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——————————— July 25, 2018 - Wednesday 25, July 2018 ———————————

Je déconseille vivement de commander quoi que ce soit sur UnixStickers.com : ma commande n'a pas été livrée en 7 mois, et je n'ai pas reçu de réponse à mes mails et à mon courrier papier. J'ai été remboursé grâce à l'action de la DGCCRF et du CECF.

Chronologie (si ça peut t'aider pour un problème identique…) :

J'ai commandé quelques stickers le 29 décembre 2017. J'avais même gonflé ma commande, satisfait que j'étais de ma première commande, en 2015. J'ai payé par virement bancaire le 2 janvier 2018.

N'ayant rien reçu, je leur ai envoyé un email, rédigé en anglais, le 3 février 2018 et une relance le 11 février 2018.

Comme cette société commerciale postait plusieurs messages par semaine sur Twitter tout en ne répondant pas à mes emails, j'ai tenté de m'y inscrire afin d'entrer en contact avec elle. Échec côté Twitter qui bloque mon compte tout fraîchement créé avant toute tentative de contact.

J'ai envoyé un courrier postal, rédigé en anglais, le 19 février 2018 à l'adresse postale indiquée sur leur site web, dans les mentions légales. Comme la société commerciale est basée en Italie et que je ne savais pas si un recommandé avec accusé de réception serait bien délivré et s'il aurait une valeur probante, j'ai envoyé un courrier simple. Je n'ai toujours pas de réponse à cette interrogation.

N'ayant toujours pas reçu de réponse, j'ai saisi la DGCCRF le 21 mai 2018 via leur formulaire en ligne. J'ai joins l'email confirmant ma commande, un justificatif de paiement, les emails que j'ai envoyés et le courrier postal que j'ai envoyé.

S'agissant d'un litige entre un résident français et une société commerciale établie hors de France mais en UE, la DGCCRF a transmis ma réclamation au Centre Européen des Consommateurs France le 29 mai 2018. Notons que ce centre met à disposition un formulaire en ligne pour tout litige entre deux pays de l'UE, ce n'est donc très probablement pas la peine de passer par la DGCCRF.

Malgré mon ouverture pour être livré plutôt que d'être remboursé (je voulais toujours mes stickers), Unix Stickers a insisté pour me rembourser. Virement bancaire reçu le 20 juillet 2018.

C'était le gadget qui tue, inventé à l’été 2017 pour calmer les députés LRM de gauche qui ne digéraient pas la quasi-suppression de l’ISF. Pour compenser les quelque 3,2 milliards qui n’entreraient plus dans les caisses de l’Etat, on allait taxer à donf les signes extérieurs de richesse : yachts, grosses cylindrées, bijoux… Ah mais !

A l’arrivée, le résultat n’est pas à la hauteur des proclamations d’intention de Bercy. Selon le bilan de ces mesures présenté mercredi 18 juillet par le rapporteur du Budget à l’Assemblée, Joël Giraud (radical de gauche-LRM), un seul propriétaire français de yacht a été taxé. Et ce pour la somme faramineuse de 7 500 euros. A quand un comité de défense ? Heureusement que six autres navires, étrangers ceux-là, ont pu être harponnés par le fisc. Globalement, ces sept malheureux ont réglé la somme de 82 500 euros. Soit 121 fois moins que l’estimation inscrite dans le Budget (10 millions).

Concernant la taxe additionnelle sur les voitures sportives, la Direction de la législation fiscale s’est dite dans l’impossibilité de fournir le moindre chiffre au rapporteur. Faute de disposer d’une loupe assez puissante ?

Quant à la taxe sur les biens précieux, elle est apparemment passée aux oubliettes.

Vite, un avis de recherche !

SURPRIIIISE !

Dans le Canard enchaîné du 25 juillet 2018.

Qui a dit que l’Histoire ne repassait pas les plats ? On se souvient de l’annonce, en 2013, par Jean-Yves Le Drian, alors ministre de la Défense, de l’abandon de Louvois. Du nom du logiciel fou de paie des militaires, responsable d’une armada de cafouillages, entre paiements en retard, partiels ou trop-perçus… La facture de l’abandon du logiciel ? 470 millions d’euros, mon général !

Et rebelote ! Le ministre de l’Education nationale, Jean-Michel Blanquer, a, lui, décidé de débrancher définitivement Sirhen, le logiciel de gestion des personnels de la maison, qui n’en finissait pas de bugger (« Les Echos », 20/7).

Lancé en 2007, ce système informatique avait été initialement conçu pour prendre en charge les ressources humaines des 850 000 enseignants et la préparation des rentrées scolaires. Coût estimé : 60 millions d’euros. Mais l’informatique a ses raisons que la raison ne connaît point. Au fil des années, les développements du logiciel se sont multipliés tant et si mal que la facture de Sirhen s’élève aujourd’hui à… 320 millions d’euros ! Cerise sur le mille-feuille : le système n’est capable de gérer la paie que de 18 000 fonctionnaires, à des années-lumière des 850 000 prévus dans le devis initial…

Blanquer l’assure : Sirhen sera remplacé par un dispositif « plus agile et plus efficace au bénéfice de notre mission de service public ».

Chiche !

Louvois et Sirhen ne sont pas les seuls logiciels de gaspillage d'argent public… À force de recourir massivement à des cons sultans (consultant⋅e⋅s) temporaires qui ignorent le contexte et aux mêmes grosses sociétés commerciales rigides (Capgemini dans le cas présent) qui veulent juste faire du fric…

Dans le Canard enchaîné du 25 juillet 2018.

Une consolation pour Macron : l’affaire Benalla est parvenue à éclipser le contenu explosif du rapport CAP 22, qui préconise 30 milliards d’économies à la hache dans les services publics, et dont la publication a viré à la guignolade…

Le 19 juillet, alors que les grandes lignes du rapport viennent de fuiter dans « Le figaro », Edouard Philippe reçoit à Matignon les 44 membres du Comité d’action publique 2022, pour les remercier de leurs travaux. Le Premier ministre, soucieux d’éviter une série de polémiques, s’accroche encore à son calendrier et leur affirme : « Nous publierons quatre ou cinq textes de transformation publique d’ici à fin octobre et nous publierons le rapport complet à ce moment-là. » Las ! le lendemain, 20 juillet, le syndicat Solidaires du ministère de l’Economie met le rapport intégra]. en ligne, au nez et à la barbe de Matignon. Et même à la barbe… des membres de CAP 22, qui n’avaient toujours pas eu droit à une copie ! Ils ont dû attendre le soir du même jour pour que la coprésidente de CAP 22 leur en adresse enfin un exemplaire, par mail.

Le gouvernement avait pourtant pris toutes ses précautions : les membres du Comité avaient été invités à consulter le rapport « entre 12 heures et 15 heures (sic) », dans une pièce fermée, le 25 avril, sans pouvoir l’emporter et en laissant leurs téléphones à l’entrée pour éviter les photos

C’était bien la peine !

Que c'est beau à en pleurer, la transparence de la vie politique à la française ! :(

Dans le Canard enchaîné du 25 juillet 2018.

L'affaire ne fait pas rire la questure de l’Assemblée nationale. Le 28 juin, c’était branle-bas de combat : une association avait mis ces honorables parlementaires hors d’eux. Résumé des débats ? « Pas question de se laisser faire, nous prendrons un avocat, et on leur fera rendre gorge. De quoi se mêlent ces justiciers ? »

L’histoire remonte à mai 2017. L’association Regards citoyens demande aux députés sortants les relevés bancaires de leurs comptes IRFM (indemnité représentative de frais de mandat). Cette enveloppe, aujourd’hui contrôlée, servait, en général, à louer une permanence, à acheter du matériel informatique ou des costumes ; mais elle n’était pas toujours utilisée aussi sagement. Certains députés s’en étaient servis pour acheter, par exemple, leur permanence parlementaire — ou carrément une maison.

Ou pour rembourser des prêts bancaires personnels ou pour offir des cadeaux ou pour s'offir des vacances ou pour se faire un complément de revenus ou pour payer son adhésion au parti politique d'appartenance ou pour… Bref, les abus étaient nombreux.


Seuls huit députés répondent positivement. Regards citoyens saisit alors la Cada (Commission d’accès aux documents administratifs) et réclame les fameux documents ; la Commission se déclare incompétente. Entêtée, l’association décide, en mai dernier, de saisir le tribunal administratif.

La questure réconforte les députés et ex-députés concernés : l’Assemblée assurera leur défense et paiera leurs frais d’avocat. Elle appelle ça la « protection fonctionnelle ». Chez François de Rugy et à la questure, on se dit confiants. Selon le principe de la séparation des pouvoirs, le juge ne doit pas marcher sur les pieds du législateur.

Mais les juristes de Regards citoyens rétorquent que la justice, à plusieurs reprises, s’est mêlée des oignons des députés. Lors de l’affaire Fillon, elle a demandé des précisions sur les activités d’une collaboratrice prénommée Penelope…

Juges fureteurs

A l’occasion aussi de l’affaire dite « des enveloppes » — ces « compléments de revenus » versés entre 2009 et 2014 à des sénateurs de l’ex-groupe UMP en détournant des sommes destinées à des collaborateurs —, elle a aussi épluché les finances des groupes parlementaires au Sénat.

Enfin, Regards citoyens exhibe la récente jurisprudence de la Cour de cassation, qui, le 27 juin, a jugé que les parlementaires étaient chargés d’une mission de service public. Or, lorsque la Cada s’était déclarée incompétente pour répondre aux demandes de l’association, c’était précisément en contestant cette mission de service public…

Avec ces grands serviteurs de l’Etat, c’est drôle comme le noir d’un jour peut virer blanc le lendemain.

Bien joué, Regards citoyens ! < 3 .

Dans le Canard enchaîné du 25 juillet 2018.

Vivre dans l’insécurité permanente, c’est être incapable de répondre à la question : « Que feras-tu dans un an, cinq ans, dix ans ? Qui seras-tu ? Où seras-tu ? »
Parce qu’avant de pouvoir répondre à ces questions, il y a des enjeux plus immédiats à résoudre. La question n’est pas de savoir où tu seras dans cinq ans mais comment tu vas t’en sortir demain, dans une semaine, dans un mois. Qu’est-ce qui pourrait mal se passer ? Comment vas-tu pouvoir y répondre ? Quelles stratégies vas-tu devoir mettre en place ? Et quelles stratégies dois-tu déjà mettre en place pour éviter une rechute ? Quels sont les points de vigilance que tu dois avoir dès à présent, maintenant que tu commences à avoir une certaine connaissance de ton fonctionnement ?
Vivre dans l’insécurité permanente, c’est être incapable de se projeter dans le futur. Parce que le futur, tu ne le connais pas, c’est nouveau, et c’est un nombre éprouvant de paramètres à prendre en compte. C’est tellement rempli de possibilités que tu n’as aucune prise là-dessus. Et tu es incapable de te projeter dans le futur parce qu’il y a un enjeu plus immédiat, c’est de réussir à lâcher prise. L’enjeu à résoudre, c’est de te battre en permanence pour ne pas que l’anxiété revienne. C’est un plan d’actions qui se construit en permanence, un champ de bataille qui ne s’arrête jamais et qui ne connaît aucune frontière. C’est une lutte perpétuelle. Et tout ça te demande une énergie considérable.
Voilà pourquoi tu es fatiguée le matin, pourquoi tu es fatiguée l’après-midi, pourquoi tu es fatiguée le soir, le week-end, pendant tes vacances. Parce que tu es sans arrêt sur tes gardes. Tu es sans arrêt sur la défensive. Tu dois sans arrêt t’adapter, sans arrêt lutter contre la nécessité de t’adapter, te faire violence pour sortir de ta zone de confort alors que ça te coûte terriblement. Et ces efforts qui te semblent surhumains, c’est tous les jours que tu dois les mettre en œuvre. Cette vigilance que tu dois avoir, elle est permanente et omniprésente.
Vivre dans l’insécurité permanente, c’est être dans l’obligation de pouvoir répondre à ce que tu vas faire demain, ce que tu vas faire après-demain et tout le reste de la semaine. C’est d’avoir tout planifié, tout millimétré, tout anticipé. Avec qui tu seras. Où tu seras. Le contrôle de ton emploi du temps te donne la maîtrise de la situation. Et te permet de mettre en place certaines de tes stratégies préventives.

Vivre dans l’insécurité permanente, c’est vivre dans l’insécurité d’être incapable de faire face à l’imprévu. C’est de devoir élaborer et réfléchir à des stratégies sur lesquelles tu pourrais t’appuyer si jamais l’imprévu devait frapper à ta porte. C’est pour ça que tu anticipes tout en permanence, que tu analyses tout, de manière à te protéger l’imprévu.
Vivre dans l’insécurité permanente, c’est vivre dans la sécurité de l’illusion. C’est avoir conscience de cette illusion, mais le lâcher-prise te demande une telle énergie que tu n’arrives pas à te résoudre.

Vivre dans l’insécurité permanente, c’est être en danger tout le temps, partout, avec tout le monde et n’importe qui. C’est ton corps qui se raidit lorsque l’autre pose sa main sur ton épaule en te saluant. C’est les tests que tu fais passer de manière inconsciente aux autres. Pour être sûre que tu peux accorder ta confiance.
Vivre dans l’insécurité permanente, c’est devoir sans arrêter s’adapter à l’autre. Il faut sans arrêt s’adapter à l’environnement immédiat. Il faut sans arrêt composer avec la norme avant de demander à la norme de composer avec toi. Ce n’est plus une question de survie comme ça l’a été auparavant. Simplement, c’est devoir tout mettre en œuvre pour que ça reste une question d’adaptation et que jamais plus ça ne retombe dans une question de survie. […]

Vivre dans l’insécurité permanente, c’est faire preuve d’une écoute et d’une bienveillance à toute épreuve. C’est tout entendre, tout comprendre, tout pardonner. Et avoir beaucoup de mal à intégrer que ça marche dans les deux sens. C’est apprendre à recevoir des compliments sans immédiatement les minimiser. C’est apprendre à accepter d’avoir des qualités au lieu de tout le temps mettre en avant des défauts et se concentrer exclusivement là-dessus.

Vivre dans l’insécurité permanente, c’est réussir à se frayer un chemin dans la violence du regard de l’autre. C’est devoir apprendre à s’en détacher. Ça va être apprendre à s’en foutre.
C’est tout faire pour les autres, partout, tout le temps. C’est devoir apprendre à s’écouter. Ça va être apprendre à ne pas laisser autant de place aux autres. Rééquilibrer les priorités. Commencer à trouver des compromis pour soi. Pas juste pour les autres.

Vivre dans l’insécurité permanente, c’est avoir peur en permanence du désamour et de l’abandon. C’est devoir anticiper et envisager les coups qu’on pourrait se prendre par effet de miroir avec les coups qu’on s’est déjà pris. C’est se taire lorsqu’il faudrait crier. Devoir apprendre à dire non avec un grand sourire. Apprendre à ne pas se décourager parce qu’il y a encore tellement de chemin à faire.
C’est ne plus cultiver le jardin intérieur de l’autre lorsque toutes les plantes sont mortes et fanées chez soi.

Vivre dans l’insécurité permanente, c’est ne pas réussir à envisager que tout pourrait bien se passer. Comment réussir à se projeter dans cinq ans quand on ne sait toujours pas si la question de la survie est bel et bien réglée ? C’est avoir toujours avec un doute sur tout, tout le temps, avec tout le monde. C’est de ne plus avoir d’anxiété généralisée mais toujours pas de calme intérieur. C’est de ne pas réussir à voir ce qui se profile à l’horizon parce qu’il y a toujours un brume et un brouillard devant.

Très intéressant. :)

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