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——————————— March 31, 2018 - Saturday 31, March 2018 ———————————

La présidence de la République a fait savoir, par l’intermédiaire de Sibeth Ndiaye, conseillère de communication d’Emmanuel Macron, que la salle de presse à l’intérieur de l’Elysée déménagerait d’ici l’été dans une annexe hors du Palais. […]

Depuis quarante ans, les médias accrédités par la présidence jouissaient d’un accès à une salle de presse donnant sur la cour de l’Elysée à certaines occasions (Conseils des ministres, réceptions de dirigeants étrangers…). Les agences de presse à l’instar de l’AFP y avaient d’ailleurs accès en permanence, note la journaliste Laurence Benhamou dans une dépêche AFP datée du 14 février.

« La présidence a décidé d’un déménagement de la salle de presse» dans une annexe située rue de l’Elysée, « afin d’augmenter sa taille », a justifié Sibeth Ndiaye mercredi auprès de journalistes. Cette décision a été prise « pour une raison fonctionnelle », l’Élysée souhaitant également « élargir le champ des accréditations permanentes », a complété la conseillère communication de l’Elysée.

Il est probable que Macron profite de ce moment opportun pour exaucer un souhait qu’il n’avait pas tu dès le début de sa mandature : tenir les journalistes hors du Palais. Ainsi, ces derniers ne seraient pas en permanence tenus informés des visiteurs du président de la République.

[…]

Mitterrand était prêt à davantage de « transparence » dans la mesure où il pouvait lui-même presque entièrement maîtriser le degré de transparence qu’il voulait bien offrir aux citoyens via le truchement de la presse. Cette transparence officielle était un effet de lumière, un artifice pleinement intégré à la stratégie de communication de l’exécutif.

A cet égard, le « secret », cette zone de parole qui paraît lumineuse à celui qui a le droit d’y pénétrer et qui permet à l’émetteur de protéger à l’ombre ce qu’il veut ne pas dire, n’est-il pas une modalité du discours diplomatique et politique ? En un sens, l’on peut dire que la transparence participe de la culture du secret, et qu’Emmanuel Macron, en y renonçant, cherche à dépasser cet âge de la communication politique.

L’ancien ministre de François Hollande – celui qui voulait de lui-même ne rien cacher, n’a pas pour sa part l’intention de laisser traîner une caméra sur les tapis de son bureau ni d’envoyer dix Snaps par jour. Il a conscience que la transparence à l’heure des réseaux sociaux ne peut être qu’illimitée et infinie. Elle ne peut donc effectivement que lui échapper entièrement.

Par souci de s’assurer que la communication qu’il mène dans le but de légitimer ses options politiques auprès du peuple français soit portée par la presse – et se répercute en conséquence dans l’opinion à un degré plus haut que les tweets émis ou inspirés par les journalistes en charge de couvrir l’Elysée, Emmanuel Macron tient à distancer les journalistes, qui pour la plupart entretiennent un compte Twitter à leur nom, de la Cour d’honneur de l’Elysée, lieu de passages et carrefour de confidences.

Twitter véhiculerait les informations produites par les journalistes ou par des relais à bien plus grande vitesse que tout acte de communication présidentielle ; si bien que les réseaux sociaux mettent rapidement et abondamment les Français au courant des rumeurs, alors même que les finalités et les modalités des réforme en cours les atteindraient moins vite.

Macron estime que la situation de la salle de presse au centre névralgique du pouvoir exécutif ne peut qu’augmenter rumeurs et « fuites » de faits qu’il n’a pas envie de rapporter aux Français, ou bien auxquels il entend donner un écho moindre dans l’opinion.

Je suis mitigé sur cette décision de notre président.

D'un côté, une vue permanente sur la cour d'un lieu de pouvoir est une bonne chose. Savoir qui visite réellement le président, en dehors de ce qui est consigné dans les zolis registres officiels, est vital. Les décisions prises à l'Élysée appartiennent à chaque citoyen⋅ne, comprendre comment elles ont mûrit, qui sont les protagonistes à la manœuvre, etc., est capital.

D'un autre côté, seules les agences de presse accréditées, c'est-à-dire l'AFP, Reuters, AP et Bloomberg, ont un accès permanent, c'est-à-dire des organisations qui n'ont, à mes yeux, pas brillées par la qualité de leurs contenus depuis des années et des années. Sans compter que cela ne va pas dans le sens de l'indispensable pluralité médiatique. Remédier à cette situation me semble tout aussi important.

De plus, je me demande si cette proximité ne produit pas forcément un journaliste de connivence : il faut se faire bien voir, ronronner gentiment, rapporter au public seulement ce qu'on te demande de rapporter, devenir un intime, tout ça, afin de rester accrédité. C'est cela, pour moi, la « zone de parole qui paraît lumineuse à celui qui a le droit d’y pénétrer et qui permet à l’émetteur de protéger à l’ombre ce qu’il veut ne pas dire ». Est-ce que de l'information peut vraiment sortir de cela ?

De même, d'après les propos de journalistes accrédités rapportés par le Canard enchaîné du 28 mars 2018, leur présence ne leur permet pourtant pas de décrocher des entrevues avec les conseiller⋅e⋅s de Macron. Il⋅elle⋅s évoquent « une fois en neuf mois ». Tout ça me laisse à penser que le problème de fond n'est pas le déménagement de cette salle de presse, mais le fait que le pouvoir prend ses distances avec la presse.

Et, en effet, ce déménagement est une énième mesure contestable du pouvoir élyséen pour se retrancher dans l'ombre, après les journalistes triés sur le volet lors des voyages officiels, après l'interdiction de filmer les ministres dans la cour du Château, après l'étau qui semble se resserrer autour de l'audiovisuel public, etc. J'ai le sentiment que les journalistes n'arrivent plus à collecter les paroles et les actes de Macron à part les journalistes people élogieux de Paris Match.

Le travail journalistique autour de l'Élysée est évincé par la communication. Et ça, c'est très dangereux, avec ou sans salle de presse au sein du Château.

http://www.snj.fr/article/les-journalistes-bannis-de-lelys%C3%A9e-1078519621 :

Quelle est cette conception de la démocratie qui consiste à « privatiser » l’Elysée en se débarrassant de tout témoin des activités qui y sont exercées ? Quelle est cette conception de la liberté de la presse qui consiste à considérer les journalistes comme des communicants aux ordres, qu’on convoque quand cela arrange et qu’on renvoie ?



Via le Canard enchaîné du 28 mars 2018.

Adressée, le 15 mars, à la garde des Sceaux, la lettre du premier président de la Cour de cassation, Bertrand Louvel, propose de transformer de fond en comble l’honorable institution. Il s’agit, explique « le Premier » dans son courrier, d’instituer un « filtrage des pourvois », à la discrétion des magistrats eux-mêmes. Le tri se ferait en fonction de « critères (…) fondés sur l’intérêt que présente une affaire pour le développement du droit » ou « lorsque est en cause une atteinte grave à un droit fondamental ».

Autrement dit, si, pour les juges, l’affaire ne présente aucun de ces hauts intérêts pour le Droit avec un grand « D », c’est plié. Les justiciables pourront remballer leurs minables requêtes contre des décisions mal fichues, aberrantes ou illégales (oui, ça existe !). Les juges choisissent leurs affaires comme le font ceux de la très chic Cour suprême, aux USA. Quel rêve !

M. le Premier président suggérait à la ministre de la Justice que ce bouleversement soit « intégré au projet de loi de programmation de la Justice en cours d’élaboration ». Hélas, ça n’a pas marché… Le refus de la Chancellerie a pu s’appuyer sur un avis du Conseil constitutionnel que Bertrand Louvel fait semblant d’ignorer, Le Conseil a en effet jugé que le pourvoi en cassation « constitue une garantie fondamentale ». Pas moins.

En tout cas, les questions du « Canard » ont tant déplu aux hautes hermines qu’elles ont reproché à Louis Boré, le président de l’Ordre des avocats, les « informations données par des avocats à ce journal… ». Le secret des sources serait-il déjà écarté des affaires dignes de l’« intérêt » de la Cour de cassation et de ces messieurs ?

Dans le Canard enchaîné du 28 mars 2018.

La bagarre dure depuis plus de trente ans parmi les énarques. Le Quai d’Orsay réussira-t-il à arracher à Bercy la pleine autorité sur les hauts fonctionnaires chargés de la sacro-sainte « diplomatie économique » ?

Dernière offensive en date : la tentative du Quai de profiter du programme de transformation du service public, Action publique 2022, pour capter, sous sa tutelle, l’ensemble des personnels rattachés à d’autres ministères travaillant dans les ambassades. Les quelque 700 agents du réseau des services économiques à l’étranger de la très influente Direction du Trésor sont les premiers visés, ainsi que le rapporte « Challenges » (21/2).

Si Bruno Le Maire compte bien conserver sous sa coupe ce réseau, il n’est pas pour autant satisfait de leur action. Venu adresser ses vœux audit réseau le 11 janvier, le ministre de l’Economie et des Fi- nances a saisi l’occasion pour… leur faire sèchement la leçon.

« Je ne vous cache pas, leur a-t-il d’emblée lancé, que j’ai parfois un peu le sentiment, quand je me déplace à l’étranger ou quand je vois les notes qui m’arrivent, qu’il n’y a pas suffisamment de clarté dans les missions qui vous sont fixées et que vous ne savez pas toujours exactement ce que vous devez faire. »

Avant de s’agacer franchement : « Si les seules informations dont je dispose sur l’économie d’un pays c’est le journal, à un moment donné, on va se demander à quoi servent les services économiques régionaux. »

Le Maire a conclu son intervention en rappelant aux hauts fonctionnaires qu’ils travaillaient pour le ministère de l’Economie : « Vous n’êtes pas au service de l’ambassadeur — si bien soit-il —, vous êtes au service de l’économie française. Ne l’oubliez jamais. Et, surtout, vous avez de la chance : vous avez un ministre de l’Economie et des Finances qui connaît le monde diplomatique mieux que personne. J’en viens. »

Compris, Le Drian ?

Dans le Canard enchaîné du 28 mars 2018.

Quel étourdi, ce Pierre Moscovici ! Le 11 avril, le commissaire européen à l’Economie est invité à participer à une chouette conférence subventionnée… par le géant de la clope Philip Morris, pour y causer aux côtés d’un patron… de Philip Morris. Sauf que c’est interdit. A Bruxelles, toute « interaction » avec l’industrie du tabac est prescrite, hormis dans des cas « strictement nécessaires », lesdits cas excluant toute causerie autour d’un buffet de petits-fours sous un prétexte fumeux.

Mais Mosco a accepté, les yeux — un peu trop — fermés, l’invitation à cette conférence « avec cocktail », organisée par la très officielle Fondation Robert-Schuman sur le thème : « Contrebande, contrefaçon et financement du terrorisme ». Parmi les invités, du beau linge ! Les anciens juges anti-terroristes Baltasar Garzon et Jean-Louis Bruguière, le directeur adjoint d’Europol, le patron de Tracfin, Bruno Dalles, et le vice-président à la stratégie de Philip Morris International (PMI), Alvise Giustiniami. Le nom de ce lobbyiste en chef figure en toutes lettres dans le programme officiel, de même que cette petite mention, en bas de page : « Ce colloque est organisé avec (…) l’appui financier du programme PMI Impact », modeste fonds de Philip Morris, doté de 100 millions de dollars.

Branle-bas de combat, lundi 26 mars, après un appel du « Canard » : « On n’était pas au courant de ce financement, tousse le distrait porte-parole de Moscovici. Renseignement pris, il est préférable que le commissaire ne participe pas à cette conférence. » Et d’ajouter, sans rire : « On en profite sincèrement pour vous remercier de cette information, qui nous avait échappé. » Un problème de filtre, peut-être ?

Philip Morris, lui, ne nourrit aucun complexe d’entrisme : le programme de la conférence prévoit aussi la venue de Julian King, le commissaire européen à la Sécurité, et d’un directeur adjoint de la Commission. Sans oublier deux enrodéputés français, Arnaud Danjean et Nathalie Griesbeck, eux aussi frappés de cécité : « Ah bon ? C’est financé par Philip Morris ? On n’avait pas vu », répondent en chœur leurs assistants parlementaires.

Lobby grillé

Le thème du colloque — la contrebande — n’est pas anodin. Malgré leurs grands numéros de vertu, tous les fabricants de clopes ont été condamnés, ces dernières années, pour contrebande… En 2019, afin de lutter contre le commerce parallèle, un code établissant sa provenance sera apposé sur chaque paquet. Ce système de traçabilité devait être totalement indépendant des fabricants de tabac. Et puis, coup de théâtre ! En décembre, la Commission européenne a autorisé les cigarettiers à choisir eux-mêmes les bôites qui assureront cette traçabilité. Une première — et énorme — victoire pour le lobby de la clope.

Parmi les numéros de vertu, il y a le financement de la commission européenne, via des programmes de lutte contre le marché noir au niveau européen.


La vigilance sans faille de Bruxelles aurait-elle été prise en défaut ?

C'est la stratégie habituelle "tant que la presse à grand tirage ne me voit pas, je copine. Si la presse à grand tirage me voit, je plaide l'erreur, le #PasAuCourant".

Dans le Canard enchapiné du 28 mars 2018.

1) Mettez les chaussures une nuit au congélateur.
2) Sortez-les du froid puis aspergez de l’alcool à 90° dessus et dedans : l’alcool est pratique car il s’évapore et ne laisse pas de traces ni d’odeurs).
3) Laissez aérer à l’air (dehors de préférence :)) quelques heures.

Il faut savoir que — tout comme quand on pu après le sport — ce ne sont pas les chaussures ni vous qui êtes responsables de l’odeur, mais les bactéries qui se nourrissent des cellules mortes et de la sueur. Il suffit de les tuer pour que la production des odeurs cesse.

Le coup de froid et l’alcool est radical. Bien plus efficace que les désodorisants qui ne font que parfumer l’air ou casser les odeurs, mais ne tuent pas les bactéries.

Ça marche. :)

J'ai passé l'étape du congélo (trop petit, hygiène, tout ça). J'ai utilisé un pulvérisateur dévissé d'un produit ménager standard pour asperger uniformément de l'alcool à 90 degrés dans tout l'intérieur. Il faut compter une bonne journée pour que l'odeur de l'alcool disparaisse et qu'elle soit remplacée par une odeur agréable de chaussure quasi neuve. :O

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