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——————————— January 27, 2020 - Monday 27, January 2020 ———————————

J'ai déjà mentionné ici l'analyse de Gee selon laquelle la perte de sens induite par la transformations des noms de nos services publics en marques (exemples : TGV -> inOui, ErDF -> Enedis, France Télécom -> Orange, etc.) est problématique, car elle permet d'inhiber la critique (ce n'est plus un service public, monsieur, c'est une marque) par l'absence même de sens : inOui peut bien proposer une qualité de service inférieure à celle d'un train à grande vitesse pour le prix d'un train à grande vitesse, car inOui ne signifie pas train à grande vitesse ; Le déploiement de la fibre optique peut bien délaisser les campagnes, car Orange ne signifie pas service public universel, etc. Pour rappel, la perte du sens des mots et des concepts manipulés est l'un des outils clés du pouvoir autoritaire qui est au cœur de l'œuvre de fiction 1984.

J'ai aussi rapporté que la SNCF, quand elle se présente sous le nom de son agence de voyages (Oui.sncf) """"oublie"""" de mentionner des horaires sur les lignes TER pas rentables, alors que, quand elle se présente sous son nom connoté d'une mission de service public (TER sncf.com), elle mentionne lesdits horaires.

Aujourd'hui, j'ajoute les exemples suivants :

  • En 2019, TCRA, les Transports en Commun dans la Région d'Avignon sont devenus Orizo. Qu'est-ce que ça veut dire ?! Horizon ? Chorizo ? On perd en information : TCRA, ça disait quoi (transports en commun) et où (autour d'Avignon) ;

  • En 2018, LER PACA, les Lignes Expresses Régionales du PACA, ont fusionné avec les TER PACA pour devenir Zou !. Qu'est-ce que ça veut dire ? Depuis quand nous exprimons-nous exclusivement avec des onomatopées ?! Là encore, on perd en information : on ne sait plus ce que c'est, ni que c'est censé être express, ni que c'est régional ;

  • En 2018-2019, UAPV, l'Université d'Avignon et des Pays du Vaucluse est devenue la marque Avignon Université. Qu'est-ce donc que ce mélange de mots français avec de la grammaire anglaise ?! Après ça, on a beau jeu de critiquer nos jeunes qui ne sauraient plus parler et écrire la France ! (sic) Les Pays du Vaucluse sont mis à l'écart, très classe. Là-encore, on perd en information alors que le nom initial décrivait précisément ce qu'est cette institution (une université) et où elle opérait (Vaucluse). Mais t'inquiète, c'est pour affirmer « l’ancrage territorial » (le Vaucluse hors Avignon appréciera) et « s’ouvrir à l’international » (quel intérêt ?). C'est un nom plus siiiiiimple. Désormais, cette université a un nom « conforme au standard des grandes universités internationales à l’image de « Stanford University » ou « Harvard University » » (les citoyens auraient peut-être préféré qu'elle propose une qualité d'enseignement et de recherche « à l'image de Harvard University ») ! Je vois plutôt des centaines de milliers d'euros gaspillés (création du nouveau logo, campagne de promotion, travail pour changer le logo sur tous les supports ‒ sites web, modèles de document, cartes de visite, etc. ‒ ).

Bref, ce renommage de nos services publics en des trucs sans queue ni tête m'exaspère au plus haut point.

J'entre dans un magasin. Vif échange entre un client déçu et une caissière.
« Nique ta race ! ». Ça ne prend pas.
« Ta mère la pute ! La connasse ! ». Ça ne prend pas.
« C'est pas ma faute si t'es mal baisée, hein ! ». Ha, le classique, l'ombre noire du frustré sexuel qui apparaît.
« Si tu veux, t'écartes les fesses et je te la mets ! Et dans ta chatte aussi ! ». Qui pourrait résister à un tel chant de sirène ?
« Ta chatte, elle pue ! Elle pue le commissariat ! ». Hum, donc tu veux mettre une partie de ton corps dans quelque chose qui pue (ce qui peut être le signe d'une infection interne, donc je te déconseille d'y aller dans l'immédiat). Quelle logique ? Néanmoins, j'avais jamais entendu la fin. J'ai cru qu'il s'agit d'une référence culturelle, mais plusieurs moteurs de recherche web désapprouvent. Quelle originalité ! Alors je rapporte ça ici, parce que ça m'amuse. :)

Yep, arrêtons d'utiliser des pétards et des fumigènes dans les manifestations. Évidemment, je parle hors affrontement avec la flicaille (c'est un autre cadre, d'autres enjeux, etc.).

C'est contre-productif. Quand j'entends une détonation "au loin", en amont du cortège, comment puis-je faire la différence entre un pétard un peu costaud et une grenade de la flicaille ? Quand je vois une épaisse fumée en amont, comment puis-je faire la différence entre des fumigènes festifs et les grenades fumigènes de la flicaille ? Il y a un effet "crier au loup". Mon instinct me dit de me barrer. Rester demande un effort supplémentaire. Ça ne me donne pas envie d'avancer vers la source du bruit / de la fumée. On me répondra peut-être que je psychotise vu la récente prise de conscience autour des violences policières. Non, je me suis toujours méfié des flics, surtout en manif', d'où une vigilance autour des bruits qui peuvent signaler leurs mauvaises actions, et ça fait plus de 7 ans que j'ai bien intégré les violences policières.

C'est désagréable et inutile. Une détonation, c'est un bruit désagréable. Une fumée, ça retire de la visibilité voire ça irrite les yeux. Dans les deux cas, ça génère un sentiment d'insécurité. Quel intérêt y'a-t-il à utiliser des pétards et des fumigènes en manif' ? Se faire remarquer ? Ça se fait par le nombre et/ou avec des bruits plus agréables comme de la musique (à bonne distance des oreilles d'autrui) des sifflets (à bonne distance des oreilles d'autrui) ou des instruments de musique (même remarque en ce qui concerne les percussions). Pétards et fumigènes font partie de ce qui décourage le citoyen lambda de participer à une manifestation. C'est évidemment un plus, pas le critère décisif, mais c'est un plus qui peut faire pencher la balance. Ne pas s'étonner du manque d'implication des citoyens dans les mouvements sociaux. Si ceux-ci ne sont pas accueillants…

Ce qui m'insupporte par-dessus tout, c'est quand des pétards, de faible intensité certes, sont balancés dans un creux du cortège, à moins de 5 mètres des prochains manifestants. Ce qui fait qu'ils exploseront quand des gens auront leurs pieds à proximité… avec un risque de recevoir des objets soufflés par l'explosion dans leurs yeux ou le reste de leurs corps. Sans compter les dommages éventuels aux tympans. C'est encore plus fun pour les malvoyants qui peuvent difficilement les éviter. À titre personnel, cela fait deux fois, dans deux villes françaises différentes, que je vois des pétards exploser à mes pieds et à ceux de mes camarades. Si tu veux utiliser des pétards, fusée, fumigène, etc., tu le fais bien, c'est-à-dire à une distance respectable des autres gens afin de ne pas les embarquer dans ton délire.

Je sais que je parle dans le vide. À la mi-décembre, on a vécu ça : manifestation : une fusée de détresse explose dans le cortège, deux personnes blessées accidentellement (autre source). À la manif' suivante, les pétards à forte détonation et les fumigènes étaient de retour…

Bref, pourrait-on arrêter d'utiliser des pétards et des fumigènes dans les manifestations ? À défaut, il faut respecter les règles de sécurité, les distances de sécurité et le consentement des autres participants.

Récemment, j'ai eu des problèmes de santé. Des gens plus ou moins proches de moi l'ont appris. Forcément, ça cause assez vite du coût des soins (ce qui est révélateur de la merde dans laquelle nous sommes : en quoi le coût des soins devrait être un sujet de causerie prioritaire ?!). Ces gens-là ont appris que je n'ai pas de mutuelle… alors que je suis un gauchiste qui vante la mutualisation des risques de la vie à tour de bras. Comment en suis-je arrivé là ? Faites ce que je dis, pas ce que je fais ? Coût de la cotisation ? Que nenni.

Je n'ai pas de mutuelle car ça me gonfle, ça me fatigue. Vraiment. Lourdement. Sincèrement. C'est compliqué au-delà de la complexité inhérente à tout système (genre la physique quantique, la philosophie, la biologie, etc., c'est complexe, mais c'est sans artifice pour compliquer artificiellement les choses).

Jusqu'à peu, je n'avais pas non plus d'assurance habitation. Pour la même raison. Puis je me suis rendu compte que le contrat proposé par mon assurance ne comportait pas tant que ça de clauses d'exclusion absurdes, donc, j'ai plié.

Je crois toujours à la mise en commun (de pognon ou d'autre chose). Je crois toujours à la mutualisation des risques (maladie, accident, vieillesse, chômage, etc.). Je crois toujours que c'est l'organisation optimale d'une société humaine, car cela conduit à une société plus fraternelle, plus égalitaire, donc moins violente et plus agréable pour tout le monde.

Mais les implémentations actuelles de ce concept me découragent.

Le régime étudiant. Le régime général. Les autres régimes. Les conditions de remboursement imbitables. Les trouzemilles bases. Les trouzemilles taux (général ‒ 60-70 % ‒, Alsace-Moselle ‒ 80-90 % ‒, ALD ‒ 100 % ‒, pour une consultation, pour des médocs, etc.). Les soins pris en charge ou non. Les modalités, la prise en charge et le remboursement qui diffèrent pour chaque soin. La franchise. Les diverses retenues. Etc. Ce monde est sérieux ?!

Vu que les gouvernants ont sabordé la Sécu depuis 25-30 ans (arrivée de la CSG donc le financement de la Sécu glisse progressivement des mains des employés et des patrons pour aller dans les mains des gouvernants, qui ont transformé la mutualisation en prestation sociale et qui ont décidé des conditions à la place des premiers concernés), il faut compléter ce premier tas de merde par un deuxième : les complémentaires santé privées. Youpi ! Assurances aux mains d'actionnaires ou mutuelles dirigées par leurs cotisants ? Que ce choix me passionne ! Des plaquettes commerciales imbitables, quelle chance ! Là encore, des conditions de remboursements fluctuantes, des modalités, des franchises, etc. En moyenne, 22 % d'une cotisation à une complémentaire ne sert pas aux remboursements des soins. Les taxes et l'inflation ne sont pas en cause. 8 % servent à la pub (faut bien payer Chevallier et Laspalès pour qu'ils te mettent dans la tête que « la Matmut elle assure »). Les patrons se rincent également, en tout cas chez Macif, Audiens et Matmut.

Putain, mais qu'est-ce que ça peut me foutre qu'un œil n'ait pas la même complexité qu'un tibia (exemples au hasard, sans vérification de la validité médicale de cette assertion), ce qui engendre des coûts différents et donc un remboursement plus ou moins conséquent ?! Je veux être pris en charge en intégralité, point ! Je ne veux pas avoir à me demander combien, comment, pourquoi ! Je ne veux pas comparer des contrats imbitables !

Voilà ce qui me convaincrait de signer : un truc S-I-M-P-L-E. Moi + toi mettre argent dans caisse. Moi ou toi taper dans caisse pour payer totalité soins quand moi ou toi avoir besoin. S-I-M-P-L-E. Si ça fait monter le prix de la cotisation, je m'en fous. Je préfère qu'un tel système soit géré par le public, mais ce n'est pas obligatoire (genre des assos ou assimilées à une échelle locale, ça pourrait avoir de la gueule, mais ça risque d'être moins efficace car moins de cotisants, c'est moins d'argent dans la caisse) tant que ça ne va pas sur les marchés financiers. Un tel système inciterait à la solidarité, car chacun y voit bien ce qu'il va gagner en participant à ce système. C'est immédiat et compréhensible, contrairement au système actuel. C'est en partie cela qui dissuade les citoyens.

Alors on va me débiter le mythe du gars qui va trois fois par semaine chez son médecin généraliste et qui plombera nécessairement le système décrit ci-dessus. Si jamais une telle personne existait dans les statistiques, je l'inciterai à continuer, je serai heureux de payer. Pour moi, la responsabilité incombe au médecin. Et, pragmatiquement, je préfère un gus soucieux de sa santé qui se fera dépister tôt une saloperie, quand le traitement sera aisé, plutôt que trop tard, quand le traitement sera compliqué et coûtera un « pognon de dingue ».

Bref, je conchie l'organisation actuelle de l'assurance maladie. Inutilement compliquée. Décourageante. Qui ne donne pas envie d'être solidaire.

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