The Daily Shaarli
En s’inspirant des problèmes d’accès à l’informatique des personnes déficientes visuelles, Jean-Philippe et Corentin, les fondateurs d’Hypra (dont plusieurs membres sont aveugles ou mal voyants) ont conçu un modèle qui personnalise l’accompagnement de l’utilisateur. Leur « Système à Accès Universel » facilite la migration vers le logiciel libre, y compris pour le grand public.
Deux possibilités, soit je suis complètement aveugle (environ 100 000 personnes en France) et je recours à un transcripteur braille que je connecte à mon ordinateur (mais une minorité des aveugles lisent le braille), soit j’utilise un retour vocal.
Si je suis malvoyant, je vais utiliser un certain nombre de fonctionnalités d’assistance visuelle : le zoom, l’inversion des contrastes, un localisateur de curseur, de souris etc.
[...]
Notre innovation tient d’abord à cela. Pour la première fois, Hypra fournit un système d’exploitation à ses utilisateurs qui leur assure cette complémentarité. Et là où JAWS, le retour vocal historique, coûte 1 500 euros (pris en charge sur les fonds publics), et où ZoomText, la solution leader sur la malvoyance, coûte 600 euros, notre couplage de solution est lui gratuit.
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Nos utilisateurs payent pour du service, c’est à dire justement la personnalisation de l’accompagnement. Au global, cela leur revient le prix qu’ils payeraient pour un simple ordinateur Mac ou Windows sur deux ou trois ans, c’est à dire 1 500 à 1 600 euros. Mais plutôt que de les payer sans visibilité sur deux, trois ans, ils payent d’une traite avec la garantie de ne plus avoir à subir de coûts cachés liés aux problèmes de mise à jour, de sécurité, mais aussi de matériel. Nous sommes en effet en train de ficeler un solide accord-cadre avec plusieurs constructeurs de manière à offrir un S.A.V. irréprochable et global (logiciel et matériel).
[...] Bien sûr, pour celles et ceux qui aiment la débrouillardise et qui ont du temps à y consacrer, il est possible de se passer de formation et d’accompagnement sur la durée, et le prix est alors ramené entre 800 à 1 000 euros. Nous ne le conseillons qu’aux utilisateurs très avancés.
Ce que nous proposons, nous, en définitive, c’est une continuité de service qui garantit de trouver un interlocuteur et un dialogue de qualité, une exigence de performance et de délais lorsqu’un problème quelconque se présente. Cela permet d’économiser sur l’autre grand coût caché de l’informatique : le temps. [...]
[...]
Notre engagement éthique en ce domaine est clair : nous ne recourons à des logiciels propriétaires que lorsque aucun autre choix non-handicapant pour l’utilisateur n’est possible. Nous l’avons fait pour le retour vocal, nous allons le faire pour un logiciel qui permet aux aveugles de lire leur courrier papier (via la reconnaissance optique de caractères). Seuls des logiciels propriétaires pouvaient assurer une performance suffisante. Nous avons déjà en tête de proposer dans le futur la même performance mais sous la forme de logiciels libres dont nous aurions coordonné le développement.
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Je dirais que c’est l’inverse. Les handicapés, mieux que personne, comprennent l’importance fondamentale du logiciel libre. [...] Par ailleurs, ce sont aussi les premiers à souffrir des rentes de monopole que constituent les entreprises qui conçoivent et commercialisent des logiciels propriétaires. Notre grand sondage mené en janvier 2015 montrait qu’une grande partie de la population déficiente visuelle était consciente que JAWS (le retour vocal à 1 500 euros) était sur-tarifé pour les évolutions qu’il connaît dans le temps. Beaucoup s’indignaient sur l’effet d’aubaine de la prise en charge publique (par les Conseils Généraux) d’un logiciel aussi cher. Mais surtout, 75 % des 450 répondants se déclaraient prêts à passer au logiciel libre si une offre de service de qualité était fournie.
Si l’on se tourne vers le grand public, l’équation n’est pas si différente, mais la prise de conscience est peut-être moins avancée. Je dis bien peut-être. Car les gens sont fatigués des mises à jour incessantes et déstabilisantes sous Windows dont le paroxysme est Windows 10, ils sont également fatigués de la sous-traitance du service de Apple à des organismes agréés qui sont des machines à cash. [...]
[...] Il faut bien comprendre que le libre, ça n’a pas une bonne image parmi le public (au mieux l’indifférence, au pire le rejet par préjugé). Pour pleins de raisons et parce que sa compréhension exige de réfléchir à des choses que les gens ne soupçonnent pas. Ou elle renvoie à un historique, une image, pas toujours génial. Du coup, tout en affirmant notre ancrage libriste sans complexe, on ne le met pas en avant auprès de nouveaux clients, sauf si ça permet d’aborder un sujet qui préoccupe un utilisateur [...]
[...] Enfin, quand on forme les gens, pas question d’empêcher les installations non Hypra, les mises à jour, contrairement à Ordissimo. [...] Ordissimo se base sur Debian et protège son travail de paramétrage en ne le reversant pas et en n’y autorisant pas de modification. Hypra est transparent et dans une logique de dialogue mutuel constant avec Debian, et nous l’affirmons. [...]
Note du Centre de Recherche de l’École des Officiers de la Gendarmerie Nationale.
Qu'il s’agisse de sécurité publique ou de la vie quotidienne, la thématique est sensible. L'image d'une personne, et plus particulièrement celle du visage, touche en effet à l'intime bien plus peut-être qu'un code barre identifiant un ADN. Sa reproduction, sa détention par un tiers, sa comparaison ne peuvent se faire sans une acceptation de la société.
Pardon ? Pas une acceptation par la société mais au cas par cas. Le droit à l'image est encore au cas par cas, hein.
[...] Dès 2012, l’Union européenne formulait des recommandations sur l’emploi de cette technologie 2 , notamment en matière de protection des données à caractère personnel. Pour autant, nos modes de vie actuels mettent en lumière un paradoxe : les médias sociaux (Facebook, Twitter, Snapschat, Instagram, LinkedIn, etc.) débordent d'images mises à disposition volontairement et peu ou pas protégées.
On rappelle encore une fois qu'être présent sur les réseaux sociaux n'implique pas un renoncement à tout les droits. C'est un consentement pour certains usages de nos données. Publier des infos, photos ou non, sur un réseau social ou non, n'implique pas que l'on est en faveur d'un fichage généralisé par un État, par exemple. Accepter d'être profiler par Facebook, n'octroie pas des droits à d'autres entreprises privées de procéder ainsi.
[...]
Il ne faut pas se leurrer : l'un des premiers usages prometteurs du visage est son utilisation numérique à des fins commerciales. Ainsi, un capteur reconnaît un visage pour le catégoriser afin de déterminer s'il s'agit d'un homme, d'une femme ou d'un enfant. Le but est d'offrir à un client une offre de produits alors qu'il évolue dans un espace commercial.
[...] Pour aller plus loin dans l'utilisation du visage à des fins de marketing, il n'a pas échappé à certains la possibilité de constituer une base de données de visages de clients associée à leurs achats habituels afin de les accueillir
personnellement dans les meilleures conditions : il s'agit de les orienter vers les produits qu'ils ont l'habitude de consommer ou de leur proposer des produits similaires. Les essais menés montrent cependant que l'utilisation du visage dans ce cadre n'est pas facilement acceptée par le client. Ce n'est pas tant l'utilisation de l'image qui le gêne que sa liberté de déplacement et de choix.[...]
Le visage est aussi un moyen d’authentification fort. Il pourrait dépasser le fameux code PIN (Personal Identification Number). Son utilisation est envisageable pour sécuriser des moyens de paiement ou mieux contrôler les accès à des lieux sécurisés (limitation à des invités).
[...] Ces systèmes sont peu attentatoires à la vie privée, on parle de biométrie douce. Le point critique est la protection des bases et les flux de données à caractère personnel. En fait, dans la plupart des cas, les données sont traitées directement avec l'appareil. Dans les autres cas, la consultation est réalisée dans un cloud, les données sont transformées en algorithme qui est lui-même crypté. D'un point de vue acceptabilité, peu de voix s'élèvent contre ces systèmes de reconnaissance que l'on peut croiser au quotidien.
N'importe quoi. Il n'y a pas de biométrie douce ou fausse, il n'y a que de la biométrie et du baratin marketing. Le chiffrement empêche des indésirables sur le trajet de voir le contenu (la photo) mais n'empêche pas "le cloud" de la voir en clair (sans chiffrement), de l'exploiter, de la conserver. La sortie d'un algorithme est réversible.
[...]
[...] Les usages relèvent soit d'une phase d’anticipation ou de préparation d'événements, soit d'une phase d'investigation. Dans cette dernière, il s'agit de comparer l'image captée avec une base de données pour repérer une personne qui fait l'objet d'un intérêt particulier parce que mise en cause, victime ou témoin. Dans une phase préventive et en temps réel, le but est de révéler un indicateur, que l'on pourra appeler signal faible, prenant la forme de comportements anormaux afin de préparer la survenue d'un trouble ou désordre qui nécessite une réaction.
Ce que l'on pourra aussi appeler du flicage généralisé et un contrôle fort des comportements sociaux ! Toujours plus de préventif, de police administrative, tout ça.
Lors des opérations menées en Afghanistan, les forces américaines ont déployé les outils (Handheld Interagency Identity Detection Equipment) indispensables à la création de bases de données biométriques, incluant le visage, aux fins de comparaison et d’identification.
Au Canada, la police de Calgary était la première force de police à faire usage de cette technologie.
Aux États-Unis, le Federal Bureau of Investigation dispose de l'outil Next Generation Identification Program 6 qui utilise les fichiers nationaux et les médias sociaux pour construire une base de données de plus de 52 millions de personnes. Les polices de Chicago, New York, Seattle, San Diego ou Dayton Beach ont investi dans ces moyens techniques proposés par Neoface ou Reveal de Nec pour des montants allant jusqu'à 5,4 millions de $.
La police d'Hawaï 7 a mis en œuvre Morphoface Investigate qui contient près de 450 000 visages. Intégrée dans des programmes de sécurité qui visent principalement à lutter contre le phénomène des gangs, la reconnaissance faciale devient un outil d'une stratégie de sécurité.
Fin 2015 et pour un budget de 18,5 millions de $, le gouvernement australien a lancé le programme Capability pour lutter contre le terrorisme et la délinquance transfrontalière en s'appuyant au moins sur les fichiers nationaux.
Les forces de police judiciaire allemandes, quant à elles, utilisent depuis 2007 l'application de reconnaissance faciale Face-VACS/DB Scan de l'entreprise Cognitec.
En Inde, la ville de Surat a combiné l'application NeoFace Reveal de Nec avec son système de vidéo-surveillance pour procéder en temps réel à la reconnaissance faciale.
Dans le même but, la ville de Buenos Aires a modernisé ses moyens de vidéo-surveillance pour améliorer l'éclairage des rues afin d'obtenir une qualité d'image supérieure et faciliter ainsi le travail de reconnaissance faciale.
Chaaaaaaaaaud cette liste qui fait froid dans le dos. :(
[...]
[...] Par ailleurs, cette technologie n'est pas nécessairement acceptée par la société. Ainsi, la police de Boston a mis un terme à l'utilisation de ce procédé à l'instar de celle d’Oakland du fait de réactions citoyennes vives. La mise en place de la reconnaissance faciale s'était faite sans information du public.
D'autres cas, comme celui de la police de San Diego, mettent en évidence un déploiement du dispositif à marche forcée. Les policiers, sans contrôle, numérisent d'office le visage de toute personne contrôlée dans la rue pour constituer la base de données.
Au Royaume-Uni, ce sont des unités de police qui, sans cadre juridique stabilisé, ont alimenté une base de données (Police National Database) de photos de milliers d'individus prises lors des opérations anthropométriques de garde à vue.
[...] Les tentatives de mise en place sans information du public sont en effet vouées à l'échec. Le citoyen reste attaché à sa vie privée et au droit à l'anonymat quand bien même la menace est forte.
[...]
La crainte de cette technologie repose aussi sur la fiabilité des lieux de stockage des documents numérisés ainsi que des conditions d'accès. On peut remplacer un code PIN ou un numéro de carte que l'on vous vole mais, à l'instar de l'usurpation d'identité, on imagine aisément la force du préjudice d'un détournement du visage numérisé.
Hé oui, on n'a qu'un seul visage, qu'une seule empreinte digitale, etc. La base même de la sécurité, c'est de pouvoir changer d'identifiant et de pouvoir le révoquer. La biométrie comme moyen d'identification et d'authentification est un contre-sens complet.
Via je ne sais plus qui. :-
Revenons à Scrum. Récemment, j’ai eu l’occasion de vérifier son implantation concrète dans plusieurs entreprises. La déclaration initiale était : « Nous sommes Scrum et Agile ». Au bout de quelques questions, la réalité apparaissait : pas de mode plateau, pas de mode projet, pas d’autonomie de l’équipe, présence maintenue de chefs du projet tenant généralement le rôle de scrum master. À ma question « en quoi êtes-vous agile ? » la réponse était généralement : « Nous tenons des réunions tous les matins et utilisons des post-it ». Franchement, après cela comment peut-on encore s’étonner d’absence de résultat.
J'ai un avis très tranché sur l'agilité :
Le dossier porte d’abord sur le plan Marco Polo, nom de code de la fermeture progressive d’un site marseillais. Politis s’appuie sur un listing de 45 salariés, « fichés par les ressources humaines et progressivement poussés vers la sortie ». Ce fichier nominatif répertorie les situations des salariés et les méthodes envisagées, comme « dossier à construire pour faute » ou « clause mobilité ».
Les journalistes ont également vu des mails montrant que les DRH sont conscients du risque de requalification en PSE (plan de sauvegarde de l’emploi) ; en conséquence ils veulent éviter des ruptures conventionnelles « pour ne pas créer de doutes sur l’hypothèse d’un plan social économique déguisé ».
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Diverses pratiques de harcèlement ont été utilisées : « Détérioration des conditions de travail, isolement physique et moral, demandes floues et répétées suivies de reproches, jeu sur la mobilité... » Un ancien cadre marseillais raconte que « ils nous faisaient déplacer le dimanche sans nous payer, nous ont fait monter à Paris pour une demi-heure de formation : c’était ridicule ! »
Giorgio Mariani reconnaît avoir participé à « une machine à broyer » et a fini par craquer après avoir « jeté avec une misère » une ingénieure « qui n’avait rien à se reprocher », « broyée psychologiquement ». Il a alors appelé la CFDT et dévoilé le plan Marco Polo. Après un arrêt maladie, il est à son tour licencié pour faute grave, ne pas avoir déclaré son appartement de fonction – il finit par obtenir gain de cause en appel en mars 2015.
[...]
Ce plan marseillais a réussi à obtenir la plupart des départs souhaités, rapporte Politis, qui a aussi eu accès entre autres documents internes de Free à :
« Un tableau extrêmement détaillé, évaluant les pertes aux prud’hommes en comparaison de ce qu’aurait coûté un plan de licenciement conforme à la loi. Le résultat est sans appel : économiquement, mieux vaut harceler, licencier et être condamné que respecter la loi. »L’hebdomadaire présente ensuite les conditions de travail dans les centres d’appels, « les Germinal des temps modernes » selon un avocat, Me Lecanet, « qui a eu maille à partir avec le groupe » ; le turn-over y serait particulièrement élevé, 44% du personnel ayant quitté son poste en 2014 dans quatre des cinq centres d’appels du groupe (les chiffres du cinquième, à Marseille, ne sont pas connus) [...]
L’hebdomadaire présente ensuite les conditions de travail dans les centres d’appels, « les Germinal des temps modernes » selon un avocat, Me Lecanet, « qui a eu maille à partir avec le groupe » ; le turn-over y serait particulièrement élevé, 44% du personnel ayant quitté son poste en 2014 dans quatre des cinq centres d’appels du groupe (les chiffres du cinquième, à Marseille, ne sont pas connus)
Plusieurs cas sont cités dans le dossier, comme le licenciement de quatre conseillers d’une boutique parisienne [...] ou encore le renvoi d’un manager de centre d’appels, très apprécié, qui se voit convoqué à un entretien préalable de licenciement alors qu’il était sur le point d’être nommé délégué syndical – malgré son statut de ce fait de salarié protégé, selon un courrier de l’inspection du travail vu par Politis.
M. Alexandre LINDEN, personnalité qualifiée désignée par la CNIL en janvier 2015 pour opérer le contrôle du blocage administratif des sites provoquant à des actes de terrorisme ou en faisant l’apologie, ou à caractère pédopornographique, rend son premier rapport d’activité.
[...]
La personnalité qualifiée vérifie le bien-fondé des demandes de retrait de contenus et de blocage formulées par l’Office central de lutte contre la criminalité liée aux technologies de l’information et de la communication (OCLCTIC). Elle s’assure également des conditions d’établissement, de mise à jour, de communication et d’utilisation de la liste des sites bloqués ou déréférencés.
En pratique, le dispositif de blocage et de déréférencement a été utilisé à compter du 11 mars 2015, et son contrôle a été mis en œuvre immédiatement. Le rapport présenté porte sur la période du 11 mars 2015 au 29 février 2016.
A la date du 29 février 2016, 312 demandes de blocage de sites, 1439 demandes de retrait de contenus et 855 demandes de déréférencement d’adresses électroniques provoquant à des actes de terrorisme ou en faisant l’apologie, ou à caractère pédopornographique avaient été contrôlées. Les contenus à caractère terroriste représentent les 2/3 des contrôles opérés.
Ces évènements ont conduit la personnalité qualifiée à prendre une recommandation concernant une photographie de personnes décédées gisant au sol prise à l’intérieur du Bataclan, publiée sur des réseaux sociaux, des blogs et par un organe de presse généraliste suisse. Il a en effet été considéré que seul le contexte de diffusion de ce cliché était de nature à caractériser le délit prévu par le code pénal, ce qui n’était pas le cas pour 96 des url dont le retrait était demandé. Cette recommandation a été suivie par l’OCLCTIC.
A l’exception de cette recommandation, et si des échanges entre l’OCLCTIC et la personnalité qualifiée ont pu s’avérer nécessaires à plusieurs reprises, aucun cas de « surblocage » n’a été constaté.
La nouvelle procédure prévue dans le cadre de l’état d’urgence et permettant au ministre de l’intérieur de prendre directement toute mesure de nature à interrompre un service de communication entrant dans le cadre des dispositions pénales, sans aucun contrôle indépendant, n’a jamais été utilisée.
Autre défaut relevé par le rapporteur : les sites pédopornographiques - qui font aussi partie intégrante du processus de blocage - sont très vite recréés sous un nouveau nom, après avoir été déréférencés ou bloqués. 98,6% de ces sites font pourtant de nouveau l'objet d'une requête des internautes après leur suppression, et seulement 1,4% des sites faisant l'apologie du terrorisme.
[...]
Après les chiffres et les résultats, Alexandre Linden s'est dit passablement troublé par les contenus visionnés, et a réaffirmé l'importance d'intégrer à la loi la désignation d'un suppléant à son poste.
Oui une rotation plus fréquente de la personnalité qualifiée, histoire d'avoir une diversité de points de vue.
Via je ne sais plus qui. :(
Des intégristes Gentoo m'ont parlé d'OpenRC y'a plusieurs mois. :D Forcément, il fallait que je teste ça.
Le postulat de départ (le marketing, quoi) était que, contrairement à sysvinit, un service désactivé peut l'être de manière définitive. Comme avec un systemctl mask <service>. De plus, l'écriture des initscripts serait simplifiée.
Pour l'écriture simplifiée des initscripts, OpenRC a un équivalent des templated unit de systemd, en effet (un script générique, sur lequel pointent des liens symboliques, quelques variables d'environnement pour faire passer le nom du binaire, etc.). En revanche, le reste de l'écriture est toujours aussi artisanale, bordélique et pas normalisée (chacun-e refait pour la énième fois sa tambouille perso) : recours à start-stop-daemon, kill, stockage du PID principal dans un fichier, etc. Bref, tout le bricolage qui m'a fait apprécié systemd. Pour moi, la gestion du PID incombe à l'init. Pour moi, on ne devrait pas avoir à appeler start-stop-daemon puisqu'on est déjà dans un script qui est censé réaliser le démarrage d'un démon !
OpenRC reste sensible aux hooks dpkg (genre /var/lib/dpkg/info/nginx-common.postinst, /var/lib/dpkg/info/openvpn.postinst, etc.). Ces scripts ont toujours la possibilité de démarrer un service désactivé par l'admin avec invoke-rc.d service start (openrc démarrera le service dans un runlevel dynamique nommé manual si le service a été désactivé avec rc-update del <service>, c'est-à-dire s'il n'est plus dans un runlevel) et de réactiver un service désactivé par l'admin avec update-rc.d <service> defaults.
Divers :
Du coup, bien tenté mais OpenRC ne répond pas à mes besoins.
Merci à Alarig et à Sandhose pour les explications. :)
Certainly not. All equipment and software for K was purchased by the RIPE NCC and installed at the London Internet Exchange (LINX). Subsequently the service was transferred to the new K at a new address. This server was operated by the RIPE NCC with local help from the LINX. I know for sure because I piled the boxes into a London taxicab after ferrying them from Amsterdam.
Daniel Karrenberg qui, en 1997, suite à une demande informelle de Jon Postel, met en place le premier serveur DNS de k.root (une des grappes de serveurs DNS qui font autorité sur la racine DNS) au LINX (point d'échange de trafic Internet basé à Londres) en trimballant ledit serveur sous son bras depuis Amsterdam, en ferry puis en taxi londonien. :D
Cette histoire me fait toujours chaud au cœur : prendre des risques, déplacer des choses coûteuses sans autorisation de qui que ce soit, tout ça basé sur la confiance (demande informelle de quelqu'un qui n'était même pas son supérieur hiérarchique) et l'envie de faire des choses. Sans s'occuper de ce qui pourrait arriver de mal (vol, accident, etc.).
Cette histoire me redonne espoir. L'espoir que les 20 ans écoulés n'ont pas suffit à étouffer ce genre d'initiatives. Il appartient à chacun-e d'entre nous de ce comporter ainsi. Il ne suffit pas d'admirer, il faut aussi pratiquer car les souvenirs se fanent.
La France, ayant découvert un intérêt militaire au gaz lacrymogène dès 1905, l’a d’abord utilisé contre les troupes allemandes en 1914, le gouvernement allemand a ensuite ordonné à ses soldats de riposter avec des armes encore plus toxiques.
Après la guerre, les conventions de Genève ont successivement banni ces armes dans le droit de la guerre. Par contre, l’usage à l’encontre des civils est resté légal. Dans les années 1960 les pays soi-disant communistes ont proposé une interdiction totale. Lorsqu’en 1993 la Convention sur les armes chimiques a enfin été signée on y trouve à nouveau des exceptions pour l’usage domestique du gaz.
Dafuck ?! O_O
D’après une étude de l’université de Yale, le gaz lacrymogène n’a pas seulement des effets irritants : il s’agit surtout d’un gaz neurotoxique. Ainsi, le contact avec ce gaz ne provoque pas seulement des douleurs immédiates, mais l’exposition prolongée au gaz lacrymogène peut causer des problèmes respiratoires sérieux, voire des crises cardiaques comme on peut le lire dans le Journal of the American Medical Association. Ces effets sont renforcés chez des enfants (que la police a par exemple gazés lors de la manifestation du 1er mai à Paris). Chez des femmes enceintes, il peut provoquer des fausses couches et s’avère mortel pour des personnes souffrant d’asthme ou d’autres problèmes bronchiques.
Le gaz lacrymogène peut non seulement asphyxier des adultes – comme l’atteste l’AFP – mais les tirs de gaz lacrymogène peuvent également provoquer la mort : deux cas en récents en Palestine le démontrent. Par ailleurs, le médecin Sven-Eric Jordt indique que personne ne connaît les effets à long terme de l’exposition au gaz lacrymogène, mais souligne que, dans l’immédiat, il cause des blessures significatives et cela alors que son usage par la police semble se normaliser.
En France la police l’utilise clairement de manière irresponsable : depuis le début de la lutte contre la loi travail – et sans parler de Notre-Dame-des-Landes – elle gaze à grande échelle et notamment les lycéens. Le jeudi 28 avril, elle est allée plus loin en gazant d’abord l’intérieur de la station de métro Nation pour ensuite fermer les sorties – quelques minutes plus tard, la RATP a lancé un premier appel à secouristes –, et le 1er mai elle a encerclé la tête du cortège avant de le gazer.
Quand on encercle une manif' pour la gazer ou qu'on lui fait suivre un chemin balisé (voir https://reflets.info/comment-transformer-une-manif-en-promenade-carcerale/ ), alors le droit de manifester devient une illusion.
[...]
Il existe environ quinze types de gaz lacrymogène. Alors que les producteurs donnent généralement beaucoup d’informations sur la toxicité et les conséquences potentiellement graves provoquées par leurs produits, ils sont étonnement muets concernant le comportement à adopter une fois exposé au gaz. En principe, pour s’en débarrasser il faut de l’air frais ainsi qu’un nettoyage des yeux et autres parties du corps. Cela implique de pouvoir circuler librement, chose que cette police même, qui gaze, empêche souvent. [...] Mais le fait est que, dans certaines situations, comme à Gezi, la police a fait usage de différents types de gaz : ainsi le traitement contre un type de gaz est-il susceptible d’aggraver les effets d’un autre type.
Le marché de ces armes "non-létales" est estimé à plus de 1,6 milliard de dollars, avec un fort potentiel de croissance dans les années à venir. La France figure parmi les pays qui profitent fortement de ce marché. Ainsi, dans le cadre des révolutions arabes, le gaz lacrymogène français a servi à mater la révolution de 2011 au Bahreïn et a causé la mort d’au moins trente-neuf personnes selon l’ONG Physicians for Human Rights.
Face à l’accusation de participer indirectement à des violations des droits humains, la France a officiellement arrêté de fournir des armes à la dictature au Bahreïn tout en se réservant des voies alternatives : soit en livrant à l’Arabie saoudite et aux Émirats arabes unis, alliés du régime au Bahrein – un marché qui vaut plus de trois millions d’euros – soit en vendant directement à la dictature mais sous une licence d’exportation différente. De même, le gouvernement français a autorisé l’envoi de gaz lacrymogène au dictateur Ben Ali alors que le peuple tunisien avait déjà commencé le soulèvement de 2011.
En plus des livraisons d’armement la France se considère comme un exportateur de compétences en "gestion de foules", qui forme les forces répressives étrangères. Afin de rendre crédible l’offre français en matière de répression, la France a régulièrement besoin de prouver l’efficacité de ses armes et de sa police. Dans ce contexte, l’entreprise Civipol qui vend un « véritable savoir-faire français » de conseil et des formations reconnaît que la répression des quartiers populaires de 2005 a nettement fait progresser les contrats liés au maintien de l’ordre.
En 2008, juste après la répression des émeutes au Tibet, la Chine a reçu une délégation de la gendarmerie française pour former des policiers, tout comme la France a formé la police du dictateur Moubarak en Égypte et des CRS en Afrique du Sud qui, lors de la grève à Marikana de 2012 ont tué trente-quatre ouvriers. Ainsi, les soi-disant débordements lors des manifestations contre la loi travail ne sont pas seulement organisés par l’Etat à des fins immédiatement politiques, mais ils rapportent des profits.
La pratique de la non-mixité est tout simplement la conséquence de la théorie de l’auto-émancipation. L’auto-émancipation, c’est la lutte par les opprimés pour les opprimés. Cette idée simple, il semble que chaque génération politique doive la redécouvrir. Dans les années 1960, elle a d’abord été redécouverte par le mouvement américain pour les droits civils qui, après deux ans de lutte mixte, a décidé de créer des groupes noirs, fermés aux Blancs. C’était, cela demeure, la condition
pour que leur expérience de discrimination et d’humiliation puisse se dire, sans crainte de faire de la peine aux bons Blancs ;
pour que la rancœur puisse s’exprimer – et elle doit s’exprimer ;
pour que l’admiration que les opprimés, même révoltés, ne peuvent s’empêcher d’avoir pour les dominants – les noirs pour les Blancs, les femmes pour les hommes – ne joue pas pour donner plus de poids aux représentants du groupe dominant.
Car dans les groupes mixtes, Noirs-Blancs ou femmes-hommes, et en général dans les groupes dominés-dominants, c’est la vision dominante du préjudice subi par le groupe dominé qui tend à… dominer. Les opprimés doivent non seulement diriger la lutte contre leur oppression, mais auparavant définir cette oppression elles et eux-mêmes. C’est pourquoi la non-mixité voulue, la non-mixité politique, doit demeurer la pratique de base de toute lutte ; et c’est seulement ainsi que les moments mixtes de la lutte – car il y en a et il faut qu’il y en ait – ne seront pas susceptibles de déraper vers une reconduction douce de la domination.
J'ai un raisonnement totalement foireux. Je le poste ici, comme ça quelqu'un-e pourra éventuellement me patcher.
Je suis à la fois totalement d'accord sur les avantages de la non-mixité comme base de toute lutte dominants-dominés (dans le sens où je les comprends, que ma logique et ma raison n'ont rien à y redire) et je suis aussi totalement en désaccord en cela que la non-mixité voulue par certain-e-s est l'autre facette de la non-mixité subie des autres. C'est bien deux facettes d'un même objet. Dans le cas présent, ce n'est pas grave (ou moins grave) parce qu'on exclu des dominants qui avaient bien marqué leur envie de non-mixité auparavant ? Mais ça reste de l'oppression, non ? Genre je t'attribue une catégorie (en fonction du sexe (de naissance ou d'appartenance, d'ailleurs ?), en fonction de la couleur de peau, etc.) et je présume que tu seras forcément une personne qui nuira à l'avancement de mes idées du fait de ton appartenance à cette catégorie donc je t'exclu. Moké…
Via https://twitter.com/bayartb , très probablement.
On pourrait croire que la seule façon d'accéder à l'Internet est via un FAI commercial, géré hiérarchiquement (avec directeur, plein de sous-directeurs, etc), dont les utilisateurs paient pour bénéficier de l'accès (mais sans avoir leur mot à dire sur le fonctionnement du FAI), et disposant de grands moyens financiers et techniques. C'est certainement la vision dominante et elle arrange bien les gens des médias et des gouvernements, qui se retrouvent dans une situation connue, avec un petit nombre d'acteurs « professionnels ». Heureusement, l'Internet n'est pas comme cela : c'est une confédération de réseaux très variés, certains effectivement gérés comme indiqué plus haut, mais d'autres fonctionnant sur des modèles très différents, ayant fait des choix techniques, de gouvernance et de financement très différents et très variés. Cet excellent RFC décrit et classe les réseaux « alternatifs ».
[...] Ces techniques sont en effet souvent différentes de celles utilisées dans les réseaux « officiels » (mainstream). Ces réseaux « alternatifs » visent en général des situations difficiles, comme la connexion de lieux lointains, où l'argent ne coule pas à flots. À part cela, ces réseaux n'ont rien en commun, ni leur organisation, ni leurs buts. Qu'est-ce qui motive leur création ? (Au passage, le RFC fait comme si ces réseaux « alternatifs » étaient une création récente ; certains sont au contraire aussi vieux que l'Internet.) Les raisons de ces projets sont elles aussi très diverses : absence pure et simple de FAI commercial, insatisfaction vis-à-vis des FAI officiels existants, désir d'essayer quelque chose d'autre...
[...] Le RFC (section 1.1) définit le réseau « officiel » (mainstream) ainsi :
- De grande taille, par exemple à l'échelle d'un pays,
- Gestion du réseau centralisée : tout part d'en haut,
- Gros investissements dans l'infrastructure,
- Les utilisateurs sont de purs consommateurs : ils n'ont absolument pas leur mot à dire, et, la plupart du temps, ils ne reçoivent aucune information, ils ne savent pas ce qui se passe dans le réseau qu'ils utilisent.
[...] « Réseau libre » (Free Network) : c'est un terme délicat, car politiquement chargé, mais notre RFC reprend la définition de la Free Network Foundation. Dans un réseau libre, on peut utiliser le réseau librement (la liberté s'arrêtant évidemment là où commence la liberté des autres, donc pas le droit de faire des DoS par exemple), comprendre comment il marche (pas de secrets) et on peut soi-même fournir des services au-dessus de ce réseau.
Maintenant, les cas où on déploie ces réseaux « alternatifs » (section 3 du RFC). Il y aurait actuellement 60 % de gens sur Terre sans connectivité Internet. Et la répartition est très inégale (20 % sans connexion au « Nord », 69 % au « Sud »). Parmi les facteurs qui vont intervenir :
- La disponibilité de connexions internationales (ce n'est pas tout de se connecter entre soi, il faut aussi se relier au reste du monde), et de matériel,
- Les problèmes d'alimentation électrique,
- Le contexte légal. Ici, le RFC reprend telle quelle l'idéologie répandue à l'ISOC comme quoi la régulation, c'est mal, et qu'il faut tout privatiser.
[...] Les problèmes des zones rurales sont souvent cruciaux : faible revenu monétaire, manque d'infrastructures de base comme l'électricité et les routes, densité de population réduite, manque de compétences (les techniciens compétents quittent rapidement ces zones pour aller en ville), etc.
[...] D'abord, quelle organisation gère le réseau ? Un groupe plus ou moins formel d'utilisateurs ? Une collectivité publique ? Une société privée ? Un organisme de recherche ou d'enseignement ? (En France, on aurait ajouté « Une association loi 1901 ? »)
Second critère de classification, le but de la création de ce réseau : fournir un accès qui n'existerait pas du tout autrement ? Fournir une alternative bon marché ? Expérimenter et tester ? S'attaquer à d'autres problèmes de fracture numérique (comme la littératie numérique) ? Fournir un accès d'urgence suite à une catastrophe ? Ou bien un but plus politique, par exemple des mécanismes de gouvernance différents, une approche davantage « bien commun » ? Ou fournir un accès libre et neutre, contrairement à ce que font la quasi-totalité des FAI ? (Ce dernier point est présenté de manière très modérée dans le RFC qui, globalement, évite de parler des choses qui fâchent, comme la politique.)
Bien sûr, un réseau alternatif peut avoir plusieurs de ces mobiles. Et ceux-ci peuvent être plus ou moins explicites, et ils évoluent dans le temps. Le réseau Redhook avait commencé plutôt comme outil local, avant de devenir le seul réseau à fonctionner après Sandy.
Un autre critère, proche du premier, est celui du modèle de gouvernance : très ouvert, avec une participation active des utilisateurs, ou bien plus traditionnelle, avec une organisation centrale qui s'occupe de tout ? (On peut avoir un réseau qui est la propriété d'un groupe d'utilisateurs mais qui, en pratique, est géré par une petite organisation structurée.)
Autre critère, qui va plaire aux techniciens, quelles sont les techniques employées dans ce réseau ? Wi-Fi traditionnel ? Wi-Fi modifié pour les longues distances (WiLD) ? WiMAX ? Espaces blancs de la télévision (cf. RFC 7545) ? Satellite comme dans le projet RIFE ? Voire des fibres optiques terrestres ?
Enfin, dernier critère de classification, le contexte : zone rurale ou urbaine, Nord ou Sud.
[...] Première catégorie, les réseaux d'un groupe local (community networks). Géré par un groupe de citoyens proches, ils ont typiquement un fonctionnement très ouvert et participatif. Leur croissance est en général non planifiée et non organisée : les premiers membres se connectent puis d'autres volontaires les rejoignent. Le mécanisme de décision est la plupart du temps très décentralisé. En général, ils utilisent le Wi-Fi et chaque membre contribue donc à la croissance du réseau « physique » sous-jacent.
Seconde catégorie, les WISP (Wireless Internet Service Providers). Cette fois, le réseau est géré par une société traditionnelle, mais il est « alternatif » par le public visé (typiquement des régions rurales mal desservies, où l'infrastructure est minimale, et où les FAI traditionnels ne vont pas). [...]
Troisième catégorie de réseaux alternatifs, l'infrastructure partagée (Shared Infrastructure model). L'infrastructure du réseau est partagée entre un opérateur traditionnel et les utilisateurs. C'est le cas lorsque les utilisateurs détiennent le matériel (par exemple femtocell) mais que la gestion est assurée par un FAI. Les utilisateurs sont payés, soit directement par le FAI qui leur loue l'infrastructure, soit indirectement par l'accès à l'Internet qu'ils obtiennent via ce FAI. Dans pas mal de régions rurales dans le monde, la 3G a été déployée ainsi, via les femtocells. Prévue à l'origine pour fournir une meilleure couverture dans les bâtiments, cette technologie peut aussi être utilisée pour fournir des accès aux téléphones mobiles sans que l'opérateur ait eu à supporter de gros investissements.
Autre catégorie possible, les approches « foule de volontaires » (Crowdshared approaches) où des utilisateurs qui ne se connaissent pas forcément mettent la main au portefeuille pour participer à un projet commun, qui sera géré par une une société ou par eux-mêmes. Typiquement, les utilisateurs mettent à la disposition de tous une partie de leur capacité réseau, et l'entité qui gère le réseau est une simple coordination, elle ne possède rien. [...]
Il y a aussi des réseaux montés par des coopératives en milieu rural, ce qui forme la cinquième catégorie identifiée. Ce genre de coopératives fournissant un service local est courant et ancien. Le RFC cite l'exemple des États-Unis où l'électricité en milieu rural est souvent fournie ainsi, et ce depuis les années 1930. [...]
Enfin, dernière catégorie de réseau alternatif, ceux créés à des fins de recherche. Par exemple, le réseau est créé par une université pour explorer une technique et/ou des usages [...]
[...] Le cas de réseaux filaires est rare mais existe (comme à Lowenstedt ou dans certains endroits de Guifi.net). La plupart du temps, les réseaux alternatifs utilisent l'hertzien. Les normes techniques en œuvre sont en général celles du groupe IEEE 802.
La plus connue est évidemment Wi-Fi (802.11). Mais on trouve aussi du GSM (une norme ETSI) par exemple dans un village mexicain ou dans le projet Village Base Station. Il y a même du GSM en logiciel libre, dans les projets OpenBTS ou OpenBSC. Ces projets sont en train de migrer vers des technologies plus rapides (mais, ce que le RFC oublie de dire, bien moins libres, notamment car pourries de brevets) comme la 4G.
[...] D'abord, la couche 3. La plupart des réseaux n'utilisent qu'IPv4 et, ne pouvant pas obtenir suffisamment d'adresses IP des RIR sans gros efforts, se limitent aux adresses IP privées du RFC 1918. (Avant l'épuisement des adresses IPv4, obtenir des adresses des RIR était plus simple que beaucoup de gens ne le croyaient, mais il fallait quand même se taper une bureaucratie complexe et des règles difficiles.)
Pour le routage, les choix dépendent souvent de la structure du réseau alternatif. Certains sont de type mesh, avec peu ou pas d'autorité centrale, d'autres sont plus structurés. Il y a donc des protocoles de routage traditionnels comme OSPF (le RFC cite aussi BGP, ce qui me surprend pour un réseau alternatif). [...] Mais il y a aussi des protocoles prévus pour des réseaux moins structurés, comme ceux utilisés dans les MANET. On peut trouver de l'OLSR (RFC 3626), parfois dans des versions modifiées (ce qui est le cas de http://olsr.org/), ou parfois sa récente version 2 (RFC 7181). D'autres réseaux utilisent du BATMAN. Le RFC cite l'excellent Babel (RFC 6126) mais n'indique pas s'il est très employé sur le terrain (il semble moins connu, dans un milieu où l'information circule mal).
[...]
Enfin, les utilisateurs ne s'intéressent typiquement qu'à une seule chose, les services, et il est donc utile de se demander ce que ces réseaux alternatifs proposent. Il y a bien sûr tous les services de base, notamment le Web. Certains services très répandus (vidéo haute définition, par exemple), peuvent être très coûteux pour les ressources souvent limités du réseau alternatif. Leur utilisation peut donc être restreinte. Et il y a aussi des services spécifiques des réseaux alternatifs : des VPN comme IC-VPN, des portails d'intérêt local comme Tidepools, des télévisions ou radios locales, des systèmes de relais de VoIP pour permettre des appels bon marché, des réseaux de capteurs permettant de la citizen science, etc.
Là bas, sur le bord de la Loire, dans les usines réaffectées des anciens chantiers navals, les équipes de l’association PING se basent exclusivement sur des logiciels libres pour piloter les machines qui permettent aux membres de fabriquer leurs propres objets, dont ils diffusent les plans et les améliorations sur un wiki dédié. Une machine de découpe laser importée de Chine a un firmware propriétaire (pardon, « privateur ») ? Le circuit électronique est immédiatement remplacé par une version libre. Besoin d’une grande fraiseuse à commande numérique ? Elle est faite maison, et la conception est partagée. Une imprimante 3D ? Surtout pas de machines MakerBot, mais uniquement du RepRap.
[...]
La valeur reste très au dessus de sa passion pour l’informatique, qui ne l’enchante plus. « Plus rien ne me fait rêver dans la technologie », me confie-t-il sans aucune hésitation. « J’ai peur des avancées techniques. Parce que je sais que sous la ploutocratie, la tendance est que chaque changement technique amène des injustices et de l’oppression. Par exemple, à plus de flicage ».
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Par exemple, l’intelligence artificielle reflétée par des assistants comme Cortana, Siri ou Google Now. « Pour l’instant c’est complètement injuste, parce qu’elle s’offre comme un service. Il ne faut jamais utiliser un service géré par un autre pour faire ton informatique propre à toi. Le problème c’est que les entreprises qui les développent ne publient pas le code. Ils gardent les programmes, ils ne distribuent ni le code source ni le code exécutable. Ils s’exécutent directement sous le contrôle du propriétaire. Les utilisateurs doivent envoyer toutes leurs données personnelles à traiter. Ça flique ».
Sauf que tu ne peux pas savoir tout faire ni avoir le temps de tout faire toi-même. L'externalisation est une question de confiance et de processus démocratiques ouverts. Je pense aux FAI asso, aux AMAPs, aux hébergeurs associatifs, etc.
Pour se remettre à rêver, « il faut un changement politique dans notre société », analyse-t-il. « Il faut enlever le pouvoir des entreprises et des riches. Il faut leur ôter le pouvoir de bloquer les lois qui sont nécessaires, mais incommodes pour eux. Il faut détruire le pouvoir des banques ». Sous un autre système politique, « qui respecterait et protégerait les libertés, les nouvelles technologies n’auraient pas la tendance à opprimer ».
La veille, Richard Stallman était en Grèce, où il voit des « politiques économiques calculées pour imposer toujours plus de pauvreté ».
Néanmoins, l’inventeur du logiciel libre n’est pas un révolutionnaire. Il veut encore croire au capitalisme, et à la démocratie élective. Changer l’élection pour un tirage au sort, comme c’est parfois suggéré, « c’est idiot », en tout cas trop risqué. « Il faut ajouter de la démocratie directe. Je trouve que le système suisse doit être un modèle, il fonctionne nettement mieux. Voilà un système capable de fonctionner. Je ne comprends pas pourquoi tant de gens imaginent que la pure démocratie directe serait la solution ».
[...]
Refusant toute technologie qui traque, Richard Stallman rejette donc les téléphones mobiles (même sous Firefox OS), et ne paye presque jamais par carte bancaire. « J’ai une carte que j’utilise uniquement pour réserver mes billets d’avion. Sinon, je paye en liquide. Si je louais une voiture, j’utiliserais ma carte de crédit, seulement parce que les loueurs exigent de voir le permis de conduire, et donc de voir mon identité. Donc dans ce cas, c’est inutile de refuser de payer par une carte. Mais pour acheter des produits, je le fais uniquement anonymement ».
Sauf la carte bleue ajoute deux intermédiaires qui ont l'information "rms a effectué une location tel jour à telle heure chez tel loueur de véhicules" : le réseau Visa (ou MasterCard ou…) et la banque de rms. La justification est donc vaseuse.
« Pour moi ce n’est pas un sacrifice. C’est le refus de me rendre à l’injustice, c’est le refus d’être maltraité. Pour moi, accepter le flicage serait le sacrifice. Le refuser, c’est mon devoir de citoyen. Et puis l’idée d’être suivi partout et écouté partout est horrible, odieuse ».
Quand il navigue sur internet avec son ordinateur portable, Stallman passe donc toujours par une méthode d’anonymisation. « Le réseau Tor a mon adresse IP, mais ça ne change rien. Les sites auxquels je me connecte n’ont pas mon adresse IP, jamais ».
[...] La concentration de "populations à problèmes " (c’est-à-dire de pauvres et d’immigrés) dans des territoires nommés " quartiers sensibles " est en effet présentée comme la source de tous les maux. Et à ce diagnostic est souvent opposée une solution-miracle : la "mixité sociale". Le texte qui suit propose une analyse critique de la mise en oeuvre concrète de cette politique, mais aussi de ses présupposés et de ses effets idéologiques
La politique publique de lutte contre les "ghettos " et de promotion de la "mixité sociale" telle qu’elle est aujourd’hui concçue n’a jusqu’à présent rien produit de miraculeux. Tout d’abord parce que, depuis de nombreuses années, des municipalités et des organismes de logement social se sont emparés de la notion de "mixité sociale" pour en faire un usage très contestable : à savoir contrôler et sélectionner leur population, en cherchant à écarter les plus pauvres, les étrangers ou certains "immigrés". Mais c’est plus généralement sur les présupposés des politiques visant à une répartition " équilibrée " des populations qu’il faut s’interroger.
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Ces différentes logiques convergent vers une même conclusion : il faut freiner l’arrivée dans le logement social des populations les moins " désirables " - c’est-à-dire des familles les plus pauvres, les plus précaires, les plus nombreuses et les plus "ethniquement différentes". Cependant, les choses ne peuvent pas se dire aussi ouvertement, car la sélection des locataires en fonction de leur origine reste, aux yeux de la loi, une discrimination [1]. Il faut donc parler à mots couverts, ce que permet justement le terme de " mixité sociale ".
En effet, le "ghetto" apparaît souvent comme un faux problème, qui occulte la véritable urgence : la lutte contre la pauvreté. Car, au lieu de mener une politique économique et sociale permettant de la supprimer - ou au moins de la réduire - , les gouvernements, y compris de gauche, se contentent désormais d’accompagner et de gérer la misère, en se contentant de " mieux " la répartir, de manière plus " harmonieuse ", " équitable " et " équilibrée ". Cette nouvelle orientation de la gauche se trouve tout entière résumée dans une affiche des Verts placardée sur les murs de Paris lors des élections municipales de 2001 : " Mixité. La diversité sociale est une richesse ". Ce qui revient, strictement, à dire ceci : " qu’il y ait des riches et des pauvres, c’est formidable ".
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Et ce qui a finalement disparu du débat public, c’est l’idée simple de construire en quantité suffisante des logements sociaux dans toutes les communes, riches ou pauvres, de manière à ce que les personnes puissent elles-mêmes choisir leur lieu d’habitation. Quitte à ce que, si des logiques sociales aboutissent à des regroupements des populations les plus précaires, on développe davantage de services sociaux à l’endroit où elles se sont regroupées. Déplacer l’argent plutôt que déplacer les populations : n’est-ce pas la solution la plus juste et la plus respectueuse des habitants ?
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Or, cela ne va pas de soi : si certains habitants manifestent effectivement leur désir de quitter leur " cité " et d’aller " voir ailleurs ", de nombreux autres n’ont aucune envie de s’installer à Neuilly ou au Raincy. Être pauvre au milieu des riches n’est pas nécessairement plus agréable, plus épanouissant ni plus émancipateur que vivre pauvre au milieu d’autres pauvres. En tout cas pas pour tout le monde.
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D’un côté, la logique dominante : celle des " politiques de peuplement ", imposant tantôt le regroupement dans des " ghettos ", tantôt la dispersion et la " mixité ". Dans cette perspective, on considère que la garantie de l’ordre public, rebaptisé " intérêt général ", passe par une répartition " équilibrée " des individus et des groupes sociaux dans l’espace. Ces " politiques de peuplement ", tout comme les politiques de " maîtrise des flux migratoires ", sont avant tout des politiques de contrôle social.
De l’autre : une logique véritablement démocratique, qui s’abstient de trancher entre mixité et regroupement, et qui laisse aux habitants eux mêmes le soin de choisir leur lieu d’habitation. Dans cette perspective, le peuplement cesse d’être un objet de politique publique ; il s’agit, plus simplement, de réfléchir aux modalités d’une politique de construction de logements sociaux partout sur le territoire, permettant aux habitants eux-mêmes de faire leurs choix.
Cet article date de plus de 10 ans mais la mixité sociale en matière de logement est encore au goût du jour de la loi Égalité et Citoyenneté, voir http://shaarli.guiguishow.info/?yKeokA . Du coup, se demander de quelle mixité parle-t-on, c'est toujours d'actualité.
Les logements sociaux sont un palliatif à des vraies politiques publiques économiques et sociales. Simplement parce qu'aucun logement social ne peut être physiquement construit dans les vieux bourgs des villes, là où t'as les belles baraques des gens fortunés. Du coup, tu ne verras jamais un pauvre ici. Et c'est bien là le problème : pourquoi ce pauvre est-il pauvre ? Le reste n'est qu'un écran de fumée.
