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——————————— October 25, 2016 - Tuesday 25, October 2016 ———————————

Ça aussi, je n'avais pas vu passer…

Une nouvelle fois, il s’agit d’un marché de « maintien en condition opérationnelle des systèmes informatiques exploitant des produits de la société Microsoft ». Le signataire ? La Centrale d’achat de l’informatique hospitalière (CAIH), une association regroupant plus de 500 établissements du secteur de la santé, dont de nombreux hôpitaux et centres de lutte contre le cancer. La structure est intimement liée à la centrale UniHa, qui se présente elle-même comme le « 1er acheteur public français » avec un portefeuille de 2,4 milliards d’euros pour 2014.

[...]

Ce contrat s’étend de 2015 à 2019. Négocié sans publicité préalable ni mise en concurrence, il prend la suite d’un précédent accord-cadre conclu en 2010 avec Microsoft Irlande, toujours sous la houlette d’UniHa. La firme de Redmond s’engage à fournir aux établissements de santé adhérents à la CAIH un support technique 24h/24, 7j/7, et surtout un droit d’usage de ses principaux logiciels : Word, Excel, Outlook, Sharepoint, Forefront, Windows Server...

Chaque année, l’association doit transmettre au géant américain un bon de commande précisant le nombre de postes de travail équipés en vertu de ce marché. Ce chiffre ne peut « pas être inférieur à 310 000 postes », précise le cahier des clauses particulières [...]

[...] L’intéressé a néanmoins tenu à insister : « Ce n’est pas Open Bar, c’est un modèle économique où l’on paie par poste ! » L’offre de logiciels auxquels accèdent les hôpitaux est de surcroît limité à un répertoire préalablement défini, mais dont on nous a également caché les contours précis.

[...]

« On envisage toujours toutes les options » rétorque néanmoins Bruno Carrière. Le représentant de la CAIH fait part de sa « difficulté à trouver des acteurs organisés et capables de comprendre les contraintes du secteur hospitalier », en vue de proposer une certaine continuité avec les produits Microsoft utilisés jusqu’ici. « Si l’on trouvait des conditions économiques et de service meilleures, il n’y a pas de raison que l’on ne soit pas attentifs à cette offre » assure-t-il. « Mais au jour d’aujourd’hui, je ne l’ai pas croisée ! J’ai croisé des militants, mais pas des gens qui seraient en capacité d’appréhender la totalité du faisceau de contraintes auquel font face les hôpitaux. »

Suite de http://shaarli.guiguishow.info/?oTjn3w

Le juge des référés du tribunal de grande instance de Paris a rendu son ordonnance dans l’action lancée par plusieurs associations issues du milieu du libre contre l’accord Microsoft/Éducation nationale. Les plaignants sont tous déboutés.

[...]

Défaut de condition d'urgence

En clair, dans une telle procédure, si urgence il y avait, les associations auraient dû agir immédiatement à sa porte, et surtout ne pas perdre un temps précieux auprès du ministère avec une procédure administrative inutile. Du coup, alors que ce recours gracieux a eu lieu le 29 janvier 2016, le juge des référés ne comprend pas pourquoi les mêmes associations « ont choisi d’attendre la fin du mois de juillet 2016 pour se décider à porter leur affaire devant la juridiction des référés ».

[...]

Défaut du caractère illicite de ce partenariat

Microsoft et l’Éducation nationale évoquent un contrat de partenariat. Les associations, un contrat de vente et de louage, illicite car sans prix et passé en violation du Code des marchés publics. L’ordonnance se refuse néanmoins à requalifier cet accord, sauf à malmener la volonté des parties.

Le juge constate surtout que le document ne mentionne pas de prix, n’est pas exclusif, n’impose pas d'obligations à la charge du ministère sauf à instituer des mesures dans le cadre du plan numérique à l’école et à organiser une coordination en matière de communication. Enfin, souvent évoquée, la somme de 13 millions qui pèserait sur les épaules de Microsoft n’y apparaît pas. Bref, le juge de l'évidence a du mal à constater une quelconque illicéité et donc l’existence d’un dommage illégitime qui aurait pu justifier une suspension.

Au final, les associations sont donc déboutées. Elles sont toutes condamnées aux dépens ainsi qu’à verser 2 500 euros à l’État et autant à Microsoft au titre de l’article 700 du code de procédure civile. Contacté, Jean-Baptiste Soufron n’exclut pas la possibilité d’agir au fond. Une réunion sera prochainement organisée avec les associations pour connaître les suites du feuilleton. Seul petit détail : si jugement il y a, il sera rendu après la fin de ce partenariat.



En gros, les plaignants ont été déboutés sur la forme (il n'y a ni urgence ni de dommage immédiat à prévenir ni un trouble manifestement illicite à stopper), pas sur le fond du dossier c'est-à-dire les questions que ce partenariat soulève. Mauvais angle d'attaque des plaignants découlant de l'envie de stopper asap ce partenariat ?

Je me demandais où en était l'extra-judiciarisation du blocage des sites web de proxénétisme. Conclusion : le texte a été nettoyé au Sénat et les dispositions contestables ne sont jamais revenues dans ce texte adopté en avril 2016.

La proposition de loi « visant à renforcer la lutte contre le système prostitutionnel et à accompagner les personnes prostituées » poursuit son long et fastidieux chemin parlementaire. Introduite en… octobre 2013 [...]

[...]

Le 14 octobre 2015, Pascale Boistard, alors secrétaire d'État chargée des Droits de la femme, réexpliquait l’opposition de l’exécutif : « il nous semble souhaitable d’attendre, dans un premier temps, que l’efficacité du dispositif de blocage des sites terroristes et pédopornographiques soit évaluée, avant que celui-ci soit étendu à d’autres infractions ».

En https://www.laquadrature.net/fr/PPL-Prostitution-pierre-de-plus-censure , LQDN note quand même :

À ce jour, seules les mesures de blocage administratif les plus décriées ont été discutées : sur demande du gouvernement, elles pourraient être finalement supprimées, mais pour des raisons et approches n'ayant que peu à voir avec la défense des droits et libertés : « Toutefois, cet ajout de la commission spéciale a été déclaré contraire à l'article 40 de la Constitution […] En effet, il impliquait la création d'une dépense nouvelle puisque les opérations techniques mises à la charge des fournisseurs d'accès Internet pour le blocage des sites sont compensées financièrement en vertu de l'article 6-1 de la loi du 21 juin 2004 précitée. »

Je suis persuadée que la plupart des réseaux sociaux seraient ravis de déléguer ce travail à un logiciel. C’est ce qu’ils aimeraient nous faire penser, que tout ce contenu est pris en charge par des algorithmes. Mais il y a un grand nombre de décisions basées sur la morale, qu’il est difficile de déléguer aux ordinateurs. Par exemple : un algorithme peut identifier une svastika [croix gammée], mais il lui est difficile de savoir si la personne qui le poste est un néonazi (ce qui impliquerait son retrait) ou un survivant de l’holocauste (ce qui impliquerait qu’elle demeure). Ce genre de choix nécessite encore des humains.

[...]

En outre, les entreprises qui les recrutent veulent elles aussi rester anonymes, les modérateurs ne savent pas qui sont leurs employeurs. Ils ne travaillent pas directement pour les grandes entreprises. Ce sont des entreprises factices, avec des noms génériques, qui agissent comme intermédiaires entre les grosses boîtes, comme Facebook ou Google, et les modérateurs. Ils travaillent depuis leur maison, la plupart du temps. Ces tâches sont sous-traitées aux Philippines, en Europe de l’Est, mais la plupart des interviews que nous avons pu faire étaient avec des Américains. C’est une forme de travail très peu réglementé et mal payé.

[...]

Il s’est rappelé que l’une de ses tâches a été de retirer les photos et vidéos d’Oussama Ben Laden. Pas une image spécifique de Ben Laden mort, mais tout ce qui pouvait le représenter. Nous avons pensé qu’il s’agissait là d’une demande très étrange, qui ne s’apparente pas à un choix moral. Il n’y a rien de violent ou de pornographique dans une vidéo de Ben Laden, c’est évidemment une décision politique. Il s’est avéré qu’un grand nombre d’entre eux a reçu des requêtes similaires de leurs entreprises, consistant à enlever des éléments en lien avec des décisions politiques, qui n’avaient rien à voir avec la morale.

Via https://www.laquadrature.net/fr/censure-antiraciste-Facebook

Trop souvent, pour justifier de cette surveillance de nos vies, on m’oppose l’argument : « Si vous ne faites rien d’illégal, pourquoi auriez-vous quelque chose à cacher ? ».

La première réponse, la plus facile, consiste à rétorquer : « Si je ne fais rien d’illégal, pourquoi les services secrets auraient-il le droit d’enregistrer mes conversations ? ». En retour, j’ai souvent droit à un lapidaire : « Si vous n’avez rien à cacher, pourquoi être inquiété par la surveillance ? », sous-entendant ainsi que tout ce que l’on souhaite cacher est illégal.

[...]

Des proches

Dans nos vies, il y a beaucoup de choses que l’on garde pour soi. Les premières personnes à qui nous cachons des choses, ce sont nos amis les plus chers et notre famille : le fait d’aimer quelqu’un, d’être malade, enceinte, homosexuel, d’avoir une passion inassumée, d’aller visiter cet oncle que tout le monde déteste, d'avoir des opinions politiques. Bref, de nombreux événements de nos vies requièrent la confidentialité. Quand bien même, dans notre vie de tous les jours, on ne se sent pas toujours concerné, cela devrait nous pousser à soutenir une société où la vie des autres bénéficierait de ce droit.


La compréhension naturelle de l’intimité

Nous cachons tous un grand nombre de choses dans nos vies, le plus souvent sans avoir rien fait de mal. La plupart d’entre nous ne sont pas à l’aise à l’idée d’être nus en public. La nudité est un bon exemple de cette compréhension naturelle qu’a chacun de l’intime. L’une peut être à l’aise dans son corps, aller au hammam, dormir nue, mais pour autant ne pas vouloir être topless sur la plage [...]

Que nos vies soient tonitruantes ou non, que l’on soit un adolescent fan de hip-hop, un retraité passionné d’orchidées ou un défenseur de Notre-Dame-des-Landes, l’idée de savoir que quelqu’un puisse éplucher nos emails, nos recherches sur Internet ou l’ensemble des entrées et sorties de notre compte en banque a de quoi nous inquiéter. Cette désagréable sensation, souvent difficile à ex­pliquer, donne souvent lieu à un réflexe du type « ça n’est pas leurs affaires ». Admettre ce sentiment est un excellent début.

[...] Que peut faire votre banquier de la liste des boutiques où vous vous rendez ? Au hasard : évaluer votre risque dans le cadre d’un crédit ? En allant dans des boutiques fréquentées par d’autres personnes, elles connues pour être à haut risque financier, vous pouvez vous retrouver discriminé sur cette simple donnée !

L’analyse des comportements, ce fameux « big data » dont on entend tant parler, est un des ennemis invisibles de notre époque. Il devrait à lui seul redonner à chacun le sens de l’importance de ce droit fondamental qu’est la vie privée et son respect.


Des erreurs et de la complexité du droit

[...] Les lois françaises, la législation européenne, les traités internationaux, représentent une somme de centaines de milliers de pages : qui peut prétendre les connaître toutes, et a fortiori les respecter ? D’autant que le droit évolue constamment, qui sait ce qui sera illégal dans 10 ans et que l’on pourra vous reprocher ensuite ? Le personnel du fisc français lui-même affirme ne pas connaître le droit fiscal de manière satisfaisante !

Le parquet, les juges d’instruction, les officiers de police, ont toute latitude pour interpréter le droit, et s’ils vous ont dans le collimateur – même pour de mauvaises raisons – ils trouveront toujours quelque chose à vous reprocher. Si vous vous demandez pourquoi ces honnêtes fonctionnaires dépositaires du droit pourraient vous en vouloir, dites-vous qu’ils sont humains, comme vous, donc soumis aux biais cognitifs, à l’erreur de jugement, l’envie de vengeance, l’ordre politique venu d’en haut, l’abus de pouvoir ou la bureaucratie galopante. Je ne vous parlerai pas des fichiers de police existants, souvent non déclarés, remplis d’erreurs, d’homonymes indiscernables, de victimes qualifiées en bourreaux parce que l’agent s’est trompé de case etc.

[...] La justice, c’est précisément cet équilibre entre la légitimité de l’atteinte à notre intimité par l’enquête de police, et la difficulté de cette enquête de par le respect a priori de cette intimité.


Le combat politique

Dans de nombreux États américains, et d’autres pays dans le monde, en 2016, la consommation de cannabis est désormais autorisée. Illégal pendant un bon siècle, comment est-on arrivé à changer les lois dans ce sens ? Tout simplement parce qu’une bonne partie de la population en consommait, et trouvait illégitime son interdiction. Et cela concerne de nombreux sujets de société : l’homosexualité, dépénalisée en France en 1791, l’avortement légalisé en 1975. Si l’on n’avait vraiment rien à cacher, comment aurait-on pu en arriver là ? Car si la justice, l’État, savent tout de nous, comment peut-on se réunir pour organiser, en secret, la lutte contre des lois illégitimes ? Sans vie privée, il n’y a aucun moyen de s’organiser politiquement pour défendre des causes qui aujourd’hui peuvent paraître illégitimes, mais qui demain ne le seraient plus, car la majorité en aurait décidé autrement. Cela ne signifie pas que ce sera simple, la désobéissance civile a souvent souffert de l’espionnage des services secrets, au prix de vies perdues et de prison, mais la vie privée reste seule capable d’apporter cet équilibre entre justice et possibilité de changement.



Perso, j'aime beaucoup la définition de l'intimité donnée par jz et donc la nécessité de la protéger : « La protection de la vie privée, c'est la protection de nos intimités. C'est se laisser la possibilité d'êtres libres seul-e ou à plusieurs. C'est la possibilité d'expérimenter sans se faire juger. C'est important. ».

Dans le domaine, il y a aussi l'excellente vidéo Je n'ai rien à cacher de LDN.

J'ai totalement raté cette info en 2015 (on était en plein sur la loi Renseignement à ce moment-là :- ).

L’accord-cadre de plus de 11 millions d’euros conclu l’année dernière par les ministères sociaux (Santé, Travail, Jeunesse et sports) avec Microsoft Irlande correspondait bien à un marché subséquent au désormais célèbre contrat « Open Bar » du ministère de la Défense.

[...]

[...] Tout d’abord, qu’il s’agit bel et bien d’un accord de quatre ans, subséquent à l’accord-cadre signé en 2013 par le ministère de la Défense avec le même géant du logiciel propriétaire (voir ici les détails obtenus à son sujet par l'April). Deuxièmement, qu’il vise à équiper au « minimum » 28 600 postes informatiques, ce qui laisse à penser que le prix ne change pas, même si le nombre d'utilisateurs est plus important – d'où le terme d'Open Bar. Le détail du calcul ayant conduit à un total de plus de 11 millions d’euros a cependant été caviardé par l’administration.

Pour avoir plus de détails sur les prestations vendues par Microsoft, nous avons dû nous tourner vers la DSI des fameux ministères, qui nous a expliqué que ce marché avait été conclu en vue de la fourniture de « licences Office mais aussi des « CAL » (licences d’accès client) liées à l’accès aux serveurs bureautiques de partage de fichiers, aux serveurs de messagerie Exchange et à Sharepoint, dans l’attente d’une solution interministérielle open source ».

Hooooo, l'appel a eu lieu. Le premier round avait eu lieu en 2014 ( http://www.ictjournal.ch/news/2014-05-06/microsoft-met-le-patriot-act-a-lepreuve-pour-les-donnees-hors-des-usa )

C’est un véritable camouflet pour le gouvernement américain. À l’issue d’une longue et complexe procédure judiciaire qui s’est étalée sur plusieurs années, la cour d’appel de Manhattan a finalement tranché : Microsoft n’a pas l’obligation de transmettre aux autorités américaines le contenu d’un courrier électronique lorsque celui-ci figure sur un serveur qui se trouve hors des États-Unis.

Dans son arrêt, qui est une victoire clé pour Microsoft dans son bras de fer judiciaire avec Washington, la cour annonce que la législation « n’autorise par les tribunaux à émettre et faire exécuter par des fournisseurs de services basés aux États-Unis des mandats destinés à faire saisir le contenu de courriels de consommateurs qui sont stockés exclusivement sur des serveurs à l’étranger ».

Cela étant, la décision prononcée par les magistrats ne met pas encore un point final à cette affaire. Le département de la justice dispose encore d’au moins un levier à sa disposition : la Cour suprême. Il pourrait tout à fait porter l’affaire devant la plus haute juridiction du pays dans l’espoir d’une remise en question des conclusions rendues par les juges de la cour d’appel.

Je n'ai quasi-rien shaarlié sur la loi Surveillance Internationale, c'est désormais chose faite.


Le Conseil constitutionnel avait censuré les mesures contenues dans la loi sur le renseignement concernant la surveillance internationale, arguant que la loi aurait dû contenir les mesures de contrôle et les conditions d'exploitation et de conservation des données interceptées. Après la révélation par L'Obs du décret secret organisant la surveillance de masse des communications internationales début juillet, il n'était plus possible pour le gouvernement de ne pas légiférer à nouveau sur le sujet. [...]

L'étendue des finalités de la surveillance internationale recouvre celles de la loi sur le renseignement : elles sont toujours aussi larges et porteuses d'excès potentiels graves. L'aspect offensif de ces finalités, notamment la promotion (en sus de la défense) des « intérêts essentiels de la politique étrangère » et des « intérêts économiques et scientifiques essentiels de la France », est inquiétant pour les relations internationales de la France, qui affirmerait ainsi qu'elle compte pratiquer sans scrupule l'espionnage économique et scientifique. Les organisations citoyennes pourront aussi faire l'objet d'une surveillance

La surveillance portera sur des techniques larges et non définies précisément par la loi, ce qui permettra de les étendre à l'avenir sans en référer à la représentation nationale. C'est le Premier ministre qui décidera quels systèmes de communication seront visés

La proposition de loi ne régit pas des mesures de surveillance individuelle mais un régime de collecte de masse, avec des autorisations d'exploitation délivrées par zones géographiques ou pays (toute l'Afrique, tout le Canada, toute l'Amérique du Sud par exemple) ou par organisation (toute la société XX, ou l'ONG YY) [...] Il s'agit d'une rupture catégorique de l'universalité des droits entre les résidents et citoyens français et l'ensemble de la communauté internationale, amenant notamment à collecter en masse les données et communications de nos voisins européens.

Comme le font les USA avec leur Patrioct Act (surveillance accrue des non-résidents). :(


[...]

Comme La Quadrature du Net l'a déjà souligné au moment de la loi sur le renseignement, la surveillance internationale se ferait avec une logique de collecte massive, où l'identification des identifiants rattachables à des citoyens ou résidents français ne sera fait qu'après la collecte, au moment du traitement : cela ne garantit absolument pas la vie privée des français, d'autant plus lorsqu'on sait qu'une part majeure des communications entre français passe par le réseau international

[...]

La durée de conservation des renseignements collectés à l'international a été considérablement rallongée par rapport aux interceptions effectuées sur le territoire national : un an à compter de leur exploitation pour les correspondances (au lieu de 30 jours en France) ; six ans pour les données de connexion (au lieu de quatre ans) ; délai courant à partir du déchiffrement et conservation maximale de 8 ans pour les données chiffrées (au lieu de 6 ans). [...]

Ce principe de collecte de masse sera fait sous l'autorité seule du Premier ministre. La commission nationale de contrôle des techniques de renseignement (CNCTR) ne sera informée des mesures de surveillance qu'a posteriori, et ne donnera aucun avis préalable. [...]

[...] Une part déterminante du trafic Internet mondial passant par les câbles sous-marins français, cette loi donnerait à la France une place dans le dispositif de surveillance mondial que les citoyens et les parlementaires doivent refuser de valider. L'absence de publication des accords d'échanges de données entre pays rend d'autant plus inquiétantes les possibilités de développement d'un marché de la surveillance inter-étatique faisant sauter tous les (maigres) verrous de contrôle des services de renseignement.

[...] En l’occurrence, la cité phocéenne utilise le service Geostatistics de SFR lors de tous les matchs qui se déroulent au stade Vélodrome. D'autres municipalités auraient eu, elles, recours au service Flux Vision d'Orange dans le cadre de l'Euro 2016, mais l'opérateur n'a pas souhaité communiquer sur ce point précisément.

Ce type de dispositif, utilisé dans notre pays depuis 2013, consiste à collecter chaque minute les millions de données qui transitent par le réseau mobile d'une zone définie à l’avance. Le but est de géolocaliser tous les possesseurs de portable qui passent dans le périmètre et qui représentent la majeure partie de la population.

Pour cela, l'opérateur s'appuie sur le signal envoyé par les téléphones aux antennes relais. A partir de l'identification des antennes, il est possible de localiser les portables et donc leur propriétaire. Appels émis et reçus, SMS, consommation de data, de nombreuses autres informations sont utilisées et converties aussitôt en indicateurs statistiques pour alimenter un modèle permettant de comptabiliser la foule et de suivre ses déplacements.

Des informations très précises localement qui sont traduites en temps réel sous forme de cartographie 3D comme on peut le voir ci-dessous. Cela permet d'avoir une vision claire de la situation et d'aider rapidement à la prise de décision.

"Nous divisons le réseau en zones qui peuvent représenter à peu près 1/3 d’un département", nous avait expliqué Olivier Ondet, le directeur stratégie, marketing et communication d’Orange Applications for Business au sujet de plusieurs projets touristiques. "Cela permet, par exemple, de connaître le nombre de gens qui ont dormi sur place lors d’une étape du Tour de France dans l’Alpe d’Huez ou de prédire l’afflux de voyageurs sur le RER A", avait-il ajouté.

[...]

Moi, vous, tout le monde est susceptible d’être traqué à partir du moment où son téléphone portable reste actif. Intrusif ? Pas du tout, répondent en chœur les opérateurs, qui mettent en avant l’aval de la CNIL. Cette dernière autorise effectivement ces dispositifs "dans le domaine du tourisme, de l’aménagement du territoire et du trafic routier", nous précise un porte-parole de l'autorité.

Mais dans le cas de Marseille, on touche à la limite de l'exercice puisque l'outil est employé officiellement à des fins touristiques mais qu'il sert aussi, en définitive, à sécuriser la ville. Pas question pour autant d'autoriser un jour l'Etat à utiliser de tels services dans le cadre d’une manifestation, par exemple.

L-O-L. Donc le privé l'utilise, on voit la porosité entre privé et public à Marseille mais non, pas question que l'État y ait accès. Foutage de gueule. Surtout avec la LPM et la collecte temps réel sur les réseaux.


Autre obligation, ces systèmes doivent être déclarés à la CNIL et se trouver en conformité avec la Loi informatique et libertés. Les données sont notamment anonymisées [...]

[...]

C’est le cas d’Yves-Alexandre de Montjoye, chercheur au MIT Media Lab de Boston et auteur de plusieurs études sur le sujet. "Je pense qu’il n’est plus acceptable de dire simplement que les données sont anonymes", nous assène-t-il d’emblée. Avec son équipe, il a notamment prouvé que si l’on connaît quatre endroits où une personne est passée dans une zone de seulement 1km², il est possible de la ré-identifier dans 95% des cas. Nos simples déplacements ont beau être répétitifs, ils sont aussi uniques que des empreintes digitales et beaucoup plus riches qu'on ne l'imaginait à priori.

Croisées avec d'autres données mobiles, ces informations permettent de tirer un vrai portrait chinois des utilisateurs. "Nous avons développé une petite application Android open source, Bandicoot, qui permet aux gens de télécharger eux-mêmes leurs propres métadonnées et de les visualiser en graphiques", nous glisse-t-il. Age, sexe, personnalité, plus de 1400 indicateurs peuvent être tirés en analysant simplement les métadonnées d'un téléphone. Ces dernières sont ainsi capables de révéler vos secrets les plus intimes, sans même que l'on ait besoin d'accéder aux contenus de vos messages ou à vos informations personnelles.

[...]

En dehors d'Orange et de SFR, Bouygues Telecom avoue lui-même être en train de sauter le pas. Seul Free affirme encore ne pas songer à exploiter les données de ses abonnés. Autant dire que la pratique est en pleine expansion en France.

[...]

C’est la raison pour laquelle ils commencent aussi à proposer des solutions de ciblage d'envoi de SMS ou de MMS publicitaires à des abonnés ayant consenti expressément (opt-in) à être géolocalisés. C’est le cas, par exemple, du dispositif Géo Présence d’Orange. Un service plébiscité par les grands distributeurs qui peuvent ainsi croiser leurs propres fichiers clients avec ceux de l'opérateur et envoyer des promotions sur leur smartphone aux clients présents à proximité des points de vente.

[...] En Angleterre, les opérateurs sont déjà autorisés à créer des joint-ventures pour mettre en commun leurs bases et les monétiser en les vendant à des services tiers comme des banques.

[...] "Aux Etats-Unis, par exemple, les opérateurs sont autorisés à analyser les relations interpersonnelles", nous explique Mouloud Dey, le directeur solutions et marchés émergents chez SAS France, spécialisé dans le big data. "Si on vous appelle davantage que vous n’appelez vos amis, cela veut dire que vous êtes un influenceur et que c’est vous que les marques doivent cibler", détaille-t-il.

Via http://www.laquadrature.net/fr/node/9978

L'ultimatum lancé par le président du Conseil européen, Donald Tusk, n’a eu aucun effet, si ce n’est peut-être d’exacerber un peu plus le débat. Sommé de répondre par oui ou par non d’ici à lundi soir à l’accord commercial entre l’Union européenne et le Canada (Comprehensive Economic and Trade Agreement ou CETA), le gouvernement wallon a maintenu son refus d’approuver l’accord en l’état, entraînant la Belgique à sa suite.

[...] le premier ministre belge, Charles Michel, a informé les dirigeants européens que la Belgique n’était pas « en état » de signer au nom de la Belgique l’accord de libre-échange entre l’Union et européenne et le Canada. « On nous a demandé de donner une réponse claire aujourd'hui. La réponse claire à ce stade, c'est non », a-t-il commenté.

Le CETA est-il mort ? Les responsables européens veulent y croire encore. L’accord commercial avec le Canada paraît cependant durablement compromis. S’il est signé un jour, il ne le sera pas dans les mêmes termes. La Commission européenne, qui avait pesé de tout son poids dans cette négociation, se retrouve plongée dans un profond désarroi.

Donc on va leur accorder plus de temps et c'est tout ? Je sens la grosse entourloupe, perso.


Le blocage de la Wallonie a été accueilli par un flot de critiques des partisans du CETA. Les Flamands, en particulier, qui soutiennent cet accord contre la Wallonie et Bruxelles, sont particulièrement remontés. Ils dénoncent les manœuvres politiques d’un gouvernement socialiste, travaillant sous l'influence des syndicats et du Parti du travail de Belgique (PTB), d’une région qui ne vit que des subsides de l’État.

Haha, ils sont colère, apparemment. :D


La confirmation du refus de la Wallonie, en revanche, a été saluée par un concert d’applaudissements et d’encouragements par tous les opposants au traité de libre-échange avec le Canada en Europe. Tous se félicitent du courage et de la ténacité du gouvernement wallon, le seul qui a su tenir tête à l’Union européenne. [...]

Le gouvernement wallon se défend de vouloir la mort du CETA. Pour lui, il ne s’agit pas de fermer la porte à tout accord mais de l’améliorer. « Il est d’autant plus important de fixer des règles sociales, environnementales, commerciales élevées que cet accord est appelé à servir de modèle à tous les autres », expliquait le chef du gouvernement, le socialiste Paul Magnette, la semaine dernière devant le gouvernement wallon. [...] Face à des enjeux économiques, sociaux, environnementaux si considérables, toutes les négociations doivent se faire dans la transparence, dans le cadre d'une discussion démocratique et avec l’assentiment des citoyens, insistait-il dans un discours d’une tenue et d’une hauteur de vue dont on peine à trouver des échos en France.

[...] « Nous ne déciderons jamais rien sous ultimatum ou sous la pression (…). Chaque fois que l'on essaie de poser des ultimatums, ça rend impossibles les discussions sereines, ça rend impossible le débat démocratique », a-t-il ajouté.

Le matin, le président (centriste) du parlement de Wallonie, André Antoine, avait prévenu qu’il ne serait pas possible de respecter l’échéance de lundi fixée par le Conseil européen. « Nous sommes aujourd’hui devant une marmelade de textes. J’ai 300 pages de textes, 1 300 pages d’annexe, 2 ou 3 déclarations interprétatives », avait-il expliqué à RTL [...]

Donc les autres États membres n'ont pas relus attentivement, il faut croire. Quelle surprise. :))))


Plusieurs points inquiètent les représentants wallons et exigent, selon eux, des modifications substantielles. Il y a d’abord les dispositions prévues sur les tribunaux arbitraux, qui risquent d’aboutir à la création une justice parallèle, hors des États, permettant aux multinationales d’attaquer les États pour des mesures ou des règles qu’ils jugent contraires à leur intérêt. De même, ils s’alarment de l'absence de clauses de sauvegarde réciproques en matière agricole ou sur les appellations d'origine qui permettraient à des entreprises américaines de se faufiler dans le dispositif de libre-échange. Ils s’interrogent sur le maintien des services publics et des politiques de prévention. Tout cela justifie des mesures contraignantes, insistent-ils.

[...]

[...] La Commission européenne prône désormais « la patience » à l’égard de la Belgique. Que peut-elle dire d’autre ? Sauf à provoquer une crise politique et constitutionnelle, elle ne peut faire plier la Wallonie. De toue façon, elle n’en a plus les moyens.

[...]

Pour tous les défenseurs du CETA, la faute de ce qui arrive incombe en premier à Jean-Claude Juncker, président de la Commission européenne. Alors que l’Union européenne a depuis le traité de Rome entière liberté pour négocier au nom de tous des accords commerciaux, le président de la Commission européenne a accepté que les accords commerciaux en discussion soient soumis à la ratification des parlements et non plus seulement des États. Pour les tenants de l’ordre, c’est la porte ouverte à toutes les surenchères, à tous les populismes. « Si on lâche la politique communautaire en pâture aux politiciens de tout bord, c'est problématique », dit Sébastien Jean, directeur du Centre d'études prospectives et d'informations internationales (Cepii).

Oui, la démocratie c'est problématique, il vaut mieux l'entre-soi. :@


[...)

La défiance des citoyens européens à l’égard des accords commerciaux s’explique d’autant mieux qu’ils ont l’impression d’avoir perdu beaucoup en termes de démocratie, de droits sociaux, de préservation de leur environnement face aux puissances de l’argent. « L’opposition aux accords commerciaux ne se résume plus seulement en termes de perte de revenus (…). Il s’agit de justice, de perte de contrôle, de perte de crédibilité des élites. Prétendre autre chose ne peut que nuire à la cause des échanges », écrit le professeur d’économie politique internationale Dani Rodrik.

Le rejet et l’inquiétude des citoyens face à ces accords commerciaux sont d’autant plus grands qu’il ne s’agit plus d’abaisser des barrières douanières : les droits de douane sont quasiment réduits à zéro. Ces nouveaux accords entendent inscrire des normes, bousculer des droits, des cultures, s’attaquer à des modes de production et de consommation, imposer un droit des multinationales face aux États. On peut comprendre que tout cela suscite appréhension et colère.

« Beaucoup de pays se cachent derrière la Wallonie », accuse Paul Magnette. De fait, le CETA et autres TAFTA rencontrent une opposition grandissante dans toute l’Europe. En Allemagne, en Autriche, aux Pays-Bas, en France et partout en Europe, les manifestations contre ces nouveaux accords sont de plus en plus nombreuses. Plus de 300 000 personnes défilaient il y a quinze jours à Berlin contre ces accords commerciaux.

Le problème est que seuls les parlements régionaux belges ont été autorisés à s’emparer de ce dossier au préalable. Tous les autres parlements n’ont obtenu qu’un droit de regard a posteriori : une ratification à prendre ou à laisser. Avec, à chaque fois, la menace de l’ultimatum.

Tandis que l’opposition de la Wallonie est mise en avant, la décision de la cour constitutionnelle allemande est soigneusement passée sous silence. Elle est pourtant aussi lourde de conséquences que le « non » wallon. Le 13 octobre, celle-ci a rendu un avis sur le CETA. Elle a indiqué que le gouvernement allemand pouvait ratifier l’accord avec le Canada, en y mettant toutefois des conditions : l’Allemagne doit pouvoir quitter l’accord à tout moment si elle le demande ; de plus, Berlin ne peut accepter la disposition sur les tribunaux d’arbitrage. Ceux-ci sont, selon la cour de Karlsruhe, contraires à la constitution allemande, présentant le risque d’instituer une justice parallèle contre l’État allemand. Il n’y a donc pas que les ONG et quelques médisants qui s’inquiètent de ce dispositif antidémocratique.

[...]

[...] Plutôt que de biaiser, de se cacher derrière la petite Wallonie, on aurait aimé que le gouvernement français porte le débat sur le CETA avec la même conviction et le même sérieux que l’ont fait les Wallons. Tout le monde y aurait gagné, y compris l’Europe.

Gros +1.

Signé une première fois en 2009, et renouvelé en 2013, le contrat « Open Bar » liant Microsoft à la Défense a vu ses coûts bondir de plus de 45 %.

Selon Cash Investigation, dont la dernière livraison s’intéressait aux dérives des marchés publics, le contrat passé par le ministère de la Défense auprès de Microsoft pour la période 2013-2017 coûtera 120 millions d’euros à l’Etat. Soit une sérieuse inflation par rapport aux 82 millions dépensés sur la première période de ce contrat très particulier, signé pour la première fois en 2009 pour 4 ans.

Rappelons que cet accord-cadre avait suscité de nombreux commentaires. D’abord parce que ce marché avait été passé sans appel d’offres, ni procédure publique. Soit, pour les détracteurs du contrat, parmi lesquels l’April (Association de promotion et de défense du logiciel libre), « de nombreux abandons des principes relatifs aux achats publics ». Second point qui fait tiquer, y compris au sein du ministère lui-même : la forme de l’accord, qui prévoit que la Défense française peut utiliser autant de logiciels Microsoft qu’elle le souhaite. D’où un risque de dépendance à un éditeur américain plusieurs fois pointé du doigt pour sa collaboration active avec les services de renseignement des Etats-Unis (participation au programme Prism selon les documents Snowden, communication des failles sur ses logiciels au gouvernement américain avant leur correction selon Bloomberg). [...]

[...] En 2010, en parallèle de la signature du premier contrat avec Microsoft, la Défense était supposée travailler à une alternative, basée sur des logiciels libres. Un poste de travail Open Source était même annoncé pour 2011, suite à une question au gouvernement du député UMP Bernard Carrayon. Sauf que, depuis, cette fameuse alternative libre est portée disparue.

Selon Cash Investigation, l’accord dit « Open Bar » devrait une nouvelle fois être renouvelé en 2017. [...]

Comme lors des deux précédentes éditions, la Défense devrait une nouvelle fois signer ce contrat non pas avec Microsoft France, mais avec la filiale irlandaise de l’éditeur. Microsoft utilise en France, depuis 1994, le statut « d’agent commissionné » de Microsoft Ireland Operations Limited. Ainsi, lorsque Microsoft France vend un produit, la société ne comptabilise pas son prix de vente, mais une commission, soit une fraction seulement du prix de vente. Ce montage permet à l’éditeur de ne payer en France qu’un faible pourcentage de taxes. [...]



http://www.nextinpact.com/news/101813-le-contrat-open-bar-entre-microsoft-et-defense-a-l-honneur-cash-investigation.htm :

[...] Pour mémoire, cet accord passé selon la procédure de marché négocié, sans publicité préalable ni mise en concurrence, a permis à l’éditeur américain d’investir des dizaines de milliers de postes informatiques au sein de la Défense.

Sa signature s’était faite dans une curieuse ambiance puisque des documents internes avaient dégommé ce choix sans l’ombre d’une hésitation. Risque d’addiction aux technologies Microsoft, affaiblissement de l’industrie française et européenne du logiciel, vulnérabilité de l’approche mono-produit, etc. [...]

Boarf, c'est la même chose au CNRS en ce moment où il n'y aurait que la tête de la DSI qui aurait voulu l'arrivée de l'offre Skype pro (qui n'a rien à voir avec Skype "normal" : Skype pro n'est pas P2p ni rien). Et là aussi, la même magie opère : il paraît que le contrat avec le CNRS inclut explicitement une clause de non surveillance/agressivité. L-O-L.



Quelques remarques intéressantes sur l'atteinte à la concurrence que représente ce contrat : http://blog.ludovic.org/xwiki/bin/view/Blog/ContratsOpenBar (via http://dukeart.netlib.re/shaarli/?U4ujLw ) :

Si l'émission Cash Investigation a traité les contrats Open Bar sur l'aspect du prix et sur l'aspect de la sécurité informatique, elle n'a pas mentionnée:

  • la distorsion de concurrence, en particulier vis à vis d'acteurs locaux et PMEs;

  • l'insatisfaction d'utilisateurs face aux solutions imposées;

  • le fait que cela existe aussi dans les entreprises et pas seulement au Ministère de la Défense et dans les services publics; [ NDLR : voir http://www.journaldunet.com/solutions/cloud-computing/1185378-office-365-deploye-massivement-par-80-du-cac40/ -> 32 groupes sur 40 soit 80 % du CAC40).

  • l'effet "bundle" qui permet à Microsoft de pousser des nouveaux produits, de leur créer une base installée, sans mise en concurrence.

Un contrat Open Bar est un contrat négocié à prix fixe pour une période données (3 ans le plus souvent), permettant l'usage d'un ensemble de logiciels d'un fournisseur (Microsoft dans l'émission Cash Investigation) de façon illimitée. Dans le cas de Microsoft, cela veut dire, potentiellement beaucoup de logiciels, dont certains ou les entreprises concurrentes peuvent être des PMEs, françaises ou européennes par exemple.

Le piège est très simple. Au bout des 3 ans on fait les comptes. On regarde l'usage effectif, on fait une belle feuille de calcul (avec Excel puisqu'il est "gratuit"), on multiplie par les prix publics et on présente la note pour les 3 ans à venir, forcement largement plus chère que le contrat précédent. Mais comme le fournisseur est sympa il fait une petite réduction. Bien sûr on n'est pas obligé de signer, puisqu'il suffit de désinstaller tous les logiciels qui ont été installés pendant les 3 ans. Ah ben non, bien sûr, cela ne va pas être possible, on ne peut pas déinstaller des logiciels qui sont utilisés au jour le jour. Bon bien merci pour la réduction. On va renouveler comme ça, mais n'oubliez pas de nous inviter à la conférence à Las Vegas, ou encore mieux à la finale de l'EURO 2016.

C'est la, qu'une société comme XWiki, mais aussi des centaines d'éditeurs logiciels rien qu'en France, sont concernés par les contrats Open-Bar. Ceux-ci bloquent la concurrence et les effets sont désastreux aussi bien pour les concurrents que pour les clients eux-mêmes.

  1. Un département de l'entreprise à un besoin et regarde les solutions possibles.

  2. Il sélectionne quelques entreprises qui ont une solution qui semble bien adaptée.

  3. Il évalue le prix des solutions et la solution qui serait livrée en final.

  4. Il en parle à son département IT, qui lui indique qu'un logiciel Microsoft pourrait faire l'affaire, et celle-ci est "gratuite" (puisqu'Open-Bar).

  5. L'analyse montre que la solution est loin d'être idéale et pourrait avoir des coûts non-négligeables de services, plus importants que les services nécéssaires pour les solutions concurrentes.

  6. Le prix global des fournisseurs exterieurs (incluant prix du logiciel ou support pour les logiciel Open-Source), reste quand même plus cher, du fait de la "gratuité" supposée du logiciel "Open-Bar".

  7. De plus jamais le prix des logiciels "Open-Bar" ne seront directement facturés au services les utilisants, étant inclus dans un budget de fonctionnement global réparti au pro-rata des employés.

  8. Par contre le prix des logiciels et support concurrents sont directement supportés par le département utilisateur, si celui-ci souhaite réellement s'engager pour utiliser un "logiciel non-standard".

  9. Le département IT insiste fortement pour utiliser la solution "standard" entreprise malgré ses déficiences.

  10. Le client choisit la solution Open-Bar malgré le fait que cela ne répond pas aussi bien aux besoins et que les services sont plus chers.

  11. Au renouvellement du contrat Open-Bar, l'usage du logiciel est pris en compte, le tarif du logiciel peut être largement plus cher que les solutions concurrentes, même avec les discounts.

  12. Le prix global du projet peut être multipliés par 2, 3 voir 5 en final (le prix de la licence n'est pas négociée face à une solution concurrente)

  13. l'utilisateur final n'est pas satisfait car le logiciel n'était pas le meilleur, générant potentiellement d'autres sur-coûts.

  14. Tout cela c'est passé sans mise en concurrence sur le projet particulier dans le cas d'une entreprise publique.

  15. Les entreprises concurrentes et françaises en particulier n'ont pas eu le contrat, bloquant l'emergence de solutions concurrentes, renforcant la domination de l'acteur existant.

Ce cas est un cas presque "idéal" ou une solution concurrente a été un temps envisagée, mais la grande majorité des cas sera de ne même pas regarder les solutions concurrentes et de prendre dans le "pack", puisque c'est "gratuit".



https://www.april.org/l-april-demande-la-publication-de-l-accord-de-securite-entre-microsoft-et-l-etat :

L'échange se poursuit sur les failles de sécurité des logiciels de Microsoft :

Marc Mossé : « Je vais vous dire autre chose, je crois que je ne l'ai jamais dit. Ce n'était pas public jusqu'à maintenant. L'État français a un accord avec Microsoft pour bénéficier de toutes les informations techniques et de sécurité concernant les logiciels qu'il utilise »

Élise Lucet : « Cela veut dire que quand vous détectez une faille, vous communiquez cette faille au ministère de la Défense par exemple ? »

Marc Mossé : « Ce sont des accords dont je ne donnerai aucun détail, ce sont des accords de sécurité, l'État français bénéficie des informations nécessaires à la sécurité de ses systèmes d'information, en lien avec les produits Microsoft »

Marc Mossé ne donne donc aucun détail sur le périmètre de cet accord. S'agit-il de permettre à l'État français de connaître en avant-première les failles de sécurité des outils Microsoft qu'il utilise et de prendre les mesures de sécurisation nécessaires ? Peut-on vraiment accepter que la souveraineté informatique de l'armée dépende de la bonne foi d'une entreprise privée ? Par ailleurs, sachant que ces outils Microsoft sont aussi largement utilisés par d'autres États, par les entreprises, par le public… s'agirait-il pour l'État français d'être informé en avant-première de failles permettant l'espionnage de tiers ?

On se prendrait pas trop la tête, là ? Ce n'est pas un bête programme de divulgation comme en ont tous les prestas ? Là, on va me tacler "dans ce cas, le gus de Microsoft n'aurait pas dit que c'était pas public avant ce jour". Oui enfin il a peut-être dit ça dans l'intention de contrer l'argument "c'pas sécurisé" de l'équipe de Cash. Histoire d'éteindre l'incendie, quoi.

D'ailleurs, pour ceux et celles qui pensent que cet accord de sécurité est un argument massu qui renvoie les libristes chez eux, Aeris a trouvé un contre-argument ( https://twitter.com/aeris22/status/788780543483707394 ):

La #NSA doit avoir EXACTEMENT le même genre d’accord. Prioritaire sur celui français. La France ne sera donc PAS couverte durant tout le délai entre la notification à la #NSA et l’obtention de l’accord de la #NSA pour publication à la France… Et donc vulnérable…

Lors du Conseil national du renseignement du 14 janvier, François Hollande a validé la mise en place d’un dispositif visant, à terme, à mettre sous surveillance l’ensemble des données de communication des 11 700 personnes fichées « S » pour lien avec l’islamisme radical.

Dans les dix jours qui ont suivi cette réunion à l’Elysée, la Direction générale de la sécurité intérieure (DGSI) avait déjà transmis plusieurs dizaines de demandes d’interception à la nouvelle Commission nationale de contrôle des techniques de renseignement (CNCTR) qui ne délivre qu’un avis facultatif au décideur final, le cabinet du premier ministre. [...] La loi sur le renseignement de juillet 2015, notamment par son article 851-2, permet la collecte de ces données de connexions.

Le souci réside dans le fait que les moyens humains et techniques de la CNCTR étant, pour l’heure, largement sous-dimensionnés pour une telle tâche, il a été décidé de procéder par un examen « simplifié » et « groupé », le temps de pourvoir aux besoins de l’instance de contrôle. Le président de la CNCTR, Francis Delon, n’a pas opposé de résistance à cette procédure qui restreint, de fait, le champ de sa mission. [...]

[...] Cette collecte systématique permet de surveiller la vie des individus de façon bien plus intrusive que par écoute téléphonique. De quoi établir une vaste toile de surveillance comprenant également les entourages et les entourages des entourages.

Via https://www.laquadrature.net/fr/LeMonde-Les-11700-fiches-S%E2%80%8A-pour-islamisme-mises-sous-surveillance , 8 mois plus tard mais je trouve ça très intéressant.

La suite de http://shaarli.guiguishow.info/?NFwYUA .

Mozilla has discovered that a Certificate Authority (CA) called WoSign has had a number of technical and management failures. Most seriously, we discovered they were backdating SSL certificates in order to get around the deadline that CAs stop issuing SHA-1 SSL certificates by January 1, 2016. Additionally, Mozilla discovered that WoSign had acquired full ownership of another CA called StartCom and failed to disclose this, as required by Mozilla policy. The representatives of WoSign and StartCom denied and continued to deny both of these allegations until sufficient data was collected to demonstrate that both allegations were correct. The levels of deception demonstrated by representatives of the combined company have led to Mozilla’s decision to distrust future certificates chaining up to the currently-included WoSign and StartCom root certificates.

Distrust certificates with a notBefore date after October 21, 2016 which chain up to the following affected roots. If additional back-dating is discovered (by any means) to circumvent this control, then Mozilla will immediately and permanently revoke trust in the affected roots.

This change will go into the Firefox 51 release train.

Add the previously identified backdated SHA-1 certificates chaining up to these affected roots to OneCRL.

Remove these affected root certificates from Mozilla’s root store at some point in the future. If the CA’s new root certificates are accepted for inclusion, then Mozilla may coordinate the removal date with the CA’s plans to migrate their customers to the new root certificates. Otherwise, Mozilla may choose to remove them at any point after March 2017.

Via #grifon.

ÉDIT DU 27/10/2016 À 20H50 : Avec StartCom, on avait déjà eu le droit à ça : https://www.computest.nl/blog/startencrypt-considered-harmful-today/ pour montrer le non sérieux de l'AC :) Et après, c'est CaCert qui est refusé par la communauté des navigateurs web car y'aurait des failles dans leur code et leur process humain. L-O-L deux poids, deux mesures. FIN DE L'ÉDIT.

fiche-lecture -
  • J'avais jamais lu un recueil de propos drôles/débiles/incohérents, j'avais envie d'essayer.

  • 127 pages dont 5 pages d'avant-propos, 3 citations max par pages ;

  • À part quelques incontournables, on reste sur des propos tenus ces 10 dernières années ;

  • Dans l'avant-propos, l'auteur n'explique pas vraiment sa méthodologie, juste la volonté de rire sans relayer des propos ouvvertement racistes, antisémites ou homophobes. Pourtant, le livre contient une citation clairement homophobe et des propos misogynes par paquets. Perso, dans ce qui suit, j'ai décidé de relayer très peu les misos et les homophobes en plus d'essayer de ne pas tirer sur les ambulances ;

  • Globalement, je suis deçu de ce livre. À la base, je l'ai acheté car les citations semblaient sourcées mais en le lisant je constate qu'il manque assez souvent la date ou le poste occupé et surtout le contexte qui change parfois la phrase. Je pense à « À l'UMP, nous apprenons la démocratie. C'est assez nouveau » de Copé que j'ai toujours perçu comme de la dérision (voire une pique) envers son parti qui se tapait dessus dans tous les sens lors de la primaire pour la mairie de Paris en 2013, comme il se tapait dessus y'a quelques semaines pour la primaire présidentielle de la droite. Même chose pour « Je vais essayer de retrouver le pigeon, car je cherche vraiment tous les électeurs en ce moment. » dont on reparlera ci-dessous. Tout ça pour dire que la valeur ajoutée du bouquin s'en trouve grandement réduite par rapport à n'importe quel recueil de citations sur le web.



Je recopie quelques points de l'avant-propos qui m'ont marqué :

  • « La politique est un art de combat et le verbe est une arme. La petite phrase, le bon mot, la sentence assassine, la phrase qui tue, la formule qui exécute ont eu leurs heures de gloire. ». Oui, c'est bien le problème. La politique ne devrait pas être cela.

  • Il est certes loin le temps (il faut remonter à la 3e République) où un beau discours ou même une apostrophe vengeresse pouvait conduire un ministre à la démission ou provoquer la chute d'un gouvernement [...]

  • Le rire et par voie de conséquence l'humour, a entre autres avantages de rapprocher l'émetteur et le récepteur. Si le quidam rit avec vous, il partage déjà quelque chose avec vous.. C'est pour cela qu'on ne peut pas rire de tout avec tout le monde. Le rire renforce le lien d'humanité et suppose des valeurs sinon communes du moins susceptibles d'être mises en commun.



Hop, les citations qui m'ont marqué :

Des gens intelligents, il y en a 5 à 6 % ; moi je fais campagne auprès des cons.

Georges Frêche, ancien maire de Montpellier


Nous gagnons grâce aux peu éduqués. J'aime les peu éduqués.

Donald Trump.


Je vais essayer de retrouver le pigeon, car je cherche vraiment tous les électeurs en ce moment.

François Hollande, 2015. Bon, il y a un contexte bien particulier : http://lelab.europe1.fr/la-petite-theorie-de-francois-hollande-sur-lincomprehension-entre-les-electeurs-et-les-politiques-1371260


Les électeurs votent même s'ils ne comprennent pas. Et quand ils votent, on ne les comprend pas toujours.

François Hollande, 2015. Gros +1.


Pour gagner, il faut se salir les mains. Et je veux gagner. Il faut dire aux gens ce qu'ils veulent entendre.

Nicolas Sarkozy, 2015. Biiiiiiiiieeeeen.


Mitterrand est aujourd'hui adulé, mais il a été l'homme le plus détesté de France. Ce qui laisse pas mal d'espoir pour beaucoup d'entre nous.

Laurent Fabius, 2011


La meilleure façon de résoudre le chômage, c'est de travailler.

Raymond Barre. Emmanuel Macron en a fait un echo en mai 2016 (voir http://shaarli.guiguishow.info/?-NVJtw )


Il n'y a que les imbéciles qui ne changent pas d'avis, c'est ce que j'ai toujours dit.

Jacques Chirac.


Ça m'en touche une sans faire bouger l'autre.

Jacques Chirac. Je l'ai souvent utilisé sans en connaître l'origine :D


Les promesses n'engagent que ceux qui les reçoivent.

Jacques Chirac. Même chose. :O


Je ne ferai pas de la politique toute ma vie. J'ai un métier, je suis avocat, je sais faire autre chose.

Nicolas Sarkozy, avant l'élection présidentielle de 2007. :DDDD


Je n'y suis pour rien si j'ai été elevée dans un hôtel particulier de 3000m² du 16e, et si, enfant, j'allais en Rolls à l'école !

Isabelle Balkany, 2015. Modestie. Mais ça explique les magouilles du couple : il fallait bien entretenir la princesse. :)


Les Français se disent : « Au fond, il ne fait une politique que pour quelques-uns. ». S'ils croient ça, et ils ont raison de le croire, je dois en tirer les conséquences. »

Nicolas Sarkozy, en avril 2008, semble-t-il.


Il faut pousser les autobus propres.

Ségolène Royal, alors sinistre de l'écologie. J'aime l'idée. :D


Mgr Decourtray n'a rien compris au préservatif. La preuve, il le met à l'index.

André Santini (maire-ministre-député-etc.), 1990. Excellent mot pour faire bouger sur un sujet fort sérieux.


Je connais bien DSK : je l'ai mis en examen.

Eva Joly. J'ai trouvé ça drôle. :D


Il y a ceux qui n'attendent plus rien ; je fais en sorte de leur apporter ce qu'ils attendent.

François Hollande, 2015, apparemment. Du coup, c'est le meilleur président que le pays n'a jamais eu, non ? :D


Si on n'investit que ceux qui n'ont pas été condamnés par la justice, on n'a plus de candidats dans les Hauts-de-Seine.
Quand on a rien à se reprocher, on se sent bien.

Patrick Balkany, 2013 et 2014, apparemment. Elles piquent un peu par leur franchise-réalité, celles-ci. :(


Il y a aussi le défi de la mondialisation, parce que le monde n'est pas facile et, parfois, il n'est pas gentil.

François Hollande, 2015. J'ai dit au début de ce shaarli que je ne tirerai pas sur les ambulances mais pour le coup, j'ai bien aimé ce petit moment de naïveté. :)


Le fait de m'incarcérer, à la rigueur, ça réglera le problème du QG de campagne.

Jové Bové, en 2007, apparemment.


On peut toujours débattre, mais pour ce qui est du gouvernement, le débat est clos.

Manuel Valls, 2015. Alors, pour le coup, celle-là on l'a beaucoup entendue lors des débats sur la loi Renseignement puis sur les prolongations de l'état d'urgence.


Quel est le féminin de candidat aux cantonales ? C'est suppléante.

Cécile Duflot, 2011. Cette citation conclut la première partie des citations misogynes du bouquin, du coup elle vient comme un soulagement. Et je la trouve élégante pour dénoncer un vrai problème.


Mes chers compatriotes, je suis heureux de vous annoncer que je viens de signer un décret proclamant la Russie hors la loi, pour toujours. Le bombardement commencera dans cinq minutes.

Ronald Reagan, pendant les tests de micro précédant un discours à la radio.


Chez nous, il n'y a pas de parti d'opposition parce que nous pensons qu'une opposition pourrait troubler les rapports affectueux qui unissent le gouvernement au peuple.

Leonid Brejnev, secrétaire général du parti communiste soviétique. Best excuse ever. Mais en France, on dit plutôt la citation suivante :


Quand vous êtes aux affaires, vous manquez de souffle ; quand vous êtes dans l'opposition, vous ne manquez pas d'air.

Xavier Darcos, à des élus PS, 2004.


Les djihadistes britanniques sont des tocards obsédés par la pornographie, car ils n'y arrivent pas avec les filles.

Boris Johnson, maire de Londres, 2015. Ha mais pourtant je croyais que la censure UK bloquait tout bien le porn (et même plus, surblocage, tout ça) ?! On nous aurait menti ?!


La femme est un sujet brûlant sur lequel j'aimerais m'étendre longuement.

Kaïd Ahmed, responsable algérien, en 1968.


En politique, on n'est jamais fini. Regardez-moi !

Alain Juppé, 2014. Prophétique ? :/


Ministre, c'est bien mais ancien ministre, ça dure plus longtemps !

André Santini, tout juste débarqué du gouvernement. :)


Il faut lutter contre l'emploi.

Manuel Valls. Je ne suis pas fan des lapsus mais celui-là, j'ai juste envie de dire : gros +1. :D


Le travail le dimanche, c'est plus de liberté, et la liberté, c'est une valeur de gauche.

Emmanuel Macron, 2014. La liberté, c'est l'esclavage, tout ça, oui.


Les rues de Philadelphie sont sûres, ce sont les gens dans les rues qui les rendent dangereuses.

Fank Rizzo, ancien maire et chef de la police de Philadelphie. Joli truisme. \o/

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