apportées à celle-ci. 27 autres personnes avaient reçu tardivement cette information (hors du délai légal d’un mois), avec des retards pouvant atteindre plusieurs mois.
Si la société a contesté la gravité du manquement, en affirmant qu’un grand nombre de ces demandes concernaient des candidats dont les données avaient été automatiquement supprimées, la formation restreinte a rappelé que cette suppression automatique ne dispensait pas la société d’informer ces candidats des suites apportées à leur demandes.
La semaine dernière, une amende de 500 000 € a été prononcée par la CNIL contre quatre cliniques pour des défauts de sécurité ayant facilité une exfiltration de données de 500 000 patients. À présent, une amende de 300 000 € est prononcée pour une gestion peu sérieuse des demandes de suppression des données de 200 personnes.
L’écart entre ces sanctions est faible au regard du nombre de personnes concernées (200 contre 500 000) et des conséquences des manquements (les données liées à une candidature contre des données de santé).
Les manquements de la société EXTIA ne méritaient pas une telle sanction et la CNIL a probablement mieux à faire, compte tenu du contexte actuel, que de recourir à sa formation restreinte pour un tel cas. La procédure simplifiée avec une amende de 20 000 € aurait été plus justifiée.
Je suis mitigé…
D'un côté, les DPO qui ne répondent pas à des demandes RGPD, c'est très fréquent, très pénible, et l'article 83(5)b du RGPD prévoit le plus haut montant d'amende pour ce type de manquements, donc envoyer un signal pour calmer le jeu est une bonne idée.
D'un autre côté, comme PURR ou eWatchers (supra), je pense que la CNIL se décrédibilise (si c'est encore possible 😑️) en ne prescrivant pas des mesures correctrices proportionnées au sein d'une échelle des sanctions cohérente : 500 k€ pour un hôpital ou 240 k€ pour « tout le modèle d’affaires de la société [Kaspr] repose sur la violation de dispositions majeures du RGPD », cela n'a que peu de sens si une absence de réponse à quelques centaines de demandes RGPD coûte 300 k€.
L'arrêt A. A. c. Pays-Bas rendu par la Cour européenne des droits de l'homme le 8 septembre 2026, était très attendu. Une partie de la presse avait soigneusement entretenu le suspense. Dans le J.D.D. du 3 novembre 2025, Grégor Puppinck se demandait si la CEDH allait "autoriser la polygamie" et invoquait une "admission insidieuse" par le regroupement familial. Il relayait les propos du députés Charles Rodwell qui s'inquiétait d'une éventuelle "légalisation" de la polygamie.
En réalité ce discours repose sur un contresens juridique. Il n'a jamais été question d'obliger les États parties à la Convention européenne des droits de l'homme à légaliser la polygamie.
Non seulement, la CEDH ne le fait pas, mais elle écarte même le regroupement familial des enfants issus des deuxième et troisième mariages d'un ressortissant yéménite. Les autorités néerlandaises avaient déjà admis sur leur territoire la première épouse et les huit enfants du premier mariage. Les deux autres femmes et leurs cinq enfants ne sont donc pas autorisés à invoquer le regroupement familial. Devant les juges internes, puis devant la CEDH, le requérant invoque la violation de l'article 8 de la Convention qui garantit le droit à la vie privée, et donc le droit de mener une vie familiale normale.
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Dans cette même décision Bibi c. Royaume-Uni, la Commission précise que la polygamie est interdite "sans exception", dans tous les États du Conseil de l'Europe. De ce "fort consensus" européen, elle déduit une large autonomie de l'État pour décider, ou non, du regroupement familial.
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La large autonomie de l'État n'autorise pas toutefois une exclusion totalement automatique du droit au regroupement familial. Dans l'arrêt Jeunesse c. Pays-Bas du 3 octobre 2014, la Grande Chambre exige un juste équilibre entre le respect de la vie familiale et la politique de l'immigration. L'intérêt supérieur de l'enfant n'est sans doute un élément imposant le regroupement, mais il peut parfois peser dans le contrôle de la Cour.
Dans l'affaire A. A. c. Pays-Bas, la CEDH se livre ainsi à une appréciation concrète de la situation des cinq enfants écartés du regroupement familial. Ils vivent en Turquie avec leurs mères, y sont normalement scolarisés, et sont financièrement soutenus par leur père. Il aurait peut-être pu en être autrement si les enfants avaient été privés de toute autre solution familiale. Il n'en demeure pas moins que l'interdiction de la polygamie demeure un motif à la fois légitime et puissant pour écarter le regroupement.
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La législation française est issue de la loi du 24 août 1993, et de la décision du Conseil constitutionnel rendue le 13 août précédent. Celui-ci déclare alors que les conditions d'une vie familiale normale sont celles du pays d'accueil et "excluent la polygamie". Il valide donc les restrictions au regroupement et les sanctions correspondantes.
Comme le droit européen, le droit français admet quelques atténuations à cette rigueur. Dans un arrêt du 23 décembre 2001, le Conseil d'État affirme ainsi que "rien ne s'oppose" au regroupement familial d'une épouse et de ses enfants, à la condition que les autres épouses et les autres enfants ne résident pas en France. La solution est logique car l'ordre public français interdit la polygamie sur le territoire national, et ne peut donc reconnaître qu'un seul mariage.
De la même manière, le 23 septembre 2021, la Cour de cassation a admis qu'une seconde épouse marocaine peut demande une pension de réversion après le décès de son mari, sous condition de la dissolution du premier mariage.
#LLC
Monsieur Phi cause de la villa des papyrus située à Herculanum et figée dans le temps par l'éruption du Vésuve en 79, en même temps que Pompéi et autres villes. Il en avait déjà un peu parlé dans sa vidéo sur Épicure.
Les rouleaux de parchemin ont été engloutis par une coulée pyroclastique (gaz volcanique, cendres, particules, etc.), ce qui a empêché leur combustion et permis leur conservation.
Les textes sont épicuriens (Philodème de Gadara ou Polystrate) et, plus largement, philosophiques (Chrysippe de Soles, stoïcien grec, etc.).
Pour comprendre l'importance de ces documents, un ordre de grandeur :
Les technologies à l'œuvre sont dingues 😮️ :
Scilabus cause de la surmortalité liée aux vagues de chaleur.
Inconfort thermique : de l'épuisement thermique à la crise thermique (aka coup de chaleur). Ça peut aller très vite.
Plus de décès en hiver qu'en été : froid = hausse de la tension artérielle + infections respiratoires. Dans 43 pays, entre 2000 et 2019, 5 millions de décès par an dont 4,5 M par le froid et 500 k par la chaleur.
Surmortalité durant les canicules : statistiques en référence aux années précédentes (je me demande donc quelle sera la méthodologie pour tenir compte de l'accroissement des canicules) + statistiques insuffisamment fines (décès sur la période sans lien avec la chaleur, par ex.) + nécessité d'un travail sur le temps long (cf. effet moisson ci-dessous).
Canicule de 2003 :
Dans le futur, la douceur des hivers pourrait entraîner une sous-mortalité compensée l'été suivant, donc inversion de l'effet moisson.
Diversité et cumul des différents facteurs de vulnérabilité : logement mal isolé, isolement social, exposition professionnelle à la chaleur, existence ou absence d'une politique de santé publique, etc. Grandes disparités entre individus, nous ne sommes pas égaux. Diversité des effets : il n'y a pas que la mort, mort indirecte (évanouissement => chute mortelle), etc.
Réflexion finale sur l'éthique, la retenue d'infos afin de limiter toute mauvaise interprétation qui pourrait aggraver le problème (ex. : « je suis jeune, statistiquement je suis épargné, donc je vais faire du sport intense en pleine canicule parce que je crois que c'est ce que Scilabus a dit »).
P.-S. : tous les titres successifs de cette vidéo ont été aguicheurs, donc je conserve l'actuel, faute de mieux, mais je déplore.