The Daily Shaarli
Finalement, les débats internes au gouvernement ont débouché sur 3 avancées. Tout d’abord le relevé des empreintes digitales sera soumis au consentement explicite des individus lors de la collecte des données. Cela signifie que les personnes pourront refuser de voir leurs empreintes digitales versées dans la base de données.
Ensuite, l’Intérieur n’échappera pas à un audit de l’architecture de TES par l’Anssi (Agence nationale de la sécurité des systèmes d’information) et par la Dinsic (la DSI de l’Etat). Et la première devra rendre un avis conforme avant toute généralisation de TES, actuellement en cours d’expérimentation dans les Yvelines. « L’Anssi assurera également un suivi et aura la charge d’une évaluation régulière de TES », précise Axelle Lemaire.
Enfin, l’Intérieur fait un geste en direction de la société civile, en affichant sa volonté de tenir compte des recommandations du Conseil national du numérique, qui a lancé une consultation publique sur le fichier TES. Par ailleurs, Axelle Lemaire a évoqué l’idée d’impliquer la CNIL dans le suivi du projet. Mais Axelle Lemaire ne remet pas – ou plus – en cause le bien-fondé du projet : « la réforme va permettre une sécurisation maximale des données personnelles délivrées par les usagers », dit-elle.
C'est beau, le courage politique d'une secrétaire d'État. :')
Ding, ding, il faut remettre des pièces pour que le petit lapin continue à taper sur son tambour. :)
La Quadrature du Net lance aujourd'hui sa campagne de soutien annuelle. Afin de poursuivre et intensifier ses actions pour la défense des droits fondamentaux à l'ère numérique en toute indépendance, La Quadrature appelle ses soutiens et sympathisants à soutenir financièrement ses actions.
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Les principaux dossiers sur lesquels nous travaillons en ce moment (et nous travaillerons en 2017) sont :
Infrastructure et Réseaux :
- Après le Règlement européen sur les Télécoms, veiller à une réelle application de la Neutralité du Net
- Travailler sur le nouveau Paquet Telecom
- Démarrage d'une campagne pour l'ouverture des réseaux wifis et leur promotion
Droits de l'Homme à l'ère numérique :
- Travail de sensibilisation politique et de campagne citoyenne sur le projet de directive européenne ePrivacy (concernant les données personnelles)
- Défense et promotion du droit au respect de la vie privée (notamment via la protection du chiffrement)
- Lutte contre la censure (par le blocages de sites Internet ou la censure privée)
- Campagnes et outils pour la protection des données personnelles et de la vie privée (chiffrofêtes, sites et matériel d'information)
- Travail d'action contentieuse avec le groupe des « exégètes amateurs » contre les lois de surveillance et de censure
Partage de la culture et de la connaissance, reconnaissance des Communs :
- Travail sur la réforme du droit d'auteur (directive européenne sur le Copyright)
- Campagnes de sensibilisation des créateurs et contributeurs à la création sur les propositions alternatives au système traditionnel de droit d'auteur
- Action contentieuses pour défendre les exceptions au droit d'auteur, le domaine public ou les licences libres
Actions de terrain
- Organisation d'ateliers de sensibilisation sur le chiffrement et sur la protection des données personnelles
- Participation avec d'autres associations et organisations à des campagnes de sensibilisation en France et en Europe
- Développement de l'action locale de La Quadrature du Net et décentralisation de ses ateliers
- Renouvellement, développement et création d'outils de prise en main du débat politique (Memopol, PiPhone etc)
L'enquête sur l'ex-patron des renseignements français révèle que Bernard Squarcini n'a jamais coupé les ponts avec son ancienne maison, tout en travaillant pour LVMH.
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Mis en examen fin septembre pour une très longue liste de délits, dont "compromission" du secret de la défense nationale, violation du secret professionnel et "trafic d’influence", Squarcini est effectivement soupçonné d’avoir continué, après son départ en février 2013, à se comporter comme un chef du renseignement au mépris de la loi. Quatre autres personnes, dont un ancien magistrat, l'ancien patron de la PJ parisienne et un commissaire de la DGSI, sont poursuivis dans ce dossier.
Les juges cherchent à comprendre quels intérêts a cherché à défendre l'ancien espion. Ceux de l’Etat, comme il le prétend ? Ceux de ses amis, notamment Claude Guéant et Alexandre Djouhri, avec lesquels il n’a jamais rompu les liens ? Ceux de sa société d’intelligence économique, Kyrnos Conseil, dont le premier client est Bernard Arnault, patron de LVMH ?
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En octobre 2015, ce dernier lui demande ainsi de se renseigner sur un certain Andreï Skoch, oligarque russe classé 18e fortune du pays. Le "squale" apprend que le milliardaire est fiché S, considéré donc comme une menace potentielle à la sûreté de l'Etat. L'homme, d'après la presse russe, est réputé proche de la mafia, des trafiquants d’armes et d'un baron de la drogue d’Asie centrale. A cette date, Skoch souhaite faire retirer sa fiche et Squarcini va tenter de l'y aider, pour des raisons qui restent encore aujourd'hui obscures.
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Autre marotte de Squarcini : la contrefaçon. Recruté par le géant du luxe LVMH notamment pour lutter contre ce fléau, il transmet régulièrement au commissaire O. des listes de personnes impliquées dans des affaires de ce type liées aux parfums Dior, Guerlain ou aux cigarettes Philip Morris (un autre de ses clients). Son officier traitant se charge de les "passer aux fichiers". Ainsi, Squarcini connaît tout de leurs antécédents.
Que fait-il ensuite de ces informations ? Le but était de démontrer, explique Squarcini aux policiers, les liens entre contrefaçon et terrorisme. Et ainsi, faire durcir, via du lobbying, la législation sur le financement des attentats. "Les frères Kouachi et Coulibaly vivaient de la contrefaçon de produits Nike et Adidas", a-t-il expliqué. [...]
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Le commissaire O., mis en examen en même temps que son ancien patron notamment pour compromission du secret de la défense nationale, évoque lui des "échanges d'informations" : "Les renseignements que j'obtenais de Bernard Squarcini étaient transmis à ma hiérarchie. Des notes étaient établies à partir de ces renseignements."
L’enquête montre également que Squarcini, très proche de la Sarkozie, ne s’est jamais éloigné de ses anciens réseaux, de ses anciens amis. En avril 2013, il se renseigne auprès de Patrick Calvar, son successeur à la tête de la DGSI, sur la fiabilité d’un dénommé "Beaussart", consultant pour les pays de l’Est. La mise en garde de Calvar sur ce personnage – à prendre "avec des pincettes" – est transmise immédiatement à Claude Guéant.
En juin 2013, le "squale" demande encore un coup de main à son successeur pour régulariser les séjours de deux femmes russes et de leurs enfants sur le territoire français. Elles sont proches du fils d'Alexandre Djouhri, cet homme d’affaires lié aux plus gros contrats de la République, et qui se trouve aujourd’hui au centre d’une enquête sur le supposé financement libyen de la campagne de Sarkozy en 2007.
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[...] Les perquisitions menées au domicile et dans les bureaux du "squale" montrent que ce dernier n'a pourtant jamais cessé de se constituer des dossiers, pour des motifs parfois obscurs, souvent lucratifs.
Pour aider Veolia (l'un de ses clients) à choisir l'un de ses dirigeants en Italie, Squarcini fait effectuer des recherches des fichiers secrets. Son influence, ses connexions n'ont pas de limite. Entre 2013 et 2014, Squarcini utilise des informations fournies par un agent de la DGSI sur l’opposant kazakh Moukhtar Abliazov pour réaliser des rapports. Il les revend ensuite à une société étrangère d’intelligence économique, Arcanum. [...] Il continue également de donner des coups de main à des proches, parfois pour de simples formalités comme l'obtention d'un visa pour une proche de la belle-mère de Bernard Arnault, ou pour la fille de l'homme d'affaires Pierre Falcone, condamné dans l'affaire de l'Angolagate.
Pour satisfaire le groupe de Bernard Arnault, [...] Squarcini n'hésite jamais à franchir la ligne jaune. [...] Ce dernier le renseigne au printemps 2013 sur les plaintes déposées sur la montée du groupe de luxe au capital d’Hermès. Quelques mois plus tard, en septembre 2013, ce dernier ira même jusqu'à lui fournir des éléments de procédure dans une affaire de malversations liées à des marques de champagne de luxe (Ruinart, Veuve Clicquot....)
[...] Parfois, il appelait ses anciennes secrétaires pour régler un problème d'assurance, gérer une réservation de voyage ou un rendez-vous médical.
Ok, le genre de personnes qui profite à fond, quoi. « C'est une expérience éternelle, que tout homme qui a du pouvoir est porté à en abuser ; il va jusqu'à ce qu'il trouve des limites [...] » écrivait Montesquieu. C'est pour cela qu'il faut des contre-pouvoirs forts absolument partout, y compris pour les services de renseignement.
Sinon, les mots clés sont lâchés (ce n'est pas nouveau) : la contrefaçon entraîne le terrorisme et doit être traitée avec le même arsenal juridique et administratif. Bullshit.
Selon nos informations, un appel d’offres devrait bientôt voir le jour, quelque part entre fin 2016 et début 2017. Contre plusieurs millions d’euros, des industriels se verront donc confier la tâche d’élargir le fichier TES, qui contient déjà les données relatives à nos passeports, aux cartes nationales d’identité.
Mais l’agence nationale des titres sécurisés (ANTS), en charge de piloter le fichier TES, n’a pas attendu l’émission de ce nouveau marché pour se doter d’aides de camp. Parmi lesquels figurent un certain Amesys, actuellement poursuivie pour complicité de torture en Libye.
Depuis la mort de Mouammar Kadhafi fin 2011, de nombreuses preuves (témoignages, brochures publicitaires…) accusent l’entreprise d’avoir vendu des technologies de surveillance des télécommunications au régime de l’ancien dictateur libyen. Dont il se serait servi pour arrêter et torturer des opposants, en épiant leurs faits et gestes sur Internet.
Or selon un résultat de marché daté du 16 octobre 2016, Amesys vient de remporter un contrat de plus de cinq millions d’euros auprès de l’ANTS. Elle doit aider « à la maîtrise d’ouvrage technique et des systèmes d’information » de l’agence.
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Amesys n’est donc ici pas chargée de reprendre la main des serveurs et des logiciels auquel le fichier TES a recours. Néanmoins, elle sera forcément amenée à y jeter un œil, nous confirme une source proche du dossier, en aidant les chefs de projet de l’ANTS qui s’en occuperont directement.
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Xavier Brunetière ajoute que l’Amesys de 2016 ne renvoie ni à la même société, ni aux mêmes acteurs visés par la plainte déposée en 2011, par la Fédération internationale des droits de l’Homme (FIDH) et la Ligue des droits de l’Homme (LDH).
Trololololololo. https://reflets.info/petit-retour-sur-la-cession-fantoche-deagle-par-amesys-bull-a-advanced-middle-east-systems-amesys/
Par ce jeu de poupées russes, l’hydre Atos-Bull-Amesys est de fait l’un des prestataires principaux de l’agence en charge du fichier monstre.
Le 23 février 2016, Bull décrochait par exemple un marché visant à filer un coup de pouce au responsable de la sécurité des systèmes d’information de l’agence. Il est estimé à 832 500 euros. En 2009, ce même géant de l’informatique se voyait attribuer la maintenance du logiciel qui gère le système d’immatriculation des véhicules. Il a depuis effectué plusieurs missions d’expertise pour l’agence.
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Le marché est cette fois-ci saucissonné en quatre lots. La moitié leur revient. Selon nos informations, confirmée par le directeur de l’ANTS, Atos reprend la maintenance des lieux de stockage des données et les logiciels qui les exploitent ; Bull déploie un filet de sécurité, en assurant l’assistance du système et des applications de TES, et en prévoyant... un site de secours.
Le troisième lot revient à Thales et Orange Business Service : le premier gère les dispositifs de recueil d’empreintes et le second, leur raccordement en télécommunications. Le quatrième lot (sur un volet sécurité, la gestion de clés) est finalement annulé.
J-O-I-E. :'(
Via Dudorino sur #arn.
Un bouquin, écrit par un journaliste du Point spécialiste des questions de défense, de police et de renseignement et un romancier, qui part du big data pour décrire une société dystopique despotique, totalitaire, induite par la surveillance massive de chacun-e d'entre nous.
Les avantages proposés par les nouveaux maîtres du monde sont trop attrayants et la perte de libertés trop diffuse pour que l'individu moderne souhaite s'y opposer.
https://fr.wikipedia.org/wiki/Acxiom - Acxiom, data broker, société commerciale qui détient des profils détaillés sur 700 millions de personnes à travers le monde… sans que personne ne connaisse son nom.
Les photos souvenirs et les selfies sont un leurre faisant croire que la capture de l'instant présent est supérieur à la réalité, à l'émotion vécue de l'instant qui, elle, n'est pas numérisable.
Gouvernance par algorithmes : « gouvernement opérant par configuration anticipative des possibles, plutôt que par réglementation des conduites et ne s'adressant aux individus que par voie d'alertes provoquant des réflexes, plutôt qu'en s'appuyant sur leurs capacités d'entendement et de volonté ».
Le mythe des algorithmes qui seraient neutres : Lantana Sweeper, profe à Harvard tapant son nom et prénom sur Google Search voit des pubs pour des services judiciaires lui proposant de consulter son casier judiciaire. Pourquoi ces résultats suggérant qu'elle pouvait avoir un casier sont apparus ? Simplement parce que son nom et son prénom sont à consonance Afro-Américaine donc la probabilité d'avoir des ennuis judiciaire est plus élevée. Au-delà de cette anecdote, les algorithmes sont écrits par des humain-e-s imparfait-e-s, qui ont des biais de perception et d'interpréation, n'oublions jamais cela.
Sommes-nous hyperconnectés les un-e-s aux autres grâce au numérique ou chacun-e est connecté-e à sa bulle personnelle ? Chacun-e de nous ne voit pas les mêmes résultats de recherche sur Google Search, pas les mêmes pubs, pas les mêmes informations sur un portail d'information ou sur les réseaux sociaux qui appliquent des filtres pour afficher que ce qui est "pertinent".
Je compète ma définition de la vie privée avec ça : « La vie privée, ce n'est pas ce que l'on dissimule, c'est de l'espace non public, quelque chose dont nous avons besoin pour ensuite jouer notre rôle sur l'agora. Elle est aussi vitale socialement que le sommeil l'est biologiquement. » Jean-Claude Ameisen. Ça complète la définition de jz, « La protection de la vie privée, c'est la protection de nos intimités. C'est se laisser la possibilité d'êtres libres seul-e ou à plusieurs. C'est la possibilité d'expérimenter sans se faire juger. C'est important. », et celle de Sonntag : http://shaarli.guiguishow.info/?peLLrQ
« La transparence totale s'apparente à une nouvelle Inquisition. Car que veut dire être transparent ? Que l'on voit au travers de vous et donc que l'on ne vous voit plus ? On nous fait confondre honnêteté et transparence. Il faut se pose la question : est-ce que le seul moyen que j'ai d'être honnête, c'est d'être mis sous surveillance H24 ? Si la réponse est oui, cela signifie que l'on a inventé l'honnêteté totalitaire. ».
« En juin 2013, le directeur de la NSA assura que les programmes de surveillance des télécommunications avaient permis de déjouer des douzaines de «complots terroristes». En octobre, il révisa son estimation à la baisse, évoquant 13 «événements» en rapport avec le territoire américain, avant d’admettre que le nombre de menaces étouffées dans l’œuf par le programme de collecte des métadonnées téléphoniques se montait à une ou peut-être deux. En fin de compte, ne resta qu’un seul complot à avoir été déjoué par plus de dix ans de collecte massive de fadettes téléphoniques : un habitant de San Diego arrêté pour avoir envoyé 8 500 dollars à un groupe militant somalien. ». Source : http://www.liberation.fr/france/2015/04/14/loi-sur-le-renseignement-les-bugs-du-big-data_1241075
La surveillance automatique, par des programmes informatiques, ça élimine les cas de conscience. C'est donc d'autant plus dangereux.
Croyance forte en la neutralité des moteurs de recherche : deux chercheurs américains ont demandé à 2 100 Australiens, répartis en 3 groupes, de taper le nom de l'un des deux aspirants pour le poste de Premier ministre aux elections élections de 2010, sur un moteur de recherche truqué pour que les premières pages web affichent des résultats favorables, défavorables ou neutre. Les intentions de votes pour l'un ou l'autre candidat basculaient de 37% en fonction de l'orientation donnée par les moteurs de recherche. Une influence incomparable à celles des médias traditionnels car les internautes font beaucoup plus confiance à l'informatio piochée sur le net. Voir : http://www.pnas.org/content/112/33/E4512.abstract
Les GAFA ne veulent pas de réglementations strictes car ces sociétés pensent pouvoir en créer de meilleures que le gouvernement. Elles ne veulent pas non plus que la société civile leur impose des règles éthiques car elles pensent que leur jugement éthique est supérieur par définition même. C'est vrai mais ça ne concerne pas que les GAFA : l'industrie d'Hollywood est persuadée de diffuser la bonne parole, les bonnes valeurs, dans le monde entier. Big Pharma et l'industrie agro-alimentaire ne veulent pas non plus de réglementations, c'est tout l'enjeu des traités de libre échange à outrance !
Je découvre la culturomique : http://www.francetvinfo.fr/replay-radio/info-sciences/connaissez-vous-la-culturomique_1740973.html . L'étude de la culture et de la pensée humaine dans le temps. Apparition et disparition d'un mot, changement de sens, etc. Exemple : Google qui, grâce à Google Book, constate que l'usage du mot « Dieu » s'effondre à partir de 1860 jusqu'à 1900 pour rester relativement stable et ne pas redécoller ensuite. Je trouve ça impressionnant car avec cet outil, aurait-on pu prévoir la suite logique, aka la loi de 1905 en France, par exemple ? Et si oui, qu'aurait fait les églises et leurs fans avec cette information ?
Je découvre un nouvel acronyme bullshit, NATU : Netflix, Airbnb, Tesla, Uber… … …
Pour l'instant le transhumanisme est dans sa phase "prévenir les toooous premiers signes d'une maladie" grâce à des nanoparticules qui se promènent dans tout l'organisme humain. Objectif : gagner de l'espérance de vie (20 ans d'ici 2035). Visiblement, ce courant de pensée porté par Google et d'autres est loin d'avoir pigé la vieillesse et donc de pouvoir atteindre leur objectif : effacer la mort.
Les nouveaux outils génèrent « une frustration, celle de ne pas réussir à faire tout ce que l'on veut, et une insatisfaction, de mal faire ce que l'on fait. » Hartmut Rosa, philosophe.
« Dans une démocratie, je considère qu'il est nécessaire que subsiste un espace de possibilité de fraude. Si l'on n'avait pas vu fabriquer de fausses cartes d'identité pendant la guerre, des dizaines de milliers d'hommes et de femmes auraient été arrêtés déportés, sans doute morts ». Raymond Forni, père de la CNIL que l'on décrit comme un homme qui a « toujours été partisan de préserver un minimum d'espace sans lequel il n'y a pas de démocratie »
Perso, j'aime beaucoup cet épisode de DataGueule sur le sujet : https://www.youtube.com/watch?v=5otaBKsz7k4 . Là où le livre est intéressant, c'est qu'il énonce très bien toutes sortes de dangers liée à cette collecte massive bien au-delà des exemples de l'assurance voiture ou santé adaptée que l'on présente assez rapidement en premier auprès de personnes qui méconnaissent le sujet.
Big data : collecte massive de données sur tout le monde pour analyse. L'idée et d'affiner les statistiques et surtout les probabilité : si l'on a des données sur tout le monde, on perd la marge d'erreur liée à la qualité de l'échantillon. L'idée est de faire des corrélations entre toutes les données capturées et archivées afin d'en déduire des tendances (foyers des épidémies, prix de l'immobilier, etc.) mais aussi de personnaliser toujours plus les services auprès de chaque individu dans les domaines de la santé, de la sécurité, etc. L'objectif final est une rationalisation ultime de tout ce qui peut l'être, d'effacer la notion de risque, d'effacer les émotions, d'effacer le hasard. C'est-à-dire effacer la créativité humain-e et ce que fût l'évolution humaine jusqu'ici (suite de hasards, notamment génétiques). Notons que la fiabilité de la prévision des foyers d'épidémies ne fait pas l'unanimité : http://science.sciencemag.org/content/343/6176/1203 .
Enjeux :
D'un côté, ce livre est plutôt confus, surtout au niveau des premières (et dernières) définitions données : big data = GAFA = géants américains du net, Deep web = Darknet = web caché. Bon, je suis mauvaise langue, le terme « hacker » est remarquablement bien expliqué. On mélange toute forme de surveillance : privée (GAFA, etc.), étatique (lois privatrices de libertés, déploiement massif de caméras de surveillance dans l'espace public, etc.), on fait le lien entre GAFA et renseignement (ce lien est avéré, on est bien d'accord), on fait le lien entre GAFA et problèmes écologiques. Tout ça pour arriver à une vision despotique et dystopique du monde : une seule société humaine asservie par une oligarchie technocratique mondiale transcendant les États. Tout est mélangé sans dire si les auteurs pensent que tout cela est la face d'un même objet aka une société qui va aller encore plus mal ou si c'est lié à une incompréhension des origines multiples des multiples maux de la part des auteurs, par exemple.
D'un autre côté, les auteurs accablent les GAFA de tous les maux du monde alors que la plupart des maux pré-existaient, ce qui n'aide pas à poser le bon diagnostic. Petite sélection :
Enfin, quand on commence à lire et que l'on voit la noirceur du tableau (je ne dis pas que c'est faux factuellement parlant, hein), on se demande si les auteurs parleront un jour des solutions. Hé bah oui. \o/ À la fin, quelques solutions abstraites (mais nécessaires) sont proposées : se réapproprier l'espace et le temps, lutter contre l'uniformisation, accepter l'imprévisibilité et l'imperfection humaine, remettre l'humain-e au centre du système en lieu et place des robots. Des solutions concrètes sont également proposées : TOR, logiciels libres (nommés logiciels ouverts mais l'objectif est très bien expliqué) et chiffrement.
Au final, les enjeux derrière le big data sont très bien expliqués et c'est en cela que j'ai envie de recommander la lecture de ce livre. D'un autre côté, les références sont parfois inexpliquées ou survolées rapidement, ce qui fait qu'un bagage préalable semble utile (mais pas indispensable). Le tableau est volontairement noirci. Le texte est parfois confus (transitions difficiles). Etc. Tout cela me fait me demander si je conseillerai ce livre à des personnes non initiées… Le côté "paranoïaque" et le côté "impuissance de chacun-e dans ce problème global" peuvent faire perdre pied. Pour les initié-e-s, on y apprend quand même des choses.
