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——————————— September 16, 2016 - Friday 16, September 2016 ———————————

Ça date, je n'ai pas tout lu, je garde juste une information que je trouve méga intéressante :

Nous gardons en mémoire les anciennes erreurs tant du législateur national que du régulateur. Par exemple sur la redevance due par les opérateurs. Les textes européens indiquent bien, depuis le début de l’ouverture du marché des télécoms, que les États membres peuvent demander une redevance aux opérateurs pour financer l’autorité de régulation, et que cette redevance devait être équitable. Le législateur français avait traduit ça en « 20 k€ pour tout le monde, 80 k€ pour l’opérateur historique ». Tous les micro-opérateurs qui existaient avant l’ART, dont FDN, ont donc eu ce réflexe de survie : ne pas se déclarer, pour ne pas mourir. Et l’ART de poursuivre les opérateurs qui tombaient dans son radar, comme ce fut le cas de NetPratique par exemple.

Pour moi, cela montre qu'il ne suffit pas de faire, de "make", de monter une initiative et de la faire vivre. Il faut aussi exister au niveau politique et agir auprès des autorités qui régissent le secteur dans lequel l'initiative évolue. Sans ça, l'initiative se fera bouffer, se fera marcher dessus sans complaisance. En rapport avec http://shaarli.guiguishow.info/?xo1oaQ .

[...]

Dans le classement établi par Reporters Sans Frontières, le pays pointe tout en bas du tableau, à la 171e place sur les 180 États auscultés par l’organisation. Un monopole sur l’information est exercé par le clan Castro depuis 1959, accompagné par des « arrestations et détentions abusives, des menaces, des campagnes de dénigrement, des confiscations de matériel et des fermeture de sites web ».

Concernant les télécommunications, la censure est aussi de mise. En particulier, tout un champ lexical est banni par le gouvernement, pointe la presse hispanique. Reprise par Reuters, l’information montre que La Havane a exigé des opérateurs de l’île qu’ils filtrent les SMS contenant certains termes évoquant l’ouverture politique, comme « démocratie », et les libertés individuelles, tels que les « droits de l’homme ».

D’autres mots-clés sont aussi dans le viseur, comme le nom de dissidents politiques ayant une relative visibilité, ainsi que des groupes politiques contestant la mainmise de Raúl Castro et de sa clique. En tout, le blocage concerne, selon les trouvailles du journaliste Reinaldo Escobar et de l’activiste Yoani Sanchez, sur un groupe de trente termes. Mais peut-être que d’autres, encore à découvrir, sont aussi touchés.

Les émetteurs des textos litigieux ne savent évidemment pas que les messages qu’ils envoient sont frappés par la censure. Selon les observations faites sur place, les opérateurs font croire que les SMS sont bien envoyés au destinataire en indiquant sur l’écran du mobile de l’émetteur la mention « envoyé ». En revanche, la date de mise en place de ce blocage n’a pas encore pu être déterminée.

La censure n’est pas le seul souci que connaît l’île en matière de télécommunications. L’accès à Internet est loin d’être répandu à Cuba. Seuls quelques officiels du régime y ont accès dans les bâtiments publics, ainsi que les touristes dans les hôtels. Il existe bien sûr des cybercafés, mais le gouvernement veille évidemment à ce que les internautes ne voient pas tout du réseau.

Les choses sont toutefois en train d’évoluer lentement. Des points d’accès publics sont en cours de déploiement à La Havane et Google est dans la boucle pour aider l’île à mieux se connecter à Internet. En début d’année, il a été annoncé la mise en place du premier réseau à haut débit national déployé par Huawei à La Habana Vieja, une municipalité qui contient le centre historique de la capitale cubaine.

Attention : cette actu date d'avril 2016 mais c'est toujours d'actualité.

Motifs de cette croissance au ralenti des RIP FTTH :

  • Montages juridiques fragiles ;

  • Élections -> nouvelles équipes -> temps de reprise en main des dossiers ;

  • Financement :
    • Blocage des subventions de l'État suite à un risque juridique : la Commission Européenne a constaté que des subventions pour de la montée en débit sur cuivre (qui arrangent Orange, proprio du réseau cuivre) ont été attribuées avant l'accord de celle-ci et contestées par un petit opérateur et par la FIRIP (fédération des industriels des réseaux d'initiative publique). Ce point est toujours bloqué à l'heure actuelle mais le gouvernement semble prêt à assumer le risque et à ouvrir le robinet à subventions ;

    • Les gros opérateurs commerciaux d'envergure nationale ne veulent pas venir sur les RIP avec leur lots de clients déjà acquis donc incertitude sur la rentabilité de ces réseaux (les gens préfèrent voir des marques connues plutôt d'un opérateur local, semble-t-il) ;

Ça aussi, ça date mais c'est toujours vrai et utile.

Les projets de Montée en Débit sur les sous-répartiteurs sont désormais nombreux, notamment au sein de Réseaux d’Initiative Publique.

Vous soulevez là un point intéressant. J’ai d’ailleurs eu l’opportunité d’appréhender ce sujet via trois prismes singulièrement différents. Au sein d’Orange tout d’abord, dans un rôle d’initiateur du projet de Montée en Début sur cuivre en 2008-2009, à l’ARCEP ensuite avec une Autorité attentive en 2010 à ce que la MeD ne retarde pas la fibre, dans l’Institut Mines-Télécom enfin en modélisant divers scénarios liant déploiements FTTH et MeD sur cuivre. [...]

La MeD ne résout tout d’abord pas les disparités entre lignes intrinsèques à la technologie cuivre même si nous pouvons en réduire l’amplitude en traitant les SR les plus éloignés.

Oui, et c'est un problème en soi : ne pas négliger les zones rurales car l'innovation peut naître de partout et plus largement parce qu'il ne doit pas y avoir de citoyen-ne-s de seconde zone.

Les solutions Med sur SR ne permettent ensuite pas d’assurer durablement pour tous l’accès à des débits suffisants. Les besoins actuels supposent en effet que l’on sache déployer des accès à 100Mbit/s symétrique (augmentation des besoins d’un facteur X10 tous les 6 ans, tendance vérifiée en moyenne depuis 30 ans). C’est impossible avec les projets MeD au niveau des SR. Ces solutions, pertinentes en 2008-2009, s’avèrent donc désormais désynchronisées avec le marché.

Loi de Jakob Nielsen : : les débits jugés confortables sur les réseaux augmentent de 50% tous les ans, ce qui correspond à un débit multiplié par 10 en 6 ans, ou par 100 en 12 ans. Évidemment, comme la Loi de Moore, ça finira bien par ne plus être une croissance géométrique.

[...] En 2015, pour rester à la rigueur pertinente, la MeD sur cuivre se devrait d’amener massivement la fibre jusqu’aux points de branchement du cuivre (les Points de Concentration du réseau Cuivre – ce sont à l’extérieur ces petites boites beige sur les façades, les poteaux à proximité des habitations…) et en terminant par exemple avec du FTTdP (Fibre-to-the-Distribution-Point). Mais on ne parle plus alors de MeD sur les SR mais de Fibre jusqu’aux derniers mètres avec terminaison cuivre ou coaxiale.

In fine, j’ai peur que le choix de jouer la carte de la MeD sur cuivre au niveau des SR, celle actuellement proposée, soit le symbole d’une France résignée à son déclin avec un scénario de déploiement extrêmement lent de la fibre, peu ou pas rentable. A l’orée des années 2020, ce scénario se traduirait notamment par un accroissement dramatique des fractures territoriales et sociales. Au moins 20% des personnes devraient vivre et travailler avec des débits sans aucune commune mesure à ceux des zones traitées en Fibre. [...]

Douze ans après, il faut d’ailleurs noter le parallèle frappant avec le dossier DSL. Les mêmes phrases étaient en effet entendues en 2003-2004 : « les ruraux, les bouseux n’ont pas besoin de tels débits ; seuls 300 NRA par an sont rentables (sur 12500 NRA à l’époque); nous sommes au fond du trou à France-Télécom, nous n’avons pas les moyens financiers de couvrir à perte ces petits NRA ;…». Or, dès 2004 pour sortir « par le haut », nous présentions diverses innovations, techniques comme financières, qui ont permis à la fois de multiplier le volume de traitement annuel des NRA par dix (plus de 3000 NRA par an), d’adopter une approche péréquée et d’obtenir un plan d’affaire global rentable en moins de 3 ans. Début 2007, tous les NRA en France étaient ouverts au DSL. L’attentisme actuel, tout comme celui sur le DSL il y a douze ans, demeure ainsi basé sur des idées reçues, des fractures « intellectuelles » à côté des fractures territoriales finalement acceptées comme autant de fausses fatalités.

[...]

Question de coût et de bilan financier : si pour suivre les besoins en services, la fibre n’est déployée que dans un deuxième temps, par exemple 5 ans après le déploiement du site MeD, économiquement l’opération en deux temps ne s’avère jamais pertinente même en supposant une forte réutilisation des investissements réalisés pour la MeD. Elle s’avère notamment moins pertinente que de poser directement la fibre optique en FTTH.

Oui, donc on est forcément dans une démarche "garder le cuivre le plus longtemps possible" dès que l'on entre dans un plan de montée en débit. « La collectivité n’aura pas les moyens ni le droit de refinancer la fibre dans un délai aussi court après avoir financé à fonds presque perdus à 100% un acteur du cuivre. »

En outre ce résultat déjà négatif est obtenu sans considérer que la réutilisation du site MeD comme PM serait en pratique rarement faisable. En effet la très grande majorité des sous répartiteurs en zones moins denses font moins de 300 lignes. Ils sont donc d’une taille inférieure à la taille minimale d’un PM (Point de Mutualisation et de flexibilité du FTTH). Même si pour des raisons géographiques « exceptionnelles » cela était malgré tout autorisé, cela provoquerait néanmoins une régression dans le niveau de mutualisation du réseau fibre et obligerait à redimensionner la collecte entre NRO et site MeD pour le PM en fibre optique, donc là aussi avec un investissement insuffisamment pérenne. En effet, il faut se rappeler que les coûts relatifs aux câbles sont très majoritairement des coûts de main d’œuvre (environ 75%). Ainsi poser deux câbles de X fibres coute presque deux fois plus cher que de poser un seul câble de 2X fibres. Cinq ans après la MeD, faute d’obligation contractuelle, il pourrait même s’avérer qu’un câble privé fortement dimensionné soit posé court-circuitant ainsi l’usage du câble optique initial financé sur fonds publics et réduisant à néant toute perspective de réutilisation et de revenus pour la collectivité publique.

En outre, côté armoire MeD les équipements passifs et actifs seront quasi non réutilisables (pour des raisons de type d’armoire, de profondeur, de disposition, de coexistence des deux technologies cuivre et fibre pendant une longue période obligeant à avoir les deux sites MeD et PM en parallèle, de pertinence en coûts de gestion d’avoir des équipements optiques actifs aussi bas dans le réseau,…). Ainsi en pratique au mieux une nouvelle armoire PM sera installée à coté du site MeD, réduisant à presque 0 la réalité de la réutilisation de la partie site.

[...]

Ces zones de MeD sont aussi celles où les besoins pour plus de débits auraient favorisé une meilleure pénétration initiale sur la fibre.

Oui, c'est quand t'as un débit qui t'exclues de la société que t'as encore plus besoin d'avoir mieux.

Attention : cette actu date de novembre 2015 mais je la trouve très pertinente car elle donne une grille de lecture intéressante sur certaines des ambiguïtés dans la régulation pratiquée par l'ARCEP

Après plusieurs années d'économies, le budget du régulateur des télécoms, l'ARCEP, risque de prendre encore un nouveau coup. Le projet de loi des finances 2016 prévoit de réduire une nouvelle fois le financement de l'autorité. De 22,7 millions d'euros en 2015, il passerait à 21,5 millions d'euros en 2016 (PDF), soit une perte de plus d'un million d'euros.

[...] a loi Macron lui en confie plusieurs, notamment de réorganiser la régulation, d'écrire celle des tarifs des réseaux en fibre optique ou encore d'édicter un rapport sur les investissements dans les réseaux mobiles. [...] L'ARCEP doit également réguler les tarifs des réseaux d'initiative publique, censés diffuser le très haut débit, contrôler le nouveau programme de couverture des zones blanches ou encore examiner les contrats de partage de réseaux mobiles. Cela alors qu'elle pilote les enchères pour les bandes de fréquence « 700 MHz » [...] Dès avril 2016, l'ARCEP se verra très sûrement confier la responsabilité d'imposer le respect de la neutralité du Net par les opérateurs français... Tout en contribuant à la régulation du secteur au niveau européen, via le groupement des régulateurs, le BEREC, dans lequel l'autorité française veut prendre plus de poids, comme elle nous l'expliquait en avril.

Reste qu'avec cette stabilité, une mission pourrait devenir compliquée, estime la commission parlementaire : la régulation du déploiement du très haut débit. Avec le plan France Très Haut Débit, des dizaines de réseaux d'initiative publique, montés par des départements ou des régions, doivent émerger de terre pour connecter les Français. De quelques grands opérateurs nationaux, « le régulateur se trouvera dès lors confronté à une myriade d’opérateurs, de 50 à 100 » estime Corinne Erhel. Un défi qui demandera, à un moment ou un autre, plus de moyens humains.

Ouverture à la concurrence mais pas trop quand même.

Attention : cette actu date de février 2016 mais je la trouve intéressante.

[...]

Pour dire les choses relativement simplement, il impose aux éditeurs de décliner dans une version minimaliste très rapide à charger du contenu de leurs pages Web, éventuellement mis en cache dans des CDN (Google en offre un gratuit), en utilisant exclusivement des technologies validées au préalable par le prétendu « AMP Project » — c’est-à-dire par Google et ses partenaires, sélectionnés on ne sait trop comment.

[...]

Mais le World Wide Web Consortium (W3C), qui a en charge l’élaboration des normes du HTML et dont les travaux sont publics et les décisions consensuelles, est donc mis sur la touche au profit d’un standard parallèle, fait entre soi selon la règle du plus fort. Il y aura désormais d’un côté les pages HTML conformes aux recommandations du W3C, et de l’autre les mêmes pages HTML AMP conformes aux restrictions strictes imposées par le groupe.

[...]

Or l’une des caractéristiques techniques fondamentales de AMP est qu’il empêche le chargement de tout script JavaScript, sauf pour les quelques scripts préalablement validés par AMP Project. Il est possible aujourd’hui d’intégrer des messages Twitter, des posts Facebook ou des vidéos YouTube, mais pas encore des vidéos Dailymotion ou des documents Scribd. C’est donc un standard très contrôlé, qui ne permet pas aux éditeurs et aux développeurs d’innover librement.

[...] Mais l’intérêt est aussi voire surtout commercial. C’est une manière de contrôler certains marchés et leurs pratiques.

Ainsi pour afficher dynamiquement des publicités en HTML AMP, et mesurer leur audience, il faut obligatoirement passer par l’une des régies qui bénéficie d’un laisser-passer, parce qu’ils se conforment à des règles (là aussi opaques) : A9, AdReactor, Google AdSense, AdTech, et DoubleClick. Si vous êtes un éditeur Web et souhaitez utiliser votre propre ad-server ou celui d’une petite régie exclue du programme, c’est impossible.

Attention : ça date de fin fin 2015 / avril 2016.

SFR est officiellement épinglé par l'État pour ses déploiements fibre. Dans un communiqué publié vendredi, le ministère de l'Économie a constaté la défaillance de SFR dans ses déploiements FTTH dans la métropole lilloise, plus de deux ans après la signature d'une convention. Saisie par la collectivité, le comité de concertation de la mission France Très Haut Débit a constaté les manquements du groupe, ce qui libère la métropole de ses liens avec le FAI.

Au-delà du problème qu'elle illustre pour SFR, cette décision est une première importante. Il s'agit du premier constat de défaillance de déploiement de la fibre jusqu'à l'abonné (FTTH), selon plusieurs experts interrogés. Un constat aux conséquences importantes, qui met une nouvelle pression aux opérateurs sur leur couverture fibre en zones denses. Cela alors que Numericable-SFR nous explique ne pas déployer de FTTH sur les communes disposant déjà de câble.

[...] Dans ce cas, un « constat de carence » est dressé et la collectivité est libre de ses déploiements sur la zone concernée. Il permet à la collectivité de renégocier son contrat, de faire appel à d'autres opérateurs mais aussi de monter son propre réseau d'initiative publique (RIP), si elle le souhaite.

[...] Dans un communiqué qu'elle nous a transmis, Lille Métropole affirme que SFR a voulu rompre sa convention pour en proposer une autre, portant sur 13 villes au lieu de 70. « Ainsi Numericable-SFR a décidé d’abandonner 57 communes de la métropole » dénonce-t-elle.

L'opérateur SFR « a notamment dû renoncer à déployer un deuxième réseau en fibre optique sur certaines communes de la Métropole européenne de Lille qui bénéficiaient déjà d’une infrastructure en fibre optique qui avait été déployée par Numericable ». Le périmètre des déploiements a été rédessiné « pour se conformer aux demandes de l’Autorité de la concurrence, lors du rachat de SFR par Numericable », précise la société.

[...]

En décembre, la métropole a validé la substitution d'Orange à SFR sur 57 communes « délaissées », en plus des 11 autres déjà signées avec Orange. Selon Bercy, la marque au carré rouge a proposé « de formaliser de nouveaux engagements précis pour couvrir 14 autres communes en FTTH ». Pour les deux opérateurs, l'horizon est toujours 2020.

La procédure "carence / reconnaissance de défaillance" a été achevée en avril 2016.

[...]

Il s'agit aussi d'une arme pour les associations de collectivités comme l'AVICCA, qui brandissent parfois le spectre de la « carence » dans leurs discussions avec l'État et les opérateurs. « Si les acteurs majeurs continuent de préférer la rente actuelle sur le haut débit [ADSL], nous n'aurons d'autre choix que de constater la carence et de s'organiser pour faire éclater un oligopole de fait d'une manière ou d'une autre » menaçait le président de l'AVICCA, Patrick Chaize, en juillet dernier.

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