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  • [ Séparation autorité de poursuite / autorité de jugement ] DUBUS S.A. c. FRANCE

    Le fameux arrêt Dubus de la CEDH sur la séparation de l'autorité de poursuite de celle de jugement appliquée aux Autorités administratives indépendantes (AAI).

    En l'espèce, il s'agissait de la Commission bancaire de la Banque de France, mais cet arrêt a conduit à modifier l'organisation des AAI (ex. : CNIL).

    Au point 53, on trouve déjà sa jurisprudence usuelle sur la confiance que doit inspirer un tribunal (au sens de l'article 6 de la ConvEDH, donc une autorité de sanction, comme la CNIL, est englobée par cette définition, cf. CE 311974 pour la CNIL) et sur la nécessaire impartialité de celui-ci, tant subjective (opinion ou conduite personnelle d'un juge) qu'objective (garanties suffisantes afin d'exclure tout doute légitime).

    28/06/2026 10:26:14 - permalink -
    - https://hudoc.echr.coe.int/fre?i=001-92990
  • Liberté, Libertés chéries: Le droit à la voix trouve son tempo

    La 1ere chambre civile de la Cour de cassation a rendu, le 24 juin 2026, une décision qui élargit le champ des libertés publiques. Elle énonce en effet que le droit au respect de la vie privée inclut le droit au respect de la voix, dans des conditions identiques à celles qui gouvernent le droit à l'image. La voix est donc un attribut de la personnalité et elle doit être protégée. Comme bien souvent cependant, cette évolution jurisprudentielle figure dans une décision de rejet. En l'espèce, la Cour fait en effet prévaloir le débat d'intérêt général sur le droit au respect de la voix.

    L’affaire est celle de la chanson Des gens beaux, écrite et chantée par Grand Corps Malade en réaction à des propos publics d’un journaliste musical sur l’apparence physique de certains artistes, notamment Hoshi. La chanson reprenait 33 secondes de l’entretien, sur une durée totale de 2 minutes 41, en insérant la voix du journaliste au début, au milieu et à la fin du titre. Le journaliste affirmait en effet : "Quand vous regardez Hoshi, par exemple, qui a un talent incroyable, indiscutable. Mais enfin, vous mettriez un poste de Hoshi dans votre chambre, vous ? Elle est effrayante ".

    Le journaliste avait saisi le juge en invoquant le droit au respect de la vie privée, qui intègre le droit au respect de la voix. Mais le tribunal judiciaire de Paris avait écarté le recours, jugeant que les propos tenus étaient publics et que leur reprise s'intégrait dans un débat d'intérêt général. La cour d'appel, en revanche, avait assimilé l'existence d'un droit de la personne sur sa voix, semblable au droit à l'image.

    […]

    On peut évidemment s'interroger sur cette décision et sur ses suites. L'inconvénient réside sans doute dans une conception très inclusive du débat d'intérêt général, au détriment des droits de la personnalité. La Cour en vient à considérer qu'une forte controverse suffit à caractériser ce débat. En l'espèce, on serait tenté de penser que le débat d'intérêt général a été largement créé par Grand Corps Malade qui a donné un véritable retentissement à un échange qui n'avait pas dépassé les réseaux sociaux. En bref, il suffit que quelqu'un donne de l'audience à un débat pour qu'il devienne d'intérêt général. Cette critique avait déjà été formulée à propos de la jurisprudence de la CEDH qui considérait comme relevant du débat d'intérêt général les photos du fils caché du prince de Monaco. Il existe ainsi des débats d'intérêt général qui n'intéressent personne, ou pas grand monde.

    L'arrêt du 24 juin 2026 est aussi, porteur de promesses. La protection de la voix, comme attribue de la personnalité pourrait s'appliquer dans de multiples domaines, et c'est sans doute à cela que pensait la Cour de cassation. Internet rend aujourd'hui accessibles non seulement des chansons, mais aussi des podcasts et des archives sonores par millions. Surtout l'intelligence artificielle permet aussi de cloner les voix, et de réaliser des hypertrucages (Deep Fakes) reproduisant la voix des personnes sans leur consentement. Certes, l'arrêt n'empêche rien de tout cela, mais il donne à la justice quelques moyens pour sanctionner ces pratiques et réparer les préjudices qu'elles causent.

    […]

    Le droit à la voix n'était pas tout-à-fait inconnu, surtout en matière civile. Le 3 décembre 1975, le tribunal de Paris avait jugé que l'imitation des "particularités verbales" du comédien Claude Piéplu portait atteinte à son droit sur sa voix et ordonné le retrait de la publicité dans laquelle il était imité. Surtout, la décision rendue par le TGI de Paris le 19 mai 1982 avait affirmé que la voix était un "attribut de la personnalité, une sorte d'image sonore" permettant d'identifier la personne. C'était particulièrement vrai dans l'affaire soumise au juge, puisque la voix en question était celle de Maria Callas, spécialement identifiable. Ses héritiers ont alors obtenu du juge l'interdiction de diffuser à la radio des enregistrements de travail réalisés à la fin de sa vie, et dont elle n'était pas satisfaite, précisément parce que sa voix n'était plus celle que ses admirateurs avaient connue.De fait, la jurisprudence considérait que la voix était un attribut de la personnalité, digne d'être protégée comme telle. Les seules exceptions résidaient dans les imitations parodiques en dehors d'un usage publicitaire, et la reproduction de la voix des personnalités politiques s'exprimant dans des circonstances publiques.

    […]

    Quant à la CEDH, elle n'a certes pas consacré un droit à la voix autonome aussi clairement que le fait aujourd'hui la Cour de cassation. En revanche, dans son arrêt P. G. et J. H. c. Royaume-Uni du 25 septembre 2001 elle juge que l'enregistrement clandestin de voix dans les locaux de la police s'analyse comme une ingérence dans la vie privée. Elle ne saurait donc être admise que dans un cadre légal précisément défini.

    #LLC

    28/06/2026 06:27:27 - permalink -
    - https://libertescheries.blogspot.com/2026/06/le-droit-la-voix-trouve-son-tempo.html
  • xkcd: Baryon Asymmetry

    ‒ So you're the creator of the universe?
    ‒ That's me! So, got any questions?
    ‒ Oh man, so many. What's the reason for baryon asymetry? Why is most of the universe matter and not antimatter?
    ‒ Crap. Did I forget the antimatter? One sec, let me just…
    BOOM

     

    Wait, what do you mean, 'dark matter'? It's not dark, it interacts with high-energy gamma rays… right? Oh jeez, did I forget to make it interact?

    🤣️

    27/06/2026 07:01:16 - permalink -
    - https://xkcd.com/3263/
  • EU Member States (and Google) suddenly want to keep cookie banners!

    For years, users and many companies have been complaining about cookie banners. Even though this understandable frustration is mostly caused by misleading dark patterns used by the industry, these banners have become the symbol of what is perceived as excessive EU regulation. As part of the ‘Digital Omnibus’, the European Commission now finally wanted to get rid of cookie banners and replace them with an automated signal. However, Google and some of the very EU Member States that are actually calling on the EU to “simplify” and “cut red tape” – including Germany and France, for example – are now standing in the way. In the Council’s latest position paper of 18 June, the plan to abolish the cookie banner has been scrapped. […]

    Énième illustration que les bandeaux cookies ne sont pas une invention de la méchante UERSS, et que, quand il s'agit de heurter les droits fondamentaux, la gentille France pousse toujours à la roue en utilisant l'UE comme paratonnerre, donc qu'un FREXIT ne servirait à rien, la France a toujours kiffé le flicage et le contrôle, avec ou sans l'UE.

    23/06/2026 09:53:31 - permalink -
    - https://noyb.eu/en/eu-member-states-and-google-suddenly-want-keep-cookie-banners
  • Je piège les pires charlatans de TikTok. - YouTube

    L'hôpital métaphysique du supraverse. 🤣️🤣️🤣️ C'est énergétique.

    Ça soigne tout instantanément : ligaments croisés, épaule déboîtée, covid long, déchirures, dépression, tout, tout, tout.

    Ça répare même un écran d'ordi portable, une voiture, ou un lave-vaisselle (quel rapport avec un hôpital ? 🤔️).

    Vente de produits, genre la gourde qui énergise la flotte, la purifie tout ça.

    Évidemment, quand G Milgram les contacte pour une expérience dans le cadre d'un mémoire de master 2 en médecine, les prétentions se dégonflent. La temporalité du résultat n'est plus garantie, ni la prise en charge de toutes les pathologies, et il faudrait étudier uniquement leurs clients. 🤷‍♂️️

    Ça me rappelle les accouchements souverains / instinctifs d'il y a quelques jours. 🥲️

    19/06/2026 21:36:30 - permalink -
    - https://www.youtube.com/watch?v=edSdU3PfRLA
  • L'usine à clous soviétique ou l'échec des KPI

    Quand nous avions besoin de nouveaux serveurs, l’équipe de proximité en prenait un lot dans l’inventaire, y installait notre distribution Linux, les déplaçait dans le datacenter et les câblait au réseau. Nous ouvrions un ticket décrivant les serveurs dont nous avions besoin et, une semaine plus tard, nos serveurs étaient disponibles. 💫

    Orange voulait savoir si l’équipe de proximité était performante : elle a donc réclamé des KPI. Le choix s’est porté sur le nombre de tickets traités dans l’année. Orange a demandé à doubler ce nombre. Au lieu d’un seul ticket pour un nouveau service, nous en ouvrions six, un par serveur. À la fin de l’année, les KPI avaient plus que doublé.

    Tout le monde y a vu une réussite du pilotage de la performance. Il a donc été demandé de récidiver l’année suivante. Cette fois, nous devions ouvrir un ticket par serveur et par étape. De nouveau, les KPI ont doublé. En coulisses, les tickets partaient à différentes personnes et n’étaient plus traités dans l’ordre. Aussi, pour l’année suivante, il a été décidé de créer des méta-tickets et de tenir des réunions pour suivre l’avancement de ces tickets. Bien sûr, toutes ces étapes supplémentaires faisaient encore grimper le KPI.

    Cette méthode de pilotage de la performance s’est étendue aux autres équipes4. Tout est devenu plus lent. Au lieu de quelques semaines, il nous fallait six mois pour déployer un nouveau service. Nous avions bâti une usine à clous soviétique. Mais les KPI étaient bons et nous avons lâché l’affaire.

    Prenons un autre exemple. Nous devions estimer l’impact de chaque opération de nuit. Nous n’étions pas mauvais : l’essentiel des opérations étaient déclarées « sans impact ». La plupart du temps, c’était le cas. Parfois, il y avait un impact de 5 secondes. On nous a demandé de faire plus d’efforts pour tenir l’impact annoncé. Qu’avons-nous fait ? Nous avons commencé à déclarer un impact attendu de 5 secondes. Un jour, nous avons eu un impact de 30 secondes et il nous a été reproché de ne pas avoir respecté l’impact annoncé. Au final, la plupart des opérations étaient déclarées avec un impact attendu de 10 minutes, et nous avons cessé de nous en préoccuper : au lieu de basculer le trafic avec soin, nous nous autorisions un impact de 5 minutes. Et nos KPI n’avaient jamais été aussi bons.

    Les fameux indicateurs. :)))) Attention toutefois : il n'y a pas forcément besoin d'indicateurs chiffrés pour que ça soit la merde, de simples consignes, même informelles, ou des lourdeurs bureaucratiques ou d'égo (il faut que ça soit telle personne qui traite telle demande, et si elle n'est pas là, tu attends), peuvent semer la zizanie tout aussi bien.

    16/06/2026 08:54:44 - permalink -
    - https://vincent.bernat.ch/fr/blog/2026-kpi-goodhart
  • Boycott : arme fatale ou pétard mouillé ? - Blast le souffle de l'info

    Boycott = patronyme de Charles Boycott, intendant pour un riche propriétaire terrien irlandais. Ce dernier refuse la réduction de 25 % des loyers après une mauvaise récolte. Les locataires chassent les huissiers, et les artisans et commerçants refusent de servir Boycott, qui s'exile. Bref, une exclusion sociale. Douze autres proprios terriens dans le même cas. Ouvriers importés et sous surveillance militaire pour faire le boulot. Deux huissiers tués. Participe à l'indépendance de l'Irlande.

    Boston Tea Party : jeter le thé (sans taxe) provenant d'Angleterre par-dessus bord et supplice du goudron et des plumes pour les marins. Participe à l'indépendance des futurs États-Unis d'Amérique.

    Coopératives de consommation. Organisations macroéconomiques pour organiser la consommation et la production et pour en sortir un maximum du capitalisme. Rien à voir avec les coopératives d'aujourd'hui qui sont les descendantes des sociétés coopératives patronales de consommation qui ont perverti les coopératives révolutionnaires initiales par la consommation et les idées bourgeoises (sens de l'économie, sacrifice, etc.). Hop, subversion des institutions révolutionnaires par les bourgeois.

    Florence Kelley, cheffe de la National Consumer League, sera l'une des premières à causer du « Pouvoir du porte-monnaie ». Rien à voir avec voter avec sa carte bleue, en choisissant tel produit plutôt que tel autre. Là encore, zout, subversion par le Capital.

    Corporate cause beaucoup des marques éthiques fictives créées par des marques pourries ou de marques éthiques rachetées par des pourries (les smoothie Innocent = Coca Cola), ce qui réduit la liberté de choix, mais il existe trouzemilles façons de procéder, comme ne pas permettre à de nouveaux acteurs, éthiques, de se lancer, par coût, contraintes réglementaires, oligopole organisé, etc.

    Je suis d'accord que le boycott a perdu de sa radicalité, qu'il est totalement digéré par le capitalisme, et qu'il a désormais une connotation individualiste (que Corporate estime sans avenir), mais le BDS reste une action collective et politisée, et il faut bien bouger individuellement quand le collectif ne bouge pas, sinon on attend vainement le Grand Soir.

    Pour comprendre en quoi le « minimalisme » serait conforme au consumérisme comme l'affirme la voix off, j'ai zieuté le documentaire dont un extrait est montré. On y trouve, entre autres, la règle des 20 : tout ce qui s'achète en moins de 20 minutes et pour moins de 20 € doit être jeté. Donc, en gros, il faut être minimaliste à l'instant présent, quitte à gaspiller sur le long terme. Dans ma conception, le minimalisme n'est clairement pas cela.

    14/06/2026 16:50:06 - permalink -
    - https://video.blast-info.fr/w/ktFD8qUZM4bZAmVyA9CRjR
  • L'EXPÉRIENCE INTERDITE : ⚡️Milgram & la Soumission à l'Autorité⚡️🔌 - YouTube

    ScienceÉtonnante rappelle que le consensus scientifique est de relativiser la portée de l'expérience de Milgram, car sa configuration spécifique, ajustée, la rend difficilement généralisable, notamment aux crimes Nazis (ce que cherchait à expliquer Milgram, cf. l'introduction de son article de recherche et les sous-titres envisagés de ses livres, et l'expérience se déroule durant le procès Eichmann).

    La temporalité pour réaliser la portée de ses actes n'est pas la même (1 h pour Milgram, des années pour les crimes Nazis).

    La nature de l'autorité, sa légitimité, diffère également. Celle de Milgram est basée sur l'expertise d'un chercheur qui assure que tout est OK. Le nazisme repose plutôt sur l'autorité d'un chef désigné. Je trouve que ce point est embarrassant, car tout mouvement idéologique a aussi des cautions scientifiques (les Nazis avaient toute une doctrine pour justifier la prétendue supériorité de la race nordique).

    D'après les enregistrements des expériences, les sujets de l'expérience n'ont pas obéi aveuglément, ils ont hésité, ils étaient en lutte interne. Les manipulations psychologiques de Milgram (phrases-type des chercheurs) les ont convaincus d'agir, mais, là encore, dans la temporalité de l'expérience. Là encore, je suis dubitatif : l'objectif de l'expérience selon moi était précisément de voir les limites, d'atteindre le cas de conscience. La question est précisément jusqu'à quel point suivre une autorité.

    Le cadre est particulier : université prestigieuse, contribution à la science, dans un pays démocratique, etc. Je suis perplexe sur ce dernier point, car des choses bien sombres peuvent aussi intervenir en démocratie, comme la torture de la CIA, ou le colonialisme, ou trouzemilles autres événements.

    D'après un questionnaire en fin d'expérience, Milgram a conclu que 44 % des participants croyaient plus ou moins que c'était fictif. Plus ils croyaient en la véracité de l'expérience, moins ils administraient de grosses décharges. (L'info avait pu fuiter, car l'expérience a duré environ 1 an, 24 variations, même si la plus connue, la numéro 5, fait partie des 14 premières pour lesquelles les sujets n'auraient pas été informés de la supercherie en fin d'expérience.)



    Le Précepteur soulève deux points intéressants.

    Le premier, en prolongement de ScienceÉtonnante : il est normal de suivre une autorité, de faire confiance. La vie en société repose sur ça. On ne va pas, et on ne peut techniquement pas, douter de notre boulanger, médecin, etc. Au final, à mes yeux, l'expérience de Milgram relève de l'ingénierie sociale. Elle exploite une faiblesse de l'humain, c'est bien de l'avoir mis en exergue, mais ça s'arrête là.

    Le deuxième, conséquence du premier à mon sens, c'est que cette expérience devrait nous inciter à la prudence, à la compréhension d'autrui, et à l'indulgence : qu'aurions-nous fait à leur place ? Aurions-nous résisté à cette ingénierie sociale prenant en défaut la nécessaire confiance qui doit exister dans une société ? En sommes-nous sûrs ou affichons-nous notre prétendue supériorité morale ? Or l'expérience de Milgram est souvent dégainé pour illustrer la connerie des « gens ».



    FabienOlicard romance l'histoire du mouvement de la troisième vague de l'enseignant Ron Jones.

    On est quelque part entre Milgram et les Nazis. Il y a à la fois une autorité (le prof), et des comportements de groupe qui ont émergés spontanément. C'est ça qui est intéressant, selon moi.

    Malgré le titre putaclic, Fabien en fait plutôt bien la critique, notamment l'absence de sources dignes de foi.

    Certains événements sont hautement plausibles, notamment le respect des règles de discipline pour prendre la parole en cours (car, là, le prof est dans son giron d'autorité), que des membres du groupe qui s'inventent un signe de reconnaissance (la 3ème vague) et qui excluent des membres pas assez impliqués afin de préserver l'homogénéité du groupe (= sorte de police secrète), ou bien encore qu'une seule opposition courageuse peut réveiller les esprits, car c'est documenté par ailleurs.

    En revanche, je reste très sceptique sur l'essentiel, notamment la durée des événements (d'où tu vois autant ton prof d'histoire en une semaine de lycée ?! ; d'où un prof de lycée fait, tout seul, une telle mise en scène, avec les élèves d'autres classes qui participent à ses cours, comme ça, taktak ?!), la prétendue perte de capacité de raisonnement par la discipline en deux jours de troisième vague, etc.

    14/06/2026 15:42:47 - permalink -
    - https://www.youtube.com/watch?v=7Vy1Cg5O5Pc
  • Liberté, Libertés chéries: Minuit, l'heure du Prime...

    Le 10 juin 2026, l'Autorité de régulation de la communication audiovisuelle et numérique (Arcom) a mis en demeure Radio France pour non-respect du pluralisme politique. L'autorité indépendante constate en effet que, entre le 1er janvier et le 31 mars 2026, les interventions des représentants du Rassemblement National (RN) ont été majoritairement programmées entre minuit et 5 h 59 : près de 60 % de leur temps de parole sur France Inter, plus de 70 % sur France Info. En journée, en revanche, elles ne représentants que 9 % des interventions politiques sur France Inter et 9, 5 % sur France Info.

    […]

    En l'espèce, la mise en demeure de l'Arcom montre que le pluralisme ne s'apprécie pas à l'aune du volume global de parole accordé à un parti mais à celle de ses conditions concrètes d'exposition. L'Arcom estime en effet que le pluralisme a, de facto, été neutralisé par les horaires tardifs de diffusion.

    Or, le pluralisme politique est un principe indissociable de la liberté de communication. Depuis la décision du Conseil constitutionnel du 18 septembre 1986, le pluralisme des courants d’expression socioculturels est un objectif de valeur constitutionnelle, car la liberté de communication ne serait pas effective si le public ne pouvait accéder à des programmes reflétant des tendances différentes. La loi du 30 septembre 1986 admet donc que la liberté de communication ne soit pas totale, mais qu'elle soit limitée pour assurer le caractère pluraliste des programmes, spécialement dans l'information politique.

    […]

    Un deuxième niveau de garanties se trouve dans la régulation, et donc dans les délibérations de l'Arcom et du CSA, l'autorité qui a précédé l'Arcom. Celle du 22 novembre 2017 impose ainsi que le temps de parole du Président de la République, de ses collaborateurs et du gouvernement corresponde environ à un tiers-temps, le reste étant partagé entre les partis selon un principe d'équité, au regard de la représentativité et de leur contribution au débat national. Cette formulation quelque peu obscure cache en réalité une influence des sondages d'opinion. Les partis qui ont les meilleurs sondages bénéficient ainsi de la meilleure exposition médiatique, formule très discutable qui favorise les plus puissants et entrave l'émergence des formations nouvelles.

    Enfin, le dernier niveau de garantie est celle offerte par les juges. Le Conseil d'État contrôle ainsi les délibérations de l'Arcom, même s'il lui reconnaît un large pouvoir d'appréciation. La délibération de l'Arcom du 10 juin 2026 s'appuie ainsi très directement sur l'arrêt du Conseil d'État du 13 janvier 2023. Dans cette affaire, le CSA avait mis en demeure CNews parce que 82 % des interventions de l’Exécutif et 53 % de celles de La France Insoumise avaient été diffusées entre minuit et 5 h 59, avec une sous-représentation en journée. Le Conseil d’État affirme la légalité de cette analyse. Des temps de paroles concentrés au milieu de la nuit ne sauraient concourir efficacement à la formation de l'opinion. Il y a donc atteinte au principe de pluralisme.

    La comparaison est éclairante. En 2021, CNews, chaîne privée classée à droite, est rappelée à l’ordre pour avoir relégué La France insoumise, parti classé à gauche, à des horaires de très faible audience. En 2026, Radio France, service public parfois accusé de trop pencher à gauche, est mise en demeure pour avoir relégué le RN dans la même tranche nocturne. […]

    […]

    En attendant, l'Arcom s'efforce de montrer la neutralité du principe de pluralisme. Y est-elle parvenue ? On peut en douter, car la couverture médiatique de la mise en demeure de France Télévision est très largement inférieure à celle qui avait été dirigée contre CNews. De toute évidence, les chaines publiques n'ont pas passé des journées entières à se présenter comme victimes de l'Arcom, institution qu'il est un peu difficile de présenter comme étant au service de la droite. Quant à CNews, elle n'a pas crié victoire, préférant continuer à se présenter comme la seule victime d'un système oppressif.


    • En juin 2026, première application par l'ARCOM du nouveau régime dégagé par le CE en 2024.

    Trololo. 🤡️ La branlette continue. Sur la goche qui fait les mêmes choses détestables que la drouate (et inversement), relire Simone Weil sur les partis politiques. En gros : c'est conçu pour.

    Le contrôle du pluralisme n'a d'intérêt que sur des technologies, comme la TV hertzienne, affectées par la rareté (des fréquences, donc de chaînes). Ce n'est pas le cas d'Internet, web ou TVIP. Il faudrait voir si la TV hertzienne est majoritaire dans l'accès à l'information, y compris pour des groupes sociaux (les seniors, par ex.). Si ce n'est plus le cas, zout l'ARCOM.



    Sur un sujet proche : 4e confirmation en 3 ans, par la CEDH, que les sanctions ARCOM contre CNEWS sont justifiées. 2 fois pour discours de haine, 1 fois pour négationnisme, 1 fois pour du pipeau sur Covid (60131/21, 52837/22, 41121/23, 41355/23). Ça m'amuse toujours autant de voir que les anti-juges et anti-construction européenne font appel à la CEDH. 🤡️

    #LLC

    14/06/2026 08:13:25 - permalink -
    - https://libertescheries.blogspot.com/2026/06/minuit-lheure-du-prime.html
  • L'INCROYABLE HISTOIRE DE LA CONJECTURE DE FERMAT CMH#14 - YouTube

    Par Mathador. Je connais cette vidéo depuis des années. Je ne m'explique pas mon absence de publication à son sujet…

    Histoire romancée du théorème de Fermat-Wiles.

    Fermat : j'en ai découvert une démonstration véritablement merveilleuse que cette marge est trop étroite pour contenir. 🥲️

    Impressionnant chemin des maths : Fermat => Euler => Germain => Lamé/Cauchy => Taniyama-Shimura-Weil => Frey/Serre/Ribet => Wiles. (Et tant d'autres…).

    13/06/2026 21:42:03 - permalink -
    - https://www.youtube.com/watch?v=EcPPjZVB2vA
  • Fusion nucléaire : Comment piéger un plasma sans le toucher ? - YouTube

    Par ScienceÉtonnante.

    Champ magnétique pour que les particules ne percutent pas les parois (sinon fin anticipée de la réaction de fusion).

    Forme en tore pour ne pas avoir d'extrémités.

    Mais du coup, force centrifuge et variation de l'intensité du champ magnétique entre la paroi intérieure et extérieure. Donc dérives des particules, trajectoires en cercle compromises, donc les particules vont percuter les parois.

    Il faut un champ magnétique de la bonne forme, avec des torsions dans les lignes de champ. Deux implémentations : Stellerator (US) ou Tokamak (URSS).

    Stellerator : moduler l'intensité du champ par la forme physique des spires (bobine de câble électrique autour du tore). Inconvénient : la production du Stellerator doit être très précise.

    Tokamak. Acronyme russe pour chambre toroïdale avec bobines magnétiques. Moduler l'intensité du champ en induisant un courant électrique au cœur du tore (dans le plasma) avec une bobine perpendiculaire située au milieu du donut que forme le tore. Inconvénient : temps réel, avec des capteurs, etc.

    Énergie délivrée par une fusion : 80 % va frapper les parois du tore, la faire chauffer, faire chauffer de l'eau, vapeur, turbines, etc. 20 % entretient la fusion.

    Même dans un Tokamak, reste encore à gérer les instabilités du plasma dues au mélange plasma + chaleur + magnétisme + courant électrique + fusion. Solution : corriger en temps réel en envoyant des micro-ondes sur une instabilité pour la chauffer et créer un courant supplémentaire dans le plasma pour "réparer" une ligne de champ. Deep learning (aka apprentissage par renforcement).

    Reste la chauffe du plasma : circulation de courant dans le plasma = effet Joule + injection de particules fortement accélérées et/ou chauffage par ondes électro-magnétiques (cf. stabilité).

    Tu m'étonnes que l'humanité y est depuis 70 ans. 😅️

    13/06/2026 20:05:39 - permalink -
    - https://www.youtube.com/watch?v=ltLAZsJELng
  • Pourquoi les mathématiciens s'inquiètent de l'avenir de leur discipline - YouTube

    Par Monsieur Phi.

    Plusieurs problèmes d'Erdős résolus avec l'assistance d'un LLM.

    Certaines solutions trouvées par l'IA dans la littérature étaient inconnues du mathématicien mainteneur des problèmes d'Erdős. Qualité de l'IA pour chercher / trouver de l'information.

    Des solutions inédites, y compris au top 10 des problèmes d'Erdős (établi arbitrairement par un mathématicien du domaine). Aucun entraînement spécifique, aucun prompt chiadé.

    GPT 5 a cherché à réfuter plutôt qu'à prouver. Il a trouvé l'une des solutions car il est interdisciplinaire et qu'il peut tester de nombreuses voies que les humains trouvent improbables et donc qu'ils ne traitent pas par flemme et/ou désintérêt.

    Progrès considérable en 3-4 ans. À l'époque, on se marrait qu'un LLM tout aussi généraliste se plantait totalement sur un problème aussi simple que « un café et un sandwich coûtent 11 euros, Le sandwich coûte 10 € de plus que le café. Combien coûte le café ? ».

    #Erdos

    13/06/2026 19:30:59 - permalink -
    - https://www.youtube.com/watch?v=AYPQIntoJeE
  • [ Instruction en famille ] Pourvoi n°25-87.438 | Cour de cassation

    J'ai déjà causé de l'IEF, modalité d'instruction de 0,4 % des gosses, et du passage, en 2021, d'un régime de contrôle a posteriori à un régime d'autorisation préalable exceptionnelle, et des refus massifs de certaines académies.

    Ne pas scolariser après un refus d'autorisation ou sans monter le dossier = infraction (227-17-1 Code pénal).

    Ici, la famille n'a pas monté les dossiers par désobéissance civile. Pratiquer l'IEF jusque-là, obtenir des résultats positifs (pas tant que ça, j'vais y revenir), ce qui attesterait donc que le choix est conforme à l'intérêt supérieur de l'enfant, n'est pas une excuse valable, au sens du 227-17-1 du Codé pénal, permettant de déscolariser un enfant. En gros, il faut suivre la procédure.

    Et ingérence nécessaire et proportionnée au droit de choisir un type d'éducation, au droit à une vie privée et familiale, et à l'intérêt supérieur de l'enfant. Notamment, le niveau d'un des enfants interroge, l'inspectrice a adapté les exercices pour en tenir compte et conclure que ça va environ.

    L'arrêt est plutôt faiblard sur ce deuxième point, il ne va pas au fond des choses.



    Au moins un autre recours est en cours, fondé sur des moyens différents, donc wait&see.



    En 2024/2025, j'avais constaté viteuf que même la CEDH souffle un vent mauvais sur l'IEF.

    Il paraît qu'une première requête française visant le régime d'autorisation de 2021 a été déposée en juin 2024 soutenue par l'ECLJ et Liberté éducation. Pas encore dans HUDOC.

    12/06/2026 12:50:41 - permalink -
    - https://www.courdecassation.fr/decision/6a28ffb5cdc6046d47cb7bf8
  • Rapport de la Cour des comptes sur la CNIL à l’initiative de PURR — Association P·U·R·R

    En septembre 2024, PURR proposait à la Cour des comptes d’auditer le budget de la CNIL.

    En ce début juin 2026, la Cour a publié son rapport. Pour certains indicateurs, celui-ci se réfère au Projet annuel de performance.

    Nous rejoignons les constats de la Cour sur le traitement des réclamations […]

    En encore plus résumé :

    • Données chiffrées inédites et corrigées sur la durée de traitement des plaintes, délai avant première réponse, stock de plaintes, etc. Mise en exergue que les indicateurs du Projet annuel de performance sont inadéquats ;

    • Mise en exergue de certaines défaillances bien connues de la CNIL dans le traitement et le suivi des plaintes (stock persistant de 8 000-10 000, pas de priorisation, pas de doctrine, pas de suivi des plaintes entre équipes ni des suites données ni du délai de traitement, etc.), en matière de fichiers mis en œuvre par l'État, et vis-à-vis des DPO. La présidente de la CNIL reconnaît celles en matière de plaintes ;

    • La productivité, stable depuis 2017, interroge : grosso-modo 475 courriels-types informels rédigés au conditionnel par agent et par an en 2024 pour une quarantaine d'agents du service des plaintes et de l'exercice des droits (y compris indirects)… Deux personnes (greffe et personne mise à dispo par un prestataire), soit environ 200-210 k€ sur 28 M€ de budget, ont traité 35 % des plaintes clôturées en 2024 par des scénarios prédéfinis et des courriels-types ;

    • La CNIL n'entend pas changer de trajectoire sur le volume de contrôles et mesures correctrices 😞️ ;

    • Mise au jour d'une clôture arbitraire et silencieuse d'environ 3 700 plaintes en 2021, que l'on soupçonnait.

    Rigolo : la CNIL ne veut pas recourir à des fonctionnaires à cause de la sur-cotisation retraite (visant à maintenir artificiellement le régime dédié à l'équilibre, cotis = 77 % du brut au lieu de 17 % en moyenne dans le privé).

    Voir aussi : https://next.ink/233735/pixels-de-suivi-dans-les-emails-la-cnil-demande-une-mise-en-conformite-sous-trois-mois/ ; https://www.usine-digitale.fr/reglementation/gdpr-rgpd/une-montee-en-puissance-inachevee-la-cour-des-comptes-salue-ladaptation-de-la-cnil-au-rgpd-mais-epingle-sa-gestion-des-plaintes.IP5TRZSCBJEQPHVBZ2NVDCHAIY.html ; https://www.zdnet.fr/actualites/la-cour-des-comptes-rappelle-la-cnil-a-la-rigueur-sur-les-salaires-de-ses-agents-496401.htm

    12/06/2026 11:17:46 - permalink -
    - https://asso-purr.eu.org/2026/06/11/rapport-cour-compte-cnil.html
  • [ CEDH 23624/20 - Délit de refus de communication d'une clé de déchiffrement lors d'une garde à vue ] MINTEH c. FRANCE

    Le requérant est français. Il avait obtenu une décision du Conseil constitu en 2018 (historique ici).



    Ce délit, 434-15-2 du Code pénal, ne relève pas d'une atteinte au droit de se taire et au droit de ne pas s'auto-incriminer (article 6 ConvEDH).

    Pour que cette atteinte advienne, il faut que les éléments n'existent pas indépendamment de la volonté du mis en cause. Sinon, il est possible d'utiliser des mesures coercitives pour les obtenir. Au final, ce qui est recherché, c'est l'équité globale de la procédure, l'absence de réelle contrainte abusive, et le respect du réel for intérieur (ex. : forcer un suspect à positionner son doigt sur le lecteur d'empreinte digitale de son téléphone, ça ne passe pas. Le corps se meut par la volonté).

    La Cour reprend la position historique française (Cassation, Constitutionnel) : les données chiffrées, et leur équivalent clair, existent indépendamment du suspect. La Cour semble penser à la cryptanalyse, mais on peut aussi penser aux sauvegardes auto Google / Apple ou à une mise en pratique défaillante qui ruine tout le chiffrement.

    La Cour européenne des droits de l'Homme reconnaît, contrairement au gouvernement français, que le délit en cause constitue bien une contrainte / mesure coercitive (point 49).

    La Cour juge que les données que la police tentait d'obtenir sont les données, pas la convention de chiffrement elle-même (point 53). Pour moi, cette dernière n'existe pas sans la volonté du suspect.

    La question se savoir si les données existent par l'action du suspect qui les a installées, générées, mises sur le smartphone / téléphone, etc., est sans incidence sur le fait qu'elles existent indépendamment de lui (point 57). De même, le choix des flics de ne pas faire procéder à une expertise technique (= cryptanalyse) est sans incidence.

    Pour moi, la question reste ouverte. Il faudrait différencier l'accès par expertise technique d'une part, et l'accès via la transformation en délit d'un refus, d'autre part.

    De même, en dehors de vulnérabilité dans l'algorithme de chiffrement ou dans son implémentation, ou dans la mise en œuvre courante du chiffrement, il ne reste que la force-brute, qui se conçoit comme forcer la convention de chiffrement, donc la volonté du suspect de laquelle elle dépend, qui est la seule à la connaître. Mais, sur ce point, je conçois aussi que l'analyse technique, peu importe son type, n'exerce pas une contrainte sur le suspect (et qu'il reste possible de choisir une bonne phrase de passe).



    L'atteinte à la vie privée (article 8 ConvEDH) n'est pas étudiée car le requérant l'a invoqué tardivement devant les juridictions internes, sur des points très précis qui ne fondent pas son recours devant la CEDH, donc non-épuisement des voies de recours internes.



    Décision plutôt décevante en ce qu'elle se contente de recracher la position française sans aller plus loin, et qu'elle paraît empreinte de considérations moralisatrices portant sur la qualité de revendeur de drogue du requérant, alors que la question dépasse largement ce cadre.

    Pour rappel, en 2018, devant le Conseil constitu, le gouvernement défendait, comme les requérant et les intervenants, que le délit ne saurait concerner une personne soupçonnée. Le Conseil est passé outre.

    12/06/2026 10:45:37 - permalink -
    - https://hudoc.echr.coe.int/eng?i=001-250852
  • Steam arrête les cartes cadeaux physiques, victimes des escroqueries - Next

    Dommage, je m'en servais pour régler en espèces et ainsi éviter de filer le numéro de ma CB à Valve / au ternet. :(

    11/06/2026 08:43:34 - permalink -
    - https://next.ink/brief-article/steam-arrete-les-cartes-cadeaux-physiques-victimes-des-escroqueries/
  • L’autorité de protection des données belge veut désormais porter plainte au pénal - Next

    L’APD pâtirait également de la mansuétude de la Cour des marchés, une chambre spécialisée de la Cour d’appel de Bruxelles qui, entre autres, traite les recours contre les décisions des régulateurs, déplore Koen Gorissen :

    « On nous demande de frapper fort, mais la Cour des marchés ne nous aide pas. C’est regrettable de voir que lorsque l’on inflige des amendes sévères, la Cour des marchés les réduit parfois à 1 euro. Ils soutiennent que c’est encore dissuasif, mais excusez-moi, 1 euro ou rien… »

    « La Cour des marchés, c’est le tribunal des entreprises », renchérit Alexandra Jaspar : « Et on a le sentiment qu’elle considère que la protection des données est un luxe, un droit qui ne vaut pas la peine d’être défendu, que les entreprises ont d’autres problèmes à régler… », ce pourquoi ils envisagent désormais de passer par le pénal, annonce Koen Gorissen :

    « Nous allons donc utiliser d’autres instruments plus efficaces. Plutôt que de passer par le civil, nous allons désormais passer, pour des cas spécifiques, par un tribunal pénal. On a déjà intenté une action directe devant une cour correctionnelle. On peut aussi envisager des transactions pénales, via le parquet. Pour nous, ce qui compte, c’est de mettre fin à un traitement problématique de données. »

    Évidemment, rien de similaire en France, pas vrai la CNIL et le Conseil d'État ? :)))) (À ceci près que je ne pense pas que le CE est pro-business, l'explication est ailleurs, mais ça produit le même résultat.)

    Pas trop convaincu par la piste pénale : l'APD belge sera substituée par le parquet, dont ça m'étonnerait qu'il soit plus une flèche que la Cour des marchés. Et, comme l'écrit l'article, ça sera sur un nombre très limité de dossiers. Il faudra voir également le problème de la territorialité de la juridiction pénale belge : je doute que le dirigeant d'un courtier en données (ou autre) qui n'a aucune présence dans le plat pays puisse être jugé là-bas.

    Quant à lutter contre les grands méchants, je rappelle que l'APD belge a, au final, plutôt échoué face à l'IAB et à son TCF. Allez, disons que c'est la faute à la Cour des marchés. :))))

    Bref, ça dresse un constat intéressant, mais le reste me semble des effets d'annonce qui n'auront aucune réalité.

    11/06/2026 08:36:02 - permalink -
    - https://next.ink/239006/lautorite-de-protection-des-donnees-belge-veut-desormais-porter-plainte-au-penal/
  • Liberté, Libertés chéries: La tapisserie de Bayeux et la diplomatie présidentielle

    La décision rendue par le Conseil d'État le 5 juin 2026 est d'une concision remarquable. Elle rejette, pour incompétence de la juridiction administrative, le recours formé par l'association Sites et Monuments contre la décision du Président de la République de prêter la tapisserie de Bayeux, pour une exposition au British Museum.

    L'association invoquait des motifs de forme, notamment l'absence de contreseing du Premier ministre et du ministre de la Culture au regard de l'article 19 de la constitution. Sur le fond, elle voyait une erreur manifeste d'appréciation dans la décision de prêter une oeuvre exceptionnelle, alors qu'un voyage comportait des risques pour sa conservation. On ne connaîtra jamais les réponses à ces questions, car le Conseil d'État déclare la requête irrecevable en considérant la décision du Président de la République comme un acte de gouvernement. […]

    […]

    Le principe est donc clair. Ce n'est pas parce que le Président prend une décision qu'il faut en déduire l'existence d'un acte de gouvernement. Encore faut-il que l'acte se rattache, par son nature et son objet, soit aux rapports entre les pouvoirs constitutionnels, soit à la conduite des relations internationales. Dans l'affaire de la tapisserie de Bayeux, on a pourtant l'impression que le Conseil d'État estime que, puisque le Président est intervenu, c'est sans doute que sa décision relevait des relations internationales et qu'elle devait ainsi être qualifiée d'acte de gouvernement. Le raisonnement est inversé. Ce n'est plus le contenu de l'acte qui fait l'acte de gouvernement, mais essentiellement son auteur.

    […]

    Sans doute, mais l'analyse se rapproche tout de même un peu trop d'une émission historique conçue par Stéphane Bern. Tout y est. Les décisions se prennent entre les autorités royales naturellement bienveillantes lors d'un dîner de Cour, où l'on rappelle l'histoire millénaire qui unit nos deux pays....

    Hélas, il ne faut pas confondre Gala et l'Actualité Juridique Droit administratif. On devrait plutôt se demander si le ministre de la Culture n'était pas compétent pour décider du prêt de la tapisserie. En droit positif, le prêt d'une oeuvre appartenant à une collection publique pour des expositions temporaires à l'étranger relève de procédures administratives spécifiques, dans le but de répondre aux exigences liées à leur conservation et à leur sécurité. Le ministre de la Culture dispose en principe de larges prérogatives pour encadrer, autoriser ou refuser de tels déplacements d'oeuvres patrimoniales. En l'espèce, il a été totalement court-circuité.

    Supposons un instant, rien qu'un instant, que le ministre de la Culture ait pris la décision de prêter la tapisserie au British Museum comme ses compétences l'y autorisaient. Dans ce cas, cette décision était susceptible de recours, et le moyen fondé sur l'erreur manifeste d'une telle décision au regard de l'état de conservation d'une telle oeuvre aurait été examiné.

    En l'espèce, la décision est remontée jusqu'au Président de la République qui en a, évidemment, fait un élément de sa communication personnelle. Le résultat est que le ministre de la Culture n'était plus compétent que pour exécuter un acte du gouvernement qui échappait à son appréciation comme au contrôle du juge. Les prescriptions du code du patrimoine destinées à assurer la bonne conservation des oeuvres n'étaient plus pertinentes dans l'affaire.

    La décision du 5 juin 2026 conduit ainsi à considérer l'acte de gouvernement comme un instrument du pouvoir d'évocation du Président de la République. Comme Louis XIV avant lui, Emmanuel Macron fait remonter les affaires qui l'intéressent au niveau diplomatique. Une promesse faite au château de Windsor devient un acte de gouvernement qui précisément contourne la compétence gouvernementale et interdit toute contestation.

    On assiste ainsi au développement d'une diplomatie présidentielle dans laquelle le Président définit lui-même l'étendue de ses compétences. Il présidentialise les actes administratifs pour les soustraire au contrôle du juge et le Conseil d'État valide cette pratique sans se poser trop de questions. La compétence de l'auteur de l'acte, moyen d'ordre public par excellence, n'est pas évoquée, pas plus que l'absence de contreseing pourtant imposé par l'article 19 de la Constitution. Il valide ainsi un pouvoir présidentielle plus personnel qu'institutionnel. Quant à l'état de la tapisserie, il n'a pas besoin d'être examiné puisque le contrôle de fond n'a pas lieu. […]

    #LLC

    11/06/2026 08:07:49 - permalink -
    - https://libertescheries.blogspot.com/2026/06/la-tapisserie-de-bayeux-et-la.html
  • La CNIL se penche sur Voyageurs du Monde — Association P·U·R·R

    Le 04 juin 2026, la formation restreinte, l’organe de sanction de la CNIL, s’est penchée sur Voyageurs du Monde. PURR a assisté à la séance.

    La Rapporteur de la CNIL a soulevé les griefs suivants :

    • Présence d’un champ de texte libre non-adéquat et excessif. Malgré les recommandations 2019 de la CNIL, Voyageurs du Monde ne mettait en œuvre aucune procédure de modération ou de contrôle. […]

    • Absence d’information et de recueil du consentement à la collecte de données sensibles (maladies, convictions religieuses, orientation sexuelle, …) dans le formulaire voyageur. […]

    • Conservation insuffisamment sécurisée des mots de passe par chiffrement 3DES. Pas à l’état de l’art ANSSI et CNIL. […]

    • Prospection commerciale après une information discutable et sans possibilité d’opposition. […]

    • Pour les voyages individuels, la durée de conservation annoncée à l’époque était de 15 ans et il n’existait en réalité aucune procédure de suppression. Pour les voyages en groupe, l’entreprise conservait des documents d’identité plus d’un mois après le retour. Dans les deux cas, les durées choisies, 10 ans pour un prospect, 15 ans pour un client, sont excessives. […]

    […]

    En conséquence, la Rapporteure a proposé que les mesures correctrices soient une amende de 1,8 million d’euros (1,5 M€ pour les manquements au RGPD, 300 k€ pour la prospection) et une injonction à se mettre en conformité avec une durée de conservation de 5 ans en ce qui concerne les données clients. […]

    Toujours les mêmes manquements, encore et encore. -_-

    08/06/2026 21:10:59 - permalink -
    - https://asso-purr.eu.org/2026/06/08/formation-restreinte-voyageurs-monde.html
  • Apache httpd : servir un fichier différent en HTTP et HTTPS

    Une même URL excepté le protocole, deux fichiers au contenu différent.

    Deux fichiers, nommés fichier et fichier.https.

    Dans le VirtualHost https : Alias <URL> </chemin/vers/fichier.https>.

    La directive étant absente du virtualhost http, c'est bien fichier, et non fichier.https, qui sera servi en HTTP.

    08/06/2026 16:34:44 - permalink -
    - http://shaarli.guiguishow.info/?4bxUMw
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