The Daily Shaarli
Le numéro de juin 2019 du Ravi, journal satirique en PACA, remet les idées en place au sujet des communautés.
Fin mai, lors du conseil municipal de Fréjus (83), le maire d’extrême droite David Rachline, a fait voter la prise en charge de ses frais d'avocat dans deux affaires. La première concerne une citation directe pour diffamation contre la nouvelle députée européenne La France insoumise, la fréjussienne Manon Aubry qui a déclaré dans Var-matin, fin avril que « le RN à Fréjus vend le patrimoine de la ville à ses copains ». La seconde concerne un dépôt de plainte contre un Fréjussien qui aurait écrit sur un abribus : « Les magouilles du maire, chez moi, c’est fini. » Et l’opposition d’interroger sur cette dépense inutile d’argent public : « Dire ce que l’on pense de vous, est-ce un crime de lêse-majesté ? […] Il faudrait prendre un peu de hauteur, Monsieur le maire… »
Un maire fait prendre en charge ses frais d'avocat, dans des procédures dont il est à l'origine, par ses contribuables. Admirons le creusement des inégalités entre l'élu et le citoyen. Dans ce genre de situations, pourquoi ne pas également prendre en charge les frais d'avocat du citoyen (avec un montant supérieur à celui de l'aide juridictionnelle, même traitement que l'élu, en somme) ? Comment le procès pourra-t-il être équitable entre un élu assisté qui pourra utiliser tous les artifices et un citoyen qui devra nécessairement compter ses sous ?
Tout ça pour de la possible diffamation, c'est-à-dire quelque chose qui ressemble à "mouin, mouin maîtresse, Manon et le citoyen ont été trop trop mézant avec moi !". Comment un conseil municipal a-t-il pu voter ça ? :(
Pour rappel, quand les citoyens se sont réunis pour financer les frais d'avocat du gilet jaune-boxeur Dettinger, Schiappa avait estimé qu'il s'agissait d'une odieuse complicité. Pourquoi faudrait-il accepter deux poids, deux mesures ?
Dans le numéro de juin 2019 du Ravi, journal satirique en PACA.
Kevin, un adulte atteint d'un trouble dissociatif de l'identité enlève et séquestre trois adolescentes. Comprenant le trouble de leur bourreau, tout sera bon pour tenter de s'échapper par la ruse. Pendant ce temps, la psychiatre de Kevin tentera de cerner et d'apaiser Kevin. Ce film est inspiré de la vie de Billy Milligan.
Ce film illustre les troubles dissociatifs de l'identité : 23 personnalités différentes dans un même corps dont l'une est diabétique. Perte de mémoire entre les personnalités. Etc. Alors oui, ce film exagère : il y a des limites à la transformation physique entre les personnalités (la « Bête » ne peut ainsi pas exister), les différentes personnalités se parlent très rarement entre elles (voire elles n'ont pas conscience d'être plusieurs), elles ne changent pas de vêtements toutes les 5 minutes afin d'être facilement identifiables par un spectateur, etc. Néanmoins, ce film dépeint bien cette pathologie, je trouve : souvent causée par un traumatisme passé (viol, inceste, violence familiale, par exemple), les personnalités alternatives sont créées pour protéger la personne des autres ; une blague d'adolescents peut faire resurgir le passé et déclencher une crise ; des propriétés physiques peuvent diverger entre les identités : une personnalité peut être sourde, les autres non, l'une peut être sensible aux piqûres, l'une à un TOC de l'ordre et de la propreté, etc.
Je déplore juste le court instant durant lequel ce film suggère qu'une adolescente absente des réseaux sociaux est forcément louche…
Visionner ce film, c'est passer un bon moment, donc j'en recommande le visionnage.
Andrew, un jeune homme, bassiste de jazz, intègre, à force de travail, la meilleure équipe du meilleur conservatoire de musique du pays.
Ce film traite du paroxysme de la passion : la recherche de l'excellence et de la perfection. Le prof est tyrannique : imbu de sa personne, il donne des surnoms dégradants à ses élèves, les insulte, les humilie, les frappe, les vire au dernier moment et les pousse à une compétition forcenée. Le jeune homme est à la recherche d'une reconnaissance que sa famille ne lui procure pas, d'où il ambitionne de devenir l'un des grands de ce monde.
Ce film met en scène un vieux débat. D'un côté, il serait nécessaire de pousser les gens dans leurs derniers retranchements afin de faire ressortir leur talent. Un véritable futur talent se décourage jamais face à l'adversité. C'est le même discours que "les guerres ont permis des avancées technologiques massives". De l'autre, si un talent est présent de base, il s'exprimera forcément et il faudra simplement en dégrossir les contours. La compétition serait alors inutile.
Ce film vaut le coup d'être visionné, même si le comportement excessif du prof m'a rebuté.
