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——————————— October 31, 2019 - Thursday 31, October 2019 ———————————

D'après le rapport 2019 sur la Sécurité sociale de la Cour des comptes, les niches sociales (exonérations de prélèvements sociaux) s'élèveraient à environ 90 milliards d'euros en 2019. Le gouvernement et le Parlement avaient calculé et présenté environ 66 milliards d'euros de niches sociales dans la loi 2019 de financement de la Sécu, soit environ 32 milliards de plus que ce qu'ils avaient affiché dans la loi de 2013. Ces 32 milliards d'euros correspondent principalement au Pacte de responsabilité mis en œuvre depuis 2014 pour 9 milliards d'euros par an auxquels s'ajoutent 18 milliards d'euros par an de CICE, devenu une exonération de cotisations sociales en 2019. Ainsi, le bond est fulgurant, mais au global, l'État gagnera en impôt sur les sociétés ce que la Sécu (branches maladie et famille) perdra en cotisations. L'écart entre les 90 milliards d'euros (environ) calculés par la Cour et les 66 milliards calculés dans la loi 2019 de financement de la Sécu vient principalement de mesures évoquées dans la loi mais non reprises dans le tableau de synthèse de celle-ci (exonération ou réduction de CSG sur les revenus de remplacement autres que retraites et chômage pour 4,3 milliards d'euros, par exemple) et de mesures évoquées dans la loi mais non chiffrées (exonération de CSG sur les retraites de base et les allocations chômages, pour 4,3 milliards d'euros, par exemple).

Il y a quelques semaines, la presse nous rapportait que Gattaz, l'ancien patron du Medef, exhorte Roux de Bézieux, le nouveau patron du Medef, à s'engager à créer 2 millions d'emplois sur 5 ans en se basant sur son exemple… qui a été un échec puisque le CICE et le Pacte de responsabilité n'ont pas créés 1 million d'emplois entre 2014 et 2019. Je me demandais ce que le Medef allait demander en échange. Le Medef veut de nouvelles exonérations de prélèvements sociaux, sur le financement des transports en commun ou sur le financement de la dépendance / journée de solidarité, par exemple. Le gouvernement y pense, sans contrepartie annoncée, mais ne sait pas comment compenser, dans le budget des communes, ces rentrées d'argent. Je trouve dingue de refuser d'inscrire les sociétés commerciales dans un environnement économique global, comme si une société commerciale était indépendante de tout (transports, handicapés, éducation) et ne s'inscrivait pas dans une société humaine qui la dépasse : à quoi bon générer de la valeur économique si l'on en fait rien d'utile pour l'ensemble de la société ?


On croyait que le Medef et la plupart des chefs d'entreprise français n’étaient pas trop mécontents de la politique fiscale de Macron. Le CAC 40 se porte bien ; les dividendes et les bénéfices augmentent, merci.

Yep, versement record de dividendes en France et dans le monde en 2018.


Pourtant, on apprend dans « Le Figaro » (10/10) que « les impôts de production plombent les entreprises ». Le président délégué du Medef, Patrick Martin, précise la pensée patronale : « La baisse de l’impôt sur les sociétés n’est pas suffisante. » Et il se désole de n’avoir rien trouvé dans le projet de budget pour 2020 « pour diminuer ces impôts et taxes sur les facteurs de production », comme le « versement transport » [ financement des transports en commun en IdF ou dans les bleds qui l'ont mis en œuvre ] ou la « contribution de solidarité » [ financement de la dépendance (âge ou handicap), autre nom de la journée de solidarité ].

Cet émouvant appel au secours prouve au moins que les dirigeants du Medef n’ont pas perdu l’appétit.

[…]

Autre sujet de mécontentement pour le Medef : le rapport de la Cour des comptes sur la Sécu, rendu public mardi dernier. « Les propositions des magistrats financiers, préviennent “Les Echos” (9/10), ne manqueront pas d’agacer le patronat. » Il faut dire que les experts de la Rue Cambon soulignent cruellement « le poids croissant des allégements généraux de charges patronales, estimés à 52 milliards d’euros », soit 26 milliards de plus qu’en 2013.

Mais, qu’on se rassure, le gouvernement n’est pas près de fermer le robinet.

Dans le Canard enchaîné du 16 octobre 2019.

Vache de découverte signalée par « Le Figaro » (12/10) : « Des chercheurs japonais ont peint des bovins pour que leurs robes imitent celles des zèbres. Ils attirent ainsi deux fois moins d'insectes. » Explication : « Les pittoresques rayures noires et blanches perturberaient la vision des insectes, les empêchant de négocier correctement leur atterrissage sur les corps des zèbres. »

Mais que fait la SPA contre ces crashs ?

L'explication me paraît trop simple vu la malveillance des insectes. Je penche pour une diversité de facteurs explicatifs.

Dans le Canard enchaîné du 16 octobre 2019.

Selon le projet de loi de financement de la Sécu 2020 actuellement débattu au Parlement, une partie des dépenses estimées des hôpitaux ne sera pas financée, ce qui contraindra mécaniquement les hostos à réaliser 800 millions d'économies en 2020. Les 754 millions d'euros annoncés par la sinistre de la santé sont un redéploiement, c'est-à-dire qu'on flèche pour les urgences de l'argent jusque-là consommé par d'autres services des hôpitaux (source : Siné mensuel d'octobre 2019). En 15 ans, le coup de rabot s'élèverait à 8,6 milliards d'euros. :O Les patients sont mis en danger : les soignants consignent, dans des registres officiels (OSIRIS au sein de l'APHP, par exemple), des erreurs de prescription (confusion létale entre chlorure de sodium et chlorure de potassium, par exemple), des situations hors de contrôle et d'autres pratiques erronées quotidiennes dues à la fatigue et à la surcharge de travail (source : le Canard enchaîné du 04/09/2019). Les infirmières et les aides-soignantes renoncent à leur vocation plutôt que d'avoir des idées suicidaires et des salaires de merde. La sinistre de la santé estime que le budget 2020 prévu préserve l'hôpital, cherche l'erreur.

Je pense qu'il faut revenir à des raisonnements simples. Voulons-nous un service public de soins ? Oui ou non. Quels domaines de la médecine doit-il couvrir (j'imagine qu'environ personne est partant pour financer des pratiques de charlatans, etc.) ? Quelle qualité de service doit-il assurer (des soignants à bout de souffle est-il tolérable ? Atteindre des heures dans un couloir voire décéder par absence de soins est-il acceptable, etc.) ? Des réponses simples à ces questions simples permettent de nous décider collectivement puis d'évaluer le coût associé au service désiré. Une fois que c'est fait, les citoyens assument et payent via un unique impôt compréhensible et non déguisé. Point barre. Simple. Ça ne part pas dans tous les sens.

Au secours, l’hôpital coule ! Mais Macron n’y peut rien : « La crise actuelle à l’hôpital, c’est une crise qui vient de loin, qui vient de vingt ans de serrage de boulons », s’est défaussé Jupiter le 3 octobre, à Rodez, lors d’un débat sur les retraites. Le mieux est donc… de poursuivre ce régime de malade !

Le budget 2020, annoncé le 30 septembre en Commission des comptes de la Sécurité sociale, n’inverse nullement la vapeur. il impose même un nouveau « serrage de boulons » : les hôpitaux devront encore réaliser 800 millions d’économies cette année ! A l’heure où ils traversent une crise d’une ampleur inédite, il fallait oser…

Le budget (l’Ondam hospitalier, dans le jargon) progressera de 2,1 %, là où les dépenses augmentent mécaniquement de 4 %. Un énième coup de rabot « incompréhensible », a dénoncé la Fédération hospitalière de France (FHF) : « C’est une douche froide, a tonné son président, Frédéric Valletoux. Je pensais que le gouvernement avait mesuré l’urgence d’apporter de l’oxygène aux établissements de santé. » Eh non !

Faire bloc

En quinze ans, selon la FHF, les économies effectuées s’élèvent à 8,6 milliards. Continuous gaiement : à ce rythme, l’hôpital public va tout bonnement « s’effondrer », avertit le Collectif Inter-Hôpitaux, qui, loin d’une bande de doux dingues, réunit la crème des professeurs de médecine et des centaines de soignants. Lors d’une assemblée générale effervescente, le 10 octobre, ces casseurs d’ambiance ont réclamé un budget hospitalier à la hauteur des dépenses, et 300 euros d’augmentation afin de revaloriser les salaires « indignes » des infirmiers et des aides-soignants.

Les huiles de la faculté ne savent plus comment faire comprendre « la gravité de la situation » : « La médecine d’urgence n’est que (…) le premier maillon à craquer. Demain, la crise pédiatrique risque de faire très mal », a averti le professeur Bruno Riou, le très raide doyen parisien. Et ce n’est qu’un début : « l’effondrement de certaines structures » a déjà commencé.

Sous perf

A Paris, faute de personnel pour les faire tourner, 900 lits sont actuellement fermés. Les soignants fuient en masse des salaires trop bas et des conditions de travail délirantes. « Tous les jours, je reçois dans mon bureau des infirmières en larmes qui partent. On est devenus des manageurs de la colère », a témoigné une cadre lors de l’assemblée générale du 10 octobre. « Un jour, je suis arrivée dans mon service. Je me suis dit : “C’est la que je vais me pendre." C’est la que je suis partie [de l’hôpital] », a raconté une aide-soignante. Une infirmière de la Pitié-Salpêtrière, elle, avait du mal à retenir ses larmes : « Je vis dans une chambre de garde depuis un an car je n’arrive pas à me loger avec mon salaire. »

Dimanche 13 octobre, sur CNews, Agnès Buzyn a reconnu « un problème de rémunération ». Mais, dans « Les Echos » (9/10), elle s’est aussi félicitée sans rire : « Avec ce projet de loi (de finances), nous préservons l’hôpital. »

Plus c’est gros, plus ça casse ?

Dans le Canard enchaîné du 16 octobre 2019.

« Le Parisien » (11/10) a fait le compte : « Il existe environ 2 000 prix littéraires français, dont certains sont insolites. » Parmi ces derniers, « le prix de la page 111, qui récompense depuis 2012 la meilleure page 111 d'un roman de la rentrée, ou le prix de Chlore, créé en 2017, qui couronne la meilleure scène de piscine ».

Les recalés pourront se consoler avec le prix du Vestiaire.

Dans le Canard enchaîné du 16 octobre 2019.

En 2020, le budget de fonctionnement de l'Élysée devrait être de 121 millions d'euros, dont 11 millions pour réaménager le palais, agrandir les locaux du quai Branly et poursuivre les travaux du fort de Brégançon (150 000 euros). Pour compenser, l'hôtel particulier dans lequel réside l'état-major particulier du Président devrait être vendu en 2022 (je n'y crois pas trop, où sera relogé le petit personnel du Président ?). Le budget sera déficitaire, donc il faudra piocher 4 millions d'euros dans les réserves (16,5 millions d'euros). Une gestion en bon père de famille responsable, on vous dit ! N'y a-t-il pas d'autres priorités ? Restaurer des bâtiments, historiques ou non, qui tombent en ruine, par exemple, car il y a des millions de mal-logés (insalubrité, menace d'effondrement, etc.) en France…

Soucieux de faire croire que ses dépenses resteront sages en 2020, l’Elysée vient de se livrer à un festival de pirouettes comptables. Les documents transmis aux parlementaires, qui vont voter la loi de finances, affichent des prévisions de dépenses de 110,4 millions. Il y aura 11,2 millions de plus.

Ce rab inattendu ne figure pas dans les tableaux de présentation du budget. Il est planqué dans d’autres pages, consacrées au « schéma directeur immobilier de la présidence de la République ». Censé s’achever en 2022, ce programme de travaux vise à agrandir les locaux utilisés par l’Elysée dans ses anciennes écuries du quai Branly et à réaménager le palais lui-même.

Si le ministère de la Culture allongera 5,2 millions au titre des monuments historiques, le reste du financement est plutôt original. Six millions seront payés par un compte spécial du Trésor réservé à la gestion du patrimoine immobilier de l’Etat.

Immeuble baladeur

Ce mécanisme est qualifié de « très surprenant » par les experts. En pratique, l’obole du Trésor est considérée par Bercy comme une « subvention » versée pour financer les travaux engagés par Macron.

Mais pourquoi la somme ne figure-t-elle pas au budget ? Le ministère des Comptes publics assure qu’il s’agit d’une simple « avance » consentie sur la vente future d’un immeuble occupé par la Présidence au 14 rue de l’Elysée. Estimé à 27 millions d’euros pour 1 400 m2, cet hôtel particulier — qui abrite aujourd’hui l’état-major particulier du chef de l’Etat — doit être cédé en 2022. En principe…

Le fort de Brégançon pourra, au passage, bénéficier de quelques menus travaux. L’an prochain, 150 000 euros sont prévus pour achever la rénovation des cuisines, et de salles de bains et d’installations techniques. Avec les chantiers déjà engagés dans le fort depuis 2018, plus de 400 000 euros auront ainsi été consacrés à cette résidence.

Les cuisines du chef

Les traditionnelles dépenses affectées aux « moyens généraux » de l’Elysée grimpent également fortement. Une partie de la hausse est justifiée par le transfert de certaines charges de sécurité assumées jusqu’alors par la Place Beauvau. Subsiste néanmoins un « bonus » de 1,8 million pour « améliorer » les autres crédits de repas, de réception, de paperasserie ou de gestion quotidienne de Brégançon…

Les sommes votées par le Parlement et les discrètes subventions de la Culture ou de Bercy ne suffiront pourtant pas à régler la douloureuse. Une fois de plus, Macron va être contraint de piocher dans les réserves financières de 16,5 millions laissées par son prédécesseur Hollande : il y puisera 4 millions l’an prochain, après avoir siphonné 2,1 millions en 2017, 5,7 millions en 2018 et 2,5 millions cette année ! De l’aveu même du Château, ce mouvement devrait se poursuivre jusqu’à la fin du mandat et laisser les réserves à peu près à sec…

Dans le Canard enchaîné du 16 octobre 2019.

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