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——————————— July 26, 2019 - Friday 26, July 2019 ———————————

Le numéro de juin 2019 du Ravi, journal satirique en PACA, remet les idées en place au sujet des communautés.

  • Comme notre république s'est construite en opposition aux religions et à l'identité individuelle, les communautés font l'objet de fantasmes ("hou les méchants arabes terroristes !") de la part des élus tout en étant courtisées par les mêmes élus qui y voient là un moyen de faire du clientélisme et de l'affiliation alors que les supports habituels (logement, emploi public, etc.) sont plus difficiles à promettre : vas-y que je finance la rénovation d'églises ou des écoles privées cathos ou des associations ou des activités culturelles à coup de millions. Les communautés permettent aux politiciens de scénariser leur vie afin de créer une identification par la familiarité ("je suis né à Alger, j'ai été parachuté à Marseille, voyez que je suis comme beaucoup d'entre vous !", "j'ai grandi dans une cité", etc.) ;

  • Pourtant, une communauté, c'est simplement la réunion structurée de personnes qui partagent un vécu, des expériences et des intérêts. Nous appartenons tous à plusieurs communautés : politiques, sociales (lieu de naissance, âge, genre, CSP, religion, etc.), de voisinage, etc. Elles permettent de mettre en œuvre des communs, c'est-à-dire une gestion collective et organisées des biens et services qui profitent à tous. Nous devrions prendre soin de nos communautés ;

  • D'ailleurs, les classes sociales supérieures forment des communautés. Elles sont d'autant plus homogènes qu'elles y ont un enjeu de reproduction de la domination. On les voit s'enfermer entre-eux dans des quartiers sécurisés ou des territoires clairement identifiables (Beaulieu, Villefranche-sur-Mer, Saint-Jean Cap Ferrat, Monaco, etc.). Le sentiment d'appartenance y est plus fort que chez les prolos, ce qui déséquilibre le rapport de force ;

  • La force des liens intra-communautaires et la solidarité varient d'une communauté à une autre. Les Comoriens sont très soudés, rares sont ceux qui dormiront à la rue. Les Arméniens le sont moins (les jeunes sont des migrants économiques, les vieux sont des rescapés du génocide). Les différentes générations d'algériens ne se fréquentent pas sauf à quelques occasions comme la volonté de sortir Bouteflika du pouvoir. D'autres communautés filent des mauvais tuyaux aux nouveaux arrivants (exemple : les Géorgiens qui indiquent de jeter le passeport) ou exploitent les nouveaux arrivants par le travail (exemple : égyptiens, maghrébines). Et puis, il y a toujours les personnes qui se sentent hors des jalons des communautés : l'égyptienne qui ne rêve pas d'un mariage forcé, le Juif antisioniste, le grand-père catho et gay, etc.

Fin mai, lors du conseil municipal de Fréjus (83), le maire d’extrême droite David Rachline, a fait voter la prise en charge de ses frais d'avocat dans deux affaires. La première concerne une citation directe pour diffamation contre la nouvelle députée européenne La France insoumise, la fréjussienne Manon Aubry qui a déclaré dans Var-matin, fin avril que « le RN à Fréjus vend le patrimoine de la ville à ses copains ». La seconde concerne un dépôt de plainte contre un Fréjussien qui aurait écrit sur un abribus : « Les magouilles du maire, chez moi, c’est fini. » Et l’opposition d’interroger sur cette dépense inutile d’argent public : « Dire ce que l’on pense de vous, est-ce un crime de lêse-majesté ? […] Il faudrait prendre un peu de hauteur, Monsieur le maire… »

Un maire fait prendre en charge ses frais d'avocat, dans des procédures dont il est à l'origine, par ses contribuables. Admirons le creusement des inégalités entre l'élu et le citoyen. Dans ce genre de situations, pourquoi ne pas également prendre en charge les frais d'avocat du citoyen (avec un montant supérieur à celui de l'aide juridictionnelle, même traitement que l'élu, en somme) ? Comment le procès pourra-t-il être équitable entre un élu assisté qui pourra utiliser tous les artifices et un citoyen qui devra nécessairement compter ses sous ?

Tout ça pour de la possible diffamation, c'est-à-dire quelque chose qui ressemble à "mouin, mouin maîtresse, Manon et le citoyen ont été trop trop mézant avec moi !". Comment un conseil municipal a-t-il pu voter ça ? :(

Pour rappel, quand les citoyens se sont réunis pour financer les frais d'avocat du gilet jaune-boxeur Dettinger, Schiappa avait estimé qu'il s'agissait d'une odieuse complicité. Pourquoi faudrait-il accepter deux poids, deux mesures ?

Dans le numéro de juin 2019 du Ravi, journal satirique en PACA.

Split 2016

Kevin, un adulte atteint d'un trouble dissociatif de l'identité enlève et séquestre trois adolescentes. Comprenant le trouble de leur bourreau, tout sera bon pour tenter de s'échapper par la ruse. Pendant ce temps, la psychiatre de Kevin tentera de cerner et d'apaiser Kevin. Ce film est inspiré de la vie de Billy Milligan.

Ce film illustre les troubles dissociatifs de l'identité : 23 personnalités différentes dans un même corps dont l'une est diabétique. Perte de mémoire entre les personnalités. Etc. Alors oui, ce film exagère : il y a des limites à la transformation physique entre les personnalités (la « Bête » ne peut ainsi pas exister), les différentes personnalités se parlent très rarement entre elles (voire elles n'ont pas conscience d'être plusieurs), elles ne changent pas de vêtements toutes les 5 minutes afin d'être facilement identifiables par un spectateur, etc. Néanmoins, ce film dépeint bien cette pathologie, je trouve : souvent causée par un traumatisme passé (viol, inceste, violence familiale, par exemple), les personnalités alternatives sont créées pour protéger la personne des autres ; une blague d'adolescents peut faire resurgir le passé et déclencher une crise ; des propriétés physiques peuvent diverger entre les identités : une personnalité peut être sourde, les autres non, l'une peut être sensible aux piqûres, l'une à un TOC de l'ordre et de la propreté, etc.

Je déplore juste le court instant durant lequel ce film suggère qu'une adolescente absente des réseaux sociaux est forcément louche…

Visionner ce film, c'est passer un bon moment, donc j'en recommande le visionnage.


Whiplash 2014

Andrew, un jeune homme, bassiste de jazz, intègre, à force de travail, la meilleure équipe du meilleur conservatoire de musique du pays.

Ce film traite du paroxysme de la passion : la recherche de l'excellence et de la perfection. Le prof est tyrannique : imbu de sa personne, il donne des surnoms dégradants à ses élèves, les insulte, les humilie, les frappe, les vire au dernier moment et les pousse à une compétition forcenée. Le jeune homme est à la recherche d'une reconnaissance que sa famille ne lui procure pas, d'où il ambitionne de devenir l'un des grands de ce monde.

Ce film met en scène un vieux débat. D'un côté, il serait nécessaire de pousser les gens dans leurs derniers retranchements afin de faire ressortir leur talent. Un véritable futur talent se décourage jamais face à l'adversité. C'est le même discours que "les guerres ont permis des avancées technologiques massives". De l'autre, si un talent est présent de base, il s'exprimera forcément et il faudra simplement en dégrossir les contours. La compétition serait alors inutile.

Ce film vaut le coup d'être visionné, même si le comportement excessif du prof m'a rebuté.

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