The Daily Shaarli
Vis mon vit. Si on a beaucoup glosé sur la complexité du plaisir féminin, celui des hommes est rarement un sujet. Or la jouissance masculine, ce n‘est pas mécanique. On a demandé a un homme d’en parler pour demonter les clichés.
Y a pas que vous, les filles, que les mystères du plaisir turlupinent. Les mecs font volontiers mine de tout connaître sur le fonctionnement de leur bite, mais c’est de la frime. Savez-vous que nombre d’entre eux confondent jouissance et éjaculation ? C’est pourtant pas pareil. Ainsi, si l’on peut supposer que messieurs Philippe de Villiers ou Bernard-Henri Lévy (je cite ces noms au hasard) ont éjaculé au moins autant de fois qu’ils ont eu de lardons, mon intuition masculine me fait douter qu’ils aient connu beaucoup d‘orgasmes réels, de ceux qui vous font voir le septième ciel en Technicolor psychédélique et vous submergent les neurones tel un tsunami de lubricilé.
Faut avouer, à leur décharge (si j’ose dire), que la différence est parfois ténue. Passé l’heureuse époque des jeux enfantins de touche-pipi, l’apprentissage de la volupté n’est pas toujours fastoche. Adolescent, la première fois qu’une petite amie m’a effleuré la braguette d’une menotte timide, j’ai sur-le-champ inondé mon calcif de foutre. Ai-je joui simultanément ? Je n’en suis plus sûr après tant d’années, mais il me semble que oui. J’étais foudroyé, pantelant, éperdu de reconnaissance envers la tendre fée qui m’avait apporté semblable panard. Ma réaction avait été à la fois mécanique, strictement physique, et subconsciente, totalement incontrôlée. Mécanique : prenez une quéquette, que nous appellerons A, stimulez-la aussi longtemps que nécessaire et elle finira par éjaculer ; son propriétaire n’éprouvera pas forcément le plaisir du siècle, mais ça lui sera agréable — ou non, c’est selon. Subjective : prenez une quéquette B, que nous appellerons Cécile pour faire plus joli, et tripotez-là de la même façon que la quéquette A ; cette fois, sans qu’il y ait d’explication rationnelle à cela, son bienheureux possesseur frémira, gémira, perdra la boule et, si vous persévérez, ressentira une extase aussi intense que celle que vous-même pourriez ressentir si c’était lui qui stimulait vos attributs intimes. Autrement dit, il aura un orgasme — ce qui ne sous-entend pas obligatoirement qu’il éjaculera de surcroît, même si les deux événements sont souvent indissociables.
L'orgasme partagé, mythe ou realité ?
L’affaire, en vérité, n’est pas toujours aussi simple. Un homme peut jouir sans manifester le moindre contentement. Ou jouir dès le premier frôlement, sans discontinuer, à en défaillir, parce qu’il est amoureux de vous, ou parce que vous êtes extrêmement habile, ou parce que vous correspondez pile-poil à ses désirs du moment. Il peut aussi ne pas jouir du tout, parce que personne ne jouit sur commande.
Les pires, ce sont les nique-douilles qui considèrent l’orgasme comme un truc de gonzesses. Un homme, un vrai, ça baise, ça crache sa semence puis ça se lève, content de soi, et ça siffle de la bière en regardant du sport à la télé. Il urge de masculiniser le mot de pouffiasse : les pouffiats sont légion. Nous en avons tou(te)s dans nos relations, sexuelles ou pas.
Il y aurait encore long à dire sur le sujet. L’orgasme partagé, par exemple. Mythe ou réalité ? Nul ne niera qu’il est enchanteur de s’envoyer en l’air à l’unisson, de se fondre l’un à l’autre en un spasme quasi cosmique. « Viens, je vais jouir ! » feulez-vous, juste avant la big secousse, à l’oreille de votre julot. « Vas-y, halète-t-il. Je jouis aussi ! » Et vlan ! Neuf fois sur dix, cette brutasse éjacule sans avoir, pour autant, de véritable orgasme.
J’m’en vas vous faire une confidence : il nous arrive, à nous les hommes, de simuler. On est en train de baiser, c’est gentillet et doux, mais on n’est que modérément excité, va-t’en savoir pourquoi, et l’on a conscience que la bandaison décline. Alors, on fait semblant de jouir. Ou, tout au moins, d’éjaculer, avec râles adéquats. Et, chose incroyable, la partenaire n’y voit que du feu. La subjectivité est telle qu’elle vous sent pour de bon vous répandre en elle et vous pâmer. Avec un peu de bol, elle se pâmera aussi. À partir de là, on débande en toute quiétude. Elle est satisfaite et ne vous en voudra pas.
Exquises papouilles mammaires
Et la mouille ! Parlons-en, de la mouille. Avez-vous remarqué que certains hommes, quand ils sont émoustillés, mouillent aussi abondamment que les femmes ? Un gland évoquant un élevage de colimaçons, c’est bon signe. Un homme qui mouille n’est pas un homme dont la sensualité se résume à sa bite, c’est un homme apte à jouir. Croyez-en mon expérience, je suis un grand mouilleur.
C’est comme les seins. J’ai, jadis, fréquenté une jeune fille qui se prétendait capable de faire reluire n’importe quel garçon en lui taquinant les tétons. Je la croyais d’autant moins que les miens étaient, pensais-je, d’une insensibilité absolue. Eh ben ! L’exquise drôlesse m’a fait jouir comme je n’avais jamais joui. Et ce n’est pas ma part de féminité qu’elle avait réveillée, car je connaissais maintes dames tout aussi indifférentes que moi, jusqu’alors, aux papouilles mammaires.
Masculine ou féminine, la jouissance est décidément un phénomène complexe. C’est, d’ailleurs, ce qui fait une partie de son attrait.
Dans le numéro 3 (été 2019) de Siné Madame.
Sur le plateau du Grand Jury RTL / Le Figaro / LCI, Laurent Nuñez confirme qu’une nouvelle loi Renseignement va être présentée [ NDLR : en 2020 ], déjà pour régler la clause d’extinction associée aux boîtes noires de la loi de 2015.
Pour mémoire, le gouvernement avait fait passer ces dispositifs de traitements automatisés de données de connexion, alors très critiqués, en leur associant une date d’extinction à la fin 2018. En 2017, dans le projet de loi sur la sécurité intérieure et la lutte contre le terrorisme, cette date fut repoussée au 31 décembre 2020.
[…]
Surtout, le représentant de l’Intérieur prévient que ce réexamen « sera aussi l'occasion de voir, avec l'ensemble des services de renseignement, s'il faut adapter nos techniques au développement de nouvelles technologies, comme le développement de la 5G ».
D'après le Canard enchaîné du 21 août 2019, la CNCTR, l'administration chargée de contrôler les services de renseignement français, souhaiterait qu'à cette occasion, les surveillances par des services étrangers afin de déroger au droit local (un Français résidant en France surveillé par les services allemands afin de contourner le droit français ou un refus de la CNCTR) soient interdites ou placées sous son contrôle comme en Allemagne, aux Pays-Bas, en Belgique, en Suisse, etc. (actuellement, elles lui échappent).
Via le Canard enchaîné du 21 août 2019.
Cathérine Vidal, neurobiologiste, est coordinatrice du groupe Genre et recherche en santé du Comité d'éthique de l'Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm). Objectif : garantir l'égalité entre les sexes dans l'accès aux soins et la prise en charge médicale.
[…]
Question. Cette vision genrée modifie-t-elle la prise en compte des maladies ?
Les stéréotypes de genre pèsent lourd en médecine. Les souffrances féminines liées aux règles et à l’accouchement étaient considérées « normales », et donc l’endométriose, une maladie très douloureuse et invalidante qui touche une Française sur dix, n’a été que très récemment reconnue par le corps médical. La vision stéréotypée de la santé touche également la prise en charge de l’infarctus chez les femmes qui sont sous-diagnostiquées. Pour les mêmes symptômes d’oppression dans la poitrine, une femme a trois fois plus de risque d’être traitée par des anxiolytiques alors qu’un homme sera orienté vers un cardiologue. L’idée que l’infarctus est une maladie masculine est en train de changer. Le nombre de problèmes cardiovasculaires chez les femmes de moins de 50 ans connaît un développement exponenüel — plus 20 % depuis vingt ans — et parce que les modes de vie ont évolué.Question. Ces idées reçues n‘épargnent pas les hommes non plus.
L’expression des symptômes est très liée au genre. Un homme dépressif exprimera ses angoisses à travers des comportements à risque, alcool, tabac, comportements agressifs. Un homme ne va pas se mettre à pleurer, dire je me morfonds, je vais mal. C’est une image négative de la virilité. Le conditionnement culturel compte beaucoup dans la vie psychique mais aussi physique. On l’a vu avec l’infarctus pour les femmes. Même chose pour l’ostéoporose chez les hommes. Ils sont sous-diagnostiqués, cette pathologie étant considérée comme spécifique des femmes ménopausées. Or un tiers des fractures de la hanche chez l’hommes est dû à l’ostéoporose.Question. La présence des femmes dans le corps médical va changer les choses.
Pas forcément, car les formations en médecine sont encore très en retard sur ces questions. Depuis les années 80/90 les féministes américaines ont dénoncé la sous-représentation des femmes dans les essais cliniques. À cette époque, une étude sur la relation entre obésité et cancer du sein et de l’utérus a même été menée exclusivement sur des hommes. Le comble ! Elles ont interpellé des responsables politiques du Congrès américain qui ont voté une loi rendant obligatoire l’inclusion des femmes dans les essais cliniques. Aujourd’hui, ce n’est toujours pas gagné puisque, dans le panel des recherches cliniques internationales, il n’y a que 33,5 % de femmes, en moyenne.Question. Il reste beaucoup à faire.
Il faut déconstruire les idées reçues. Au niveau des recherches et de la clinique, d’abord. Arrêter de tout penser en fonction des facteurs biologiques et intégrer les contextes socio-économique et culturel dans la médecine. Une autre préoccupation du groupe Genre et Santé du Comité d’éthique est l’information pour la prévention auprès du grand public, grâce à des clips vidéo®. Notre objectif est de promouvoir une médecine plus égalitaire au service de la santé de toutes et de tous.
Dans le numéro 3 (été 2019) de Siné Madame.
Rappel : les animaux jugés moches sont moins bien protégés et moins étudiés que les autres. Rien d'étonnant, c'est dans la continuité des sujets passés sous silence dans les médias et évités par les scientifiques quand ils sont jugés "peu sexy / glamour" ou "peu vendeur" (moins d'audimat / croyance moindre en des retombées positives = moins de gains publicitaires / moins de financements). L'humain est fabuleux.
À quand la chirurgie esthétique pour les animaux ? On savait déjà, grâce aux sociologues, qu’être moche dans une société narcissique était un handicap social. On découvre que la tyrannie des apparences nuit aussi gravement à la biodiversité. La plupart des 7 000 nouvelles espèces menacées d’extinction, que vient de répertorier l’Union internationale pour la conservation de la nature, sont en danger car pas assez photogéniques ! Pour encourager les dons, la majeure partie des ONG ne se mobilise que pour les animaux canon. Résultat : les Quasimodo de la nature se retrouvent impitoyablement exclus des programmes de conservation. Tant pis pour la grenouille scrotum (très présente sur le lac Titicaca !), le nasique, singe affublé d’un nez proéminent, le blobfish ou la chauve-souris fer à cheval (voir photos). Tous sacrifiés sur l’autel de la beauté !
Non seulement les animaux moches figurant sur la liste des espèces en voie de disparition sont les oubliés des plans de protection, mais, en prime, les zoos, qui pourraient constituer leur dernier refuge, leur refusent l’entrée pour ne pas effrayer le chaland. Même les chercheurs rechignent à étudier les bestioles trop vilaines, au motif qu’il est plus dur d’attirer un financement avec un dernier prix de beauté.
Une mise à l’écart fâcheuse, vu que la laideur dissimule souvent d’étonnantes caractéristiques biologiques. Prenez le rat taupe nu : ce rongeur sourd, quasi aveugle, sans un poil sur le caillou, à la peau fripée et translucide, aux dents démesurées, commence seulement à être sérieusement ausculté alors qu’il est le seul mammifère connu à ne jamais développer de cancers.
Comme on dit, c’est moche…
Dans le Canard enchaîné du 21 août 2019.
Avec le PFU (flat tax), l'État empoche un peu sur les revenus du capital des petits patrons et perd sur le revenu de leur travail. Les budgets de la protection sociale en pâtissent. Le volume de dividendes versés augmentant d'année en année, il me paraît tendu d'affirmer que la flat tax en a été l'origine. Enfin, pourquoi se réjouir d'une hausse des dividendes versés ? Ça profite seulement à quelques-uns et ça affaiblit les sociétés commerciales par diminution des réserves de thunes permettant de rembourser les prêts et d'innover.
Serait-ce le triomphe du « en même temps » fiscal ? Macron a instauré une imposition réduite — la « flat tax » — sur les revenus du capital qui, paradoxalement, rapporte plus que la lourde fiscalité qui avait cours sous Hollande ! Un mystère qui n’est qu’apparent.
Selon les chiffres du rapporteur du Budget à l’Assemblée, le député (LRM) Joël Giraud, la flat tax (prélèvement forfaitaire à 30 % des dividendes, intérêts de placement, etc.) a ainsi rapporté en 2018 3,5 milliards, soit 600 millions de plus que prévu dans le budget (« Les Echos », 12/8). Et même légèrement plus que sous François Hollande, quand le taux de taxation pouvait atteindre (après abattements) 42,5 %.
La clé du mystère est simple : les dirigeants des petites et moyennes entreprises, qui peuvent se rémunérer soit en salaires (taxés jusqu’à 62,5 % en incluant les prélèvements sociaux), soit en dividendes (30 % tout compris). Ces patrons qui savent calculer ont évidemment opté, chaque fois qu’ils le pouvaient, pour une rémunération en dividendes. L’Insee confirme ainsi que les dividendes distribués en 2018 ont crû de 24 %, alors que la seule augmentation des profits laissait prévoir une augmentation de 12 %.
En clair, ce que le fisc gagne en flat tax, il le perd — et même largement — en baisse d’impôt sur le revenu.
Et tout le monde y perd en cotisations sociales, donc il faudra encore équilibrer les budgets de la protection sociale…
C’est la limite du « en même temps ».
Dans le Canard enchaîné du 21 août 2019.
Comme si les menaces de Trump à son égard ne suffisaient pas, Huawei, le géant chinois des télécoms, est à présent accusé d’avoir aidé deux gouvernements africains à surveiller leurs oppositions respectives.
La France mène aussi une guerre économique à géométrie variable contre Huawei, pour rappel.
Le « Wall Street Journal » (14/8) raconte comment, non contente de vendre du matériel de surveillance et des logiciels de reconnaissance faciale à 24 des 52 pays du continent, la firme de Shenzhen a envoyé des techniciens en Zambie et en Ouganda pour entraîner très concrètement les autorités locales à l’espionnage de leurs principaux opposants politiques.
On reparle des Françaises Amesys (devenue l'émiratie Advanced Middle East Systems) et Qosmos et de l'Américaine Blue Coat (rachetée par Symantec) prises les mains dans le pot de confiture dans le même type d'opérations en Syrie, en Libye, au Maroc, etc. ? Des procédures judiciaires pour complicité d’actes de torture (en Libye pour Amessys, en Syrie pour Qosmos) sont toujours en cours.
Huawei et les deux gouvernements visés ont fermement démenti. Un peu téléphoné…
Dans le Canard enchaîné du 21 août 2019.
Rappel : peu de variétés de fruits et légumes, toutes à fort rendement et détenues par des multinationales, forcément, ça induit des produits dénués de goût et de nutriments, mais pas de sucre (utilisé pour corriger l'absence de goût)…
Il aura fallu qu'une association de consommateurs aille sonder les Français pour que les médias redécouvrent que nos fruits et légumes ont moins de goût qu'avant. Comme « Le Canard » l'a maintes fois raconté, l'industrie agroalimentaire et la grande distribution ont imposé aux agronomes des variétés tape-à-l'œil, parfaitement calibrées, a haut rendement, longue conservation, résistantes aux maladies, avec une peau bien épaisse pour tenir le coup pendant le transport… tout en se fichant comme d'une prune de leur goût et de leurs qualités nutritionnelles.
Il a douze ans, les ingénieurs de l'institut national de recherche agronomique (Inra) avaient fait officiellement leur mea culpa sur le sujet. Dans un rapport remis au ministère de l'Agriculture, ils avouaient : « La qualité nutritionnelle n’a été que rarement un critère de sélection direct, sauf pour contre-sélectionner des aspects défavorables ou des caractéristiques gustatives défavorables » (« Conflit », 21/11/07). Comprendre : durant des années, la quantité de vitamines et autres antioxydants a été la dernière roue du carrosse. Itou pour le goût. Les fraises sauvages, par exemple, ont un pouvoir antioxydant trois fois plus élevé que leurs cousines cultivées sous serre de façon intensive. Quant à la tomate industrielle, elle a été affublée, dans les années 80, d'un gène qui a rallongé de trois semaines sa durée de vie après cueillette. Sauf que ce gène « longue vie » épouille au passage la tomate de ses arômes et lui flanque une chair farineuse…
Non seulement la majorité de nos fruits et légumes et été génétiquement façonnée pour coller au cahier des charges de l’agroalimentaire et des grandes enseignes, mais presque toutes ces semences sont détenues par des multinationales de l’agrochimie. Le leader mondial des semences potagères n'est autre que Bayer-Monsanto, dont le portefeuille comprend 3 000 variétés et 23 espèces. Avec son concurrent Syngenta, il possède 71 % des semences de chou-fleur, 62 % des tomates et 56 % des poivrons commercialisés en Europe « Conflit », 19/7/17). Résultat : l'agrobusiness a imposé un nombre réduit de variétés mondialisées au goût uniformisé. Alors qu'il existe en France 700 variétés de tomates, seulement une dizaine sont disponibles sur les étals. Et, pour masquer la perte d’arôme de ces modèles standardisés, les semenciers se sont trop souvent contentés d'augmenter génétiquement le taux de sucre.
Pour plus se sucrer ?
Dans le Canard enchaîné du 21 août 2019.
Le Canard enchaîné du 21 août 2019 nous rappelle l'existence, le maintien et la création de déséquilibres de la protection sociale (retraite, chômage, santé) :
