The Daily Shaarli
Okiii donc ePrivacy est une directive européenne de 2002 qui impose le respect de la vie privée et la confidentialité de nos échanges là où le règlement général sur la protection des données personnelles défini les règles générales en matière de traitement de données personnelles, même celles qui n'ont aucun lien avec une communication. ePrivacy est donc une réglementation sectorielle qui s'applique aux opérateurs de communication électroniques et qui devrait aussi s'appliquer aux services de communication en ligne (Whatsapp, etc.) selon le futur code européen des communications. La directive ePrivacy est en cours de révision au niveau européen.
Cette révision permettra de fixer :
Pour l'instant, c'est mal parti pour l'ensemble de ces points… Blanc-seing aux opérateurs pour exploiter les données de nos communications ?
Prochaine étape : vote en commission puis en plénière au Parlement européen mi-octobre et fin octobre 2017. Puis ce sera au Conseil de l'Union européenne, co-législateur (comme le Sénat est co-législateur de l'Assemblée nationale en France), de jouer à dégrader encore plus ce projet législatif.
Une fonctionnalité trop méconnue chez Free Mobile, le filtre d'appels & SMS/MMS. Il permet de :
C'est très pratique pour bloquer les ping call (ces appels sans personne au bout qui font sonner notre téléphone dans l'espoir que nous appelions un numéro surtaxé).
C'est disponible dans l'espace abonné, « Gérer mon compte », « Mes services », « Filtre d'appels & SMS/MMS ».
Nous sommes donc partis pour un état d'urgence prolongé encore une fois jusqu'à novembre 2017 et un énième projet de loi soi-disant anti-terroriste (ça n'en fait que 20-25 depuis 30 ans) mais qui vise en réalité beaucoup plus large (tout ce qui est susceptible de porter à l'ordre public selon des ministres, en gros).
Dans ce projet de loi, je vois une société qui se crispe, dans laquelle la tension sociale de fond augmente et le régime devient de plus en plus autoritaire, mais de manière douce afin d'habituer doucement les gens. Si je devais faire un résumé de ce projet de loi : l'État sans juge viole ton espace privé (domicile, voiture, identité numérique), t'assigne dans un lieu donné, restreint ta circulation dans l'espace public, te flique quand tu circules, punit une démarche intellectuelle d'information, etc.
La prolongation de l'état d'urgence sera très probablement adoptée par les deux chambres du Parlement dès demain. Le projet de loi « renforçant la sécurité intérieure et la lutte contre le terrorisme » est en discussion au Sénat jusqu'au 19 juillet après quoi il sera examiné par l'Assemblée.
Que trouve-t-on dans cette nouvelle ignominie législative ?
Perquisitions (sauf les professions protégées comme les parlementaires, pas folle la guêpe), nommées « visites et saisies », incrustées pour de bon dans le droit commun ;
Assignation à résidence (nommée mesure individuelle de contrôle administratif et de surveillance (MICAS), interdiction de séjour dans un périmètre défini (afin d'empêcher d'assister à des manifestations, en gros), filtrage des accès à des portions de l'espace public jugées sensibles (manifestations, en gros ;) ), persévérance dans le flicage des transports aériens et maritimes (via le PNR) ;
Les assignations et les perquisitions visent, aux fins de prévenir la commission d'actes de terrorisme (défini comme acte troublant gravement l'ordre public par l'intimidation ou la terreur), les comportement d'une particulière gravité pour la sécurité et l'ordre publics (redondance) qui entre en contact avec orgas terro ou soutient, diffuse (en manifestant son adhésion) ou adhère à la commission d'actes de terrorisme ou en fait l'apologie de tels actes ;
Possibilité d'obliger une personne interdite de séjour dans un périmètre donné à fournir tous ses identifiants numériques (pas les mots de passe) ;
Frontières qui se crispent encore plus avec des bandeaux de filtrage de plusieurs kilomètres ;
Évidemment, tout cela sans contrôle du juge judiciaire qui selon notre Constitution est le seul à pouvoir retirer des libertés ;
Évidemment, tout cela est ordonné au moindre soupçon, car les preuves, c'est has-been. Quels genres de soupçons ?
Correction suite à la censure constitutionnelle de la surveillance des communications hertzienne sans borne obtenue par les exégètes amateurs : surveillance, par les services de renseignement, des réseaux sans-fil totalement privés (sans opérateurs, restreint à un groupe défini d'utilisateurs) sous le régime de la loi Renseignement et surveillance, par les militaires, des réseaux sans-fil sous un régime abusif similaire à celui appliqué aux communications internationales.
Pour plus de détails, je recommande la lecture de l'analyse du pré-projet de loi par le Syndicat de la Magistrature.
Bref, Macron, c'est que du « changement, c'est maintenant » et du bonheur. :(
Comme je l'indiquais dans un précédent shaarli dédié au rapport de l'ARCEP sur l'état de l'Internet français, le BEREC organisait, jusqu'à aujourd'hui, deux consultations publiques portant sur la méthodologie que les régulateurs des télécoms devront appliquer dans le cadre du règlement européen sur la neutralité du net.
La Fédération FDN n'a pas eu le temps ni l'énergie bénévole pour répondre mais une autre association en Europe s'en est occupé \o/ Voir la réponse d'Epicenter.
En gros :
Cela ressemble pas mal à la position soutenue par la Fédération FDN devant le BEREC lors du meeting pré-consultation : logiciel libre, open data, la vie privée est un droit fondamental donc il faut travailler sur des mesures ponctuelles et agrégées.
Une interconnexion, c'est le branchement réalisé entre deux réseaux genre entre ARN et Cogent ou entre Free et Youtube ou entre Orange et OVH. C'est sur ces câbles que circulent les données qui seront transportées depuis/jusqu'à l'abonné⋅e.
Très bon travail de collecte d'informations, d'analyse, etc. Intéressant à lire :
Ce qui manque le plus dans ce document, c'est une vision politique : le BEREC raisonne en volume, en proportion, pas en absolu, ce qui l'amène à écrire que, en proportion de toutes les intercos, peu d'intercos ont subi des clashs commerciaux. Ce n'est pas la question ! Le problème est que chaque bisbille (Orange/Cogent, Free/Youtube, Comcast/L3, etc.) a eu un large impact sur les libertés garanties par le règlement européen et sur plusieurs millions de personnes. Cela peut aussi consister des atteintes durables si les abonné⋅e⋅s se détournent d'un service au profit d'un autre. Le BEREC doit raisonner en termes d'impacts sur les libertés en adoptant un point de vue "abonné⋅e" ;
Les régulateurs doivent qualifier de racket ce qui en est. Or, page 13, le BEREC se refuse à le faire dans l'affaire Comcast/Netflix, préférant écrire que c'est la faute à personne et qu'il faut analyser finement à qui profite l'interco. Il faut réaffirmer que si chaque partie doit développer son réseau, le rôle du FAI (et du transitaire) est de fournir de l'accès à tout Internet, ce qui inclus des intercos où le FAI est gagnant et d'autres où il est perdant, financièrement parlant ;
La pire conclusion de ce travail est : les NRA devraient surveiller de près le marché de l'interconnexion (page 24, point h), mais y réfléchir à deux fois avant d'intervenir, y compris ex-post (point j). NON !
Les caches qu'un fournisseur de services peut installer chez un FAI posent des questions de concurrence : tous les fournisseurs de services peuvent-ils poser leurs équipements chez les gros opérateurs ? Non. Frein à l'innovation et à la libre concurrence. Ces machins ne devraient pas exister : les FAI et fournisseurs de services se raccordent entre eux de manière gratos, via des IX si nécessaires et puis basta ;
… qui, forcément, reprend en partie mon analyse. :)
Merci au groupe régulation de la FFDN pour son dynamisme et merci à Johndescs pour l'aide à la traduction. :)
