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đ€Łïž
Mise en oeuvre en 2020, l'ANEF visait à simplifier les démarches des étrangers en France, grùce à une plateforme dématérialisée permettant de gérer l'essentiel des demandes de titres de séjour. Reposant sur le principe du guichet unique, elle devait donc fluidifier les procédures.
HĂ©las, l'ANEF s'est rapidement rĂ©vĂ©lĂ©e un vĂ©ritable dĂ©sastre. Blocages pour dĂ©poser une demande, impossibilitĂ© technique de signaler un changement de situation ou mĂȘme simplement d'obtenir une attestation dĂ©matĂ©rialisĂ©e. Rien ne fonctionne convenablement, et bon nombre d'Ă©trangers se sont ainsi retrouvĂ©s privĂ©s de travail ou de logement, ou encore en situation irrĂ©guliĂšre, simplement parce qu'ils n'avaient pas Ă©tĂ© en mesure de mener Ă son terme la procĂ©dure de renouvellement d'un titre de sĂ©jour. Le DĂ©fenseur des droits s'est inquiĂ©tĂ© de cette situation dans un rapport de 2024, dĂ©nonçant "une atteinte massive aux droits des usagers".
L'administration numĂ©rique pour les Ă©trangers trouve son fondement dans l'article R 431-2 du code de l'entrĂ©e et du sĂ©jour des Ă©trangers et du droit d'asile (Ceseda). Il prĂ©voit que la plupart des demandes de titres de sĂ©jour s'effectuent par tĂ©lĂ©service. Une sĂ©rie d'arrĂȘtĂ©s, listĂ©s dans l'annexe 9 du mĂȘme code, prĂ©cise les titres concernĂ©s. La dĂ©matĂ©rialisation est donc la voie normale, le plus souvent exclusive, d'accĂšs au sĂ©jour. C'est prĂ©cisĂ©ment cette exclusivitĂ© qui confĂšre Ă la dĂ©cision du 5 mai 2026 tout son intĂ©rĂȘt. [âŠ]
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Contrairement Ă la prĂ©sentation qui en a Ă©tĂ© faite par certains mĂ©dias, l'intĂ©rĂȘt de la dĂ©cision dĂ©passe toutefois largement le cadre des droits des Ă©trangers. La question juridique est plus gĂ©nĂ©ralement celle de l'effectivitĂ© du service public numĂ©rique.
L'arrĂȘt de 2026 comporte un considĂ©rant de principe particuliĂšrement Ă©clairant. Il affirme qu'il appartient au gestionnaire d'un service public "afin de satisfaire l'intĂ©rĂȘt gĂ©nĂ©ral en vue duquel le service a Ă©tĂ© instituĂ©, de veiller Ă garantir le droit d'accĂšs, dans des conditions normales, des usages du service dans le respect du principe d'Ă©galitĂ©, d'assurer la continuitĂ© du service et de procĂ©der aux adaptations rendues nĂ©cessaires par l'exigence de mutabilitĂ©".
Tout le monde a reconnu les cĂ©lĂšbres Lois de Rolland formulĂ©es par Louis Rolland dans son PrĂ©cis de droit administratif de 1926. L'Ă©galitĂ© des usagers devant le service, sa continuitĂ©, et sa mutabilitĂ© pour tenir compte de l'Ă©volution des besoins forment le socle sur lequel s'est construit le rĂ©gime juridique des services publics. Juste un siĂšcle aprĂšs leur formulation, le Conseil d'Ătat les impose formellement Ă l'administration numĂ©rique.
Afin de s'assurer de leur mise en oeuvre, le juge peut dĂ©livrer des injonctions imposant des mesures concrĂštes aussi bien juridiques que financiĂšres ou organisationnelles. Il ne s'agit Ă©videmment pas, pour le Conseil d'Ătat, d'Ă©laborer une politique publique, mais bien davantage de s'assurer qu'une politique prĂ©alablement dĂ©finie par les autoritĂ©s compĂ©tentes, sera mise en oeuvre. C'est l'objet mĂȘme de la dĂ©cision du 5 mai 2026.
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Sur ce point, la dĂ©cision du Conseil d'Ătat apparaĂźt trĂšs soigneusement motivĂ©e. Elle ne retient que les dysfonctionnements prouvĂ©s et systĂ©miques, Ă©cartant les incidents ponctuels. [âŠ]
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Le Conseil d'Etat condamne ainsi l'usage d'une plateforme qui est bien loin de rĂ©pondre aux exigences lĂ©gales de la procĂ©dure de demande d'asile. Au-delĂ de l'ANEF, le Conseil montre qu'il refuse le mythe du numĂ©rique neutre. Un tĂ©lĂ©service n'est pas un simple mode d'organisation interne. Il est aussi et surtout la condition d'exercice des droits de l'Ă©tranger. Quand il bloque, il prive l'Ă©tranger de ses droits. Quand il se tait, il rend plus prĂ©caire sa situation. Enfin quand il ne permet pas de corriger une demande, il fabrique de l'illĂ©galitĂ©. Certes, le Conseil d'Ătat n'ordonne pas le retour au guichet et au papier. Mais il exige de l'administration qu'elle assume juridiquement son choix du tout-numĂ©rique. En clair, un service public n'est lĂ©gal que s'il demeure un service public. Un bel hommage pour le centenaire des Lois de Rolland.
Ho, un REP-injonctions (que l'on nomme couramment recours systémique), comme pour le port du RIO ou les contrÎles d'identité au faciÚs.
#LLC
BIATSS des universitĂ©s : en 2022 et 2023, temps de travail annuel infĂ©rieur aux 1 607 heures prĂ©vues lĂ©galement (origine : accords syndicaux et locaux lors du passage aux 35 h) + rĂ©gime indemnitaire (prime) moins intĂ©ressant, en moyenne, que dans l'Ă©duc nat et dans le reste de la fonction publique d'Ătat (ex. ingĂ©nieur d'Ă©tudes : 8,8 kâŹ, contre 11,6 k⏠dans l'Ă©duc nat, et 16,7 k⏠dans les autres ministĂšres). La revalorisation et la rĂ©gularisation se compenseraient. Ces deux sujets sont une vieille rengaine.
Comme annoncé il y a un mois, j'ai publié les liens que j'avais mis de cÎté entre fin 2023 et maintenant. \o/ (Souvent, je n'ai pas publié de nouveaux articles, j'ai mis à jour des articles existants.)
Donc, normalement, je devrais publier des articles plus frais.
Data Privacy Framework (DPF) = dĂ©cision d'adĂ©quation (art 45 du RGPD) entre l'Union europĂ©enne et les Ătats-Unis d'AmĂ©rique.
Rapport 2022 dĂ©classifiĂ© de la FISA Court (FISC). Environ 278 000 abus en 2020-2021. Environ 23 000 recherches sur des citoyens Ă©tats-uniens impliquĂ©s dans lâattaque du Capitole (page 30). Recherche sur environ 19 000 donateurs pour une Ă©lection au congrĂšs (idem). Recherche sur 133 personnes arrĂȘtĂ©es dans le cadre du mouvement social de protestation suite au meurtre de Floyd par un flic (page 27). DOJ NSD (division de la sĂ©curitĂ© nationale du ministĂšre de la Justice) a estimĂ© que ces recherches (comme dâautres) ne pouvaient raisonnablement pas ĂȘtre susceptibles de porter sur du renseignement Ă©tranger ou Ă rĂ©colter des preuves dâun crime (auquel cas FBI peut utiliser la section 702 sur des citoyens ricains).
Le droit des USA prévoit une information des personnes espionnées, notamment quand un produit de la surveillance sera utilisé contre eux dans un procÚs pénal. Sans surprise, cette information est perfectible et non-systématique.
Consultation publique préalable + rapport de la Commission européenne (ComUE). Article 45(3) du RGPD + considérant 211 du DPF : un an aprÚs l'adoption puis au moins tous les quatre ans. En résumé : circulez, les institutions sont en place, les USA sont adéquats au droit de l'UE, et autosatisfaction. Contribution d'Aeris. La mienne n'a pas été publiée car déposée hors délai (mais la ComUE m'a assuré qu'elle la prendrait en compte, trololo). Avis de Dignilog. Rapport du CEPD. Ce rapport est une trÚs bonne synthÚse toujours d'actualité. En résumé : y a encore du travail. Article de Next.
Renouvellement de FISA : 4 mois fin 2023, puis loi RISAA d'avril 2024 qui l'a ré-autorisé jusqu'en avril 2026. Des chefs du FBI incitaient à l'utilisation des outils de surveillance pour justifier le renouvellement.
La loi Reforming Intelligence And Securing America Act (RISAA) Ă©tend la dĂ©finition des entitĂ©s qui doivent collaborer avec les services de renseignement. MĂȘme le lobby des multinationales Ă©tats-uniennes du numĂ©rique s'en est inquiĂ©tĂ©. La meilleure source est la section 3.2 du rapport prĂ©citĂ© du CEPD. Lire aussi : article 1 de Next ; Article 2 de Next ; Article d'Ars Technica. Notons que le projet de loi concurrent, prĂ©parĂ© par la Commission sĂ©natoriale du renseignement, prĂ©voyait le recours Ă FISA 702 Ă l'encontre des demandeurs d'asile, et de visas, dont les visas permanentsâŠ
Jugement T-354/22 du Tribunal de l'UE. Il illustre la difficulté de convaincre une juridiction lorsque une entité états-unienne héberge les données sur le sol de l'UE. Pourvoi en cours (C-206/25).
Le retour de Trump au pouvoir, sa volontĂ© de concentrer le pouvoir (ex. : dĂ©cret prĂ©sidentiel EO 14215, les agences fĂ©dĂ©rales doivent soumettre leurs mesures rĂ©glementaires au PrĂ©sident), son limogeage de membres du PCLOB (dispositif central du DPF et du contrĂŽle du renseignement ricain, sur lequel le CEPD s'appuie lourdement), limogeage de la patronne de la FED, limogeage Ă la tĂȘte de la FTC, etc., mettent en lumiĂšre l'absence d'indĂ©pendance des contre-pouvoirs prĂ©vus pour le DPF. Le patron de la Commission des libertĂ©s civiles, de la justice et des affaires intĂ©rieures (LIBE) du Parlement europĂ©en a Ă©crit Ă ce sujet au Commissaire europĂ©en de la direction gĂ©nĂ©rale de la justice et des consommateurs (DG JUST) de la ComUE.
Deux articles de noyb : US Cloud soon illegal? Trump punches first hole in EU-US Data Deal et EU-US Data Transfers: Time to prepare for more trouble to come.
Rejet du recours Latombe contre le DPF. Voir ici. Pourvoi en cours.
En avril 2026, prolongation de 10 jours puis de 45 jours de la section 702 de la loi FISA, le temps de trouver un accord politique sur son éniÚme renouvellement couplé, ou non, à une éniÚme réforme.
L'Office of the Director of National Intelligence (ODNI, directeur du renseignement national) publie un rapport annuel de transparence.
Rapports annuels FISA du MinistĂšre de la justice (DOJ).
En 2022, j'ai dĂ©posĂ© des plaintes auprĂšs de la CNIL concernant des transferts de donnĂ©es Ă caractĂšre personnel survenant sur le site web de mĂ©dias en ligne. DĂ©but 2024, la CNIL n'ayant pas traitĂ© ces plaintes dans un dĂ©lai raisonnable, j'ai saisi le Conseil d'Ătat. Dans la foulĂ©e, la CNIL a clĂŽturĂ© mes plaintes : le DPF corrige la situation, et elle a rappelĂ© leurs obligations aux journaux en ce qui concerne les transferts survenus en l'absence de dĂ©cision d'adĂ©quation. J'ai saisi le Conseil d'Ătat en l'invitant Ă transmettre Ă la CJUE une question portant sur la validitĂ© du DPF. Je me suis fait tej.
En effet, les faits sont antĂ©rieurs au DPF, donc le CE s'est bornĂ© Ă constater qu'un rappel aux obligations lĂ©gales par la CNIL est une mesure correctrice suffisante. Comme tout acte d'une administration, le DPF est prĂ©sumĂ© lĂ©gal, donc la CNIL pouvait lĂ©gitimement considĂ©rer qu'il constitue une mesure correctrice. Si je pensais l'inverse, il m'appartenait d'en informer la CNIL aprĂšs son adoption, ce que je n'ai pas fait. DĂšs lors, la CNIL n'Ă©tait pas saisie de la validitĂ© du DPF, donc le CE n'avait pas Ă se prononcer dessus, et donc Ă saisir la CJUE. On retrouve les mĂȘmes rejets procĂ©duraux dans les recours contre la Plateforme des donnĂ©es de santĂ© (HDH).
NĂ©anmoins, j'ai ĆuvrĂ© avec un avocat spĂ©cialiste de ces sujets. En rĂ©sumĂ© : le DPF est difficile Ă dĂ©zinguer. Il faut aller dans le dĂ©tail, en mĂ©langeant du droit ricain et du droit europĂ©en, l'analyse de noyb (cf. articles supra) est superficielle, donc c'est trĂšs coĂ»teux. Il ne suffit pas de prĂ©tendre qu'il est un copier-coller des dĂ©cisions d'adĂ©quation antĂ©rieures (Safe Harbor et Privacy Shield). D'ailleurs, noyb n'a pas agi contre le DPF (je leur ai demandĂ© en fĂ©vrier 2024).
Quelques détails :
Bref, le débat juridique contre le DPF est vraiment pointu.
Il reste des arguments : mise Ă jour secrĂšte, par le prĂ©sident ricain, des objectifs de renseignement (pour la collecte en vrac, le Tribunal de l'UE a dit OK, mais il n'a pas Ă©tĂ© saisi sur les autres activitĂ©s de renseignement) ; l'absence d'information des personnes surveillĂ©es empĂȘche tout recours (on a pareil en France, ceci dit) ; (in)effectivitĂ© de la mise en Ćuvre des principes de nĂ©cessitĂ© et de proportionnalitĂ©, notamment au regard des abus rĂ©fĂ©rencĂ©s supra ; auto-certification des importateurs, qui, par ailleurs, peinent Ă respecter le RGPD, et absence de contrĂŽle effectif par la FTC ; et les nombreuses dĂ©rogations prĂ©vues par le dĂ©cret prĂ©sidentiel EO 14086 annihilent le principe.
Je les ai soulevés dans des plaintes CNIL déposées en 2025. En cours de traitement.
La prĂ©sence de Google Analytics et DoubleClick sur le site web du Service des immatriculations des Ătats-Unis d'AmĂ©rique (USA) rĂ©vĂšle Ă Google des donnĂ©es Ă caractĂšre personnel sur des personnes handicapĂ©es (adresse IP, etc.).
Traceurs Meta et Google Analytics sur le site web d'une pharmacie en ligne finlandaise.
#RGPD #transferts #Ătats-Unis #USA #Finlande
Plateforme des données de santé (PDS) = SystÚme national des données de santé (SNDS) = Health Data Hub (HDH) = centralisation des bases de données de santé existantes afin de favoriser la recherche :
L'objectif des Licornes célestes et autres était d'obtenir le renvoi à la CJUE, d'une question préjudicielle portant sur la validité au droit de l'UE du Data Privacy Framework (DPF, décision d'adéquation entre l'UE et les USA). Le CE a fermé de nombreuses portes, notamment dans sa décision de mars 2026 :
De leur cĂŽtĂ©, et sans surprise, les ricains n'hĂ©sitent pas Ă pratiquer du protectionnisme rĂ©glementaire sur leurs donnĂ©es de santĂ© : dĂ©cret prĂ©sidentiel EO 14117 de Biden. MĂȘme si les donnĂ©es de santĂ© sont anonymisĂ©es ou pseudonymisĂ©es.
En 2026, devant l'AssemblĂ©e, le dirlo par intĂ©rim de la PDS ne sait pas si les donnĂ©es sont chiffrĂ©es lors de leur traitement sur Azure. (C'est important car, en 2024, en Ăcosse, il a Ă©tĂ© montrĂ© que des donnĂ©es hĂ©bergĂ©es dans l'UE peuvent ĂȘtre transfĂ©rĂ©es durant leur traitement en fonction des serveurs disponibles.) En se basant sur les dĂ©cisions du CE, il concĂšde un faible risque pour les donnĂ©es. On retrouve Capgemini pour du conseil.
Lors de son audition au SĂ©nat en juin 2025, le directeur des affaires publiques et juridiques de Microsoft France confirmait devoir transmettre les donnĂ©es, mais que ça n'est jamais arrivĂ© pour une entitĂ© europĂ©enne depuis la publication des rapports de transparence (bien entendu, cela ne correspond pas aux rapports publiĂ©s par le gouvernement Ă©tats-unienâŠ). Le gus contourne la question sur le manquement que constitue, selon l'EDPS, le recours Ă Microsoft 365 par la Commission UE. Idem sur la suspension de la messagerie du procureur gĂ©nĂ©ral de la Cour pĂ©nale internationale.
LinkedIn tracks the visits to profile pages. However, if you want to see who has visited your own profile, you have to pay. The Microsoft subsidiary uses these and other âinsightsâ as an incentive for people to sign up for its paid Premium membership. It is unclear whether this tracking of visitors is legal. What is clear, however, is that if this data is displayed as part of a premium membership, it should also be accessible in response to an access request under Article 15 GDPR. But LinkedIn refuses to comply â and suddenly cites alleged data protection concerns that supposedly only arise in the case of an access request.
Je m'interroge đ€ïž : l'abonnement de grĂ© Ă grĂ©, d'un cĂŽtĂ©, et le droit d'accĂšs de l'autre, sont deux procĂ©dures distinctes, mĂȘme quand elles portent sur les mĂȘmes donnĂ©es. Lors d'une demande d'accĂšs, l'article 15(4) du RGPD contraint une entitĂ© Ă occulter les donnĂ©es qui portent atteinte aux droits et libertĂ©s d'autrui. Cette contrainte n'existe pas dans le cas de l'abonnement. Par analogie, une administration peut lĂ©gitimement communiquer des documents en intĂ©gralitĂ© Ă une personne dans un contexte, et devoir, dans un contexte de communication de docs Ă la mĂȘme personne, en caviarder les mentions qui portent prĂ©judice Ă des tiers (L311-6 CRPA). ConsĂ©quence : je ne suis pas certain qu'on puisse exiger le mĂȘme rĂ©sultat d'une demande d'accĂšs RGPD que d'un abonnement. En ce sens, je trouve la dĂ©marche de noyb intĂ©ressante.
#payant
Identifier, avec xdebug, l'origine de la lenteur d'un script PHP exécuté par php-fpm sur un systÚme Debian GNU/Linux :
# apt install php-xdebug
# cat > /etc/php/8.4/fpm/conf.d/90-xdebug_custom.ini << EOF
xdebug.mode=profile
xdebug.output_dir=/tmp
EOF
# systemctl reload php8.4-fpm
Les traces seront déposées dans /tmp. J'ai utilisé le logiciel kcachegrind pour les visualiser (il est empaqueté dans Debian 13).
à faire sur une plateforme de test, évidemment.
J'avais déjà utilisé xdebug pour afficher la stacktrace ou pour identifier une erreur de programmation.
#performances
paste is a shell command that joins files horizontally (parallel merging) by writing to standard output lines consisting of the sequentially corresponding lines of each input file, separated by tabs.
[âŠ]
Sum the numbers from 1 to 100:$ seq 1 100 | paste -d + -s | bc
#somme #nombres #shell #bash
Require local
Le fournisseur local autorise l'accĂšs au serveur si l'une au moins de ces conditions est satisfaite :
l'adresse IP du client correspond Ă 127.0.0.0/8
l'adresse IP du client est ::1
les adresses IP du client et du serveur sont identiquesL'exemple suivant montre une méthode simple pour sélectionner les connexions en provenance de l'hÎte local :
Require local
Intéressant aussi, la différence entre host et forward-dns.
Le requérant conteste le maintien automatique en détention d'un mineur de seize ans condamné à une peine ferme par la cour d'assises des mineurs, devant laquelle il avait comparu détenu, alors qu'il fait appel de sa condamnation. La QPC est déposée à l'occasion de cet appel et conteste finalement l'application aux mineurs du droit commun de la détention provisoire.
Les dispositions contestĂ©es sont les articles L 231-7 et L 531-2 du code de la justice pĂ©nale des mineurs issus de l'ordonnances du 11 septembre 2019. Elles ont pour point commun d'aligner la justice pĂ©nale des mineurs sur celle des majeurs, pour ce qui est de la cour d'assises des mineurs et de l'appel de ses arrĂȘts.
[âŠ]
Pour justifier sa décision, le Conseil constitutionnel fait un usage que l'on pourrait qualifier d'offensif du principe fondamental reconnu par les lois de la République (PFLR), issu de sa décision du 29 août 2002. Il y énonce le "principe de l'atténuation de la responsabilité pénale des mineurs en fonction de l'ùge, comme la nécessité de rechercher le relÚvement éducatif et moral des enfants délinquants par des mesures adaptées à leur ùge et à leur personnalité, prononcée par une juridiction spécialisée ou selon des procédures adaptées".
Ce principe trouve son origine dans la loi du 12 avril 1906 sur la responsabilitĂ© pĂ©nale des mineurs, celle du 22 juillet 1912 sur les tribunaux pour enfants, et enfin l'ordonnance du 2 fĂ©vrier 1945 sur l'enfance dĂ©linquante. DĂšs cette dĂ©cision du 29 aoĂ»t 2002, le Conseil prĂ©cise que cette spĂ©cificitĂ© de la justice des mineurs ne fait pas obstacle Ă ce que des privations de libertĂ© soient prononcĂ©es. Mais leur nĂ©cessitĂ© doit ĂȘtre apprĂ©ciĂ©e au regard de l'Ăąge et de la personnalitĂ© du jeune dĂ©linquant. La contrainte doit demeurer exceptionnelle, individualisĂ©e et contrĂŽlĂ©e par un magistrat ou une juridiction tenant compte de la minoritĂ©.
Câest prĂ©cisĂ©ment ce point qui fait basculer la dĂ©cision Sawran S. Le problĂšme ne rĂ©side pas le fait qu'un jeune de seize ans soit placĂ© en dĂ©tention provisoire. Il rĂ©side dans le fait que la loi a opĂ©rĂ© une transposition mĂ©canique d'un rĂ©gime pensĂ© pour les majeurs.
Cette dĂ©cision s'inscrit dans une sĂ©quence jurisprudentielle faite de QPC largement transmises par la Cour de cassation. Le 19 juin 2025, le Conseil a ainsi censurĂ© partiellement la loi Attal visant Ă renforcer l'autoritĂ© de la justice Ă l'Ă©gard des mineurs dĂ©linquants et de leurs parents. Ătaient alors sanctionnĂ©s l'allongement Ă un an de la dĂ©tention provisoire pour des mineurs de moins de seize ans et le caractĂšre exceptionnel de la suppression de l'excuse de minoritĂ©. Quelques jours plus tard, une QPC du 27 juin 2025 Mohamed Z. a sanctionnĂ© une disposition autorisant la dĂ©tention provisoire d'un mineur, en l'absence de dĂ©cision d'un juge spĂ©cialisĂ©.
Le rappel, à trois reprises en quelques mois, de ce PFLR consacrant la spécificité de la justice des mineurs, s'analyse comme un acte de résistance à une tendance lourde des gouvernements successifs qui cherchent à aligner la justice des mineurs sur celle des majeurs. Certes, l'ordonnance du 11 septembre 2019 la codifie, mais c'est aussi dans le but d'écarter la référence à la célÚbre ordonnance de 1945 qui consacrait une vision largement éducative de cette justice. Aujourd'hui, le Conseil n'écarte pas l'idée d'une justice des mineurs plus sévÚre, choix qui appartient au législateur. Il protÚge en revanche sa spécificité, revenant ainsi à ses origines et rappelant que le délinquant est un enfant. Sur un plan plus concret, il rappelle aussi que la minorité n'est pas seulement une circonstance atténuante, mais aussi le support d'une justice désormais constitutionnalisée.
#LLC
Projet de loi sur la justice criminelle et le respect des victimes par Darmanin. Ăgalement nommĂ© SURE (sanction utile, rapide, et effective). GrĂšves des avocats.
Plein d'idĂ©es magnifiques đ€źïž, comme l'extension de la CRPC en matiĂšre criminelle sous rĂ©serve de non-opposition de la partie civile (prĂ©tendue efficacitĂ© par la culture du deal, un cadre propice Ă l'aveu et Ă la non-contestation, et la mise Ă l'Ă©cart des victimes).
Mais aussi le recours Ă la gĂ©nĂ©alogie gĂ©nĂ©tique. Utilisation des bases de donnĂ©es privĂ©es (coucou les tests gĂ©nĂ©tiques rĂ©crĂ©atifs pour connaĂźtre ses origines massivement promus par des vidĂ©astes sur Internet đïž). Facilitation de l'accĂšs au FNAEG, ce fichier créé pour les crimes sexuels puis Ă©largi. Rappel sur la faillibilitĂ© des procĂ©dĂ©s techniques. Mettre en parallĂšle de la CJUE qui retoque le massif fichage français des empreintes digitales.
Eolas en parle trĂšs bien pour dire qu'il s'agit d'un coup de comm' :
La généalogie génétique, ou Forensic Genetic Genealogy, consiste à prendre des traces ADN prélevées sur une scÚne de crime et attribuées à l'auteur, et non pas les comparer à une base de traces comme le FNAEG qu'il mentionne (Fichier National Automatisé des Empreintes Génétiques)
comparaison qui dit "c'est lui" avec une trÚs forte probabilité ou "c'est pas lui" avec une certitude absolue, mais de rechercher et identifier des parents de cette personne pour ensuite examiner leur entourage à la recherche d'un suspect.
Plusieurs centaines d'affaires ont été élucidées avec cette technique. Merveilleux, votons cette loi, et problÚme résolu ? Bien sûr que non. Cela pose quelques petits problÚmes.
D'abord, il faut avoir une base génétique pour remotner à la famille de l'auteur.Il existe aux Etats-Unis plusieurs bases de données privées accessibles librement dans lesquelles les services de sécurité vont piocher : GEDmatch et FamilyTreeDNA, notamment.
Ces bases sont constituĂ©es avec des gens qui payent une somme modique pour connaitre leurs origines.Les Noirs amĂ©ricains y sont surreprĂ©sentĂ©s, car si les blancs connaissent leur origine avec l'histoire de leurs ancĂȘtres immigrants, ce n'est pas le cas des descendants d'esclave : ils peuvent ainsi retrouver l'histoire qu'on leur a volĂ© et savoir d'oĂč venaient leurs aĂŻeux.
Ces bases contiennent un ADN séquencé trÚs complet, de plusieurs milliers de marqueurs génétiques. Cela permet de retrouver des parents jusqu'au 4e degré.
Or aucune base de ce type n'existe en Europe, oĂč on a une rĂ©ticence Ă l'idĂ©e de bases de donnĂ©es permettant d'assigner une personne Ă un groupe racial, on se demande pourquoi.
Le FNAEG ne permettra pas de faire ces recherches car il ne contient que 21 marqueurs (ou loci), dont 12 coordonnés au niveau européen (L'ESS, établi par résolution du conseil européen du 25 juin 2001) contre plusieurs milliers pour les bases US. C'est pas compatible.
Autoriser la gĂ©nĂ©alogie gĂ©nĂ©tique pose des problĂšmes â pas insurmontables mais il va falloir phosphorerâ de conformitĂ© au RGPD, et suppose soit la constitution d'une base ADN complĂšte au niveau français (et lĂ on se heurte Ă un mur constitutionnel)
soit permettre la consultation des bases US mais ces bases ont peu de chance d'avoir des informations utiles en France et posent un problÚme de fiabilité, ces bases étant privées et la rigueur de collecte des données n'étant pas supervisée par une quelconque autorité.
Bref, on a un effet d'annonce qui permet de parader sur les plateaux télé en ayant des trémolos pour les victimes, qui repose sur le pari, payant ici, de l'ignorance de l'intervieweur qui ne contrariera pas le yakafokon du ministre avec des détails comme la réalité.
Et sous-jacent revient l'antienne du "il faudrait ficher tout le monde, au nom de la sécurité et par respect pour les victimes, comment pouvez-vous dire non aux victimes, auriez-vous quelque chose à vous reprocher ?"
Quis custodiet ipsos custodes?
Sur les tests génétiques récréatifs, Scilabus a produit une excellente vidéo : Et si vous aviez donné votre ADN sans le savoir ? En trÚs résumé : faire un tel test, c'est exposer ses proches et au-delà .
La CNIL avait également appelé à la vigilance sur ces tests interdits dans l'UE.
#LLC
Cette plainte a Ă©tĂ© clĂŽturĂ©e par la CNIL trois mois plus tard, en avril 2022. Pour justifier sa clĂŽture prĂ©maturĂ©e, sans statuer sur le fond et sans exiger une mise en conformitĂ©, la CNIL explique quâ« il est apparu que le traitement visĂ© [âŠ] fait lâobjet dâĂ©changes et de travaux entre la sociĂ©tĂ© Boulanger et la Direction de lâaccompagnement juridique de la CNIL », que « la sociĂ©tĂ© Boulanger a, avant la date de dĂ©pĂŽt de la plainte, initiĂ© une dĂ©marche dâaccompagnement dans la mise en place de ce traitement », et enfin que « ces travaux [dâaccompagnement] sont toujours en cours au sein de la CNIL et ceux-ci peuvent conduire Ă des Ă©volutions des caractĂ©ristiques fondamentales du traitement objet de votre plainte ».
AprÚs saisine CADA : transmission de la demande d'accompagnement sectoriel 2021 et son AIPD (analyse d'impact relative à la protection des données) + présentation de Valiuz, le tout caviardé pour secret des affaires.
à la CADA, la CNIL parle d'un compte-rendu de réunion concernant l'accompagnement sectoriel mais qui ne serait pas communicable car inachevé (notes inintelligibles sans structure), ce que la CADA valide, et d'un accompagnement renforcé en 2023 qu'elle aurait rejeté.
AprÚs relance, la CNIL communique la candidature à l'accompagnement renforcé 2023 et son AIPD, les deux occultées pour secret des affaires.
AprÚs saisine du tribunal administratif (TA), la CNIL a communiqué son courrier de refus de l'accompagnement renforcé.
Pas de cassation à ma connaissance (il n'y a pas d'appel dans ce type de procédure).
En rĂ©sumĂ© : aucun accompagnement de Valiuz (au moins, c'est ce que prĂ©tend la CNIL, et aucun doc en sens inverse) + opacitĂ© et mĂ©diocritĂ© usuelles des administrations qui laisse planer un douteâŠ
En parallÚle de ça, article inséré par une sénatrice dans le projet de loi simplification de la vie économique à la demande de la CNIL visant à interdire la communication des documents relatifs aux accompagnements de la CNIL.
Dans une entrevue accordĂ©e Ă Next, la CNIL justifie cela : l'accompagnement protĂšge la vie privĂ©e par un franc dialogue qui ne saurait ĂȘtre public + par la connaissance acquise par la CNIL des difficultĂ©s du terrain. Il faut reconnaĂźtre qu'il y a de vraies difficultĂ©s d'interprĂ©tation du RGPD, qu'un accompagnement CNIL peut trancher.
On y apprend également la génÚse de cette modification de la loi :
On a des retours de sociĂ©tĂ©s avec lesquelles on discute, et puis il y a Alliance Digitale [qui se prĂ©sente comme « la principale association professionnelle qui rassemble lâensemble des experts du marketing digital en France », NDLR] qui a publiquement pris position en amont de lâexercice de rĂ©vision du RGPD, il y a quelques mois, et dĂ©clarĂ© quâexclure du droit de communication les documents relatifs aux accompagnements serait une avancĂ©e. Ăa nâa pas Ă©tĂ© retenu au niveau europĂ©en, mais il nous a paru que la proposition nâĂ©tait pas totalement irrationnelle au niveau national.
Le projet de loi simplification de la vie économique a été adopté par le Parlement en avril 2026. Il s'agit de l'article 23 qui modifie le L311-5 CRPA. Ce projet de loi vise également à faciliter la construction de centre de données (datacenters), y compris géants.
Le Conseil constitutionnel a été saisi de ce projet de loi, mais pas sur cet article.
Au final :
Mais en droit, sauf cas particuliers, on est innocent jusquâĂ la condamnation dĂ©finitive prononcĂ©e par un juge.
https://xcancel.com/Maitre_Eolas/status/1824534590922559738 / https://xcancel.com/Maitre_Eolas/status/1824531962452668741 :
â le mot innocent nâĂ©tant pas une notion juridique, il nâa pas une dĂ©finition prĂ©cise aux contours bien dĂ©finis qui mettent les juristes Ă lâaise. DĂšs lors, on peut lâutiliser dans deux phrases contradictoires sans quâaucune des deux ne soit fausse.
[âŠ]
Tous les CS [classement sans suite] ont juridiquement le mĂȘme effet, tous les non lieu ont juridiquement le mĂȘme effet mais aucun des deux nâest en soi preuve de lâinnocence. Il faut lire les motifs de lâordonnance de non lieu pour savoir.
Il y a des non-lieu pour auteur non identifiĂ©, pour prescription, pour insuffisance de preuves qui donne le bĂ©nĂ©fice du doute. Il y a des non lieu parce que lâenquĂȘte a dĂ©montrĂ© quâil nây avait pas dâinfraction ou que la personne mise en examen ne pouvait lâavoir commise.
Dans le cas prĂ©cis de Fraisse, câest lâarticle 122-4 qui a Ă©tĂ© retenu pour le lanceur : irresponsabilitĂ© pĂ©nale car commandement de lâautoritĂ© lĂ©gitime, et pour ledit gradĂ©, Ă©tat de nĂ©cessitĂ© vu les circonstances.
Lâinnocence nâa pas de dĂ©finition juridique mais gĂ©nĂ©ralement on lâentend par « nâa pas commis le geste coupable ». Ici la justice a Ă©tabli que X a ordonnĂ© Ă Y de lancer la grenade qui a tuĂ© Fraisse. X et Y ont causĂ© la mort de Fraisse. Ce nâest pas disputĂ©.
Difficile de les prĂ©senter comme innocents de ce geste. Ils sont innocents du crime et du dĂ©lit dâhomicides, car ce geste Ă©tait autorisĂ© par la loi. Les partisans de Fraisse retiendront la premiĂšre acception, et ce sera un dialogue de sourds.
[âŠ]
LâirresponsabilitĂ© pĂ©nale nâest pas lâinnocence. Sinon le Chapitre 2 du titre 2 du Livre Ier du code pĂ©nal ne parlerait de causes dâirresponsabilitĂ© pĂ©nale mais de causes dâinnocence.
[âŠ]
â Et je parle d'innocence au plan juridique.
â Je doute que vous disiez dâune personne qui reconnait avoir violĂ© sa niĂšce ou sa fille il y a tellement longtemps quâil bĂ©nĂ©ficie de la prescription quâil est juridiquement innocent.
Et si le juge rend une ordonnance constatant la prescription et disant nây avoir lieu Ă suivre. Juridiquement innocent ? Et si les faits sont Ă©tablis et reconnus mais lâauteur dĂ©cĂšde avant son jugement. Il est juridiquement innocentĂ© ?
https://xcancel.com/Maitre_Eolas/status/1822929178108252518 :
La tournure est trĂšs ambiguĂ«. Oui il y a des CSS [classements sans suite] qui ne veulent pas dire que le mis en cause est innocent : opportunitĂ© des poursuites, prescription, etc. Mais la preuve de lâinnocence aboutit aussi Ă un CSS. Dans les deux cas câest la mĂȘme dĂ©cision.
https://xcancel.com/Maitre_Eolas/status/1780683106653249822 :
Non, il y a des classements [sans suite] qui supposent la reconnaissance de la culpabilité.
On dit avertissement pénal probatoire, mais oui.
https://xcancel.com/Maitre_Eolas/status/1783527096851079538 :
â [âŠ] Je cite:"Les preuves ne sont donc pas suffisantes pour que l'infraction soit constituĂ©e". Ya des preuves, mais ça ne suffit donc pas pour engager des poursuites pĂ©nales. [âŠ]
â TrĂšs involontairement, un hydroxychlorotroll notoire soulĂšve un point intĂ©ressant : les diffĂ©rentes catĂ©gories de classement sans suite. Un petit thread explicatif, pas pour lui, son divorce dâavec la rĂ©alitĂ© ayant dĂ©jĂ Ă©tĂ© prononcĂ© Ă ses torts exclusifs, mais pour les autres.
Le code de procĂ©dure pĂ©nale ne prĂ©voit aucune nomenclature, et pour cause : un classement sans suite (CSS) est un classement sans suite, les effets sont les mĂȘmes :
Mais Ă des fins statistiques, il a paru intĂ©ressant de savoir pourquoi un CSS Ă©tait prononcĂ©, car factuellement, un classement pour « yâa pas de preuve » et un classement pour rappel Ă la loi, ce nâest pas la mĂȘme chose.
Il y a mĂȘme un code numĂ©rique Ă deux chiffres (trois pour un cas qui a 4 sous-catĂ©gories) qui est apparu pour chaque grande catĂ©gorie, afin de leur enregistrement dans cette grande machine Ă produire des tableaux Excel quâest lâadministration.
Les motifs sont regroupés en 8 catégories, qui correspondent au premier chiffre du code numérique.
1 : Absence dâinfraction : les faits dĂ©noncĂ©s ne sont pas une infraction pĂ©nale. Par ex : une plainte contre un teinturier qui a endommagĂ© un vĂȘtement Ă lui confiĂ©. Câest du civil.2 : infraction insuffisamment caractĂ©risĂ©e. LĂ , le plaignant a bien visĂ© une infraction qui existe. On progresse. Mais fatalitas on nâa pas les Ă©lĂ©ments constitutifs. Soit quâils nâexistent pas, soit quâon ne les a pas trouvĂ©s (gĂ©nĂ©ralement, parce quâils nâexistent pas).
3 : Motifs juridiques. Ca se sous-divise en extinction de lâaction publique (EAP) par retrait de plainte quand elle est obligatoire, amnistie, transaction, dĂ©cĂšs de l'auteur, prescription, abrogation de la loi pĂ©nale, chose jugĂ©e, immunitĂ©, auteur dĂ©ment, procĂ©dure irrĂ©guliĂšre.
4 : Poursuites inopportunes. LĂ , a priori, il y a de quoi aller Ă la baston, mais le parquet nâa pas envie et il nâest pas obligĂ©. Il y a recherches infructueuses, dĂ©sistement du plaignant, Ă©tat mental dĂ©ficient, carence du plaignant, comportement de la victime, victime dĂ©sintĂ©ressĂ©e, rĂ©gularisation dâoffice de la situation illicite, trouble/prĂ©judice peu important et enfin câest Eolas l'avocat.
Ce sont ces CSS qui sont polĂ©miques, et qui illustrent le principe dâopportunitĂ© des poursuites : le parquet pourrait mais point ne veut.5 : Alternatives aux poursuites : le parquet dĂ©cide dâun CSS mais sous condition, qui constitue un avertissement suffisant pour lâauteur et rĂ©pare le dommage de lâĂ©ventuelle victime. Ca couvre la mĂ©diation, lâinjonction thĂ©rapeutique, la rĂ©gularisation Ă la demande du parquet,
le dĂ©sintĂ©ressement de la victime Ă la demande du parquet, et lâavertissement pĂ©nal probatoire qui remplace le rappel Ă la loi, outre les mesures de rĂ©paration pour les mineurs, et lâorientation vers une structure sanitaire et sociale.
6 : alternative aux poursuites par une autre autoritĂ© que le parquet : des poursuites disciplinaires ont lieu contre lâauteur (par son ordre, son administration, son employeur) et cela suffit aux yeux du parquet.
7 : Auteur inconnu. Lâauteur nâa pas Ă©tĂ© identifiĂ©, et câest compliquĂ© de le juger, du coup.
8 : Non lieu Ă assistance Ă©ducative. Câest un cas Ă part qui ne concerne que les mineurs pour des faits qui ne rĂ©vĂšlent pas un problĂšme intrafamilial, et qui ne concerne dâailleurs pas forcĂ©ment des infractions pĂ©nales (un mineur ramassĂ© dans la rue Ă point dâheure par ex.)
Les rubriques 1, 2, 6, 7 et 8 ne concernent quâun cas possible, on parle donc de classement 11, 21, 61, 71 et 81. Les autres se subdivisent : un classement pour amnistie est un classement 32, pour immunitĂ©, un CSS 35.
Les 4 causes dâextinction de lâaction publique sont la rubrique 34, subdivisĂ©e en 341 dĂ©cĂšs du mis en cause, 342 abrogation de la loi 343 chose jugĂ©e et 344 prescription.
Dans lâaffaire <CENSURE>, câest un classement 21, infraction insuffisamment caractĂ©risĂ©e. Notre ami Titi the worst tente de transformer Waterloo en Austerlitz en disant « mais je lis lâadverbe insuffisamment, donc si ça se trouve câĂ©tait suffisant ». Non, Titi. Câest pas ça.
La plainte, rĂ©digĂ©e Ă grands frais par un avocat extrĂȘmement talentueux, prenait des faits avĂ©rĂ©s, prenait des infractions existantes rĂ©ellement dans le code pĂ©nal, et disait, et câest lĂ que ça se gĂąte, que les premier constituaient les secondes.
Mais dĂšs lors que les infractions visĂ©es existaient, ça ne pouvait ĂȘtre un CSS11. Il ne restait que le 21. Bien sĂ»r on peut se dire quâau bout dâinvestigations poussĂ©es on est passĂ© à ça de confondre la coupable. un peu comme la chloroquine est à ça de soigner le COVID.
Mais ici ça ne tient pas. Les faits reprochés étaient constitués par des tweets écrits par une personne tweetant sous son vrai nom avec sa photo, et une personnalité reconnue dans son domaine de compétence.
Le travail a Ă©tĂ© assez simple. Ce tweet existe-t-il ? Oui, il est encore en ligne. Est-il Ă©crit par Elisabeth Bik ? Oui, son compte est certifiĂ© prĂ©-Elon. Est-ce une menace ? Pas du tout. Est-ce un chantage ? Ni de prĂšs ni de loin. đźCSS 21.
« Oui mais quand mĂȘme il y a eu trois ans dâenquĂȘte ». Alors non. Jâai eu accĂšs aux dates de dĂ©pĂŽt de la plainte et de sa transmission aux services de police. Elle a pris la poussiĂšre pendant lâessentiel de ces trois ans.
Fin du đ§”, peace out.
L'un des grands débats de 2024/2025, qui perdure à ce jour, a été l'ajout du non-consentement dans la définition juridique du viol. Pas de consensus. Deux camps polarisés tendance « si t'es contre cette nouvelle définition, alors t'es un violeur en puissance ». J'avais mis de cÎté quelques liens intéressants.
https://nitter.poast.org/Maitre_Eolas/status/1840333170962547003 :
â Comment expliquez-vous le trĂšs faible pourcentage de viols punis si « on sait faire ?
â Avant tout parce que ce trĂšs faible pourcentage est fabriquĂ© Ă des fins militantes, pour faire un appel Ă lâindignation qui est bien plus efficace pour mobiliser des soutiens quâune dissertation ou un long billet argumentĂ©.
Il repose sur du dĂ©claratif : lâINSEE fait des enquĂȘtes de victimation, et demande Ă des cohortes reprĂ©sentatives si elles ont subi une agression sexuelle ou un viol dans les X annĂ©es prĂ©cĂ©dentes. Le pourcentage de oui est, hĂ©las, trĂšs Ă©levĂ©.
Des associations de lutte contre les violences sexuelles extrapolent ce pourcentage Ă lâensemble de la population fĂ©minine en France dans les Ăąges interrogĂ©s et en dĂ©duisent le chiffre noir du nombre de viols chaque annĂ©e en France. Câest dĂ©jĂ critiquable mais soit.
Elles font ensuite le ratio entre ce nombre dâagressions/viols et le nombre de condamnations effectivement prononcĂ©es. Avec forcĂ©ment un pourcentage trĂšs faible, qui oscille entre 2% et 0,1% selon les calculs (on est quand mĂȘme dans un rapport de un Ă vingt, bonjour la prĂ©cision
Ce pourcentage est artificiellement bas car il prend en compte lâestimation de lâensemble des viols, y compris ceux pour lesquels aucune plainte nâest dĂ©posĂ©e. Reprocher Ă la justice de ne pas condamner des viols dont elle nâa pas connaissance nâest pas trĂšs juste, admettons-le.
Il y a eu rĂ©cemment un travail plus sĂ©rieux qui a Ă©tĂ© fait par une universitaire sur lâensemble des procĂ©dures, câest Ă dire soit quâune plainte a Ă©tĂ© dĂ©posĂ©e soit les faits ont Ă©tĂ© dĂ©couverts par la police sans intervention de la victime.
Pour les violences sexuelles, voilà la répartition du sort des procédures. [Schéma page 5 de https://www.ipp.eu/publication/le-traitement-judiciaire-des-violences-sexuelles-et-conjugales-en-france/]
Et lĂ on voit que quand des faits sont portĂ©s Ă la connaissance de la justice, 14% des faits donnent lieu Ă des poursuites et 13% Ă une condamnation, avec 1% de relaxe SUR LâENSEMBLE DES PLAINTES.
Le pourcentage de classement sans suite est trÚs élevé, mais cette étude a le mérite de se demander pourquoi.
75% des plaintes ne sont pas poursuivables : dans la moitiĂ© des cas, les preuves sont insuffisantes,11% les faits prĂ©sentĂ©s ne constituent pas une infraction, et 10% lâauteur nâest jamais identifiĂ©. Dans 3% des cas soit lâauteur est mort soit il y a prescription. La prescription nâest donc pas un problĂšme.
Seuls 11% des affaires poursuivables ne donnent pas lieu Ă des poursuites, la moitiĂ© par inopportunitĂ© (je nâai pas de dĂ©tails sur ces raisons) lâautre moitiĂ© parce que des alternatives aux poursuites ont Ă©tĂ© dĂ©cidĂ©es (ce qui suppose la plupart du temps lâaccord de la victime).
On a donc seulement 25% dâaffaires poursuivables : plus de la moitiĂ© donnent lieu Ă des poursuites et quasiment toutes finissent par une condamnation.
VoilĂ les vrais chiffres.
Je retiens :
1) Pas de dépÎt de plainte. Comme dans tous les autres domaines de la vie (je pense aux salariés qui gueulent contre le méazant patron mais qui s'écrasent bien dÚs qu'il s'agit d'agir, y compris par le biais de syndicats, par ex.). Changer la définition du viol va vraiment influer sur ça ? J'en doute ;
2) Preuves insuffisantes du point de vue d'un procureur (ou, plutÎt, rien ou pas assez pour dire que les critÚres définissant une infraction sont satisfaits) + absence de constitution de partie civile pour lui passer au-dessus. Je rappelle qu'en cas de viol, l'aide juridictionnelle totale est octroyée sans condition de ressources, et que cela entraßne l'absence de consigne. Donc les victimes ont moyen de faire entendre leur voix ;
3) Par analogie, le classement sans suite de plaintes pour non-respect du « stop pub » sur une boßte aux lettres ou pour violation du RGPD au titre que l'infraction ne serait pas assez caractérisée (= rien ou pas assez pour dire que les éléments constitutifs de l'infraction sont satisfaits) ou que les faits ne constitueraient pas une infraction prévue par la loi, sont courants. Ce n'est donc pas les femmes qui sont visées. Là encore, quel impact aura un changement de la définition du viol ? Ne vaut-il pas mieux octroyer plus de moyens à la justice, former les magistrats, voire les sanctionner quand ils ont classé sans suite manifestement à tort ? ;
4) Je n'ignore pas non plus les dĂ©cisions de justice hallucinantes qui ont dĂ©frayĂ© la chronique. Mais, lĂ encore⊠changer la dĂ©finition changera-t-il les mentalitĂ©s pĂ©rimĂ©es ? J'en douteâŠ
Parlons consentement chez Eolas. Il rappelle l'histoire, qu'avant d'ĂȘtre dans le Code pĂ©nal, le viol Ă©tait dĂ©fini par la jurisprudence, que cette dĂ©finition incluait « contre la volontĂ© », que les victimes devaient prouver que c'Ă©tait contre leur volontĂ©, y compris jusqu'Ă l'absurde (tabassĂ©es de maniĂšre visibleâŠ), jusqu'Ă la codification, sous l'impulsion d'Halimi, de la dĂ©finition actuelle.
Interview croisée : faut-il inscrire le consentement dans la définition du viol ? chez Les Surligneurs.
Viol : la question du consentement au coeur de l'affaire de Mazan chez LLC. Soumission chimique = surprise (au sens de consentement viciĂ©, pas d'Ă©tonnement) = viol. L'ajout du consentement Ă la dĂ©finition pourrait faire changer les comportements = LOL. Ăa serait au mec de montrer le consentement⊠et donc au parquet de montrer son absence⊠mais comme c'est difficile, on retombera sur une analyse de la psychĂ© et du comportement de la victime pour essayer de dĂ©duire le consentementâŠ
ProcĂšs des viols de Mazan : la France face Ă son refus dâinscrire le consentement dans la dĂ©finition du viol chez Les Surligneurs.
https://nitter.poast.org/SirYesSir29/status/1840031077986894084 :
â Pourriez-vous expliquer aux personnes ne connaissant pas le fonctionnement lĂ©gal en quoi ce serait dangereux d'ajouter comme complĂ©ment Ă la loi actuelle la notion de consentement ? Parce qu'en effet cela semble plutĂŽt une bonne idĂ©e.
â Actuellement l'accusation et la dĂ©fense se penchent et s'opposent sur le comportement du mis en cause : a t il usĂ© de contrainte, violence, menace ou surprise ?
La on va axer sur le comportement de la victime.
On voit déjà comment certaines défenses peuvent actuellement veniranalyser le comportement de celle ci parfois de maniÚre outranciere, la ce sera l'objet : déterminer si oui ou non il y a eu un consentement.
Comment ca se prouve ??
Personne n'est capable de me répondre quand je pose la question dans des discussions sur ce thÚme.Systématiquement on me renvoie à la sideration, sauf que la encore : comment se prouve la sideration et surtout la conscience chez le mis en cause de cet état chez la victime ?
En pensant mettre cette derniĂšre Ă l'abri on va la mettre au milieu de la discussion.En outre on le rappelle
- on peut consentir puis changer d'avis, consentir Ă une pratique et pas Ă 1 autre, et qu'il y ait viol
- on peut consentir en apparence et qu'il y ait viol
On me dira "y'a qu'à écrire consentement total et libre".
Ok.
Une fois encore, on prouve comment?Le problÚme c'est de faire croire que ca va faciliter les choses alors que ca ne va pas réduire la difficulté probatoire en la matiÚre, et qu'on risque d'exposer la victime plus encore.
â Mais câest dĂ©jĂ le cas, on essaie de montrer que si la victime avait une vie sexuelle comme ci ou comme ça câest quâelle Ă©tait sĂ»rement consentante. MĂȘme quand elle DORT ou est DROGUEE.
â Et je vous explique que ca va devenir la norme, ce qui la n'est pas le cas.
â Le problĂšme câest que ce qui pouvait ĂȘtre critiquĂ© au nom de la morale sera, du fait du texte, lĂ©galement dans les dĂ©bats. Il sera obligatoire de dĂ©montrer quâil y a eu un consentement explicite pour La DĂ©fense qui plaide lâacquittement.
â Le phĂ©nomĂšne existe, personne ne le nie.
MAIS :
- sur beaucoup de dossiers de viol amenés à l'audience ce qui est nié c'est la matérialité des faits (viols incestueux en particulier)
- entre adultes le mode de défense couramment répandu c'est "pour moi elle était d'accord"sans se répandre sur le comportement de la victime.
Ca arrive évidemment mais cette stratégie ne paie souvent pas, les avocats le savent & s'en gardent bien.
Pas sur qu'axer l'analyse sur le comportement de la victime fasse Ă©voluer les choses dans le bon sens.â Axer sa dĂ©fense sur le comportement de la victime quand ce comportement nâest pas manifestement problĂ©matique est trĂšs dangereux : ĂȘtre sourcilleux sur le moindre dĂ©tail du comportement de la victime met en abĂźme les gros problĂšmes du comportement de lâaccusĂ©.
Par exemple dire « oui mais la victime portait une mini-jupe et buvait des shots de tequila en boite de nuit » peut laisser entendre « mon client violera toute jeune fille en mini-jupe qui boit des shots en boßte de nuit, il est super dangereux, enfermez-le longtemps ».
https://nitter.poast.org/Maitre_Eolas/status/1833857560949977398 :
Quelques rappels dâutilitĂ© publique eu Ă©gard au procĂšs #Mazan en cours Ă Avignon.
1 - Un procĂšs pĂ©nal est un moment violent mĂȘme sâil se passe dans une atmosphĂšre policĂ©e. Câest mĂȘme parce que câest un moment violent que la loi impose une atmosphĂšre policĂ©e.Câest le moment oĂč la sociĂ©tĂ© va faire usage de son imperium, pour punir en privant quelquâun de sa libertĂ©, parfois pour trĂšs longtemps voire jusquâĂ sa mort. Fut un temps pas si loitnain oĂč elle pouvait mĂȘme le faire couper en deux.
Celui qui est exposĂ© Ă ce risque a, quoi quâil lui soit reprochĂ©, quoi quâil ait rĂ©ellement fait, le droit de se dĂ©fendre. Pas de se dĂ©fendre si, pas de se dĂ©fendre mais, pas de se dĂ©fendre Ă condition que, pas de se dĂ©fendre sous rĂ©serve. De se dĂ©fendre.
La dĂ©fense nâest pas un concours de popularitĂ©, ni un concours de tĂ©lĂ© rĂ©alitĂ© oĂč les citoyens sont invitĂ©s Ă donner leur opinion dâautant plus dĂ©finitive quâelle sâappuie sur des lambeaux dâinformation hors de tout contexte.
Le seul critĂšre qui vaille est celui de lâefficacitĂ©. Lâargument est-il favorable Ă lâaccusĂ©, repose-t-il sur le contenu du dossier, et est-il juridiquement valide ? VoilĂ tout ce qui compte. Quâil vous dĂ©plaise ou vous Ă©nerve nâest pas un critĂšre.
Pour un viol, il y a trois grands axes de dĂ©fense possible. Ils sont exclusifs lâun de lâautre donc câest un choix mĂ»rement rĂ©flĂ©chi entre lâavocat et son client. Câest le client qui a le dernier mot, un avocat en dĂ©saccord profond pouvant se retirer, mais câest dĂ©licat.
Se retirer dâun dossier oĂč son client veut plaider lâacquittement, câest laisser entendre quâon nây croit pas soi-mĂȘme. Câest poignarder son client dans le dos. Parfois, quand on nâa pas rĂ©ussi Ă convaincre, on se tient Ă un axe quâon nâa pas choisi par loyautĂ© pour le client.
Et vous ne saurez jamais si câest le cas ou pas. Deal with it.
1er axe de dĂ©fense possible : la relation sexuelle nâa jamais eu lieu. Dans ce cas le viol est impossible. Efficace mais dangereux : si une preuve apparaĂźt qui Ă©tablit la rĂ©alitĂ© du rapport, il ne reste quâun champ de ruines : ce dĂ©ni mensonger peut convaincre de la culpabilitĂ©.
Câest une dĂ©fense efficace pour des faits anciens oĂč aucune preuve nâa Ă©tĂ© rĂ©unie au moment des faits. Elle aboutit gĂ©nĂ©ralement Ă un classement sans suite ou un non lieu, elle voit rarement lâaudience faute de charges suffisantes.
2e axe : le rapport a bien eu lieu, mais lâaccusĂ© nâavait pas conscience quâil avait lieu par violence, contrainte, menace ou surprise. Ce qui exclut le viol.
Cette conscience ou non sera lâobjet des dĂ©bats ; dâoĂč les experts qui dĂ©cortiquent la personnalitĂ© de lâaccusĂ© mais aussi de la victime (jâai dit que câĂ©tait un moment violent), la reconstitution mĂ©ticuleuse des Ă©vĂ©nements.
Cette dĂ©fense est dâautant plus efficace quâaccusĂ© et victime Ă©taient proches, ce qui est le cas dans la grande majoritĂ© des viols : la victime connaissait la plupart du temps son agresseur.
3e axe, radicalement diffĂ©rent : le damage control. ReconnaĂźtre les faits, exprimer des regrets, justifier de soins, convaincre la cour que cette prise de conscience est sincĂšre et que le danger a disparu. Ăa nâĂ©pargne pas la condamnation mais peut Ă©viter la prison.
Vous voyez que ces axes supposent un choix excluant les autres, on ne peut pas plaider que le rapport nâa jamais eu lieu et que la victime Ă©tait consentante, et quâon sâest fait soigner et quâon ne rĂ©cidivera pas.
Dans lâaffaire de #Mazan, le 1er axe est a priori exclu, les faits ayant Ă©tĂ© filmĂ©s et les Ă©changes avec le mari retrouvĂ©s. Reste le 2e ou le 3e. Seul le 2e permet de viser lâacquittement.
Visiblement, plusieurs accusĂ©s comptent Ă©tablir quâils nâavaient pas conscience que le rapport avait lieu par violence, contrainte, menace ou surprise, en lâoccurrence surprise, câest la qualification que retient la jurisprudence sur une victime inconsciente.
Sachant que la loi prive dâefficacitĂ© certains arguments, comme « je ne savais pas que câĂ©tait interdit avec une femme inconsciente ». Câest le sens de lâadage « Nul nâest censĂ© ignorer la loi » : lâignorance de la loi nâest jamais une excuse.
Certains arguments soulevĂ©s au stade de lâenquĂȘte (on verra sâils sont maintenus lors des dĂ©bats) semblent tout aussi inefficaces, comme celui du consentement par le mari au lieu et place de son Ă©pouse (Gardez le silence en garde Ă vue).
Lâargument de la conviction que câĂ©tait une mise en scĂšne et que la victime feignait lâinconscience est juridiquement efficace, mais factuellement il faudra que le dĂ©roulement des faits laisse place a minima au doute,
dâoĂč lâexamen attentif Ă venir des vidĂ©os concernĂ©es (je vous ai dit quâune audience pĂ©nale Ă©tait violente ?)
En attendant, la dĂ©fense doit affronter des faits particuliĂšrement choquants, tant par leur nature que par leur dĂ©roulement. Aussi impartiaux paraissent-ils, les juges de la cour criminelle dĂ©partementale ont une premiĂšre opinion du dossier, quâils ont pu lire prĂ©alablement.
Cette opinion est sans nul doute dĂ©favorable aux accusĂ©s. Câest normal, et ce nâest pas grave tant quâils sont prĂȘts Ă la laisser se modifier dans un sens favorable au cours des dĂ©bats. Câest un exercice mental difficile mais auquel les juges sont habituĂ©s.
Le talent de la dĂ©fense va consister Ă tenter de briser cette muraille de prĂ©-jugĂ©, au sens Ă©tymologique du terme, et Ă faire sâinsinuer par ces failles lâidĂ©e que câest plus compliquĂ© que ça.
On nâabat pas une muraille de certitude par la douceur et les cĂąlins. Il faut un travail de sape, lent, mĂ©ticuleux et soudain tout sâĂ©croule, et parfois, si ça sâavĂšre nĂ©cessaire, utiliser lâartillerie pour fĂȘler une conviction aussi prĂ©maturĂ©e que solide.
Câest le travail des avocats de la dĂ©fense. Ils et elles feront ce quâils ou elles estimeront utile et nĂ©cessaire pour la dĂ©fense de leur client, en utilisant ce quâil y a Ă leur disposition :
les piĂšces du dossier, les personnalitĂ©s de toutes les parties et des tĂ©moins, la loi et les imprĂ©vus et incidents dâaudience, le tout dans le respect de la dĂ©ontologie, qui ne doit jamais entraver la dĂ©fense (au contraire elle est lĂ pour lâaider).
Il nây a pas de beau procĂšs sans belle dĂ©fense, et câest lâhonneur de notre sociĂ©tĂ© que de sâassurer que tout accusĂ©, quels que soient les faits, a une vraie dĂ©fense, exigeante, intransigeante. Quitte Ă dĂ©ranger : câest mĂȘme inquiĂ©tant une dĂ©fense qui ne dĂ©range jamais.
Alors parfois, il peut arriver, dans la chaleur des dĂ©bats, la tension qui peut y rĂ©gner (vous ai-je dit quâun procĂšs pĂ©nal Ă©tait un moment violent ?) quâun dĂ©fenseur aille trop loin, ait un mot malheureux, une colĂšre injustifiĂ©e, se trompe ou mĂȘme soit un peu de mauvaise foi.
(Je ne dis pas que câest arrivĂ© dans lâaffaire #Mazan)
Il y a des rĂšgles pour faire face Ă ces incidents dâaudience, apaiser les esprits, sanctionner les errements les plus graves, et rĂ©tablir la sĂ©rĂ©nitĂ© des dĂ©bats.Pour un procĂšs de cette nature, avec autant dâaccusĂ©s, sur une telle durĂ©e, câest inĂ©vitable comme la pluie en automne. Sâen Ă©mouvoir revient Ă pester contre les nuages qui vous trempent. A vous de voir si câest vraiment le spectacle que vous souhaitez donner, mĂȘme sur Twitter.
Enfin, vous avez probablement, comme 99% des gens dont moi (et je ne suis pas sĂ»r de vouloir connaitre le 1% restant, la plus grande sympathie pour la plaignante de cette affaire. Ayez bien conscience dâune chose : quoi quâil arrive, elle a dâores et dĂ©jĂ gagnĂ© ce procĂšs.
Elle a saisi tous ceux qui se sont intĂ©ressĂ©s Ă ce procĂšs, et a transformĂ© la commisĂ©ration et la compassion que tous ressentaient pour elle pour de lâadmiration pour les qualitĂ©s dont elle fait montre dans des circonstances incroyablement difficiles.
Quel que soit le résultat de ce procÚs, personne ne pourra jamais lui retirer ça. Eolas out.
https://nitter.poast.org/Maitre_Eolas/status/1840404152322551889 :
â [âŠ] nĂ©anmoins, j'ai tout de mĂȘme l'impression (ptet fausse) qu'il y a actuellement Ă©normĂ©ment de questions posĂ©es Ă la victime sur son consentement, son attitude... [âŠ]
Il y a trois axes de défense possibles pour un viol :
1 - la relation sexuelle nâa pas eu lieu.
2- elle a eu lieu mais lâauteur a pu croire que la victime Ă©tait ok
3 - CâĂ©tait un viol mais jâai changĂ©, tapez pas trop fort sâil vous plait.
La 1 et la 2 visent lâacquittement.Quand câest la 2, forcĂ©ment, la question de lâattitude de la victime va se poser car si les circonstances excluent toute Ă©quivoque (par exemple la victime sâest dĂ©fendue Ă coups de marteau, true story), la dĂ©fense sâĂ©croule.
Câest la dĂ©fense de plusieurs accusĂ©s de Mazan, qui plaident la croyance en un jeu sexuel. Les images des faits semblent abimer cette hypothĂšse.
Notez que le principal accusĂ© a choisi la dĂ©fense 3.Seule la dĂ©fense 3 Ă©pargne la victime, puisque son statut de victime nâest pas contestĂ©. La 1 suppose de la traiter de menteuse ou a minima dire quâelle sâest trompĂ©e, la 2 implique de dissĂ©quer les circonstances.
â [âŠ] donc, mettre le consentement au coeur de la dĂ©finition risquerait d'augmenter fortement le type de dĂ©fense 2 c'est cela ? [âŠ]
â Ăa donne de nouveaux arguments pour une dĂ©fense de type 2, oui : « Prouvez-moi quâelle nâa pas consenti puisque câest un Ă©lĂ©ment constitutif de lâinfraction : la charge de la preuve pĂšse sur le parquet et la victime ! »
Au final, ça sent la mauvaise idée, la victime sera toujours au centre du débat, voire plus. Je ne crois pas à un procÚs qui ne serait pas éprouvant / violent pour les victimes.
Ou alors on va tomber dans les trucs dĂ©biles comme une application mobile pour consentir (ça fait environ 10 ans que j'ai vu ça passer pour la premiĂšre fois)⊠Au-delĂ de la traçabilitĂ©, y compris par des tiers (Ă©diteurs, GAFAM, etc.), comme pour les applications de suivi des rĂšgles, ça pose la question de la zone grise (= baise spontanĂ©e mais consentie), du retrait du consentement, et du passage d'une interdiction sanctionnable a posteriori Ă un empĂȘchement a priori (voir : 1 ; 2, Ă la fin, dernier juriste intervenant).
Le consentement pourra toujours ĂȘtre viciĂ© (ce que la dĂ©finition du viol nomme « surprise »), comme le consentement aux cookies.
La dĂ©finition du viol aux Ătats-Unis d'AmĂ©rique (USA) comprend le consentement, sans plus d'effet. Quand on me parle de la SuĂšde et de son viol par nĂ©gligence, je pense Ă Assange (prĂ©tendu retrait du prĂ©servatif en cours de route, classĂ© sans suite faute de preuves, mais ayant permis son arrestation par la justice britannique pour le compte des ricains).
En définitif, je suis plutÎt contre l'ajout de l'absence de consentement comme élément constitutif du viol, ça sent le mirage, mais, au final, c'est aux concernées de choisir.
Directive 2024/1385 : devait contenir une définition commune du viol, mais échec.
La France de Macron s'y est opposée :
1) Volonté de ne pas laisser à l'UE la définition des infractions pénales. Cela rappelle le débat autour d'une définition européenne de ce qu'est la criminalité grave, donc ça ne vise pas les femmes ;
2) Inversion de la charge de la preuve qui serait dommageable aux victimes = preuve de leur refus = tout ce qui a été dit ci-dessus.
Avril 2026 : résolution du Parlement européen pour intégrer le consentement à la définition du viol.
La nouvelle définition du viol chez LLC sur la loi 2025-1057 qui modifie les articles 222-22 et 222-23 du Code pénal pour centrer la définition sur l'absence de consentement.
Le parquet devra prouver l'absence de consentement. Bon courage⊠Ăa simplifie uniquement pour les victimes qui n'Ă©taient pas en capacitĂ© de consentir (handicap, alcool, relation dominante genre supĂ©rieur hiĂ©rarchique, etc.).
Cette dĂ©finition ferait advenir un consentement pour chaque acte sexuel. Je ne vois pas en quoi la dĂ©finition d'avant n'y pourvoyait pas. đ€ïž
+ Protection des droits dâauteur contre le piratage : le traitement de donnĂ©es personnelles doit ĂȘtre revu par le CE
CE 433539
Dans sa dĂ©cision, le Conseil dâĂtat nous donne finalement raison sur ces deux points. PremiĂšrement, il estime que la conservation des donnĂ©es de connexion nâest pas faite de maniĂšre Ă prĂ©server les libertĂ©s. La CJUE exigeait une conservation dite « Ă©tanche » entre lâadresse IP et les donnĂ©es dâidentitĂ© civile (quâon peut comprendre comme deux bases de donnĂ©es, ou deux fichiers, distinct·es, qui ne peuvent ĂȘtre techniquement recoupé·es quâaprĂšs une demande dâaccĂšs en bonne et due forme par lâArcom). Le Conseil dâĂtat constate quâ« aucune disposition lĂ©gale nâimpose une telle conservation, dans ces conditions, aux opĂ©rateurs de communications Ă©lectroniques ».
[âŠ]
[âŠ] La ministre de la culture affirme avoir demandĂ© Ă SFR, Free, Orange et Bouygues Telecom si cette conservation Ă©tait faite de maniĂšre Ă©tanche. Ces opĂ©rateurs lui ont rĂ©pondu que oui, mais lâArcom devra sâen assurer. [âŠ]
DeuxiĂšmement, il constate Ă©galement que lâaccĂšs Ă ces donnĂ©es nâest pas prĂ©cĂ©dĂ© dâun contrĂŽle indĂ©pendant. Il sâen remet parfaitement aux conclusions dĂ©jĂ tirĂ©es par la CJUE, qui est que lâArcom ne peut ĂȘtre juge et partie : elle ne peut demander lâaccĂšs et contrĂŽler elle-mĂȘme la lĂ©galitĂ© de cet accĂšs, mĂȘme si elle est une autoritĂ© indĂ©pendante. Mais, comme le fait la CJUE, le Conseil dâĂtat estime que cette absence de contrĂŽle ne pose problĂšme quâĂ partir du troisiĂšme accĂšs aux donnĂ©es, lâĂ©tape oĂč une lettre recommandĂ©e est envoyĂ©e.
[âŠ]
Cela ne veut pas dire pour autant que la Hadopi est dĂ©finitivement morte. Le gouvernement pourrait revenir Ă la charge, crĂ©er une forme dâautoritĂ© de contrĂŽle de lâArcom pour se mettre en conformitĂ©. [âŠ]
+ Hadopi : la rĂ©ponse graduĂ©e dĂ©capitĂ©e, le plan B de lâArcom chez L'InformĂ©.
Autre scĂ©nario dâĂ©volution, dĂ©jĂ Ă©voquĂ© par la rapporteure publique au Conseil dâĂtat et validĂ© par la juridiction (au point 23 de la dĂ©cision), le maintien de la seule phase pĂ©dagogique. « LâidĂ©e serait de garder les volets 1 et 2 [mails et lettres remises contre signature, ndlr] des recommandations ».
Selon les derniers chiffres, entre 2010 et 2025, il y a eu moins de 15 000 dĂ©cisions de transmission au procureur de la RĂ©publique, Ă comparer aux 12,5 millions de premiers avertissements. [âŠ]
Dâautres modifications sont envisagĂ©es, comme celle visant Ă faire adopter par le lĂ©gislateur ou le ministĂšre de la Culture des dispositions pour que lâArcom ne puisse plus connaĂźtre le nom des Ćuvres qui ont motivĂ© lâenvoi des avertissements. Une mesure qui empĂȘcherait tout rapprochement possible. « On nâa jamais eu besoin dâavoir ces donnĂ©es mais avions militĂ© pour quâelles soient dans nos locaux car câest la premiĂšre question que nous posent les abonnĂ©s aprĂšs rĂ©ception des avertissements. On pourrait aussi imaginer avoir des canaux sĂ©parĂ©s avec dâun cĂŽtĂ© des agents qui connaissent ces informations pour les fournir au besoin aux abonnĂ©s, et dâautres qui ne les connaissent pas mais qui seraient chargĂ©s dâappliquer la rĂ©ponse graduĂ©e sans rapprochement possible. »
Mais au-delĂ de ces choix techniques, la question de la survie de la riposte graduĂ©e se pose dĂ©sormais au sein mĂȘme de lâautoritĂ©. « Est-ce quâil va rester pertinent de continuer dans le nouveau cadre fixĂ© par le Conseil dâĂtat ? ». LâArcom concĂšde que sâouvre dĂ©sormais « lâopportunitĂ© de sâinterroger sur lâallocation de nos moyens pour lutter contre le piratage, au regard des contraintes supplĂ©mentaires que lâarrĂȘt implique ». En clair, le jeu en vaut-il toujours la chandelle ? « Il y a aujourdâhui des pratiques plus prĂ©datrices en matiĂšre de piratage et la nĂ©cessitĂ© sâimpose dâallouer les Ă©nergies Ă la lutte contre ces nouvelles formes de contrefaçon en sâattaquant davantage aux sites quâaux utilisateurs individuels. On doit voir le coĂ»t du maintien de notre systĂšme dâinformation, sans compter lâimpression et lâenvoi des courriers. La seule indemnisation des fournisseurs dâaccĂšs nous coĂ»te 430 000 euros par an ».
Lâheure des choix est aussi celle du bilan. « Depuis la mise en place de la rĂ©ponse graduĂ©e, les usages de P2P ont baissĂ© de 80 % et le piratage par P2P ne concerne plus que 2 % des internautes ». En 2024, lâArcom a Ă©tĂ© saisie 2 millions de fois par les ayants droit, bien loin des 14 millions de saisines enregistrĂ©es en 2018. [âŠ]
Les points 5, 16, et 22 de la dĂ©cision sont intĂ©ressants : la lĂ©gislation doit prĂ©voir que les FAI et les FSI doivent conserver les donnĂ©es de connexion de maniĂšre Ă©tanche (identitĂ© dans une base, IPs attribuĂ©es dans une autre, etc.), sĂ©curisĂ©e, etc., et la CJUE impose un contrĂŽle de cela (qui en sera chargĂ© ? La CNIL ?). Les dĂ©clarations des FAI n'ont aucune importance. Cette exigence vaut mĂȘme si l'Ătat choisissait de renoncer intĂ©gralement Ă la riposte graduĂ©e puisque, indĂ©pendamment d'elle, la rĂ©glementation prĂ©voit la conservation de l'identitĂ© et des IPs attribuĂ©es. La prise en compte par le CE conduira Ă augmenter la sĂ©curisation des donnĂ©es de connexion dans leur ensemble. La bonne nouvelle dĂ©passe donc la feue HADOPI.
A priori, il faudra donc une modification du cadre lĂ©gal de la rĂ©tention des donnĂ©es de connexion, bien que, d'aprĂšs L'InformĂ©, l'ARCOM envisage une attestation sur l'honneur des FAI en attendant. Je pense que cette modification devra ĂȘtre opĂ©rĂ©e par la loi (et non un dĂ©cret) puisqu'elle porte sur les droits et libertĂ©s.
Le point 8 pose le problĂšme central de la derniĂšre phase de la riposte graduĂ©e : l'ARCOM ne peut pas procĂ©der Ă une troisiĂšme identification sans contrĂŽle indĂ©pendant prĂ©alable. Or, en voyant une IP, comment savoir si la demande d'identification sera la 3e ? đ€ïž
Le point 22 ouvre clairement la voie à contrefaçon (= mise à dispo de contenus) = criminalité grave. La contravention de négligence caractérisée de sécurisation de l'accÚs au net, elle, n'en fait pas partie.
Je trouve que le CE fait une interprĂ©tation minimaliste de l'arrĂȘt de la CJUE : pour que l'ARCOM poursuive la criminalitĂ© grave (comme la contrefaçon), elle n'aurait pas besoin de s'assurer que les donnĂ©es de connexion sont stockĂ©es de maniĂšre Ă©tanche par les FAI, car ce ne serait exigĂ© par la CJUE que pour la poursuite des infractions en gĂ©nĂ©ral (dont les non-graves). Ă aucun moment la CJUE n'Ă©crit que, si l'identitĂ© et les IPs sont conservĂ©es pour toute infraction (ce qui est le cas en FR), ce qui oblige Ă une Ă©tanchĂ©itĂ©, alors la rĂ©utilisation pour de la criminalitĂ© grave fait sauter cette exigence d'Ă©tanchĂ©itĂ©. Ăa a d'autant moins de sens que la conservation pour la criminalitĂ© grave ajoute aussi les donnĂ©es de trafic et de localisation, desquelles l'identitĂ© et les IPs doivent ĂȘtre Ă©tanches (point 87 de l'arrĂȘt CJUE). D'aprĂšs moi, la CJUE a dĂ©fini un plancher : Ă©tanchĂ©itĂ© pour toutes les infractions donc Ă©tanchĂ©itĂ© pour criminalitĂ© grave.
L'encart Ă la fin de l'article de L'informĂ© est erronĂ© : mĂȘme quand l'ARCOM poursuit un contrefacteur (qui relĂšve de la criminalitĂ© grave) et non une nĂ©gligence de sĂ©curisation (qui n'en relĂšve pas), elle ne peut pas transmettre le dossier Ă la justice puisque le 3e recoupement ne peut ĂȘtre autorisĂ© que par un juge ou une administration tierce. La seule garantie que le CE fait sauter en cas de contrefaçon, c'est l'exigence d'Ă©tanchĂ©itĂ© et de sĂ©curitĂ© cĂŽtĂ© FAI, pas le contrĂŽle prĂ©alable et indĂ©pendant de la troisiĂšme Ă©tape de la riposte graduĂ©e.
While the authority considers the practices of the facial recognition search engine PimEyes to be illegal, it refuses to take effective action because the company seems to be based in Dubai. PimEyes systematically extracts biometric data from images on the internet and uses it to build up a database. Users can upload photos of people to this website to find further images of the same person via facial recognition. The claimant had originally filed a complaint against PimEyes with the Hamburg DPA in July 2020.
[âŠ] In this respect, PimEyes operates in a similar way to the US company Clearview AI, which has already incurred fines running into millions due to its GDPR violations.
[âŠ]
Throughout the five years of the proceedings, PimEyes claims to have been based in Poland, the Seychelles and Belize â yet the Hamburg authorities apparently never verified whether the changing locations on the website were in fact accurate. Now, however, they are being used as a justification for taking no action.
[âŠ]
[âŠ] The claimant believes that the Hamburg Data Protection Authority should take effective action against PimEyes, which is also possible in the case of data controllers from third countries. This could involve freezing funds in Europe, requiring PimEyesâ service providers to delete data, or imposing measures directly against the Georgian managing director. Should the lawsuit be successful, the authority would have to reconsider the original complaint and would likely have to take measures that provide effective relief.
Years of waiting for an âinformation letterâ.
Comme quoi, y a pas que la CNIL. Branlette générale avec le pognon des citoyens.
Suite de : Notation des allocataires : la CAF Ă©tend sa surveillance Ă lâanalyse des revenus en temps rĂ©el.
Lâalgorithme de notation de la CNAF attaquĂ© devant le Conseil dâĂtat par 15 organisations. La dĂ©cision du CE est attendue dans les prochains mois. Ce recours pose une question intĂ©ressante : la notation automatique est-elle une prise de dĂ©cision totalement automatisĂ©e au sens du RGPD et porte-t-elle prĂ©judice ? Le prĂ©tendu contrĂŽle humain qui dĂ©clenche ou non un contrĂŽle n'est-il pas vaporeux par confiance dans la machine ? MĂȘme sans ça, il y a bien une prĂ©-dĂ©cision automatique, disant qui doit ĂȘtre contrĂŽlĂ© ou non, l'humain choisi parmi un lot dĂ©jĂ dĂ©terminĂ© par la machine.
RĂ©pression sociale : des milliers de contrĂŽles CAF dĂ©clenchĂ©s sur demande policiĂšre : Mission interministĂ©rielle de coordination anti-fraude (MICAF) et ComitĂ©s opĂ©rationnels dĂ©partementaux anti-fraude (CODAF), 2010, Sarko. les flics filent les infos (arrestation, etc.). Ă la base, c'Ă©tait prĂ©vu pour que la CAF chope les revenus des trafics, donc forcĂ©ment discrimination des banlieues. Ăchanges prĂ©vues par LOPPSI 2. Osef du secret de l'instruction. Mais absence de cadre, de limite Ă quelques infractions. Un seul cas de manifestant (gilet jaune) connu par LQDN. DĂ©loyautĂ© de la collecte (la personne ne sait pas que le flic va transmettre ses rĂ©ponses Ă la CAF). Faible efficacitĂ© des signalements des flics pour rĂ©cupĂ©rer des indus.
Ă France Travail, lâessor du contrĂŽle algorithmique
France Travail : des robots pour contrÎler les chÎmeurs·euses et les personnes au RSA
Le seul problĂšme, y expliquent les Ă©quipes de statisticien·nes de la CNAM, est que son utilisation nâest pas lĂ©gale car ce nouveau modĂšle nĂ©cessiterait un « croisement de donnĂ©es non autorisĂ© ». Pour pouvoir le mettre en place, les Ă©quipes cherchent Ă appĂąter les dirigeantâž±es de la CNAM afin de gagner leur appui pour obtenir le changement rĂ©glementaire nĂ©cessaire Ă la mise en place de ce croisement de donnĂ©es11Le croisement demandĂ© semble concerner notamment la base SIAM Erasme, soit une base de donnĂ©es nominatives particuliĂšrement intrusives puisque portant sur les dĂ©penses de santĂ©. Voir ce rapport de la Cour des Comptes. LâaccĂšs aux donnĂ©es des comptes bancaires semble aussi ĂȘtre au centre des « limitations rĂ©glementaires » empĂȘchant la CNAM de gĂ©nĂ©raliser les modĂšles expĂ©rimentaux.
[âŠ]
Technique « Ă la pointe de la technologie », « intelligence artificielle » permettant une « dĂ©tection proactive » de la fraude, outil prĂ©dictif « Ă la Minority Report » : voici comment, au grĂ© de rapports officiels ou dâinterventions publiques, ce type dâoutil est vantĂ©
Notation itou, depuis 10 ans (pour la CNAV). Moins documenté par LQDN. Voir ici.