Quand Wikileaks publie des données persos de citoyen-ne-s qui n'ont pas de mandat électoral. Moche.
L’acte II intervient quelques jours plus tard aux Etats-Unis. Nous sommes le 22 juillet, soit trois jours avant l’ouverture de la convention d’investiture du Parti démocrate, à Philadelphie. Cette grand-messe a pour objectif de fédérer les troupes démocrates derrière la candidature de Hillary Clinton à la présidentielle américaine. Un événement symbolique choisi par WikiLeaks pour publier plus de 20 000 courriels internes du Parti démocrate: les DNC Leaks (fuites du Comité national démocrate).
Certains documents – de loin pas tous – révèlent que des hauts responsables du parti, en majorité favorables à Hillary Clinton, ont tenté de saboter la campagne de Bernie Sanders, son rival lors des primaires. Le 24 juillet, veille de la convention, la présidente du Comité national démocrate, Debbie Wasserman Schultz, démissionne. Trois jours plus tard, alors que le raout démocrate bat son plein, WikiLeaks court-circuite le discours très attendu de Barack Obama pour annoncer sur Twitter une nouvelle salve de révélations: les DNC Recordings, soit 29 enregistrements audio du Comité national démocrate.
L’onde de choc tant attendue par les partisans de WikiLeaks n’aura pas lieu. Les 29 fichiers MP3 mis en ligne se révèlent être des messages laissés sur la boîte vocale du parti. On y entend des militants favorables à Hillary Clinton se plaindre de la campagne de Bernie Sanders. Il y a aussi des messages plus personnels, mais pas l’ombre d’un scandale. Raillés par les médias américains, les DNC Recordings suscitent l’ire de plusieurs voix influentes dans le domaine de la sécurité informatique, car WikiLeaks n’a pas pris la peine d’expurger les données personnelles (coordonnées, numéros de passeport) des donateurs du Parti démocrate et d’anonymes cités dans les documents.
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WikiLeaks publie hâtivement, le 19 juillet, 300 000 messages électroniques piratés sur les serveurs informatiques du Parti de la justice et du développement (AKP), le parti au pouvoir en Turquie. L’organisation de Julian Assange explique avoir anticipé la publication à la suite du coup d’Etat manqué du 15 juillet. Quant aux documents, ils ne contiennent aucune révélation importante. Il s’agit d’abord de discussions de groupe banales et de messages envoyés par des citoyens au parti au pouvoir.
Seulement voilà : selon Rue89 qui cite l’universitaire Zeynep Tufekci, une Américaine d’origine turque, la publication par WikiLeaks est "irresponsable, sans intérêt public et potentiellement dangereuse pour des millions de gens". Visiblement, les messages épluchés par des journalistes turcs et des militants anti-censure n’apportent pas d’indices accablants. La chercheuse regrette également l’utilisation de ces données par certains journalistes : l’un d’entre eux aurait "écrit ainsi que 1 400 des mails sont liés à Fethullah Gulen, l’opposant exilé aux Etats-Unis et accusé par le régime turc d’être l’inspirateur de la tentative de coup d’Etat. Or Gulen signifie aussi «sourire» (le verbe et le nom), et une partie des mails en cause sont des publicités du genre «vacances souriantes en Méditerranée»" raconte Rue89.
Mais il y a pire : "WikiLeaks a posté sur les réseaux sociaux des liens vers des bases de données massives, «contenant des informations sensibles et privées sur des millions de gens ordinaires, dont une base particulière de presque toutes les femmes adultes en Turquie», électrices de 79 des 81 provinces du pays. Cette base de données contiendrait les adresses personnelles et d’autres données, y compris parfois les numéros de téléphone mobile, ainsi que le numéro d’identification nationale qui sert à accéder à divers services."
Suite aux accusations de l’universitaire et après des échanges tendus, le compte Twitter de cette dernière a été bloqué par Wikileaks qui assure ne pas avoir publié les bases de données mais seulement un lien "vers la source complète" des données. De fait, comme le raconte Le Monde, "cette source complète, publiée sur Archive.org par le chercheur en sécurité Michael Best, qui a depuis reconnu avoir fait une erreur, contenait en effet une base de données électorale quasi complète, incluant des données personnelles et les adresses postales de citoyens turcs. Archive.org a supprimé l’accès à ces documents". Une boulette donc.
Quels droits s'appliquent dans le virtuel plaqué sur le réel ? Droit des marques ? Droit d'auteur (et donc liberté de panorama) ? Droit de propriété ? Droit de propriété publique ? Très intéressant et ça se lit bien.
On pourrait à première vue trouver cocasse ce type d’interdiction proférée par un maire, mais les problèmes se sont multipliés ces dernières semaines à propos de villes ou de lieux publics ne souhaitant plus figurer sur la carte virtuelle du jeu. Aux alentours du 6 août dernier, la ville d’Hiroshima a par exemple demandé à Niantic de retirer les points d’apparition des Pokémon, les arènes et les « Pokéstops » – points d’intérêt localisés sur la carte où les joueurs peuvent venir récupérer des bonus – afin que l’application ne perturbe pas les commémorations du 71ème anniversaire de l’attaque nucléaire sur la ville. D’autres lieux comme le Musée d’Auschwitz-Birkenau, le Musée de l’Holocauste à Washington, la prison des Khmers rouges au Cambodge ou encore l’ossuaire de Douaumont en France ont demandé – et obtenu – d’être ainsi « rayés de la carte ». Niantic a même fini par mettre en place un formulaire pour signaler des centres d’intérêts inappropriés et en demander le retrait.
Ces divers incidents soulèvent une intéressante question, qui a très bien été posée dans un article du Guardian paru le mois dernier : « A qui appartient l’espace virtuel autour d’un lieu physique ? ». Le journaliste démarre son papier en faisant remarquer qu’il est interdit d’aller accrocher un panneau sur le mur d’une maison appartenant à quelqu’un. Mais l’application Pokémon GO « épingle » par contre de son côté des lieux sur la carte du jeu, en les transformant en points d’apparition de créatures à attraper, en Pokéstops ou en arènes où combattre d’autres joueurs. Le jeu en réalité augmentée ouvre comme une « quatrième dimension », au sein de laquelle des lieux physiques sont inclus. La question que l’on peut dès lors se poser est de savoir s’il existe un titre de propriété – publique ou privée – valable dans cette quatrième dimension, qui permettrait de s’opposer à ce que le lieu apparaisse dans le jeu.
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Je ne suis pas d'accord sur la classification des moteurs de recherche : il y a l'opt-out qui se matérialise par le droit à l'oubli mais il y a aussi de l'opt-in : un fichiers « robots.txt »à la racine d'un site web permet de donner ses instructions à chaque moteur de recherche dont "n'indexe rien ici".
Le problème, c’est que par définition l’opt-out manifeste la défaite du droit de propriété. Pour qu’une propriété existe juridiquement en tant que telle, il faut en principe qu’elle se manifeste par le biais d’un droit exclusif, nécessitant l’autorisation préalable du titulaire du droit de propriété pour obtenir la possibilité d’effectuer l’usage envisagé du bien. Il en est ainsi qu’il s’agisse de propriété corporelle ou intellectuelle. Dans le cas de Pokémon GO, le fait que Niantic ait mis en place un formulaire nécessitant une action positive pour se retirer de la base de données constitue en réalité déjà une manière de dénier l’existence d’un droit de propriété sur « l’espace virtuel » qui lui serait opposable [...]
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Ce qui arrive avec Pokémon GO n’est à vrai dire pas complètement nouveau. Les environnements virtuels ont toujours posé des questions complexes en lien avec la propriété. On se souvient par exemple que la question s’était posée de savoir quel titre de propriété les joueurs de Second Life, un des premiers univers persistants massivement multijoueurs, pouvaient revendiquer sur les « terrains » qu’ils achetaient dans le jeu. Des juridictions nationales ont même fini par reconnaître que des objets virtuels, comme des items magiques dans un MMORPG, pouvaient être « volés » à l’image des objets physiques. Mais ici avec Pokémon GO, la question est d’ordre différent : il ne s’agit pas en effet de savoir un si droit de propriété peut exister sur un objet virtuel, n’ayant pas de contrepartie dans l’environnement physique. Il s’agit au contraire de savoir si le détenteur d’un droit de propriété sur un lieu physique peut s’appuyer sur ce droit pour s’opposer à l’apparition du lieu dans un espace virtuel.
L’article du Guardian évoque du coup un précédent juridique ancien, mais bien plus approprié, que l’on peut rapprocher de cette situation. Il s’agit d’une décision de la Cour suprême des Etats-Unis datée de 1946 relative à ce que l’on pourrait appeler la portée du droit de propriété dans la troisième dimension. Un éleveur de poulets se plaignait en effet que ses bêtes étaient troublées par le passage d’avions au-dessus de sa propriété, à cause de l’implantation d’un aéroport tout proche. Il avait pour cela attaqué l’Etat américain et demandait une compensation financière. Pour appuyer sa revendication, il arguait du fait que le droit de propriété qu’il possédait sur le sol de son terrain s’étendait à l’air situé au-dessus jusqu’au ciel et qu’il était fondé à demander sur cet base une sorte de « droit de passage » aux avions qui traversaient « son » espace.
Or dans cette affaire, la Cour suprême a choisi de renverser cette conception extensive de la propriété, en considérant que l’ancienne doctrine n’était plus adaptée aux temps modernes. Elle a considéré que le propriétaire d’un terrain pouvait revendiquer son droit jusqu’à une hauteur qu’il était capable d’exploiter, mais pas au-delà. Cette décision, à première vue assez étrange, est très importante d’un point de vue théorique, car elle atteste que le droit de propriété ne saurait être considéré comme une prérogative absolue et qu’il peut recevoir des limites. [...]
On a eu des cas similaires en France. Je me souviens d'avoir étudié une histoire où quelqu'un avait installés des piquets pointus démesurés (hyper hauts) afin de crever les ballons d'air (météo, je crois) utilisés par son voisin afin d'empêcher ceux-ci de passer dans son espace aérien. La justice française avait tranchée comme la justice US de cet exemple : il y a des limites, les ballons n'étaient pas susceptibles d'emmerder le voisin donc ce dernier n'avait pas à installer des piquets pointus.
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On peut par contre se demander si le maire, plutôt que d’utiliser son pouvoir de police administrative, n’aurait pas mieux fait de s’appuyer sur le droit de propriété publique dont bénéficie une entité comme une commune sur les lieux qui lui appartiennent. On touche là à une question de domanialité publique, potentiellement intéressante. C’est à ce titre par exemple que les cafés doivent demander une Autorisation d’Occupation Temporaire (AOT) lorsqu’ils veulent installer des terrasses qui empiètent sur la voie publique. La personne publique prend alors un arrêté pour délivrer une autorisation et impose le paiement d’une redevance en contrepartie de cet usage, qui « privatise » le domaine public. On pourrait se demander dans quelle mesure l’implantation de points d’apparition de Pokémons, de Pokéstops ou d’arènes ne constituent pas des formes « d’emprise » sur le domaine public, soumises au droit de propriété publique des collectivités locales.
Certes, ce n’est pas le lieu physique en tant que tel qui fait directement l’objet d’un usage, bien que la transformation d’un lieu public en point d’intérêt sur la carte du jeu est susceptible d’y attirer un grand nombre d’utilisateurs, tout a fait réels, qui arpenteront l’espace. Mais pour que le droit de propriété publique soit opposable directement à la société Niantic, il faudrait qu’existe quelque chose comme un « domaine public immatériel » qui prolongerait le domaine public physique. Ce genre de questions se sont déjà posées, notamment à propos de la numérisation d’ouvrages anciens appartenant aux collections des bibliothèques publiques. Les livres en eux-mêmes, lorsqu’ils sont « anciens, rares ou précieux » font partie du domaine public de la personne publique de tutelle de la bibliothèque où ils sont conservés. Mais on a pu se demander si le droit de propriété publique s’étendait aux copies numériques réalisées lors d’opération de numérisation. Jusqu’à présent, la réponse de la doctrine juridique semble plutôt rejeter une telle hypothèse et ne pas reconnaître l’existence d’un « domaine public immatériel ».
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Comme on peut le voir ci-dessous, pour indiquer l’emplacement d’un Pokéstop dans le jeu, l’application utilise des photographies de bâtiments ou de monuments situés dans les espaces publics.
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On peut en conclure qu’il n’existe pas de droit à l’image des biens, mais que l’usage que l’on fait d’une telle image ne doit pas causer de trouble anormal au propriétaire. Or avec Pokémon GO, des cas ont déjà été rapportés d’attroupements autour de bâtiments, voire même d’intrusions dans des propriétés privées par des joueurs à la recherche de bestioles à attraper. Un propriétaire subissant ce genre de désagréments pourrait donc sans doute faire valoir l’existence d’un « trouble anormal » pour demander à ce que son bien soit retiré de la carte du jeu.
On peut aussi noter qu’une certaine forme de droit à l’image des biens a été confortée en juin dernier lors du vote de la loi Création. Le texte a en effet instauré un régime d’autorisation préalable pour l’usage de l’image des immeubles des domaines nationaux (ce qui correspond à des monuments comme le château du Louvre, Chambord, le Louvre, etc.)
L’application Pokémon GO s’appuyant sur un modèle économique à base de micro-transactions, on peut considérer que l’utilisation qu’elle fait des images de bâtiments revêt un caractère commercial. Les gestionnaire des domaines nationaux pourraient donc opposer valablement à Niantic ce nouveau droit à l’image des biens.
Plus encore que la propriété publique ou le droit à l’image des biens, la propriété intellectuelle paraît susceptible de « traverser le miroir » et de garder une force opératoire dans l’espace virtuel d’un jeu comme Pokémon GO.
Il est déjà arrivé à de nombreuses reprises dans le passé qu’une marque de commerce utilisée pour désigner un bien physique soit revendiquée pour une apparition de l’objet dans un environnement virtuel. Second Life a par exemple soulevé ce genre de questions lorsque des objets virtuels reproduisant des marchandises physiques ont été vendus dans des boutiques apparaissant dans le jeu. Une marque de voitures comme Ferrari s’est déjà opposée avec succès à ce que ses modèles de véhicules figurent dans un jeu vidéo. Si le nom d’un lieu est protégé par une marque – ce qui est fréquent -, il est donc probable que le titulaire puisse empêcher qu’il ne soit repris sur la carte d’un jeu comme Pokémon GO.
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Le droit d’auteur constitue un autre droit de propriété intellectuelle qui pourra traverser assez facilement le miroir de la réalité virtuelle. On constate en effet dans l’application Pokémon GO que plusieurs centres d’intérêt correspondent soit à des sculptures ou à des bâtiments d’architecte assez récents pour être encore protégés par des droits d’auteur, soit à des oeuvres de street art. Or des photographies de ces objets apparaissent alors dans l’application pour les signaler aux joueurs, ce qui constituent des actes de reproduction en principe soumis au droit d’auteur.
On est ici en présence d’usages d’oeuvres protégées par le droit d’auteur situées de manière permanente dans des espaces publics, ce qui renvoit à la question bien connue de la liberté de panorama. [...] En France, [...] Les deux restrictions cumulatives posées par le texte (personnes physiques seulement et pas d’usage commercial) font qu’une société comme Niantic ne pourra pas bénéficier de cette exception et s’expose donc à des attaques pour violation de droit d’auteur pour chaque photo d’oeuvre protégée figurant dans son application.
Je me mets ça de côté. Je me souviens, en effet, que ça a été le bordel à un moment pour savoir ce que l'opinion de la rue post-Charlie pensait et comment l'acheter pour dire nawak.
Le 11 janvier 2015, les attentats contre Charlie Hebdo et l’Hyper Casher ont suscité les plus grandes manifestations que la France ait connues depuis la Seconde Guerre mondiale. Assez vite cependant le profil et les motivations des manifestants ont été mis en cause. S’agissait-il de “bons citoyens” marchant pour la défense de la liberté d’expression, de la tolérance et des valeurs républicaines? Ou n’exprimaient-ils pas plutôt leur rejet de l’Islam et des Musulmans, comme le suggérait le démographe Emmanuel Todd (2015)? Pour répondre à ces questions cet article, inscrit dans la sociologie des mouvements sociaux, s’appuie sur les données d’une enquête nationale par sondage conduite deux mois après les attentats. Les résultats montrent, d’abord, que les manifestants pro “Charlie” avaient le profil habituel des manifestants mobilisés pour des causes post-matérialistes : surreprésentation des citoyens jeunes, urbains, instruits, de gauche et tolérants. Ensuite ils soulignent l’importance du facteur religieux. Les Musulmans ont été moins enclins à dire qu’ils avaient manifesté, et les Catholiques pratiquants à dire qu’ils auraient souhaité le faire.
[...] Few weeks later, however, other interpretations of the rallies took over. For instance, in a widely publicized and polemic essay titled “Qui est Charlie? Sociologie d’une crise religieuse” [Who is Charlie? Sociology of a religious crisis] (Todd, 2015), the demographer Emmanuel Todd, presented the rallies as an “imposture”, “a collective hysteria”, a “totalitarian flash”. According to him, the rallies did not represent the society at large, but mostly gathered an ageing, white, upper middle class and, above all, catholic France. In his analysis, the participants of the rallies are described as “catholic zombies”, who are not necessary churchgoers but who are impregnated by the authoritarian and hierarchical values of the faith they were brought up in. According to him, these participants actually did not defend freedom of expression against fundamentalism, they rather expressed the right to bash a minority religion, Islam
[...]
[...] Todd’s essay was based on the geography of the rallies, extrapolating from the social and religious structures and political traditions of the cities which had the largest numbers of protesters, with the risks of ecological fallacy it entails (Robinson, 1950)1. We argue, first, that survey data are more adapted to the exploration of individual characteristics than aggregated data; and second, that protests and street demonstrations cannot be fully understood without taking into account sociological and psychological theoretical existing models. [...]
[...]
The general atmosphere of the post Charlie rallies was legitimized by all state authorities and institutions, and sponsored by the major parties and associations. Thus, it was seen very positively by mainstream media, and was associated with compassion, tolerance and solidarity in the public (Truc, 2016). Indeed, republican fraternity and freedom of expression were the main arguments put forward to encourage participation in the rallie
[...] Reputations are not necessarily based on facts. Indeed, analysing 523 front-pages of Charlie Hebdo from 2005 to 2015, Mignot and Goffette show that two thirds of them dealt with politics, only seven percent with religion, mainly Catholicism. Only 1.3 percent targeted Islam specifically. Nevertheless, because the journal reproduced one of the Danish daily Jyllands-Posten Muhammad cartoons, in 2006, and once again in 2011, it had the reputation of an islamophobic and blasphemous newspaper. Before the January 7 attack, it was brought to court several times by Catholic fundamentalist and Islamic associations and its journalists have been regularly threatened [...] This could make religious Muslims as well as Catholics quite ambivalent toward the rallies for Charlie, and place them at odds with the general atmosphere. This should even more be the case for French Muslims, who may not only be reluctant to take sides with a journal which caricatures the Prophet, but who may also fear to be pointed at and stigmatized for the attacks. Such situations of cognitive dissonance may hinder the expression of pro-Charlie sentiments in these two groups
Oui, enfin les unes ne font pas tout, y'a aussi le contenu, hein. ;)
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[...] Indeed, if 30 percent of the respondents said they participated it would mean over ten million people marched on January 10–11, almost three times the estimated number given by the police and the media.
Haha, le conformisme social après coup. Mignon. :)
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[...] Respondents who feel close to the radical left (“Left Front”, and Trotskyist parties) were by far the more supportive of the Charlie demonstrations, even more than the supporters of the mainstream left (“Socialist Party”, in power). At the other end of the spectrum, the radical right supporters (“National Front”) were clearly the most opposed: only 17 percent said they participated to the rallies, while 46 percent did not and did not wish too. The mainstream right supporters (“Union for a Popular Movement”, now labelled “The republicans”) were a little less reluctant than those of the radical right (22 percent took part, 40 percent did not and did not wish to), but clearly less supportive than their party leaders, especially their president Nicolas Sarkozy.
[...]
[...] The data contradict the idea that the real motivation of the participants to the Charlie rallies was Islam bashing and anti immigrant sentiment. There were prejudiced people among those who participated to the rallies, but as expected, the declared rates of participation were the highest among the most tolerant respondents. In the two first most prejudiced quintiles the rate of declared participation is 20 percent, but in the last and least prejudiced one it is 46 percent, with 28 percent saying they wished they could have taken part. [...] Those who had negative attitudes toward Muslims and Islam participated less than those who had no particular animosity towards this religion and its followers. The only intriguing result is the very slight drop of declared participation in the fifth quintile (from 37.5 to 36.5 percent), the most tolerant towards Islam.
Catholics represented 57 percent of the sample. Among them, regularly practicing Catholics are 10 percent (N = 57), occasional practicing are 21 percent (N = 125), the rest are non practicing. Respondents of Muslim faith represented 5 percent of the sample (N = 49). Among them, a little less than half are practicing Muslims.
[...]
[...] Recent comparative research shows a greater reluctance of women for collective and possibly confrontational forms of political participation in general (rallies, meetings), and conversely a stronger inclination to private oriented forms such as boycotts, boycotts or petitions [...]
Answers to opinion polls depend on the time of the survey, the mode of data collection, the sampling methods, the questions asked, the way they are framed, etc. Our data has its limitations. For instance, it does not include indicators of emotions, that played a central part in the reactions to the Charlie attacks [...]
Last, one should note that this tolerant mood, after the bloody attacks against Charlie Hebdo and the Hyper Cacher, was not only a characteristic of those who took part in the rallies, it was shared by French society at large. One can see it on the Longitudinal Index of Tolerance constructed by Vincent Tiberj (Mayer, Michelat, Tiberj & Vitale, 2015 and 2016). Based on 69 series of questions asked in the CNCDH annual Barometer on racism (the survey used for this study) since 1990, the index, which varies from 0 (if every respondent gave the prejudiced answer to all the questions) to 100 (if every respondent gave the tolerant answer to every question), summarizes the ups and downs of tolerance toward minorities and migrants (for a contextualisation see Tiberj, 2008; also Cohu, Maisonneuve, & Testé, 2016). After the Charlie Hebdo and Hyper Cacher gunning, far from declining, the index gained 2 points (between the November 2014 and a special post Charlie March 2015 survey), and after the terrorist attacks of the Bataclan and the Stade de France, on 13 November 2015, 5 points (January 2016 survey). In other words, terrorism does not necessarily breed intolerance. [...]
Via je ne sais plus qui. :(
Depuis une loi de 2008, l'accord d'entreprise détermine le contingent d'heures supplémentaires, la répartition et l'aménagement des horaires. [...] Depuis 2004, les entreprises pouvaient même déjà négocier une réduction de la majoration des heures supplémentaires à 10 %, contre 25 % ou 50 % en l'absence d'accord ! Cela fait donc plus de dix ans que l'accord d'entreprise peut déjà déroger à un accord de branche dans quasiment tous les domaines, excepté en matière de salaire minimum, de classifications, de garanties collectives et de mutualisation de la formation professionnelle. Mais il est vrai que les branches professionnelles gardaient un droit de veto. La seule nouveauté de la loi El Khomri en la matière est de faire sauter ce droit d'opposition sur la rémunération des heures supplémentaires. [...]
Pour tenter de décourager FO de poursuive la contestation, le gouvernement a en tout cas ajouté début juillet deux domaines dans lesquels la branche aura la primauté sur l'accord d'entreprise quoi qu'il arrive. Il s'agit de l'égalité professionnelle et de la prévention de la pénibilité.
[...]
[...] Exit la réforme du périmètre géographique considéré pour apprécier la validité d'un licenciement économique. Ce ne sera finalement pas la France. Un groupe ne pourra donc toujours pas réorganiser une activité en difficulté dans l'Hexagone au motif qu'il fait du profit grâce à ses autres activités mondiales… [...]
Seule restera dans la loi l'inscription des motifs qui justifieront, aux yeux du juge, les difficultés économiques et donc l'utilisation légitime du licenciement économique, afin de rassurer les entreprises sur leur capacité à y recourir sans risquer une annulation. Parmi ces motifs figurent « une baisse des commandes ou du chiffre d'affaires, des pertes d'exploitation, une dégradation de la trésorerie ou de l'excédent brut d'exploitation ou tout élément de nature à justifier de ces difficultés ».
[...]
Concrètement, une entreprise pourra renégocier le temps de travail et les salaires dans le but de conquérir de nouveaux marchés et de signer de nouveaux contrats. Seule limite, le salaire mensuel du salarié ne pourra pas baisser. Mais son salaire horaire, lui, pourra mécaniquement diminuer si son temps de travail augmente alors que son salaire mensuel reste le même. Pierre Gattaz, le patron du Medef, y voit une très bonne mesure qui permet, concrètement, de « contourner les 35 heures ».
Un salarié qui refuserait de se voir appliquer l'accord pourra être licencié par l'employeur. Mais il s'agira alors d'un licenciement économique, plus protecteur pour l'employé (mais assumé par Pôle emploi, pas par l'entreprise), et non d'un licenciement pour motif personnel comme prévu par la version initiale du texte.
Dès la présentation officielle du projet de loi, fin mars, le gouvernement a renoncé au plafonnement des indemnités prud'homales en cas de licenciement jugé sans fondement [...]
[...] À partir de 2017, le CPA regroupera donc, tout au long de la vie, le compte personnel de formation (CPF), le compte de prévention de la pénibilité et un nouveau « compte engagement citoyen » [...]
http://droit-finances.commentcamarche.net/faq/52536-loi-el-khomri-loi-travail-ce-qui-va-changer :
La durée maximale de travail par jour est aujourd'hui fixée à 10 heures. La réforme prévoit d’augmenter cette limite pour la porter à 12 heures. Cette hausse ne pourra être mise en place que par accord collectif. Elle devra nécessairement répondre à une augmentation de l’activité de l’entreprise ou à des motifs d’organisation.
[...]
Le projet modifie les règles applicables à la validité des accords d’entreprise. Ils devront désormais être majoritaires, c’est-à-dire signés par des organisations syndicales représentant au moins 50 % des salariés. Mais le texte prévoit aussi la possibilité de mettre en place un référendum d’entreprise à la demande des syndicats représentant moins de 30 % des salariés. [...]
Le texte supprime également la visite médicale d'embauche systématique pour recentrer le dispositif sur les salariés exposés à des risques particuliers. Les autres salariés ne passeront plus désormais qu'une visite "d'information et de prévention" dispensée par un professionnel de santé (une infirmière par exemple) au moment de l'embauche. Les visites médicales périodiques, qui ont actuellement lieu tous les deux ans, seront également plus espacées dans le temps.
La loi instaure également un droit à la déconnexion pour les salariés, notamment ceux au forfait jour ou en télétravail. Les modalités d'application de ce droit doivent être définies à l'échelle de l'entreprise.
Le texte prévoit également d'autoriser l'employeur à remettre un bulletin de paie électronique à ses salariés, ces derniers conservant toutefois le droit de s'y opposer en demandant une remise de leur bulletin de salaire sous forme papier.
Le congé exceptionnel d'un salarié en cas de décès d'un enfant sera porté de deux à cinq jours, celui pour la mort des parents et beaux-parents, d'un frère ou d'une sœur, passera d'un à deux jours. La période d’interdiction du licenciement pour les mères revenant de congé maternité sera allongée de 4 à 10 semaines.
Le règlement intérieur des entreprises peut «contenir des dispositions inscrivant le principe de neutralité et restreignant la manifestation des convictions des salariés», dans certaines limites.
La loi sur la biodiversité a été adoptée le 20 juillet après quatre ans de préparation. Elle prévoit notamment l’interdiction des pesticides tueurs d’abeilles à partir de 2018 (avec des dérogations jusqu’en 2020) et des cotons-tiges en plastique à compter de 2020, la reconnaissance du préjudice écologique et la création d’une agence française pour la biodiversité, qui sera présidée par Hubert Reeves. En revanche, la majorité a renoncé à taxer l’huile de palme, à interdire le chalutage en eaux profondes ou à reconnaître du statut d’être sensible des animaux sauvages.
Une réforme votée le 1er août va faciliter, à partir de 2020, l’inscription des Français sur les listes électorales. Ils pourront notamment s’inscrire tardivement – jusqu’à un mois et demi avant un scrutin, tandis que les Français naturalisés seront inscrits d’office.
Une loi sur l’enfouissement des déchets radioactifs votée le 11 juillet va permettre de poursuivre le projet de Centre industriel de stockage géologique dans le sous-sol de la commune de Bure (Meuse), qui doit entrer en service en 2025.
GPA : la majorité PS a rejeté une première proposition qui renforçait les sanctions contre le recours à une mère porteuse à l’étranger, jugeant que la loi actuelle suffit à dissuader cette pratique. Elle a également repoussé la demande de la droite d’inscrire dans la Constitution le principe d’indisponibilité du corps humain, la jugeant inutile, voire dangereuse à terme, car elle pourrait, selon elle, être utilisée contre l’IVG, le don d’organe ou le don du sang.
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Energie : deux ordonnances ont été prises pour faciliter l’autoconsommation d’électricité (produite chez les usagers) et la production d’électricité par énergie renouvelable.
Voitures autonomes : une ordonnance a autorisé l’expérimentation des voitures sans conducteur sur les routes, dans l’idée de faire de la France l’un des pionniers du secteur.
Victimes du terrorisme : la nouvelle médaille nationale pour reconnaître les victimes du terrorisme
Discriminations : les anciennes commissions départementales de promotion de l’égalité des chances et la citoyenneté ont été remplacées par des comités opérationnels de lutte contre le racisme et l’antisémitisme
Heu ? Et le reste des discriminations ? Sexe, handicaps, etc. ?
Aides à la presse : un décret du 26 août a créé un nouveau fonds de soutien « à l’émergence et à l’innovation dans la presse » de 2 millions d’euros, qui doit soutenir davantage les petits éditeurs.
Oui, l'innovation, c'est çaaaaaa : http://shaarli.guiguishow.info/?zrUIiQ
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Transition énergétique : interdiction de la vaisselle en plastique d’ici 2020, [...]
pan
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Allocation jeunes diplômés : instauration d’une aide à la recherche du premier emploi (ARPE) : entre 100 et 550 euros pourront être versés pendant quatre mois maximum aux jeunes diplômés de moins de 28 ans qui n’ont pas encore trouvé d’emploi.
Chômage : lancement du dispositif expérimental « zéro chômage longue durée », une aide publique incitant les entreprises de l’économie sociale et solidaire à embaucher des chômeurs de longue durée.
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Immigration : définition des contours du nouveau « contrat d’intégration républicaine » que doivent signer les étrangers souhaitant s’installer en France et nouvelles modalités d’accueil et de répartition des demandeurs d’asile mineurs non accompagnés.
:/
Via SebSauvage, je crois.
Bon, rien de neuf, ça fait longtemps que je lis des choses sur cette personne mais je ressors ça (qui date de mars 2015, attention) à l'occasion de cet article : https://reflets.info/jean-paul-ney-la-fachosphere-et-twitter/ . Histoire que chacun-e puisse se faire une idée.
Portrait d'un personnage sulfureux qui s'est notamment illustré en livrant, à tort, à la vindicte populaire le nom d'un lycéen lors des attentats de Charlie Hebdo.
[...] Prof de boxe en banlieue, prisonnier en Côte d'Ivoire, candidat aux régionales de 2010 sur une liste dissidente UMP, conseiller en sécurité informatique... A côté du journalisme, le gaillard de 38 ans a fait tout et n'importe quoi dans sa vie. Sans qu'on sache qui il est vraiment au fond.
Moins de 12 heures après la tuerie à Charlie Hebdo, Jean-Paul Ney balance sur Twitter une de ces torpilles dont il a le secret. "On vous tiens (sic) enfants de putains", éructe-t-il. Avec ce message, il publie un avis de recherche avec trois noms: Saïd Kouachi, Chérif Kouachi, et Hamyd M. [...] Dans ce tweet, le journaliste donne les noms des deux terroristes. Mais il en livre aussi un troisième à la vindicte populaire. Celui d'un lycéen qui sera associé, à vie, à une tuerie avec laquelle il n'a rien à voir, jusqu'à preuve du contraire. [...]
Jean-Paul Ney, c'est un peu le journalisme-fonce-dans-le-tas. Sortir le lance-flammes sans trop se soucier des dégâts. "J'ouvre ma gueule, j'ai pas de problème avec ça, se justifie l'intéressé. Ce qui est en train de se passer, je l'ai prédit dès 2005. J'ai pas envie que dans 15 ans on me dise: 'Vous êtes journaliste, vous saviez, mais vous n'avez rien dit.' Je suis un peu comme un procureur", plaide même celui qui bénéficie d'une protection policière depuis les attentats de Paris
[...]
[...] Dans l'univers des médias, Jean-Paul Ney sent le soufre. Un temps invité sur BFM TV et i>Télé en tant qu'expert, le bonhomme n'a plus droit de cité que sur la confidentielle chaîne i24 News. A l'ESJ Paris, où il a donné pendant plusieurs années des cours de journalisme en "zones sensibles", on explique, non sans gêne, qu'il ne collabore plus avec l'établissement. Ce drôle de personnage faisait en tout cas forte impression auprès des étudiants quand il exhibait des armes en classe et leur faisait mettre des gilets pare-balles et des casques...
[...]
Le journaliste de l'agence Capa, Jean-Paul Billault, a enquêté à l'époque sur cette affaire et a également rencontré l'ex-prisonnier à son retour en France. "Ney est ingérable, incontrôlable. Il recherche la notoriété, tranche-t-il. C'est toujours compliqué de savoir à quoi il joue car il aime se faire passer pour un idiot. On ne sait jamais si c'est vrai ou c'est faux. En fait, il peut nous surprendre à chaque fois."
Attention à ne pas résumer Jean-Paul Ney à un bouffon pour autant, prévient Jean-Paul Billault. "Il a trempé dans beaucoup de milieux, il sait passer là où les autres ne passent pas, glisse-t-il. Il a un certain talent, des facultés et des réseaux que beaucoup n'ont pas. Il a des informations de première main, mais personne ne lui fait confiance parce qu'il est bordeline. Il ne respecte pas les canons du journalisme."
En gros, c'est un bouffon utile ? Certain-e-s ont besoin de lui pour faire fuiter des infos, d'autres avaient besoin de lui pour faire le clown à l'antenne. OK. Un homme qui s'invente une vie (voir les archives de Kitetoa) et qui confond faire les choses bien et faire les choses avec les meilleures intentions ? :S
L'autre jour, je suis tombé sur ce proxy qui pointe vers Mediapart. Et alors ?! On est connecté avec le compte du gestionnaire de ce proxy donc on a accès aux articles tant que la personne paye son abonnement. Oui, c'est de la mutualisation d'un abonnement à Mediapart. J'ai trouvé ça génial niveau acccès à l'information pour tous et toutes. Oui, niveau droit d'auteur, ça en jette beaucoup moins.
Je me suis également immédiatement interrogé sur le fonctionnement technique. Bon, on devine sans peine que c'est un proxy. Mais comment injecte-t-il / ajoute-t-il le cookie du gestionnaire du proxy ? Sur #arn, Blusky m'a rappelé qu'un cookie, c'est juste un entête HTTP comme les autres donc il suffit de trouver la directive qui permet l'ajout d'un header dans le mode proxy et lala.
Avec nginx, ça se formule comme cela :
server {
listen 80 default_server;
listen [::]:80 default_server;
location / {
proxy_pass https://www.mediapart.fr/;
proxy_set_header Cookie "<blabla>";
}
}
À la place de <blabla>, il faut mettre la valeur de votre cookie, que l'on récupére avec Firebug. On rédémarre nginx et c'est prêt. Ça fonctionne avec tous les site web (moyennant les réserves ci-dessous).
Bon, forcément, ça suppose que le site web que l'on proxifie soit cool genre il tolère le changement d'adresse IP. Sinon, il faudra se connecter au site web depuis votre serveur (avec du SSH port forwarding ou en laissant le proxy transférer les cookie entre le client et le site web destinataire, par exemple) et récupérer le cookie depuis votre serveur.
Forcément, ça suppose que le site web que l'on proxifie ne déconnecte pas ses utilisateur-rice-s régulièrement.
Forcément, il faut faire gaffe au vol de compte et/ou à la fuite de données persos donc il faut faire ça avec un compte dédié au proxy. Sur Mediapart, on évite cela puisque les infos persos, abos & co sont gérés sur moncompte.mediapart.fr, qui ne fait pas partie du domaine proxyfié. ;)
Pour les sites web accessibles en IPv4 et en IPv6 et qui sont chatouilleux genre ils n'acceptent pas que l'IP change, c'est un peu plus compliqué car, pour une raison qui m'échappe, nginx utilise son IPv6 pour demander la page puis un mix entre son IPv4 et IPv6 pour demander chacune des ressources. J'imagine que c'est pour optimiser le temps de chargement. proxy_bind <ipv4>; ne permet pas de changer ce comportement. Pas plus que resolver <IP_resolver_DNS> ipv6=off;. La seule solution que j'ai trouvée c'est d'ajouter une association <IPv4> <domaine> dans /etc/hosts. :-
Une liste de résolvers DNS ouverts. Histoire que la communauté shaarli arrête de citer uniquement FDN à chaque blocage idiot.
89.234.141.66 | 2a00:5881:8100:1000::3 | recursif.arn-fai.net
89.234.186.18 | 2a00:5884:8218::1 | log.bzh
80.67.188.188 | 2001:913::8 | ns0.ldn-fai.net
Les faits commencent à dater mais je me mets ça de côté :
En effet dans son réquisitoire devant la chambre de l’Instruction de la cour d’Appel de Paris, dont l’audience aura lieu ce jour à 14 heures, le procureur général près de la Cour d’Appel de Paris écrit « Enfin la découverte en perquisition chez X d’un document d’un syndicat d’avocat intitulé : manisfestants–e-s : droits et conseils en cas d’interpellation vient corroborer la volonté manifeste de participer à des actions violentes en cours de manifestation puisqu’il prend des éléments sur la conduite à tenir en cas d’interpellation ».
Ainsi le SAF est accusé d’encourager la violence au seul motif de faire connaître leurs droits aux manifestants par la production d’un document intitulé « info juridiques » et contenant des informations exclusivement juridiques.
Le SAF s’élève de la manière la plus énergique contre la motivation des réquisitions du Parquet Général qui considère que la possession d’un tract distribué par le SAF afin d’informer les citoyens – tous les citoyens – de leurs DROITS dans l’hypothèse d’une interpellation constituerait une présomption de violences !
[...]
Le seul fait qu’une telle idée ait pu germer dans l’esprit d’un magistrat de la République démontre le fossé existant entre les citoyens et ceux qui sont censés faire respecter la loi.
Ainsi connaître ses droits est présumé un acte subversif et l’avocat, professionnel du droit en deviendrait complice.
Il est de la mission de ceux qui assurent LA DÉFENSE des justiciables, de TOUS les justiciables, qu’ils soient auteurs ou victimes d’infraction, de les informer de leurs droits.
Le Canard Enchaîné évoquait un jour le livre « Face à la police / Face à la justice - Guide d'autodéfense juridique ». Je ne l'ai pas encore acheté, c'est dans ma TODO mais le titre me rappelle furieusement le guide de l'autodéfense numérique (https://guide.boum.org/), donc ça doit être bien. :D
Via https://twitter.com/MaitreMo/status/738605278313095176 via je ne sais plus qui.
Pour l'instant, c'est ce que je retiendrais du Brexit. En gros : ça ne va pas changer grand'chose : l'Angleterre signera 3 tonnes d'accords & co et basta. C'est pour ça que je ne crois pas à l'écroulement de l'économie UK : car rien ne va fondamentalement changer. Même chose quand je vois Berlin et Paris se battre pour décrocher le rôle de future City.
Même chose pour l'aspect politique : rien ne changera. Il n'y a pas que le Brexit qui génère de la défiance vis-à-vis de l'UE chez les citoyens-ne-s mais aussi les coups contre le Peuple (coucou le traité européen constitutionnel de 2004-2005), les accords de libre échange imposés (coucou CETA et ACTA, entre autres), le fait que l'UE est incapable de causer d'autre chose que de commerce, de marché unique, tout ça, etc. Et tout cela n'est jamais remis en question. Je trouve ça fort de café de faire porter le chapeau de la merde ambiante à la seule Angleterre.
Via je ne sais plus qui. :(
Les données d’activité du .fr sont maintenant disponibles gratuitement le 15 de chaque mois. Vous pourrez ainsi réutiliser ces données à des fins d'analyse de marché, d'analyse géographique, de veille ou de toute autre activité créatrice de valeur ajoutée.
Trois jeux de données offrant un aperçu exhaustif de l’activité du .fr :
*Les données relatives aux noms de domaine avec leurs principales caractéristiques - Données géographiques, date de création, nom du bureau d’enregistrement, etc. ;
- Les principaux indicateurs d’activité du .fr - Parc, Créations, Renouvellements, etc. suivant les principaux axes d’analyse (temps, géographique, type de titulaire, etc.) ;
- La liste des bureaux d’enregistrement accrédités par l’Afnic pour le .fr.
Des données historisées et une forte fréquence de publication :
- Des données mises à jour chaque mois ;
- Une profondeur temporelle de plus de deux ans dès le lancement ;
- La conservation dans les années à venir des historiques publiés.
Ce qui me gonfle, c'est que la justice sait très bien s'occuper des lanceurs d'alertes mais pas du cabinet d’audit PricewaterhouseCoopers (LuxLeaks). Même chose pour les révélations Snowden. Même chose pour les Panama Papers bien vite oublié après que Michel Sapin ait promis que le fisc ira chercher le fric qui lui est dû. Même chose pour l'industrie de la surveillance de masse (on est encore au stade de l'information judiciaire).
Les seuls cas où les alertes ont abouties dont j'ai connaissance, c'est Irène Frachon (Médiator) et Stéphanie Gibaud (UBS). Et encore, dans le deuxième cas, SG a gagné son procès pour harcèlement moral et le fisc dit avoir récupéré son dû, comment je vérifie ?
C'est un peu léger et c'est déprimant.
De bonnes remarques sur l'entreprenariat, la fable de la prise de risques "idiots", la confort et la sécurité de l'emploi qui dégagent le maximum de potentiel des gens, etc.
La fable entrepreneuriale c’est celle qui valorise la prise de risque et l’inconfort extrême de l’entrepreneur, comme un chevalier qui va combattre un dragon pour l’honneur et la gloire.
On raconte de belles histoires en y recréant une noblesse, celle qui a pris des risques et vécu l’inconfort pour créer la valeur de demain, les emplois, la prochaine révolution. Il y a eux et les autres, dans ces derniers les pires étant les salariés, les syndicalistes et les fonctionnaires.
La belle romance permet de valoriser soi et ceux de son rang, puis de barrer la route à toute critique sur les travers négatifs des activités.
La fable s’entretient et certains finissent par y croire, par voir de la valeur dans la prise de risque et l’inconfort, comme une médaille et un aboutissement.
Foutaises que tout cela. Savoir prendre des risques est important. Les prendre effectivement est souvent nécessaire. Savoir les éviter est la plus grande qualité.
Si on peut obtenir les mêmes effets positifs sans passer par la prise de risque, le faire quand même est juste du masochisme. À la limite chacun ses plaisirs, mais c’est aussi jouer à la roulette avec les finances des investisseurs, avec les vies de famille des collaborateurs, avec l’équilibre des sociétés prestataires et partenaires.
Ces risques, cet inconfort, ne sont que des outils, des leviers, et plutôt de ceux à manier avec précaution. Quand certains les voient comme l’objet même de l’activité entrepreneuriale, je ne peux me retenir de repenser à la maxime « quand le sage pointe la lune, l’imbécile regarde le doigt ».
[...]
Un jour les gens comprendront que le confort et la sécurité permettent de travailler avec les gens à leur plein potentiel. Le stress et le risque ne sont là qu’à défaut de savoir ou de pouvoir le faire. Ça revient à travailler contre les gens qu’on met dans une telle situation. Quand c’est de soi-même dont on parle et que c’est volontaire, il faut consulter.
[...]
Ce sont ceux qui se réjouissent par défiance qui me gênent le plus. Ils fêtent ça comme une victoire, comme une justice reprise sur les élus et les fonctionnaires, comme un besoin pour remettre élus et hauts fonctionnaires dans la réalité, voire comme ça de moins à payer en tant que contribuable.
C’est très simple. Que son aventure réussisse ou non, soit Fleur Pellerin reste dans le privé, soit elle revient à son poste dans le public. La dernière alternative n’est possible qu’avec la mise en disponibilité à laquelle elle vient de renoncer.
Si elle reste dans le privé, à part le plaisir sadique de la savoir dans la panade si elle se plante, il n’y a strictement rien à gagner à cette démission. Rien. Pas un kopeck. Et je ne prends personnellement jamais de plaisir à contempler le malheur des autres.
Si elle revenait dans le public on aurait par contre une haute fonctionnaire avec une expérience significative récente dans le privé, à l’heure où on fustige la déconnexion des élites publiques avec ce qui s’y passe.
[...]
On peut discourir autant qu’on veut sur l’injustice de la mise à disponibilité des fonctionnaires, mais il n’y a rien à se réjouir du cas individuel.
Même collectivement, ce système est clairement à l’avantage des contribuables. Il permet d’encourager les fonctionnaires à explorer et se faire d’autres expériences. Il permet ensuite potentiellement à la fonction publique d’en profiter, sans rien débourser.
[...]
Non, ce qui serait intelligent serait d’au contraire encourager tous les grands groupes à mettre en place un système similaire. C’est impossible à tenir pour des petites structures mais, dès qu’on parle de milliers ou dizaines de milliers d’employés, la société a la masse pour assumer ces départs et retours sans mettre en péril l’activité.
Le « Congé pour création d’entreprise » évoqué dans les commentaires, ce n'est pas encore ça.
Via je ne sais plus qui :/
À la base, j'avais mis de côté un chiffre actualisé relayé sur Twitter par Stéphane Bortzmeyer. Mais vu que je l'ai paumé, je substitue par cet article. :/
Ainsi aujourd’hui, selon les informations fournies par les opérateurs à l’Arcep, « plus de la moitié du trafic acheminé sur les réseaux d’accès à internet en France est remis par seulement 5 systèmes autonomes (correspondant à des fournisseurs de services, hébergeurs ou intermédiaires techniques), sur les 60 000 qui composent l’internet« .
[...] Elle est due aux mastodontes que sont devenus les Google, Apple, YouTube, Facebook, Amazon et consorts, et au poids que représentent des réseaux intermédiaires comme celui d’Akamai. [...]
[...]
Ainsi selon les données déclarées à l’Arcep, « la part de trafic chiffré sur internet, vue par les FAI en France, représenterait près de 50 % à la mi-2015, contre 5 % environ en 2012.
Et on est OK pour pour produire ces stats en étant FAI, t'es obligé de faire du DPI, c'est-à-dire de monter bien plus haut que la couche 3 à laquelle ton rôle d'opérateur réseau te confine normalement ? :))))
ÉDIT DU 27/10/2016 À 20H45 : J'ai retrouvé le tweet/document que je cherchais : http://www.connectedcaribbean.com/wp-content/uploads/2016/06/CarPIF-2016-Peering-Ecosystem.pdf
- In 2007 there were literally 1000’s of ASN’ which generated 50% of all Internet traffic
- Today in 2016 10 ASN’s generate 70% of all consumer traffic
FIN DE L'ÉDIT
Je n'avais rien noté sur ça non plus…
Déposé le 11 décembre devant l’Assemblée nationale, le projet de loi « pour la croissance et l’activité » aura fait couler beaucoup d’encre. Initialement tourné vers des questions relatives au travail du dimanche ou aux professions réglementées, le texte s’est rapidement transformé en un véritable « fourre-tout ». Après des semaines de débats – et ce en dépit de l’utilisation répétée du 49-3 – la loi Macron s’est étoffée de plusieurs dizaines d’articles.
[...]
Open Data sur les données de transport [...] Les nombreuses sociétés concernées par ces nouvelles obligations seront toutefois dispensées de s’y plier dès lors qu’elles auront élaboré des conventions « Open Data » homologuées par les ministères des Transports et du Numérique. D’importantes exceptions pourraient ainsi contrecarrer les intentions du législateur, puisque les transporteurs seront autorisés à réclamer des redevances ou à prévoir des « délais raisonnables » de mise en ligne de leurs données
Rétractation pour les achats en ligne. Il ne sera désormais plus possible d’exercer son droit de rétractation avant la réception d’un bien commandé sur Internet. Cette faculté devient réservée aux contrats conclus « hors établissement », c’est-à-dire lors d’un démarchage à domicile. Le délai reste dans tous les cas de 14 jours, mais cela signifie que le consommateur qui changera d’avis devra forcément renvoyer le produit qu’il vient de recevoir.
Gratuité pour les données du registre InfoGreffe. [...] L’INPI aura ensuite pour mission d’assurer dans un second temps « la diffusion et la mise à la disposition gratuite du public, à des fins de réutilisation, des informations techniques, commerciales et financières qui sont contenues dans le Registre national du commerce et des sociétés et dans les instruments centralisés de publicité légale ». Il faudra néanmoins attendre qu’un décret ministériel confirme que la publication de ces données se fera dans un format ouvert propice à l’Open Data. Les informations expressément concernées (statuts, comptes annuels, extraits Kbis) pourraient également être précisées à cette occasion.
[...]
Pré-raccordement obligatoire des logements neufs (et rénovés) au très haut débit. Alors que les seuls immeubles collectifs neufs doivent aujourd’hui être capables de recevoir « par défaut » la fibre, cette obligation est étendue avec la loi Macron à tous immeubles individuels ainsi qu'aux maisons dont le permis de construire aura été délivré après le 1er juillet 2016. Ces logements seront tenus d’être « pourvus des lignes de communications électroniques à très haut débit en fibre optique », aux frais du propriétaire. Les immeubles faisant l’objet de travaux soumis à permis de construire (agrandissement d'un appartement, construction d’une terrasse, etc.) seront également concernés, à condition cependant que le coût des travaux d’équipement ne soit pas « disproportionné par rapport au coût des travaux couverts par le permis de construire ». Un décret en Conseil d’État devra préciser les modalités d’application de ces dispositions.
[...]
Démantèlement des cabines téléphoniques. Afin de compenser le coût de la résorption des zones blanches pour les opérateurs, le gouvernement a fait supprimer l’obligation qui incombait jusqu’ici à Orange d’installer et de maintenir des cabines téléphoniques sur l’ensemble du territoire
Un statut pour les « zones fibrées ». Afin de reconnaître ces territoires « où il est constaté que l'établissement et l'exploitation d'un réseau en fibre optique ouvert à la mutualisation sont suffisamment avancés pour déclencher des mesures facilitant la transition vers le très haut débit », Bercy pourra attribuer, après avis de l’ARCEP, un statut de « zone fibrée ». L’idée est de favoriser l’extinction du réseau cuivre, en augmentant par exemple les prix des abonnements au cuivre dans ces zones. Aucune mesure de la sorte n’est cependant inscrite directement dans la loi Macron. Il faudra en ce sens attendre le décret d’application de cet article.
[...]
Clarification des objectifs poursuivis par l’ARCEP. L’article L32-1 du Code des postes et des communications électroniques est complètement réécrit. Alors qu’il procédait jusqu’ici à une sorte d’inventaire à la Prévert, le législateur a procédé à une hiérarchisation, de telle sorte que le développement de l’emploi passe par exemple avant le respect, par les opérateurs, du secret des correspondances – qui prévaut désormais lui-même sur la protection de l'environnement et de la santé, etc. Le détail de cet article est accessible ici.
La loi Macron, c'est également la possibilité donnée à l'ARCEP de requalifier certains acteurs numériques en opérateurs, ce qui force ces acteurs à devoir collaborer, notamment dans le cadre des interceptions des communications. Voir http://shaarli.guiguishow.info/?yvAfAQ
La loi Macron, c'est aussi l'impossibilité d'obtenir la destruction d'un bien immobilier quand le permis de construire associé est annulé alors que le bien est achevé (sauf exceptions espace vulnérable, zone protégée, tout à). Cela force les assos de défense à agir en référé, pendant la construction. Voir http://shaarli.guiguishow.info/?8MaoYg
Ne pas confondre longueur et ennui
[...]
Les critiques sur celle-ci relèveraient quant à elle d’un malentendu. « Il faut prendre du recul pour analyser pourquoi on dit qu’un jeu est long. Je pense que c’est avant tout parce qu’on s’ennuie : on juge la répétitivité, pas la longueur » [...]
[...]
« Ce qu’on entend par durée de vie a beaucoup évolué en fonction des changements qu’ont subis les jeux vidéo au niveau de leurs structures », resitue Bojan Trajkov, doctorant en sociologie du jeu à l’université Paris-8 et membre de Ludopresse, un projet d’étude de la presse jeu vidéo francophone.
« Au début, la durée de vie, c’était plus ou moins synonyme de rejouabilité. Ensuite, un jeu avec une bonne durée de vie, était un jeu qui nécessitait beaucoup de temps de jeu effectif pour achever une première partie (typiquement les jeux de rôle, etc.). Et enfin, la durée de vie au sens moderne pourrait quant à elle se rapporter à la quantité d’activités annexes (nombre de quêtes subsidiaires, mini-jeux, courses chronométrées, objets à collecter, etc.) en plus des actions principales à accomplir. Ainsi, la longueur d’un jeu pourrait aujourd’hui se mesurer au contenu proposé dans son ensemble, non pas seulement au temps théorique nécessaire pour afficher les crédits. »
Le titre est sensationnaliste mais le contenu est intéressant.
Valery Bardin était à la tête d’un groupe de programmeurs du tout premier fournisseur d’accès à internet soviétique, baptisé alors Demos/Relcom. La première connexion du monde soviétique à internet avait été faite presque exactement une année auparavant, le 28 août 1990. Ce jour-là, les programmeurs de l’institut Kourtchatov, principal centre de recherche sur le nucléaire de l’Union soviétique, avaient échangé des e-mails avec une université d’Helsinki. Toutefois, ils avaient auparavant déjà établi des connexions avec des centres de recherches situés à Doubna, Serpoukhov et Novossibirsk.
Le réseau passait alors par les lignes téléphoniques et la bande passante était extrêmement limitée (il ne permettait que d’échanger des e-mails simples). Ils l’avaient baptisé Relcom (de l’anglais «RELiable COMmunications», «communications fiables»). Le cœur du réseau se trouvait dans le centre informatique de l’institut Kourtchatov, dirigé par Alexey Soldatov, le père d’Andreï. À l’été 1991, Relcom avait une ligne allouée avec Helsinki et le réseau interne soviétique avait atteint 70 villes, avec plus de 400 organisations qui l’utilisaient, parmi lesquelles des universités, des instituts de recherche, des hautes écoles, des agences gouvernementales…
Sur le plan technique, Relcom possédait deux quartiers généraux. Au troisième étage du centre informatique de l’institut Kourtchatov, quelques salles abritaient le serveur principal, construit sur le PC IBM 386. Des modems à 9.600 bits/seconde étaient connectés de façon permanente aux lignes téléphoniques internationales. L’autre QG était situé dans une maison quelconque sur les berges de la rivière Moscova, avec, au deuxième étage, une équipe de 14 programmeurs Demos, qui travaillaient jour et nuit à la réparation et à l’amélioration des logiciels, ainsi qu’à la maintenance du réseau. Ils avaient également un serveur de secours et un modem 9.600 bauds.
[...]
La connexion internet vers les villes autres que Moscou et au-delà des frontières de l’Union soviétique était capitale pour faire circuler les proclamations d’Eltsine et d’autres démocrates à travers le monde. Le canal principal était un groupe de discussion, talk.politics.soviet, disponible sur UseNet, l’un des premiers réseaux mondiaux de newsgroups internet fonctionnant sur de nombreux serveurs différents et ne dépendant donc pas d’un seul. Il était plein de messages inquiets et énervés postés par des Occidentaux. [...]
Les Occidentaux envoyèrent des messages de soutien à Eltsine et, cette nuit-là à Moscou (c’était le milieu de journée aux États-Unis), le soutien des Américains devint de plus en plus appuyé. Le réseau fut rapidement surchargé, ce qui entraîna momentanément des pertes de connexion. Inquiet, Alexey Soldatov était constamment au téléphone avec Bardin et lui demandait avec obsession de faire tout son possible pour maintenir la connexion.
[...]
Vers cette période, la télévision d’État annonça le décret n°3 des putschistes, qui restreignait les échanges d’informations avec l’Occident. Ce décret appelait à la suspension de toutes les télévisions et radios russes, notamment la nouvelle chaîne de radio démocrate Echo Moskvy, qui avait joué un rôle essentiel dans la résistance. Les putschistes déclarèrent que les émissions des radios et télévisions n’étaient pas «propices au processus de stabilisation du pays».
Visant à fermer tous les canaux de communication du pays, le décret assignait au KGB la tâche de le mettre en application.
En dépit des menaces, il n’y eut pas de débat au sein de l’équipe sur le décret n°3: tous étaient déterminés à garder les lignes ouvertes, même en sachant qu’ils prenaient des risques importants au niveau personnel.
«Nous étions déjà du mauvais côté, a déclaré Bardin, parce que l’échange d’informations était la raison d’être de Relcom. Quoi que nous fassions, nous serions les ennemis du régime.»
Là, on lui indiqua que son principal objectif devait être de faire fonctionner les émetteurs radio et de diffuser les proclamations d’Eltsine. «Eltsine m’a dit d’allumer tous les transmetteurs radio à ondes moyennes qui se trouvaient dans la partie européenne de la Russie», se souvient Bulgak. Ces transmetteurs constituaient le principal moyen de diffusion dans l’Union soviétique. Il y en avait dans tout le pays, avec pour chacun une couverture de 600 km.
La tâche n’était pas aisée, car tous les transmetteurs radio n’étaient pas sous le contrôle du gouvernement d’Eltsine, mais plutôt du ministère soviétique des Communications, qui était un échelon au-dessus. «Au ministère soviétique, trois personnes seulement connaissaient les mots de passe. Et sans mot de passe, aucun responsable de transmetteur n’allait allumer sa station», explique Bulgak. Il parvint à obtenir les mots de passe auprès d’un ami personnel.
Puis, avec ses propres contacts, Bulgak parvint à installer un transmetteur radio mobile sur un camion pour le conduire à Noginsk, à 60 km de Moscou, en plein dans la cour où Eltsine se cachait. Ils l’allumèrent immédiatement: si tout le reste échouait, ils pourraient au moins diffuser l’appel d’Eltsine jusqu’au centre de la capitale. Malheureusement, des dispositifs militaires de brouillage furent déployés en urgence dans le sud-ouest de Moscou afin de perturber la diffusion du transmetteur mobile de Bulgak.
Bulgak travailla d’arrache-pied toute la nuit, en faisant appel à ses contacts personnels à l’intérieur de l’Union. Le matin du 21 août, les transmetteurs furent allumés. Lorsqu’Eltsine descendit les marches de la Maison-Blanche, il parla dans un microphone qui était directement relié aux transmetteurs de Bulgak. Au ministère soviétique des Communications, ce fut la consternation.
Pendant que Bulgak fournissait un transmetteur à Eltsine, Relcom allait encore plus loin. Le premier jour du putsch, quelqu’un dans l’équipe de Bardin eut une idée qu’ils baptisèrent Regime n°1: il s’agissait de demander à tous les abonnés de Relcom de regarder par leur fenêtre et de décrire exactement ce qu’ils voyaient –juste les faits, pas d’émotion. Très rapidement, grâce à ces témoignages et aux informations des journalistes, Relcom eut une image assez précise de ce qui se passait dans le pays. Il devint clair que les chars d’assaut et les troupes n’étaient présents que dans deux villes (Moscou et Leningrad) et que le putsch était voué à l’échec.
La tentative de coup d’État prit fin le 21 août. En tout, durant ces trois jours, Relcom transmit environ 46.000 «unités d’information» à travers l’Union soviétique et dans le monde entier. Tout le monde ne s’en rendit pas compte à l’époque, mais Regime n°1 fut une idée révolutionnaire. Les émetteurs radio ne diffusaient l’information que dans un seul sens. Relcom marchait dans les deux sens, puisqu’il permettait à la fois de diffuser et de collecter des informations. C’était une structure horizontale, un réseau, un concept résolument nouveau dans ce pays qui avait été si longtemps sous le contrôle d’une oligarchie rigide, qui contrôlait tout. Dans les années 1950, la première photocopieuse soviétique avait été détruite parce qu’elle menaçait de permettre la transmission d’informations qui échapperaient au contrôle des instances dirigeantes. En 1991, le pouvoir de ces mêmes instances fut renversé par un réseau qu’ils ne purent contrôler.
Un autre principe fut démontré durant ces trois jours d’août 1991: les programmeurs firent ce qu’ils pensaient être juste et ne demandèrent la permission à personne. Ils agirent ainsi parce que la libre circulation des informations était menacée. Ils savaient aussi qu’ils avaient le soutien de milliers d’abonnés qui renforçaient leur réseau. C’était la toute première fois qu’internet jouait un rôle dans la politique russe. En mettant fin au monopole du Kremlin sur la diffusion et le partage d’informations, le réseau permit l’effondrement du projet des services de sécurité.
Ce n’est pas quelque chose que le Kremlin tolérerait aujourd’hui. Depuis 2011, les partenaires de Vladimir Poutine ne cessent d’essayer de mettre internet sous contrôle via un usage immodéré du filtrage, de la censure, de la surveillance et des pressions directes sur les plateformes russes ou internationales. Il y a peu, le ministère russe des Communications a fait connaître ses projets de nationalisation des éléments clés de l’infrastructure d'internet dans le pays, notamment des points d’échange internet.
[...]
Le Kremlin semble n’avoir toujours pas compris qu’internet est horizontal –Internet, c’est les gens. En 1991, ils ont partagé des informations sur les mouvements des troupes grâce à USEnet et aux e-mails. Aujourd’hui, ils utilisent les réseaux sociaux, mais il s’agit au fond de la même chose : du contenu généré par des les utilisateurs sans aucune autorisation.
Via je ne sais plus qui. :/
Intéressante suite de billets de blogs courts et illustrés sur l'interception de SMS et d'appels voix émis depuis / à destination d'un téléphone portable.
Via https://twitter.com/Korben/status/781499044774502400 via je ne suis plus qui.
[...] The author has a history of doing shady things, such as messing with AdBlock filters to whitelist ads on his own website. But what is even more serious is the fact that the author advertises on his website malware. Especially to Windows users. Every time NoScript updates itself, the users are shown the homepage of the extension.
If you’re a Linux user, change your browser’s user-agent to Windows in order to investigate. See that “PC slowing down?” banner? It’s hard coded by the author, who gets paid with every successful installation of malware crafted by UniBlue. Just look at the source how the banner is generated. It randomizes itself every time you refresh the browser in order to get away from Adblockers. This dogshit is something even ad networks would be proud of.
The author knows well what he is linking to and has made a great effort to obscure the code and created a mechanism to bypass Adblock.
22/56 sur Virustotal depuis la mi-octobre.
Les termes du billet son exagérés mais oui, il y a un problème de fond. :- Et on n'a pas d'alternatives à NoScript (uMatrix est laaaaaargement plus complexe et prise de tête et n'offre pas totalement les mêmes fonctionnalités).
L'EFF a sorti son extension pour navigateur qui a pour objet de bloquer toute sorte de traqueurs sur le web qui ne respecte pas l'entête HTTP « Do not track » (DNT).
Qu'est-ce que ça apporte ? L'EFF a fait le choix de ne pas avoir une liste de filtres (qui peut être soumise à des pressions comme la "publicité acceptable" d'Adblock Plus) et d'avoir une extension qui ne nécesite pas de configuration. Privacy Badger traque et mémorise tous les éléments que chaque page web appelle. Si un même prestataire utilise des traqueurs (cookies identifiants (pas juste un cookie « LANG=fr », quoi)), supercookies, pixel traqueur) et qu'il apparaît sur plusieurs pages consultées et qu'il ne respecte pas l'entête DNT, alors il est bloqué. Si des éléments bloquants sont importants pour des fonctionnalités clés d'un site web, alors Privacy Badger les autorisera mais supprimera les cookies & autres traqueurs. Comment on sait que des éléments sont trop importants ? On utilise une liste jaune : https://github.com/EFForg/privacybadgerchrome/blob/master/doc/sample_cookieblocklist.txt . Les critères de la liste jaune sont exposés ici : https://github.com/EFForg/privacybadgerchrome/blob/master/doc/yellowlist-criteria.md
À l'usage, je note deux "problèmes" potentiels :
On peut choisir de bloquer/débloquer chaque élément identifié par Privacy Badger donc le blocage est sous le contrôle de l'utilisateur donc c'est OK pour moi.
Privacy Badger remplace aussi les boutons « j'aime », « +1 » & co. C'est intéressant car ça a mis en exergue une question que je me pose depuis longtemps : quand t'as plusieurs extensions genre uBlock Origin + Disconnect + Privacy Badger, comment se passe l'analyse de la page, quel est l'ordre des extensions ? Je constate que Privacy badger passe avant uBlock Origin puisqu'il me remplace ces boutons "sociaux" par leur version statique alors que je ne les voyais plus jusqu'ici.
Licence = GPL.
Attention, il y a quelques limites documentées :
Qu'est-ce que j'en pense ? Que Privacy Badger ne va pas aussi loin que je pense qu'il est nécessaire d'aller : je ne veux pas de traqueurs tout court. Osef que ça prétend respecter DNT, je ne veux pas que mon navigateur web charge du code 3rd party distant à gogo. Du coup, l'extension n'est pas adaptée à mes besoins.
En revanche, je trouve le pragmatisme de cette extension intéressant : ça permet de la conseiller à des noobs. Mais, pour l'instant, je ne le ferai pas à cause du code couleur erroné comme je l'ai présenté ci-dessus.
Pour les utilisateur-rice-s expérimenté-e-s, je recommence de ne pas laisser Privacy Badger tout seul mais de le faire fonctionner en parallèle d'autres extensions, histoire de ne pas vous retrouver à poil quand un gros industriel de la traque déclarera faussement ne plus traquer personne et que Privacy Badger le croira.
Via https://twitter.com/bearstech/status/785051583558012928 via https://twitter.com/bluetouff qui m'ont rappelé l'existence de cette extension.