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——————————— December 22, 2018 - Saturday 22, December 2018 ———————————

Concernant l'idée d'un référendum citoyen, j'arrive à la même conclusion qu'Emma : « c'est l'intégralité de notre système qu'il faut revoir, pas quémander le droit d'y donner notre avis de temps en temps ! […] On combat pas le système avec les outils du système. Pas d'élections, pas de RIC. On bloque le système. On s'organise politique mais pas avec les outils du système ! Avec les nôtres ! ». Le référendum citoyen, c'est l'outil des beaux parleurs, de ceux qui veulent encore discuter au lieu de se remuer pour dénoncer puis stopper ce qui ne leur convient pas dans notre société.

Les arguments d'Emma (que je complète parfois) :

  • Virer les élus, c'est mignon, mais il faudrait quasiment virer tout le monde et aurons-nous mieux après ? Les marcheurs prétendument anti-systèmes se sont fait happer par le système et s'y sont très bien acclimatés. Pareil pour les fachos à chaque fois qu'ils ont eu le pouvoir. De même pour le citoyen lambda : il continuera de défendre ses intérêts de classe, tout comme il a élu Macron afin que sa situation personnelle ne change pas, quand bien même le système qui permet son aisance détruit nombre d’autres personnes ;

  • Les campagnes de promotion d'un référendum, ça coûte cher, seuls les riches pourront défendre leurs intérêts dans les grands médias qui continueront de construire l'opinion. Oui, voir les exemples américains : élection de Schwarzenegger à un poste de gouverneur grâce à sa fortune personnelle et la révocation, grâce notamment au soutien financier et logistique de la NRA, de deux sénateurs qui désiraient interdire à la vente des chargeurs de plus de 15 munitions ;

  • À quoi sert un référendum citoyen si lesdits citoyens n'ont pas le temps (ni l'argent) de s'informer et qu'aucun lieu de débat est prévu (pour rappel, lors du référendum sur une éventuelle constitution européenne, le seul lieu de débat où le non pouvait s'exprimer était Internet (et les bars, mais ils n'ont pas le même impact), les grands médias chantaient le oui à tue-tête) ? ;

  • La Suisse dispose d'une implémentation possible d'un référendum citoyen et l'on constate… … … 50 % d'abstention en moyenne à chaque référendum ; Que seulement une initiative populaire sur dix aboutit ; Et que la Suisse a une position proche de celle de la France dans les classements mesurant les inégalités, ce qui montre que l'outil référendum ne permet pas d’atteindre l’objectif fixé par ses promoteurs (les gilets jaunes en cette période, mais pas seulement) ;

  • Les gouvernants trouveront un moyen de contrecarrer les choix du peuple effectués par référendum : déclarer le référendum comme non conforme aux règles afin de l'annuler, trahir une bonne idée par des amendements futurs, rendre inoffensive une bonne idée en pourrissant les détails de son implémentation, etc. L'outil étant inutile, passons directement à un vrai pouvoir du Peuple ;

  • Le gouvernement pourrait accepter l'idée d'un référendum afin de remettre à plus tard le soulèvement populaire actuel qui lui fait peur. Oui, tout comme les budgets participatifs retardent l'arrivée d'une vraie prise de pouvoir du peuple. Si nous faisons peur, si nous sommes à deux doigts d'une vraie démocratie, pourquoi s'arrêter en si bon chemin ?!

J'ajoute les points suivants :

  • Ma pensée est plus complexe qu'un oui ou qu'un non. Je veux décider du moindre détail, des conditions, des modalités, de l'implémentation, pas d'une vague idée énoncée par une question toute aussi vague. Pour avoir participé à des consultations citoyennes sur des projets de loi, examiné des projets de lois, et examiné des projets de régulation des télécoms, j’affirme que le diable se cache dans les détails et que l'enfer est pavé de bonnes intentions perverties par la suite ;

  • Comme l'expose un article du Canard enchaîné du 19/12/2018, l'une des différences entre la Suisse et la France est que la Suisse a une culture du débat et du consensus. À l'opposé, le Français moyen est éruptif, toujours à râler de tout, et se retourne facilement (vive Pétain, peu de résistants, beaucoup d'indifférents, peu de collabos, vive De Gaulle, tous résistants). Avec ces éléments, comment espérer qu'un référendum citoyen ne produira pas plus de mal que de bien dans notre pays ? ;

  • Faut-il faire confiance au peuple ? Oui, je sais que la démocratie représentative est construite sur l'idée que le peuple est occupé à commercer et est trop stupide pour organiser la vie en commun donc qu'il est malvenu d’avancer cette idée. Néanmoins, je rappelle que le peuple français était plutôt défavorable à l'IVG lors de son adoption (les sondages les plus optimistes mesuraient 48 % de français favorables) et plutôt indifférent vis-à-vis de la neutralité du net lors de son adoption au niveau européen (peu avaient compris la problématique et beaucoup acceptaient l'idée du zéro-rating et des services gérés qui restreignent fortement la neutralité…). Donc oui, je me permets de douter de la jugeote du français moyen. ÉDIT DU 29/12/2018 À 22H25 : on peut aussi citer le référendum pour un quinquennat présidentiel : comment un français moyen peut-il répondre « oui » à ça ?! Il n'avait donc pas conscience que ça allait avoir pour conséquence de donner plus de pouvoir au Président et de transformer l'Assemblée en chambre d'enregistrement des desiderata du Président ?! On peut aussi citer le référendum sur le traité de Maastricht de 1992 auquel les français ont répondu massivement « oui » avant de rager, à la fin des années 90, sur la monnaie unique européenne… pourtant prévue par le traité de Maastricht… FIN DE L'ÉDIT.

Pour ceux qui veulent discuter du RIC, de ses modalités, de son champ d'application, etc. une consultation citoyenne est ouverte jusqu'au 22 février 2019.

Une entrevue vieille de plus de 6 mois dont je n'avais pas compris la valeur lors de ma première écoute. J'en recommande le visionnage.

Extraits retenus :

  • Samuel Huntington, prof de sciences politiques américain ultralibéral a remis, en 1975 un rapport sur la démocratie à la commission trilatérale qui réunit les élites économiques américaines, européennes et asiatiques. Il y écrit que le risque d'alors est que les peuples ont tendance à prendre la démocratie au sérieux, à prendre leur pouvoir au sérieux. Or, si les peuples prennent la démocratie au sérieux, les élites ne peuvent plus gérer les affaires publiques. Donc, ce qu'il convient de faire, c'est d'installer une apathie politique. Rien de nouveau, les Seigneurs et les Rois ont toujours occupé leur Peuple avec des jeux, des tavernes, des loisirs, des festins et des récompenses. La Boétie documentait déjà cela au 16e siècle. Et, en effet, on constate que depuis 40 ans la résignation, l'abstention, l'indifférence au destin commun, le sentiment de ne pas pouvoir agir sur notre sort à tous, est en forte hausse. Être résigné tout moou-mou, c'est être complice des élites qui prônent la mondialisation économique ? :D ;

  • Dans les combats sociaux, il faut rendre visible ce qui est invisible. Exemple : quand Ruffin montre une photo de la résidence suisse du PDG de Whirlpool à des employés de Whirlpool qui, durant leur grève pour tenter de sauver leurs emplois, expliquent que c'est les immigrés qui les mettent au chômage, la force de l'image les fait réfléchir : qui leur prend réellement leur emploi pour augmenter les profits alors qu'il semble déjà avoir plus qu'il n'en faut pour vivre ? ;

  • L'égalité est plus saine pour tous, y compris pour les riches, car l'inégalité est un facteur de stress : peur de voir ce qu'on a acquis être détruit, peur de se faire lyncher d'où la mise en œuvre de coûteux moyens pour s'isoler, ce qui provoque un isolement entre riches qui rend aveugle, d'où la vision de gens plus pauvres, donc des gens qui ne leur ressemblent pas, les oblige à se situer constamment par rapport à ça, à faire en permanence un examen de conscience, ce qui est anxiogène ;

  • La loi sur les fausses informations est un foutage de gueule. Macron s'occupait des affaires de Lagardère lorsqu'il travaillait à la banque Rothschild (vente de médias). Il a continué à s'en occuper depuis l'Élysée sous Hollande (Airbus). Conséquence : les médias Lagardère servent la soupe à Macron durant la campagne présidentielle. Une loi pour empêcher ça est-elle envisagée ? Bien sûr que non ! À l'aube d'un licenciement massif chez Carrefour, Le Parisien, propriété de Lagardère, titre « L'homme qui va révolutionner la grande distribution », un article sur Bompard, le PDG de Carrefour dont Lagardère est un gros actionnaire… Lagardère fait sa promotion dans son journal. Une loi pour empêcher ça est-elle envisagée ? Bien sûr que non ! ;

  • Dire qu'il y a des lobbies, c'est se tromper, c'est dire qu'il y a des politiques intègres d'un côté et des méchants lobbies corrupteurs de l'autre qui les détourneraient de leurs nobles pensées. Non. lobbies et pouvoir ne font qu'un, donc il n'y a pas de lobbies. Macron est l'exemple de ça : membre de la commission Attali, salarié de la banque Rothschild, haut fonctionnaire, copain de Weinberg, PDG de Sanofi (Depakine, fermeture d'un laboratoire flambant neuf pour raison de rentabilité, pollution des sols à Mourex, etc.), liens d'affaires avec Lagardère, etc. Macron baigne dans ce milieu-là, il vit avec ces gens-là, il lui semble donc naturel d'œuvrer en faveur de ces gens-là qui constituent son interprétation de la réalité ;

  • Intérêt de la collapsologie : faire mûrir des idées et des pratiques qui ne prennent pas dans la société actuelle afin qu'elles soient prêtent lors d'une prochaine fenêtre de tir / d'opportunité qui découlera d'une nouvelle chute du système actuel. Si cette chute a lieu alors que nous n'avons rien préparé, alors rien de nouveau n'émergera, car il sera trop tard pour concevoir des alternatives et en diffuser l'idée ;

  • La révolution française est-elle une révolution bourgeoise ? Dans son résultat, oui, mais pas dans sa dynamique. Afin de contester le pouvoir royal et celui de l'aristocratie, la bourgeoisie s'est alliée au peuple. Ce ne fut pas le cas en Angleterre où la bourgeoisie s'est alliée avec l'aristocratie. Ce qui a fait la différence, c'est la réaction de Louis XIV face à la fronde. Il a vu l'alliance entre les nobles et la bourgeoisie. Il lui fallait œuvrer pour casser cette alliance. Il a construit Versailles afin d'extraire les nobles de leurs demeures bourgeoises de Paris et de les amener sous sa tutelle. Il a imposé un style vestimentaire (avec des perruques, des beaux habits) coûteux afin de lancer une mode qui a poussé les nobles à s'endetter donc à être sous sa coupe. Quand la bourgeoisie veut davantage de pouvoir, elle ne peut pas s'allier à l'aristocratie qui est de mèche avec le roi. Pour former une alliance, il lui reste donc le peupleavant de le trahir ?

  • La démocratie n'existe pas, elle se fait exister par des actes quotidiens : Relayer des informations, écrire, défendre un collègue, etc.

<Ray : Sérieux sortir avec un(e) trans c'est chaud
<Ray: Genre avant elle était un mec, c'est limite gay :S
<Clo: Bon écoute, ta copine y a longtemps c'était un bébé, ça fait de toi limite un pédophile?

Hahaha :D

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