[...] Ce 16 novembre, le Parlement britannique a adopté l’équivalent de notre loi renseignement, l’« Investigatory Powers Bill ». Surnommé « Snoopers’ charter » (la charte des fouineurs), le texte est encore plus invasif que son cousin français, pourtant pas petits bras.
Sur la forme, il lui ressemble néanmoins énormément : il crée un organe de contrôle dont les opposants à la loi doutent de l’efficacité, et cherche à normaliser des actes auxquels les forces de l’ordre avaient recours, dans le plus grand secret – et donc illégaux.
[...]
- une conservation d’une partie de l’historique web des Anglais pendant douze mois. Les autorités pourront par exemple savoir que monsieur X s’est rendu à telles dates sur le site de Rue89, depuis tel appareil. Néanmoins, elle ne pourront pas connaître l’article consulté : l’adresse complète de la page visitée est considérée comme du contenu, précise le gouvernement ; or les autorités s’engagent à ne scruter que les métadonnées (qui vers quoi, où et quand ?), déjà très précieuses.
Huuum, ce n'est pas un peu pas conforme à la décision Digital Rights Ireland de la CJUE ? Visiblement, ça concerne aussi les noms de domaine consultés. Voir http://www.nextinpact.com/news/102196-le-parlement-britannique-adopte-loi-renseignement-tres-musclee.htm .
- l’intrusion dans des ordi, téléphones, serveurs, réseaux... Le dispositif permet d’espionner la cible de l’intérieur, sans avoir à casser les sécurités mises en place (mots de passe, chiffrement...). Elle permet par exemple d’installer un keylogger, ce dispositif qui permet de savoir ce que vous tapez sur votre ordinateur. Et instauré de longue date en France, par la Loppsi pour les enquêtes judiciaires, et la loi renseignement pour les services de renseignement.
- le déchiffrement imposé des communications. Le gouvernement britannique veut forcer les acteurs du Net à lever le voile sur les échanges sécurisés par le chiffrement. Sans préciser comment il compte l’imposer aux géants Apple, Facebook et compagnie.
Aussi, les autorités devront obtenir des mandats pour certaines actions, comme la consultation et la conservation de lots de données personnelles. Délivré par le secrétaire d'État, il ne doit être utilisable qu'une fois validé par un juge. Les critères d'approbation semblent tout de même assez vagues, allant de la prévention des crimes graves jusqu'à la sécurité nationale, en passant par la protection de l'économie.
Après la Suisse (voir http://shaarli.guiguishow.info/?OIHZVg ), l'Allemagne (voir http://shaarli.guiguishow.info/?IUaf0Q ) et la Belgique (pour la justice uniquement pour l'instant, voir http://shaarli.guiguishow.info/?1ziI6A), voici venu la Grande-Bretagne. Chaaaaaud.