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——————————— January 12, 2019 - Saturday 12, January 2019 ———————————

Suite de la charge mentale ménagère :

  • Injonctions à la beauté, à la minceur, à être épilée, à être habillée "sexy" mais pas "comme une pute" et remarques désobligeantes pour celles qui osent s'éloigner de ces critères. Cela crée une charge implicite que tout le monde n'est pas capable de surpasser ou de neutraliser avec des stratégies d'évitement (ne plus se regarder dans un miroir, ne plus se faire prendre en photo, etc.) ;

  • Regards permanents, harcèlement, agressions ;

  • Contraception. Entre les hommes qui ne veulent pas utiliser de capotes "parce que c'pas la même sensation", la quasi-inexistence de méthodes de contraception masculines, le renouvellement des méthodes de contraception genre la pilule (avec le docteur X parti à la retraite, le docteur Y qui n'est pas disponible avant des mois et le docteur Z qui prend pas de nouveaux clients), la gestion des effets secondaires (genre avoir mal au bout des seins…), etc.

Je pense qu'une partie des injonctions "à la beauté" est aussi imposée aux hommes : être "gros", ce n'est pas bien vu, que tu sois un homme ou une femme ; tous les styles vestimentaires, toutes les barbes et toutes les coupes de cheveux ne sont pas permis sans devoir affronter le regard et les remarques désobligeantes de l'autre (je parle d'expérience), etc. Et tous les hommes ne sont pas plus capables de les surpasser que les femmes.

Les hommes ont aussi une charge mentale quasi permanente, basée sur l'injonction d'être viril, de ne pas exprimer des sentiments "de chochotte", de s'imposer, de résoudre les problèmes avec une quelconque forme de violence, de se défendre (savons-nous tous faire ?), etc. Elle est dénoncée par les féministes comme quelque chose d'indésirable, certes, mais, en attendant, elle existe, au même titre que les injonctions mentionnées dans cette BD.

Les commentaires me font me remémorer des situations que j'ai connues genre quand maman est malade au point de vouloir rester dans le lit, elle doit quand même s'occuper de l'enfant, notamment l'alimentation, alors que papa ne travaille pas. Bizarrement, quand c'est papa qu'est malade au point de rester au lit, maman doit s'occuper du gosse… et être aux petits soins de papa qui, sinon, pique sa crise (il est malade le pauvre chou, faut le comprendre, bordel !).

J'aime (ironie) les raisonnements qui s'appuient sur une inégalité d'accès à l'emploi pour justifier que les femmes ont plus de temps en dehors du boulot donc que c'est normal qu'elles portent plus de charge mentale ménagère. Même chose pour les inégalités de salaire qui augmenteraient légitimement la charge mentale professionnelle de l'homme (s'il perd son boulot, les conséquences financières seront plus importantes que si sa femme perd son boulot). Utiliser une situation pourrie (voire son maintien) pour justifier une autre situation pourrie… Ingénieux.

C'était donc bien cela ! Le nouveau roitelet de la presse, Daniel Kretinsky, voulait disposer d’instruments d’influence pour renforcer son emprise industrielle dans l’Hexagone. Après avoir mis la main sur plusieurs fleurons de la presse (« Elle » et les magazines du groupe Lagardère, « Marianne », participation dans « Le Monde »), le milliardaire tchèque, qui a fait fortune dans le gaz et le charbon, vient de lancer une première OPA sur le marché électrique français. Ça tombe bien : les mastodontes Total, Engie et EDF sont en train de rebattre les cartes du nucléaire, du carbone et des énergies renouvelables.

Le 24 décembre, EPH, la holding de Kretinsky, est entrée en négociation avec Uniper France pour reprendre ses deux centrales à charbon de 600 mégawatts, situées à Gardanne (Bouches-du-Rhône) et à Saint-Avold (Moselle). Bâti sur les cendres du géant allemand E.ON, Uniper souhaite s’en débarrasser au plus vite. Trop salissantes, sur le plan social et politique…

Houille, houille !

Le 27 novembre, le gouvernement avait confirmé sa décision de fermer, d’ici à 2022, les quatre dernières centrales fonctionnant au charbon sur le territoire français. Qui peut bien avoir envie de risquer son image dans le business de la houille ? Sûrement pas EDF, ni Engie ! Comme de nombreux énergéticiens européens, les deux sociétés, liées à l’Etat, ont, au contraire, décidé de se « décarboner » en cédant leurs actifs polluants au profit du solaire, de l’éolien ou de la biomasse. Au risque de perdre des activités très rentables. Même Total prétend se verdir : le 6 juillet, le pétrolier s’est offert Direct Energie, premier fournisseur « alternatif », desservant 2,1 millions de clients en France et en Belgique. Un cadeau à 1,4 milliard d’euros.

Daniel Kretinsky s’est fait une spécialité d’acheter à la casse des outils de production un peu cracra. Deuxième entreprise européenne émettrice de C02, EPH s’est hissée, en huit ans, au 6e rang des pro- ducteurs d’électricité européens, avec 6 milliards de chiffre d’affaires… et autant de dettes. Ainsi, en 2016, la holding a arraché au suédois Vattenfall 8 000 mégawatts de tranches charbonneuses d’une valeur de 3,4 milliards d’euros dans deux régions d’ex-RDA.

Les mains sales

« Kretinsky parie sur le fait que, dans tous les cas de figure, il est gagnant, explique un spécialiste de l’énergie. Soit les pouvoirs publics ne parviennent pas à fermer les sites aux dates prévues, comme ce fut le cas en Allemagne après la sortie du nucléaire, soit il peut obtenir des subventions pour reconvertir les sites ou encore des indemnités en cas de fermeture définitive. »

Dans le Monopoly de l’énergie hexagonal, Kretinsky joue le rôle de l’éboueur-pollueur. En rachetant à Uniper deux centrales à gaz promises à Total, il évite au géant de l’or noir de gérer les plans sociaux. Peur des taches d’huile ?

« Daniel Kretinsky est en train de conduire une campagne de France plus rapide que Bonaparte », glissait récemment Yves de Chaisemartin, ex-propriétaire de « Marianne » (« Challenges », 6/12).

Reste à espérer que cette course s’achèvera à Austerlitz, dans le futur quartier du groupe « Le Monde », plutôt qu’à Waterloo…

Héhé, c'te pipeau de la repeinte en vert des géants de l'énergie. :)

Dans le Canard enchaîné du 2 janvier 2019.

Fin de l'enfant unique ?

Cinq and après avoir assoupli la règle de l’enfant unique, instaurée en 1979 pour limiter la surpopulation, la Chine « envisage, écrit “Le Figaro” (28/12), de mettre fin au contrôle des naissances » dès cette année.

Il faut dire que la Chine devient un pays de Vieux : ils seront 487 millions en 2050, soit 35 % de la population, si les couples continuent de se restreindre.


Importation de riz américain versus guerre commerciale

Pour nourrir ses habitants, la Chine a besoin de toujours plus de bols de riz. Et, comme le pays ne produit pas suffisamment, Pékin a dû se résoudre, humiliation suprême, à accepter d’en importer. Et pas de n’importe où : des Etats-Unis. Un accord (« historique », se réjouit le ministre américain de l’Agriculture) en ce sens a été conclu récemment, annonce « Le Figaro » (29/12).

Moralité : la « guerre commerciale » entre les Etats-Unis et la Chine souffre quelques exceptions.

Dans le Canard enchaîné du 2 janvier 2019.

Mercredi 26 décembre, tribunal de Valence. Quatre gilets jaunes comparaissent pour « violences en réunion sur personne dépositaire de l’autorité publique ». Ils sont plus ou moins jeunes : Maria B., 37 ans, une boulangère bio inscrite au PC ; Tom, 22 ans, en formation de cordiste ; Dylan, 22 ans, ancien pompier, en BTS ; et Stéphane, 40 ans, vidéaste. Ils ne se connaissent pas. Aucun d’eux ne gagne plus que le smic. Leur casier est vierge,

Après la dispersion d’une manif de gilets jaunes dans une zone commerciale, ils se trouvent pris dans une échauffourée. Alors qu’un homme ceinture un manifestant au sol, des gilets jaunes s’attroupent. Un individu s’interpose. Ils interviennent, échangent quelques coups avec les deux sans gilet. Pas de chance, c’étaient deux policiers en civil ! Celui qui est à terre est le directeur départemental et l’autre est son chauffeur. Leurs brassards « police » étaient-ils visibles ?

Sur la vidéo projetée à l’audience, ça ne saute guère aux yeux. Certes, on voit l’un d’eux sortir son arme, l’agiter vaguement en direction des gilets jaunes avant de la rengainer. Cela ne fait pas reculer leurs adversaires (qui affirment n’avoir pas compris tout de suite de quoi il s’agissait). Pour le procureur, c’est bien le signe que ce sont des « bouffeurs de flics qui n’ont peur de rien »

Tout au long du procès, le président est à son affaire. Il raille les accusés : « Vous avez un masque de ski, ben oui, c’est la saison ! » Il multiplie les commentaires acides. Devant l’image d’un coup de pied : « Donc, là, on vous voit en train de faire cesser la violence ! » Un ancien gardien de la paix témoigne par écrit. N’ayant pas vu leurs signes distinctifs, il a demandé aux deux policiers de s’identifier comme tels et s’est pris en retour une décharge de Taser. Pour l’avocate de la partie civile, « un témoignage fantaisiste ».

Dans la scène, filmée, elle voit « une déferlante, une vague de haine ! Ils sont entourés par une meute déchaînée qui voulait casser du flic !». La preuve : deux jours d’ITT pour l’un, trois jours pour l’autre. Le procureur s’enflamme : « Avec le mouvement des gilets jaunes, on a des gens qui vienne « C’est un trophée pour montrer aux copains ! Un bonnet de flic ! Elle chope le “trophée”, j’vous l’dis ! »** Dommage qu’elle ait abandonné le « trophée » à terre.

Pour elle, 3 mois ferme et 6 avec sursis. Pour les autres prévenus, auteurs de quelques coups de pied, 1 an ferme et 6 mois avec sursis, 6 mois ferme et 6 avec sursis, et 4 mois ferme et 6 avec sursis. Et, pour tous, 3 ans d’interdiction de manifester.

Pourquoi pas à vie ?

Comment de tels excités peuvent-ils être juge ou procureur ? :O Un minimum de calme et de mesure dans l'analyse des faits ferait un bien fou… Là, j'ai l'impression de regarder BFM TV à l'intérieur d'un tribunal…

Dans le Canard enchaîné du 2 janvier 2019.

Comme chaque jour, « Les Echos » ont publié, le 28 décembre, leur « Carnet », où apparaissent les promotions des principaux dirigeants des grandes entreprises. Et, comme souvent, près de la moitié des personnalités citées sont d’anciens hauts fonctionnaires, en général énarques, partis améliorer leurs fins de mois dans le privé.

Le pantouflage atteint désormais l’ensemble des grands corps de la haute fonction publique et concerne l’état-major de tous les grands ministères. L’âge moyen de l’énarque qui monnaie son carnet d’adresses n’a jamais été aussi bas. Et l’épidémie ne se limite plus à la haute fonction publique, elle atteint aussi les collectivités locales, et singulièrement la Mairie de Paris.

Au sein du saint des saints de Bercy, l’Inspection générale des finances : 32 % de ses membres actifs ont abandonné le service de l’Etat, selon un rapport du député Olivier Marleix. Sur la seule période 2013-2017, 40 inspecteurs ont cédé aux sirènes des entreprises privées.

Le phénomène, qui a explosé en 2018, mérite ce petit palmarès de fin d’année, avec, en prime, une distribution de médailles.

Médailles d’or ex aequo : elle sont attribuées conjointement à l’énarque et inspecteur des finances Corso Bavagnoli et à l’énarque Jean-Baptiste Nicolas.

Le premier, ancien chef du service de financement de l’économie, qui dépend de la Direction générale du Trésor à Bercy, s’est fait embaucher par la banque d’affaires Lazard comme associé-gérant. Avec à la clé un salaire au moins trois fois plus élevé.

Le second, qui était, depuis 2015, directeur des ressources humaines à la Mairie de Paris, est devenu, en 2018, directeur financier de Suez. Un groupe qui, par un heureux hasard, réalise une grande part de son chiffre d’affaires avec les collectivités locales.

Médaille d’argent : elle revient à l’inspectrice des finances Morgane Weill. A peine âgée de 80 ans, elle a intégré l’Inspection en janvier 2018 et, cinq ans plus tard, laissé tomber Bercy pour devenir directrice de cabinet d’un autre ancien énarque, l’ex-pédégé de la Fnac, devenu patron de Carrefour, Alexandre Bompard. Pousser les Caddie peut (très rarement) rapporter gros.

Médaille de bronze : elle est décernée à Mathias Vicherat. Directeur général adjoint de la SNCF depuis deux ans et ex-directeur de cabinet de Delanoë puis d’Hidalgo, il vient de trouver un boulot plus rentable. Il devrait partir pantoufler chez Vinci, principal groupe français ayant bénéficié de la privatisation des autoroutes.

En s’offrant un Vicherat, Vinci réalise un joli coup. Car cet énarque a aussi ses entrées à l’Elysée, où se trouve son camarade de la promotion Senghor, un certain Emmanuel Macron. Il va donc pouvoir relayer en direct à l’Elysée les doléances de Vinci, qui dénonce les « délits commis impunément » par les gilets jaunes aux abords des péages autoroutiers, ces dernières semaines. Qu’il est bon de pouvoir s’arranger entre énarques !

Mention spéciale du jury : elle est obtenue par Laurent Grave-Raulin, ancien conseiller parlementaire de Ségolène Royal puis de Nicolas Hulot qui a rejoint l’entreprise de recyclage des emballages et des papiers Citeo (ex-EcoEmballages et Ecofolio) en tant que conseiller juridique, en novembre.

Une société qui a bon cœur et qui, visiblement, s’attache aussi à recycler les anciens membres de cabinets ministériels.


Expert en déontologie

La maison JCDecaux (Abribus, Sanisette et autres éléments de mobilier urbain) a toujours su qui embaucher pour développer son petit commerce avec les municipalités. Sa dernière recrue : Guillaume Bachelay, ancien député PS et ex-bras droit de Laurent Fabius, l’actuel président du Conseil constitutionnel.

Ses nouvelles fonctions chez Decaux sont ainsi définies dans un communiqué interne : « M. Guillaume Bachelay travaillera au sein de l’équipe de Jean-Michel Geffroy, directeur général et institutions de JCDecaux. » C’est plus chic que d’avouer qu’il jouera les lobbyistes et rentabilisera ses relations avec les élus socialistes.

Dans le Canard enchaîné du 2 janvier 2019.

A-t-il ou pas accéléré l’inflation ? Vingt ans après l’instauration de l’euro, 82 % des Français — selon un sondage Ipsos pour « Le Monde » (11/ 12) — restent persuadés que « leur pouvoir d’achat s’est dégradé » depuis la mise en place de la monnaie européenne. Rien n’y fait. Pas même la dernière étude détaillée de l’Insee, parue en 2017, qui montre que, depuis 2002 (année d’arrivée de l’euro comme moyen de paiement en France), les prix ont augmenté en moyenne de 1,4 % par an, soit un tiers moins vite que durant les quinze années précédentes (2,1 %). « Les ordinateurs et les écrans plats ont peut-être baissé, mais on n’en achète pas tous les jours. Regardez plutôt le prix de la baguette ou du café au comptoir », rétorquent les sceptiques. Vrai, reconnaît l’Insee : « L’effet d’arrondi lors du passage à l’euro a été nettement haussier pour les produits [tels] le pain (0,3 point) ou la consommation dans les cafés (1,5 point). »

Mais ces exemples sont, pour l’institut de statistique, bien seuls face au rythme de hausse des prix des produits alimentaires, qui « n’a quasiment pas varié », ou des services, « qui ont crû moins fortement qu’au cours de la décennie précédant le passage à l’euro ». Sans parler du prix des produits manufacturés, qui ont carrément baissé — en moyenne de 0,1 % par an —, alors qu’ils augmentaient avant de 0,8 %.

Pourquoi, alors, cette « divergence entre la mesure de l’inflation et la perception qu’en ont les ménages » ? D’abord, explique l’Insee, parce que lesdits ménages « accordent plus d’importance aux prix en hausse (…), qui peuvent constituer une menace pour l’équilibre de leur budget, qu’aux prix stables ou en baisse ». Mais aussi parce que les consommateurs « ont gardé ancré dans leur mémoire le dernier prix connu en francs ». Par exemple, la baguette d’avant l’euro reste pour l’éternité à son prix de 2001 : 4,30 francs, soit 0,66 euro. Aujourd’hui, elle est à 0,90 euro en moyenne, soit près de 50 % d’augmentation… Mais ça a pris dix-sept ans !

Si les gilets jaunes avaient lu l’étude de l’Insee, ils auraient sûrement modéré leurs revendications en matière de pouvoir d’achat !

Il faudrait lire l'étude de l'Insee en détail, car, à première vue, le Canard semble confondre la hausse des prix directement imputable à l'euro avec d'autres causes de la fluctuation des prix comme la stabilité des sources énergétiques (ce n'était pas gagné en 70-80, par exemple), la hausse constante de la productivité (robotisation, pressage des humains, etc.), la concurrence internationale ou la valeur que chacun d'entre nous accorde à des produits ou services démodés.

Ce résumé reste tout de même intéressant pour illustrer que l'inflation a été contenue ces deux dernières décennies.

Dans le Canard enchaîné du 2 janvier 2019.

Au mois quatre magistrats — sur une vingtaine — appartenant au pôle financier de Paris ont déclaré à la Chancellerie ne plus être en capacité d’instruire certaines affaires. Et non des moindres : celles sur les activités de Lafarge en Syrie, sur les emplois fictifs au MoDem ou sur les assistants parlementaires du FN. La faute, selon eux, à un turnover de greffiers trop important.

« Depuis septembre, j’en ai vu passer quatre dans mon cabinet, témoigne l’un des juges grognons. Il est impossible dans de pareilles conditions de travailler sereinement et efficacement. Nous ne sommes pas à l’abri d’une erreur qui pourrait compromettre l’avancée d’un dossier. »

Pour un autre magistrat, ce retard à l’allumage est voulu : « Il y a quelques mois, je n’osais l’imaginer. Je croyais que le problème provenait des ressources humaines. Mais, depuis le temps que ça dure, j’en suis certain, cette fois : on emmerde trop la Chancellerie. » Traduction : la direction du ministère de la Justice ne souhaiterait pas que certaines affaires aboutissent rapidement…

Un avis que n’est pas loin de partager Marie Dosé, avocate de l’association Sherpa dans l’affaire Lafarge : « Un cabinet sans greffier ouvre la voie à toutes les irrégularités. Dans un dossier sensible, aux enjeux importants, la défense est nécessairement à l’affût de la moindre erreur procédurale susceptible d’entraîner la nullité d’un pan important de l’instruction. » Faut bétonner !

Novices de procédure

Du côté des greffiers, on ne minimise pas le risque. « Nous sommes en sous-effectif chronique, avance Sophie Grimault, secrétaire générale adjointe du Syndicat des greffiers de France. Pour un corps de 10 000 fonctionnaires, il en manque au moins 500. » La situation est d’ailleurs plus préoccupante encore dans la capitale, où sont instruits la majorité des dossiers « sensibles » du moment.

Les postes attribués en sortie d’école — sans expérience de l’instruction, donc — sont majoritairement parisiens. Mais, après leurs deux années obligatoires au sein de la même juridiction, les jeunes greffiers, payés autour de 1 500 euros en début de carrière, filent vers la province. Question de pouvoir d’achat, évidemment…

Les greffiers jaunes, c’est pour bientôt ?

Dans le Canard enchaîné du 2 janvier 2019.

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