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——————————— April 14, 2020 - Tuesday 14, April 2020 ———————————

Résumé : l'humain produit la richesse par son travail. Le capitalisme fait de l'humain une marchandise. L'humain produit plus de valeur que celle de sa rétribution. La différence, la plus-value, ne lui sera pas payée mais accaparée par l'acheteur de la force de travail, le capitaliste. Il y a donc accumulation de capital par une minorité de personnes. La manière d'exercer le travail (emploi) façonne les gens et les relations entre eux, donc la société. Cette structuration produit les idées dominantes : ce n'est pas la société qui forme le capitalisme, mais l'inverse. Cela signifie qu'un raisonnement au cas par cas, "bon ou mauvais patron", est hors sujet : même le bon patron est dans l'incapacité de redistribuer l'intégralité de la plus-value, sinon il n'y a plus de capitalisme. Le capitalisme produit exploitation, globalisation et impérialisme, même si le gentil patron ne le souhaite pas. Le capitalisme n'est pas un système stable : il est traversé par des crises régulières inhérentes à sa contradiction : pour augmenter les gains, il faut virer l'humain… qui produit la valeur. L'histoire est écrite par les peuples, il n'y a pas de grands hommes (rois, empereurs). Les idées sont produites par les conditions de vie (quantité de temps libre, pauvreté, infériorité, etc.). Les malheurs des humains trouvent leur origine dans les faits (économiques, historiques), pas dans l'abstrait et les représentations mentales. Le communisme, c'est produire les richesses utiles à la société sans artifices et sans exploitation, tout en restant un groupe. Cette production devient donc un projet commun.



Le communisme fait peur depuis que des régimes autoritaires se sont réclamés de lui. On mélange la chute de ses régimes à celui du communisme.
Alors on évite de prononcer son nom et celui de son premier théoricien. On ne sait même plus ce que communisme signifie.

Principes de l'analyse marxiste :

  • La valeur d'un bien, c'est le temps de travail cumulé nécessaire à sa confection. C'est le travail, l'humain, qui produit la richesse. On peut produire sans capital en récupérant des matières premières naturelles. C'est le travail qui transforme des ressources en des biens / service ;

  • L'humain est une marchandise : il vend sa force de travail. Il a la particularité de produire plus de valeur que celle de sa rétribution pour survivre. La différence, la plus-value n'est pas payée au travailleur mais elle est accaparée par l'acheteur de la force de travail. Il y a donc accumulation du capital par une minorité plutôt que redistribution. Quand les travailleurs réclament de travailler moins ou une hausse de leur salaire, ils réclament leur dû et on ne leur donnera jamais la totalité de la plus-value, sinon il n'y a plus de capitalisme ;

  • L'économie est politique (organisation d'une société). Elle n'est pas isolée, avec ses règles qui seraient prétendument naturelles. Le travail et la manière de l'exercer (emploi) façonnent les gens et le lien entre eux, donc la société (somme des relations des individus). La circulation des idées ne suffit pas, la structure des rapports entre les individus est importante, car elle porte des pratiques qui, elles-même, forment des idées qui deviendront (ou non) celles dominantes. Changer les idées dominantes = changer la structure. Ce n'est pas la méchante Europe ou le méchant Macron qui saignent les hôpitaux, l'école, le salarié, etc., mais bien le capitalisme comme mode de production qui produit un type de société c'est-à-dire un type de relations entre individus (exemple simpliste : tu ne formes pas la même société quand tu considéres un humain comme une marchandise que quand tu le considères comme un égal) ;

  • Un raisonnement au cas par cas "bon ou mauvais" patron n'est pas le sujet. Même s'il ignore qu'il accapare la plus-value, même s'il traite bien ses salariés, il veut rentabiliser, faire du bénéfice, donc ses salariés doivent travailler plus, avec moins de coûts salariaux, etc. Il est en incapacité de redistribuer l'intégralité de la plus-value. D'où la globalisation (le dumping social réduit les coûts) et le pillage du monde (comme l'Afrique) pour des matières premières qu'on nomme impérialisme, qui est l'une des excroissances, le paroxysme du capitalisme. Le capitalisme produit ceci, que le patron gentil le veule ou non ;

  • Il n'y a pas de stabilité, pas de système stable. Tout bouge. En oubliant ce fait, les capitalistes sont aveugles aux crises régulières (surproduction qui entraîne crise financière, etc.) qui naissent de la contradiction du capitalisme : pour augmenter les gains du capitalisme, il faut virer l'humain… qui produit la valeur ;

  • L'histoire est populaire. Il n'y a pas de grands hommes (rois, empereur, etc.). Les peuples font l'histoire. Les actions changent le monde. Les idées ne mènent pas le monde, elles sont produites par les conditions humaines (de vie, de production). C'est le matérialisme historique de Marx. Exemple simpliste : tu ne développes pas les mêmes idées quand tu es rentier, donc que tu peux réfléchir à l'état du monde, que ton temps libre est accaparé et que t'es accablé par tes conditions de vie (pauvreté, infériorité, etc.). Les malheurs des humains trouvent donc leur origine dans des faits économiques (l'inégalité née de la relation différenciée patron / salarié au système production), dans l'histoire, etc. donc on peut procéder à une analyse scientifique. Il y a rien d'abstrait, aucune représentation mentale ;

  • Communisme ? Produire les richesses utiles à la société, sans artifices et sans exploitation de l'humain. Par exemple, dans la vision marxiste, le travail occupe une petite part d'une journée, le reste sera pour le développement personnel de l'individu et de la société (culture, arts, sciences, politique, etc.), c'est-à-dire vivre. Refus que l'individu soit traité séparément, comme quand les zadistes de NDDL refusent d'acheter individuellement les terres au motif qu'ils forment un groupe, un projet collectif / commun.

Pour en savoir plus, Le Capital (œuvre de Marx / Engels) version manga est un bon point d'entrée. Mon avis et mes notes de lecture sont disponibles.

Résumé : gauche / droite = égalité / liberté ? La droite échoue pourtant sur la liberté (ordre, sécurité, exploitation, etc.) et réclame aussi égalité / solidarité / fraternité pour les bourgeois. La gauche échoue sur l'égalité (héritage, propriété et impôts timidement encadrées) et réclame aussi la liberté (émancipation, auto-organisation, etc.). Droite et gauche partagent des valeurs et un même fait amène une confrontation de valeurs opposées. Droite et gauche font éclater des tabous et défient les valeurs établies. Donc les valeurs ne sont pas le bon discriminant. Droite / gauche = pragmatisme / idéalisme ? La droite aussi est idéaliste (pas besoin de réguler, la liberté est absolue, etc.) et la gauche aussi est pragmatique (des déterminismes minent notre libre arbitre, réduire les inégalités afin de ne pas se taper dessus). En revanche, la droite pense qu'il y a des forces au-dessus de l'organisation des hommes (Dieu, le roi, le marché économique, l'ordre naturel, la tradition) et qu'il faut simplement adapter la société à ces puissances en limitant le champ d'action du politique (moins de règles) là où la gauche pense que tout doit être organisé par les hommes, que l'organisation va changer la vie des hommes et que la recherche en commun de nouvelles règles va produire une meilleure société.


À droite, on n'aime pas trop partager, on préfère assumer tout simplement qu'on est radin. À gauche, on est tellement gentil, on voudrait tout partager, surtout l'argent des riches.

Macron dit :

La droite, c'est une famille politique française, pour laquelle le plus important, c'est la liberté. Et, la gauche, c'est une famille politique française qui a son histoire aussi, pour laquelle le plus important, c'est sans doute l'égalité. Que les gens aient les mêmes droits. À droite, c'est que les gens soient libres. Y'en a qui vont réussir, d'autre non. Tant pis. À gauche, c'est que les gens soient égaux, mais ils ne sont pas forcément libres.

Gauche / droite, c'est un clivage égalité / liberté ? Vraiment ?

La droite c'est la liberté ?! De qui ?! L'ordre (+ de prisons, réprimer les mouvements sociaux, + de flics) réclamé par la droite, c'est la liberté ?! Refuser des droits (avortement, pacse, etc.), c'est la liberté ?! L'exploitation qui née du salariat, c'est la liberté ?! Le flicage des chômeurs réclamé par la droite, c'est la liberté ?! La droite semble défendre la seule liberté du bourgeois de tout acheter et de faire bosser les autres et rien d'autre.

À côté de ça, le socialisme, ce serait d'arriver à l'égalité totale en contraignant tout le monde (donc aboutir à une absence de liberté). Le stalinisme a été brutal. C'est bien une preuve, ça, non ? La gauche veut des normes, un principe de précaution, un code du travail, etc. Des trucs contraignants et chiants. N'est-ce pas une deuxième preuve ?

C'est oublier que la liberté existe dans le socialisme : celle de mener sa vie, de s'auto-organiser, de s'émanciper (du patron, du sachant, etc.). Ce n'est pas dans la vidéo, mais, à l'inverse, le socialisme a aussi des velléités de surveiller et de réprimer (loi surveillance 2015, lois relative à l'État d'urgence 2015-2017, etc. Ce n'est pas dans la vidéo, mais la gauche se vautre sur l'égalité quand elle avalise les héritages, la propriété et les impôts en les encadrant maladroitement (sans redistribution juste), par exemple.

Je rappelle (ce n'est pas dans la vidéo) que la droite en appelle aussi à la solidarité et à la fraternité pour mutualiser les pertes (liées au covid-19, à une crise financière, etc.) et les trucs coûteux (la protection sociale est arrivée en 1937 aux USA sous l'impulsion des riches qui voulaient réduire le coût du travail créant ainsi les charges salariales ponctionnées par l'État) . La droite en appelle aussi à l'égalité (de traitement, des chances, etc.) comme quand les mutuelles demandent une garantie de non-concurrence à l'État.

Sans compter que, ce n'est pas dans la vidéo), de quel bord est une valeur ? La prétendue valeur travail est-elle de droite ou de gauche ? La droite veut s'en débarrasser par l'emploi (donc l'exploitation) et par la rente (capitaux, immobilier, etc.). La gauche veut aussi s'en débarrasser en le limitant la production au minimum nécessaire à la société, en limitant sa pénibilité, etc. et par la rente (artistique, mais pas que).



(Tout ce bloc n'est pas dans la vidéo).

La différence droite / gauche, ça ne peut pas être les valeurs. On vient de voir qu'une même valeur (liberté ou égalité) peut être brandie par la droite et par la gauche.

De plus, un même fait, le partage des richesses par l'impôt, par exemple, peut être dénoncé comme étant immoral par la droite, car il entre en conflit avec les valeurs travail, mérite et justice (il est injuste de prendre son gain à quelqu'un qui a réussi à la sueur de son front). À l'inverse, la gauche y voit les valeurs justice (une réussite est jamais individuelle, tu utilises des savoirs, des outils, des matières premières d'autrui, donc il faut redistribuer le gain) et vertu (l'accroissement des inégalités ne sont pas saines car ça attise le rejet de l'autre). Sur un même sujet, des valeurs s'affrontent et on ne peut pas trancher : quelle valeur est la plus importante ? C'est un choix personnel.

La différence, c'est peut-être que la gauche fait éclater des tabous, défie les valeurs existantes (avortement, fin de la peine de mort, mariage pour tous) alors que la droite prospère sur des valeurs établies (propriété, emploi, famille, patrie, etc.) ? Aux premières heures de la république, ce qui deviendra la droite luttait pour la restauration de la monarchie, par exemple.

Je ne pense pas que ce soit le bon discriminant. La droite a aussi fait éclater des tabous : l'autonomie (dont le paroxysme est l'individualisme) contre la famille, la réussite décomplexée, le gain décomplexé en échange d'une (prétendue) responsabilité.



(Tout ce bloc n'est pas dans la vidéo).

Peut-être que la droite c'est le pragmatisme et la gauche l'idéalisme ? Non plus.

La droite est aussi ses idéaliste : il n'y a pas besoin de réguler la vie en société, tout va fonctionner tout seul comme par magie ; la liberté est absolue (t'aime pas ton patron ? change-en, qu'est-ce que tu attends ?!).

La gauche est aussi pragmatique : réduire les inégalités afin d'éviter de se taper dessus ; plein de déterminismes éco-sociaux-culturels minent notre libre arbitre.



Alors, quelle est la différence fondamentale entre la droite et la gauche sur tout sujet ? Ce qu'est la politique, sa place, ses limites et le pouvoir du politicien.

La gauche s'en fait la plus haute idée, celle selon laquelle l'organisation des hommes va changer leur vie, que si l'on se met à plusieurs pour se chercher de nouvelles règles, on peut faire une meilleure société, ou, au moins, une société plus adaptée aux besoins qu'elle voit émerger. Les besoins matériels, mais aussi humains, tel que l'égalité qui est conçue comme une demande sociale qui, si elle n'est pas contentée, risque de faire exploser tout le groupe (la montée de la misère entraîne un repli sur soi donc le rejet de l'autre, testée en 1929 et actuellement).

La droite pense qu'il y a un ordre naturel des choses qu'il ne faut pas toucher sinon on va tout détraquer, nous autres, petites merdes. Il y a donc des forces au-dessus du politique : Dieu, le roi de droit divin, la tradition, l'ordre naturel ((cette parenthèse n'est pas dans la vidéo) la compétition est naturelle, il y a des gens intelligents et des cons / des faibles et des forts, la femme est génétiquement inférieure à l'homme, l'handicapé est un rébus condamné à la sélection natuelle, etc.), le marché économique, etc. Il faut seulement adapter la société à ces puissances supérieures en limitant le champ d'action politique (moins de règles, moins d'État pour les appliquer), afin que les forces (Dieu, le Marché) ne s'énervent pas. Mais, ce n'est pas dans la vidéo, ça n'empêche pas la droite d'aimer la loi et la régulation administrative quand ça sert les forces supérieures.



ÉDIT DU 19/04/2020 À 16 H 35 : suite à la publication de ce shaarli, j'ai échangé avec Johndescs, et je me suis dis que y'a des éléments intéressants à rapporter en public. J'ai mis ça dans cet autre shaarli. FIN DE L'ÉDIT DU 19/04/2020.

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