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  • Réformiste: en grève et frondeurs en marche ?

    A la CGT, c’est tous les jours la Saint-Barthélemy. Les gardiens de l’orthodoxie ont entrepris de faire leur fête aux Insoumis de Mélenchon. Philippe Martinez ne supporte plus, en effet, que ce dernier s’érige en porte-parole des opprimés. Cette bagarre pour le sceptre social va faire le bonheur des marchands de chaussures : une journée d’action contre les ordonnances Macron à l’appel de la CGT est prévue ce jeudi 21 septembre, et une manif derrière Mélenchon le surlendemain.

    Ça va bien le monopole des luttes sociales ?! Pfff…


    Philippe Martinez doit montrer, en effet, qu’il est le seul et unique leader des luttes sociales. La suite, c’est Luc Bérille, le secrétaire général de l’Unsa, qui la raconte : « La CGT nous pond des journées d’action qu’elle a décidées, trois mois avant, sur des mots d’ordre qui sont les siens. Les autres syndicats se retrouvent devant une alternative : soit mener une action sur les mots d’ordre de la CGT, soit ne rien faire. » Résultat : même les organisations qui rêvent de mer dans les brancards contre les ordonnances Macron n’ont pas appelé à manifester. Le patron de l’Unsa en reste baba : « Macron joue sur un billard. »

    Séparés, c’est pareil

    Si bien que, même dans les rangs de la pacifique CFDT, les principales fédérations du secteur privé veulent en découdre. Après la chimie, c’est maintenant la métallurgie qui demande à Laurent Berger de hausser le ton. Le coup est d’autant plus rude que cette fédé a tenu le berceau du virage « réformiste » de la CFDT.

    A FO, la situation revêt une tournure ubuesque. Devant la levée de boucliers au sein de sa commission exécutive, Mailly, qui se targuait d’avoir obtenu moult garanties, a dû virer de bord. Soudain, les ordonnances sont devenues, sous sa plume, « inacceptables » et porteuses d’« une régression sociale ».

    Traduction : je tiens à mon poste bien payé, svp, gros bisous. Pfff…


    La confédération FO emploie aussi des salariés qui, évidemment, sont syndiqués à F0. Après la résolution de l’exécutif durcissant la position du syndicat sur les ordonnances, ces salariés se sont crus autorisés à annoncer qu’ils allaient participer à la manif, suivant ainsi la consigne de leur union départementale de Paris.

    Mais, à la veille du défilé, Michèle Biaggi, patronne des pue-la-sueur de la confédé, a annoncé que les manifestants prendraient le risque de sanctions. Certains ont désobéi ; deux jours plus tard, ils se sont retrouvés dans le bureau de Biaggi et de Beaugas, l’une des fines gâchettes du patron. Ils ont alors été menacés de licenciement pour avoir - photos à l’appui - battu le pavé. « C’était une manif anti-Mailly », lancent les deux chefs aux dissidents, qui tombent des nues. A FO, on reste ferme sur la ligne… surtout dans les virages.

    Bien, ta dictature ?!


    La CFE-CGC, elle, a eu la sagesse de laisser ses fédérations libres de décider si elles voulaient ou non défiler avec la CGT. Les autres syndicats attendent que Martinez en ait fini avec Mélenchon pour envisager enfin une manif syndicale commune. Mais, après une si longue attente, à quoi pourra-t-elle bien servir ?

    Dans le Canard enchaîné du 20 septembre 2017.

    September 24, 2017 at 8:08:19 PM UTC - permalink - http://shaarli.guiguishow.info/?cCkCng
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