L'ARCEP, le régulateur français des télécoms, a ouvert une consultation publique portant sur son analyse du marché (des marchés, en vrai) de l'accès à Internet haut débit (HD) et très haut débit (THD) en France.
C'est important car c'est avec tout ça que l'ARCEP fixera le cadre de sa future régulation des marchés haut débit et très haut débit pour 2017-2020. C'est-à-dire changer de modèle si elle constate que le co-investissement échoue à faire émerger une offre THD correcte, décider si elle impose ou non des offres de gros sur la fibre optique qui permettront l'entrée de petits acteurs locaux sur le marché comme les TPE ou les FAI associatifs ou si ces acteurs se feront évincer comme ce fût le cas sur l'ADSL, etc.
Du coup, ce shaarli va s'intéresser à globalement tout ce que j'ai appris en lisant les documents de l'ARCEP. Je vais donc présenter ce que je retiens du déploiement de la fibre optique en France (comment ça se passe sur le terrain, financement, enjeux, etc.) et ensuite je donnerai ma grille de lecture de la consultation ARCEP (qu'est-ce qui va dans leur analyse, qu'est-ce qu'il faut améliorer, etc.).
Au sujet du HD/THD, je pense que les documents les plus intéressants pour comprendre le contexte dans lequel on évolue sont ceux-ci (en plus de la consultation) :
Pour une présentation vidéo de la manière dont est conçu le déploiement de la fibre optique en France, je recommande évidemment la vidéo suivante : FTTH - état des lieux - comment ruiner une bonne idée.
Actuellement, sur les sujets qui nous intéressent, l'ARCEP identifie plusieurs marchés :
Marché du détail (pour un client final)
Le déploiement de la fibre optique en France découpe le pays en plusieurs zones :
Zones très denses (ZTD) : une liste de 106 (actuellement) communes désignées par l'ARCEP. Les plus denses en terme de population.
Zones moins denses : la France moins les ZTD, en gros. Ces zones sont éclatées en 2 :
Réseaux d'Initiative Publique (RIP) : bah le reste de la France, les bleds paumés, en gros. C'est pris en charge par les collectivités territoriales donc genre une commune, une intercommunalité, un département, une région. Donc oui, dans une même région, il peut très bien y avoir plusieurs RIP genre la commune XXX = un réseau, la commune YYY = un autre réseau et tout le reste de la région : un RIP régional. Il y aura aussi forcément des mix entre AMII et RIP dans une même région. ;)
On comprend bien que ce zonage correspond à un découpage privé/public. Ainsi, pour résumer, on a :
Évidemment, chaque opérateur peut déployer son propre réseau, à côté de celui de son voisin. Seule une partie du réseau a l'obligation d'être mutualisée, on va y revenir. Concurrence par les infras, a dit l'UE. :)
Évidemment, dans le cas où un opérateur ne déploie pas sur un territoire sur lequel il avait pourtant signé une convention, aucune sanction réellement contraignante n'est prévue. Au bout de 3 à 5 ans, la puissance publique pourra constater l'échec du privé et rattraper le coup en déployant un RIP. Le jeu des opérateurs va retarder le déploiement, c'est une certitude.
Évidemment, signer une convention AMII est gratuit, l'État ne récupère aucun blé. Cela signifie que les collectivités territoriales doivent déployer un réseau dans les zones rurales où les coûts sont les plus élevés… sans d'autres modèles de financement que de collecter des impôts ou d'espérer du co-investissement d'opérateurs commerciaux… … … Comme ça, dans le futur, on pourra nous asserter que le privé est super efficace alors que la fonction publique croule de fainéant-e-s incompétent-e-s ! Une idée toute simple aurait été de gagner du blé sur les zones denses pas coûteuses pour financer le déploiement en zones rurales très coûteuses. On nomme ça : péréquation. C'est parfaitement prévu dans les textes. Juste, dans le cadre de la fibre, l'UE a dit : concurrence d'abord.
Au niveau macroscopique, le réseau fibre ressemble au réseau cuivre : un réseau capillaire, qui va de chaque habitation jusqu'à plusieurs points de concentration (dont le plus gros est nommé nœud de raccordement des abonnés, NRA), que l'on nomme réseau de distribution (ou réseau d'accès, selon la littérature). À cela s'ajoute le réseau de collecte (ou réseau de transport selon la littérature) qui relie les NRA entre eux ainsi que tous les NRA d'une zone géographique donnée jusqu'à un point où converge le trafic, soit au niveau régional, soit au niveau national.
Au niveau microscopique, le réseau de distribution fibre ressemble lui aussi à celui en cuivre : Réseau de collecte -------- NRO -------- PM -------- PBO -------- DTIO -------- PTO.
Le réseau de collecte ne change pas dans la transition cuivre vers fibre : il a déjà évolué en fibre optique du temps de l'ADSL et il a été installé par la puissance publique la plupart du temps.
Le Point de Mutualisation (PM) remplace le sous-répartiteur de la boucle locale cuivre, en gros. C'est ici qu'arrive, individuellement, chaque ligne optique de chaque logement (il n'y a pas de coupleurs plus loin dans le réseau, on est sur du réseau très capillaire). C'est donc jusqu'à ce point de démarcation que chaque opérateur commercial doit déployer son réseau.
Évidemment, tout ça, c'est la théorie. La pratique peut différer genre des déploiements ont eu lieu avant la sortie de certaines spécifications/recommandations. Genre PBO et DTIO c'pas obligé, genre y'a des zones sans PM et la mutualisation se fait au NRO, etc. Mais les grandes lignes demeurent.
Attention : il est donc faux de toujours partir du principe qu'après le PM, c'est du déploiement vertical car cela est vrai uniquement pour les immeubles de plusieurs étages mais par pour une maison, par exemple.
Attention : un opérateur d'immeuble n'est pas forcément un opérateur de télécommunications déclaré à l'ARCEP au sens traditionnel du terme, il n'exploite pas le réseau. Un opérateur d'immeuble est juste une société commerciale (ou autre) qui sait poser de la fibre et qui se chargera d'être le point de contact unique des opérateurs commerciaux pour décharger les proprios / syndic (oui, parce que si ces personnes doivent indiquer à tout opérateur les coûts pour se raccorder au réseau + où se situe le PM + tout un tas d'autres infos, ils ne sont pas arrivés).
Cette structuration des réseaux est identique, quelle que soit la zone (ZIPU, ZIPRI, etc.). Ce qui change, c'est les modèles de financement, certaines contraintes règlementaires et certains rôles.
Quand j'évoque une adaptation de certaines contraintes règlementaires, je pense notamment à celle de la taille du PM dans les ZMD et les poches de basse densité. En effet, il y a un équilibre à trouver comprenant le nombre de prises que ce PM pourra desservir et la distance depuis le NRO. En effet : un PM trop conséquent est rentable (beaucoup d'abonnés) mais il sature le génie civil puisqu'il y a autant de fibres qui partent de lui que de logement à desservir (à nuancer avec les tuyaux fibre de la largeur d'un pouce qui regroupent genre 144 fibres), ce qui n'est pas possible partout. Des PM trop petits, c'est plein de liens NRO<->PM pas mutualisés à financer par chaque opérateur commercial qui veut les desservir et le prix du linéaire entre NRO et PM n'est pas donné d'où une limite potentielle à la concurrence. Du coup, la taille d'un PM situé en ZTD c'est 100 prises environ OU un PM par immeuble > 12 logements. Dans les ZMD, c'est environ 1000 prises.
En terme de topologies de réseaux optiques, on a le choix entre la famille PON et la famille P2P, en gros. P2P, point-to-point, c'est facile : une fibre dédiée, de bout en bout, entre l'abonné-e et le point de concentration (NRO). Dans une topologie PON, on mutualise une même fibre en sortie du NRO en utilisant des coupleurs. Donc plusieurs abonné-e-s, dont une fibre part de leur logement respectif, partagent en réalité une même fibre côté NRO.
Avantages du GPON ?
Avantage du P2P : la capacité n'est pas mutualisée donc tout le monde a accès au débit qu'il a souscrit. Avec la famille PON, les troncs (avant les coupleurs) sont limités à 2,5 Gbps en réception donc, ça fait 25 clients à 100 Mbps. Sauf qu'on se dit que tous les abonné-e-s ne consommeront pas à fond au même moment donc on mutualise jusqu'à 64 abonné-e-s sur une fibre. Le bon vieux principe du surbooking. Le même qui pose aujourd'hui problème dans les cœurs de réseau des FAI ("chef, chef, tous nos enfoiré-e-s d'abonné-e-s veulent récupérer de la vidéo le soir à 20h, notre réseau pédale !"). Sans compter que, sur un tronc PON, le débit max est asymétrique : 2,5 Gbps / 1,2 Gbps. Mais bon, le consommateur, il veut consommer et il stockera bien ses contenus ailleurs que chez lui s'il veut les diffuser ! Oui, jje suis un peu de mauvaise foi ici : il "suffira" de changer les optiques et pouf, les troncs ne seront plus limités à 2,5 Gbps. Mouiiii. C'est vrai qu'une topo P2P nécessitera aussi de changer les optiques mais disons que je ne suis pas convaincu qu'on fera passer des tb/s dans des fibres juste en changeant les optiques. Du coup, la techno P2P me semble être celle qui saturera moins vite.
En France, c'est le GPON qui a gagné. Seul Free fait du P2P et uniquement dans les ZTD. Évidemment, ça c'est la théorie. La pratique offre beaucoup plus de diversité : https://lafibre.info/ftth-la-fibre-optique-gpon-ou-p2p/techno-fibre/ .
Dans la ZIPRI, on a principalement un modèle de co-financement / co-investissement. Chaque opérateur commercial déploie son réseau depuis le réseau de collecte jusqu'au point de mutualisation (l'ARCEP indique qu'il n'y a pas d'offres de co-financement des segments NRO-PM à l'heure actuelle) puis co-finance la partie mutualisée du réseau. Cette partie mutualisée est construite par l'opérateur d'immeuble et assumée par lui et les opérateurs commerciaux associés au projet.
Concrètement, l'opérateur d'immeuble publie une offre de mutualisation à destination des autres opérateurs. Il y a ensuite un appel à financement initial (ab initio). Si d'autres opérateurs commerciaux veulent rejoindre le financement plus tard, après coup, pour avoir accès au PM, ils le peuvent (mais forcément, y'a des avantages en moins comme la possibilité de demander l'hébergement d'équipements actifs au PM qui n'est plus considérée comme étant raisonnable). Dans tous les cas, ce n'est pas de la location de réseau mais bien de l'investissement : le co-financement initial et l'offre d'accès (après coup) octroient des droits pérennes sur le réseau. En plus d'offre de location à la ligne qui reste une location, si j'ai bien compris.
Exemples : suite à des conventions signées en 2011-2012, Bouygues co-finance partiellement avec SFR (qui déploie) dans les ZTD. Dans les zones ZMD-AMII, Bouygues co-finance partiellement avec Orange (qui déploie) et Free co-finance avec Orange (qui déploie).
Évidemment, il y a des adaptations en fonction des zones : en ZTD, financement initial = partage global des coûts en échange de droits pérennes et d'accès à toutes les lignes alors qu'en ZMD c'est plus un financement par tranches de 5% en échange de droits pérennes et d'accès à un nombre prédéfini de lignes. Même chose pour le lien PBO<->DTIO : il est payé lors du co-financement en ZTD alors qu'il est payé par le premier opérateur commercial (+ droit de suite si changement d'opérateur commercial par l'abonné-e) dans les ZMD. Évidemment, dans le cadre d'une maison, s'il y a besoin d'effectuer des travaux dans la propriété privée (genre gaine souterraine car celle du téléphone n'est pas exploitable), c'est à la charge du propriétaire (mais, bien sûr, personne ne l'oblige à signer avec un opérateur d'immeuble pour avoir la fibre chez lui ;) ).
On sent bien que ce modèle entraîne une concentration verticale naturelle entre opérateurs d'immeuble et opérateurs commerciaux : l'opérateur d'immeuble doit être "accompagné" par un opérateur commercial s'il veut obtenir des abonnements à coup sûr et s'il veut que le projet soit co-financé donc autant le faire lui-même et vlam, concentration, à la fois verticale (opérateur intégré) et diminution du nombre d'acteurs sur le marché.
ÉDIT DU 19/09/2016 À 21H00 : De même, ce modèle entraîne forcément un oligopole des opérateurs qui sont en capacité d'investir. Cela favorise également Orange : quand on commençait à évoquer les déploiements fibre, en 2009, Orange avait une insfrastructure déployée partout et rentable alors que les autres FAI commençait à peine à faire entrer des sous. Sans compter qu'Orange est toujours vu par les investisseurs sur les marchés comme associé à l'État d'où des emprunts plus faciles à obtenir. FIN DE L'ÉDIT.
Dans la ZIPU, les réseaux seront financés par la puissance publique (notamment les segments NRO-PM), c'est-à-dire par les collectivités territoriales (13-14 milliards estimés au total) et quelques subventions de l'État (3+ milliards prévus/débloqués jusqu'ici) mais les opérateurs privés peuvent co-financer les réseaux selon les mêmes règles que dans les zones ZMD-AMII données ci-dessus. Et bien évidemment, après coup, les opérateurs commerciaux pourront toujours venir se raccorder aux PM (et toujours sur le mécano "thune versus droits pérennes" ou sur de la location à la ligne passive).
En contrepartie, on a d'autres dérives genre l'influence d'Orange est reconnue (ce qui confirme les propos de Benjamin Bayart dans la vidéo que j'ai linkée au début de ce shaarli) :
L’Autorité note qu’à ce jour les niveaux tarifaires définis par Orange restent structurants, d’une part, pour les capacités de cofinancement des opérateurs commerciaux désirant investir dans le déploiement des réseaux et, d’autre part, pour les capacités de financement des acteurs publics, qui prennent en compte ces tarifs lors de l’élaboration de leur catalogue tarifaire [...] » ainsi que « comme le souligne l’avis n° 12-A-02 de l’Autorité de la concurrence, « seul un opérateur intégré comme Orange ou SFR est en mesure de s’engager auprès de la collectivité à ce qu’il y ait au moins un opérateur important usager du réseau public FTTH, à savoir lui-même. [...] Il existe donc un risque que les FAI, et particulièrement Orange et SFR, n’utilisent leur engagement de présence comme un instrument stratégique pour distordre la concurrence sur le marché des appels d’offres de collectivités. ».
À ce sujet, lire également : http://www.nextinpact.com/news/95618-la-strategie-d-orange-pour-influencer-elus-locaux.htm (comment est constitué le maillage local (de proximité) d'Orange) et http://www.nextinpact.com/news/95732-fibre-optique-lutte-d-orange-contre-reseaux-dinitiative-publique-rip.htm (cas concrets de FUD de la part d'Orange + objectifs de ce FUD).
Or, les opérateurs commerciaux d'envergure nationale semblent être quasiment nécessaires : les gens préfèrent une marque connue à un petit opérateur bien local inconnu, ça les rassure. Oui, les mêmes gens qui râleront que le SAV (délocalisé, mais c'est un détail) du gros FAI les traitent comme de la merde et/ou ne comprend pas leur problème. Paraît aussi qu'il faut proposer une offre TV sinon on ne vaut rien, chose que les petits opérateurs ont du mal à faire à cause des contraintes commerciales...
Dans les deux cas, les accords-cadre de co-investissement semblent porter sur une maille géographique donnée, plutôt niveau communal en ZTD et intercommunal en ZMD.
Évidemment, les différentes phases peuvent être exécutées par des sous-traitants différents. Genre les collectivités territoriales ont tendance à déléguer la conception, la construction et la commercialisation à des prestataires différents là où les gros opérateurs nationaux préfèrent tout faire eux-mêmes, de bout en bout (Orange en est le meilleur exemple).
Dans les discussions mondaines, on entend beaucoup d'inexactitudes : genre que l'opérateur d'immeuble a imposé une exclusivité, genre que l'immeuble interdit à chaque locataire/coprop de choisir l'opérateur commercial, etc. Il faut éviter les raccourcis & co.
Sur le cuivre, la mutualisation de la boucle locale (dégroupage) est arrivée bien après la construction du réseau. Du coup, toutes les infos (tel numéro de téléphone fixe c'est telle référence de ligne, telle position sur tel DSLAM dans tel NRA, telle position sur tel pylône ou dans telle tranchée, etc.) étaient dans le système d'information d'Orange. Et d'après les documents de l'ARCEP, c'est déjà un foutoir monstrueux.
Sauf que pour la fibre, si vous avez suivi, on a un nombre d'acteurs bien supérieurs. Il faut bien que les opérateurs d'immeuble stockent les références d'une ligne (désignation au PBO, désignation au PM, tel PM est desservi par la fibre reférence untelle, NRO untel, etc.). Et il faut bien que ces références soient uniques au niveau national histoire que si un opérateur d'envergure nationale veut louer une ligne, pouf, il sache exactement que tel futur abonné, c'est telle ligne. Il faut donc que les opérateurs d'immeuble communiquent les informations (références des lignes, emplacement du PM, etc.) aux opérateurs commerciaux.
De même, y'a plein d'autres endroits où il faut jouer en groupe genre la définition de la couverture des PM d'une zone parce que sinon peut y avoir des bâtiments dans la zone de couverture de deux PM ou dans aucune…
C'est le même bazar à l'échelle macroscopique : il faut bien que chaque opérateur commercial sache que sur telle zone géographique, c'est tel réseau déployé par telle entité vu qu'on a vu plus haut qu'on peut avoir une commune en AMII au beau milieu d'une zone RIP. Qui opère le réseau ? Il faut bien que l'opérateur commercial le sache pour pecho la grille tarifaire (le modèle de co-investissement) et les infos sur le PM.
Bref, il faut monter un SI. À l'heure actuelle, chacun fait comme il veut, chaque operateur d'immeuble et chaque operateur commercial a son SI. Et chacun tente d'interfacer son SI avec tous les autres SI dans une relation deux à deux. Il n'y a aucun SI commun d'envergure nationale, simplement un registre des opérateurs d'immeuble pour fixer la première partie des références des lignes pour assurer leur unicité au niveau national. Pas une API. Il n'y a même pas de standard pour l'interfaçage des SI. Il y a bien le groupe de travail « Interop'Fibre » monté par les grozopérateurs mais il n'y a aucune obligation de déployer les protocoles qu'il définit…
On sent bien que cette approche ferme le jeu : un nouvel opérateur entrant doit avoir le temps et l'argent d'interfacer son SI avec tous ceux de sa zone d'intérêt. Il faut identifier les réseaux et les acteurs puis écrire le bout de SI avec le peu de spécificiations arrachées avec peine aux autres opérateurs. Ce n'est pas permis à tout opérateur donc ça constitue une barrière à l'entrée.
Au 31 mars 2016, plus de 35 % des abonnements FttH reposaient sur une offre de mutualisation passive, tandis qu’environ 2 % étaient basés sur une offre de gros activée, uniquement dans les RIP. ÉDIT DU 19/09/2016 À 19H50 : cela signifie donc que ce chiffre de 2 % n'a aucun sens puisqu'il ne tient pas compte des disparités entre zones. Il est le reflet de la mutualisation en ZTD & ZMD-AMII, rien de plus. Si l'on regarde plus en détail, 10 % des abonnements en ZIPU sont basés sur une offre de gros activée. Cela ne tient pas non plus compte de l'inexistance d'offres de collecte bitstream dans la ZIPRI alors que la mutualisation passive est de base dans le cahier des charges. FIN DE L'ÉDIT.
ÉDIT DU 19/09/2016 À 21H00 : deux choses sont à noter :
FIN DE L'ÉDIT.
Souvenez-vous qu'il y a un biais dans mon analyse : je la lis d'un point de vue petit fournisseur d'accès à Internet (micro-opérateur), sous forme associative ou TPE. Je lirais différemment dans un contexte d'opérateur plus conséquent sur le marché, notamment sur le point des offres d'accès de gros allumées dites bitstream.
Question 5 (bitstream FTTH) :
En 2014, l'ARCEP :
Ces offres sont considérées avec des points de vue extrêmement divergents.
Il y a les personnes qui les voient comme des offres commerciales de seconde zone et qui préfèrent militer pour obtenir des offres passives pour déployer leur réseau.
Et d'autres, dont je fais partie, qui considère que les offres bitstream doivent exister (et donc qu'il faut militer pour leur apparition sur la fibre) parce que ce sont les seules offres qui sont accessibles à tous les opérateurs, quelle que soit leur taille, tout simplement !
Alors oui, ces offres allumées contraignent l'opérateur utilisateur à faire les mêmes choix techniques que ceux faits par notre fournisseur. Oui, ces offres favorisent la concentration du trafic puisque leur livraison se fait au niveau régional ou national. Oui, ces offres peuvent virer facilement à la surveillance puisque l'opérateur qui propose l'offre bitstream voit passer le trafic de l'opérateur qui utilise cette offre. Mais, on n'a pas le choix.
Jamais une TPE ou un FAI associatif ne pourra de positionner sur un PM fibre (et encore moins sur un NRO). Pas même sur un SR/NRA cuivre. Il faudrait qu'il loue le réseau de collecte (offre LFO d'Orange) puis un hébergement dans le NRA/O (> 10k€/mois de loyer) + les équipements actifs optiques puis qu'il loue le génie civil d'Orange pour arriver au PM (offre GC LOC d'Orange). Impossible à moins d'avoir la majorité des logements desservis par ce PM qui signe avec notre opérateur. En milieu associatif, une telle concentration ne s'est jamais vue.
Les offres bitstream permettent à tout opérateur d'intervenir sur les réseaux numériques. Et c'est important, car le petit opérateur, il n'a peut-être pas d'infra, mais il peut avoir d'autres qualité genre service spécifique à un territoire donné, service client local, défense des libertés, etc.
Liste des datacenters dans le monde. Bon, c'est encore un peu vide et il y a des erreurs.
En complément de http://www.datacentermap.com/
Via #ffdn
Quand j'pense qu'on est partis pour en avoir jusqu'en mai 2017, de cette merde…
Ha mais non, rassures-toi (ou pas) : la merde c'est en permanence. Contrairement à l'énergie infinie, la connerie infinie existe.
Via #arn .
« Qui veut vraiment une grosse bite ? [...] Êtes-vous sûr que ça vaut le coup ? »
:')
Eyeo GmbH, the company that makes the popular Adblock Plus software, will today start selling the very thing many of its users hate—advertisements. Today, the company is launching a self-service platform to sell "pre-whitelisted" ads that meet its "acceptable ads" criteria. [...]
"The Acceptable Ads Platform helps publishers who want to show an alternative, nonintrusive ad experience to users with ad blockers by providing them with a tool that lets them implement Acceptable Ads themselves,” said Till Faida, co-founder of Adblock Plus.
Publishers who place the ads will do so knowing that they won't be blocked by most of the 100 million Adblock Plus users. The software extension's default setting allows for "acceptable ads" to be shown, and more than 90 percent of its users don't change that default setting.
Eyeo started its "acceptable ads" program in 2011. With the new platform, it hopes to automate and scale up a process that until now has been a cumbersome negotiation. What once could take weeks, the company boasts in today's statement, now "takes only seconds."
[...] Earlier this year, Adblock showed its users Amnesty International ads promoting free speech—in the same spaces it had removed ads chosen by the publisher. (Adblock and Adblock Plus are different products.)
"It does blur the line," said Ben Williams, head of operations for Adblock Plus, at the time.
Mais c'est de la pub A-C-C-E-P-T-A-B-L-E, on vous dit, voyons ! Y'a la pub acceptable et y'a la mauvaise pub comme y'a les bons et les mauvais chasseurs, voyez.
Le nom « Quadr’apéro » est le nom donné aux rencontres organisées par la Quadrature du Net, association de défense des droits et libertés à l’heure du numérique.
Les objectifs de ces apéros sont d'informer et d'échanger, de manière ouverte (personne ne sait tout) et conviviale, autour des impacts du numérique sur la société et de la transposition, dans la législation, des droits et libertés fondamentales à l'heure du numérique.
On explique et on discute de l'actualité, c'est-à-dire des projets de loi français (exemple : loi Renseignement) et européens (exemple : neutralité des réseaux), de jurisprudence (arrêt Digital Right Ireland par la Cour de Justice de l'Union Européenne), procédures judiciaires et administratives,... bref, ce qui façonne, d'une certaine façon, les rapports de nos sociétés à Internet.
Cette déclinaison brestoise, co-organisée avec la Maison du Libre n’est en rien organisée par la Quadrature du Net mais nous soutenons son action.
Le dictionnaire du noob est une réponse à tout-e-s celles et ceux qui ne comprennent pas des mots techniques, qui ne se sentent pas compétentes ou spécialistes, et qui ont peur de dire qu'ils-elles ne savent pas.
C'est un document qu'on peut mettre dans son sac, ranger dans sa bibliothèque ou répliquer à l'aide d'une photocopieuse pour le déposer dans son tiers-lieu préféré.
Le plus intéressant, àmha, est la manière dont le dictionnaire se remplit de manière collaborative à chaque événement auquel les Chats participaient.
Une déclinaison (partielle) en LSF (langue des signes française) : http://media.leschatscosmiques.net/medias/lsf/article/dico-du-cryptonoob?lang=fr
Le retour d'expérience d'une crypto-party / chiffro-fête organisée à Brest par des novices (dont je faisais partie, hein :P ) en octobre 2015 (et oui, ça date mais ce CR est beaucoup plus récent).
Globalement
Tenir compte du pouvoir de prescription qu'a ce genre d'événements. Évidemment, ne pas "conseiller" des outils cryptos qui ne sont pas éprouvés ou qui sont des illusions de sécurité (exemples : Chiffrement de Vernam ou « comment (ne pas) faire de la cryptographie (comme Blind Eagle) ou Snake Oil - Looking for a list of previous KickStarters/other crowd funding initiatives). Mais ça peut aller plus loin :
- Que faut-il conseiller entre un outil de chiffrement de SMS accessible au plus grand nombre mais qui balance les métadonnées à Google (comme SMS Secure / Signal) ou un outil de chiffrement de SMS moins facilement utilisable (la vérification de l'identité est plus pénible) mais Google-free (comme Text Secure) alors que l'on sait que les métadonnées disent tout de nous (illustrations : Les métadonnées téléphoniques révèlent des informations très privées ou Comment votre smartphone transmet en toute innocence pratiquement toute votre vie aux services secrets) ?
Faut-il conseiller Telegram qui n'utilise pas le chiffrement de bout-en-bout c'est-à-dire que son éditeur peut déchiffrer toutes les communications (selon sa propre volonté, de celles de ses partenaires économiques, de celles des services de renseignement / police, etc.) et qui fait fuiter les métadonnées ?
Une fois qu'on a connaissance de l'antécédent fâcheux avec Peerio, faut-il conseiller une techno de communication qui est open-source mais qui n'est ni acentrée ni communautaire ?
- Mettre en pratique OTR avec le client Jabber Gajim est un non-sens quand on voit le message de l'auteur du plugin. Ça implique de demander aux personnes de changer de logiciel donc de changer leurs habitudes alors qu'elles utilisent déjà Jabber, ce qui est déjà une excellente chose et un effort consenti.
Le choix n'est pas simple, il dépend du modèle de menace de chacun-e mais il conditionne beaucoup de choses dont les futurs problèmes que nous aurons à résoudre et nous trouvons dommage de demander aux participant-e-s de devoir changer leurs habitutes puis de devoir leur demander un nouvel effort dans quelque temps alors qu'on sait déjà, à l'heure actuelle, que de la crypto fermée ou pas communautaire ou pas acentrée ou pas de bout-en-bout, ça finira forcément mal. Peut-être pas aujourd'hui, certes. Peut-être pas demain, certes. Autant faire franchir un plus grand pas aux participant-e-s mais le faire d'un seul coup, non ? Question à réponses multiples.
- Une erreur fondamentale que l'on a faite durant cette CCPF #1, c'est que ni une majorité des intervenant-e-s, ni les organisateur-rice-s n'ont donné un moyen de joindre toutes les personnes impliquées dans les activités. Et c'est mega dangereux car, maintenant, on a des personnes livrées à elle-même qui ont peut-être des questions et qui, faute de savoir vers qui se tourner (un moteur de recherche n'a pas réponse à tout), ont dû contourner la sécurité. Bref, mettre un contact (mail / tel ou au moins le nom des assos organisatrices), en gros, dans un endroit bien visible et, si possible, sur les slides des intervenant-e-s. Le suivi est aussi important que la CCPF elle-même.
Faire une CCPF sur un seul jour, c'est vraiment trop court et ça pose des problèmes :
Toutes les activités ont lieu en même temps donc il est impossible de créer une sorte de parcours initiatique cest-à-dire de permettre aux gens de participer à un talk théorique "pourquoi chiffrer ses communications" puis ensuite à un atelier GPG ou OTR puis ensuite à un atelier chiffrement de supports de stockage, par exemple. Au bout du bout, ça veut dire que l'orga priorise des ateliers, de par la position qu'elle leur assigne dans l'agenda. Or, GPG est-il plus important qu'OTR, par exemple ?
- Conséquence du point précédent, chaque atelier pratique doit prévoir un moment dans son créneau pour vérifier que la théorie est connue alors que c'est la même théorie pour un ensemble d'ateliers. Il serait plus pertinent de permettre aux débutant-e-s d'assister à l'atelier théorique avant l'atelier pratique. Et ça, ça suppose d'avoir assez de créneaux horaires afin de faire correspondre les disponibilités des animateur-rice-s
- Répéter un même atelier plusieurs fois au cours de l'événement est une bonne chose. Exemple de l'atelier GPG : on n'a pas du tout eu le même public, les deux sessions étaient donc utiles. Évidemment, il faut prendre en compte le facteur fatigue des intervenant-e-s au cas par cas.
- Heure d'ouverture : on avait choisi de commencer à 10h avec un café-discussion et de boucler à 20h. Proposer des ateliers/talks matin et aprem, ça répond à un besoin : il y a des personnes plus productives / concentrées / attentives le matin, d'autres l'aprem. Sans compter qu'un week-end, c'est court, chacun-e a ses occupations/contraintes et un public présent le matin peut ne pas revenir l'aprem. On a constaté ce dernier point lors de la CCPF #1, en dialoguant avec quelques participant-e-s.
- On avait fait 4 réunions de préparation dont la dernière a eu lieu fin septembre + 1 mise en situation le vendredi soir précédant la CCPF. À notre avis, il faut organiser + de réunions quand l'événement approche. Simplement car il y aura des changements dans l'agenda pour convenir à tous les intervenant-e-s, des désistements, des choses pratiques à préparer dans le lieu qui ne pourront pas être préparées en avance car le lieu sera utilisé la même semaine pour d'autres activités, par exemple. Bref, dégrossir des mois avant puis d'autres (courtes) réunions pour fignoler et s'adapter au fil de l'eau.
- Comment avait-on fait connaître l'événement ? Mail sur les listes de discussion habituelles (Chats, MDL, LPH,…) + diffusion sur d'autres listes par la mairie (puisque cet événement s'inscrivait dans le cadre de Brest en Biens Communs) + pose d'une quinzaine d'affiches flashy Chats-style dans différents lieux (PL Guérin, MDL, Petite Librairie, Kuutch, Beaux-arts, UBO, pendant la conf' de S. Bortzmeyer, etc.).
On avait eu quelques idées supplémentaires mais on n'a pas eu le temps de les mettre en pratique :
Trouver une signalétique pour marquer la difficulté des ateliers/talks genre "1 clé, 2 clés, 3 clés" (des symboles clé). Idée reprise de la présentation « CryptoParty en bibliothèque ? L’exemple de la bibliothèque de l’INSA de Rennes » réalisée par Damien Belvèze & Chloé Lailic lors du Jardin Entropique 2015. Finalement, on a opté pour un libellé "facile / moyen /difficile et très difficile".
Faire une sorte de grades à la Caliopen pour indiquer l'état d'avancement des gens dans la "crypto-anarchy", pour les motiver à progresser. Ou un système de badges / pin's : t'assistes à un atelier = tu récupères le badge de l'atelier en question. Ça pourrait même être fédérateur entre plusieurs éditions de CCPF. On n'a pas eu le temps de gérer ça.
- Feuille d'inscription aux ateliers pour respecter les quotas définis par les intervenant-e-s. Genre tu les mets sur un tableau bien visible dans la salle principale. On avait bien imprimé les feuilles mais on a oublié de les utiliser.
Concernant les activités
- On avait prévu 2h par session pour l'atelier GPG-Enigmail. Ça ne passe pas, les intervenants ont débordé à chaque fois. Il faut prévoir 3h minimum. Même sans pause, les intervenants n'ont pas eu l'impression de perdre des gens en cours de route donc en faisant une pause à mi-parcours, ça devrait passer large.
- Sur l'atelier OTR, on a manqué de coordination avec l'intervenant ce qui fait qu'il n'y avait pas de serveur Jabber pour créer des comptes de test pour les participant-e-s. On aurait eu le même souci si l'atelier VPN avait eu lieu. De manière générale, ça fait un point supplémentaire à vérifier avec chaque intervenant-e : est-ce qu'en plus d'un vidéoprojecteur, paperboard, ordinateur et autres objets habituels, il-elle n'a pas aussi besoin d'un serveur (Jabber, IRC, mail, etc.) expérimental réservé aux participant-e-s des ateliers ou tout autre besoin numérique (exemple : connexion à Internet haut débit) ?
La partie GPGBox (expliquer la cryptographie asymétrique, les métadonnées et les backdoors avec des boîtes en papier) de l'atelier GPG-Enigmail semble avoir plutôt bien fonctionné. Quelques conseils et prolongements possibles :
Acheter des cadenas à clé bon marché c'est-à-dire des cadenas mal usinés pour lesquels une même clé ouvre 9/10 cadenas de la même série, permet d'illustrer les concepts de backdoor et de "seule la cryptographie bien implémentée et bien utilisée protège".
Il faut penser à marquer les clés et les cadenas avec un code couleur (pastilles de couleur / porte-clés de couleur, par exemple). On n'a pas eu le temps lors de la réalisation des nôtres et ça a conduit à des couacs mineurs durant l'atelier.
À notre avis, il faut sortir les GPGBox de l'atelier GPG-Engimail pour les utiliser dans un atelier dédié et théorique d'initiation à la crypto. Avec elles, tu peux expliquer crypto symétrique/asymétrique + métadonnées + backdoor. Cependant, pour illustrer la crypto symétrique, des cadenas à code seraient plus pertinents.
- Concernant les optimisations possibles : il faudrait faire des boîtes plus grandes pour lutter contre l'usure. Pour les trous pour le cadenas, on peut utiliser des œillets de renfort. Idéalement, les box seraient plus pérennes en carton ou en bois et en utilisant des feuilles adhésives effaçables afin de pouvoir réutiliser les box à l'infini.
Koi kon met dans le programme d'une CCPF en 2015-2016 ?
Nous pensons qu'il y a 3 grands axes inévitables à explorer en parallèle : théorie, "pratique facile" et communication.
Dans théorie, on peut mettre : comment fonctionne la crypto, gpgbox, modèle de menace, expliquer pourquoi on a tous-toutes quelque chose à cacher, illustrations de la galère politique ambiante (lois sécuritaires) qui justifie le recours à la technologie mais que ce n'est pas suffisant, qui surveille qui et dans quels buts,… Avant de faire quelque chose, il faut déjà comprendre pourquoi on le fait. Il est donc évident que ces ateliers/talks doivent être sur des créneaux horaires différents de ceux des ateliers/talks plus avancés, histoire que les gens aient l'occasion de passer des ateliers théoriques aux ateliers pratiques.
Dans "pratique facile", on peut mettre tout ce qui constitue une première approche pratique en douceur. Il y a deux exemples standards : le chiffrement des supports de stockage (Android, Windows + Veracrypt, GNU/Linux + LUKS) et TOR. Les deux sont simples à mettre en place, sans prise de tête et sont transparents à l'usage. Tu n'as pas la notion de vérification préalable de l'identité du pair qui complique tout comme dans la communication.
- Dans communication, on peut mettre GPG, OTR, Text Secure, et tu peux monter jusqu'à comment installer et configurer un serveur VOIP avec SRTP et ZRTP pour la confidentialité des conversations téléphoniques au sein d'une petite communauté.
En plus de ces 3 axes, on peut se faire plaisir et mettre des bonus : Freenet, GNUnet, les services cachés de TOR, bitmessage, la stéganographie, le lockpicking, etc. Bref, tous les trucs funs, tous les trucs pas répandus, tous les trucs pas forcément simples à prendre en main, tous les trucs dont on n'a pas encore besoin urgemment mais dont on pourrait avoir besoin si le temps politique se gâte encore plus. À ce sujet, on peut tout à fait envisager des talks politiques genre défense des libertés car la technique ne suffira pas à l'assurer.
Bien évidemment, tu n'es pas obligé de tout faire en une seule fois, tu peux piocher des items dans plusieurs catégories et varier entre chaque CCPF.
Rien de neuf sous le soleil mais profitons-en pour creuser le sujet.
Le quotidien Afternposten est le plus gros journal norvégien, et son rédacteur en chef Espen Egil Hansen a décidé vendredi de s’attaquer en Une au fondateur de Facebook, Mark Zuckerberg. Aftenposten est en colère contre le réseau social américain, qui a exigé du quotidien qu’il retire de sa page Facebook une publication qu’il avait faite de la célébrissime photographie dite « de la petite fille brûlée au napalm », prise en 1972 par Nick Ut, pour Associated Press.
La photographie faisait partie d’une collection de sept clichés réunis par l’auteur norvégien Tom Egeland pour illustrer les photos qui sont réputées avoir changé le cours de l’histoire. [...] Mais Facebook, lui, n’a retenu de l’image historique que la toute petite zone, certes centrale, où apparaît le sexe imberbe de la jeune fille, dont l’état le plus naturel qui soit s’oppose à la cruauté des armes fabriquées par l’Homme. Les algorithmes ont analysé l’image, et livré leur conclusion. Pornographie infantile. Dit autrement, pédophilie. Résultat : censure.
En elle-même, la censure de la petite fille au napalm n’est qu’anecdotique, et elle est hélas le fruit d’une politique pudibonde trop souvent subie par des internautes et des médias, largement documentée, par exemple lorsqu’il s’agit volontairement ou non de censurer des campagnes de prévention du cancer du sein, de bloquer la diffusion de photos de femmes qui allaitent leur enfant, ou encore d’interdire l’Origine du Monde de Courbet. Souvent, Facebook revient sur ces décisions après un examen plus humain, et surtout plus réfléchi.
Oui, enfin Facebook revient surtout sur ses décisions quand la société civile hurle trop fort et que ces cris risquent de compromettre le business ! Comme c'est d'ailleurs le cas dans cette affaire, voir http://www.liberation.fr/futurs/2016/09/09/facebook-revient-sur-sa-dec .
[...] « Même si nous reconnaissons que cette photo est iconique, il est difficile de créer une distinction pour autoriser la photographie d’un enfant nu dans un certain cas, et pas dans d’autres », tente de plaider un porte-parole de Facebook interrogé par le Guardian.
Hé oui, l'intelligence artificielle, ça n'existe pas encore. Ça reste de la recherche de motifs évoluée, donc faillible.
Or cette censure, due encore une fois à la psychose anti-nudité qui envahit le monde sous le poids des plateformes de culture américaine, n’est que la partie visible d’une censure plus profonde, qui peut être aussi politique et parfois très difficile à critiquer. Quand le réseau social interdit à des « groupes islamistes » de diffuser de la propagande, tout le monde ou presque applaudit des deux mains. Mais ce faisant il leur interdit aussi, de fait, de faire connaître photos ou vidéos de civils tués sous les bombes de la coalition occidentale, parmi lesquels existent aussi probablement des petites filles apeurées. La censure est toujours un choix qui a des conséquences. Toute la question est de savoir si une plateforme privée aussi incontournable que Facebook peut rester celle qui choisit les critères de cette censure (fût-ce de manière faussement neutre et automatisée), et oriente donc ces conséquences.
Très juste.
Le problème est très bien posé par Benjamin Bayart, sur son twitter ( https://twitter.com/bayartb/status/774299948611436544 ) :
Facebook veut jouer sur les deux tableaux : ne pas être considéré comme un éditeur mais plutôt comme un intermédiaire technique tout en ayant le droit de censurer comme bon lui semble, en dehors de toute réglementation. Pour comprendre en quoi c'est absurde, il faut comprendre la différence entre le statut d'éditeur et celui d'intermédiaire technique :
Normalement, c'est dans la loi que l'on protège les faibles des puissants et que l'on organise la vie en société et que l'on fixe les libertés et leurs limites… Il serait temps que les parlements se bougent sur la question de la censure privée au lieu de réguler les gros silos du web en utilisant uniquement le droit de la consommation et celui de la fiscalité ?
Très bon résumé, bien écrit, de ce qui se cache derrière Facebook Internet.org/Free Basics ou Google Loon.
La semaine dernière, Mark Zuckerberg, le PDG de Facebook, a fait sa première tournée en Afrique. Il s'est arrêté au Nigeria et au Kenya. Officiellement, il est venu à la rencontre des startup africaines. Mais en réalité, le jeune tycoon américain vise un milliard de nouveaux clients. Explications de l'avocate Julie Owono, du bureau Afrique de l'ONG «Internet sans frontières». [...]
[...]
Julie Owono : La tournée africaine de Mark Zuckerberg coïncide certainement avec son objectif et son projet actuel qui est celui de participer à la connectivité du prochain milliard d’internautes du monde à travers notamment son service, le service de sa société Free Basics qu’on appelle aussi Internet.org. L’idée de ce service est de fournir internet gratuitement aux plus démunis de la terre, ce qui parait de prime abord excellent et très louable. Pourtant nous pensons que l’enfer est pavé de bonnes intentions et dans le cas de Free Basics il y a au moins deux tromperies sur lesquelles il faut insister. La première c’est que Facebook ne propose pas un accès gratuit à internet à travers Free Basics, c’est à dire un accès à tout le savoir créé et constitué par l’humanité jusqu’à présent, mais simplement à Facebook, d’une part, et surtout à d’autres sites de base que Facebook aura présélectionné. La deuxième chose sur laquelle nous pensons qu’il y a tromperie, c’est évidemment la question de la gratuité. Il y a un adage bien connu qui dit que si un produit est gratuit, c’est que c’est vous la marchandise. Et en l’occurrence, effectivement, la question des données personnelles de ceux qui utilisent Free Basics se pose. Quand vous souscrivez ce service-là, vous acceptez que Facebook partage vos données personnelles avec des tiers. Or, on ne sait pas qui sont ces tiers. Tout ceci concourt à dire qu’évidemment, Free Basics n’est pas une bonne aubaine pour les pays africains. Et d’ailleurs, on se souvient que plus tôt cette année cette même proposition avait été refusée par le gouvernement indien, après que celui-ci ait été convaincu par une note des membres de la société civile [...]
[...]
Oui, mais en Europe par exemple, désormais il y a eu un règlement européen qui prévoit, qui impose à ces entreprises-là – en tout cas, ça a été l’objet de discussions – que les données personnelles des Européens soient stockées dans des serveurs qui sont situés dans l’Union européenne. C’est la première chose. Et la deuxième chose c’est que l’Union européenne impose à ces opérateurs économiques américains de respecter la législation en vigueur sur la protection des données personnelles. C’est ce même mouvement-là qui devrait être impulsé sur le continent africain et qui malheureusement n’existe pas pour l’instant puisque toutes ces entreprises-là viennent, signent des contrats, rencontrent les chefs d’Etat comme ce fut le cas de monsieur Zuckerberg avec monsieur Buhari, le président du Nigéria, sans qu’à aucun moment ces questions-là ne soient posées. Or, la question des données personnelles ce n’est pas simplement une question qui concerne l’individu. Ça concerne l’Etat dans son ensemble et ça concerne in fine des questions de souveraineté. Quand vous laissez à une entreprise privée le pouvoir de savoir ce que vos citoyens pensent, ce qu’ils mangent, où ils vont, avec qui, pourquoi… Vous imaginez bien le pouvoir que ça donne à une entreprise privée [...]
J'ajoute qu'on a aucune idée de la pérennité de ses deux projets. Google qui abandonne des projets, même des projets massivement utilisés comme Reader, ce n'est pas nouveau et la liste de projets abandonnés est longue.
Via #ffdn .
« Quand j'ai commencé à lire, à cinq, six ans, on voyait sur les murs : "Mort aux Juifs". Les premières lectures que j'ai eues, c'était les lectures murales. Je ne pouvais pas les éviter parce que c'était écrit en très grands caractères, en ville. Donc, "Mort aux Juifs", "Les Juifs sont des chiens", "Interdit aux Juifs" pour le cinéma, "Interdit aux Juifs" pour le café. Petit à petit, tout était interdit. L'espace vital était réduit, réduit, réduit. Pas dans les jardins publics, pas à la plage. On n'avait plus le droit d'aller à la plage parce que les Juifs, on était des saletés, on polluait les plages, on polluait la mer. C'était un horizon très étroit.
Je connaissais les lois raciales mais je n'avais jamais vu les panneaux « Parc à jeu réservé aux enfants interdit aux juifs » ni tout leurs dérivés genre « Restaurant interdit aux chiens et aux juifs », auparavant.
Et ça date de bien avant la 2e guerre mondiale : https://fr.wikipedia.org/wiki/B%C3%A4der_Antisemitismus .
C'est dingue comment ces photos me semblent d'actualité, dans leur portée et leur symbolisme. Et ça m'attriste fortement. :'(
Thierry Tuot, conseiller d'État et l'auteur du très contesté rapport « La grande nation pour une société inclusive » remis au Premier ministre le 11 février 2013 a encore frappé. Après avoir proposé d’autoriser le port du voile à l'école, interdit par Jacques Chirac en 2004, voilà qu'il suspend l'arrêté anti-burkini pris par le maire de Villeneuve-Loubet. Cette énième provocation est en rupture totale avec notre conception de l'égalité homme-femme, fondement de notre République, et en totale contradiction avec notre vision de l'assimilation républicaine. Notre République est en danger. Il est temps de légiférer.
Nadia Hamour,
Secrétaire Nationale Les Républicains
Évidemment, le tweet a été supprimé. Mais on peut encore le trouver dans le cache de google : https://webcache.googleusercontent.com/search?q=cache:yvNaXXb70r0J:https://twitter.com/nadia_hamour/status/769211774528790528/ .
Y'a quoi qu'ils-elles ne comprennent pas dans « décision collégiale » ?! Ce type de décision n'est pas courante pour un référé, cf https://twitter.com/lesExegetes/status/769172229129134080 et j'imagine que ça a été voulu vu la criticité du sujet ) ?! Donc on prend un nom sur les trois pour s'acharner sur lui et sa vision de ce que devrait être la vie en société ?! D'où ce comportement est-il acceptable ?!
Cette décision a été prise par la plus haute cour de l'ordre administratif français. Cour que ses détracteur-euses du jour ont renforcée, quitte à éroder l'ordre judiciaire (voir http://shaarli.guiguishow.info/?0udrZw). Donc, quand elle prend une décision en leur faveur (genre sur la non-suspension de l'état d'urgence, voir http://shaarli.guiguishow.info/?7WdPQw ou sur les recours des Exegètes), il faut respecter ces nobles conseillers mais quand c'est une décision en leur défaveur, il faut recourir au lynchage ?! J'crois pas que ça soit comme ça que ça doit fonctionner.
Bref, très jolie mentalité, la secrétaire nationale des Républicains. Elle soutient Nicolas Sarkozy (comme c'est étonnant !), le même qui est favorable à des lois liberticides de circonstance, rien que pour se faire remarquer en pleine campagne. Je tâcherai de m'en souvenir. Avant de présenter des candidats à la présidentielle, on se doit de respecter les institutions et le système politique dans lequel on s'insère.
Notons que le communiqué de presse, qui est toujours dispo sur le site web des Républicains ne vaut pas mieux : http://www.republicains.fr/actualites_conseil_detat_insuffisance_arsenal_legislatif_20160826
Le Conseil d'Etat dit ce qui ne peut pas être fait à droit constant, qu'on change alors le droit ! [...] Ce n'est pas à la politique de s'adapter au droit, c’est au droit d'être adapté aux objectifs politiques majeurs tels que la lutte contre le communautarisme.
Mais oui, faisons de belles lois de circonstance, dans la précipitation et l'émotion. Ça sera totalement adapté, de qualité et ça résoudra efficacement le problème, je n'en doute pas. :)))) Le droit au service des politocards au lieu de l'intérêt général, qui changerait à chaque lubie gouvernementale, ça envoie tellement du rêve. C'est déjà le cas aujourd'hui mais persévérons dans cette voie,, ça ne peut qu'être une bonne idée. ! :)))) Le droit au même niveau que les choix fiscaux, ça serait quand même beau. :))))
Nous publions une carte du paysage médiatique français, qui permet de démêler l’écheveau des concentrations dans la propriété des grands médias. Cette carte est le fruit d’un partenariat entre Acrimed et Le Monde diplomatique.
J'ai lu le rapport du BEREC sur la consultation publique portant sur les lignes directrices qui précisent le règlement européen sur l'application de la neutralité des réseaux. Ce rapport fait une synthèse des réponses reçues durant la consultation et rapporte les justifications du BEREC.
C'est intéressant car ça permet de prendre la température, l'intention du BEREC et de prendre connaissance des réponses des FAI et FSI, histoire de préparer les prochaines batailles.
En gros : Les FAI ont beaucoup bataillé sur la gestion équitable du trafic, sur les informations à communiquer dans le cadre de la transparence (les débits, quoi), sur le fait qu'ils ont cru comprendre que le brouillon des lignes directrices donnait un mandat aux régulateurs télécoms pour autoriser au préalable leurs pratiques (commerciales, de gestion du trafic) et leurs services spécialisés, un peu moins sur le zero-rating et sur les services gérés.
Sur le zero-rating :
Citing evidence from across Europe and elsewhere, they argue that zero-rating has a significant effect on end-users’ behaviour, since they may be wary about exceeding data caps, but are unsure how much data they are using or how much data is left under their caps, making them even more cautious and more likely to select zero-rated services and can have harmful effects on competition. They note that zero-rating of some traffic can create an incentive for ISPs to maintain artificially low caps and to invest less in general internet capacity in favour of investing in preferential capacity. Therefore, they express their disagreement with the argument made by some ISPs that zero-rating practices can help to lower prices for end-users or increase investment in capacity.
The respondents in question argue that zero-rating for a fee gives ISPs an incentive to tighten data caps or increase per-byte prices in order to maintain or enhance the incentives for companies paying to be zero-rated. This would also have harmful effects on competition. To further illustrate this point, evidence from across Europe is provided showing that ISPs that have zero-rated their own applications have either restricted user bandwidth or increased prices per-byte, whereas in the Netherlands, where ISPs have been prohibited from zero-rating their own applications, the incumbent has increased data caps for mobile internet access at no additional cost.
Sur la priorisation des services d'urgence et autres services réglementés (comme l'information sur le roaming) :
Furthermore, BEREC notes that the Article 3(3) (a) would allow for prioritisation of communication with emergency services.
Sur le fait de vouloir différencier l'émetteur/récepteur car tous n'ont pas les mêmes besoins en QoS (particulier / société commerciale) :
In response to some stakeholders' requests for the Guidelines to allow differentiated traffic management between different IAS subscriptions, BEREC considers that the Regulation does allow for such differentiation to some extent, for example to fulfil contractual agreements on data volumes and speeds.
Sur l'intention du BEREC d'affirmer que les mesures de gestion du trafic doivent être basées sur des besoins différenciés objectifs de QoS :
BEREC also decided to update the text of paragraph 66 (paragraph 63 of the draft Guidelines) for clarity and to remove some of the specific examples (“such as SMTP, HTTP or SIP”). Taking into account these changes and the ones mentioned above, BEREC considers that the Guidelines are now sufficiently clear that traffic management should be based on objectively different quality of service requirements.
Remarque sur la difficulté de faire la différence entre une mesure de gestion de trafic récurrente acceptable et une autre inacceptable :
With regard to the interpretation of ‘longer than necessary’ in paragraph 73 (paragraph 70 of the draft Guidelines), concerns were raised by CAPs that it is likely to be difficult to differentiate between an admissible ‘trigger function’ for traffic management and inadmissible ‘recurring’ traffic management. As a result, BEREC was advised that this will require regular measurements by the NRA or qualified third parties. Similarly, it was argued that congestion management should be limited to circumstances of unpredictable load at irregular times, not used as a cover for underinvestment in network capacity.
Intéressante remarque sur bcp38 :
However, they believed that the guidance that the traffic management measure is triggered only when security attacks are detected (paragraph 85 / paragraph 81 of the draft Guidelines) would counter long standing best practice for the prevention of source-address spoofing.
For instance, in paragraph 85 (paragraph 81 of the draft Guidelines), in cases where security measures have to be active on a continuous basis in order to achieve their purpose (such as filtering of spoofed IP addresses), such measures should be deemed to be justified.
Sur les SLA :
Similarly, some ISPs and other industry stakeholders argued that the draft Guidelines go beyond the Regulation by creating new conditions for offering specialised services. They argue that the optimisation or level of quality may depend on the needs or demands of end-users, for instance whether they request quality assurances or SLAs. They considered that this does not mean that the service could not necessarily be provided over the IAS, just that the quality assurance could not be provided.
Some stakeholders were concerned whether quality assurances would be taken into account. BEREC understands that the ability to provide assurances, for instance through SLAs, would be an important aspect of contracts in order to agree not just an expected level of quality but a certain level of consistency or reliability. BEREC considers that the Regulation incorporated such an understanding of “levels of quality”, as do the Guidelines, and it is therefore not necessary to modify this aspect of the Guidelines.
Sous le blabla introductif, l'ARCEP fait un compte-rendu plutôt honnête et compréhensible des lignes directrices du BEREC pour l'application de la neutralité des réseaux dans l'UE. À lire pour piger le sujet sans trop de prises de tête.
Je vais réagir sur deux points :
Les services d'accès à internet sont définis comme des services de communications accessibles au public, qui fournissent une connectivité entre la quasi-totalité des points terminaux connectés à internet, quels que soient la technologie de réseau (fibre, câble, mobile) ou les équipements terminaux utilisés (téléphone portable, tablette, ordinateur portable).
Sur un accès à Internet fixe, le terminal, c'est la box, il ne faut pas se tromper. C'est bien elle qui est en coupure du réseau du FAI, qui mutualise la connexion dans le foyer, qui dispose de l'adresse IPv4 publique, qui établit la connexion au réseau, etc. Voir http://blog.fdn.fr/?post/2016/05/18/Liberte-de-choix-du-terminal
Le troisième alinéa de l'article 3 précise les pratiques de gestion de trafic qui sont interdites, suivant sept principes de base que l'ARN devrait vérifier pour évaluer les pratiques des FAI. [...] Les pratiques qui ne respectent pas ces sept principes de base, ou qui vont au-delà des mesures raisonnables de gestion de trafic tel qu'explicitées plus haut, peuvent être mises en œuvre par un FAI uniquement lorsque elles se conforment aux trois exceptions précisées plus haut
La tournure de phrase de l'ARCEP est correcte mais je reformule autrement : la liste des sept règles (pas de blocage, filtrage, alteration, restriction, discrimination, dégradation, ralentissement) n'est pas exhaustive des mesures de gestion de trafic qui sont interdites par le règlement européen et le principe général de mesures de gestion du trafic raisonnables (transparentes, raisonnables, proportionnées, limitées dans le temps, pour un but bien précis, besoins objectifs) l'emporte.
Le sujet de la neutralité de l'internet fait l'objet de fortes attentes, matérialisées ici par une participation record à la consultation publique organisée cet été par le BEREC. Près de 500 000 réponses ont été reçues à cette occasion, dont un grand nombre étant issues de mobilisations de la société civile.
Elles ont été dûment analysées et prises en compte par le groupe des rédacteurs de ces lignes directrices.
BULLSHIT ! Même demander de corriger une parenthèse fermante manquante (dans le paragraphe 167), c'était trop demandé donc c'est bon, pas la peine de raconter de cracks : les mails ont été imprimés et le tout à servi à caler des meubles, point ! :@
[...]
Les lignes directrices se veulent " robustes vis-à-vis de l'avenir " (" future proof ") et le BEREC reste à l'écoute des acteurs pour favoriser l'innovation.
Trololololololololololololo. On verra bien cela mais j'en doute fort. :))))
Coup d'envoi des travaux de mise en œuvre
L'Arcep va lancer plusieurs chantiers parallèles, qui visent notamment à :
- recenser les pratiques des opérateurs sur les réseaux français ;
- améliorer leur détection (notamment via la participation des utilisateurs finaux) ;
- mettre en conformité, le cas échéant, les pratiques constatées ;
- et coopérer avec ses homologues européens pour œuvrer à une mise en œuvre cohérente du cadre sur le territoire de l'Union.
Un rapport annuel de mise en œuvre du règlement sera établi par l'Arcep à partir de 2017.
Mouais, c'est ça. La société civile ne doit surtout pas cesser de scruter le travail de l'ARCEP ni lâcher du lest. #PasConfiance.
Le projet de loi pour une République numérique porté par Axelle Lemaire permettra, une fois promulgué, de compléter les compétences de l'Arcep en matière d'enquête et de sanctions pour faire respecter la neutralité du net.
En effet, le projet de loi pour une République Numérique cause de pouvoirs de perquisitions, d'attribution de fréquences expérimentales et de compétences relatives au déploiement de la fibre optique mais charge aussi l'ARCEP de veiller à la neutralité des réseaux et complète ses pouvoirs à conduire des enquêtes administratives en la matière. C'est l'article 19, pour les personnes que cela passionne. :D
Analyse très pertinente sur le travail produit par le groupement des régulateurs européens des télécoms pour préparer l'application du règlement européen sur la neutralité des réseaux. À lire.
Concrètement, les lignes directrices du BEREC n'ont pas vraiment changé entre le brouillon de début juin et cette version finale présentée aujourd'hui, sinon sur des questions de forme. [...]
Merci de le signaler. :)
Les réseaux d'entreprises, de restaurants et de cafés peuvent être exclus des obligations relatives à la neutralité du Net.
Oui, le BEREC préfère définir ce qu'est un accès à Internet soumis au règlement en se basant sur la question "est-ce que cet accès à Internet est ouvert à tout le monde où à un public pré-déterminé / restreint ?) au lieu de choisir un critère plus légitime comme l'usage normal de l'accès à Internet et de qui en est le vrai utilisateur final (genre dans un café/restaurant, l'utilisateur final reste le client et l'usage normal est de faire n'importe quoi durant la réalisation de la prestation principale que constitue la bouffe/boisson). Cette position n'est pas cool pour les atteintes qu'elle laisse entrevoir sur les hotspots ou dans les piaules universitaires. :'(
L'organisation précise aussi qu'il n'y a pas besoin d'autorisation préalable des régulateurs pour « innover » dans les pratiques commerciales ou la gestion de trafic. Si le principe de base, la non-discrimination des contenus, est donc bien acté, l'attitude des régulateurs devait être précisée sur de nombreux cas particuliers.
Oui.
Concrètement, la gestion de trafic par les opérateurs est permise, mais cadrée. Elle doit ainsi être transparente, non-discriminatoire et proportionnée par rapport à la catégorie de service concernée. Surtout, elle ne doit pas être fondée sur des considérations commerciales.
Il est donc hors de question de créer une congestion artificielle pour forcer la main d'un fournisseur de service, par exemple. Le texte permet donc de gérer différemment « des catégories objectivement différentes de trafic », mais pour une période « qui ne doit pas être plus longue que nécessaire ».
L'étape suivante est la mise en place de services spécialisés, pour les services qui ont spécifiquement besoin d'une qualité de service particulière, comme la TV par Internet ou la médecine à distance. Ces services spécialisés ne doivent pas dégrader la qualité du flux Internet principal, auquel ils ne se substituent pas.
Enfin, concernant le « zero rating », qui consiste à ne pas décompter une application du volume de données d'un forfait, la position des autorités ne change pas d'un iota. Elles comptent ainsi analyser les offres au cas par cas, créant une jurisprudence au fil de l'eau. Seul un point reste réellement précisé : si un service n'est pas décompté du volume, quand ce dernier est dépassé, le service en question doit être bloqué ou ralenti comme les autres. [...]
Très bien résumé.
Au final, 481 547 contributions ont été reçues par l'organisation. Un record selon elle, qui montre l'intérêt porté au sujet. Sans embages, le groupement explique que certaines contributions ont souhaité aller au-delà de la régulation votée par l'Union européenne, et d'autres en réduire la portée. Sans surprise, ce sont plutôt des associations de consommateurs et d'internautes qui ont tenté de mener le texte plus loin... Quand les opérateurs ont été les principaux artisans des tentatives de voir sa portée réduite.
[...]
Dans un « manifeste 5G » publié début août (voir notre analyse), certains de ces acteurs ont clairement estimé qu'appliquer différentes qualités de trafic selon le terminal (objet connecté, smartphone, véhicule...) est une composante essentielle de ces réseaux 5G. Une composante bien entendu incompatible avec la neutralité du Net, que les auteurs ont appelé à limiter, sur le thème désormais classique de l'innovation empêchée par la régulation, ici la neutralité. Via son application par les autorités nationales, c'est le principe même de la neutralité qui pourrait être remis en cause.
[...]
Dans les faits, la réponse du BEREC dans ses lignes directrices prend la forme d'une note de bas de page, presque cachée dans le long document. « Le network-slicing dans les réseaux 5G peut être utilisé pour fournir des services spécialisés » précise ainsi le texte, qui fait entrer la demande des opérateurs sans modification de fond. L'argument de la neutralité du Net contraire à la gestion de la qualité de service sur mobile doit donc tomber à l'eau.
Tout juste. :- Après, pour moi, ça ne change pas le sens du paragraphe depuis laquelle la note de bas de page est appelée ni celle de la régulation : 5G ou pas, le service géré n'est pas un service d'accès à Internet, il ne s'y substitue pas, il est optimisé pour un usage, l'optimisation doit être objectivement nécessaire et le service géré ne doit pas nuire pas à la qualité générale du service d'accès à Internet.
Préparation bruxelloise oblige, la première réaction est venue de la Commission européenne, avant même la conférence de presse. Dans un communiqué, l'institution félicite les nouvelles règles auxquelles elle a contribué. « Elles assurent également qu'Internet reste un moteur pour l'innovation et que les nouvelles technologies ainsi que les services de l'Internet des objets, comme les véhicules et les applications 5G se développent aujourd'hui et fleurissent dans le futur » affirme-t-elle, insistant encore par ailleurs sur sa pertinence pour la 5G.
Mon analyse perso est disponible aux adresses suivantes : http://shaarli.guiguishow.info/?13aDwA et http://shaarli.guiguishow.info/?TlF70w
Les règles adoptées par le BEREC prévoient notamment de donner à l’Arcep et à ses homologues le pouvoir d’imposer des sanctions lorsque les FAI dégradent la qualité d’accès à des services, ou favorisent indûment un type de services par rapport à d’autres.
Oui.
Elles interdisent aux opérateurs de créer des « services spécialisés » (proposés directement par les FAI, notamment via leurs box), qui ne respectent pas les règles de la neutralité du net, lorsqu’ils ont des équivalents en tant que services proposés normalement sur Internet, ou lorsqu’ils conduisent à minimiser la bande passante accordée à l’internet ouvert.
Oui.
Aussi, les lignes directrices interdisent quasiment dans les faits la pratique du « zero rating », qui consiste pour un opérateur à ne pas bloquer ou facturer la bande passante consommée par une application spécifique (par exemple des forfaits qui incluent Facebook et YouTube mais pas Twitter et Dailymotion, ou qui permettent un accès illimité au cloud de l’opérateur mais pas à celui de Google ou Apple), ou par certains types d’applications. Ces pratiques contestées n’étaient pas interdites explicitement par le règlement européen. Elles ne le sont toujours pas formellement par le BEREC, mais les conditions fixées sont tellement strictes qu’il sera très difficile pour un opérateur de continuer à avoir recours au zero-rating.
Globalement non. La seule certitude que l'on a, c'est que toute application (ou service ou types d'applications) devra être traité pareil lorsque le quota de data mobile est atteint, même les offres zéro-rating. Le reste, ça dépendra du bon vouloir des régulateurs nationaux des télécoms (se bougeront-ils ? Avec quelle vigueur ? Comment la décision d'un régulateur sera-t-elle propagée dans l'EU si l'atteinte se produit dans plusieurs États membres ? Les lignes directrices ne disent rien sur tout cela) mais l'arsenal, les critères pour évaluer si une pratique de zéro-rating limite les droits des utilisateur-rice-s sont plutôt flous (c'est globalement orienté sur des atteintes au Saint-Marché donc au droit de la concurrence) et l'atteinte à la liberté d'expression et au pluralisme des médias a été relégué en note de bas de page du document final, pour donner une idée. ;)
Pour une analyse plus détaillée du taff du BEREC, voir http://shaarli.guiguishow.info/?13aDwA et http://shaarli.guiguishow.info/?TlF70w
J'aime bien ce résumé du travail du BEREC sur les lignes directrices pour l'application de la neutralité des réseaux par les régulateurs européens. À lire.
Entre les deux, les demandes étaient largement différentes : les opérateurs appelaient à des règles souples et flexibles dans la gestion du trafic et des services afin de ne pas limiter les investissements, tandis que les militants de la société civile espéraient des prises de position claires et fortes afin de protéger les internautes face aux éventuels abus. Entre ces deux pôles, les directives du Berec louvoient et tentent de satisfaire des intérêts parfois opposés.
À tout seigneur tout honneur : le zero rating était évidemment sur toutes les lèvres au cours de la conférence. Cette pratique polémique est jugée contraire au principe de neutralité du net par de nombreux militants et associations, mais les opérateurs tiennent à pouvoir proposer des services de ce type, qui se révèlent générateurs de profits.
Mais la position du Berec en la matière se veut prudente : le zero rating n’est ainsi pas prohibé en soi et les autorités de régulation nationales devront se pencher sur la question au cas par cas. Mais l’autorité rappelle néanmoins que certaines implémentations de ce principe seront clairement en désaccord avec le texte, notamment celles venant bloquer l’accès au réseau mais laissant l’accès aux services partenaires une fois le quota de data dépassé.
Cette forme-là ne passera pas, mais les régulateurs ne veulent pas s’avancer sur les variantes de ce modèle et laissent aux autorités nationales le soin d’évaluer leur conformité. « « Dans la régulation, le zero rating n’est ni autorisé ni interdit. Nous avons souhaité suivre cette ligne » résume à ce sujet Sebastien Soriano, qui préside l’organisme.
Approche attentiste "on verra bien si des trucs qui ressemblent à des infractions au règlement européen se produisent, chaque régulateur étudiera chaque cas au cas par cas parce que c'est évident qu'il n'a que ça à faire et on verra bien si l'on en fait une règle commune. Et en attendant, les atteintes auront lieu et auront fidélisés des consommateur-rice-s de manière déloyale. Super idée. :))))
Autre point de polémique : les mesures de gestion de trafic. Là aussi, la question est clivante avec d’un côté des gros opérateurs qui souhaitent pouvoir avoir la main sur leur trafic pour répondre à des problématiques de congestion ou d’optimisation, et de l’autre des défenseurs de la neutralité du net qui craignent d’y voir l’émergence d’un internet à deux vitesses.
Encore une fois, pas de position unilatérale ou d’interdiction pure et simple, mais le Berec édicte plusieurs principes pour encadrer la pratique. Impossible ainsi de mettre en place ces mesures pour des raisons commerciales notamment, et celles-ci ne doivent pas affecter les applications ou les utilisateurs.
C'est plus compliqué que cela : un principe général de non-discrimination des flux (pas de blocage, filtrage, ralentissement, altération, etc.), des assouplissements plutôt bien verrouillés (mesures transparentes, légitimes, proportionnées, temporaires, pas basées sur des considérations commerciales, pas des substituts à un bon dimensionnement du réseau de l'opérateur, etc.) et 3 exceptions (mesure prévue par la loi, sécurité, congestion).
La question des services spécialisés est également soumise à des règles devant encadrer leur lancement : ceux-ci devront prouver la nécessité de passer par ce type de service, ne devront pas remettre en question la qualité du service d’accès internet ou s’y substituer.
Pas clair ? Une question de l’assistance est venue poser un cas pratique qui parlera à certains de nos lecteurs : celui du blocage publicitaire. Un opérateur peut-il décider de mettre en place un blocage publicitaire chez l’ensemble de ses abonnés ? Réponse du Berec « Ce n’est pas noir ou blanc. Un blocage au niveau des terminaux n’entre pas dans le champ d’application de la régulation.
Si en revanche le blocage est mis en place au niveau du cœur de réseau, il faudra justifier d’une congestion à cause des publicités pour que la mesure soit en règle. » Les régulateurs jouent finement. On pensera évidemment très fort à Free, qui avait eu le malheur de tenter une pratique de ce type il y a quelques années avant de rapidement rétropédaler.
C'est bien tout le problème surtout que les mêmes lignes directrices ne prévoient rien pour vraiment garantir la liberté de choix du terminal (ordiphone, box, etc.)... Je pense que le problème de neutralité va se déplacer sur le terminal dans les prochaines années. De même, le BEREC a préféré se préoccuper de l'endroit où a lieu la mesure de gestion du trafic plutôt que de savoir qui en avait le contrôle, ce qui aurait été pertinent et aurai permis aussi de faire sauter les blocages de port genre le port 25 (smtp / envoi de mails).
Pour une analyse plus détaillée du taff du BEREC, voir http://shaarli.guiguishow.info/?13aDwA et http://shaarli.guiguishow.info/?TlF70w
Attention : cet article date d'avril 2016.
La semaine dernière, le service de vidéo à la demande avait admis limiter volontairement le débit de ses vidéos à 600 Kb/s sur certains réseaux mobiles, partout dans le monde. L'objectif officiel : limiter la consommation de données mobiles de ses utilisateurs, pour leur propre bien. Une option permettant de la désactiver est promise pour mai.
Cette décision unilatérale et cachée n'avait pas plu aux opérateurs américains, dont certains avaient été directement accusés par les utilisateurs de brider Netflix sur leurs réseaux mobiles. Pour eux, la FCC devait enquêter sur le comportement de Netflix, qui violerait la neutralité du Net. [...]
Pour la FCC, le comportement de Netflix est donc hors du champ de « l'Internet ouvert », l'entreprise n'étant pas un opérateur télécom. [...]
Dans les deux cas, l'argument des groupes télécoms est qu'ils sont un simple maillon de la « chaine » Internet, au même titre que les fournisseurs de service. En clair, ils ne doivent pas subir de régulation différente de celle des services. Une vision régulièrement battue en brèche par la FCC, qui estime au contraire que les opérateurs ont une position unique dans le réseau et doivent être régulés de près.
Reste tout de même qu'on se trouve dans une situation où les services, dont Netflix, sont « hors juridiction », ce qui peut être perçu comme un trou dans la raquette de la régulation. En France, l'ARCEP se penche sérieusement sur le traitement des plateformes, même si elles sont aujourd'hui hors de son champ de sanction. [...]
Que ce soit par Netflix ou par les opérateurs, la neutralité du Net a surtout la définition qui arrange celui qui en parle. Netflix le voit comme un moyen d'inciter les opérateurs à lui fournir des conditions avantageuses pour recevoir ses massifs flux de données... Quand les opérateurs tentent de s'en servir comme arme pour dénoncer les choix non-concertés des services.