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  • Mails à mes sénateurs/trices concernant le projet de loi République numérique

    Le projet de loi pour une République numérique (les miettes de la grande loi sur le numérique promise par Hollande) sera en examen en séance plénière du Sénat à partir du 26 avril. Oui, j'ai raté le passage en Commission des Lois du Sénat qui a eu lieu début avril. :(

    Changements (suite au passage de la ComLoi) que je retiens :
        * Ouverture des codes sources des logiciels de l’administration : une nouvelle exception est ajoutée, celle de risque pour le système d'information des administrations. Pourtant, la publication n'induit pas de risques supplémentaires* : les éventuels attaquants peuvent déjà parcourir automatiquement les sites web des administrations à la recherche de faille de sécurité. Le simple fait d'exister, d'être présent sur Internet expose l'administration. L'opacité du logiciel n'est pas une garantie d'absence d'attaques réussies ! En revanche, la publication du code source des logiciels donnera l'opportunité à plus d'informaticiens, et notamment à ceux spécialisés dans la sécurité, de relever des failles de sécurité et de les faire corriger par l'administration en conformité avec l'article 20 septies (lanceurs d'alerte de sécurité).
     
        * Les avis du Conseil d'État sur les projets de loi et les ordonnances ne seront pas des documents communicables, finalement. C'était une promesse du Président, une de plus. Pourtant ces avis, rendus avant le Conseil des ministres (et donc avant l'examen par le Parlement) éclaireraient les débats publics car ça indique les erreurs du gouvernement, les problèmes de droit qu'une disposition pourrait créer, les points de vigilance. Ces avis sont cités dans le-s rapport-s des commissions et dans les amendements...

        * La CNIL ne sera pas chargée de réfléchir aux problèmes éthiques futurs que rencontrera notre société (intelligence artificielle, implants NFC) : cela est envoyé au Conseil consultatif national d'éthique. Sisi, ça existait vraiment avant ce projet de loi ! Les pouvoirs de sanction de la CNIL passent de 150 000 € max à 1,5 M€ max. Moins qu'un pourcentage sur le chiffre d'affaires comme on est en droit de l'attendre et comme certain-e-s sénateurs-trices l'ont demandé.

        * La CADA ne peut plus publier, sur son site web, un hall of shame des administrations/collectivités/privé chargé d'une mission publique qui ne respecterait pas l'un de ses avis. Elle publiera les administrations exemplaires afin d'éviter la stigmatisation... Cela fait suite à un avis du Conseil d'État. Je me dis que c'pas une grande perte : la CADA est consultative, elle est saisie pour avis avant d'aller au contentieux, voilà le problème de fond.

        * Testament numérique : en l'absence d'indications laissées par le défunt, les héritiers feront ce qu'ils veulent des données personnelles hébergées un peu partout. Boarf, tout comme une succession normale (en dehors de la part réservataire, je peux filer des biens et de la thune à qui/quoi je veux mais si je ne le dis pas bah lala, ces biens/thune reviennent aux héritiers "par défaut", comme la part réservataire).

        * eSport : il faudra un agrément ministériel et une déclaration des associations qui proposeront les compétitions auprès des préfectures. Autorisation individuelle et consignation des gains pour les < 16 ans.

        * « D’ici cinq ans, les standards téléphoniques des personnes chargées d’une mission de service public (SNCF, Sécurité sociale, mairies...) devront être accessibles aux personnes déficientes auditives « par la mise à disposition d’un service de traduction écrite simultanée et visuelle » + même chose pour associations d'intérêt public dont les ressources annuelles dépassent un plafond + pareil pour les professionnels de la vente dans le cadre de leur SAV => changement : cela serait confié à un GIP "centre relai téléphonique" qui serait financé par les opérateurs télécoms. Cette disposition risque de sauter car contraire à la libre concurrence et au fait qu'on ne peut pas amputer toute une charge sur un seul acteur.

        * « Tous les équipements terminaux destinés « à la vente ou la location sur le territoire français » devront être compatibles avec la norme IPV6 à partir du 1er janvier 2018. » : supprimé. IPv4 pose de vrais problèmes de société mais les terminaux sont déjà compatible IPv6, que ça soit les ordiphones, les box. C'est du Linux derrière, hein. Le problème, c'est les FAI et les FSI.

        * Le gouvernement devait produire un rapport, sur la nécessité de créer une consultation publique en ligne pour tout projet de loi ou proposition de loi avant son inscription à l’ordre du jour du Parlement. Il n'en est désormais plus question.

        * L'article 23 imposer aux plateformes en ligne type Airbnb de vérifier que l'internaute qui propose une location a bien l'autorisation de son proprio. Cela disparaît. En revanche, l'article 23 quarter impose à ces plateformes de déclarer les revenus locatifs perçus par ses membres auprès du fisc. Cela provient de la loi Macron 2 désormais abandonnée.

        * Open Data :
            * On ne parle plus de fournir obligatoirement des documents dans un format ouvert et facilement réutilisable mais juste « si possible » ;

            * La publication est obligatoire seulement au-delà d'un nombre d'agents/salariés supérieur à celui fixé par un décret. => ça dégage ;

            * Un document libéré suite à un avis de la CADA sera désormais mis en ligne uniquement si ce texte fait l'objet d'un nombre significatif de demandes de la part de citoyens auprès de la CADA. Nombre non précisé. L'argument utilisé ? Ne pas noyer sous la quantité mais mettre à disposition ce qui a de l'intérêt. LOL. Osef de la quantité, on a des moteurs de recherche :- ;

            * Avant publication, une analyse préalable sera effectuée pour ne pas porter atteintes aux secrets protégés comme la vie privée mais aussi... le secret des affaires, défense, politique extérieure de la France, sûreté de l'état, poursuite des infractions,...

            * Les archives sont désormais exclues. Motif ? Trop de boulot -> coûteux. Alors que le pjl parle uniquement de libérer les documents déjà présents au format numérique. Ça ne coûte donc rien de libérer 1 ou 1000 documents ! ;

            * Les demandes de valeurs foncières (fisc) sont désormais accessibles au secteur privé de l'immobilier. Les réseaux de gaz et d'électricité publieront des données détaillées de la conso et de la production grâce à leur système de comptage. => Attention aux données des Linky, elles en font partie ;) Tout cela vient de la loi Macron 2 désormais abandonnée ;

        * On n'avait pas obtenu la priorisation des logiciels libres pour l'éducation et les administrations... Bah au Sénat, on a même perdu l'encouragement. Les logiciels libres doivent être impératifs à l'école et favorisés dans les administrations/entreprises publiques/collectivités. J'entends les oppositions relatives à l'ouverture et à la libre concurrence des marchés publics mais :
            * Dans le cas de l'école, il s'agit de bon sens : l'école est destinée à transmettre à la jeunesse les méthodes permettant à celle-ci d'acquérir l'ensemble des savoirs humains et à éduquer de futurs citoyens conscients d'une société libre. Or, le  logiciel privateur, de par sa nature opaque (seul son éditeur sait comment il fonctionne) va à l'encontre de ces missions de l'école puisque le professeur ne peut pas expliquer comment fonctionne l'ordinateur ou la tablette qui seront manipulés pendant les cours ! Dans une société numérique, la personne qui a le pouvoir, c'est celle qui sait comment la technologie fonctionne. Si les seules personnes sont les éditeurs de  logiciels, alors celles-ci auront un ascendant sur tous les citoyens de demain !

            * Dans cas des administrations/entreprises publiques/collectivités, il s'agit de souveraineté : notre armée ne peut être souveraine quand elle dépend du géant américain Microsoft alors qu'un système d'exploitation français sécurisé, nommé CLIP, est développé par l'ANSSI ! Il en va de même pour toute administration/entreprises publiques/collectivités : le logiciel privateur n'offre aucune garantie de sécurité (contre l'espionnage) vis-à-vis des puissances étrangères.

        * Le commissariat au numérique reste mais ses missions (création d'un système d'exploitation souverain et chiffrement) dégagent... On obtiendra donc, à l'issu du rapport que le gouvernement doit produire, un joli comité Théodule pompe à fric de plus !

        * Le mécanisme d'action collective en matière de données personnelles au profit de certaines assos disparaît. Boarf, il n'était pas prévu que ce mécanisme permette l'indemnisation des victimes donc c'était inutile de base.

        * Protection des lanceurs d'alertes de sécurité : on parlait d'une exemption de peine (pas de poursuites, reconnaissance de culpabilité,...) pour un hacker qui fait du responsible disclosure. Désormais, on parle uniquement des administrations qui ne seraient plus forcées de balancer le mécréant à la justice s'il a révélé, de bonne foi, une faille. L'exception est donc restreinte au seul secteur public et devient inutile. Il faudra attendre la loi Sapin 2 ou plus tard pour voir ce qu'il adviendra de la protection des lanceurs d'alertes (de sécurité ou non).

        * Liberté de panorama (autoriser, comme exception au droit des auteurs, les reproductions et les représentations d’œuvres architecturales et de sculptures placées en permanence dans l'espace public) : les associations (comme Wikimedia) sont désormais autorisées à effectuer cette distribution mais il faut toujours que ça soit à but non commercial... ce qui est toujours contraire à la licence CC BY SA de Wikimedia...

        * Les plateformes ne sont plus tenues d'avoir un représentant légal en France, d'élaborer des bonnes pratiques pour éviter la diffusion de contenus illicites via leur système. Le pjl suggérait même le filtrage automatique des contenus. Tout cela a dégagé en ComLoi du Sénat. \o/

        * L'article 17 sur la prévention, faite à l'école, contre les violences commises par le biais du numérique et la sensibilisation au respect de l'égalité hommes/femmes sur les moyens de communication électroniques disparaît. \o/

        * Ajout d'un article, transfuge de la loi Macron 2 désormais abandonnée, rendant les services de coffres-forts numériques réellement inviolables, comme ceux, physiques, fournis par les banques. Mais bien sûr... Comment les prestataires agréés par la CNIL vont-ils réussir à répondre à ça ?!

        * L'article 19 visant à autoriser les associations à ester en justice pour une réappropriation abusive du domaine public (copyfraud) est supprimé au motif que la jurisprudence reconnaît déjà ce droit !

        * Plus de rapport du gouvernement pour étudier la question de l'accès Internet pour les détenus (prisons).

        * Des broutilles sur le recommande électronique comme la possibilité de l'envoyer en version électronique ET en normal.

        * Je note l'apparition de l'article 37 FC qui, en matière de déploiement de la fibre optique dans le cadre du plan THD 2012-2022 dit : « L'absence de convention signée, et le cas échéant actualisée, au 1er janvier 2017 permet de constater l'insuffisance de l'initiative privée pour déployer un réseau à très haut débit en fibre optique permettant de desservir les utilisateurs finals dans les territoires concernés. ». Ça me semble un bon début puisque, si le privé est absent, alors les règles de l'UE autorisent la puissance publique à investir. Donc soit le privé va contracter absolument partout pour verrouiller le déploiement, soit la puissance publique pourra constater les carences dès 2017 ! Dans les deux cas, on avance...

        * Dans la même veine, je note l'article 37 FA sur l'accès aux infrastructures d'accueil, octroyé par les réseaux électriques, aux fibreurs. Le refus doit être une décision motivée. Les conditions de l'accès doivent être transparentes et non discriminatoires. Bon, bien sûr, y'a le piège classique de "suffit de faire un tarif super élevé pour virer les petits du réseau, c'pas discriminant, c'est le même prix pour tout le monde, juste les petits ne peuvent pas payer leur ticket d'entrée, ces salauds de pauvres"


    Sources pour établir cette liste :
        * http://www.nextinpact.com/news/99323-la-loi-numerique-arrive-au-senat-amendements-a-suivre.htm
        * http://www.nextinpact.com/news/99369-au-senat-l-impressionnant-detricotage-loi-numerique.htm
        * http://www.nextinpact.com/news/99391-loi-numerique-coups-freins-sur-open-data.htm
        * http://www.lagazettedescommunes.com/436579/projet-de-loi-numerique-open-data-qui-pleure-thd-qui-rit/
        * Ma propre lecture du texte

    Évidement, en plus de ça, il y a les bonnes idées qui ne percent toujours pas comme l'interdiction de l'IP tracking c'est-à-dire le suivi des internautes afin de pratiquer changement artificiel des prix entre deux consultations du prix d'une prestation pour forcer l'acte d'achat en simulant la rareté. Exemple concret : l'agence de voyages de la SNCF, voyages-sncf.com dont les prix des voyages en train fluctuent sans raison.

        Parallèlement, on remarque que des mauvaises idées ne percent pas elles non plus comme l'augmentation du délai de prescription de l'action publique des délits de presse de 3 mois à 1 an.


    Évidemment, beaucoup de points n'ont pas été corrigés comme la transparence des subventions, le fait que l'INSEE puisse collecter des données dans des personnes morales privées, les nombreu freins à la liberté des auteurs de publications scientifiques financées en majorité par de la thune publique de faire ce qu'ils veulent, l'absence de définition du domaine commun informationnel et de la neutralité des réseaux, un droit à l'autohébergement totalement inapplicable,... J'ai déjà tout consigné dans un autre shaarli : http://shaarli.guiguishow.info/?AN1cDQ




    Voici le mail que j'ai envoyé à mes sénateurs-trices :
    « L'examen du *projet de loi pour une République numérique* *commencera à compter du 26 avril* en plénière. C'est un projet de loi que j'ai suivi depuis le début, y compris lors de la consultation sur l'avant-projet de loi. *Je déplore les détricotages réalisés par le Parlement*, notamment par la ComLoi du Sénat.

    Voici, selon moi, *les points sur lesquels il faut impérativement être vigilant et sur lesquels il faut encore revenir, discuter et agir* :

        * Il convient *d'interdire les pratiques déloyales de gonflement des prix* (d'un bien ou d'un service) *entre deux consultations successives de ces prix par une personne dans l'optique de forcer l'acte d'achat en faisant croire à la rareté*. L'agence de voyages de la SNCF (voyages-sncf.com) est un cas d'école : un voyage en train est affiché à 50 €, par exemple. Revenez 15 minutes plus tard : 65 €. Demandez à un ami de faire la même recherche de tarif : 50 € ! Refaites la même recherche : 75 €. *L'amendement 19 va dans ce sens, il faut le soutenir*.

        * *Suppression du 1 du II de l'article 1 bis : une exception portant sur la sécurité des systèmes d'information des administrations ne doit pas être opposable à l'ouverture du code source* des logiciels utilisés par le secteur public (et le privé chargé d'une mission publique). À l'heure de la société numérique, dans laquelle de plus en plus *de décisions sont prises par des logiciels, le citoyen doit*, plus que jamais, *avoir un droit de regard* (lecture, étude, constatation d'erreurs de programmation,...) *sur la recette de création des logiciels publics*.

        * *Ré-intégration de l'article l'article 1er bis A* tel qu'adopté par l'Assemblée : *les consultations publiques en ligne pour tout projet de loi ou proposition de loi* avant son inscription à l’ordre du jour du Parlement *sont une chose positive* à envisager. La remise d'un rapport par le gouvernement est donc souhaitable.

        * *Ré-intégration de l'article 2 bis* tel qu'adopté par l'Assemblée : *les avis du Conseil d'État sur les projets de loi et les ordonnances doivent être des documents communicables aux citoyens*. *Ils sont de nature à éclairer les débats publics* et leur communication à tout citoyen est *une promesse (fumeuse ?) du Président*. *Il devrait en être de même pour les documents parlementaires* mais aucun amendement n'a percé, que ça soit au Sénat ou à l'Assemblée.

        * *Ex-article 9 ter* : *les logiciels libres doivent être impératifs à l'école et favorisés dans les administrations/entreprises publiques/collectivités*. J'entends les oppositions relatives à l'ouverture et à la libre concurrence des marchés publics mais :
            * *Dans le cas de l'école, il s'agit de bon sens* : l'école est destinée à transmettre à la jeunesse les méthodes permettant à celle-ci d'acquérir l'ensemble des savoirs humains et à éduquer de futurs citoyens conscients d'une société libre. *Or, le logiciel privateur, de par sa nature opaque (seul son éditeur sait comment il fonctionne) va à l'encontre de ces missions de l'école puisque le professeur ne peut pas expliquer comment fonctionne l'ordinateur ou la tablette* qui seront manipulés pendant les cours ! *Dans une société numérique, la personne qui a le pouvoir, c'est celle qui sait comment la technologie fonctionne*. Si les seules personnes sont les éditeurs de logiciels, alors celles-ci auront un ascendant sur tous les citoyens de demain !

            * *Dans cas des administrations/entreprises publiques/collectivités, il s'agit de souveraineté* : *notre armée ne peut être souveraine quand elle dépend du géant américain Microsoft* alors qu'un système d'exploitation français sécurisé, nommé CLIP, est développé par l'ANSSI ! Il en va de même pour toute administration/entreprises publiques/collectivités : *le logiciel privateur n'offre aucune garantie de sécurité (contre l'espionnage)* vis-à-vis des puissances étrangères.

        * *Suppression de l'article 12**: **il ne me paraît pas de bon ton que l'INSEE collecte des données auprès de personnes morales privées* pour établir des statistiques, quand bien même seul le résultat final serait communiqué dans les comptes-rendus des enquêtes de l'institution.

        * *Sur le volet Open Data (ouvertures des données publiques)*, il faut revenir au texte adopté par l'Assemblée sur plusieurs points :
            * Article 1 ter et article 11 : *la publication doit forcément se faire dans un « format ouvert et facilement réutilisable »*, pas uniquement « si possible » ;

            * 1) de l'article 4 : *tout document rendu public par un avis de la CADA doit systématiquement et automatiquement être mis en ligne dans un format ouvert et facilement réutilisable*. Cette publication ne peut pas être limitée à un seuil de demandes de la part de citoyens en dessous duquel le document n'est pas publié. Tout document public doit être public ;

            * Deuxième alinéa du 2) de l'article 4 :*la publication d'un document administratif ne peut être empêchée par le secret des affaires ou bien celui de la politique extérieure de la France* (ce dont dispose l'article L. 311-5 cité) ;

            * Dernier alinéa du 4) de l'article 4 : puisque la publication est limitée aux seuls documents numériques possédés par une administration, *il n'y a pas de surcoût à la publication des archives *(puisqu'uniquement les documents déjà disponibles au format numérique devront être publiés) *donc celles-ci doivent être impérativement publiées*.

        * *Article 11 : transparence des subventions* *: l'intégralité de la convention doit être rendue publique*, dans un format électronique ouvert et facilement réutilisable, *pas juste les « données essentielles » !* Tout citoyen doit avoir un droit de regard exhaustif sur l'usage des fonds publics !

        * *Suppression de l'article 16 ter : nous n'avons pas besoin d'un commissariat à la souveraineté numérique qui sera forcément un comité Théodule gouffre à fric !*

        * *Article 17, concernant les publications scientifiques* :
            * Il faut supprimer les mots « dès lors que l'éditeur met lui-même celle-ci gratuitement à disposition par voie numérique » : *le chercheur doit être totalement libre de publier une version gratuite de son travail réalisé majoritairement sur fonds publics, quel que soit le choix de l'éditeur auquel il a accordé des droits* !

            * De manière plus générale : *cet article masque l'absence d'un dépôt obligatoire en archive publique de tous les travaux scientifiques financés majoritairement par la puissance publique. Les éditeurs de revues scientifiques ont gagné et peuvent continuer à escroquer le citoyen.*

            * « La version mise à disposition en application du premier alinéa *ne peut faire l'objet d'une exploitation dans le cadre d'une activité d'édition à caractère commercia**l*. » : *cette clause empêche le chercheur de distribuer son travail sur un site web financé par la pub (sans qu'un pourcentage soit reversé au-dit chercheur)* comme le modeste site web personnel de ce chercheur. *Il faudrait privilégier une tournure « sans faire l'objet d'une exploitation intéressée »*.

        * *Article 18 ter : pour que la liberté de panorama soit effective*, il faut :
            * *Supprimer « à l'exclusion de tout usage à caractère directement ou indirectement commercial »*. *L'amendement 41 va dans ce sens*. *Cette clause interdit l'usage de photographies et autres par les encyclopédies qui autorisent leur propre reproduction même à des fins commerciales. C'est le cas de l'encyclopédie Wikipedia. Cette encyclopédie fait partie des 10 sites internet les plus consultés dans le monde !* Les citoyens français découvrent le patrimoine de la France sur Wikipedia ! *Cette clause exclut aussi les sites web vivant de la publicité comme les réseaux sociaux* ou comme les sites web personnels de personnes passionnées d'art et d'architectures sur lesquels ces personnes exposent leur savoir. Notons que, dans le deuxième cas, le revenu publicitaire n'est pas le revenu principal de ces personnes et qu'il sert juste à payer l'hébergement du site web !

            * *Remplacer « voie publique » par « espace public »* afin d'autoriser la reproduction d'oeuvres situées dans des lieux publics tels que les musées ou les églises, par exemple.

        * De manière plus large, *il faut ré-introduire la définition du domaine commun informationnel et des biens communs ainsi que la libre circulation des œuvres du domaine public* telles que ces notions étaient définies lors de la consultation publique. *Cela éviterait les réappropriations abusives du domaine public comme ce que nous constatons aujourd'hui avec le « Journal d'Anne Frank » ou avec les Éditions Moulinsart, entre autres abus*. *Ces définitions ont été sabrées à la demande du Conseil supérieur de la propriété littéraire et artistique et du Syndicat national de l'édition. Ce n'est pas normal !*

        * *Article 19 : il faut revenir à une définition forte de la neutralité des réseaux (du net) telle que celle largement plébiscitée lors de la consultation publique* sur l'avant-projet de loi :
        <https://www.republique-numerique.fr/projects/projet-de-loi-numerique/consultation/consultation/opinions/section-1-neutralite-de-l-internet/article-11-neutralite-de-l-internet>;.

            * *La définition européenne (qui sert de base à l'article actuel) est quasiment inexistante et laisse les régulateurs nationaux définir, à tâtons*, les contours du concept, les pratiques tolérables et celles qui ne le sont pas. *Cela prendra des années et de coûteuses études, négociations et procès*. *De plus, le BEREC* (qui regroupe l'ensemble des régulateurs nationaux au niveau européen)*se dirige vers une définition qui n'accordera que très peu de libertés aux citoyens* en faveur des opérateurs télécoms. *Il est du devoir des parlementaires français de se saisir de cette question !*

        * *Article 20 : pour que le droit à l'auto-hébergement* (héberger chez soi son service de messagerie, son site web personnel (ou d'autoentreprise),...) devienne effectif, il faut :
          * *Modifier le 1) : « à des données enregistrées » doit devenir « à tous les services, à toutes les applications et à toutes les données »*. Les données peuvent transiter via un seul service, le web alors que s'auto-héberger est bien plus vaste puisqu'il peut également englober le mail, la messagerie instantanée,... ;

            * *Modifer le VI : « Aucune limitation technique ou contractuelle » doit devenir « Aucune limitation technique ou contractuelle ni aucun surcoût »*. Cela à pour objectif d'éviter des pratiques détestables comme la fourniture d'une adresse IP fixe (nécessaire pour s'auto-héberger convenablement) conditionnée au paiement d'une option ou d'un changement de forfait comme c'est le cas chez Orange. *Ce paiement ne se justifie pas puisqu'il ne résulte d'aucun coût supplémentaire pour l'opérateur.*

            * *Au même VI, il faut supprimer « d'interdire à un utilisateur de ce service qui en fait la demande » : un accès Internet suppose, par définition même, que je puisse auto-héberger mes données et mes services !* *Cette fonctionnalité naturelle ne doit pas être conditionnée à l'activation d'une option au nom flou dissimulée dans au fin fond de l'interface de la box *comme c'est le cas actuellement chez l'ensemble des fournisseurs d'accès à Internet français d'envergure nationale.

        * *Article 21 : dans le cadre d'une portabilité des données, le prestataire de service actuel doit détruire l'intégralité des données* du client après leur récupération par celui-ci ! Seules les données de connexion doivent être conservées selon les dispositions légales prévues par la loi 2004-575. *L'article 26 ne suffit pas puisque le client doit explicitement demander la suppression des données le concernant.*


    Cordialement. »
    Mon Apr 18 01:55:38 2016 - permalink -
    - http://shaarli.guiguishow.info/?b6em2g
    nomarkdown
  • Le Sénat débattra de la régulation des Bitcoins - Politique - Numerama

    « Dans son exposé des motifs, le sénateur explique qu’il s’agit de renforcer la régulation des monnaies électroniques en exigeant des plateformes dédiées à la conversion de devises l’agrément de l’autorité de contrôle prudentiel et de résolution (ACPR) exigé de tout prestataire de paiement électronique, de sorte que de nouveaux devoirs s’imposent à elles.En étant agréée, une plateforme devra en effet signaler à Tracfin (qu recommandait déjà la régulation du Bitcoin dans un rapport remis en juillet 2014 à Michel Sapin), la cellule du ministère de l’économie et des finances chargée de traquer la fraude financière, tout mouvement suspect pouvant laisser croire à une tentative de blanchiment d’argent. Il s’agit de la déclaration de soupçon.

    [...]

    D’abord, selon Bercy les plateformes «  sont d’ores et déjà soumises à l’ensemble des obligations relatives à la lutte contre le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme et notamment assujetties à l’obligation de déclaration de soupçon à Tracfin », à travers l’agrément qu’elles obtiennent auprès de l’ACPR. Le gouvernement estime ainsi que l’agrément est déjà nécessaire avec l’état actuel de la législation, et qu’il n’y a donc pas besoin de la renforcer. »

    Amendement au pjl réforme pénale adopté.

    ÉDIT DU 05/06/2016 À 19H : ça n'apparaît plus dans la version adoptée de la loi réforme pénale. FIN DE L'ÉDIT.
    Sat Apr 16 22:30:56 2016 - permalink -
    - http://www.numerama.com/politique/155922-le-senat-debattra-de-la-regulation-des-bitcoins.html
    nomarkdown
  • Wikipédia condamné en Suède pour des photos d'œuvres d'art - Politique - Numerama

    « C’est une affaire qui relance avec force le débat sur la liberté de panorama, qui n’est pas imposée par le droit européen. En Suède, la cour suprême vient de trancher en début de semaine en faveur d’une association chargée de défendre le droit d’auteur des artistes graphiques et plastiques, BUS, dans le cadre d’un procès contre la fondation Wikimédia, qui s’occupe principalement de la célèbre encyclopédie en ligne Wikipédia.

    En la matière, l’association BUS poursuivait la branche suédoise de Wikimédia pour avoir reproduit et diffusé gratuitement sur Wikipédia — et les autres projets de la fondation, à l’image de la médiathèque libre Wikimedia Commons — des photographies montrant des œuvres d’art de ses membres, sans leur consentement. Et cela, même si ces clichés ont été réalisés au sein de l’espace public. »

    La nécessité de définir précisément la liberté de panorama en France (ou en UE) n'est pas un fake.
    Sat Apr 16 22:23:58 2016 - permalink -
    - http://www.numerama.com/politique/160969-wikipedia-condamne-en-suede-pour-des-photos-doeuvres-dart.html
    nomarkdown
  • Pétition · Sénat: Pour une Liberté de Panorama, claire et sans restriction ! · Change.org

    « Bien que ces ouvrages se trouvent dans l'espace public, bien souvent financés par des fonds publics, il est nécessaire de payer une seconde fois pour publier une image de ces monuments sur Internet.

    En effet, jusqu'à 70 ans après la mort de l'auteur (architecte ou plasticien) vous devrez faire une demande d'autorisation de reproduction à l'ayant droit, et vous acquitter des droits d'auteurs.

    Cette double taxation interdit, entre autres, l'utilisation de telles images dans des espaces comme l'encyclopédie Wikipédia et freine ainsi la libre diffusion de la connaissance.

    Cette situation existe faute d'une liberté de panorama dans le droit français (alors qu'elle existe dans 82 % des États de l'Union européenne).

    La liberté de panorama est une exception au droit d'auteur qui permettrait de reproduire une œuvre, conçue pour se trouver dans l'espace public.

    [...]

    Les Sénateurs sont actuellement en train de discuter la loi.

    En signant la pétition, vous nous permettrez de faire avancer le dialogue et de faire passer nos demandes :

      * Maintien de la notion de liberté de panorama ;
      * Retrait de la mention "à des fins non lucratives" (inapplicable sur Internet) ; »
    Sat Apr 16 18:30:16 2016 - permalink -
    - https://www.change.org/p/s%C3%A9nat-pour-une-libert%C3%A9-de-panorama-claire-et-sans-restriction
    nomarkdown
  • Réponse à un sénateur concernant le projet de loi de protection de la nation et celui de réforme pénale

    J'ai reçu un mail générique (pas ciblé, probablement envoyé à d'autres personnes) de la part d'un sénateur, en réponse à mes mails sur le projet de loi de protection de la Nation (constitutionnalisation de l'état d'urgence et de la déchéance de nationalité), désormais abandonné et sur le projet de loi de réforme pénale ( voir http://shaarli.guiguishow.info/?_W8BUw ).

    Voici le contenu de ce mail (j'ai reproduis la mise en gras, elle n'est pas de mon fait) :
    « Monsieur,

    Par plusieurs courriels reçus au cours du mois de mars, vous m’avez interpellé sur la réforme constitutionnelle intitulée projet de loi constitutionnelle de protection de la Nation, plus particulièrement vous m’avez fait part de votre opposition. Je vous en remercie.

    J’ai pris bonne note de vos préoccupations et de vos arguments. Comme vous le savez, ce texte a été abandonné le 30 mars dernier face à l’impossibilité de trouver un accord entre les deux chambres qui composent notre Parlement.

    Face au terrorisme qui menace la France et toute l’Europe, nous devons, d’une part, nous montrer *déterminés et pragmatiques afin de renforcer notre protection*, et, d’autre part, ne jamais renier les valeurs de la démocratie. Il nous appartient de trouver des mesures équilibrées répondant aux nouveaux enjeux de notre temps sans méconnaître nos lois fondamentales que sont la Déclaration des droits de l’Homme et du citoyen et la Convention européenne des droits de l’Homme.

    Bien évidemment, la France ne peut rester dans un état d’urgence permanent. Aussi, nous venons d’examiner au Sénat le projet de loi renforçant la lutte contre le crime organisé, le terrorisme et leur financement, et améliorant l'efficacité et les garanties de la procédure pénale. Ce texte important permet de tenir compte des *évolutions liées au développement du numérique* (lutte contre la cybercriminalité) mais aussi de *l’internationalisation du crime organisé* et de ses liens avec le terrorisme (renforcement de la législation sur les armes, de Tracfin, dispositions plus sévères sur le blanchiment) tout en *renforçant les garanties apportées au justiciable* (encadrement des IMSI catchers, des écoutes téléphoniques, mise en place du contradictoire, protection des témoins).

    Ce projet de loi, qui améliore donc les *moyens des forces de l’ordre et de la justice*, a été discuté lors d’échanges constructifs au Sénat. Certaines mesures ont été renforcées dans le bon sens, rééquilibrées, répondant ainsi au mieux aux articles de la Convention européenne des droits de l’homme, que sont l’article 3 qui exclut les « peines ou traitements inhumains », l’article 5 qui vise le « droit à la liberté et à la sûreté », l’article 8 qui garantit le « droit au respect de la vie privée » et enfin l’article 6 qui assure le « droit à un procès équitable ».

    Nous déplorons toutefois que la droite sénatoriale ait ajouté des infractions nouvelles inutiles et inapplicables par pur souci d’affichage, telles que la consultation de sites Internet terroristes.

    Comme je l’ai indiqué en séance publique le 5 avril dernier, « *il faut donner à nos forces de l’ordre et à la justice les moyens de lutter contre le terrorisme. Ces moyens doivent l’être dans le respect de notre état de droit* ».

    Je vous prie de croire, Monsieur, en l’expression de mes sentiments les meilleurs. »


    Et voici ma réponse :
    « Monsieur le sénateur,

    Je vous remercie de votre réponse. Je souhaite prolonger notre échange sur ces thématiques.


    *Sur le projet de réforme constitutionnelle, je déplore vos votes* : vous avez voté contre les amendements de suppression de l'article 1, vous avez voté pour les précisions de l'article 2 et vous avez voté pour l'ensemble du texte. Heureusement que ce texte a été abandonné ! *Constitutionnaliser l'état d'urgence c'est-à-dire une exception à l'état de droit durant laquelle de nombreuses dérives ont été enregistrées et de nombreuses actions disproportionnées ont été conduites*... *Constitutionnaliser la déchéance de nationalité, mesure médiatique discriminante*... Les bras m'en tombent.

    Jeudi 14 avril, lors de son intervention télévisée, le Président a confirmé ce qui était une évidence depuis l'annonce de cette réforme : *l'émotion a gagné la classe politique suite aux attentats de novembre*, il n'y avait pas d'opposition visible au Congrès, si le texte avait été soumis au Parlement à ce moment-là, il aurait été voté. Le Président voulait des mesures fortes et symboliques. Les mesures fortes, ça a été l'état d'urgence, *la mesure symbolique, ça a été la déchéance* pour favoriser l'unité nationale et éviter une guerre civile.

    *Je retiens deux choses de cet épisode : la certitude qu'il ne faut jamais légiférer dans l'urgence et l'inconscience de la classe politique dans son ensemble.*


    Quand vous m'écrivez « Bien évidemment, la France ne peut rester dans un état d’urgence permanent. Aussi, nous venons d’examiner au Sénat le projet de loi renforçant la lutte contre le crime organisé [...] », d'une part, *je constate l'écart entre vos propos et vos actes* puisque vous avez voté la prolongation de l'état d'urgence de février dernier alors que, *d'après le pré-rapport de la Commission de suivi de l’état d’urgence*, cette prolongation a permis *la découverte de seulement 2 infractions* ! *D'autre part, si vous participez à faire entrer des mesures-chocs dignes de l'état d'urgence dans la loi ordinaire*, alors oui, l'état d'urgence est inutile et pourra être levé afin de constituer un symbole médiatique mais le mal engendré sera terrible et durable. Et c'est précisément ce qui se passe avec le *projet de loi de lutte contre la criminalité qui inscrit des mesures-chocs dignes de l'état d'urgence dans la loi* !


    Je souhaite *revenir sur plusieurs des points du projet de loi de lutte contre la criminalité que vous évoquez* :

        * *Lutte contre le blanchiment* : on va lutter contre le blanchiment en posant des montants maximums et autre sur les cartes prépayées (article 13) ? Ce n'est pas sérieux. Je caricature mais *l'impuissance de l'État et des parlementaires* (cas Société Générale) *en matière de finance est bien démontrée dans les Panama Papers* (cas du blanchiment présumé de l'argent de Khadem al-Qubaisi qui viendrait d'une affaire de corruption par la banque Edmond de Rothschild). Ce texte de loi ne propose aucune nouvelle mesure forte.

        * Protection des témoins : quid de l'affaiblissement du contrôle que la défense doit pouvoir opérer sur les témoignages de l'accusation induit par ces dispositions ? Aucune discution à ce sujet.

        * *Les IMSI catchers ne sont pas encadrés, c'est au contraire un élargissement* de leur usage : 1) ils *deviennent utilisables par les magistrats du Parquet* (qui n'ont pas le statut d'indépendance vis-à-vis de l'exécutif) *en plus des services de renseignement*. C'est un élargissement de la loi Renseigment de mi-2015 ; 2) *Le contenu des correspondances pourra être capturé, ce que ne permet pas la loi sur le Renseignement* de mi-2015 ; On est toujours dans la *capture massive des communications d'une zone géographique donnée*.


    Enfin, *au-delà des aspects plutôt vertueux que vous évoquez, ce projet de loi comporte de nombreuses dispositions qui portent attentes à nos libertés* :

        * *Retenue administrative préventive pour un contrôle d'identité* en dehors du cadre plus contraignant de la garde à vue *fondée sur des soupçons d'activités terroristes* ;

        * *Fouille administrative préventive des véhicules et des sacs/bagages pour des soupçons* d'activités terroristes. *On est suspect dès lors que l'on circule dans une zone géographique préalablement délimitée* par un Magistrat. C'est disproportionné ;

        * *Caméras mobiles individuelles pour les forces de police et de gendarmerie : le citoyen ne peut pas demander leur activation* et il n'est pas dit dans le texte que la CNIL pourra exercer un contrôle a posteriori comme elle peut le faire avec les fichiers policiers ;

        * *Perquisitions administratives de nuit des habitations*. Les critères qui fondent le motif "en cas d'impossibilité de procéder à ces perquisitions de jour" ne sont pas précisés ce qui annule cette garantie de sûreté (au sens de protection du citoyen contre l'État voulut par la Déclaration des Droits de l'Homme) ;

        * *Des techniques de renseignement* (sonorisation de véhicules/habitations, captations de données informations) *deviendront utilisables par les Magistrats du Parquet qui ne bénéficient pas d'un statut d'indépendance vis-à-vis de l'exécutif. La condamnation de Bernard Squarcini dans l'affaire des fadettes du Monde, les écoutes clandestines présumées* de Thierry Solère et celles des policiers chargés de l'enquête sur le cercle de jeux Wagram *devraient nous faire réfléchir sur les dégâts que cette nouvelle disposition pourrait entraîner par collusion entre exécutif et judiciaire*...

        * *Captation des mails archivés* (article 1 bis) : *régime de saisie administrative qui ne dit pas son nom* destiné à pallier la décision négative rendue par le Conseil constitutionnel sur des copies de mails effectuées illégalement durant l'état d'urgence. *Le texte ne précise ni la durée de conservation des mails collectés, ni la destruction de ce qui ne concerne pas l'enquête, ni l'usage (la finalité) qui sera fait des données collectées*. On est bien loin de l'esprit de la loi 78-17 du 6 janvier 1978...

        * *Alourdissement des peines pour les fournisseurs de moyens de cryptologie* qui refuseraient de communiquer les données chiffrées et les clés de chiffrement. Le chiffrement n'a pas été utilisé dans les attentats de novembre* ! On *impacte ici la vie privée de tous les citoyen-ne-s, on porte atteinte à la garantie de sûreté* prévue par la Déclaration des Droits de l'Homme et *on expose la vie privée des citoyen-ne-s français-e-s aux mafias qui pourront utiliser, à leur seul profit, les mesures de contournement du chiffrement demandées par l'État aux fournisseurs de moyens de cryptologie* ! *Avec cette disposition, le gouvernement et les parlementaires se positionnent contre les citoyen-ne-s français-e-s* !

        * Au-delà de l'apparition d'une sanction pour la consultation habituelle de sites internet faisant l'apologie du terrorisme que vous évoquez, *le même article 4 sexies prévoit de punir l'entrave au blocage administratif* de ces mêmes sites. *Le blocage administratif, c'est de la censure par la Police, c'est fermer les yeux sur des problèmes réels sans aider les victimes* ! Cette disposition fait courir un *risque juridique sur des fournisseurs de services (personnes morales ou physiques) parfaitement légitimes qui proposent du contournement de la censure des pays autoritaires/dictatoriaux ou des services de communication, par exemple, et qui pourraient voir leur service détourné*. C'est une atteinte à la liberté d'entreprendre.

        * Article 4 septies A : interdiction du territoire à une personne étrangère pour des activités terroristes... dont l'apologie...


    *Malheureusement, le Parlement ne s'est pas saisi de ce projet de loi* et nous sommes à l'étape de la CMP. *Ces dispositions attentatoires aux libertés vont entrer dans notre corpus législatif... Et je retiendrai que, là encore, vous avez voté en faveur de ces dispositions.*


    *Vous évoquez le clivage droite/gauche. Sachez que je m'en moque éperdument ! Ce qui compte pour moi, c'est le résultat* : quelles dispositions vont entrer dans notre corpus législatif ? Quels dégâts pourraient-elles engendrer ? Quels bienfaits apportent-elles ? Peu importe que ce soit la droite, la gauche, le centre, un non-inscrit qui propose cela !

    *Par ailleurs, en terme de textes liberticides/sécuritaires soumis au Parlement, la gauche est bien placée* : loi de programmation militaire de 2013, loi Cazeneuve de lutte contre le terrorisme de 2014, lois sur le Renseignement et sur la Surveillance Internationale de 2015, état d'urgence et prolongations en 2015/2016, protection de la Nation en 2015/2016.


    Pour conclure, sachez que je vous contacterai à nouveau très prochainement pour évoquer avec vous le projet de loi pour une République numérique qui sera examiné en séance plénière à la fin de ce mois.

    Cordialement. »


    J'ai bien conscience que ça ne sera pas lu et concernant la liste quasi-complète de mes griefs contre le projet de loi de réforme pénale, c'est pour illustrer que le nombre de dispositions plutôt négatives voire très négatives dépassent le nombre de mesures plutôt positives.
    Sat Apr 16 00:05:05 2016 - permalink -
    - http://shaarli.guiguishow.info/?ZcWceQ
    nomarkdown
  • François Fillon « choqué » par le mouvement Nuit debout, « toléré » en plein état d’urgence

    « « Je comprends la colère des gens de gauche par rapport à la politique conduite par François Hollande, mais je suis profondément choqué qu’on ait d’un côté l’état d’urgence, et que de l’autre on tolère ce type de rassemblement. »

    [...]

    Il a fustigé « le spectacle des policiers insultés par les manifestants alors qu’il y a deux mois la France communiait avec sa police ». Selon lui, les participants à ce mouvement « expriment des convictions », mais « ces Français sont extrêmement minoritaires ; l’immense majorité des Français veut qu’on libère le pays ».

    « Les Français sont bloqués dans leur vie et ont besoin qu’on soulève un peu le couvercle [notamment administratif]. Il y a une incohérence totale à maintenir l’état d’urgence et à laisser Notre-Dame-des-Landes occupée par des “zadistes” et la place de la République par Nuit debout. » »

    C'est mignon tout plein. :))))
    Fri Apr 15 03:40:18 2016 - permalink -
    - http://abonnes.lemonde.fr/politique/article/2016/04/10/francois-fillon-critique-le-mouvement-nuit-debout-tolere-en-plein-etat-d-urgence_4899572_823448.html
    nomarkdown
  • Panama Papers : François Fillon s'attaque aux "lanceurs d'alerte"

    « "En l'occurrence, il s'agit de personnes qui volent le fisc. Il y a un aspect moral à cette dénonciation. Demain, ce sera quoi ?", s'est-il interrogé. "Des données personnelles sur la vie privée, sur la santé ? Il y a une réflexion collective à avoir sur ce qu'on appelle les lanceurs d'alerte. Ça n'est pas un sujet aussi facile et aussi simple qu'on voudrait bien le dire."

    [...]

    Faisant remarquer qu'il n'y avait "pas beaucoup d'Américains" dans les listes dévoilées par le scandale des "Panama Papers", François Fillon a jugé qu'"il serait utile de savoir quelle est l'origine de ces informations. Est-ce qu'il y a derrière ces informations d'autres Etats ? Est-ce qu'il y a une volonté de montrer la fraude fiscale dans certaines parties du monde et pas dans d'autres?" Sous-entendu, les Américains seraient-ils derrière tout ça ? Une réflexion qui ressemble à celle brandie par le clan Poutine, en Russie, qui accuse directement la CIA d'être derrière les Panama Papers.

    [ NDLR : c'est ce qu'on nomme le travail journalistique, François... ]


    [...]

    "Il faut réglementer tout ça", juge néanmoins François Fillon. "On ne peut pas accepter que, quel que soit l'objectif, le vol d'informations devienne un acte de bravoure et de courage. C'est la vie de privée de chacun qui, à terme, est mis en cause." »
    Fri Apr 15 03:34:12 2016 - permalink -
    - http://www.marianne.net/panama-papers-francois-fillon-s-attaque-aux-lanceurs-alerte-100241994.html
    nomarkdown
  • "Dialogues citoyens" : revivez l'émission spéciale avec François Hollande sur France 2

    J'ai regardé c'te daube audiovisuelle bien orchestrée, bien contrôlée et bien verticale (journaliste > citoyen en terme de rabe de questions et de temps de parole) au motif qu'il faut toujours écouter ses ennemis pour prévoir la merde à venir. Et là, en filigrane, on a appris des choses et des intentions intéressantes.

    Je retiens :
        * François Hollande qui s'exprime sur la déchéance de nationalité : l'émotion a gagné la classe politique (ça, OK, on est tous humain-e). Toutes les personnes présentes au Congrès étaient favorables à cette mesure car personne n'a pas applaudi, dixit le président (excuse vaseuse "c'pas moi, y en avait d'autres, aussi !"). Si le texte avait été soumis au Parlemennt à ce moment-là, il aurait été adopté (Ha ! D'où l'importance de NE PAS légiférer dans l'urgence, dans l'émotion ! Ce qu'on dit depuis le début, quoi). Pour le Président, ce texte a échoué uniquement à cause des calculs politiques (c'est aussi mon sentiment, on n'était pas dans un rejet, sur un vote fort, un vote de conviction voir http://shaarli.guiguishow.info/?Uwv79A). François Hollande voulait des mesures fortes et symboliques. Les mesures fortes, ça a été l'état d'urgence. Symbolique, c'était la déchéance de nationalité, c'était vouloir l'unité nationale en punissant les Français qui tuent d'autres Français afin que n'éclate pas une sorte de guerre civile (L-O-L, tout ça pour juste détourner l'attention et cristalliser encore plus les tensions dans les quartiers sensibles, GG gros, belle stratégie !).

        * À une mère dont le fils s'est converti à l'islam radical, est parti faire le djihad et est mort sur le terrain, le Président évoque Internet. La mère répond que 95 % des personnes qui se radicalisent le font par un proche en dehors du net. Chose que le Président reconnaît, le net sert ensuite à alimenter à distance le radicalisé et à communiquer avec lui. C'est pour ça que le gouvernement fait le ménage d'un certain nombre de sites. La mère demande à ce que le ménage soit amplifié sur Youtube, Twitter & co au niveau mondial car il n'est pas admissible que, quand on signale un contenu problématique, le fournisseur de service réponde que le contenu ne contrevient pas à la charte de la communauté, dit-elle. François Hollande répondra qu'en France, on fait très attention, pas le peine de renforcer l'arsenal législatif mais que oui, il faudra voir ce que l'on peut faire au niveau de l'Europe.

          Perso, je note :
            * Décalage entre la réalité des lieux de radicalisation et les fantasmes du méchant Internet ;

            * Une volonté de censure de la part des proches de victimes ce qui ne résout pas le problème : la censure = fermer les yeux et puisque le premier contact vers la radicalisation se fait en dehors du net, alors il sera toujours possible de fournir des infos (ou Tails ou autre) à un radicalisé pour contourner la censure. De plus, contraindre les fournisseurs de services (propos tenus par la mère) et les hébergeurs (propos tenus par le Président) à censurer tout au moindre signalement, c'est créer une censure de droit privée qui est juste inadmissible.

            * Le Président était en mission de reconquête de sa popularité donc ses propos sur "pas besoin de renforcer l'arsenal législatif *français*", je n'y crois pas une seconde. Alors si en plus la France pousse l'UE a pondre une directive, on n'est pas sorti de l'auberge en ce qui concerne les libertés. :(

        * J'ai adoré les éditorialistes qui, dans le débat suivant l'échange avec le Président (débat voulu par France 2 pour ne pas donner l'impression de servir la soupe comme au temps de l'ORTF, dixit ce qui se dit en interne selon le Canard enchaîné du 13/04), ont dézingué l'étudiant en école de commerce qui a voté Hollande en 2012 et qui est déçu et qui participe à Nuit Débout sous prétexte qu'il se plaint que la jeunesse n'est pas entendue mais que quand Hollande veut bouger pour la jeunesse avec le projet de loi travail qui se propose de fluidifier le marché du travail et de permettre l'insertion des jeunes dans le marché du travail, boom, la jeunesse sort dans la rue. Ça révèle à quel point les gens vont mal : t'as le choix entre travail ou chômage, pas question de discuter des conditions de travail ni d'émancipaation du travail ni du chômage structurel croissant.


    Pour le côté anecdotique, j'ai adoré les citoyens sélectionnés pour questionner le Président et notamment :
        * Une entrepreneuse d'une société de moins de 50 salariés qui veut recruter du précaire sans le dire qui se plaint qu'elle a le droit à 3 stagiaires par an uniquement, qu'elle ne peut pas proposer des CDI à temps partiel car ils doivent représenter 24h et elle peut proposer uniquement 20h mais y'a plein de candidat-e-s qui réclame ces 20h, et les CDD, elle ne pourra plus à cause de la loi El Khomri qui taxera les CDD (ce qui est déjà le cas pour les CDD de moins de 3 mois mais qui n'est pas une obligation mais un accord interpro). Celle-ci a permis à Hollande de jouer sa partition "je suis l'ami des salariés, contre la précarité et contre les patrons".

        * Le père de famille moyen, désespéré, qui a voté gauche puis droite puis extrême-droite et qui ne sait plus quoi faire, en gros. Il a permis à Hollande de faire de la pédagogie sur migrants versus immigrés, de placer un tacle joliment formulé à l'encontre du FN (le remède pire que le mal). On ne sait pas du tout l'homme de paille, comme pour l'entrepreneuse. :')

        * Un étudiant en école de commerce qui a voté Hollande en 2012 et qui se sent déçu. Au moment où la jeunesse est dans la rue et fait peur au gouvernement, avoir un jeune dans une parodie de débat politique, c'est bien tenté mais ça rappelle Mitterrand et Balavoine (voir https://fr.wikipedia.org/wiki/Daniel_Balavoine#1980-1981_:_Un_autre_monde et http://www.ina.fr/video/I00000219).
    Fri Apr 15 01:48:28 2016 - permalink -
    - http://www.francetvinfo.fr/politique/francois-hollande/dialogue-citoyen/direct-dialogues-citoyens-francois-hollande-s-exprime-face-aux-francais-sur-france-2_1404601.html
    nomarkdown
  • Le Conseil d’Etat plaide pour une meilleure protection des lanceurs d’alerte

    « Une étude réalisée par le Conseil d’Etat à la demande du premier ministre et rendue publique mercredi 13 avril recommande que la France se dote de meilleurs outils pour assurer une efficacité aux alertes lancées, un encadrement pour éviter les abus et délations malveillantes et une réelle protection de ces vigies civiques.

    Malgré six lois en neuf ans qui ont cherché à les protéger à des degrés divers, on est loin du compte. « Il en résulte un manque de cohérence, des lacunes en matière de procédure et, au final, peu de protection effective des lanceurs d’alerte », constate Jean-Marc Sauvé, le vice-président du Conseil d’Etat.

    Les lois ont en particulier omis, à l’exception de celle sur le renseignement de 2015, la question du secret professionnel. Or, le viol de ce secret (médical, fiscal, lié à la défense nationale, etc.) est pénalement répréhensible dans de nombreux domaines. « Si la loi ne précise pas les dérogations au secret professionnel, il n’y aura pas de lanceurs d’alerte », prévient M. Sauvé. C’est donc par des lois sectorielles que le législateur devrait définir, secret par secret, quelles sont les exceptions ou, à défaut, les personnes habilitées à recevoir une alerte sans lever le secret professionnel.

    [ NDLR : poin poin poiiiiiiiiiiiin ]


    [...]

    Le groupe de travail qui a réalisé cette étude a d’abord tenu à s’entendre sur une définition précise du lanceur d’alerte. C’est « un acteur civique qui signale, de bonne foi, librement et dans l’intérêt général, des manquements graves à la loi ou des risques graves menaçant des intérêts publics ou privés, dont il n’est pas l’auteur ». Il peut être salarié, collaborateur occasionnel ou extérieur. Une définition qui a ainsi conduit à rejeter fermement, à une voix discordante près, l’idée de rémunération des lanceurs d’alerte. « On ne fait pas un geste civique pour de l’argent », tranche M. Sauvé. [...]

    [ NDLR : plutôt d'accord sur ce point. ]


    Le Conseil d’Etat estime que le canal hiérarchique ou un canal interne spécifique (déontologue, service d’inspection…) sont les mieux à même pour prendre en compte rapidement et efficacement une alerte émanant d’un collaborateur. A condition que le dénonciateur soit protégé (comme la personne éventuellement visée tant que les faits ne sont pas établis) et averti des suites données à son information. Cette solution interne ne semble pas adaptée aux cas où la fraude est organisée en système, comme dans l’affaire des prothèses mammaires de la société PIP ou dans celle des logiciels antipollution truqués chez Volkswagen.

    [ NDLR : gros +1, ce n'est pas adapté et c'est la meilleure façon de camoufler l'alerte par une pression sur la personne qui l'émet. Une personne qui lance une alerte a besoin de plus qu'une protection de poursuites judiciaires : il faudra une protection contre l'extradition, un revenu le temps que ça se tasse plus le temps que la personne puisse retrouvver un emploi, si elle le peut, ce qui n'est pas évident avec une aura d'emmerdeur-euse publique, de fouine, d'un nom qui inspire la peur/méfiance. ]


    Mais pour le Conseil d’Etat, il ne s’agit pas ici de divulguer des informations aux médias ni au public qui ne peuvent être alertés « qu’en dernier recours ». « L’alerte externe » est destinée aux autorités administratives compétentes (Agence du médicament, Autorité des marchés financiers, future Agence de prévention et de détection de la corruption prévue dans le projet de loi Sapin II, etc.), aux ordres professionnels ou à la justice.

    [ NDLR : haha les autorités indépendantes, c'te gag. On voit ce que donne la CNCTR (voir http://shaarli.guiguishow.info/?sowocg et http://shaarli.guiguishow.info/?r1h70Q), ce qu'a donné l'Afssaps dans l'affaire du médiator, le pouvoir consultatif de la CNIL vis-à-vis de l'État, le manque d'inertie de l'ARCEP,... Sans compter qu'il faut vérifier que chaque autorité a des pouvoirs d'enquête complets et un budget de fonctionnement qui permette de les utiliser. Et ça, c'est pas gagné. Bref, mauvaise idée ! Rien n'avancera.

    D'un autre côté, la presse ne traitera pas les cas mineurs, ceux qui ne généreront pas de buzz. Il faut donc permettre et protéger la personne qui lance des alertes dans tous les cas : interne, externe auprès d'une autorité administrative, externe avec un dépôt de plainte comme Stéphanie Gibaud dans l'affaire UBS/évasion fiscale ou externe auprès de tout média, y compris Internet ! ]


    [...]

    Quelques-unes des propositions de cette étude pourraient être déjà intégrées dans le projet de loi Sapin II sur la corruption qui viendra en discussion à l’Assemblée nationale d’ici à l’été. Mais d’autres lois seront nécessaires. Le développement d’une culture de l’alerte en France reste un travail de longue haleine. »


    Ensuite, lisons  http://courriercadres.com/carriere/droit-du-travail/lanceurs-dalerte-jouer-son-role-de-citoyen-en-se-protegeant-07122015 :

    « On peut citer plusieurs textes qui encadrent cette pratique dans des domaines bien précis. Celui d’avril 2013 a instauré un droit d’alerte en matière de santé publique et d’environnement pouvant être exercé par un salarié ou un membre du CHSCT (Comité d’hygiène, de sécurité et des conditions de travail). Ainsi un article du code du Travail énonce que “le travailleur alerte immédiatement l’employeur s’il estime, de bonne foi, que les produits ou procédés de fabrication utilisés ou mis en œuvre par l’établissement font peser un risque grave sur la santé publique ou l’environnement”.

    [ NDLR : non, l'article 1 de la loi 2013-316 instaure un droit d'alerte en matière de santé publique et d'environnement pour *TOUTE personne morale ou physique*. ]


    De plus, une loi d’octobre 2013 relative à la transparence de la vie publique prévoit une protection générale pour les lanceurs d’alerte relatant ou témoignant de l’existence de conflits d’intérêts.

    Puis, comme le rappelle Frédéric Chhum, il existe “la loi du 6 décembre 2013 relative à la lutte contre la fraude fiscale et la grande délinquance économique et financière qui va plus loin car elle instaure une protection pour les salariés lanceurs d’alerte”.

    Plus récemment, la loi sur le renseignement, permet au sein de ses services, à un lanceur d’alerte de pouvoir dénoncer, uniquement auprès de la Commission nationale de contrôle des techniques de renseignement, l’utilisation de procédés illégaux. »

    + l'article L. 1132-3-3 du Code du travail qui protège un salarié contre toute mesure de rétorsion qui serait basée sur le fait de relater ou de témoigner « de bonne foi, de faits constitutifs d’un délit ou d’un crime dont il aurait eu connaissance dans l’exercice de ses fonctions »


    Bref, on a un joli patchwork législatif à la française mais rien de concret. Lancer une alerte reste toujours aussi risqué.
    Fri Apr 15 01:13:28 2016 - permalink -
    - http://www.lemonde.fr/societe/article/2016/04/13/le-conseil-d-etat-plaide-pour-une-meilleure-protection-des-lanceurs-d-alerte_4901086_3224.html
    nomarkdown
  • J'ai froid dans le dos... Écoutes clandestines présumées de policiers dans l'affaire Wagram + écoute clandestine présumée de Thierry Solère + fadettes du monde : efficacité des contrôles et détournement du motif d'atteinte aux intérêts fondamentaux de la nation

    Un article du Canard du 13/04/2016 me fait froid dans le dos.

    Cet article traite du fait que 4 enquêteurs du service Courses et Jeux de la police judiciaire auraient été mis sous écoute clandestine par la DCRI (ex DGSI, le renseignement intérieur) sous ordre de Bernard Squarcini, ex-patron de la DCRI.

    Ces policiers avaient perquisitionné les salarié-e-s du cercle de jeux Wagram (cercle accusé d'extorsion de fonds et de blanchiment en bande organisée puisque façade au gang Corse de la Brise de mer) dont l'une, Marie-Claire Giacomini avait pour "tonton" Bernard Squarcini qui, furieux, se plaint de ces perquisitions auprès du directeur de la police judiciaire et fait procéder aux mises sous écoute clandestine sus-citées. Le Canard dispose de plusieurs sources pour évoquer ces écoutes : des témoignages recueillis par le juge chargé de l'affaire du Wagram + des vérifications effectuées auprès des opérateurs télécoms par ce même juge.


    On rappellera que Bernard Squarcini a été condamné dans l'affaire des fadettes du Monde en première instance et qu'il n'a pas fait appel. Voir http://www.lemonde.fr/societe/article/2014/04/08/fadettes-squarcini-condamne-a-8-000-euros-d-amende_4397675_3224.html .


    On peut aussi mettre cette affaire à côté de la surveillance présumée de Thierry Solère, adversaire de Claude Guéant (alors ministre de l'intérieur) aux législatives de 2012 par la DGSE durant ces mêmes législatives. Je tique sur ce point : la DGSE, c'est les services extérieurs donc pourquoi surveiller une personne présente sur le territoire nationale ? Mais, quoi qu'il en soit, le Canard du 13/04 écrit « Cette affaire d'écoutes en dit également long sur le sérieux des contrôles alors en vigueur chez les barbouzes. Le gouvernement jure aujourd'hui que la maison est désormais bien vérouillée. Mais c'est exactement ce qu'avait claironné Claude Guéant en son temps... ». Gros +1. Il faut bien se dire que la presse a connaissance uniquement d'un tout petit échantillon des mauvaises pratiques, réelles (fadettes) ou encore présumées (Wagram ou Thierry Solère) des services de renseignement. Autrement dit : loi des stats oblige, il y a très probablement des mauvaises pratiques qui touchent des citoyen-ne-s sans responsabilités politiques ou criminelles ! ÉDIT DU 27/04/2017 À 11H45 : voir une analyse de l'affaire Solère : http://bugbrother.blog.lemonde.fr/2016/04/20/soleregate-sil-vous-plait-dessine-moi-un-espion/ . En gros : un analyste interne se serait permis de réaliser des écoutes, la direction technique de la DGSE s'en ai rendu compte et a stoppé. FIN DE L'ÉDIT DU 27/04/2017.


    Ce qui me fait froid dans le dos, c'est la déclaration suivante émanant d'un gradé des services de renseignement qui confie au Canard, au sujet de l'affaire du Wagram : « Techniquement, [ à l'époque ], c'est très facile. Vous commandez une écoute administrative et vous la justifiez pour un motif de soupçons d'atteinte aux intérêts fondamentaux de la nation. Généralement, l'autorité administrative qui vous l'accorde n'est pas regardante ».

    Traduction :
        * La Commission nationale de contrôle des interceptions de sécurité (CNCIS) n'était pas regardante et n'agissait pas comme le contre-pouvoir des services de renseignement que la loi lui confère. On n'a aucune raison de croire que sa remplaçante, la CNCTR, instaurée par la loi Renseignement de mi-2015 fait mieux aujourd'hui. D'autant qu'on peut émettre des doutes sur l'indépendance de la CNCTR et sur la qualité de son travail de vérification quand elle est saisie par un-e citoyen-ne. Voir http://shaarli.guiguishow.info/?r1h70Q

        * Dans l'affaire des fadettes, Bernard Squarcini avait plaidé l'exception dans le cas d'une atteinte à la sureté de l'État. Journaliste + affaire Bettencourt (possibles conflits d'intérêts et financement illégal d'une campagne politique) + transmission d'un procès verbale d'un audition = remet en cause la sureté de l'État, mais bien sûr !

        * Soupçons et atteinte aux intérêts fondamentaux de la Nation, c'est ce que l'on retrouve dans tous les textes de loi sécuritaires passés récemment ! Autrement dit, ces lois ouvrent bien la boîte de Pandore comme les opposant-e-s l'ont toujours affirmé !
    Thu Apr 14 20:27:09 2016 - permalink -
    - http://shaarli.guiguishow.info/?sowocg
    nomarkdown
  • Des nominations qui tombent à pic pour des syndicalistes de la CGT et de FO | Question(s) sociale(s)

    « Dans une période où les deux organisations sont vent debout contre le gouvernement, et demandent inlassablement le retrait de la loi Travail de Myriam El Khomri, voilà des nominations de syndicalistes de la CGT et de FO par les pouvoirs publics à des postes de responsabilité qui vont tomber à pic.

    Ancien secrétaire général de la CGT, Thierry Lepaon devrait être nommé dans les prochains jours à la tête du nouvel organisme qui va prendre la suite de l'Agence nationale de lutte contre l'illettrisme.

    Secrétaire confédéral de FO, Stéphane Lardy devrait être nommé, sans doute au conseil des ministres du 13 avril, à l'Inspection générale des affaires sociales (IGAS). Ces deux promotions étaient dans les tuyaux depuis plusieurs mois, bien avant le mouvement de contestation de la loi Travail, mais elles vont intervenir à un moment particulièrement opportun. ».

    On se souvient que Lepaon a été débarqué de la CGT « après le scandale de la rénovation de son bureau pour plus de 60 000 euros puis de son appartement de fonction pour plus de 100 000 euros - anecdote : il est toujours payé par icelle CGT ». Source : https://blogs.mediapart.fr/marius-le-negavesque/blog/140416/pirouette-cacahuete-et-lanci-devient-ladlf

    Et pourquoi on passe de l'Agence nationale contre l'illettrisme à l'Agence de la langue française ? La présidence de la première se fait bénévolement. On change l'institution pour permettre la rémunération de Lepaon.

    Hollande prêt à tout pour désamorcer ce que le gouvernement appelle le péril jeune (aka les syndicats étudiants contre le projet de loi travail + Nuit Débout) ?

    ÉDIT DU 18/01/2020 À 17 H : ces nominations ont bien eu lieu : Lepaon a préfiguré l'Agence nationale de la langue française pour la cohésion sociale avant d'être nommé délégué interministériel à la langue française. Stéphane Lardy a été nommé à l'IGAS puis directeur adjoint de la ministre du travail Pénicaud avant de prendre la tête de France Compétences, l'autorité de régulation et de financement de la formation pro. FIN DE L'ÉDIT.

    Thu Apr 14 19:03:13 2016 - permalink -
    - http://social.blog.lemonde.fr/2016/04/06/des-nominations-qui-tombent-a-pic-pour-des-syndicalistes-de-la-cgt-et-de-fo/
  • L'essentiel Online - La moitié des éoliennes ne sont pas raccordées - Economie

    « Mercredi, le journal satirique français a annoncé qu'une éolienne sur deux en France ne servait à rien. En effet, dans l'hexagone, et principalement dans le nord et l'est, les principaux producteurs de l'énergie éolienne du pays, de nombreuses turbines ne sont pas raccordées au réseau électrique. Selon le journal, en 2015, il y aura un potentiel non utilisé de 10 748 MW, soit plus que l'énergie des éoliennes reliées au réseau (10 312 MW).

    En cause: les gestionnaires ERDF et RTE qui «peinent à couper le cordon avec EDF, leur maison mère monopolistique, laquelle n'a aucune envie d'accélérer l'arrivée des énergies renouvelables... puisque son obsession, c'est le nucléaire». Et toujours selon le journal, depuis 2011, la France raccorde chaque année de moins en moins de pylônes au réseau. La France favorise d'ailleurs une certaine lenteur dans la construction, autorisant un délai de dix ans pour un permis de construire d'éolienne, contre trois ans pour les autres chantiers.

    La Commission européenne songerait désormais à sanctionner la France, notamment pour la contraindre à atteindre les 23% d'énergie renouvelables en 2020, un engagement pris il y a quelques années. À quatre ans de l'échéance, la France ne produit pour l'instant que 14,6% d’énergie verte (dont l'éolien ne représente qu'un cinquième). C'est moins que la moyenne des 28, et largement moins que la Suède (52%) ou la Lettonie (37%). »

    J'aime la réaction de Bernard Prost, interlocuteur à ERDF Drôme-Ardèche qui confirme pile poil les propos du Canard en tenant de les contredire : « Bernard Prost reconnaît en revanche qu’il peut s’écouler plusieurs années entre la demande de raccordement d’un producteur d’éolien et le branchement au réseau d’EDF. Il faut ainsi 9 mois en moyenne à ERDF pour rédiger une convention de raccordement. Bref, les procédures, qu’il faut respecter, sont longues. ». L'administratif pour faire traîner et rendre personne mécontent, en gros. :))))
    Thu Apr 14 18:42:41 2016 - permalink -
    - http://www.lessentiel.lu/fr/economie/story/29849968
    nomarkdown
  • Amazon part à la conquête des profs - Le Point

    « Jeff Bezos est un homme d'affaires gourmand mais prudent. Amazon, le supermarché de l'Internet qu'il dirige d'une main de fer, vient d'investir un peu moins de 50 000 euros pour mettre un pied dans les couloirs dorés du ministère de l'Éducation nationale. Selon Le Canard enchaîné, qui dévoile l'information, cet accord a été conclu avec Canopé, un réseau qui permet de mettre en ligne des contenus pédagogiques. Le but de la manoeuvre ? Former une cinquantaine d'enseignants aux techniques de l'autoédition scolaire. La multinationale espère ainsi que les professeurs utiliseront d'ici peu les liseuses Kindle, fabriquées par Amazon, pour lire et diffuser leurs enseignements.

    [...]

    Un contrat passé sans le moindre appel d'offres. Il y a donc fort à parier que ce nouveau partenariat conclu avec Amazon fasse jaser. À commencer par les jeunes start-up françaises qui peinent à rivaliser avec la puissance de tir des libraires. »

    Voilà, voilà.

    L'école numérique verrouillée (partenariat avec Microsoft, maintenant Amazon), ça va être la joie et l'épanouissement des élèves... Pour rappel : tu ne peux rien apprendre d'une technologie fermée puisque, par définition même, le concept est qu'on t'empêche de comprendre comment cela fonctionne et on empêche le partage et la collaboration entre les élèves.

    En plus de ça, on donne encore des contrats sans appel d'offres, ce qui constitue une attitude déplorable, à de puissantes sociétés commerciales en situation de force sur le marché et qui pratiquent l'évasion fiscale.

    Super, continuez... :(
    Thu Apr 14 18:33:54 2016 - permalink -
    - http://www.lepoint.fr/high-tech-internet/amazon-part-a-la-conquete-des-profs-13-04-2016-2031924_47.php
    nomarkdown
  • La visite de Valls à Alger polluée par les "problèmes" de visas [ NDLR : refusé à des journalistes par Alger ] - Capital.fr

    « Manuel Valls s'est efforcé dimanche à Alger de surmonter les récentes tensions liées à l'affaire des "Panama papers" en vantant la richesse du lien franco-algérien, qui ne saurait selon lui être remis en cause par des "petits problèmes".

    [ NDLR : le nom du ministre algérien de l'industrie figure dans les Panama Papers. ]


    Le refus d'Alger d'accorder un visa à des journalistes accompagnant le Premier ministre français a pollué la visite de ce dernier, qui était accompagné d'une dizaine de ministres, dans la capitale algérienne.

    [ NDLR : motifs : Le Monde a publié, en une, une photo du président algérien pour illustrer l'article évoquant le ministre algérien de l'industrie et les Panama Papers. Canal+ s'est vu opposé ce refus car son Petit Journal a raillé l'état de santé du président algérien à plusieurs reprises. ]


    "J'ai déjà eu l'occasion d'exprimer des regrets. Les messages sont passés, tournons-nous vers l'avenir", a-t-il dit [ NDLR : Valls ] lors d'une conférence de presse aux côtés de son homologue, Abdelmalek Sellal.

    [ NDLR : traduction : business first, merci, la courbe du chômage ne va pas s'inverser grâce à la liberté d'information donc j'ai écrasé devant le gouvernement algérien. ]


    La presse française présente à Alger a fait part à ce dernier de sa solidarité avec les journalistes du Monde et de Canal Plus privés de visas et avec ceux ayant choisi de boycotter ce voyage en signe de protestation.

    [ NDLR : Le Figaro, Libération et France Inter ont choisi de ne pas se rendre sur place par protestation. Je suis partagé sur ce point : cette protestation est bienvenue et nécessaire mais d'un autre côté, j'espère que des journalistes étaient présents car le manque d'information sur ce qu'on fait/dit les zozos est encore pire. Il faut toujours savoir à quelle sauce on sera mangé. ]

    [...]

    "On a porté atteinte à un symbole de ce pays", a-t-il insisté. "Aucun Algérien n'acceptera de voir vilipender ainsi son président."

    "On n'a pas touché à la liberté de la presse", a aussi affirmé le chef du gouvernement algérien.

    [...]

    L'un a été passé entre Alstom (ALO-23,59 € 2,34 %) et ses partenaires algériens, Sital notamment, pour l'extension de la joint venture qui permettra de construire des trains express régionaux dans la région d'Annaba.

    Rien n'a été concrétisé en revanche sur le projet de construction d'une usine PSA à Oran, où Renault (RNO-88,10 € 1,32 %) est déjà implanté.

    [ NDLR : Que du vent également pour Air Liquide et Lesieur... Ça valait bien la peine de s'écraser pour juste ça... ]


    Alors que la Chine a ravi à la France la place de premier partenaire commercial de l'Algérie, Manuel Valls a insisté sur l'importance du partenariat stratégique engagé après l'arrivée au pouvoir du président François Hollande.

    [ NLDR : no comment... ] »

    Via le Canard enchaîné. J'ai ajouté leurs infos dans ce shaarli.
    Thu Apr 14 18:10:32 2016 - permalink -
    - http://www.capital.fr/bourse/actualites/la-visite-de-valls-a-alger-polluee-par-les-problemes-de-visas-1116981
    nomarkdown
  • Les arnaques vidéos se multiplient sur internet, discréditant les fournisseurs d’accès à internet… — Medium

    Différentes sociétés dont Dailysmile.TV ou TV-Illimité, parmi d’autres, sont en train de construire un système d’arnaques de masse sur internet et sur smartphone. Elles offrent des annonces trompeuses, notamment sur Facebook, à propos de vidéos “exclusives” avec [ NDLR : des titres racoleurs ] »


    Je ne connaissais pas Internet+, un service de paiement, *activé automatiquement* par les FAI et opérateurs mobiles, qui permet de se faire facturer directement sur sa facture Internet/mobile, sans dégainer sa CB. La doc' officielle est ici : http://internetplus.fr/les-solutions-internet-plus/internet-plus-box/parcours-client .

    Concernant les arnaques qui profitent de ce service, rien de neuf, Korben en parlait déjà mi-2015 ( http://korben.info/desactiver-internet-plus-orange-bouygues-sfr-free.html ).


    C'est loin d'être aussi dramatique que ce que le buzz de ces dernières heures laisse entendre :

        * Cliquer sur des titres racoleurs/aguicheurs non mais sérieusement ?! « Gros clash dans l'émission U », « X craque en plein interview », « Y s'emporte dans l'émission U », « Z sous le charme du décolleté de A ». Sérieusement, quelle maturité ont les personnes qui cliquent sur ces titres-là ?! C'est du contenu putaclic. On est au même niveau que les SMS surtaxés à envoyer au 8 12 12 pour savoir si ton copain/copine te trompe... Ou que les SMS qui demandent de rappeler un numéro surtaxé ! Au pire, si vous voulez vraiment consulter ce type de contenu, cherchez le nom de l'émission et la personnalité que le titre racoleur évoque dans un moteur de recherche, vous trouverez la vidéo gratos... Sérieusement quoi, on se réveille, on apprend les réflexes... ;

        * Y'a des plafonds de partout ( 60€/mois de paiement à l'acte et 10 €/mois d'abonnements chez Bouygues et Orange, par exemple), en mode Monéo ;

        * Il y a une redirection vers le site web du FAI pour demander une validation. Authentification pour le premier achat chez Free, authentification systématique chez SFR, authentification systématique chez Bouygues si l'achat dépasse 10 €, confirmation + mail systématique chez Orange ;

        * Il semble que ces deux remparts ont été ajoutés récemment, je le concède ;


    Pour désactiver Internet+ : http://korben.info/desactiver-internet-plus-orange-bouygues-sfr-free.html et http://www.infoconso-multimedia.fr/blocage/ (doc' officielle). Chez Bouygues, c'est par ici : https://www.assistance.bouyguestelecom.fr/internet-bbox/services-bbox/internet-plus-bbox#bloquer .


    Via http://lehollandaisvolant.net/?id=20160413185827
    Wed Apr 13 23:28:50 2016 - permalink -
    - https://medium.com/@martelf/les-arnaques-vid%C3%A9os-se-multiplient-sur-internet-discr%C3%A9ditant-les-fournisseurs-d-acc%C3%A8s-%C3%A0-internet-6a039eb6d942#.qou9iynzi
    nomarkdown
  • Miguel Ruiz — Wikipédia [ les accords toltèques ]

    «  * Que votre parole soit impeccable.

    Parlez avec intégrité, ne dites que ce que vous pensez vraiment. N'utilisez pas la parole contre vous-même, ni pour médire d'autrui. Utilisez la puissance de la parole dans le sens de la vérité et de l'amour. La parole est un outil qui peut détruire. Prenez conscience de sa puissance et maîtrisez-la. Pas de mensonge ni de calomnie.

    [ NDLR  : paradoxe entre vérité et amour, entre dire ce que l'on pense vraiment et ne pas détruire... Il y a des comportements malsains, des initiatives bien malvenues,... Il y a des vérités blessantes. La question devient alors de les exprimer le mieux possible, peser ses mots. ]


        * Quoi qu’il arrive, n’en faites pas une affaire personnelle.

    Vous n'êtes pas la cause des actes d'autrui. Ce que les autres disent et font n'est qu'une projection de leur propre réalité, de leurs rêves, de leurs peurs, de leurs colères, de leurs fantasmes. Lorsque vous êtes immunisé contre cela, vous n'êtes plus victime de souffrances inutiles.

    [ NDLR : particulièrement vrai dans les projets collectifs mais très difficile car il y a souvent une notion d'image que doit renvoyer le projet, des notions de responsabilité collective, aussi. ]


        * Ne faites pas de suppositions.

    Ne commencez pas à élaborer des hypothèses de probabilités négatives, pour finir par y croire, comme s'il s'agissait de certitudes. Ayez le courage de poser des questions et d'exprimer vos vrais désirs. Communiquez clairement avec les autres pour éviter tristesse, malentendus et drames.

    [ NDLR : très très vrai. On passe une bonne partie de notre temps à supposer ce que les autres penseront de nos actions, de l'impact de nos choix. On passe aussi beaucoup de temps à se demander s'il faut faire une chose, aussi banale soit-elle plutôt que de la faire.

    Zythom a écrit ça : « Nous avons tendance à faire des suppositions à propos de tout. Le problème est que nous croyons ensuite que ses suppositions sont devenue la vérité. Nous serions parfois prêt à jurer qu'elles sont vraies. Il est très intéressant de voir comment l'esprit humain fonctionne. L'Homme a besoin de tout justifier, de tout expliquer, de tout comprendre, afin de se rassurer. Il y a des millions de questions auxquelles nous cherchons les réponses, car il y a tant de choses que notre esprit rationnel ne peut expliquer. C'est pour cela que nous faisons des suppositions. Le problème est de croire que ses suppositions sont la vérité.

    Nous supposons que tout le monde voit le monde comme nous le voyons.
    Nous supposons que les autres pensent comme nous pensons, qu'ils ressentent les choses comme nous les ressentons, qu'ils jugent comme nous jugeons.

    Il s’agit de prendre conscience que nos suppositions sont des créations de notre pensée.

    Il y a des méthodes pour éviter les suppositions. Par exemple, quand quelqu'un vous pose une question, il faut éviter de répondre directement. Il faut d'abord reformuler la question pour s'assurer auprès du questionneur qu'on l'a bien comprise. Cela évite souvent les malentendus et les réponses "à côté".

    Pendant longtemps, je coupais souvent la parole, parce que j'avais compris ce que mon interlocuteur voulait me dire et que je voulais réagir, argumenter, expliquer. Il m'a fallu du temps, et du coaching, pour apprendre à écouter. Et de cette écoute, pour apprendre à comprendre ce que voulait vraiment dire mon interlocuteur. Et d'avoir le courage de poser des questions, quitte à passer pour quelqu'un de long à la comprenette. » ]


        * Faites toujours de votre mieux.

    Il n'y a pas d'obligation de réussir, il n'existe qu'une obligation de faire au mieux. Votre "mieux" change d'instant en instant. Quelles que soient les circonstances faites simplement de votre mieux et vous éviterez de vous juger, de vous culpabiliser et d'avoir des regrets. Tentez, entreprenez, essayez d'utiliser de manière optimale vos capacités personnelles. Soyez indulgent avec vous-même. Acceptez de ne pas être parfait, ni toujours victorieux.

    [ NDLR : Zythom a écrit ce qui suit : « Le pire piège est la course à la perfection. En psychologie positive, les chercheurs étudient la notion de perfection, comme une notion qui entraîne de nombreuses émotions négatives. Nous voulons être parfaits, nous voulons que les autres soient parfaits, etc. Nous construisons des illusions mentales de perfection. La vie quotidienne et la réalité extérieure nous enseignent que la perfection est un but idéal et non une réalité concrète.

    Comment être satisfaits, heureux et épanouis tout en sachant que la perfection est par définition, inatteignable car inhumaine ?
    Reprendre pieds dans le présent et se donner totalement dans chaque instant. Donner toute son énergie, ses compétences, ses qualités et son temps pour la tâche que nous avons décidé d’accomplir. Un fois accomplie, cette tâche peut nous apporter un sentiment d’accomplissement, même si tout n’est pas parfait.

    J'ai compris très jeune comment faire pour ne pas avoir de regrets : il me suffit de bien réfléchir à toutes les options qui s'offrent à moi, lors d'une décision importante, puis de prendre la meilleure option, compte tenu des cartes que j'ai en main. Bien entendu, j'ai parfois fait de mauvais choix, mais très souvent, je ne pouvais me rendre compte du caractère "mauvais" que plus tard, lorsque de nouvelles cartes apparaissaient dans mon jeu. Et à chaque fois, tout en corrigeant les effets de mon mauvais choix, je n'en voulais pas à mon "moi" antérieur puisqu'il avait fait de son mieux, avec les éléments dont il disposait. » ]


        * Soyez sceptique, mais apprenez à écouter Ne vous croyez pas vous-même, ni personne d'autre. Utilisez la force du doute pour remettre en question tout ce que vous entendez : est-ce vraiment la vérité ? Écoutez l'intention qui sous-tend les mots et vous comprendrez le véritable message.

    [ NDLR : là-aussi très difficile : sceptique mais pas naïf ni niais, scepticisme versus confiance en soi, convictions versus girouette,... »


    Via http://zythom.blogspot.fr/2016/02/lexpert-judiciaire-et-les-accords.html
    Wed Apr 13 20:37:32 2016 - permalink -
    - https://fr.wikipedia.org/wiki/Miguel_Ruiz
    nomarkdown
  • Turb(l)o(g) » Economie coopérative : rebooter les modèles du 20ème siècle

    Plein de bonnes choses, joliment formulées. À LIRE *IMPÉRATIVEMENT*. L'avenir, l'épanouissement personnel mais ensemble, ça commence par un reboot personnel.


    « Le 21ème siècle appelle de nombreux changements, dont un qui est central : la gouvernance. Les systèmes politiques sont à bout de souffle, et c’est du côté des structures économiques, citoyennes, sociales, que les changements majeurs sont en train de survenir. Internet est au centre de cette mutation, changement qui veut que les hommes et les femmes de ce nouveau siècle peuvent collaborer les uns avec les autres sur de nouvelles bases, en inventant de nouveaux modèles.

    [...]

    Depuis le 19ème siècle, c’est le modèle pyramidal qui prime dans l’entreprise, les institutions, l’Etat, — et en réalité — dans toutes les structures. Le principe pyramidal est d’organiser le travail depuis le haut vers le bas. En haut, les dirigeants, qui orientent et ordonnent, puis des cadres (ou structures) intermédiaires qui répartissent les tâches, jusqu’aux exécutants qui… exécutent. Structure verticale, centralisée, donc, basée sur le pouvoir du capital, la hiérarchie, l’autorité et la suprématie d’une classe sur les autres, celles des détenteurs de la richesse sur les masses. Une forme de continuation du système monarchique.

    [...]

    Il existe donc désormais des modes de fonctionnement humains basés sur le fonctionnement d’Internet. Ils sont axés sur quelques critères assez simple mais essentiels : la transparence, la coopération, l’horizontalité et le partage de connaissances, de compétences etc… L’opposé exact du vieux système du 20ème siècle basé sur : l’opacité, l’autorité, la compétition, la captation (de savoirs, de richesses).

    [...]

    Les sociétés modernes offrent de plus en plus de facilités (déplacements, communications, acquisitions de savoirs, etc) qui permettent à leurs habitants d’envisager leurs existences autrement que par la simple vocation d’obtenir un emploi, de s’y maintenir le plus possible en attendant l’âge de récupérer l’argent cotisé au cours de sa vie, pour «enfin » vivre sans travailler en bénéficiant d’une pension par répartition, ce qui est appelé la « retraite ».

    Il est désormais acquis que l’emploi n’est pas garanti pour la plupart des citoyens, que les individus ont de toute manière de plus en plus envie de se former tout au long de leur vie et de changer d’activité, et que l’épanouissement personnel est de loin le critère le plus important pour définir la notion de « travail ».

    [...] Travailler, au XXème siècle était uniquement déclaré comme « une nécessité pour se nourrir, se vêtir, se loger », et cette vision du travail a largement participé à créer une société angoissée et dépressive, mécontente de son sort et asservie au pouvoir politique ou économique.

    Les nouvelles structures économiques qui émergent ne basent plus leur fonctionnement sur les modèles de compétitivité, compétition, rentabilité maximale, et ne fonctionnent plus sur la base pyramidale ancienne. Le but des ces structures et des individus qui poussent dans ce sens ? Créer les conditions les plus favorables pour permettre à des ceux qui s’y meuvent d’échanger les uns avec les autres dans un objectif commun.

    [...]

    Les nouvelles structures coopératives, basées sur la collaboration horizontale des individus ont pour objectif de permettre à ceux-ci de s’épanouir dans leurs activités. Qu’ils gagnent d’ailleurs de l’argent ou non au sein de la structure. Le but est de fournir des conditions de travail épanouissantes, un mode relationnel équilibré, une fluidité dans les actions individuelles ou collectives. Pour résumer, ces structures cherchent à faire que chaque membre de la structure « s’éclate » en son sein. Pour le bien de tous, comme pour le sien.

    Les méfaits de « l’argent » dans le modèle du XXème siècle sont connus : jalousies, besoin de dominer, obsession de la performance, etc…


    Mais pourtant ces méfaits n’existent pas dans les structures d’avenir qui se constituent au XXIème siècle, et que nous appellerons « coopératives d’épanouissement ». La première raison est que l’économie est une chose différente de l’argent. On peut créer une économie sans argent, par exemple. Les principes de « gagner sa vie » ou de « faire des profits » n’ont pas cours dans une coopérative d’épanouissement du 21ème siècle, pour la simple et bonne raison que ces critères ne sont pas significatifs.

    [...]

    Cette économie, profondément collaborative et coopérative n’a pas pour objet l’enrichissement personnel de ceux qui s’y activent. Elle est avant tout un moyen pour des individus de créer de l’activité ensemble. Ce qui ne signifie pas qu’elle ne doit pas se préoccuper d’être rentable au sens — avant tout — de ne pas « vivre au dessus de ses moyens », d’être autonome financièrement.

    [...]

    Le rapport à l’argent, aux besoins matériels, à l’effort, à l’échange, à l’autorité, à l’autonomie sont au cœur de cette nouvelle approche dans le travail. Si l’argent est un moteur principal (pour ceux qui veulent participer), cela ne fonctionne pas. Tout comme le fait d’avoir une activité pour avant tout satisfaire des besoins matériels . L’effort, subi comme une contrainte désobligeante, ne permet pas non plus de faire fonctionner ce types de structures. L’autorité quant à elle, renvoie toujours au pouvoir, donc à l’argent, même symbolique, et ne permet pas l’épanouissement, c’est une chose établie. L’autonomie est bien entendu indispensable, puisque sinon, chacun attend des ordres ou des validations… d’une autorité.

    [...]

    Ces structures peuvent changer la donne: particulièrement d’un point de vue social, puisqu’elles démontrent qu’en sortant des schémas établis et déclarés comme incontournables, le travail peut devenir une manière de bien vivre, être avec les autres, un plaisir, créer des richesses, une contingence pratique mais sans enjeu.

    [...]

    Pour changer le monde, il faut toujours commencer par changer soi-même. Les nouvelles structures économiques sont une part très importante de ce changement de monde nécessaire. »


    En effet, tant qu'on ne change pas notre rapport personnel à l'argent et à la réussite, on ne parviendra à rien.

    C'est le problème numéro 1 de l'associatif sur lequel j'essaye de trouver des solutions. Des associations ont besoin de matériel/machines-outils (hackerspace,...), d'autres d'un local (hackerspace, éducation populaire), d'autres encore d'infrastructures (FAI associatif, hébergeur associatif). Il y a aussi des rémunérations inévitables (accueil permanent dans un hackerspace, suivi du processus législatif comme LQDN). Comment obtenir ce qui permet l'existence de l'activité de l'association sans avoir recours à des subventions publiques ou à des partenariats privés tous deux malsains car il y a une notion de domination et de dépendance ?

    Mon constat est qu'on se dit trop souvent que c'est impossible alors que non : ARN, Grifon, FDN ont une infra sans subventions/partenariats. La Maison du Libre a 600+ m² en plein Brest en sous-louant des boxes la semaine, en dehors des horaires des activités. LQDN juste existe. Etc, etc.

    Mon deuxième constat est qu'on pense argent avant le reste. Je pense à ces mails associatifs dans lesquels une association est contactée et, en interne, les membres discutent de ce qu'il convient de demander en compensation (défraiement du déplacement ? Plus ? Moins ? Rémunération des interventions ou pas ? ) *AVANT MÊME* d'avoir identifié les besoins du demandeur. *AVANT MÊME* de savoir ce que l'association peut proposer. C'est profondément malsain, àmha. Dans ARN, si l'on avait parlé argent avant d'identifier les besoins, d'identifier les solutions possibles,... *RIEN* n'existerait aujourd'hui. Simplement car les sommes engagées sont colossales. On s'est donné envie, on l'a fait. Point.

    Je parle d'associatif mais le problème est le même pour monter toute initiative, associative ou non.
    Wed Apr 13 20:08:49 2016 - permalink -
    - http://blog.spyou.org/wordpress-mu/2015/12/14/economie-cooperative-rebooter-les-modeles-du-20eme-siecle/
    nomarkdown
  • Blog Stéphane Bortzmeyer: RFC 7828: The edns-tcp-keepalive EDNS0 Option

    « Historiquement, le DNS utilisait surtout UDP et le transport sur TCP ne servait qu'à des cas particuliers, comme lorsqu'un client DNS ré-essayait avec TCP de récupérer des données trop grosses pour UDP. Depuis le RFC 7766, ce n'est clairement plus le cas : TCP est désormais aussi utilisable qu'UDP pour le DNS. Mais les mises en œuvre typique du DNS sur TCP ont des restrictions, par exemple des délais maximum d'attente avant de « raccrocher » qui sont trop courtes, de l'ordre de quelques secondes lorsqu'il n'y a plus de trafic sur la connexion. Ce nouveau RFC propose un mécanisme EDNS permettant au client DNS de signaler au serveur qu'il souhaite garder la connexion ouverte, si le serveur est d'accord, s'il vous plait.

    [...]

    La section 3 est la partie centrale du RFC, la spécification de la nouvelle option. Elle utilise EDNS (RFC 6891). Elle permet d'indiquer le délai d'attente avant la fermeture de la connexion, délai qui commence à courir lorsque la connexion devient inactive (« idle », cf. la section 3 du RFC 7766).

    [...]

    Le client doit utiliser cette option pour signaler qu'il souhaiterait garder cette connexion ouverte (il ne doit pas indiquer de valeur pour TIMEOUT). Le serveur utilise cette option pour indiquer le temps pendant lequel il va garder la connexion (rappelez-vous que le client peut demander ce qu'il veut, c'est le serveur qui décide). Le client est censé « raccrocher » juste avant l'expiration de ce délai. Une valeur de 0 pour TIMEOUT signifie « raccroche tout de suite » (un serveur l'envoie, par exemple, lorsqu'il est soumis à un fort stress et n'a plus de ressources disponibles.)

    Au passage, si le serveur n'a plus envie de supporter cette connexion, pourquoi ne raccroche-t-il pas lui-même, au lieu de demander au client de le faire ? C'est parce que le pair TCP qui ferme la connexion le premier passe ensuite en état TIME-WAIT (RFC 793, section 3.5) et que cela l'oblige à garder un état pendant deux fois la durée de vie maximale d'un segment TCP (soit quatre minutes en tout). Il vaut donc mieux demander au client de le faire. Par contre, après avoir envoyé le TIMEOUT=0, le serveur va avoir un délicat arbitrage à faire entre attendre que le client raccroche et fermer de lui-même la connexion (et donc garder une prise en état TIME-WAIT) quand le client n’obtempère pas suffisament vite. »
    Wed Apr 13 19:50:20 2016 - permalink -
    - http://www.bortzmeyer.org/7828.html
    nomarkdown
  • Blog Stéphane Bortzmeyer: RFC 7719: DNS Terminology

    « Nom de machine (host name) : ce n'est pas la même chose qu'un nom de domaine. Utilisé dans de nombreux RFC (par exemple RFC 952) mais jamais défini, un nom de machine est un nom de domaine avec une syntaxe plus restrictive : uniquement des lettres, chiffres, points et le tiret. Ainsi, brienne.tarth.got.example peut être un nom de machine mais www.&#$%?.example ne peut pas l'être. Le terme de « nom de machine » est parfois aussi utilisé pour parler du premier composant d'un nom de domaine (brienne dans brienne.tarth.got.example).

    [...]

    Sous-domaine (subdomain) : domaine situé sous un autre, dans l'arbre des noms de domaines. Sous forme texte, un domaine est sous-domaine d'un autre si cet autre est un suffixe. Ainsi, www.cl.cam.ac.uk est un sous-domaine de cl.cam.ac.uk, qui est un sous-domaine de cam.ac.uk et ainsi de suite, jusqu'à la racine, le seul domaine à n'être sous-domaine de personne.

    [...]

    Suffixe public (public suffix) : ce terme pas très officiel est parfois utilisé pour désigner un suffixe de noms de domaine qui est contrôlé par un registre public (au sens où il accepte des enregistrements du public). Le terme est ancien mais est apparu pour la première fois dans un RFC avec le RFC 6265, section 5.3. com, co.uk et eu.org sont des suffixes publics. Rien dans la syntaxe du nom n'indique qu'un nom de domaine est un suffixe public, puisque ce statut ne dépend que d'une politique d'enregistrement (qui peut changer).

    [...]

    Réponse négative (negative answer) : le terme recouvre deux choses, une réponse disant que le nom de domaine demandé n'existe pas, ou bien une réponse indiquant que le serveur ne peut pas répondre (code de retour SERVFAIL ou REFUSED). Voir le RFC 2308.

    Renvoi (referral) : le DNS étant décentralisé, il arrive qu'on pose une question à un serveur qui ne fait pas autorité pour le domaine demandé, mais qui sait vous renvoyer à un serveur plus proche. Ces renvois sont indiqués dans la section Authority d'une réponse.

    [...]

    RR (Resource Record, un enregistrement DNS).

    Ensemble d'enregistrements (RRset pour Resource Record set) : un ensemble d'enregistrements ayant le même nom (la même clé d'accès à la base), la même classe, le même type et le même TTL.

    [...]

    TTL (Time To Live) : la durée de vie maximale d'un enregistrement dans les caches des résolveurs. C'est un entier non signé (même si le RFC 1035 dit le contraire), en secondes.

    [...]

    Résolveur (resolver) : un client DNS qui va produire une réponse finale (pas juste un renvoi, pas juste une information ponctuelle comme le fait dig). Il existe plusieurs types de résolveurs (voir ci-dessous) et, en pratique, quand on dit « résolveur » tout court, c'est en général un « résolveur complet ».

    Résolveur minimum (stub resolver) : un résolveur qui ne sait pas suivre les renvois et qui dépend donc d'un ou de plusieurs résolveurs complets pour faire son travail. Ce type est défini dans la section 6.1.3.1 du RFC 1123. C'est ce résolveur minimum qu'appelent les applications lorsqu'elles font un getaddrinfo() ou getnameinfo(). Sur Unix, le résolveur minimum fait en général partie de la libc et trouve l'adresse du ou des résolveurs complets dans /etc/resolv.conf.

    Résolveur complet (full resolver) : un résolveur qui sait suivre les renvois et donc fournir un service de résolution complet. Des logiciels comme Unbound ou PowerDNS Resolver assurent cette fonction. Le résolveur complet est en général situé chez le FAI ou dans le réseau local de l'organisation où on travaille, mais il peut aussi être sur la machine locale. On le nomme aussi « résolveur récursif ».

    [...]

    Initialisation (priming) : le processus par lequel un résolveur complet vérifie l'information sur les serveurs de la racine. Au démarrage, le résolveur ne sait rien. Pour pouvoir commencer la résolution de noms, il doit demander aux serveurs de la racine. Il a donc dans sa configuration leur liste. Mais ces configurations ne sont pas forcément mises à jour souvent. La liste peut donc être trop vieille. La première chose que fait un résolveur est donc d'envoyer une requête « NS . » à un des serveurs de sa liste. Ainsi, tant qu'un moins un des serveurs de la vieille liste répond, le résolveur est sûr d'apprendre la liste actuelle.

    Mémorisation des négations (negative caching, ou « cache négatif ») : mémoriser le fait qu'il n'y a pas eu de réponse, ou bien une réponse disant qu'un nom de domaine n'existe pas.

    [...]

    Serveur primaire (primary server mais on dit aussi master server) : un serveur faisant autorité qui a accès à la source des données (fichier de zone, base de données, etc). Attention, il peut y avoir plusieurs serveurs primaires (autrefois, ce n'était pas clair et beaucoup de gens croient qu'il y a un serveur primaire, et qu'il est indiqué dans l'enregistrement SOA). Attention bis, le terme ne s'applique qu'à des serveurs faisant autorité, l'utiliser pour les résolveurs (« on met en premier dans /etc/resolv.conf le serveur primaire ») n'a pas de sens.

    Serveur secondaire (secondary server mais on dit aussi « serveur esclave », slave server) : un serveur faisant autorité qui n'est pas la source des données, qui les a prises d'un serveur primaire (dit aussi serveur maître), via un transfert de zone (RFC 5936).

    Serveur furtif (stealth server) : un serveur faisant autorité mais qui n'apparait pas dans l'ensemble des enregistrements NS. (Définition du RFC 1996, section 2.1.)

    Maître caché (hidden master) : un serveur primaire qui n'est pas annoncé publiquement (et n'est donc accessible qu'aux secondaires). C'est notamment utile avec DNSSEC : s'il signe, et donc a une copie de la clé privée, il vaut mieux qu'il ne soit pas accessible de tout l'Internet (RFC 6781, section 3.4.3).

    [...]

    Zone : un groupe de domaines contigus et gérés ensemble, par le même ensemble de serveurs de noms (ma définition, celle du RFC étant très abstraite). Beaucoup de gens croient que tout domaine est une zone, mais c'est faux. Ainsi, au moment de la publication de ce RFC, gouv.fr n'est pas une zone séparée, il est dans la même zone que fr (cela se teste facilement : gouv.fr n'a pas d'enregistrement NS ou de SOA).

    [...]

    Apex : le sommet d'une zone, là ù on trouve les enregistrements NS et SOA. Si la zone ne comprend qu'un domaine, l'apex est ce domaine. Si la zone est plus complexe, l'apex est le domaine le plus court.

    Coupure de zone (zone cut) : l'endoit où on passe d'une zone à l'autre. Au-dessus de la coupure, la zone parente, en dessous, la zone fille.

    Colle (glue records) : lorsqu'une zone est déléguée à des serveurs dont le nom est dans la zone fille, la résolution DNS se heurte à un problème d'œuf et de poule. Pour trouver l'adresse de ns1.mazone.example, le résolveur doit passer par les serveurs de mazone.example, qui est déléguée à ns1.mazone.example et ainsi de suite... On rompt ce cercle vicieux en ajoutant, dans la zone parente, des données qui ne font pas autorité sur les adresses de ces serveurs (RFC 1034, section 4.2.1). Il faut donc bien veiller à les garder synchrones avec la zone fille. (Tanguy Ortolo me suggère d'utiliser « enregistrement de raccord » plutôt que « colle ». Cela décrit bien leur rôle, en effet.)

    Dans le bailliage (in bailiwick) : terme absent des textes DNS originaux et qui peut désigner plusieurs choses. Il est (très rarement, selon mon expérience) parfois utilisé pour parler d'un serveur de noms dont le nom est dans la zone servie (et qui nécessite donc de la colle, voir la définition précédente), mais le sens le plus courant désigne des données pour lesquelles le serveur qui a répondu, soit fait autorité pour la zone, soit pour un ancêtre de cette zone. L'idée est qu'il est normal dans la réponse d'un serveur de trouver des données situées dans la bailliage et, par contre, que les données hors-bailliages sont suspectes (elles peuvent être là suite à une tentative d'empoisonnement DNS). Un résolveur DNS prudent ignorera donc les données hors-bailliage.

    ENT (Empty Non-Terminal pour nœud non-feuille mais vide) : un domaine qui n'a pas d'enregistrements mais a des sous-domaines. C'est fréquent, par exemple, sous ip6.arpa ou sous les domaines très longs de certains CDN.

    [...]

    Changement rapide (fast flux) : une technique notamment utilisée par les botnets pour mettre leur centre de commande à l'abri des filtrages ou destructions. Elle consiste à avoir des enregistrements d'adresses IP avec des TTL très courts et à en changer fréquemment. »
    Wed Apr 13 19:33:15 2016 - permalink -
    - http://www.bortzmeyer.org/7719.html
    nomarkdown
  • Blog Stéphane Bortzmeyer: RFC 7766: DNS Transport over TCP - Implementation Requirements

    « Ce nouveau RFC décrit des exigences bien plus importantes pour l'utilisation du DNS au-dessus de TCP : non seulement les serveurs DNS doivent gérer TCP (ce qui a toujours été le cas), mais ils doivent le faire sur un pied d'égalité avec UDP. TCP n'est pas une solution de secours pour des cas rares, c'est désormais une alternative complète à UDP pour le service DNS. La règle est donc désormais plus radicale qu'avec le RFC précédent, le RFC 5966, maintenant retiré.

    Traditionnellement, surtout avant la sortie du RFC 5966, le DNS utilisait surtout UDP. Beaucoup de gens croyaient même, bien à tort, que TCP ne servait que pour des cas très particuliers comme le transfert de zones ou comme la récupération de données plus grosses que 512 octets. Ces croyances étaient déjà fausses lors de la sortie des RFC originels sur le DNS, mais le RFC 5966 leur a tordu le cou complètement. UDP a en effet des limites :

        Les données deviennent plus grosses (clés cryptographiques, par exemple, avec DNSSEC ou DANE), rendant indispensables TCP ou EDNS (RFC 6891),
        UDP, contrairement à TCP, n'offre aucune protection contre l'usurpation d'adresse IP, usurpation qui est utilisée dans les attaques par réflexion,
        TCP est utilisé par certaines solutions d'amélioration de la confidentialité des requêtes DNS, notamment « DNS sur TLS » (cf. le travail en cours au sein du groupe de travail DPRIVE).

    [...]

    Compte-tenu de la « triple poignée de mains » qui ouvre les connexions TCP, et de son coût en latence, il est fortement recommandé d'éviter de faire une connexion TCP par requête DNS. L'idée est donc, pour le serveur, de ne pas fermer la connexion dès qu'elle est inactive mais de la garder ouverte (comme le font HTTP 1.1 - RFC 7230 et HTTP 2 - RFC 7540) et, pour les clients, de ne pas fermer après la première requête (ce qu'ils font actuellement, en général). Mais, contrairement à HTTP, le DNS n'a pas encore de mécanisme de fermeture explicite de ces connexions TCP persistentes (certains ont été proposés). Il faut donc utiliser des heuristiques pour savoir quand fermer une connexion.

    [...]

    Ensuite, une requête ne devrait pas avoir à attendre la réponse à la requête précédente. Dès que le client a une question, il l'envoie (pipelining).

    Au passage, un client DNS gourmand pourrait être tenté d'ouvrir plusieurs connexions TCP avec le serveur. Notre RFC le déconseille (sauf pour des cas ponctuels comme les longs transferts de zone) : cela use des ressources, et c'est inutile, si on a le pipelining et le traitement en parallèle. Un serveur a donc le droit de mettre des limites et, par exemple, de ne pas accepter plus de N connexions TCP par adresse IP (avec N probablement strictement supérieur à 1 car il faut tenir compter des clients différents situés derrière une même adresse IP, par exemple en cas de CGN).


    Les serveurs actuels laissent en général les connexions assez longtemps (deux minutes par défaut, sur Unbound ou sur NSD), et ont un nombre de connexions TCP maximal assez faible. Cela permet des attaques par déni de service triviales (ouvrir N connexions TCP, attendre) ou même des simples accidents, où un petit nombre de clients, sans le faire exprès, épuisent complètement les maigres ressources allouées à TCP.  

    Bon, et le quantitatif ? C'est bien de dire qu'un serveur ne devrait pas laisser les connexions TCP inactives ouvertes trop longtemps, mais combien, exactement ? Le RFC recommande quelques secondes, pas plus, après le traitement de la dernière requête, sauf si on a reçu une demande explicite (voir le RFC 7828). À comparer avec les 120 secondes actuelles de NSD ou Unbound...  [...]

    Dans tous les cas, outre la coupure d'une connexion par un client qui a fini son travail, le client doit aussi se rappeler qu'un serveur DNS a le droit de couper les connexions TCP quand ça lui chante, et sans prévenir à l'avance. Le client doit donc gérer ces coupures (détecter et reconnecter). C'est d'autant plus important qu'un serveur peut redémarrer (perdant ses sessions TCP) ou que tout simplement, le routage peut changer, amenant le client DNS vers une autre instance d'un nuage anycast, instance qui n'a pas les sessions TCP en cours.

    [...]

    On a vu qu'un des problèmes potentiels dus à l'utilisation de TCP était la latence liée à l'ouverture des connexions. Outre la réutilisation des connexions pour plusieurs requêtes, un autre mécanisme peut aider à limiter ce problème (section 9) : TCP Fast Open (RFC 7413). En permettant aux données d'être transportées dès le paquet initial (le paquet SYN), il fait gagner du temps. Contrairement à d'autres tentatives précédentes de faire de l'« ouverture rapide », TCP Fast Open ne permet pas d'attaques par réflexion, grâce à un cookie. C'est donc une solution à considérer, pour les clients et serveurs DNS utilisant TCP.

    [...]

    Pour les amateurs de choix technologiques complexes, l'annexe A du RFC résume les avantages et les inconvénients de TCP pour le DNS. Avantages :

        Élimine l'usurpation d'adresse et donc les attaques par réflexion (cf. mon article JRES « Persée et la Gorgone »),
        Moins d'ennuis avec la fragmentation, grâce à la PMTUD.

    Inconvénients :

        Coût par requête plus élevé à cause de l'établissement de la connexion. On peut réduire ce coût en réutilisant les connexions,
        Davantage d'état à maintenir chez les clients et les serveurs,
        Risques de plantage des connexions TCP si on se connecte à un serveur anycast et que le routage change,
        Risque avec des middleboxes boguées (RFC 5625).

    [...]

    Question mise en œuvre, remarquez que les dernières versions de BIND ont un outil nommé mdig qui permet d'envoyer plusieurs requêtes DNS sur une même connexion TCP (en pipeline, sans attendre la réponse à la première). »
    Wed Apr 13 19:22:54 2016 - permalink -
    - http://www.bortzmeyer.org/7766.html
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