Quand on évoque les subventions publiques aux associations, on se focalise surtout sur le point de vue de l'association et le clientélisme que ça implique. Ce papier examine l'autre côté : urbanisation intensive, exil "dans la joie et la bonne humeur" de tout ce qui dépasse, simulacre de démocratie, etc. J'en recommande vivement la lecture.
[…] Au lieu de cette friche où zonaient des SDF, les carrés bien nets des bacs à légumes bio. Au lieu de ce squat hanté par on ne sait quels fantomatiques anars ou sans-papiers, un collectif d'artistes qui ouvre ses portes deux fois par an. Au lieu de ce camp de Roms, de la pelouse, une estrade et une buvette, des spectacles engagés. Tout est à sa place, on sait qui est où et qui fait quoi, plus une miette d'espace laissé à la marge, plus de rencontres hasardeuses, plus de coins interlopes. La ville est propre. Le prix du mètre carré augmente, la population s'embourgeoise et les édiles s'enorgueillissent du dynamisme associatif de la commune, qu'ils se réjouissent de soutenir par le saupoudrage de subventions qui pompent une partie du budget ainsi maigrement redistribué. […]
C'est ainsi que s'accomplit l'enrôlement de la moyenne bourgeoisie et de la bourgeoisie culturelle prolétarisée, dans l'occupation intégrale de l'espace urbain, dans son gardiennage bénévole et dans la chasse au plus pauvre. Les populations précaires, marginalisées, qui trouvaient auparavant dans les interstices de la ville, ses terrains vagues, ses friches, ses maisons abandonnées, un refuge, sont réduites au trottoir avant de se résoudre à l'exil. L'urbanisation intensive, qui se fonde sur une conception de la ville non plus comme un espace commun à habiter mais comme une source d'investissement et de profits pour les bureaux d'études, les promoteurs et les possédants, fait disparaître peu à peu les espaces vacants. Mais les communes incitent aussi les habitants à gérer par eux-mêmes les dernières parcelles en attente d'être bétonnées puis livrées aux propriétaires. Et pour les sans logis, on encouragera une association d'architectes inventifs qui sauront imaginer la cabane parfaite pour le réfugié, le Rom, le SDF, sans toutefois leur céder le foncier sur lequel installer ces roulottes écoresponsables et qu'elles servent.
Budget participatif, habitat participatif, démocratie participative où seuls participent les citoyens dont il n'y a rien à craindre du choix raisonnable de la couleur des pots de fleurs et de celui de l'emplacement du boulodrome là où la mairie l'a déjà acté, concours d'occupation des friches remportés par des associations aussi inoffensives que peu actives, domestication des associations et des collectifs contestataires : la paix sociale a un prix, assez bon marché.
Gardienne de son frère de misère, qu'elle participe à chasser du lieu qu'il habitait ou pourrait habiter, l'association précairement logée et chichement subventionnée devient aussi la gardienne d'elle-même. Comment persister dans la critique politique et sociale, qui était parfois la raison d'être de l'association, quand sa survie dépend des petites subventions distribuées de manière discrétionnaire par l'équipe municipale et dont on sait qu'elles peuvent disparaître d'un trait de plume? L'action potentiellement subversive de ces occupations de l'espace public par des collectifs, ne peut que s'affadir, voire se transformer en relais docile de la politique du pouvoir en place, qu'elle critiquait tant au départ. En guise de réappropriation de l'espace public par les habitants quels qu'ils soient, un mille-feuilles associatif qui place les associations en concurrence pour la jouissance de lieux de plus en plus rares. Dès lors, on comprend pourquoi l'on trouve si peu d'associations, voire aucune, se proposant d'aider les familles Roms que la municipalité veut chasser du territoire, et leur préférence pour des actions ciblées sur des publics moins enracinés localement, les mineurs étrangers isolés par exemple. […]
[…] La marchandisation poursuit son avancée totalitaire. Tout est privatisé. S'organiser en collectifs, en associations de défense contre la violence du pouvoir économique et de ses alliés politiques, est maintenant une question de survie pour une part croissante de la population. Nous avons besoin de vraies cantines solidaires, de potagers locaux, de maraudes pour la récupération des rebuts utilisables, gâchis de la société de consommation, d'espaces où exposer l'art hors marché que les galeries refusent, de squats ou de nouvelles formes d'habitats pour loger ceux qui sont laissés à la rue, d'hébergement et d'accueil pour les réfugiés qui subissent les agressions de l’État policier. Le pouvoir l'a bien compris. Qui ne cède pas aux sirènes de la récupération et de la mise sous tutelle des actions politiques, sociales ou culturelles entreprises, se voit aussitôt traité en criminel. La bourse ou la vie est une alternative trop rude pour une dictature douce. La subvention ou la prison?
Les budgets participatifs qui ont fleuri partout autour du globe me font halluciner. Les citoyen⋅ne⋅s peuvent décider quels seront les investissements réalisés par leur ville. Enfin… d'une fraction minoritaire des investissements, faut pas pousser non plus, hein. Mais… heu… N'y a-t-il pas déjà un endroit dans lequel tou⋅te⋅s les citoyen⋅ne⋅s devraient pouvoir décider de toutes les décisions impactant leur ville ? Est-ce que ça ne se nomme pas un conseil municipal ? Avec le budget participatif, dois-je comprendre qu'en fait je n'ai la main sur rien, que mon conseil municipal reste sourd et isolé dans sa tour d'ivoire, mais que, par grande bonté, il nous laisse, moi et mes concitoyen⋅ne⋅s, décider d'une toute petite fraction des investissements de notre ville ? De qui se moque-t-on ?! Contester le dernier PLU qui fait un cadeau démesuré à une grande société commerciale ou contester le dernier PPP qui manque de transparence, surtout pas, malheureux, c'est des choses de grandes personnes, ça ! Va plutôt jouer dans le bac à sable du budget participatif ! La démocratie meurt dès que s'approche un budget participatif car il est l'aveu même de l'échec de la démocratie, il signifie le renoncement à nos droits fondamentaux de citoyen⋅ne⋅s pour se contenter de quelques miettes… Oui, « le droit de constater, par eux-mêmes ou par leurs représentants, la nécessité de la contribution publique, de la consentir librement, d'en suivre l'emploi, et d'en déterminer la quotité, l'assiette, le recouvrement et la durée » est un droit fondamental qui nous a été confisqué (détails).
Ces budgets participatifs ont amené le développement de sites web (il est convenu de dire « plateformes digitales collaboratives en ligne d'empowerment citoyen », u know) coûteux qui auraient pu servir à impliquer les citoyen⋅ne⋅s dans l'ensemble des décisions de leur ville et pas uniquement aux quelques miettes inoffensives que les élu⋅e⋅s ont bien voulu leur donner. Quel manque d'ambition, quel gâchis.
Rien d'innovant ni de disruptif (comme il est convenu de s'exprimer de nos jours) ne peut émerger d'un budget participatif, car la ville veille à chaque étape : fixation des règles du jeu et des tranches du budget, étude de faisabilité, etc. Les projets qui ne sont pas dans la norme sociale actuelle ou les projets contestataires n'ont aucune chance, ils seront retoqués « infaisables », comme une banque retoque froidement un projet. À quoi sert alors la puissance publique ?! Comment faire émerger un débat sans idées/lieux contradictoires/contestataires ? On affaiblit le débat démocratique.
Bref, c'est ce que je nomme la démocratie du⋅de⋅la délégué⋅e de classe : c'est mis en place et encouragé pour entretenir le culte de l'existence de la démocratie, la vraie, dans notre pays et de sa vitalité, mais il ne faut pas que ça dépasse ni que ça morde, gentil toutou, gentil. Illusion de la démocratie.
Mon avis détaillé sur les subventions et la réduction d'impôt pour cause de dons associatifs.
Via la liste de discussion du HackStub, hackerspace strasbourgeois.
DataGueule s'intéresse à l'idée que les pionniers de nos Républiques se faisaient de la démocratie.
DataGueule sur la désobéissance civile.
Ça date mais je note que :
En ce qui me concerne je n’ai aucune haine envers qui que ce soit, j’ai des colères et des combats au niveau systémique, pour ce qui est des personnes, je juge au cas par cas.
Mais arguer de l’honnêteté de la majorité des employeurs pour par exemple casser le droit du travail est pour moi un non sens. On entend plus que cette chansonnette “il faut faire confiance” dans la bouche de nos gouvernants dirigeants. Il ne peut être question de confiance dans ces affaires. La loi est entre autre là pour protéger du pire. Cette position c’est pour moi comme vouloir adoucir la législation sur le crime organisé au prétexte que la plupart des citoyens sont honnêtes. C’est irresponsable.
+1
Dire « Faut arrêter avec le méchant patron », c'est aussi avaliser nos privilèges dans la société actuelle : ce propos est tenu exclusivement par des personnes pour qui la vie va tranquillement, des personnes qui n'ont jamais connu la précarité, le chômage, les conditions de travail déplorables voire inhumaines, le harcèlement, les licenciements économiques, etc. Donc de leur balcon, le paysage est magnifique. Pourquoi changer ? Dire « tout ce que tu viens de lister ben ce sont des choses tristes mais qui peuvent arriver », c'est faire preuve de bien peu d'empathie et de solidarité en mode « ma gueule va bien, merci ».
La loi est aussi un instrument normatif qui consigne les idéaux d'organisation de la vie en commun désirés par la société à un instant T. On a choisi de punir les crimes de sang, de construire nos habitats selon telles règles, de s'exprimer de telle façon entre nous, d'avoir ou non une filiation comme ceci et comme cela, de s'associer dans tel cadre, de travailler dans tel cadre, etc. Dire « Faut arrêter avec le méchant patron », c'est (s')empêcher de penser, c'est (s')empêcher de vouloir et de décider collectivement d'une autre forme d'organisation de nos sociétés, c'est acter que tout est figé, que rien ne change.
Dire « Faut arrêter avec le méchant patron », c'est aussi extrême que de s'exclamer « à mort tous les patrons ! ». Où est le juste milieu ?
Macron ayant signé les ordonnances contre le Code du travail il y a une semaine, il est intéressant de s'arrêter sur l'essentiel des mesures.
Individualisation de la relation au travail : l'employé⋅e, en tant que personne éclairée et responsable, négocie directement avec son⋅a employeur⋅euse, tranquillou, dans la convivialité. Ainsi, toujours plus de décisions qui relevaient jusque-là du Code du travail pourront être prises par les branches professionnelles (recours aux CDI/CDD de mission dans d'autres secteurs d'activité que le BTP, leur durée, etc.) et toujours plus de décisions prises jusque-là par les branches pourront être prises au cas par cas dans chaque entreprise (comme la durée du temps de travail, les primes, le recours ou non aux heures supplémentaires, etc.). Flexibilité++. Rien de neuf jusque-là, à chaque loi portant sur le Code du travail, nos élu⋅e⋅s privilégient l'individualisation du travail. Désormais, il est également possible de se passer des syndicats pour conclure des accords d'entreprise dans les sociétés de moins de 50 salarié⋅e⋅s, l'employeur décidera avec un⋅e élu⋅e du personnel, non syndiqué⋅e. Dans les sociétés de moins de 20 salarié⋅e⋅s, il sera possible de conclure ces mêmes accords par un référendum à l'initiative de l'employeur ;
Une filiale française déficitaire dans un groupe mondial bénéficiaire pourra procéder à un licenciement économique, les juges seront prié⋅e⋅s d'examiner la légitimité de ce licenciement uniquement au niveau de la situation française. Les multinationales attendaient cela depuis fort longtemps ;
Disparition de la possibilité de partir plus tôt à la retraite en fonction de la pénibilité de son travail genre quand, à longueur de temps, on a porté des charges lourdes, ou qu'on a été exposé à des positions/gestes difficiles, ou qu'on a été exposé aux vibrations mécaniques d'un gros engin, ou qu'on a été exposé à des risques chimiques. Je trouve que nos élu⋅e⋅s et hauts-fonctionnaires envoient un message fort aux personnes exerçant des métiers difficiles : bosse jusqu'à te flinguer intégralement la santé. Il ne reste plus qu'à relever les seuils à partir desquels ce genre d'accident du taff et d'incapacité de travail sont indemnisés par l'État et pouf, ça va nous en faire des ex-travailleur⋅se⋅s condamné⋅e⋅s au chômage puis au RSA socle… Partant de là, je ne suis même pas sûr que l'État y gagne financièrement (retraite un poil plus longue versus des frais médicaux + incapacité de travail…). Dans tous les cas, je me demande : où est la solidarité ?! C'est aussi ça, l'histoire sociale de la France ;
Fusion des instances représentatives du personnel en une seule… Sauf que chaque instance avait ses spécificités et domaines de compétences. Désormais, on aura moins de personnes disposant de moins de temps pour s'occuper de cette représentation et elles seront polyvalentes (oui parce que c'est bien connu que n'importe qui a des compétences en matière de santé et de sécurité au travail !). Je ne vois pas ce que ça peut apporter de plus que des gains pour l’employeur.se et une baisse de la qualité de la représentation ;
On parachève l'édifice en muselant la justice, la seule institution qui a encore le pouvoir de protéger le⋅a salarié⋅e après tout ça : les formalités du licenciement pour cause réelle et sérieuse sont allégées, l'humain⋅e devient jetable sur demande en mode siège éjectable (l'employeur n'est plus obligé de donner de motif, peut le fabriquer de toutes pièces les semaines qui suivent l'annonce du licenciement, et la justice ne peut plus en conclure une nullité du licenciement !), les indemnités que peuvent accorder les juges en cas de licenciement abusif sont contenues dans un barème plafonné (sauf si le licenciement est motivé par une atteinte aux droits fondamentaux genre harcèlement, discrimination… sauf que la loi n'est pas claire et qu'il faudra visiblement que la Cour de cassation se prononce…) et le délai pour porter un recours devant les Prud'hommes est raccourci (2 ans -> 1 an) histoire que l'employeur qui a potentiellement bousillé une vie n'ait pas besoin de provisionner des frais exceptionnels de justice trop longtemps ;
Tout n'est pas négatif dans ce travail gouvernemental. Le télétravail est mis en avant. Désormais, c'est à l'employeur de démontrer qu'un poste ne peut pas être occupé à domicile quand un⋅e salarié⋅e en fait la demande et les accidents seront reconnus comme des accidents du travail. Ça me fait rigoler. D'une part parce qu'il est facile de démontrer que le télétravail n'est pas possible (réunions, esprit d'équipe, esprit d'entreprise, cohésion, etc.). D'autre part car il revient à des accords d'entreprise de définir les modalités du télétravail comme les conditions, la possibilité de l'employé⋅e de refuser ou de revenir dans les locaux de la société, les plages horaires durant lesquelles l'employeur peut joindre l'employé⋅e, etc. Cela peut être très casse-gueule pour les premier⋅e⋅s aventurier⋅e⋅s ;
La suite : une 20aine de décrets doivent être pris d'ici la fin de l'année (donc la nouvelle législation sera applicable en totalité dès le 1er janvier 2018) et le Parlement doit ratifier les ordonnances (vérifier que le gouvernement a respecté le cadre et l'esprit voulu par le législateur) d'ici fin novembre / début décembre. Puis viendra le temps des autres massacres : celui de l’apprentissage, de la formation professionnelle puis de l'assurance chômage, déjà annoncés par le Château.
Je m'étais mis ça de côté pour voir comment ça évoluerait.
Une société commerciale qui fait dans l'émission de popup/messages anti-bloqueurs de pub couplés à des péages a obtenu de github et des mainteneurs d'une liste de blocage de pub utilisée par bon nombre de bloquers de pub, la suppression d'un de ses domaines au motif d'une violation du DMCA, la loi américaine qui protège les artistes et interdit le contournement des mesures techniques de protection des œuvres (ouais, les fameux DRM). Dans ce cas de péage + messages anti-bloqueur de pub, ne peut-on pas voir les bloqueurs de pub comme une manière de contourner une protection des œuvres ? Après tout, l'auteur et/ou l'éditeur du contenu voulait un paiement soit en publicité, soit en direct. Son contenu était donc disponible à condition de payer. C'est tout l'argumentaire employé… Si l'on va par là, bloquer la pub, est-ce remettre en question le contrôle d'accès à un contenu ?
Si l'on en croit les mainteneurs de la liste de blocage, comme ils ont sentis cette possibilité légale, ils s'autocensurent déjà depuis quelques temps et n'intègrent pas tous les anti-bloqueurs de pub dans leur liste :
In regards to Adblock-Warning/Anti-adblock, the amount of filters being added recently to Easylist has been greatly limited due to issues like this. As list authors we have to be careful in what we add.
Le règlement général sur la protection des données (RGPD), paru au journal officiel de l’Union européenne en mai 2016, entrera en application le 25 mai 2018. Ce texte, qui prévaudra sur les législations nationales, harmonise le droit à l’échelon européen en matière de protection des données à caractère personnel.
[…]
Le Whois est un service en accès libre, permettant notamment d’obtenir des informations sur le détenteur d’un nom de domaine : nom, prénom, société (le cas échéant), adresses postale et électronique, et numéro de téléphone. Ce service historique du web, dont la création remonte à 1982, permettait alors de recenser et d’identifier quiconque transmettait des informations à travers le réseau Arpanet, l’ancêtre d’Internet. Il a depuis été maintenu, de façon conjointe par l’ensemble des registres sur la base de normes plus ou moins homogènes (RFC). À la fois dans une optique de transparence à laquelle les pionniers de l’Internet étaient attachés, mais aussi probablement en raison du consensus autour de la nécessité qu’un tel service existe, de la part des différentes parties prenantes du réseau : registrars, autorités judiciaires, organismes de lutte contre le spam, détenteurs de marques, créateurs d’œuvres protégées par la propriété intellectuelle, etc.
Le Whois pose, du fait de sa conception même, un problème pour la protection de la vie privée des personnes. La diffusion publique de l’identité, voire d’autres informations relatives au détenteur d’un domaine, ouvre la porte à l’exploitation commerciale de ses données sans consentement préalable, et bien sûr au spam. Certaines sociétés se sont ainsi fait une spécialité d’extraire les données du Whois à intervalle régulier, pour en archiver le contenu, puis commercialiser cet historique ainsi que des fichiers basés sur l’activité probable du titulaire (registrant) en fonction des mots contenus dans le label du domaine (les mots figurant avant le point et l’extension).
Si le Whois trouve évidemment des applications légitimes, par exemple la protection des marques (via les services d’anti-cybersquatting ou typo squatting, ou encore par le biais de la Trademark Clearinghouse), certaines utilisations sont plus inattendues. Il est ainsi possible de souscrire à des alertes basées non pas sur les labels mais sur les titulaires. Auquel cas il devient possible pour vos concurrents d’être notifiés des nouveaux domaines que vous déposez. Sachez-le !
Ces services, qui exploitent les données du Whois, opèrent aujourd’hui dans une faille du droit, que le RGPD entend bien combler. Reste à convaincre les acteurs américains, au premier rang desquels figure l’ICANN, de l’intérêt qu’il y a à adopter un modèle plus protecteur. D’autant que, si l’anonymat permet à certains d’enregistrer des domaines sur lesquels ils publient des contenus litigieux, l’anonymat est en même temps une garantie pour la liberté d’expression. Le cyber-harcèlement, qui est déjà en soi une expérience désagréable, peut vite se transformer en harcèlement « in real life », ciblant par exemple le propriétaire d’un site qui revendique son appartenance à une communauté religieuse, sexuelle, politique, etc.
[…]
Les extensions nationales (ccTLD), tels que les .fr, .de, .be… ne sont pas contractuellement engagées avec l’ICANN de la même manière que les extensions génériques. Leur gestion incombe directement aux États concernés, et ce en toute indépendance. […]
N’étant liée à l’ICANN que par un simple engagement de reconnaissance mutuelle, l’Afnic a, mis en place, dès 2006, une procédure d’anonymisation des données du Whois, appliquée par défaut à tout particulier (personne physique) enregistrant un domaine en .fr, .re, .tf, .yt, .pm et .wf. Sur la fiche correspondant à votre domaine dans l’annuaire Whois, vos coordonnées personnelles (nom, adresse, téléphone, etc..) sont alors remplacées par la mention « diffusion restreinte ». Ces coordonnées sont accessibles, sur demande expresse et motivée, à la direction juridique de l’Afnic et sous conditions, dans le cadre de ce qu’on appelle une procédure de levée d’anonymat. Les coordonnées professionnelles fournies par le représentant d’une personne morale (propriétaire, contact administratif, contact technique et contact de facturation, lesquels peuvent être une seule et même personne), restent quant à elles librement accessibles au sein du Whois.
Attention toutefois : les .paris, .alsace, .bzh, .corsica… ou encore le .ovh, pour lesquels l’Afnic joue le rôle de prestataire technique (Registry Service Provider), ne sont pas des extensions nationales (ccTLD), mais des domaines de premier niveau générique (gTLD). À ce titre, ces extensions sont engagées contractuellement avec l’ICANN et les dispositions de ce contrat ne leur permettent pas aujourd’hui de proposer l’anonymat des informations figurant dans leur Whois. Les possibilités de diffusion restreintes de ces informations sont alors beaucoup moins protectrices, comme nous allons le voir.
[…]
En ce qui concerne les gTLD (.com, .org, .net, .ovh, .top, .pro, .xyz, .paris, online, .mobi pour en citer quelques-uns parmi les plus vendus chez OVH), l’ICANN encadre précisément la gestion des registres. Et les règles du jeu ne sont plus tout à fait les mêmes. Si l’ICANN autorise (sans les encourager) les procédés de « privacy » du Whois, elle ne permet pas une anonymisation complète, même pour les personnes physiques. Leur(s) nom(s) et prénom(s) – au pluriel dans le cas où le propriétaire et les contacts administratifs, techniques et de facturation ne sont pas une seule et même personne – sont ainsi systématiquement exposés dans le Whois.
Certains registres, sans recourir à la diffusion restreinte, ont adopté des procédures intermédiaires intéressantes, bien que pas totalement satisfaisantes. Il en va ainsi du registre du .amsterdam, qui filtre l’accès à son serveur Whois en réclamant aux requêtants la signature d’un contrat d’utilisation du service. Enfin, certains registres n’acceptent tout simplement pas la mise en place, par les registrars, de procédés d’anonymisation partielle des informations, quels qu’ils soient.
Lorsque cela est autorisé par le registre de l’extension, OVH propose donc un service optionnel gratuit d’anonymisation (privacy service) de certaines informations du Whois : adresse postale, e-mail et/ou numéro de téléphone (au choix pour les personnes physiques ; les personnes morales ne pouvant dissimuler que leur adresse e-mail). Dans le cadre du service OWO, OVH redirige vos courriers électroniques depuis une adresse e-mail spécifiquement créée pour cet usage et protégée contre le spam, et vous réexpédie d’éventuels courriers postaux (une mise en demeure par exemple). Ceci sans que vos coordonnées ne soient divulguées à aucun moment, ni revendues à qui que ce soit. Un service qui apporte une protection minimale, mais ne garantit ni l’anonymat du titulaire ni une protection totale contre le démarchage non sollicité. Car les recoupements de données par des tiers, effectués en toute illégalité, ne sont pas impossibles.
Pikachu, Salamèche, Insécateur, Ronflex… En 1996 sortaient les jeux pour GameBoy Pokémon Bleu et Rouge, avec 151 bestioles imaginaires qu’il fallait «toutes attraper». Vingt ans plus tard, Julien Bardakoff détaille son travail de traduction chez Nintendo pour franciser leurs noms, truffés de références et de jeux de mots.
Intéressant. À titre d'exemple, je me demandais pourquoi « Taupiqueur » et « Triopikeur » (« qu » versus « k » )… Parce que le nom d'un Pokemon est limité à 10 caractères sans accents (car les noms de Pokemon s'écrivaient en majuscule et que la cartouche Game Boy ne supportait pas les majuscules accentuées).
Via Quota Atypique.
Le samedi 30 septembre 2017 (samedi prochain), de 14h à 18h, au Shadok, les associations ARN, HackStub et Seeraiwer organisent une série d'ateliers dédiés à la reprise en main de nos activités en ligne et de nos données numériques :
- Paramétrage du navigateur web (Firefox, Chrome, etc.) afin de limiter les traces émises à notre insu ;
- Découverte de services numériques éthiques remplaçants des géants (Microsoft, Google, Twitter, etc.) peu respectueux des droits et des libertés ;
- Installation d'un système d'exploitation éthique sur votre ordinateur (GNU/Linux) ou votre smartphone (LineageOS) ;
- Initiation à la Brique Internet, une solution clé en main pour créer votre cloud ou héberger facilement vous-même votre site web ou vos mails et plein d'autres usages.
Ces ateliers sont tout public, y compris les personnes débutantes.
Excellent commentaire d'un jeu qui se propose d'utiliser la théorie des jeux pour expliquer l'évolution de la confiance au sein d'une société humaine. C'est très intéressant.
Soit un jeu qui coûte 1 pièce pour chaque joueur et qui en rapporte 3 à l'autre joueur si le premier joueur insère une pièce (et vice versa). Si l'on est certain que l'autre joueur va tricher, on ne va pas mettre la pièce, sinon on perd une pièce et le tricheur en gagne 3. Si l'on est certain que l'autre joueur va coopérer (être une bonne poire), alors on va coopérer, y'a pas de raison (on gagne +2 pièces chacun)… ou pas (et ainsi on gagne +3 pièces) : l'honnêteté nous rend vulnérable : si l'on ne triche pas, l'autre joueur peut nous arnaquer. La méfiance semble être le choix le plus rationnel.
Dans une vraie société humaine, on aura d'autres comportements que ces stéréotypes : l'imitateur (il coopère puis reproduit la dernière action de l'autre joueur), le rageux (il coopère mais à la moindre arnaque, il arnaquera jusqu'au bout), le détective (il analyse, si l'autre joueur triche une seule fois, il copie, si l'autre joueur ne triche pas, il triche pour maximiser ses gains), etc. Si tous ces personnages jouent un seul tournoi les uns contre les autres pendant 10 parties à chaque fois, l'imitateur gagne, altruisme réciproque.
Que se passe-t-il s'il y'a plusieurs tournois entre tricheurs, coopérateurs et imitateurs, que l'on élimine les 5 joueurs qui ont gagné le moins de pièces et que l'on clone les 5 joueurs qui ont le plus amassé de pièces. Au début, les tricheurs gagnent… mais plus leur proportion augmente, moins leurs gains sont importants (on ne peut blouser un tricheur). Les imitateurs prennent donc le dessus. Les tricheurs ont donc ruiné leur business en sur-exploitant les coopérateurs.
Grandes morales :
#squeezie
Construire un service reposant sur le DNS qui, à partir d'un code postal, répond soit le nom des villes concernées, soit les coordonnées géographiques de la ville concernée, soit une URI vers une carte (ou vers le site web de la ville ou…).
Encore une fois, on constate que l'OpenData, ce n'est pas encore ça :
La source que j'ai utilisée est la « Base officielle des codes postaux » (trouvée via data.gouv.fr). Je ne dis pas que cette base est meilleure que les autres, mais son côté « officiel » me permet de répondre « c'est pas ma faute » si quelqu'un y trouve une erreur ou une approximation. J'ai utilisé la version GeoJSON du fichier. Elle n'est pas parfaite. Ainsi il y a un certain nombre de fautes d'orthographe comme Marolles-sous-Lignières écrit MAROLLES SOUS LIGNIERES, sans l'accent (les tirets manquent également). D'autre part, certaines communes, notamment en Polynésie française, n'ont pas d'information de localisation. Ici, à Fakarava […]
Dernier problème, la liste n'est pas à jour. La commune de Meaulne-Vitray (code postal 03360), créée le 1er janvier 2017, n'apparait pas encore dans la liste, téléchargée le 24 septembre 2017. (Et elle n'est pas la seule.)
Délicieuse satire du fonctionnement de nos sociétés humaines. J'en recommande vivement le visionnage.
Le banquier qui tient la politique, le refus d'essayer un quelconque autre modèle, des justifications bidons "c'est le jeu, il n'y a pas le choix", le rejet de la solidarité entre individus, la mise en avant de la violence des opprimé⋅e⋅s, etc. C'est très très bien vu.
Les amateurs d’agriculture sans chimie n’ont jamais été aussi nombreux. Pourtant, l’Europe élargit les mailles du filet. Et tolère les pesticides, avec l’appui de la France.
En voilà une initiative judicieuse alors que le bio est en plein boum : alléger les contrôles sur la filière ! Au creux de l’été, l’info est passée quasiment inaperçue. Un nouveau règlement européen sur le bio prévoit de diviser par deux le nombre d’inspections dans les fermes. Une idée de génie, venue de Bruxelles, au moment où, en France, les ventes décollent. En 2016, elles ont fait un bond de 20 %, pour atteindre 7 milliards d’euros.
Que veux-tu, il faut bien que business se fasse. Cette décision s'inscrit parfaitement dans la logique libérale : si ça n'a aucune chance de décoller, on taxe / contrôle à mort à la demande des sociétés puissantes sur le marché qui ne veulent pas perdre leur place à cause de l'arrivée de produits qu'elles n'ont pas au catalogue. Si ça commence à décoller et que les gros du marché se sont à peu près adaptés, alors on lève les barrières à la demande de ces mêmes grosses sociétés afin que business puisse se faire en quantité industrielle sans trop se préoccuper de la dénaturalisation du concept initial.
Afin de repérer les tricheurs, neuf à organismes certificateurs sont aujourd’hui sur le pont. Ces gendarmes du bio épluchent les dossiers de candidature et renouvellent - ou non - les licences octroyées pour trois ans. Chaque année, une centaine de suspensions ou de retraits du précieux sésame sont ainsi décrétés.
Sauf que Bruxelles a décidé d’espacer le rythme des visites. Parions que, ce 20 septembre, le ministre de l’Agriculture, en visite au salon Tech&Bio, dans la Drôme, se montrera discret sur cette fâcheuse décision, validée par Paris. Les exploitations qui n’auront pas fait parler d’elles trois années de suite ne verront plus passer le certificateur que… tous les deux ans. Rassurant, quand on se souvient que les œufs bio n’ont pas été épargnés par le scandale du fipronil !
Label affaire
Décidément indulgent, le nouveau règlement néglige une curiosité du système qui rend perplexes les vrais amateurs d’agriculture durable : s’il reste possible de produire en même temps sur sa ferme du bio et du non-bio, c’est à condition que les espèces animales ou végétales concernées soient « différentes et distinguables à l’œil nu ». Au risque, notamment, de provoquer la dissémination des pesticides d’une parcelle a une autre.
Et ce n’est pas forcément la DGCCRF, le gendarme français de la consommation, qui va séparer le bon grain de l’ivraie. « Le Canard » a eu accès au chiffre des prélèvements réalisés par cette administration sur le bio : 230 par an pour 32 264 producteurs français !
En 2009, le label tricolore « AB » a déjà pris un coup dans l’aile. Sous prétexte d’harmoniser les règles, Bruxelles a imposé un label européen avec un cahier des charges allégé. L’acheteur d’un poulet portant l’estampille européenne n’imagine sûrement pas qu’il a été élevé dans un poulailler où les pauvres bêtes, soumises à une promiscuité invivable, sont souvent privées de bec pour ne pas s’étriper. Ou encore que, dans les écloseries pour poules pondeuses, les poussins mâles jugés inutiles sont broyés vivants. Et se doute-t-il que des pondeuses bio peuvent avoir dans leur gamelle jusqu’à 5 % d’aliments non bio et 0,9 % d’OGM ?
Mais il y a mieux : le label bio européen ne certifie pas l’absence de pesticides ! « La réglementation européenne impose au paysan une obligation de moyens, pas de résultats », explique Cécile Guyou, déléguée générale de Bio Cohérence, un logo privé respectant les critères d’antan.
Pesticides comestibles
Autrement dit, une salade ou un melon accidentellement contaminés par des résidus de pesticides peuvent être vendus comme des produits « purs », à condition que les résidus chimiques qu’ils contiennent ne dé- passent pas un certain seuil, considéré comme dangereux pour la santé.
Au début de l’été 2017, la Belgique et l’Italie ont bien tenté d’imposer que tout produit bio « pesticidé » soit « décertifié », mais une majorité d’Etats membres — la France en tête - a enterré le projet !
Selon le rapport publié cette année par l’Efsa, le gendarme européen de nos assiettes, plus de 14 % des aliments bio contrôlés contiennent d’ailleurs d’es résidus d’insecticides, d’herbicides et de fongicides. Les produits « conventionnels », eux, flirtent avec 97 % d’échantillons chimiquement positifs.
De là à faire payer le bio deux fois plus cher au consommateur…
Dans le Canard enchaîné du 20 septembre 2017.
A la CGT, c’est tous les jours la Saint-Barthélemy. Les gardiens de l’orthodoxie ont entrepris de faire leur fête aux Insoumis de Mélenchon. Philippe Martinez ne supporte plus, en effet, que ce dernier s’érige en porte-parole des opprimés. Cette bagarre pour le sceptre social va faire le bonheur des marchands de chaussures : une journée d’action contre les ordonnances Macron à l’appel de la CGT est prévue ce jeudi 21 septembre, et une manif derrière Mélenchon le surlendemain.
Ça va bien le monopole des luttes sociales ?! Pfff…
Philippe Martinez doit montrer, en effet, qu’il est le seul et unique leader des luttes sociales. La suite, c’est Luc Bérille, le secrétaire général de l’Unsa, qui la raconte : « La CGT nous pond des journées d’action qu’elle a décidées, trois mois avant, sur des mots d’ordre qui sont les siens. Les autres syndicats se retrouvent devant une alternative : soit mener une action sur les mots d’ordre de la CGT, soit ne rien faire. » Résultat : même les organisations qui rêvent de mer dans les brancards contre les ordonnances Macron n’ont pas appelé à manifester. Le patron de l’Unsa en reste baba : « Macron joue sur un billard. »
Séparés, c’est pareil
Si bien que, même dans les rangs de la pacifique CFDT, les principales fédérations du secteur privé veulent en découdre. Après la chimie, c’est maintenant la métallurgie qui demande à Laurent Berger de hausser le ton. Le coup est d’autant plus rude que cette fédé a tenu le berceau du virage « réformiste » de la CFDT.
A FO, la situation revêt une tournure ubuesque. Devant la levée de boucliers au sein de sa commission exécutive, Mailly, qui se targuait d’avoir obtenu moult garanties, a dû virer de bord. Soudain, les ordonnances sont devenues, sous sa plume, « inacceptables » et porteuses d’« une régression sociale ».
Traduction : je tiens à mon poste bien payé, svp, gros bisous. Pfff…
La confédération FO emploie aussi des salariés qui, évidemment, sont syndiqués à F0. Après la résolution de l’exécutif durcissant la position du syndicat sur les ordonnances, ces salariés se sont crus autorisés à annoncer qu’ils allaient participer à la manif, suivant ainsi la consigne de leur union départementale de Paris.
Mais, à la veille du défilé, Michèle Biaggi, patronne des pue-la-sueur de la confédé, a annoncé que les manifestants prendraient le risque de sanctions. Certains ont désobéi ; deux jours plus tard, ils se sont retrouvés dans le bureau de Biaggi et de Beaugas, l’une des fines gâchettes du patron. Ils ont alors été menacés de licenciement pour avoir - photos à l’appui - battu le pavé. « C’était une manif anti-Mailly », lancent les deux chefs aux dissidents, qui tombent des nues. A FO, on reste ferme sur la ligne… surtout dans les virages.
Bien, ta dictature ?!
La CFE-CGC, elle, a eu la sagesse de laisser ses fédérations libres de décider si elles voulaient ou non défiler avec la CGT. Les autres syndicats attendent que Martinez en ait fini avec Mélenchon pour envisager enfin une manif syndicale commune. Mais, après une si longue attente, à quoi pourra-t-elle bien servir ?
Dans le Canard enchaîné du 20 septembre 2017.
Avec un ISF transformé en IFI (impôt sur la fortune immobilière) et une flat tax instituant un prélèvement forfaitaire unique de 30 %, le budget 2018 ne va pas terrifier les Français les plus aisés.
Il prévoit également une douceur pour les banques et les assurances qui, jusqu’à présent, était passé inaperçue. Ces entreprises ne sont pas soumises à la TVA mais à une taxe sur les salaires. Elles ne la paieront plus, désormais, sur la dernière tranche du salaire. Coût fiscal : 300 millions d’euros. Officiellement, il s’agit de favoriser, dans le contexte du Brexit, le retour en France des Français travaillant dans les banques ou les assurances à Londres.
Problème : il n’est pas possible - au nom de l’égalité de tous devant l’impôt - d’appliquer cette mesure aux rentrants sans en faire bénéficier également ceux qui travaillent déjà en France dans le même secteur. Du coup, l’exonération de la taxe sur les salaires concernera tous les hauts salariés banquiers et assureurs.
Et passera pour un beau cadeau à une corporation qui n’est pas dans le besoin et dont un certain Macron est issu. Ça va encore faire jaser.
Dans le Canard enchaîné du 20 septembre 2017.
Ha, Wauquiez joue pour le titre « Faites ce que je dis, pas ce que je fais ». Il fera donc un parfait président des Républicains.
Ah, il est furax, ce grand échalas de Wauquiez, pris les doigts dans le pot de confiture de son hypocrisie ! Comme l’a révélé le magazine « Lyon Capitale » (13/9), il a accumulé treize ans de points de retraite au Conseil d’Etat, alors qu’il n’a réellement occupé son poste de maître des requêtes que pendant deux mois, en 2004… Et cela grâce à son statut privilégié de haut fonctionnaire en détachement, qui lui permet, comme élu, non seulement de conserver son poste au frais, avec son avancement et ses échelons, mais aussi de cotiser pour sa future retraite.
Un de ces « régimes spéciaux » qu’il promet de « faire sauter », en quelque sorte ! Depuis 2013, le même Wauquiez fulmine, notamment, contre le régime de retraite des parlementaires, très favorable, qu’il assimile à un régime spécial. Or, après avoir renoncé, en juin, à se représenter aux législatives, il s’est gardé de faire savoir s’il avait lui-même renoncé à sa retraite de député.
Wauquiez réclame à cor et à cri depuis des années que les retraites des fonctionnaires soient alignées sur celles du privé… Mais il continuait de cotiser en douce au Conseil d’Etat ! En 2011, il avait pourfendu sans vergogne l’« assistanat », ce « cancer de la société française ». A chacun sa définiton de l’ « assistanat ».
Aujourd’hui, Wauquiez tempête et promet d’assigner en diffamation l’un de ses détracteurs : « On ne peut pas dire tout et n’importe quoi, en politique, pour essayer de nous faire taire et de nous empêcher d’être fidèles à nos valeurs. »
Ses « valeurs » ? Quelles « valeurs », déjà ? On ne va tout de même pas reprocher au très droitier Wauquiez de mettre de l’argent à gauche ! Tout en conservant discrètement son portefeuille à droite…
Dans le Canard enchaîné du 20 septembre 2017.
Un des slogans préférés d’Anne Hidalgo pour défendre sa politique anti-bagnoles est de dire aux habitants de la région parisienne : « Pour éviter la pollution, prenez les transports en commun. » Malheureusement, c’est faux, si l’on en croit un document de la fédération CFDT des transports distribué la semaine dernière aux usagers du métro. Selon cette étude, ceux qui se sont aventurés à la station Les Halles le 28 juin entre 17 et 18 heures ont « respiré 330 microgrammes par mètre cube de particules fines ». Soit plus de sept fois les valeurs limites autorisées en surface.
Et il y a des milliers d’employés de la RATP qui passent des heures tous les jours là-dedans.
Dans le Canard enchaîné du 20 septembre 2017.
Plus d'infos en http://www.lemonde.fr/pollution/article/2017/09/14/pollution-l-air-irrespirable-des-travailleurs-du-metro_5185318_1652666.html :
L’organisation syndicale aurait aussi pu citer en exemple le 27 juin, quand des concentrations similaires de particules fines ont été mesurées à la même station sur la ligne 4 du métro entre 15 heures et 16 heures, ou encore le 4 juillet avec un pic à 438 µg/m3 entre 19 heures et 20 heures. Ces chiffres sont issus du réseau Squales de la RATP pour la surveillance de la qualité de l’air de l’environnement souterrain, qui relève heure par heure les principaux polluants dans deux stations de métro (Châtelet-Les Halles et Franklin-D. Roosevelt) et une gare RER (Auber).
Cumulées sur une journée, ces concentrations dépassent largement les valeurs limites (50 µg/m3 en moyenne journalière) en vigueur pour l’air extérieur, et rappellent ce qui ne va pas forcément de soi : l’air est plus pollué dans le métro que dans les rues de la capitale. A titre de comparaison, la station d’Airparif, l’association de surveillance de la qualité de l’air en Ile-de-France, installée près de Châtelet-Les Halles, ne mesurait que 27 µg/m3 de PM10 en surface le 4 juillet entre 19 heures et 20 heures.
Très très intéressant, à lire impérativement.
Expliquons-nous. Chaque année en juillet, le Conseil de l’Union européenne adopte des recommandations qui contiennent des grandes orientations de politique économique (GOPE). Elles ne sont pas obligatoires et si les États membres, dont la France, tentent malgré tout de s’y conformer, c’est parce que ce sont ces mêmes États membres qui en sont à l’origine : le Conseil européen, qui réunit les chefs d’États et de gouvernements a auparavant adopté par consensus des orientations générales de la politique économique. Cela signifie que la France dispose d’un moyen de contrainte si la politique envisagée ne lui convient pas. Ensuite, sur la base de cette ligne, la France formule un programme de réformes précis, qui sera repris et adopté par le Conseil de l’UE, sous forme de GOPE. On comprend alors comment ces GOPE peuvent être un moyen peu honnête pour les États de faire porter par l’Union l’initiative des réformes qu’ils se sont en réalité eux-mêmes imposés. Et Florian Philippot, comme d’autres, semble être tombé dans le panneau. C’est regrettable, pour un ancien député européen.
Une aquarelle qui ne dit rien de très nouveau de ce que j’ai toujours dit : je ne comprends pas comment on peut qualifier de « réaliste », de « raisonnable » et autre « responsable » les politiques qui consistent à chercher une croissance infinie dans un monde fini, en augmentant l’activité humaine déjà trop forte, en mettant plus de pression sur les ressources naturelles déjà insuffisantes, en exploitant des ressources fossiles amenées à se raréfier et donc à faire monter les tensions entre pays, en continuant à déstabiliser des régions entières pour subvenir à nos besoins en ces ressources, etc., etc.
Mais non, être pour la décroissance, c’est être irréaliste ; être pour la diminution du temps de travail, c’est être irresponsable.
Gros +1.