En juin 2023, Basta m'a envoyé 7 emails dont 5 appels au don et 2 alertes d'actualité.
J'ai communiqué l'adresse emails utilisée en 2018, dans le cadre d'un don spontané, afin de le gérer, de le sécuriser, etc. Dans ce contexte, la conserver 5 ans pour l'insérer dans des newsletters en 2023 (5 ans plus tard !) est excessif.
J'ai été inscrit à 3 newsletters, dont 2 (« nouvelles de l'équipe » et « nos grandes enquêtes ») sans rapport avec mon don de 2018 et les finalités y attenantes (sécurité, gestion, etc.). Il y a donc détournement de finalité. De plus, lors de la collecte de mon adresse emails, en 2018, donc, je n'ai pas consenti ni été informé, ce qui invalide les deux seules bases légales compatibles avec ce traitement que sont le consentement et l'intérêt légitime (qui suppose l'information lors de la collecte et un moyen de s'y opposer, y compris avant le début du traitement, donc avant de recevoir une quelconque newsletter). Donc le traitement est dénué de base légale.
Ces emails contiennent des liens et des images de traçage.
Ces emails contiennent des images diffusées via le CDN de Cloudflare, une police de caractères diffusée par le service Fonts de Google, et les images de traçage et les pages web de redirection des liens de traçage sont hébergées chez Google (GCP ?). Il y a donc transferts illégaux de données personnelles en dehors de l'UE.
Du coup, hop, réclamation déposée à la CNIL.
Bonjour,
Entre le 05/06/2023 et le 28/06/2023, le journal Basta (https://basta.media/) m’a envoyé 7 emails dont 5 appels au don et deux « alertes ».
Premier grief. Depuis février 2020, je suis connu de Basta sous une autre adresse emails (avec un délimiteur / tag). Cela signifie que les emails référencés ci-dessus ont été envoyés à une adresse emails collectée par Basta en janvier 2018 dans le cadre d’un don spontané. Dans un tel contexte, les finalités possibles sont limitées (sécurité du dispositif de don ou gestion administrative du don – notamment émission d’un reçu fiscal –). À leur regard, conserver cinq ans une adresse emails est excessif, surtout pour la réutiliser dans le cadre d’un appel au don. La politique de confidentialité de Basta (https://basta.media/politique-de-confidentialite) n’informe pas sur la durée de conservation. Compte-tenu que je n’avais pas reçu d’email jusque-là, il est très probable que les newsletters aient été créées récemment (il est peut courant qu’une newsletter soit constituée mais pas utilisée).
Deuxième grief. Les liens de désinscription contenus dans les emails m’apprennent que je suis inscrit à trois newsletters (cf. PJ 2) : « appels aux dons », « nouvelles de l’équipe » et « nos grandes enquêtes » (qui, a priori, se traduit par des emails d’alerte). Je n’y ai pas consenti et je n’en ai pas été informé (au moment de la collecte de mon adresse emails, mon intention était de faire un don sans suite). Ces carences invalident les deux bases légales applicables au démarchage (entre guillemets), le consentement et l’intérêt légitime. Mon inscription à au moins deux de ces trois newsletters est donc dénuée de base légale.
Troisième grief. Si j’ai communiqué mon adresse emails lors d’un don en 2018, c’est pour des finalités attenantes (sécurité du dispositif, éventuellement recevoir un reçu fiscal, etc.), pas pour recevoir des « nouvelles de l’équipe » ni des « alertes » sur un débat imminent (email du 08/06) ou des informations exclusives (email du 28/06). Il y a donc un détournement de finalité.
Quatrième grief. Ces emails contiennent, sans raison valable, des liens et des images de traçage (cf. votre terminologie https://www.cnil.fr/fr/nouvelles-methodes-de-tracage-en-ligne-quelles-solutions-pour-se-proteger) :« 9tcmw.r.a.d.sendibm1.com/mk/op/[…] », « 9tcmw.r.a.d.sendibm1.com/mk/cl/[…] », etc. Ces liens et images de traçage ne sont pas conformes au RGPD selon le CEPD (section V de WP 118) et vous-même. Basta n’est pas soumis à une quelconque obligation légale, ni à une quelconque nécessité pour l’exécution d’un contrat, ni à une quelconque obligation technique de procéder à ce traçage. Le lecteur de Basta n’est pas informé et ne consent pas à ce traitement.
Cinquième grief. Ces emails contiennent des images rédactionnelles telles des icônes de réseaux sociaux ou des éléments de style (« 9tcmw.img.a.d.sendibm1.com/im/ », par ex.) qui sont diffusées, par le prestataire emailing de Basta (Brevo, ex-Sendinblue), via le CDN de la société commerciale états-unienne Cloudflare. De même, les emails font télécharger une police de caractères auprès du service Fonts de la société commerciale états-unienne Google. Les images de traçage et les redirections web des liens de traçage sont hébergées chez Google (GCP ?) par Brevo (ex-Sendinblue, le prestataire emailing de Basta). À l’ouverture de l’email par le lecteur de Basta, toutes ces images sont téléchargées automatiquement. Il y a donc transferts illégaux de données personnelles (adresse IP du lecteur de Basta, empreinte de son logiciel de messagerie, etc.) vers un État tiers non adéquat. Idem lors du clic sur un lien.Ces transferts de données personnelles sont illégaux au sens des articles 44 et suivants du RGPD (Schrems II, votre mise en demeure du 10 février 2022 portant sur Google Analytics, décision de l’APD autrichienne du 22 avril 2022 portant sur Google Analytics, etc., pour un argumentaire détaillé, je vous renvoie à mes précédentes réclamations CNIL toujours en cours de traitement). La politique de confidentialité de Basta (https://basta.media/politique-de-confidentialite) ne les mentionne pas, donc elle met en œuvre aucune mesure complémentaire.
Aux dates des emails, la Commission européenne n’avait pas adopté le Data Privacy Framework.
Je sollicite l’intervention de la CNIL afin qu’elle mette un terme aux infractions au RGPD référencées dans la présente, et qu’elle sanctionne Basta.La procédure de désinscription des newsletters de Basta étant fonctionnelle (à ce jour), la présente n’est pas une demande d’appui de la CNIL à une demande d’opposition ou d’effacement.
Je vous rappelle l’arrêt TS 1039/2022 dans lequel le Tribunal Supremo espagnol a confirmé que l'exercice des droits (accès, opposition, etc.) n'est pas un pré-requis au dépôt d’une plainte auprès d'une APD en cas de violation du RGPD et qu'une APD peut donc agir même si la personne physique concernée par un traitement de données personnelles n'a pas (encore) fait valoir ses droits auprès du responsable du traitement en question.
Bonne semaine.
Mon problème : je cuisine (pour le dire vite) depuis septembre 2019 et j'ai endommagé 4-5 poêles sur la période. Par endommager, je veux dire ça (attention, photos). (J'ai pris soin que la compression jpeg n'alterne pas la vérité.)
Historique :
Détails :
Usages :
Feux : plaque de cuisson électrique en vitrocéramique.
Nettoyage : après la cuisson, je dépose la bouffe dans l'assiette puis je mets les poêles dans un évier rempli de flotte et de liquide vaisselle. Je les nettoie soit après manger, soit, la plupart du temps, plusieurs heures après. Parfois (souvent), la poêle du midi (numéro 3) reste dans la flotte jusqu'au soir (pourtant, c'est la vis de la poêle numéro 4 qui a "rouillé"…).
Hypothèses :
Question bonus : comment concilier le fait qu'il faut frotter l'intérieur d'une poêle lorsqu'on la nettoie avec l'impératif de ne pas détériorer son revêtement ? Comme dit, je n'ai pas frotté la poêle numéro 2 comme un bourrin ni utilisé une éponge abrasive, et pourtant…
Si t'as des réponses, des conseils ou d'autres hypothèses, je prends.
J'ai découvert Gee via son blog Grise Bouille, notamment les BD satiriques sur un thème d'actualité. Il publie aussi des BDs de vulgarisation scientifique, de pinaillage sur le vocabulaire, et des BDs qui mixent fantasy et lutte des classes que j'apprécie énormément.
Tout est publié sous licence libre, à prix libre (qui peut être 0), et avec une transparence sur la décomposition des prix.
J'ai voulu remercier l'auteur et me procurer son roman Working Class Heroic Fantasy au format papier. Donc un don d'un côté et un téléchargement + impression de l'autre ne m'intéressait pas. Mais, recevoir un colis pour un seul livre est quand même bien boarf. J'ai donc aussi commandé les cinq recueils de Grise Bouille (l'auteur me montrerait lui-même les différents pans de son art) et Les aventures inutiles de Superflu.
Ci-dessous, un inventaire des BDs que j'ai appréciées et que je n'ai pas déjà shaarliées.
Un rentier (héritier d'un château) décide de combattre le crime avec son assistante envoyée par Pôle emploi… dans un bled paumé français dénué de toute délinquance.
Ça détend, ça fait parfois pouffer de rire, sans être l'éclate totale non plus, mais c'est très court (43 pages).
P.-S. : j'ai lu ces livres en 2022.
‒ Bravo les jeunes ! C'est bien, vous avez pigé qu'il fallait pas compter sur nous ! Allez, bon effondrement climatique !
Source : https://grisebouille.net/dessins-de-presse-2022-09/ / https://editions.ptilouk.net/presse2022/.
Un dessin reprenant cet angle a également été publié par Fakir.
Source : https://grisebouille.net/dessins-de-presse-2022-10/ / https://editions.ptilouk.net/presse2022/.
(Parle à un lion) ‒ J'vous fais confiance, hein ! On arrête de bouffer des gazelles !
Voir aussi le premier dessin.
Source : https://grisebouille.net/dessins-de-presse-2022-10/ / https://editions.ptilouk.net/presse2022/.
Là encore, un grand moment de 2022. Entretiens expéditifs, absence de qualification, etc. En même temps, y'a pas besoin de grand-chose quand l'ambition nationale c'est école privée pour ceux qui ont les moyens financiers (+60 % en dix ans dans le supérieur) et garderie / contrôle social pour les autres. (Je parle de la privatisation rampante comme si c'était une alternative, mais c'est la même merde que le public : garderie, contrôle social, constitution d'un réseau social rentable, etc.)
Source : https://grisebouille.net/dessins-de-presse-2022-07-08/ / https://editions.ptilouk.net/presse2022/.
Voir aussi « Bruno Le Maire est très fier de son col roulé qui lui permet d'inviter les pauvres à baisser le chauffage ».
Tout ça pour une pénurie d'énergie à l'hiver 2022 qui n'a pas eu lieu parce que les travailleurs ont résolu le problème, comme d'hab' (c'était prévisible : évidemment qu'on allait accélérer le carénage des centrales nucléaires quitte à laisser des défauts sans risque).
Mais qu'est-ce que ça avait bien bourré le mou de partout sur la thématique "olalala coupures de courant à prévoir cet hiver ayez peur", même les journaux les moins débiles… Les sociétés commerciales et les administrations ont pondu des plans de continuation de l'activité… ÉDIT DU 04/08/2023 À 20 H 18 : je me souviens également du baromètre ÉcoWatt diffusé sur les chaînes de TV et via une application mobile conçue alors. FIN DE L'ÉDIT. Tout ce temps, cette énergie, et ce pognon gaspillés…
On a remis le couvert y'a quelques mois avec une prétendue pénurie généralisée d'eau cet été… Ceci est l'humain au summum de son intelligence.
Source : https://grisebouille.net/dessins-de-presse-2022-07-08/ / https://editions.ptilouk.net/presse2022/.
Dernier livre du Comité invisible après L'insurrection qui vient et À nos amis. On est toujours sur un livre qui distille une doctrine révolutionnaire, mais il comporte un poil plus de "solutions" (toujours aussi abstraites, et qui supposent d'embrasser le courant de pensée de la destitution) que le précédent.
Le bouquin commence par un constat amer (certains diront qu'il s'agit d'apitoiement) : il ne sert plus à rien de critiquer, de révéler, de donner mauvaise conscience, etc. car l'adversaire est déjà une caricature de lui-même, tout et son contraire en alternance, et pourtant, il tient bon ; la confusion actuelle permet de retarder la bataille, mais la défaite est déjà là ; il n'y a plus d'unité ni nationale ni internationale (les COP illustrent que ça sera chacun pour soi) ; une assemblée (nationale ou Nuit Debout) reproduit au niveau collectif le problème de la prise de décision à l'échelle individuelle : absence de Moi conscient, souverain et cohérent en tout temps, d'où le cirque / théâtre plutôt que l'action ; vouloir de la politique partout, même dans une banale association, c'est tout transformer en une société de Cour, et il y aura toujours quelqu'un pour se prendre pour le Roi Soleil (on retrouve ici la destitution) ; l'espoir, c'est la lâcheté d'attendre quelque chose (des moyens ou que les choses soient autrement) en déclarant ne pas avoir prise dessus, donc c'est avouer son impuissance et retarder sa prise de position (n'est-ce que ce que fait le Comité, attendre ? Attendre la maturation simultanée des esprits, attendre qu'une idée insurrectionnelle grandisse en chacun ‒ en rédigeant des livres intello-branlette ‒, attendre qu'une harmonie spontanée et enchantée fleurisse ?).
Quoi faire ?
Divers :
Baratin :
P.-S. : j'ai lu ce livre début 2020, après avoir visionné une entrevue de jz.
Deuxième livre du Comité invisible après L'insurrection qui vient et avant Maintenant, qui distille une doctrine révolutionnaire basée sur une analyse du monde et des récents mouvements sociaux défaits (comme le mouvement des places).
Comme pour le premier tome, on retourne dans du pompeux, de l'abstrait à outrance, et de la grandiloquence. L'intello-branlette parle à l'intello-branlette. Morceaux choisis : "le local existe uniquement par contraire du global, car c'est quand on a été privé d'un attachement qu'on souhaite le retrouver" ; "la terre rend possible l'existence du peuple, le peuple donne du sens à la terre" ; "on n'est pas libre, on est, tout simplement. Se dire libre, c'est avoué être lié à une réalité qui nous dépasse", "la détox technologique est une sottise car l'expérience est avant tout vécue comme une projection mentale du moment de la reconnexion, donc ça sert à rien" ; etc.
Pour comprendre les parties les plus arides du bouquin, qui sont les mêmes que celles de L'insurrection qui vient, il faut situer le Comité dans le courant de pensée de la destitution. Celle-ci a deux sens :
Partant de là, on arrive à plusieurs des idées défendues dans ce bouquin : les mouvements sociaux des places (type Nuit Debout, mais ça existait avant en Espagne) sont voués à l'échec ; nous ne devrions pas articuler nos causeries sur les institutions à instaurer mais sur la forme de vie désirable (l'intendance suivra…) ; l'insurrection doit grandir en chacun (sinon la tête qui dépasse sera retournée contre le mouvement par le pouvoir en place, cf. IRA entre 1969 et 1972) ; les liens affectifs sont supérieurs à ceux codifiés (syndicat, parti, etc.) ; il n'y a pas à gérer les biens communs, juste à partager un rapport commun à ce que l'on ne veut pas s'approprier ; il y a des formes (langage, amour, habitudes, etc.) dans ce qui vit, donc il est inutile de les codifier, la vie elle-même est institution ; on ne gère pas la vie, on ne gouverne pas, on devine (sic) ce dont un groupe humain ou une période a besoin pour se développer ; la démocratie est l'expression d'une angoisse : celle qu'advienne quelque chose en dehors de toute procédure prévisible, qu'un événement nous dépasse, etc. ; il ne faut ni hégémonie ni organisation, juste « l'intelligence de la situation » pour trouver des solutions aux obstacles. Bref, tout s'organiserait par magie.
Je ne crois pas à cela. Tout groupe social a des formes institutionnelles, sauf peut-être de très petits groupes extrêmement homogènes qui peuvent se réguler par un « on se comprend ». Pour le reste, il y a toujours des règles (y compris implicites), un cadre, un substrat commun, etc.
Reproches adressés aux mouvements des places (type Nuit Debout, qui, même s'il n'avait pas eu lieu à la sortie de ce livre, prendra sa dose dans Maintenant) :
Fragments de stratégie révolutionnaire :
Le chapitre sur le numérique est à la fois intéressant et navrant :
Divers :
P.-S. : j'ai lu ce livre à la fin de 2019, après avoir visionné une entrevue de jz.
Le point de départ de ce livre est la note de désirabilité que Tinder aurait attribué à ses clients (on en apprendra rien, l'auteure n'a pas réussi à en savoir plus ni à récupérer la sienne via l'exercice de son droit d'accès RGPD), puis il s'élargit autour d'une prise de conscience que notre manière de consommer l'amour engendre des conséquences néfastes dont nous sommes tous responsables, avant de présenter quelques-uns des algorithmes potentiellement utilisés par Tinder (je divulgue : le fameux document de 27 pages qui « contient de quoi faire trembler Tinder » annoncé dans la 4e de couverture n'est que l'un des brevets rachetés par la marque, rien de neuf ni de transcendant).
Consommer l'amour et turpitudes :
Les sites web de rencontre transforment l'amour en marché économique sur lequel les femmes veulent l'exclusivité afin de se sentir aimées, d'où elles privilégient la qualité (en ne remplissant pas leur profil ? :)))) ), alors que les hommes veulent se mettre en avant par leur nombre de conquêtes, et privilégient donc la quantité. Ce cliché… Source : la sociologue Eva Illouz. J'ajoute que la dernière enquête sur la sexualité des Français confirme ce biais. Mais, puisqu'il s'agit d'un marché, d'une construction sociale, cela signifie que la dèche amoureuse est socialement construite par une société humaine, comme l'est la pauvreté (cf. Marx). Étrangement, l'auteure s'étonnera par ailleurs que Tinder Gold (boost du profil) est une solution mercantile à un problème de visibilité induit par le classement algorithmique de Tinder… Oui bah, comme d'hab, le capitalisme vend un problème et sa solution ;
Turpitudes de l'auteure :
Techniques brevetées de mise en relation :
Divers :
P.-S. : j'ai lu ce livre en 2020 et je l'ai pris en compte pour rédiger mon avis sur les sites web de rencontres amoureuses.
Un livre écrit par Isabelle Attard, ancienne députée 2012-2017 EELV puis Nouvelle Donne (apparenté écolo) qui avait fait le pont avec les défenseurs des libertés à l'heure du numérique (exemple) avant d'exposer ses désillusions sur notre système démocratique (regarder ça et/ou ça).
Elle ambitionne de réhabiliter le mot anarchie en nous le faisant découvrir progressivement à travers un résumé de son parcours intellectuel et politique. Ce bouquin n'est pas une autobiographie.
Définitions :
Le déjà-là anarchiste :
Mon avis : c'est toujours les quelques mêmes exemples qui reviennent. Or, ils se placent chacun dans un contexte éco / géo / politique particulier (zone de guerre, absence de matières premières, etc.), une temporalité éphémère ou courte, et à une échelle micro-locale (donc l'intégralité de la division du travail n'est pas assumée, donc le développement sera limité). Pas sûr que ce soit transposable… Le Chiapas permet à Coca-Cola d'extraire 100 millions de litres d'eau par an… alors que 12 millions d'habitants n'ont pas accès à l'eau potable (source), donc on est loin de l'égalité et de l'indépendance.
Parcours politique d'Attard :
Quelques pratiques d'autogestion :
Baratin :
Divers :
P.-S. : j'ai lu ce livre en 2020.
Livre du blogueur Korben qui se veut être un guide pratique pour réduire son utilisation de son smartphone.
Korben serait passé par là suite à une hausse de son niveau de stress liée à une surcharge de travail. Or, comment se poser quand on reçoit des notifs en permanence ? Bien sûr, on ne vient pas à bout d'une surcharge de travail et de son mal-être en mettant simplement son smartphone de côté, et tel n'est pas mon propos ni celui de l'auteur (qui s'organise mieux, qui a pris du recul sur son travail, qui s'est mis au sport et à une nourriture plus saine, etc.).
Ça donne un livre illustré, direct (pas de circonvolution), et structuré sous forme d'un tutoriel progressif (car on ne stoppe pas "l'addiction" d'un seul coup net). Sur le fond, j'aurais rien à dire puisque je n'ai jamais eu besoin de me désintoxiquer de mon smartphone.
Pourquoi réduire son utilisation de son smartphone ? Santé physique (vue, cou, articulations, sommeil) et mentale (déprime, angoisse, peur de manquer / de l'ennui / de la solitude), perturbation des relations sociales (on zieute son smartphone au lieu d'écouter, de vivre l'instant présent), baisse de la mémoire (car à force d'avoir tout dans son agenda, carnet d'adresses, blablabla, pipeau !), un potentiel cancer lié aux ondes qu'il vaut mieux prévenir que guérir (… … …).
Certains des conseils peuvent également être appliqués par les non-accrocs ou les voyageurs : désinstaller un max d'appli, au besoin utiliser la version web (effort supplémentaire, moins de flicage) ; tél et SIM bas de gamme en vacs pour limiter le préjudice d'un vol ou d'une perte ; personne n'a obligation de se rendre disponible dans l'immédiat ; restreindre l'accès à ses réseaux sociaux / trier ses "amis".
Plusieurs sous-chapitres sont redondants (un appareil par usage = remplacer son smartphone par 1) téléphone, 2) agenda papier, 3) montre, 4) réveil, 5) une prévision de ses itinéraires ; mode avion = éteindre son téléphone pour se concentrer = couper la data et le wifi = éloigner son téléphone) et un même conseil revient dans plusieurs sous-chapitres.
Conseils :
P.-S. : j'ai lu ce livre en 2020, donc j'ai la version auto-éditée de 2019 (couverture bleu clair), et j'en avais fait un très concis résumé dans mon article « (Presque) trois ans sans smartphone ».
Un livre qui se veut pratique pour prendre de la distance avec le numérique.
Pourquoi réduire son utilisation du numérique ? Écologie (déchets, minerais rares), flicage (point assez peu développé), sécurité (fuites de données via, par exemple, les objets connectés), économie de l'attention, baisse de nos facultés comme notre mémoire, notre sens de l'orientation, ou notre empathie (ces points ne seront pas argumentés), et absence d'un aspect humain du numérique (ce n'est pas explicité autrement que comme la préservation du petit commerce et des rapports sociaux, alors que le numérique a pour lui de gommer une partie des handicaps).
Là encore, beaucoup de baratin :
Le reste est correct :
Solutions :
Notes :
P.-S. : j'ai lu ce livre en 2020 et j'en avais fait un très concis résumé dans mon article « (Presque) trois ans sans smartphone ».
Un livre consacré à la marchandisation de l'attention à l'ère du numérique (je rappelle que la vente du temps de cerveau humain disponible est antérieure aux réseaux sociaux numériques).
Ce bouquin alterne entre le baratin et le vrai…
Commençons par le baratin :
Sur le reste, ce livre vise juste :
L'auteur propose majoritairement des solutions systémiques (= pas basées sur des gestes individuels) :
P.-S. : j'ai lu ce livre en 2020 et j'en avais fait un très concis résumé dans mon article « (Presque) trois ans sans smartphone ».
Énième livre de François Ruffin pour lequel il n'y a pas de lutte climatique sans lutte des classes et sans lutte sociale. Le réchauffement climatique éteindrait la guerre des classes au nom d'un intérêt humain supérieur ? Sur les revenus, la fiscalité, etc. les dominants se moquent du sort commun, ils font sécession, mais il faudrait être écolos tous ensemble ? Cette fois-ci, ils vont accepter les nouvelles règles du jeu ?
Les arguments sont éculés (les riches polluent plus, etc.), sauf un : pour remporter la lutte climatique, il faudra au préalable changer d'imaginaire / de mentalité : adieu la société de consommation / de l'abondance, etc. Le sociologue Veblen a constaté qu'une classe sociale envie la classe immédiatement supérieure (un temps, Ruffin illustrait ça par les nobles français qui suivaient la mode impulsée par le roi). C'est en cela que la classe supérieure doit donner l'exemple : pour impulser le changement.
Ruffin propose de ne pas se fissurer sur les prolos pas écolos (ils voudraient le carburant pas cher, ils ne voudraient pas isoler leur maison, blablabla), car on a besoin des prolos et des intellos de gauche. Quand les Goodyear veulent préserver leurs emplois dans un secteur climaticide, bien sûr qu'ils pensent à leur gueule, et c'est le rôle des intellos et des politiciens d'accompagner la lutte, de parler de réduction du temps de travail (à rémunération égale ? Ruffin ne le dit pas) par ex., ce qui n'a pas été fait, et a donné une image individualiste à leur mouvement social. Quelles solutions (carotte et bâton) apporter pour initier le changement systémique ? Quelle direction, quel horizon ? Parce que si c'est pour avoir une taxe carbone sur les carburants qui n'est même pas affectée à des mesures pro-climat…
Ruffin pose également les premières briques de ce qu'il développera dans Fakir durant et après le Covid : quel est le sens de l'existence, qu'est-ce que le bonheur ? Découle-t-il du progrès technique ou de la consommation ? L'ONU, comme d'autres, rappelle que, si les premières étapes du développement économique procurent le bonheur, au-delà de 20-30 k$ de revenu national par habitant, il n'y a plus d'effet sur l'espérance de vie ni sur le ressenti (sondages "êtes-vous satisfait de votre vie ?").
Gramsci écrivait que, quand une classe est dominante par la coercition, c'est que le peuple ne croit plus en son idéologie. Ce qui fait dire à Ruffin que plus grand-monde ne croit à la croissance, à la compétitivité, à la mondialisation, etc. Reste l'hypothèse d'un système qui nous embarque tous, alors ?
Notes :
Modèle prédictif HANDY qui tient compte des effondrements sociétaux précédents (romains, mayas, etc.). Des disparités économiques trop fortes et une sur-exploitation de la nature peuvent toutes deux, et indépendamment, entraîner un effondrement de la société. Mais, en l'absence de stratification économique, le tir est plus facile à rectifier.
Ruffin s'étonne des sondages qui mesurent en même temps une défiance envers les partis politiques, et une confiance envers un gouvernement informé pour prendre les bonnes décisions sur le climat. Pour moi, c'est la lâcheté habituelle : "laissons d'autres personnes faire le sale boulot, et tant que ce n'est pas fait, ne pas changer mes pratiques". C'est oublier que l'action politicienne ne suffit pas :
P.-S. : j'ai lu ce livre en 2020.
Ce livre présente la faisabilité de trois grandes utopies : fin de la pauvreté (par le revenu de base), réduction du temps de travail, et suppression des frontières. Pourquoi celles-ci plus que d'autres ? Aucune idée.
Vu que les utopies présentées ne sont pas novatrices, on s'attend à de solides arguments, mais, rien de neuf (mais il y a des chiffres et des graphiques sourcés sur la réduction du temps de taff, l'absence de lien entre PIB et bien-être, les inégalités, etc.) :
Plusieurs arguments sont douteux :
Au final, ce livre ne traite pas d'utopies radicales (qui tentent de résoudre un problème à sa racine) : point de fin du salariat, point de communisme, point de fin de l'héritage patrimonial ou du crédit bancaire, etc. De même, les solutions proposées sont sociales-libérales (taxation, aides sociales dont revenu de base, etc.), donc mollassonnes. Le déjà-là peine à convaincre.
Notes :
P.-S. : j'ai lu ce livre en 2020.
Un roman centré sur une hackeuse spécialisée en doxing et un assistant parlementaire.
L'une, qui aspire à changer les choses depuis la marge, nous parle d'Anonymous, d'Assange, de Snowden, du lulz, des zero-day, de la société de la surveillance diffuse (tout le monde surveille tout le monde, notamment entre conjoints), de la do-ocratie (qui est ici défini comme faire sans attendre et convaincre les autres uniquement si t'as besoin d'eux), de son boulot alimentaire de merde (domination, infantilisation, effet de groupe), de l'évolution des mouvements hackers et politiques autour d'Internet dans les années 2010, etc.
L'autre, qui aspire à changer les choses de l'intérieur, nous parle de son désarroi, de sa lassitude, du cynisme, de la lâcheté et de l'inaction de son député PS de patron, de la petite politique, de l'amplitude horaire de son taff qui ne lui laisse pas l'opportunité d'écrire un bouquin, etc. Il y a une symbiose avec les désillusions d'Isabelle Attard et les propos de Ruffin sur "les députés sont des technocrates au service de l'exécutif, l'Assemblée nous étouffe, aucune vision politique, etc.".
J'ai été déçu sur un point : la 4e de couverture dit « comment continuer le combat quand l'ennemi semble trop grand pour être défait ? ». Or, le livre n'apporte aucun début de piste, rien. Il se termine abruptement, dans une ferme de hippies (je caricature) sans qu'on sache ce que devient le mec de la protagoniste, un hacker arrêté par les flics après une action contre une société commerciale spécialisée dans la surveillance. Je suis resté sur ma faim et triste de quitter cette histoire.
Ce livre est un coup de cœur. Les deux personnages centraux parlent du monde dans lequel j'ai évolué. De mes références culturelles et techniques (plutôt bien maîtrisées, on peut toujours pinailler sur la précision d'une vulgarisation, mais ça n'a aucun intérêt). De certains de mes combats. De mes désillusions politiques. De l'échec politique malgré les alliances entre les hackers et les politiciens dans la première moitié des années 2010. C'est très rare, donc appréciable.
Divers :
‒ [ Qu'est-ce qui pousse une jeune fille comme toi à se plonger dans les ordinateurs ? ]
‒ Si je faisais du piano, personne ne m'emmerderait à vouloir savoir pourquoi je fais du piano ».
P.-S. : j'ai lu ce livre fin 2020 sur "conseil" de Fakir.
Le dernier recueil de la série « un autre regard » de la dessinatrice Emma. (Je n'ai pas rédigé d'article sur les deux premiers tomes de la série car ils contiennent uniquement des BD publiées en ligne, sur lesquelles je m'étais déjà exprimé avant de lire les livres-recueils.)
Il contient 4 BD dont 2 sont disponibles sur le web :
Fun fact : d'après une étude de 2012 de Elinder et Erixon, portant sur 18 naufrages de navires durant les trois derniers siècles, l'expression « les femmes et les enfants d'abord » est fausse : le plus haut taux de survie va aux membres de l'équipage (61 %) puis aux hommes (37 %) puis aux femmes (27 %) puis aux gosses (15 %). Le Titanic fait exception avec 70 % de femmes survivantes contre 20 % des hommes.
Historique simplifié de l'organisation du travail :
P.-S. : j'ai lu ce livre à sa sortie (fin 2019).
Je n'ai pas compris la trame narrative de cette BD. Une femme participe subitement à une manif' "comme ça" puis à une autre, puis elle participe à une action anti-pub puis elle sert le thé à des sans-abris puis elle file un coup de main dans une cantine populaire, puis retour en manif'. S'agit-il de montrer des actions concrètes dans lesquelles s'engager ? Pourquoi celles-ci plus que d'autres ?
Je n'ai pas compris comment cette BD entend atteindre son objectif (de nous faire bouger) :
Pour nuancer, il y a bien quelques mots d'explication : manif' = rituel collectif pour se redonner de l'énergie ; « tout le monde est bienveillant [ dans une manif' ], je n'ai pas peur des autres manifestants [ sans pour autant aller jusqu'à nommer la violence policière qui est dessinée ] » ; « t'en as pas marre de subir ?! C'est facile de justifier sa flemme ou son indifférence en disant que les manifs servent à rien. Au moins, on essaie […]. On voit qu'on n'est pas seuls à vouloir autre chose ».
Au final, cette BD est simplement descriptive (y a ci et ça qui se pratique, dans telles conditions, etc.). Ça permet de s'imprégner un peu du vocabulaire militant.