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Héroïque France ! Après sa condamnation par la Cour de justice de l’Union européenne, en juin, pour usage abusif du fichage ADN, elle n’a pas hésité, le 11 octobre, à rédiger une circulaire censée remédier au problème. L’affaire concernait un agriculteur, syndicaliste, condamné en 2008 à 2 mois de prison avec sursis pour un innocent coup de parapluie asséné à un gendarme lors d’une manif. En garde à vue, le plaisantin avait refusé le prélèvement ADN. Il a écopé de 500 euros d’amende.
La cour d’appel puis la Cour de cassation lui ayant donné tort, il s’est tourné vers la Cour européenne. Et, là, petit hic. Car la France, pendant quarante ans — une durée quasi « indéfinie », critique la Cour européenne —, conserve l’ADN dans son énorme Fnaeg, le fichier national automatisé des empreintes génétiques, qui recense 3,5 millions d’entre nous et ne cesse d’enfler. Seules les personnes mises hors de cause ont la possibilité d’en être effacées, pas les condamnés. Qu’ils aient volé trois bonbons ou braqué une banque ne change rien.
Voilà pourquoi la dernière circulaire annule l’avant-dernière, qui préconisait de poursuivre « systématiquement » tous les réfractaires au prélèvement ADN. Désormais, les procureurs devront procéder « au cas par cas », « au regard de la gravité de l’infraction ». Oui, mais… la circulaire dit aussi que « l’objectif d’une alimentation régulière de ce fichier ne devra jamais être perdu de vue », car cela garantit son « efficacité opérationnelle ». Autant dire que tout va continuer comme avant.
Alors, à dans dix ans devant la Cour européenne !
Nan mais tu vois, les droits de l'Homme c'est nous, la France, qui en sommes à l'origine, alors c'pas les bouseux⋅euses de l'UE qui vont nous faire la leçon, on connaît mieux le sujet qu'eux⋅elles, quoi, non mais alors, pour qui il⋅elle⋅s se prennent ! … … … La France est coutumière de cette attitude chauvine et nombriliste à deux sous…
Dans le Canard enchaîné du 25 octobre 2017.