Le dossier porte d’abord sur le plan Marco Polo, nom de code de la fermeture progressive d’un site marseillais. Politis s’appuie sur un listing de 45 salariés, « fichés par les ressources humaines et progressivement poussés vers la sortie ». Ce fichier nominatif répertorie les situations des salariés et les méthodes envisagées, comme « dossier à construire pour faute » ou « clause mobilité ».
Les journalistes ont également vu des mails montrant que les DRH sont conscients du risque de requalification en PSE (plan de sauvegarde de l’emploi) ; en conséquence ils veulent éviter des ruptures conventionnelles « pour ne pas créer de doutes sur l’hypothèse d’un plan social économique déguisé ».
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Diverses pratiques de harcèlement ont été utilisées : « Détérioration des conditions de travail, isolement physique et moral, demandes floues et répétées suivies de reproches, jeu sur la mobilité... » Un ancien cadre marseillais raconte que « ils nous faisaient déplacer le dimanche sans nous payer, nous ont fait monter à Paris pour une demi-heure de formation : c’était ridicule ! »
Giorgio Mariani reconnaît avoir participé à « une machine à broyer » et a fini par craquer après avoir « jeté avec une misère » une ingénieure « qui n’avait rien à se reprocher », « broyée psychologiquement ». Il a alors appelé la CFDT et dévoilé le plan Marco Polo. Après un arrêt maladie, il est à son tour licencié pour faute grave, ne pas avoir déclaré son appartement de fonction – il finit par obtenir gain de cause en appel en mars 2015.
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Ce plan marseillais a réussi à obtenir la plupart des départs souhaités, rapporte Politis, qui a aussi eu accès entre autres documents internes de Free à :
« Un tableau extrêmement détaillé, évaluant les pertes aux prud’hommes en comparaison de ce qu’aurait coûté un plan de licenciement conforme à la loi. Le résultat est sans appel : économiquement, mieux vaut harceler, licencier et être condamné que respecter la loi. »L’hebdomadaire présente ensuite les conditions de travail dans les centres d’appels, « les Germinal des temps modernes » selon un avocat, Me Lecanet, « qui a eu maille à partir avec le groupe » ; le turn-over y serait particulièrement élevé, 44% du personnel ayant quitté son poste en 2014 dans quatre des cinq centres d’appels du groupe (les chiffres du cinquième, à Marseille, ne sont pas connus) [...]
L’hebdomadaire présente ensuite les conditions de travail dans les centres d’appels, « les Germinal des temps modernes » selon un avocat, Me Lecanet, « qui a eu maille à partir avec le groupe » ; le turn-over y serait particulièrement élevé, 44% du personnel ayant quitté son poste en 2014 dans quatre des cinq centres d’appels du groupe (les chiffres du cinquième, à Marseille, ne sont pas connus)
Plusieurs cas sont cités dans le dossier, comme le licenciement de quatre conseillers d’une boutique parisienne [...] ou encore le renvoi d’un manager de centre d’appels, très apprécié, qui se voit convoqué à un entretien préalable de licenciement alors qu’il était sur le point d’être nommé délégué syndical – malgré son statut de ce fait de salarié protégé, selon un courrier de l’inspection du travail vu par Politis.