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——————————— October 30, 2017 - Monday 30, October 2017 ———————————

It's unsettling to realize how quickly digital resources can disappear without ongoing work to maintain them.

I spent a long time thinking about how to design a system for long-term organization and storage of subject-specific informational resources without needing ongoing work from the experts who created them, only to realized I'd just reinvented libraries.

Tellement vrai. :')

Suite de http://shaarli.guiguishow.info/?1fxNQw

Héroïque France ! Après sa condamnation par la Cour de justice de l’Union européenne, en juin, pour usage abusif du fichage ADN, elle n’a pas hésité, le 11 octobre, à rédiger une circulaire censée remédier au problème. L’affaire concernait un agriculteur, syndicaliste, condamné en 2008 à 2 mois de prison avec sursis pour un innocent coup de parapluie asséné à un gendarme lors d’une manif. En garde à vue, le plaisantin avait refusé le prélèvement ADN. Il a écopé de 500 euros d’amende.

La cour d’appel puis la Cour de cassation lui ayant donné tort, il s’est tourné vers la Cour européenne. Et, là, petit hic. Car la France, pendant quarante ans — une durée quasi « indéfinie », critique la Cour européenne —, conserve l’ADN dans son énorme Fnaeg, le fichier national automatisé des empreintes génétiques, qui recense 3,5 millions d’entre nous et ne cesse d’enfler. Seules les personnes mises hors de cause ont la possibilité d’en être effacées, pas les condamnés. Qu’ils aient volé trois bonbons ou braqué une banque ne change rien.

Voilà pourquoi la dernière circulaire annule l’avant-dernière, qui préconisait de poursuivre « systématiquement » tous les réfractaires au prélèvement ADN. Désormais, les procureurs devront procéder « au cas par cas », « au regard de la gravité de l’infraction ». Oui, mais… la circulaire dit aussi que « l’objectif d’une alimentation régulière de ce fichier ne devra jamais être perdu de vue », car cela garantit son « efficacité opérationnelle ». Autant dire que tout va continuer comme avant.

Alors, à dans dix ans devant la Cour européenne !

Nan mais tu vois, les droits de l'Homme c'est nous, la France, qui en sommes à l'origine, alors c'pas les bouseux⋅euses de l'UE qui vont nous faire la leçon, on connaît mieux le sujet qu'eux⋅elles, quoi, non mais alors, pour qui il⋅elle⋅s se prennent ! … … … La France est coutumière de cette attitude chauvine et nombriliste à deux sous…

Dans le Canard enchaîné du 25 octobre 2017.

Macron l’a redit sur TF1 : désormais, les chômeurs qui refusent sans motif légitime deux « offres raisonnables d’emploi » seront sanctionnés. Le problème, c’est que ces sanctions sont déjà prévues par la loi, et ça fait un bail : depuis 2008 !

Pour être exact, il s'agit d'offres raisonnables d'emplois qui correspondent au Projet Personnalisé d'Accès à l'Emploi (PPAE) défini avec les conseillier⋅e⋅s popole (combien de kilomètres êtes-vous prêt⋅e à parcourir chaque jour ? Disposez-vous d'une voiture ? Temps plein ou temps partiel ? Quel métier précis voulez-vous exercer ? etc.). Ce dernier pouvant être (rendu) flou, bon courage aux conseiller⋅e⋅s popole pour démontrer que l'offre refusée y correspond et qu'une radiation est donc justifiée. :)


En théorie, celui qui refuse est radié. Il ne touche plus un sou. Il ne peut se réinscrire à Pôle emploi qu’au bout de deux mois. Point.

Mais, comme le notent les « Echos » (20/10), pourtant pas spécialement mélenchonistes, cette mesure est rarement appliquée et quasiment inapplicable. Car le marché du travail est beaucoup moins statique qu’on ne l’imagine. Comme le remarque « un bon connaisseur du dossier », près de 70 % des 6,4 millions d’embauches au deuxième trimestre de cette année ont concerné des CDD de moins de un mois. Ce qui veut dire que l’écrasante majorité des chômeurs accepte tout ce qu’on lui propose, même le plus furtif ou le plus précaire des boulots ! L’idée du « fainéant » qui refuse les boulots à la chaîne n’est donc qu’un fantasme…

Jupiter ferait bien d’atterrir.

Dans le Canard enchaîné du 25 octobre 2017.

Ce n'est pas la fête, dans les campagnes. Non seulement les paysans sont en voie de disparition, mais jamais ils n'ont gagné aussi peu d'oseille. Plus de la moitié d'entre eux se contentent de 354 euros par mois. Il existe pourtant une solution pour mettre du beurre dans les épinards : diminuer la quantité de pesticides et d'engrais azotés !

Depuis 2007, le Centre d'études biologiques de Chizé, dans le département des Deux-Sèvres, a enrôlé 450 agriculteurs pour mener une expérience de plein champ, unique en son genre. Après cinq ans d'expérimentation sur 45 00 hectares de céréales, la première récolte de résultats a montré qu'en diminuant de 30 à 50 % les quantités d'herbicides et d'engrais, on déplorait, certes, une baisse des rendements de 3 à 5 %, mais que celle-ci était largement compensée par l’allègement de la facture des emplettes en produits chimiques. En divisant par deux la quantité d’herbicides et d'engrais azotês épandus, le céréalier voit son revenu augmenter iusqu'à 200 euros par hectare de blé planté ! Le gain optimal pour le porte-monnaie se situe à 120 kilos d’azote l’hectare, alors qu'en moyenne les agriculteurs français en déversent allègrement 180 kilos.

Tout aussi étonnant, les chercheurs se sont rendu compte qu’en y allant mollo sur les herbicides on n’impacte pas le rendement. En fait, semer du blé revient à faire place nette. Ne supportant pas que d'autres plantes lui marchent sur les racines, il élimine tout seul 80 % des mauvaises herbes. Les pesticides n’éradiquent que les 20 % restants, dont la présence ne perturbe aucunement la pousse du blé.

Pour quoi ces réjouissantes trouvailles de nos chercheurs ne sont pas au menu des Etats généraux de l'alimentation ? Parce qu’elles ne font ni les affaires de l'industrie phytosanitaire ni celles des grandes coopératives agricoles qui font la pluie et le beau temps chez nous. Un monstre coopératif comme Terrena, 5 milliards de chiffre d'affaires à la pesée, se fait du blé en vendant lui-même les pesticides à ses 29 000 agriculteurs adhérents.

A long terme, l'usage immodéré du pulvérisateur pourrait s'avérer catastrophique pour le portefeuille paysan. Dès que vous diminuez le nombre d'insectes butineurs dans un champ, vous effondrez le rendement. Il est temps de pulvériser les idées reçues !

Dans le Canard enchaîné du 25 octobre 2017.

Non, ce ne sont pas des patrons voyous ! Mais des patrons responsables, soucieux des intérêts de leur entreprise. D’ailleurs, s’ils ont saboté l’usine qu’ils avaient dans les Vosges, c’est tout à fait légalement.

En 1978, ces finlandais avaient racheté l’usine à papier de Docelles. Ils l’ont mise à l’arrêt, en 2014. Pas assez rentable. Cent soixante salariés dehors. Restait à vendre les machines. Tout en s’arrangeant pour qu’elles ne soient pas rachetées par des concurrents qui leur auraient taillé des croupières. « Les uns après les autres, raconte “Le Monde” (21/10) , les lourds cylindres de métal utilisés pour transformer la pâte à papier ont été systématiquement percés. Il y en avait plusieurs di- zaines. » Et l’un d’eux était neuf, encore dans sa boîte, d’une valeur de 700 000 euros. Le commissaire-priseur a fait ses calculs : « Neuve, une machine à papier allemande comme cela vaudrait 100 millions d’euros. Mais, dans son état actuel, elle partira sans doute à 1 ou 2 millions seulement. » Un beau gâchis ? Mais non, puisque les patrons finlandais ont fait ça, par contrat, pour ménager leurs intérêts…

D’autres patrons aussi ont ménagé leurs intérêts. Mais en dehors des clous, ceux-là. En 2004, deux affairistes américains rachètent pour 1 euro symbolique les ateliers Thomé-Génot, une usine métalurgique située à Nouzonville, dans les Ardennes. Deux ans plus tard, liquidation judiciaire. Les patrons ont siphonné la trésorerie. Trois ans plus tard, ils écopent de 5 ans de prison et 15 millions d’euros d’amende pour « banqueroute par détournement et abus de biens sociaux ».

Mais, comme entre-temps ils étaient rentrés aux Etats-Unis et que le magistrat chargé de l’instruction leur avait envoyé un courrier à Nouzonville au lieu de Los Angeles, ils affirment n’avoir jamais été informés de l’enquête pénale. Ils ont attaqué l’Etat en justice et ont obtenu du tribunal de Paris 10 000 euros chacun en réparation de leur préjudice.

Et, là aussi, c’est tout ce qu’il y a de plus légal !

Et après, nos élu⋅e⋅s et le MEDEF t'expliquent qu'il n'est pas nécessaire de prendre des mesures contre ce genre d'ordures. Et après, on vient t'expliquer qu'il faut protéger la planète en consommant intelligemment et en pratiquant le tri sélectif… pendant que d'autres pratiquent à la chaîne ce genre de massacres. Pfff, comme si ça pouvait rééquilibrer la balance… Une pointe de bonnes pratiques dans un océan de mauvaises pratiques impunies. :(

Dans le Canard enchaîné du 25 octobre 2017.

Interrogatoire, réquisitoire, plaidoirie, délibéré, jugement… et, hop ! en trente-six minutes tout compris - c’est une moyenne - l’affaire est emballée. Ça se passe tous les jours, samedi inclus, au tribunal de Paris, dans les deux chambres correctionnelles (la 23-1 et la 23-2), où sont expédiés les prévenus jugés en comparution immédiate.

Ce minutage précis est l’œuvre de professionnels présents sur place. Paris, qui se pose souvent en modèle, n’a donc rien à envier à des juridictions comme Toulouse et Lyon, où le chronomètrage avait été effectué par des associations. Résultat : une moyenne de vingt minutes, mais sans le délibéré. Pas mieux, pas pire non plus.

De l’abattage, dit-on souvent de cette justice. « Les comparutions immédiates, on n’y voit que des pauvres, venant de quartiers défavorisés, et on les juge en quinze minutes ! Ils mériteraient quand même plus d’attention… » a regretté, le 20 octobre, un magistrat habitué de ces audiences, lors du colloque parisien de l’association Lapac (pour « La Parole est à l’accusé »).

A Paris, pourtant, la hiérarchie judiciaire se vante volontiers d’avoir réussi a circonscrire le nombre de prévenus défilant aux « flags ». La norme est de ne pas dépasser 18 personnes. Les magistrats siègent, en moyenne, entre huit et dix heures d’affilée, à partir de 13 h 30, mais tous commencent à examiner les dossiers vers 10 ou 11 heures, « soit plus de douze heures sans nous arrêter », se plaint l’un d’eux.

Il faut imaginer leur état quand l’audience s’achève et que, yeux rougis, bâillements étouffés, ils s’emmèlent parfois les jugements, confondant les noms ou les personnes.

Et voilà comment, chaque année en France, on traite environ 46 000 affaires aux flags. Une procédure responsable de plus de la moitié des entrées en prison

L’avocat Henri Leclerc, qui y plaidait souvent, fustigeait jadis ce système dans « Le Monde » : « Quelques minutes pour chaque affaire (...). Le prévenu est un objet. De lui, on ne sait rien, sinon un casier (…). Il y a là une dimension de dérision grotesque et tragique qui nous saisit de honte. » Et c’était il y a… quarante ans. Aujourd’hui, affirme-t-il, « pas une virgule, pas un mot à changer… » C’est pourquoi, depuis le 6 juin 2001, une circulaire signée Marylise Lebranchu, alors garde des Sceaux de Lionel Jospin, impose de ne pas dépasser six heures d‘audience.

Elle n’a, bien sûr, jamais été respectée…

Dans le Canard enchaîné du 25 octobre 2017.

Comme « Le Canard » l’indiquait il y a déjà trois semaines, le chef de l’Etat entend bien s’attaquer au calendrier des élections municipales ainsi qu’au scrutin des européennes, et ce dès le printemps prochain.

Pour les élections européennes de 2019, il veut revenir au scrutin proportionnel par listes nationales, qui était en vigueur jusqu’en 1999. Cela aidera la future liste LRM—MoDern, dans une élection qui « nous est très favorable », remarque une ministre centriste.

Quant aux élections municipales, en principe prévues pour 2020, l’Elysée a acté l’idée de les repousser d’un an, histoire de les regrouper avec les élections départementales et régionales de 2021. Et, accessoirement, de laisser un an de plus aux candidats d'En marche ! pour s’implanter localement

A part quoi Macron ne fait pas de politique à l’ancienne…

Quelle idée géniale d'éviter la diversité des opinions politiques au sein du millefeuille administratif ! :( Tou⋅te⋅s bien en rang derrière le chef, rien qui dépasse, efficacité avant tout ! :(

Dans le Canard enchaîné du 25 octobre 2017.

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