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——————————— January 3, 2019 - Thursday 03, January 2019 ———————————

Dans la forêt de Hambach, en Rhénanie, des militants ont construit des cabanes dans les arbres pour empêcher leur destruction.

D’un côté, 150 « activistes » perchés depuis des mois à la cime des arbres. De l’autre, le conglomérat, fournisseur d’électricité de Rhénanie-Westphalie (RWE), du gros calibre, et son soutien politique, le non moins puissant Land du même nom. Au centre, une forêt, celle de Hambach, de 12000 ans d’âge, déjà réduite à une centaine d’hectares, ceux-là mêmes qui gênent l’extension de la plus grande mine de charbon à ciel ouvert d’Allemagne, près d’Aix-la-Chapelle.

Depuis quatre ans, des militants se sont installés dans cinquante et une cabanes dans la forêt de Hambach. Particularité de ces cabanes : elles sont construites dans les arbres, à quinze, voire vingt-cinq mètres de hauteur, de quoi avoir le vertige en préparant son p’tit déj. Du solide, habitables à demeure, des toiles pour se protéger de la pluie, des traverses et ponts de singe pour les relier les unes aux autres. Les rebelles se croyaient à l’abri dans leurs tranchées aériennes. Mais l’assaut a eu lieu en septembre.

Les forces d’intervention (3 500 hommes annoncés) n’ont pas lésiné. Arrivées avec leurs grues de chantier qui s‘élèvent à hauteur, elles se retrouvent face aux irréductibles. Pris de panique, l’un d’entre eux chute et meurt huit jours à peine après son dix-huitième anniversaire. L’émotion est forte.

Les cabanes détruites tombent à terre dans un fracas de branches et de planches cassées.

Non loin de là, un cratère de 350 mètres de profondeur où les bulldozers géants continuent à laminer la terre pour dégager le charbon de lignite, une cochonnerie, et s'approchent de plus en plus de la bordure du massif forestier.

D'après une enquête Emnid, les Robins des bois de Hambach ont l’opinion publique avec eux, laquelle s’oppose majoritairement à l’abattage. Comme pour Notre-Dame-des-Landes, l’affrontement se porte au juridique. Les Amis de la terre arguent du fait que la forêt, ou ce qu’il en reste, recèle des espèces protégées, si bien que RWE a pour l’instant interdiction de défricher.

L’appui populaire ne faiblit pas. Un rassemblement, dans un premier temps interdit par la police, réunit 15000 personnes en octobre, et la décision est cassée par le tribunal d’Aix-la-Chapelle. Dans les arbres, les opposants reconstruisent, mais la police rôde en permanence dans les parages.

L’ogre RWE joue sur l’habituelle ficelle : le non-abattage lui fait perdre 100 millions d’euros et renoncer peu à peu au fossile, ce qui entraîne des pertes d’emplois et l’augmentation du prix de l’électricité. Alors que, si l’on tient compte de tous les coûts induits, on sait qu’elle est déjà bien plus chère que celle issue des renouvelables.

Oui, le calcul est valable si et seulement si l'on tient compte des externalités négatives.


Le gouvernement allemand sent quand même le vent du boulet : il a nommé une commission chargée de déterminer une date de sortie du charbon. Calmons-nous. 2030, 2040 ? En attendant, le fossile charbon et ses centrales font aujourd’hui de l’Allemagne le pays le plus polluant d’Europe.

La forêt n'est pas la seule concernée : des populations ont été déplacées et leurs villages détruits. Exemple : Immerath, qui est en cours de démolition afin de permettre l'extension de la mine de charbon de lignite de Garzweiler.

Dans le Siné mensuel de décembre 2018.

Quand elle ovule, la femelle hippocampe cherche un mâle dans la poche ventrale duquel elle va injecter ses nombreux ovocytes qui seront fécondés par un ruissellement de sperme dans l'eau de mer de la poche. C'est une fécondation interne, mais dans l'eau de mer, et un transfert de grossesse à un père porteur dont le bide enfle tandis que celui de la nana se vide. Après le développement des œufs en petits hippocampes, le mâle accouche douloureusement jusqu'à 2500 bébés, et s'écroule après ! Quand on pense que certains râlent parce qu'ils ont des jumeux et que d'autres trouvent que les PMA, c'est pas naturel…

Chez d'autres poissons, comme les épinoches et les combattants, le père chasse la femelle du nid après la fécondation, sinon elle mange les œufs. Il s'occupe ensuite des œufs et des jeunes sans manger, avec dévouement, jusqu'à ce qu'ils nagent de leurs propres nageoires. Il y a aussi des animaux qui élèvent leur jeunes en couples temporaires, rarement permanents. Mais chez la plupart, les pères ignorent leur descendance et souvent s'en régalent, à l'état d'œufs ou de jeunes. Bref, la nature c'est pas la manif pour tous ! Celle-ci n'est pas non plus le modèle social courant chez les primates, humains ou non.

Chez la plupart des singes, l'identité du père est inconnue et le petit n'a aucun moyen d'identifier son ascendance. Selon les espèces, les mâles s'occupent volontiers, ou pas du tout, des jeunes de la troupe. Les patas, gorilles et bonobos pratiquent une paternité sociale collective. Tandis que chez les orangs-outans, c'est père inconnu et chez les gibbons, un papa, une maman, un enfant. Comme nos derniers ancêtres communs sont les chimpanzés, les bonobos et les gorilles, nos structures sociales, très diversifiées, dérivent de celles de ces ancêtres communs. Il n'est donc gère étonnant que bien des sociétés humaines pratiques des paternités sociales, collectives ou non, indifférentes à la paternité biologique. D'autres ont des familles monoparentales, et la tendance au machisme est quasi générale ! Ce qui ne veut pas dire qu'il ne faut pas lutter contre, mais que ce sera difficile… Et puis, on ferait bien aussi de s'inspirer de ces sociétés où les seuls pères reconnus sont ceux qui s'occupent, seuls ou à plusieurs, des gamins, et non ceux que la recherche technologiques de paternité traque, parfois jusqu'à l'absurde.

Dans le Siné mensuel de novembre 2018.

Les premières dénoncent taxes et nouveaux remboursements imposés par Macron. Le second des dépenses et frais démesurés. L’exécutif mène aux points.

Durant des semaines, les dirigeants des assurances-santé et des grosses mutuelles ont cru qu’ils pourraient jouer les gilets jaunes et gagner, eux aussi, du pouvoir d’achat. Résultat : ils ont fini en guenilles, le 20 décembre.

Leur bras de fer commence en réalité le 13 juin, quand Macron annonce le futur remboursement à 100 % des lunettes ainsi que des prothèses dentaires et auditives. Ce joli coup politique reste en travers dela gorge des patrons de complémentaires. Et ils le font savoir. Car, si la Sécu réglera l’essentiel (750 millions d’euros), leurs boîtes devront débourser 250 millions.

Mi-novembre, Agnès Buzyn, la ministre de la Santé, se targue d’avoir amadoué les leaders du marché. Las ! dans la foulée de Mercer (mutuelle des petites et moyennes entreprises), les autres complémentaires annoncent une augmentation de leurs tarifs : entre 3 et 6 % pour la plupart, certaines grimpant jusqu’à 20 % !

Festin mutualiste

Aussitôt, Buzyn crie au sabotage. A ses yeux, le reste à charge zéro — « RAC 0 » pour les intimes — voulu par Macron sert d’alibi aux complémentaires pour remplir leurs caisses. Très spontanément, les dossiers gênants sortent des placards. Exemple : le patron du modeste groupe mutualiste des intermittents du spectacle, qui s’octroie un salaire trois fois supérieur à celui du directeur de la Caisse nationale d’assurance-maladie. D’ailleurs, le « club des 100 000 », réunissant les patrons de mutuelles — à vocation non lucrative — qui, chaque mois, dépassent ce salaire, est prospère. D’année en année, au gré des fusions et des acquisitions voulues par Bruxelles, son effectif grossit.

Les dépenses de sponsoring sont, elles aussi, dénoncées. Aesio, qui, après sa fusion avec la Macif, est devenu le deuxième groupe mutualiste (et le plus généreux avec sa direction), collectionne les mécénats : foot avec l’AS Saint-Etienne (ville natale du président, Maurice Ronat), rugby avec le Racing Club de France et… peinture via le musée d’Orsay. Début juin, Aesio a entièrement loué ce dernier pour un raout fastueux, au cours duquel Ronat a vitupéré ce gouvernement, étrangleur de mutuelles. Pourquoi Orsay ? « Ses collections couvrent la période 1848-1914, qui correspond à l’émergence du mouvement mutualiste », explique Aesio. L’expo « Renoir/Renoir », qui se tient jusqu’au 27 janvier, est financée par le groupe. A la fin de sa vie, Jean Renoir, le fils, en pinçait plutôt pour l’extrême droite antisémite. Pas très mutualiste…

Le RAC qui fait raquer

Des fortunes sont également englouties par les complémentaires dans le vélo (AG2R, avec 10 millions pour le seul Tour de France), dans la voile (Matmut, 5 millions d’euros) et, aujourd’hui, dans la télévision (Mutuelle de la police nationale). Ces caprices de nouveaux riches font le bonheur des proches d’Agnès Buzyn, qui rappellent que les frais de gestion des complémentaires s’élèvent à 20 %, contre 4 % pour la Sécu.

Fort (entre autres) de ces arguments, Macron, qui a rencontré ces philanthropes le mardi 18 décembre à l’Elysée, a pu les convaincre de faire un effort. « Je veux votre engagement que vous gèlerez vos cotisations en 2019 », a-t-il réclamé. Il leur a laissé deux jours pour s’exécuter. Prière exaucée, sauf qu’à peine sorti du Château un petit malin confiait au « Canard » : « On s’est engagés pour 2019. Or le plan RAC 0 se met en place jusqu’en 2021. » En clair, il restera deux ans pour se rattraper.

Au sein de la Fédération des mutuelles de France, l’amertume n’est pas dissipée : « Nos frais de gestion, tempête son président, Jean-Paul Benoît, ne sont pas comparables à ceux de la Sécu, qui ne fait que du remboursement. Nous, nous gérons des centres de santé, notamment dans les déserts médicaux. Ils représentent 90 % de nos dépenses. En plus, les mutuelles paient une TVA à 20 %, soit autant que les produits de luxe. Et [dans notre fédération] nous ne sponsorisons ni la voile ni le vélo. » Il renvoie la balle à Macron : « Le poids des taxes que nous colle le gouvernement est passé, en douze ans, de 1,75 % à 14,07 % des cotisations. Ainsi, en 2019, les mutuelles vont être taxées à 0,8 % pour payer un forfait aux médecins traitants. »

Selon un autre dirigeant d’une mutuelle « de gauche », le RAC 0 ne coûtera pas 250 millions aux complémentaires mais… 600 millions ! « Les mutuelles de taille moyenne qui sont obligées de respecter les directives européennes leur imposant de constituer d’énormes réserves vont être étranglées », hurle-t-il.

Les assurances et les grosses mutuelles n’oseraient tout de même pas en profiter ?

Dans le Canard enchaîné du 26 décembre 2018.



Voilà un journalisme de piètre qualité… Ça te sort deux chiffres (20 % contre 4 %), sans expliquer ce qui est mesuré (20 % de quoi ?!), sans citer la source, ça interroge une seule des deux parties intéressées par ces chiffres, et ça te laisse conclure. On ne va quand même pas expliquer quoi que ce soit au citoyen, il risquerait de comprendre ! Je conchie ce journalisme vite-fait mal-fait qui n'aide pas le citoyen à décider ni à s'émanciper !

Je pense que tout débat sur les chiffres est inutile. La question n'est pas de savoir qui a la plus grosse entre la Sécu publique ou les complémentaires privées, mais de savoir de quel mode de vie, de quel modèle de société nous voulons : une société plus égalitaire ou une société dans laquelle chacun paye un prix strictement indexé sur ses risques de santé (les "sans défauts" payent que dalle, les "multirécidivistes du défaut de fabrication" payent à plein tarif) ? Attention au piège : les sans défauts d'aujourd'hui ne le resteront peut-être pas jusqu'à la fin de leur vie.

Malgré cette idéologie présente en moi, j'ai eu envie de creuser ce "20 % contre 4 %" et les arguments avancés par le président de la fédération des mutuelles. Ce que je peux dire, c'est que c'est un véritable merdier de s'y retrouver… Je ne conçois vraiment pas comment le citoyen peut faire un choix éclairé avec tout ça… Chaque "partie" arrive avec ses chiffres, ses méthodologies de calcul, ses biais de raisonnement, ses biais de présentation, etc.

22 %, c'est la part moyenne des frais dans le montant hors taxes des cotisations relatives à un contrat individuel d'assurance-santé calculée par l'UFC-Que Choisir dans son étude de juin 2018 à partir de contrats d'assurance-santé existants en 2018. Il y a plusieurs réseaux de mutuelles, plusieurs types de contrats (individuel, collectif), plusieurs contrats, etc., ce qui fait qu'il s'agit d'une moyenne avec un écart type plutôt costaud. La médiane est de 20,4 %.

L'UFC mélange les frais de gestion (« dépenses mises en œuvre pour effectuer les remboursements »), les frais d'acquisition (« dépenses opérées par les organismes pour recruter de nouveaux clients ») et les autres frais généraux non liés à la publicité et à l'exécution des garanties dits frais administratifs (salaires, système d'information, etc.). Par simplicité, j'écrirai « frais de gestion » pour désigner l'ensemble de ces frais, sauf mention contraire explicite.

Notons qu'en 2012, la fédération nationale de la mutualité française évaluait la part des frais de gestion à 17 % du montant des cotisations. On est donc sur un chiffre plutôt similaire des deux côtés. \o/

Toujours selon l'UFC, les cotisations à une complémentaire santé, taxes comprises, ont augmenté de 47 % en moyenne entre 2006 et 2017. Notons qu'afin de lisser l'effet de l'augmentation du nombre de personne couvertes par une complémentaire santé, l'UFC raisonne en termes de cotisation par personne.

Les complémentaires santé dénoncent les taxes de l'État comme facteur d'augmentation des leurs cotisations. Si l'on prend en compte la TSA, taxe unique en vigueur depuis 2011 qui fusionne les deux taxes existantes dotées d'un taux similaire, et dont le taux n'a pas augmenté depuis fin 2011 (alors que les cotisations continuent à augmenter…), alors la hausse moyenne du montant des cotisations entre 2006 et 2017 s'élève à 33 % (source : toujours la même étude de l'UFC). Notons que le taux de la TSA est variable : contrat "normal", contrat "responsable", etc.

Cela représente deux fois le taux d'évolution de l'inflation sur la même période qui est de 14-15 % (source). L'inflation est une moyenne de l'augmentation du prix TTC (source) d'un ensemble de produits sélectionnés, donc le prix de certains produits peut avoir diminué pendant que les prix d'autres produits peut avoir augmenté. Il n'empêche que la variation des cotisations des complémentaires santé n'est pas insignifiante quand on la met en rapport avec cette évolution de l'inflation.

3,55 %, c'est, en 2012-2013, la part des charges de gestion courante (hors prestations et transfert au budget de l'État) de la CNAM, donc de la seule branche assurance maladie obligatoire, dans les cotisations qu'elle perçoit (cotisations salariales, patronales, CSG, et taxes en tout genre). Ce n'est donc pas les frais de gestion de la sécurité sociale dans son ensemble. Sources : caisse nationale des Urssaf et fédération nationale de la mutualité française. Une fois encore, les calculs de plusieurs parties intéressées à l'affaire se recoupent. On peut également refaire les calculs à partir des comptes de la sécurité sociale. On peut calculer qu'en 2017, les mêmes charges représentaient 3,45 % du montant total des cotisations.

Pour nuancer ce chiffre, il faut d'abord se souvenir qu'il concerne uniquement le régime général. Il existe d'autres régimes d'assurance maladie obligatoires tenus par d'autres caisses : MSA, le feu RSI, etc. Or, nous comparons le chiffre du régime général avec le chiffre de l'UFC et de la fédération de la mutualité française dont il n'est pas précisé si les autres régimes ont été pris en compte dans leurs calculs respectifs.

On pourrait noter qu'en absolu, la somme des frais de gestion des complémentaires santé est de 7,2 milliards d'euros en 2016 (toujours selon l'UFC). Sur la même période, les charges de la branche maladie de la sécurité sociale représentaient 6,8 milliards. Mais, cette comparaison n'a pas beaucoup de sens : la palette des prestations n'est pas la même et tout le monde ne dispose pas d'une complémentaire santé (alors que tout le monde est affilié à l'assurance maladie obligatoire). L'assurance maladie obligatoire a ainsi remboursé 187 milliards de prestations en 2016, contre 28 milliards pour les complémentaires santé. D'où l'intérêt de travailler en relatif. Pour ceux qui se demandent comment l'écart entre les parts des frais de gestion dans les ressources des structures peut être aussi creusé : le montant total des cotisations perçues (taxes comprises) par les complémentaires santé en 2016 a été de 40 milliards d'euros. Les cotisations perçues par la branche maladie de la sécurité sociale a été de 87 milliards la même année, à quoi il faut ajouter les recettes des taxes (CSG, taxe sur le tabac, etc.) soit 100 milliards d'euros.

Les complémentaires santé argumentent que les charges du régime d'assurance maladie calculées ci-dessus sont incomplètes, car la perception des cotisations est à la charge des URSSAF, pas de l'assurance maladie, alors qu'elle incombe aux complémentaires santé. C'est vrai, mais il ne suffit pas d'ajouter le budget des URSSAF au budget de la branche maladie de la Sécu, car le réseau des URSSAF assure également d'autres missions (de conseil, de récolte des cotisations vieillesse, etc.), donc le coût total du régime d'assurance maladie obligatoire est difficile à calculer. D'un autre côté, l'assurance maladie n'a pas de frais d'acquisition, ce qui représente une dépense d'un montant équivalent à 7,9 % des cotisations des complémentaires santé, soit 2,8 milliards d'euros en 2016. Ça en fait, des ressources pour se confectionner un système d'information, absorber le coût des rejets des prélèvements bancaires et tout ce qu'il faut pour percevoir les cotisations.

L'argument concernant les centres de santé me semble faible. D'une part, la France compte environ 500 centres de santé mutualistes, ce qui représente un tiers du parc. Sources : réseau national des centres de santé mutualistes et direction de l'offre générale de soins du ministère de la santé. Les autres centres de santé sont gérés par des associations, l'assurance maladie, les collectivités territoriales, etc. D'autre part, selon la DGOS, seuls 10 % des centres de santé sont ruraux, donc bon, déserts médicaux, faut voir à relativiser (il reste tout de même les centres dans les quartiers défavorisés, à mon avis). Enfin, les recettes d'un centre de santé proviennent essentiellement… de la CPAM (remboursement des actes médicaux, subvention, etc.) et des agences régionales de santé (source).

L'argument concernant la TVA qui plomberait les cotisations des complémentaires santé n'en est pas un : les frais de gestion représentent, en moyenne, 18 % du montant des cotisations TTC en 2016, toujours selon l'UFC. Évidemment, il y a toujours un écart notable entre les contrats collectifs et individuels. De plus, il est tendancieux de déclarer que les « les mutuelles paient une TVA à 20 %, soit autant que les produits de luxe » : il s'agit du taux normal de TVA, il n'est donc pas réservé au monde du luxe… Enfin, à l'exception de son passage de 19,6 % à 20 % en 2014, le taux de la TVA n'a pas augmenté sur la période observée par l'UFC alors que les cotisations des complémentaires santé ont augmenté.

Bref, à part le budget publicité, les salaires plus conséquents des dirigeants privés, et, dans une moindre mesure, la machinerie pour la perception des cotisations publiques, je ne vois pas comment justifier la part prise par les frais de gestion dans les cotisations des complémentaires santé ni l'augmentation constante de ces mêmes cotisations.

Franchement, vu ce qu'on voit à la télé… On a quand même raison de voter ce qu'on vote !!!

Gros +1. Rien de nouveau, mais je trouve ce dessin très bien fait.

Dans le Siné mensuel de décembre 2018.

Les autorités russes se sont trouvé de nouveaux ennemis de l'intérieur : les anars. Ils auraient formenté des attentats terroristes pendant la Coupe du monde. Portrait de deux militantes qui se battent pour les sortir de ce mauvais pas.

Un type louche scrute sa maison depuis le trottoir d’en face. Katya nous dit avoir gardé son calme. Elle a attrapé son téléphone pour tirer le portrait de l’indiscret. Celui-là, elle l’a déjà vu dans la rue. Sans doute un agent du FSB, les services secrets russes. Sur le moment elle s’était demandé s’il la suivait ou si elle devenait parano.

Yekaterina Kosarevskaya, « Katya », a 27 ans. Sur ses photos de profil, un air grave assombrit ses traits encore juvéniles. Doctorante en mathématiques, elle enseigne la théorie des probabilités a l’université. Mais ce ne sont pas ses recherches qui intéressent le FSB. En 2015, Katya et son amie Yana Teplitskaya, également mathématicienne, ont été nommées à la Commission de contrôle public des lieux de détention (ONK), une sorte de contrôle des lieux de privation de liberté, en version bénévole.

« Je m’étais impliquée aux côtés de familles de migrants incarcérés dans l’attente de leur expulsion : ça m’avait beaucoup touchée. Je voulais faire plus pour la défense des prisonniers », nous explique Katya, par téléphone, en anglais. « Cela faisait plusieurs années qu’on voulait intégrer l’ONK avec Yana, mais il fallait avoir 25 ans. » Quelques années et des tonnes de paperasse plus tard, les deux amies sont mandatées pour quatre ans. « On a eu de la chance. Il y a peu de place pour les activistes des droits de l’homme dans la Commission. Nous sommes trois sur vingt-cinq membres », ajoute-t-elle.

Ces organisations régionales ont vu le jour en 2009 pendant la brève parenthèse Medvedev, dix ans après le dépôt d’un projet de loi par un député de l’opposition. « On peut y voir une volonté d’adaptation aux normes internationales », explique Anne Le Huérou, maîtresse de conférences en civilisation russe à Paris-Nanterre. Dans les faits, il y a de quoi décourager les plus motivés. « Les membres de ces organisations sont à peine indemnisés pour leurs trajets, ils doivent couvrir des régions parfois très reculées et sont soumis à des pressions. La majorité d’entre eux sont des vétérans des services pénitentiaires ou des policiers retraités qui se contentent de relayer des problèmes matériels, ou d’organiser des collectes de livres pour les détenus. »

Plusieurs fois par semaine, quand d’autres vont patiner ou se détendre aux bains, Katya et Yana visitent des cellules de garde à vue ou des hôpitaux psychiatriques. « La première fois, l’administration de la prison s’est montrée très aimable. On nous a montré la salle de réfectoire, le terrain de foot… Le ton et un peu changé lorsqu’on a commencé à collecter des plaintes et à leur demander certains documents », se souvient-elle. « Pour éviter qu’on nous cache des détenus, on ne prévient de notre arrivée par téléphone que cinq minutes avant. Mais le plus ennuyeux, c’est qu’on ne peut ni enregistrer les témoignages ni prendre de photos. Ce serait plus pratique pour dénoncer les tortures. »

Coup de jus et coup monté

En janvier dernier, elles sont les premières à révéler des actes de torture des services secrets sur des activistes antifascistes : « Depuis, on a eu six autres affaires. J’ai dû mettre ma thèse entre parenthèses. » Tout a commencé par le coup de fil inquiet d’une jeune femme qui les appelle à l’aide. Son mari, Viktor Filinkov, un Kazakh de 24 ans, a disparu alors qu’il se rendait à l’aéroport Pulkovo de Saint-Pétersbourg. Ce militant antifasciste travaille dans la programmation informatique en Russie depuis plusieurs années. Katya et Yana retrouvent sa trace deux jours plus tard, au centre de détention provisoire de la ville.

Elles le découvrent épuisé, le visage tuméfié. Méfiant, il leur raconte qu’il s’est cogné par accident. « Nous y sommes retournées le lendemain. Là, il nous a montré des marques de brûlures sur tout son corps », révèle Katya. Viktor leur confie avoir été embarqué par des agents du FSB et avoir été examiné par un médecin avant d’être torturé pendant plusieurs heures dans une fourgonnette au beau milieu de la forêt. Roué de coups, électrocuté, il cède rapidement : « Je criais : “Dites-moi ce que je dois dire, je dirais tout ce que vous voulez”, mais ils ne se sont pas arrêtés. » Le calvaire continue jusqu’à ce qu’il retienne par coeur le témoignage qu’il devra livrer aux enquêteurs en charge de l’affaire Réseau. Viktor Filinkov est accusé d’appartenir à une organisation anarchiste clandestine, le Réseau, qui aurait préparé des attaques terroristes pendant la Coupe du monde de football. Pas moins de onze jeunes âgés de 20 a 27 ans provenant de Saint-Pétersbourg et de Penza, à 700 km au sud-est de Moscou, sont ainsi soupçonnés d’appartenir au Réseau, arrêtés et torturés. Dmitriy Pchelintsev, 26 ans, détenu à Penza : « Quand ils m’ont électrocuté, j’ai serré la mâchoire tellement fort sous la douleur que mes dents se sont cassées dans ma bouche ».

Pour les ONG de défense des droits de l’homme, l’affaire Réseau a tout l’air d’un coup monté. « Ledit Réseau a été ajouté à la liste des organisations terroristes après les arrestations. Tous les aveux ont été obtenus sous la contrainte. Les protagonistes ne se connaissent même pas pour la plupart », constate Coline Maestracci, de l’ONG Anti-Discrimination Center Memorial, basée à Bruxelles. « C’est une façon d’envoyer un signal fort avant les élections : cela peut arriver à n’importe qui. »

« Nous avions déjà documenté des cas de mauvais traitements dans des commissariats et de viols sur des détenus en garde à vue, souvent des SDF… Nous sommes même poursuivies pour diffamation par des policiers, raconte Katya. Mais c’est la première fois que l’on implique les services secrets et que l’affaire prend autant d’ampleur. » Après la publication de leur rapport, Katya et Yana sont harcelées par les médias pro-Poutine, accusées de « défendre des terroristes ». Le FSB garde le silence. « Beaucoup disent que les services secrets préfèrent rester dans l’ombre et cultiver cette image effrayante. La peur joue à leur avantage », remarque Katya. Est-ce qu’elle est en danger ? « Non, assure-t-elle. Parfois des gens me suivent, parfois non, mais c’est tout… » En Russie, tout comme le concept de droits de l’homme, celui de la peur est à géométrie variable.

Dans le Siné mensuel de novembre 2018.

Je tente de résumer les mesures prises par le gouvernement pour calmer les gilets jaunes (et pinaise, que c'est compliqué de comprendre les pièges, de recouper les sources, etc.).

Prime de fin d'année, d'un montant maximal de 1000 €, totalement défiscalisée (IRPP, CSG, CRDS) et "désocialisée" (exonération des cotisations salariales et patronales). Je ne vois pas comment une unique prime, basée sur la seule bonne volonté des patrons, pourrait remédier à la misère dénoncée par les gilets jaunes… Je ne vois pas non plus de raison de me satisfaire de l'absence de cotisations sociales, c'est-à-dire de la réduction de la protection sociale.

Hausse des revenus d'un smicard moyen (environ 90 €/mois/personne + la révalorisation "normale", qui suit l'inflation, au 1er janvier) et élargissement des personnes éligibles à la prime d'activité (3,8 millions de foyers à 5 millions de foyers). Cela se fera par une augmentation de la prime d'activité, donc sur les seuls deniers de l'État. Seulement un peu plus de la moitié des smicards est concernée… Seulement environ 100 €/mois (qu'est-ce que tu veux faire avec ça…)… Attendons également de voir l'inflation de 2019 qui pourrait annuler l'effet de cette hausse…

Heures supplémentaires défiscalisées (seulement l'IRPP… qui n'est pas payé par les foyers les plus démunis, la CSG et la CRDS seront dues) et désocialisées (seulement exonérées des cotisations sociales salariales). Je ne vois pas de quoi me réjouir d'une mesure prévue de longue date (ce n'est donc pas un acquis des gilets jaunes) qui consiste à travailler toujours plus (la bonne direction est la réduction du temps de travail et une meilleure répartition des emplois) tout en ne cotisant pas pour sa santé et sa retraite, ce qui, au final, appauvri, notamment dans les métiers physiques à risques sur la santé…

Anhilation de la hausse de la CSG pour les retraités ayant un revenu inférieur à 2000 €/mois/personne. Je ne vois pas de quoi me réjouir de la réduction (d'une hausse) valable un an (elle pourra est reconduite, oui, mais ce n'est pas acté). Sans compter la désindexation de l'inflation des pensions de retraites, qui feront perdre du pouvoir d'achat bien plus que cette mesure en restaurera…

Gel des taxes énergétiques (TICPE - conso énergétique -, TICGN - gaz naturel -, TICC - carbone) jusqu'en 2022 et gel des tarifs de l'électricité et du gaz naturel jusqu'à fin mars 2019. ÉDIT DU 30/01/2020 À 21 H 25 : + 2,5 % sur le tarif réglementé au 1er février 2020, +10 % en 7 mois. FIN DE L'ÉDIT. Élargissement du nombre de citoyens éligibles au chèque énergie (+ 2 millions) qui recevront une aide entre 48 € et 76 € (+ 50 € pour ceux qui avaient déjà). Je ne vois pas de quoi me réjouir d'une incitation à consommer toujours plus d'énergies fossiles à l'heure où un effort climatique est incontournable… Vu les montants en jeu, ça n'aide même pas les foyers modestes à maintenir leur tête hors de l'eau

Il y a aussi tout ce qui, à mon sens, n'est pas une conséquence de l'action des gilets jaunes mais la tambouille habituelle de fin d'année : indemnités kilomètriques revues à la hausse, exonération de cotisations sur l'aide au transports, report du durcissement du contrôle technique automobile, hausse de la prime de reconversion et de la prime pour l'achat d'un véhicule électrique, etc. On est en présence de broutilles qui n'aideront globalement pas les citoyens

Donc ça nous fait entre 10 et 14 milliards de dépenses pour 2019 et 19 milliards pour le gel des taxes énergétiques jusqu'en 2022…

Le citoyen se fait totalement manipuler :

  • Les montants en jeu, au niveau individuel sont totalement dérisoirs et ne permettront pas aux démunis de maintenir leur tête hors de l'eau… Ce n'est que partie remise… ;

  • Les mesures d'aujourd'hui feront la dette de demain, donc ça justifiera de fermer des services publics, de cesser le remboursement de médicaments et de prestations de santé, un transfert des missions régaliennes de santé publique vers le privé, etc. Il s'agit donc de cadeaux empoisonnés. Macron l'avait dit : « il n'y a pas d'argent magique » ;

  • Les riches ne sont pas mis à contribution, et compte-tenu de leur pratique de l'évasion fiscale, ils ne seront pas concernés par le retour de baton mentionné au point précédent ;

  • Les mesures, aux détails incompréhensibles, visent à diviser les citoyens : toi, smicard, tu croyais avoir 100 €/mois supplémentaires ? Hé bah non, seulement 55 % des smicards sont concernés ; Toi, retraité, tu pensais être concernée par une hausse de ton pouvoir d'achat ? Ha ben oui, mais tu n'as pas compris la désindexation de tes pensions de retraite, nigaud ! Tu penses qu'un gel des taxes énergétiques était en vigueur ? T'imagines pas le retour de manivelle (c'est-à-dire une grosse augmentation subite) que tu vas te manger, et plus vite que tu ne le penses (ça n'attendra pas 2022, sois sûr qu'un projet de loi rectificatif va corriger cela, car ce n'est pas ce que le gouvernement voulait à la base). Etc. Cela est très dangereux à moyen terme ;

La justice sociale réclamée par les gilets jaunes ne sera donc pas atteinte, pire, notre gouvernement ne s'est pas trop fatigué à donner l'illusion qu'on va dans cette direction.

J'ai un avis défavorable concernant ce projet. J'ai des doutes sur l'indépendance de la structure porteuse et sur l'enfermement des journalistes participants dans un entre-soi à cause de la concentration.

Tous les élèves de cours préparatoire et de CE1 ont été évalués en début d’année scolaire. Non seulement la pertinence de ces tests est contestée par les enseignants mais, surtout, les résultats sont conservés par le géant Amazon. Etonnant, non ?

Le ministre de l’Éducation nationale, Jean-Michel Blanquer, est un fervent défenseur des tests à tout-va. Les dernières évaluations des élèves de CP et de CE1 se sont achevées avec leur lot d’absurdités.

Ainsi, l’énoncé commun aux CE1 (les gamins ont 7 ans !) parle de « sommeil paradoxal » ou de « glande pinéale » du cerveau. Des exercices prétendument rédigés par les « meilleurs scientifiques » et sélectionnés par le ministre en personne ! Jeanne, professeure des écoles dans le 19e arrondissement de Paris, raconte : « On a vu des enfants pleurer devant leur copie car ils ne comprenaient rien. Ils pensaient qu’ils allaient être grondés. » Le SNUIPP-FSU, principal syndicat des enseignants du premier degré, s’insurge en pointant du doigt ces méthodes qui ne respectent pas « les apprentissages réels des élèves ». Et ajoute que « ces évaluations placeront artificiellement la majorité d’entre eux en situation d’échec et de stress important ». Les résultats de cette année sont peu reluisants. Un élève sur deux a des difficultés en calcul mental en début de CE1 et 23 % des élèves de CP ont des difficultés à reconnaître les lettres et le son auquel elles correspondent. La solution du ministère ? Blanquer annonce sans rire que les professeurs disposeront d’un « kit pédagogique sur Eduscol.fr pour faire avancer les élèves sur les différents sujets ». De quoi remonter le moral des instits !

Mais l’histoire ne s’arrête pas là. Une enseignante référente pour les usages du numérique (Erun) a découvert que les données récoltées auprès de 1,6 million d’écoliers sont stockées et gérées par Amazon, en Irlande, en violation du règlement général sur la protection des données (RGPD) en vigueur depuis le 20 juin [ NDLR : c'était le 25 mai… ]. Étrange coïncidence : l’ancien directeur du numérique à l’Éducation nationale, Mathieu jeandron, a justement été embauché par Amazon Web Services au printemps dernier. Ce choix est une suite logique dans le parcours de ce polytechnicien qui poussait pour que les outils pédagogiques Google for Education et Microsoft for Education soient largement utilisés dans nos écoles. Alerté, le ministère se défend en avançant que « dans le cadre du processus d’évaluation des élèves, […] Amazon Web Services n’ont [pas] accès aux données à caractère personnel des élèves ou des professeurs ». Reste la durée de conservation de ces données. Le ministère ressort son bouclier et explique qu’elles seront anonymes dès la cinquième année après la sortie de l’élève du circuit scolaire. Donc, les résultats avec nom, prénom, année de naissance et plus si affinités resteront accessibles pendant les cinq premières années après la scolarité. Adieu l’anonymat. Surprenant quand on connaît les craintes de fichage de nos bambins par les Gafam (Google-Amazon-Facebook-Apple-Microsoft).

D'autant que l'anonymat sera bidon : il est très difficile d'anonymiser des données, c'est-à-dire de faire en sorte qu'une désanonymisation a posteriori soit impossible… Surtout quand le prestataire dispose de la version "non-anonymisée" dont il peut bien faire ce qu'il veut, une copie, par exemple.

Le site web est désormais derrière Amazon CloudFront, le CDN d'Amazon, donc il est difficile de vérifier dans quelle zone géographiques sont situés les serveurs qui hébergent physiquement ce site. Mais, si l'on en croit les quelques infos techniques mises de côté par le syndicat SNUIPP-FSU, le site web était bien hébergé dans la région « eu-west-1 », qui correspond bien aux trois zones de disponibilité en Ireland. Le lieu concret de l'hébergement est insignifiant, le problème est politique, il est qu'un ministère français ait recours a une multinationale étrangère toute puissante qui fraude le fisc pour stocker des résultats d'examen…

Dans le Siné mensuel de novembre 2018.

  • […] La frontière n'est pas une ligne ; C'est une organisation diffuse, qui traite les humains au gré des intérêts dominants économiques et identitaires. […] La frontière n'existe pas ; La frontière est partout en chaque dispositif de contrôle de la dérive, de l'errance, du libre mouvement qui est l'essence même de la vie ;

  • Le mot péjoratif « Cagole » tirerait son nom :

    • soit du nom du tablier des ouvrières d'usines à dattes, le cagoulot. Ces travailleuses étaient mal payées et obligées de se prostituer pour finir le mois ;

    • soit du mot « Caga » qui signifie, en provençal, « qui fait chier ». Cela peut désigner une femme qui ne se laisse pas marcher sur les talons compensés, l'ouvrant quand il faut, assumant son corps et faisant ce qu'elle en veut ;
  • Parlons du prénom Fanny :

    • En anglais, c'est aussi un nom commun pour « vulve » et « fesse » ;

    • En français, c'est le diminutif de Stéphanie, ce qui est logique quand on y pense ;

    • En provençal, « faire Fanny » signifie marquer aucun point à la pétanque. Origine : selon la légende, au 18e siècle, à Lyon, une dénommée Fanny consolait les joueurs malheureux de pétanque en remontant ses jupes. Les expressions « fesses à Fanny » et « baiser Fanny » désignent le postérieur d'une statue de femme que le perdant à la pétanque devait embrasser. La statue peut être remplacée par une peinture vite-fait, parfois en relief ;
  • Entretien avec la journaliste et sociologue marocaine Sanaa El Aji qui a réalisé une thèse sur les relations sexuelles préconjugales au Maroc :

    • « Le mariage reste une institution très importante au Maroc, et encore plus pour les femmes. C'est à dire que la vraie réalisation, c'est de se marier. » Néanmoins, le changement de la dynamique socio-économique (études, difficultés d'accès au logement, etc.) a eu un impact sur la sexualité. L'interdit légal (emprisonnement jusqu'à un an) d'une sexualité préconjugale est toujours présent. Il est très rarement appliqué, sur dénonciation. Les autorités préfèrent soutirer de l'argent aux jeunes contrôlés dans les rues. Tout le monde a intégré que les relations sexuelles préconjugales existent ;

    • « Les hommes sont tacitement encouragés à avoir une sexualité avant le mariage, pour avoir de l'expérience. Si la femme a une sexualité préconjugale, on va lui demander de ne pas le montrer. Elle doit garder son hymen intact, lorsqu'elle a eu plusieurs partenaires, elle ne doit pas le dire ni à la famille, ni au futur mari. On ne dira pas explicitement à son fils d'avoir des relations sexuelles, mais on lui donnera plus d'argent de poche, pour aller voir les prostituées. Jusqu'au début des années 2000, dans les classes moyennes à supérieures, on employait des « petites bonnes » pour qu'elles soient un terrain d'expérience sexuelle pour le jeune homme. » ;

    • « En arabe, il n'y a pas de mots pour « faire l'amour », quand les gens sont francisants, ils utilisent cette expression. Sinon, ce sont des mots qui, en dialecte marocain sont soit très vulgaires, soit très rabaissants ou très violents pour les femmes. » ;

    • « […] Demander un certificat de mariage pour louer une chambre d'hôtel n'est inscrit dans aucune loi, pourtant ça se fait. ».
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