Rappel : environ 25 % des agents de la fonction publique française ne sont pas des fonctionnaires, mais des CDD / CDI (de droit public).
Jusqu'à maintenant, les juridictions administratives jugeaient que le principe d'égalité, et la comparaison avec d'autres agents contractuels placés dans la même situation, ne pouvaient être utilement invoqués à l'encontre d'une décision déterminant la rémunération d'un agent contractuel de l'État. Ne restait que la voie de l'exception pour opposer ce principe à la réglementation fondant la décision de l'administration (ce qui me semble vain dans la majorité des cas).
Le Conseil d'État est revenu sur cela le 6 mai 2026, dans les limites exposées par le Rapporteur public dans ses conclusions qui exposent bien le raisonnement.
Il se déduit que l'administration ne pourra plus systématiquement renvoyer à une prétendue négociation individuelle (qui, bien souvent, n'existe pas), à l'article 1-3 du décret 86-83, blablabla : le rejet devra être plus habile.
Dans ces conclusions, on lit également :
[…] Relevons d’ailleurs que ces dispositions confirment, s’il en était besoin, que la fixation de la rémunération d’un agent public non titulaire relève bien d’une décision unilatérale de l’administration, même si elle constituera ensuite l’un des éléments du contrat de cet agent, lequel au demeurant, comme vous le savez, ne procède pas véritablement d’une démarche synallagmatique emportant pour les parties des obligations et concessions réciproques mais s’analyse davantage comme un acte plaçant l’agent dans une situation quasi-statutaire.
[…]
[…] Et, s’il existe bien évidemment d’importantes différences entre la situation d’un agent contractuel public, soumis à un quasi-statut, et un salarié de droit privé, qui évolue dans un cadre où la liberté contractuelle est bien plus prégnante […] »
C'est "rigolo" ce « quasi-statut », car l'un des prétendus arguments des juridictions pour valider une inégale rémunération entre contractuels et titulaires, à travail et situation égales, est la détermination de celle-ci : contrat versus statut, libre négociation, deux modes de détermination de la rémunération, deux mondes très étanches, très différents, patati, patata. Pas tant que cela en définitive ? 🤡️ (Attention : les conclusions d'un Rapporteur public n'engagent pas la juridiction, et ce point n'est pas repris dans la décision.)
CJUE C-767/23. Une juridiction nationale de dernier ressort doit motiver, au-delà de pointer l'un des trois motifs de l'arrêt Cilfit, sa décision de rejeter une question préjudicielle, y compris lorsque le droit national autorise un rejet sommaire. À voir les répercussions concrètes sur les non-admissions de pourvoi en cassation (autant à la Cass qu'au Conseil d'État).
+ CEDH 34701/21.
#motivation #obligation
La lutte pour assurer une protection plus efficace des lanceurs d'alerte progresse lentement. La construction d'une législation Anti-Slapp est en cours, destinée à lutter contre les procédures-bâillons, les "Strategic lawsuits agains public participation" (Slapp), en particulier une directive européenne du 11 avril 2024 et un décret du 30 avril 2026 qui en réalise la transposition en droit français.
[…]
Les normes issues de la directive européenne de 2024 et du décret de transposition du 30 avril 2026 présentent un intérêt tout particulier. En effet, elles n'ont plus comme objet exclusif de protéger le lanceur d'alerte comme personne vulnérable. Elles visent à protéger une activité démocratique, c'est-à-dire la participation au débat public.
Le champ d'application de la directive s'étend aux procédures civiles ou commerciales dirigées contre des personnes physiques ou morales en raison de leur participation au débat public. Il couvre tous les domaines d'intérêt public, la santé, l'environnement, le climat, la corruption, la fraude, les activités des personnalités politiques ou la protection des processus démocratiques. On est assez proche ici du débat d'intérêt général, tel qu'il est utilisé par la Cour européenne des droits de l'homme (CEDH).
La directive contient trois instruments essentiels. Le premier est le rejet précoce des demandes manifestement infondées, afin d’éviter que le procès lui-même ne devienne la sanction. Le deuxième est la protection financière du défendeur, avec la possibilité d’exiger du demandeur une sûreté ou de mettre à sa charge les coûts de la procédure. Le troisième enfin est la dissuasion du demandeur abusif, par le remboursement intégral des frais, des sanctions effectives et donc dissuasives, voire des mesures comme la publication de la décision ou l’indemnisation du dommage.
Ce dispositif serait parfait, s'il ne souffrait d'un handicap structurel. En raison de son fondement juridique européen, il ne couvre en effet que les litiges civils et commerciaux présentant une dimension transfrontière. Ne sont pas concernés les contentieux devant le juge pénal et les litiges purement internes. Le champ d'application se révèle finalement extrêmement étroit.
La Commission nationale consultative des droits de l'homme (CNCDH), dans un avis de février 2025 avait déploré l'étroitesse du champ d'application de la directive européenne. Certes, cette limite était liée précisément aux compétences de l'Union dans ce domaine, mais rien n'interdisait d'opérer une transposition en droit interne avec un champ d'application plus large.
Le pouvoir réglementaire a exaucé, en partie, le voeu de la CNCDH. Les pouvoirs du juge civil sont élargis, et il peut désormais allouer aux défendeurs une provision pour le procès. Il peut aussi rejeter rapidement toute demande manifestement infondée, en prévoyant, le cas échéant, une audience prioritaire. Lorsque l'action est abusive, il peut même condamner son auteur à payer l'ensemble des frais de procédure supportée par l'autre partie, y compris l'ensemble des honoraires d'avocat.
[…]
Mais il y a tout de même une limite importante à ce progrès dans la protection victimes de procédures-bâillons. Le décret du 30 avril 2026 modifie le code de procédure civile, et seulement lui. Il ne s'étend pas au contentieux commercial, et pas davantage au contentieux pénal. Les plaintes pour diffamation ou pour violation d'un secret protégé ne sont donc pas concernées, alors même qu'elles sont largement utilisées dans des contentieux d'intimidation.
Dix ans de branlette, et le décompte se poursuit…
#LLC
Je suis un grand fan du film Scarface de 1983 par Brian de Palma.
En 2009, j'ai découvert qu'un jeu vidéo sorti en 2006 prolonge le film. J'adorais (et j'adore) ce jeu.
Mais, dès Windows 7 (de mémoire), il ne fonctionnait déjà plus, même en mode de compatibilité : le menu principal est opérationnel, mais le jeu en lui-même n'est qu'une bouillie graphique. Je réinstallais Windows XP pour y jouer.
Ça faisait plus d'une décennie que je n'y avais pas joué.
Ces dernières semaines, j'ai constaté l'existence de vidéos datant des 5-7 dernières années de joueurs se filmant, ainsi que des records de vitesse de jeu sur la même période.
J'ai vite identifié qu'il existe des correctifs permettant d'y jouer sur un système récent, notamment le SilentPatch.
J'ai ressorti mon exemplaire du jeu. Mais j'ai foiré mon archivage.
Sur GameCopyWorld, il existait et il existe deux cracks (no-dvd) : un qui remplace l'exécutable principal du jeu, l'autre qui utilise Daemon Tools (DT) et YASU. Le premier ne permet pas de jouer en français (sous-titres des cinématiques et menu, les voix restent en anglais). Donc j'ai conservé le deuxième, qui, évidemment, ne fonctionne plus de nos jours (DT a changé et ne permet plus au YASU de l'époque de s'y greffer).
Heureusement, Internet Archive a encore fait un excellent boulot et propose ce jeu en téléchargement. Télécharger « Scarface (US, FR, IT, ES, DE, PL, CS) [elamigos repack].zip », installer, décompresser le « Scarface (Patch Fixes) » qui contient le SilentPatch, et c'est prêt. Cela fonctionne impec sur winwin 10.
Scarface ne permet pas de modifier l'association entre une touche du clavier et une action. Pour ce faire, j'utilisais AutoHotKey. Cela fonctionne toujours, à condition de l'exécuter « en tant qu'administrateur ».
Je ne sais pas si c'est le correctif, mais j'ai l'impression que Tony court super vite, la vitesse des jambes semble improbable visuellement parlant. Je ne me souviens pas de cela. De même, en fonction de comment l'on percute un piéton en voiture, cette dernière fait un improbable bond de plusieurs mètres de hauteur et de distance. Pareil, je ne me souviens pas de cela. Pareil pour déclencher les missions de Félix ou du Marchand de sable : appuyer sur entrée pour lancer ne suffit pas, il faut appuyer deux fois sur echap puis entrée…
J'ai terminé, à nouveau, Scarface à 100 % (avec les femmes en bikini qui te suivent dans la rue). \o/
Contrairement à ce qu'on lit parfois, le 100 % s'obtient en accomplissant les missions, y compris secondaires (notamment sur les îles, dont Devil's Cay et l'hôtel sur l'île du tanker de Nacho), en achetant tous les exotiques, et en éliminant tous les gangs. Les courses automobiles ne comptent pas dans les 100 %.
J'ai redécouvert les trouzemilles bugs qui ne m'avaient pas manqué :
Rappel de quelques points et astuces (dont certains que les vidéastes ignorent) :
[…] DMARC était à l'origine normalisé dans le RFC 7489, que ce nouveau RFC remplace. Mais rassurez-vous si vous avez déjà déployé DMARC : les changements ne sont pas radicaux. Le principal est le nouvel algorithme pour trouver l'enregistrement DMARC pertinent (celui à l'apex du domaine enregistré).
[…]
Les techniques d'authentification existantes avant DMARC, SPF (RFC 7208) et DKIM (RFC 6376), n'authentifient pas ce champ mais d'autres (le RFC5321-From pour SPF et le domaine indiqué dans la signature pour DKIM), qui ne sont pas en général affichés à l'utilisateurice final·e. DMARC va permettre d'utiliser ces deux techniques, SPF et DKIM, pour les appliquer à l'expéditeur (RFC5322-From). Un test DMARC réussi signifie que SPF ou DKIM a réussi mais aussi que le domaine authentifié par SPF ou DKIM est le même que celui présent dans le From: ; on parle d'alignement du nom de domaine. Cela ne va pas de soi car il y a de nombreux usages légitimes du courrier où ces domaines ne sont pas alignés, et DMARC casse donc ces usages.
[…]
Et le récepteur du courrier, que doit-il faire ? Il extrait du message le domaine de l'auteur. Il cherche s'il y a un enregistrement DMARC. Il exécute les tests SPF et DKIM. S'il récupère un ou plusieurs domaines authentifiés, il vérifie l'alignement (strict ou relâché). Si au moins un domaine authentifié est aligné avec le domaine de l'auteur, le test DMARC est un succès. Sinon, c'est un échec. […]
Ho, j'avais raté ça : je pensais pas que DMARC faisait de la validation, juste de la suggestion d'envoi de rapports (individuels, clé « ruf », ou agrégés, clé « rua »).
Eolas vulgarise le concours d'infraction et la confusion des peines.
+ Postfix and Dovecot SASL | Dovecot CE.
Pour gérer mes courriels, j'utilise postfix (MTA), dovecot (MDA + Sieve), saslauthd (authentification SASL dans une session smtp), et OpenDKIM.
Idée du jour : remplacer saslauthd par dovecot pour l'authentification SASL.
Objectif : un logiciel de moins à gérer, même si saslauthd m'a très légèrement ennuyé une seule fois en 13 ans.
Tout est dans la doc' (celle de postfix ou celle de dovecot, peu importe).
Attention si tu utilises smtpd_sender_login_maps : désormais, dans la table associant une adresse emails et l'utilisateur SASL pouvant l'utiliser, il n'y a plus le domaine dans le nom d'utilisateur. Dit autrement : avant = toto@example.com toto@example.com ; après = toto@example.com toto.
Implications of the age of the posts you see when you Google an error message
Please, we need your help. Our research suggests you're the last living descendant of the person who knew how to format this config file.
🤣️
Mise en oeuvre en 2020, l'ANEF visait à simplifier les démarches des étrangers en France, grâce à une plateforme dématérialisée permettant de gérer l'essentiel des demandes de titres de séjour. Reposant sur le principe du guichet unique, elle devait donc fluidifier les procédures.
Hélas, l'ANEF s'est rapidement révélée un véritable désastre. Blocages pour déposer une demande, impossibilité technique de signaler un changement de situation ou même simplement d'obtenir une attestation dématérialisée. Rien ne fonctionne convenablement, et bon nombre d'étrangers se sont ainsi retrouvés privés de travail ou de logement, ou encore en situation irrégulière, simplement parce qu'ils n'avaient pas été en mesure de mener à son terme la procédure de renouvellement d'un titre de séjour. Le Défenseur des droits s'est inquiété de cette situation dans un rapport de 2024, dénonçant "une atteinte massive aux droits des usagers".
L'administration numérique pour les étrangers trouve son fondement dans l'article R 431-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (Ceseda). Il prévoit que la plupart des demandes de titres de séjour s'effectuent par téléservice. Une série d'arrêtés, listés dans l'annexe 9 du même code, précise les titres concernés. La dématérialisation est donc la voie normale, le plus souvent exclusive, d'accès au séjour. C'est précisément cette exclusivité qui confère à la décision du 5 mai 2026 tout son intérêt. […]
[…]
Contrairement à la présentation qui en a été faite par certains médias, l'intérêt de la décision dépasse toutefois largement le cadre des droits des étrangers. La question juridique est plus généralement celle de l'effectivité du service public numérique.
L'arrêt de 2026 comporte un considérant de principe particulièrement éclairant. Il affirme qu'il appartient au gestionnaire d'un service public "afin de satisfaire l'intérêt général en vue duquel le service a été institué, de veiller à garantir le droit d'accès, dans des conditions normales, des usages du service dans le respect du principe d'égalité, d'assurer la continuité du service et de procéder aux adaptations rendues nécessaires par l'exigence de mutabilité".
Tout le monde a reconnu les célèbres Lois de Rolland formulées par Louis Rolland dans son Précis de droit administratif de 1926. L'égalité des usagers devant le service, sa continuité, et sa mutabilité pour tenir compte de l'évolution des besoins forment le socle sur lequel s'est construit le régime juridique des services publics. Juste un siècle après leur formulation, le Conseil d'État les impose formellement à l'administration numérique.
Afin de s'assurer de leur mise en oeuvre, le juge peut délivrer des injonctions imposant des mesures concrètes aussi bien juridiques que financières ou organisationnelles. Il ne s'agit évidemment pas, pour le Conseil d'État, d'élaborer une politique publique, mais bien davantage de s'assurer qu'une politique préalablement définie par les autorités compétentes, sera mise en oeuvre. C'est l'objet même de la décision du 5 mai 2026.
[…]
Sur ce point, la décision du Conseil d'État apparaît très soigneusement motivée. Elle ne retient que les dysfonctionnements prouvés et systémiques, écartant les incidents ponctuels. […]
[…]
Le Conseil d'Etat condamne ainsi l'usage d'une plateforme qui est bien loin de répondre aux exigences légales de la procédure de demande d'asile. Au-delà de l'ANEF, le Conseil montre qu'il refuse le mythe du numérique neutre. Un téléservice n'est pas un simple mode d'organisation interne. Il est aussi et surtout la condition d'exercice des droits de l'étranger. Quand il bloque, il prive l'étranger de ses droits. Quand il se tait, il rend plus précaire sa situation. Enfin quand il ne permet pas de corriger une demande, il fabrique de l'illégalité. Certes, le Conseil d'État n'ordonne pas le retour au guichet et au papier. Mais il exige de l'administration qu'elle assume juridiquement son choix du tout-numérique. En clair, un service public n'est légal que s'il demeure un service public. Un bel hommage pour le centenaire des Lois de Rolland.
Ho, un REP-injonctions (que l'on nomme couramment recours systémique), comme pour le port du RIO ou les contrôles d'identité au faciès.
#LLC
BIATSS des universités : en 2022 et 2023, temps de travail annuel inférieur aux 1 607 heures prévues légalement (origine : accords syndicaux et locaux lors du passage aux 35 h) + régime indemnitaire (prime) moins intéressant, en moyenne, que dans l'éduc nat et dans le reste de la fonction publique d'État (ex. ingénieur d'études : 8,8 k€, contre 11,6 k€ dans l'éduc nat, et 16,7 k€ dans les autres ministères). La revalorisation et la régularisation se compenseraient. Ces deux sujets sont une vieille rengaine.
Comme annoncé il y a un mois, j'ai publié les liens que j'avais mis de côté entre fin 2023 et maintenant. \o/ (Souvent, je n'ai pas publié de nouveaux articles, j'ai mis à jour des articles existants.)
Donc, normalement, je devrais publier des articles plus frais.
Data Privacy Framework (DPF) = décision d'adéquation (art 45 du RGPD) entre l'Union européenne et les États-Unis d'Amérique.
Rapport 2022 déclassifié de la FISA Court (FISC). Environ 278 000 abus en 2020-2021. Environ 23 000 recherches sur des citoyens états-uniens impliqués dans l’attaque du Capitole (page 30). Recherche sur environ 19 000 donateurs pour une élection au congrès (idem). Recherche sur 133 personnes arrêtées dans le cadre du mouvement social de protestation suite au meurtre de Floyd par un flic (page 27). DOJ NSD (division de la sécurité nationale du ministère de la Justice) a estimé que ces recherches (comme d’autres) ne pouvaient raisonnablement pas être susceptibles de porter sur du renseignement étranger ou à récolter des preuves d’un crime (auquel cas FBI peut utiliser la section 702 sur des citoyens ricains).
Le droit des USA prévoit une information des personnes espionnées, notamment quand un produit de la surveillance sera utilisé contre eux dans un procès pénal. Sans surprise, cette information est perfectible et non-systématique.
Consultation publique préalable + rapport de la Commission européenne (ComUE). Article 45(3) du RGPD + considérant 211 du DPF : un an après l'adoption puis au moins tous les quatre ans. En résumé : circulez, les institutions sont en place, les USA sont adéquats au droit de l'UE, et autosatisfaction. Contribution d'Aeris. La mienne n'a pas été publiée car déposée hors délai (mais la ComUE m'a assuré qu'elle la prendrait en compte, trololo). Avis de Dignilog. Rapport du CEPD. Ce rapport est une très bonne synthèse toujours d'actualité. En résumé : y a encore du travail. Article de Next.
Renouvellement de FISA : 4 mois fin 2023, puis loi RISAA d'avril 2024 qui l'a ré-autorisé jusqu'en avril 2026. Des chefs du FBI incitaient à l'utilisation des outils de surveillance pour justifier le renouvellement.
La loi Reforming Intelligence And Securing America Act (RISAA) étend la définition des entités qui doivent collaborer avec les services de renseignement. Même le lobby des multinationales états-uniennes du numérique s'en est inquiété. La meilleure source est la section 3.2 du rapport précité du CEPD. Lire aussi : article 1 de Next ; Article 2 de Next ; Article d'Ars Technica. Notons que le projet de loi concurrent, préparé par la Commission sénatoriale du renseignement, prévoyait le recours à FISA 702 à l'encontre des demandeurs d'asile, et de visas, dont les visas permanents…
Jugement T-354/22 du Tribunal de l'UE. Il illustre la difficulté de convaincre une juridiction lorsque une entité états-unienne héberge les données sur le sol de l'UE. Pourvoi en cours (C-206/25).
Le retour de Trump au pouvoir, sa volonté de concentrer le pouvoir (ex. : décret présidentiel EO 14215, les agences fédérales doivent soumettre leurs mesures réglementaires au Président), son limogeage de membres du PCLOB (dispositif central du DPF et du contrôle du renseignement ricain, sur lequel le CEPD s'appuie lourdement), limogeage de la patronne de la FED, limogeage à la tête de la FTC, etc., mettent en lumière l'absence d'indépendance des contre-pouvoirs prévus pour le DPF. Le patron de la Commission des libertés civiles, de la justice et des affaires intérieures (LIBE) du Parlement européen a écrit à ce sujet au Commissaire européen de la direction générale de la justice et des consommateurs (DG JUST) de la ComUE.
Deux articles de noyb : US Cloud soon illegal? Trump punches first hole in EU-US Data Deal et EU-US Data Transfers: Time to prepare for more trouble to come.
Rejet du recours Latombe contre le DPF. Voir ici. Pourvoi en cours.
En avril 2026, prolongation de 10 jours puis de 45 jours de la section 702 de la loi FISA, le temps de trouver un accord politique sur son énième renouvellement couplé, ou non, à une énième réforme.
L'Office of the Director of National Intelligence (ODNI, directeur du renseignement national) publie un rapport annuel de transparence.
Rapports annuels FISA du Ministère de la justice (DOJ).
En 2022, j'ai déposé des plaintes auprès de la CNIL concernant des transferts de données à caractère personnel survenant sur le site web de médias en ligne. Début 2024, la CNIL n'ayant pas traité ces plaintes dans un délai raisonnable, j'ai saisi le Conseil d'État. Dans la foulée, la CNIL a clôturé mes plaintes : le DPF corrige la situation, et elle a rappelé leurs obligations aux journaux en ce qui concerne les transferts survenus en l'absence de décision d'adéquation. J'ai saisi le Conseil d'État en l'invitant à transmettre à la CJUE une question portant sur la validité du DPF. Je me suis fait tej.
En effet, les faits sont antérieurs au DPF, donc le CE s'est borné à constater qu'un rappel aux obligations légales par la CNIL est une mesure correctrice suffisante. Comme tout acte d'une administration, le DPF est présumé légal, donc la CNIL pouvait légitimement considérer qu'il constitue une mesure correctrice. Si je pensais l'inverse, il m'appartenait d'en informer la CNIL après son adoption, ce que je n'ai pas fait. Dès lors, la CNIL n'était pas saisie de la validité du DPF, donc le CE n'avait pas à se prononcer dessus, et donc à saisir la CJUE. On retrouve les mêmes rejets procéduraux dans les recours contre la Plateforme des données de santé (HDH).
Néanmoins, j'ai œuvré avec un avocat spécialiste de ces sujets. En résumé : le DPF est difficile à dézinguer. Il faut aller dans le détail, en mélangeant du droit ricain et du droit européen, l'analyse de noyb (cf. articles supra) est superficielle, donc c'est très coûteux. Il ne suffit pas de prétendre qu'il est un copier-coller des décisions d'adéquation antérieures (Safe Harbor et Privacy Shield). D'ailleurs, noyb n'a pas agi contre le DPF (je leur ai demandé en février 2024).
Quelques détails :
Bref, le débat juridique contre le DPF est vraiment pointu.
Il reste des arguments : mise à jour secrète, par le président ricain, des objectifs de renseignement (pour la collecte en vrac, le Tribunal de l'UE a dit OK, mais il n'a pas été saisi sur les autres activités de renseignement) ; l'absence d'information des personnes surveillées empêche tout recours (on a pareil en France, ceci dit) ; (in)effectivité de la mise en œuvre des principes de nécessité et de proportionnalité, notamment au regard des abus référencés supra ; auto-certification des importateurs, qui, par ailleurs, peinent à respecter le RGPD, et absence de contrôle effectif par la FTC ; et les nombreuses dérogations prévues par le décret présidentiel EO 14086 annihilent le principe.
Je les ai soulevés dans des plaintes CNIL déposées en 2025. En cours de traitement.
La présence de Google Analytics et DoubleClick sur le site web du Service des immatriculations des États-Unis d'Amérique (USA) révèle à Google des données à caractère personnel sur des personnes handicapées (adresse IP, etc.).
Traceurs Meta et Google Analytics sur le site web d'une pharmacie en ligne finlandaise.
#RGPD #transferts #États-Unis #USA #Finlande
Plateforme des données de santé (PDS) = Système national des données de santé (SNDS) = Health Data Hub (HDH) = centralisation des bases de données de santé existantes afin de favoriser la recherche :
L'objectif des Licornes célestes et autres était d'obtenir le renvoi à la CJUE, d'une question préjudicielle portant sur la validité au droit de l'UE du Data Privacy Framework (DPF, décision d'adéquation entre l'UE et les USA). Le CE a fermé de nombreuses portes, notamment dans sa décision de mars 2026 :
De leur côté, et sans surprise, les ricains n'hésitent pas à pratiquer du protectionnisme réglementaire sur leurs données de santé : décret présidentiel EO 14117 de Biden. Même si les données de santé sont anonymisées ou pseudonymisées.
En 2026, devant l'Assemblée, le dirlo par intérim de la PDS ne sait pas si les données sont chiffrées lors de leur traitement sur Azure. (C'est important car, en 2024, en Écosse, il a été montré que des données hébergées dans l'UE peuvent être transférées durant leur traitement en fonction des serveurs disponibles.) En se basant sur les décisions du CE, il concède un faible risque pour les données. On retrouve Capgemini pour du conseil.
Lors de son audition au Sénat en juin 2025, le directeur des affaires publiques et juridiques de Microsoft France confirmait devoir transmettre les données, mais que ça n'est jamais arrivé pour une entité européenne depuis la publication des rapports de transparence (bien entendu, cela ne correspond pas aux rapports publiés par le gouvernement états-unien…). Le gus contourne la question sur le manquement que constitue, selon l'EDPS, le recours à Microsoft 365 par la Commission UE. Idem sur la suspension de la messagerie du procureur général de la Cour pénale internationale.
LinkedIn tracks the visits to profile pages. However, if you want to see who has visited your own profile, you have to pay. The Microsoft subsidiary uses these and other ‘insights’ as an incentive for people to sign up for its paid Premium membership. It is unclear whether this tracking of visitors is legal. What is clear, however, is that if this data is displayed as part of a premium membership, it should also be accessible in response to an access request under Article 15 GDPR. But LinkedIn refuses to comply – and suddenly cites alleged data protection concerns that supposedly only arise in the case of an access request.
Je m'interroge 🤔️ : l'abonnement de gré à gré, d'un côté, et le droit d'accès de l'autre, sont deux procédures distinctes, même quand elles portent sur les mêmes données. Lors d'une demande d'accès, l'article 15(4) du RGPD contraint une entité à occulter les données qui portent atteinte aux droits et libertés d'autrui. Cette contrainte n'existe pas dans le cas de l'abonnement. Par analogie, une administration peut légitimement communiquer des documents en intégralité à une personne dans un contexte, et devoir, dans un contexte de communication de docs à la même personne, en caviarder les mentions qui portent préjudice à des tiers (L311-6 CRPA). Conséquence : je ne suis pas certain qu'on puisse exiger le même résultat d'une demande d'accès RGPD que d'un abonnement. En ce sens, je trouve la démarche de noyb intéressante.
#payant
Identifier, avec xdebug, l'origine de la lenteur d'un script PHP exécuté par php-fpm sur un système Debian GNU/Linux :
# apt install php-xdebug
# cat > /etc/php/8.4/fpm/conf.d/90-xdebug_custom.ini << EOF
xdebug.mode=profile
xdebug.output_dir=/tmp
EOF
# systemctl reload php8.4-fpm
Les traces seront déposées dans /tmp. J'ai utilisé le logiciel kcachegrind pour les visualiser (il est empaqueté dans Debian 13).
À faire sur une plateforme de test, évidemment.
J'avais déjà utilisé xdebug pour afficher la stacktrace ou pour identifier une erreur de programmation.
#performances
paste is a shell command that joins files horizontally (parallel merging) by writing to standard output lines consisting of the sequentially corresponding lines of each input file, separated by tabs.
[…]
Sum the numbers from 1 to 100:$ seq 1 100 | paste -d + -s | bc
#somme #nombres #shell #bash
Require local
Le fournisseur local autorise l'accès au serveur si l'une au moins de ces conditions est satisfaite :
l'adresse IP du client correspond à 127.0.0.0/8
l'adresse IP du client est ::1
les adresses IP du client et du serveur sont identiquesL'exemple suivant montre une méthode simple pour sélectionner les connexions en provenance de l'hôte local :
Require local
Intéressant aussi, la différence entre host et forward-dns.
Le requérant conteste le maintien automatique en détention d'un mineur de seize ans condamné à une peine ferme par la cour d'assises des mineurs, devant laquelle il avait comparu détenu, alors qu'il fait appel de sa condamnation. La QPC est déposée à l'occasion de cet appel et conteste finalement l'application aux mineurs du droit commun de la détention provisoire.
Les dispositions contestées sont les articles L 231-7 et L 531-2 du code de la justice pénale des mineurs issus de l'ordonnances du 11 septembre 2019. Elles ont pour point commun d'aligner la justice pénale des mineurs sur celle des majeurs, pour ce qui est de la cour d'assises des mineurs et de l'appel de ses arrêts.
[…]
Pour justifier sa décision, le Conseil constitutionnel fait un usage que l'on pourrait qualifier d'offensif du principe fondamental reconnu par les lois de la République (PFLR), issu de sa décision du 29 août 2002. Il y énonce le "principe de l'atténuation de la responsabilité pénale des mineurs en fonction de l'âge, comme la nécessité de rechercher le relèvement éducatif et moral des enfants délinquants par des mesures adaptées à leur âge et à leur personnalité, prononcée par une juridiction spécialisée ou selon des procédures adaptées".
Ce principe trouve son origine dans la loi du 12 avril 1906 sur la responsabilité pénale des mineurs, celle du 22 juillet 1912 sur les tribunaux pour enfants, et enfin l'ordonnance du 2 février 1945 sur l'enfance délinquante. Dès cette décision du 29 août 2002, le Conseil précise que cette spécificité de la justice des mineurs ne fait pas obstacle à ce que des privations de liberté soient prononcées. Mais leur nécessité doit être appréciée au regard de l'âge et de la personnalité du jeune délinquant. La contrainte doit demeurer exceptionnelle, individualisée et contrôlée par un magistrat ou une juridiction tenant compte de la minorité.
C’est précisément ce point qui fait basculer la décision Sawran S. Le problème ne réside pas le fait qu'un jeune de seize ans soit placé en détention provisoire. Il réside dans le fait que la loi a opéré une transposition mécanique d'un régime pensé pour les majeurs.
Cette décision s'inscrit dans une séquence jurisprudentielle faite de QPC largement transmises par la Cour de cassation. Le 19 juin 2025, le Conseil a ainsi censuré partiellement la loi Attal visant à renforcer l'autorité de la justice à l'égard des mineurs délinquants et de leurs parents. Étaient alors sanctionnés l'allongement à un an de la détention provisoire pour des mineurs de moins de seize ans et le caractère exceptionnel de la suppression de l'excuse de minorité. Quelques jours plus tard, une QPC du 27 juin 2025 Mohamed Z. a sanctionné une disposition autorisant la détention provisoire d'un mineur, en l'absence de décision d'un juge spécialisé.
Le rappel, à trois reprises en quelques mois, de ce PFLR consacrant la spécificité de la justice des mineurs, s'analyse comme un acte de résistance à une tendance lourde des gouvernements successifs qui cherchent à aligner la justice des mineurs sur celle des majeurs. Certes, l'ordonnance du 11 septembre 2019 la codifie, mais c'est aussi dans le but d'écarter la référence à la célèbre ordonnance de 1945 qui consacrait une vision largement éducative de cette justice. Aujourd'hui, le Conseil n'écarte pas l'idée d'une justice des mineurs plus sévère, choix qui appartient au législateur. Il protège en revanche sa spécificité, revenant ainsi à ses origines et rappelant que le délinquant est un enfant. Sur un plan plus concret, il rappelle aussi que la minorité n'est pas seulement une circonstance atténuante, mais aussi le support d'une justice désormais constitutionnalisée.
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