Ça aussi, ça date mais c'est toujours vrai et utile.
Les projets de Montée en Débit sur les sous-répartiteurs sont désormais nombreux, notamment au sein de Réseaux d’Initiative Publique.
Vous soulevez là un point intéressant. J’ai d’ailleurs eu l’opportunité d’appréhender ce sujet via trois prismes singulièrement différents. Au sein d’Orange tout d’abord, dans un rôle d’initiateur du projet de Montée en Début sur cuivre en 2008-2009, à l’ARCEP ensuite avec une Autorité attentive en 2010 à ce que la MeD ne retarde pas la fibre, dans l’Institut Mines-Télécom enfin en modélisant divers scénarios liant déploiements FTTH et MeD sur cuivre. [...]
La MeD ne résout tout d’abord pas les disparités entre lignes intrinsèques à la technologie cuivre même si nous pouvons en réduire l’amplitude en traitant les SR les plus éloignés.
Oui, et c'est un problème en soi : ne pas négliger les zones rurales car l'innovation peut naître de partout et plus largement parce qu'il ne doit pas y avoir de citoyen-ne-s de seconde zone.
Les solutions Med sur SR ne permettent ensuite pas d’assurer durablement pour tous l’accès à des débits suffisants. Les besoins actuels supposent en effet que l’on sache déployer des accès à 100Mbit/s symétrique (augmentation des besoins d’un facteur X10 tous les 6 ans, tendance vérifiée en moyenne depuis 30 ans). C’est impossible avec les projets MeD au niveau des SR. Ces solutions, pertinentes en 2008-2009, s’avèrent donc désormais désynchronisées avec le marché.
Loi de Jakob Nielsen : : les débits jugés confortables sur les réseaux augmentent de 50% tous les ans, ce qui correspond à un débit multiplié par 10 en 6 ans, ou par 100 en 12 ans. Évidemment, comme la Loi de Moore, ça finira bien par ne plus être une croissance géométrique.
[...] En 2015, pour rester à la rigueur pertinente, la MeD sur cuivre se devrait d’amener massivement la fibre jusqu’aux points de branchement du cuivre (les Points de Concentration du réseau Cuivre – ce sont à l’extérieur ces petites boites beige sur les façades, les poteaux à proximité des habitations…) et en terminant par exemple avec du FTTdP (Fibre-to-the-Distribution-Point). Mais on ne parle plus alors de MeD sur les SR mais de Fibre jusqu’aux derniers mètres avec terminaison cuivre ou coaxiale.
In fine, j’ai peur que le choix de jouer la carte de la MeD sur cuivre au niveau des SR, celle actuellement proposée, soit le symbole d’une France résignée à son déclin avec un scénario de déploiement extrêmement lent de la fibre, peu ou pas rentable. A l’orée des années 2020, ce scénario se traduirait notamment par un accroissement dramatique des fractures territoriales et sociales. Au moins 20% des personnes devraient vivre et travailler avec des débits sans aucune commune mesure à ceux des zones traitées en Fibre. [...]
Douze ans après, il faut d’ailleurs noter le parallèle frappant avec le dossier DSL. Les mêmes phrases étaient en effet entendues en 2003-2004 : « les ruraux, les bouseux n’ont pas besoin de tels débits ; seuls 300 NRA par an sont rentables (sur 12500 NRA à l’époque); nous sommes au fond du trou à France-Télécom, nous n’avons pas les moyens financiers de couvrir à perte ces petits NRA ;…». Or, dès 2004 pour sortir « par le haut », nous présentions diverses innovations, techniques comme financières, qui ont permis à la fois de multiplier le volume de traitement annuel des NRA par dix (plus de 3000 NRA par an), d’adopter une approche péréquée et d’obtenir un plan d’affaire global rentable en moins de 3 ans. Début 2007, tous les NRA en France étaient ouverts au DSL. L’attentisme actuel, tout comme celui sur le DSL il y a douze ans, demeure ainsi basé sur des idées reçues, des fractures « intellectuelles » à côté des fractures territoriales finalement acceptées comme autant de fausses fatalités.
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Question de coût et de bilan financier : si pour suivre les besoins en services, la fibre n’est déployée que dans un deuxième temps, par exemple 5 ans après le déploiement du site MeD, économiquement l’opération en deux temps ne s’avère jamais pertinente même en supposant une forte réutilisation des investissements réalisés pour la MeD. Elle s’avère notamment moins pertinente que de poser directement la fibre optique en FTTH.
Oui, donc on est forcément dans une démarche "garder le cuivre le plus longtemps possible" dès que l'on entre dans un plan de montée en débit. « La collectivité n’aura pas les moyens ni le droit de refinancer la fibre dans un délai aussi court après avoir financé à fonds presque perdus à 100% un acteur du cuivre. »
En outre ce résultat déjà négatif est obtenu sans considérer que la réutilisation du site MeD comme PM serait en pratique rarement faisable. En effet la très grande majorité des sous répartiteurs en zones moins denses font moins de 300 lignes. Ils sont donc d’une taille inférieure à la taille minimale d’un PM (Point de Mutualisation et de flexibilité du FTTH). Même si pour des raisons géographiques « exceptionnelles » cela était malgré tout autorisé, cela provoquerait néanmoins une régression dans le niveau de mutualisation du réseau fibre et obligerait à redimensionner la collecte entre NRO et site MeD pour le PM en fibre optique, donc là aussi avec un investissement insuffisamment pérenne. En effet, il faut se rappeler que les coûts relatifs aux câbles sont très majoritairement des coûts de main d’œuvre (environ 75%). Ainsi poser deux câbles de X fibres coute presque deux fois plus cher que de poser un seul câble de 2X fibres. Cinq ans après la MeD, faute d’obligation contractuelle, il pourrait même s’avérer qu’un câble privé fortement dimensionné soit posé court-circuitant ainsi l’usage du câble optique initial financé sur fonds publics et réduisant à néant toute perspective de réutilisation et de revenus pour la collectivité publique.
En outre, côté armoire MeD les équipements passifs et actifs seront quasi non réutilisables (pour des raisons de type d’armoire, de profondeur, de disposition, de coexistence des deux technologies cuivre et fibre pendant une longue période obligeant à avoir les deux sites MeD et PM en parallèle, de pertinence en coûts de gestion d’avoir des équipements optiques actifs aussi bas dans le réseau,…). Ainsi en pratique au mieux une nouvelle armoire PM sera installée à coté du site MeD, réduisant à presque 0 la réalité de la réutilisation de la partie site.
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Ces zones de MeD sont aussi celles où les besoins pour plus de débits auraient favorisé une meilleure pénétration initiale sur la fibre.
Oui, c'est quand t'as un débit qui t'exclues de la société que t'as encore plus besoin d'avoir mieux.