The Daily Shaarli
L'institut Elabe vient de réaliser pour « Les Echos » (12/10) un sondage sur le rapport des Français au prélèvement à la source. Il en ressort que 65 % d’entre eux sont favorables à la mise en œuvre de la mesure, tandis que 53 % jugent qu’ils sont bien informés sur son instaurafion et 63 % se déclarent « pas inquiets » concernant les changements à venir.
Petite précision : le sondage a été réalisé auprès d’« un échantillon de 1 010 personnes représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus ».
Or, seulement 43 % des foyers fiscaux s’acquittaient de l’impôt sur le revenu en 2017, selon les chiffres de la Direction générale des finances publiques. L’échantillon retenu comprend donc… une majorité de personnes non imposées !
Bravo aux « scientifiques » de la maison Elabe.
En effet, joli effet Nimby : les gens sont toujours très favorables à des choses qui ne changeront rien à leur mode de vie. On a aussi vu ça lors du vote concernant le projet d'aéroport à NDDL. On voit ça lors des sondages sur les prestations sociales (les gens sont favorables à la disparition des aides qui ne leur profitent pas, mais pas de celles dont ils bénéficient). Comme le desinait Pétillon, les français et les réformes…
Dans le Canard enchaîné du 17 octobre 2018.
Pinaise ce qu'elle m'énerve, l'expression « je n'ai pas le temps de » faire ceci ou cela ! Elle est très souvent utilisée dans les associations (« j'aime ce que vous faites, mais je n'ai pas le temps de m'impliquer ! », etc.) et dans les discussions politisées ou argumentées (« je n'ai pas le temps de comprendre tel sujet, je bosse, moi ! », « je n'ai pas le temps de lire tel livre ! », « je n'ai pas le temps de lire la presse ! », « je n'ai pas le temps de m'intéresser aux idées concrètes de tel⋅le politicien⋅ne », etc.).
Elle m'énerve car elle semble permettre à son énonciateur⋅rice de se dédouaner de ses responsabilités (de bénévoles, de citoyen⋅ne, de parent, etc.) comme ça, comme par magie. Elle est l'une des composantes de la déresponsabilisation qui règne dans notre monde. En effet, l'énonciateur⋅rice dispose de la même quantité de temps que tout le monde. Les journées d'un⋅e militant⋅e ne font pas plus de 24 heures. Si une personne n'a pas pris le temps de faire telle ou telle activité au profit d'une autre activité, c'est par choix, pas par manque de temps. L'énonciateur⋅rice a choisi parmi une liste d'activités celles qui, selon lui⋅elle, selon ses critères, méritent d'être priorisées, méritent son attention. Par exemple, il⋅elle a choisi de prioriser sa famille puis son travail puis un grattage de ses parties intimes devant la TV puis… et de négliger tout le reste, comme aider les copains et copines de l'association dont il⋅elle est membre, se cultiver, s'impliquer dans la vie politique, etc. C'est un choix, pas un manque de temps.
Or, une responsabilité découle de tout choix : si tu ne comprends pas le monde qui t'entoure (comme la technologie, par exemple) et que t'as le sentiment de te faire empapaouter, car tu ne prends pas le temps de l'étudier, c'est de ta responsabilité. Si tu as préféré roupiller 2h de plus au lieu de t'impliquer dans la vie d'une association, tu ne peux pas reprocher à l'association de stagner dans l'immobilisme et tu es responsable de l'épuisement de ses bénévoles. Si tu as préféré t'affaler devant Netflix au lieu de t'impliquer dans la vie politique (en lisant la presse ou en t'intéressant à la vie de ton quartier, par exemple), tu ne peux pas décemment te plaindre des choix vaseux de nos élu⋅e⋅s. Si tu ne t'impliques pas dans les débats et combats sociaux, tu ne peux pas décemment te plaindre de la perte des acquis sociaux et du démantèlement de la fonction publique, par exemple. Enfin, si, tu le peux, bien sûr, mais cela affecte négativement la cohérence entre ta pensée et tes actes, donc ça réduit ta crédibilité.
Comme je n'aime pas l'hypocrisie ni le rejet des responsabilités sur autrui (le méchant système qui t'oblige à avoir un boulot à temps plein, le méchant patron, le⋅a méchant⋅e conjoint⋅e qui réclame ta présence, etc.), je te propose d'assumer les responsabilités qui naissent de tes choix et ainsi de dire « je ne souhaite pas prendre le temps de […] » au lieu de « je n'ai pas le temps de […] » et « je n'ai pas pris le temps de […] » au lieu de « je n'ai pas eu le temps de […] ».
De mon côté, je constaterai que, pour toi, une séance de sport est plus importante que de défendre telle ou telle cause et que de rester amorphe devant la TV est plus important pour toi que de conduire une réflexion sur tel ou tel sujet. Ce n'est pas un tort tant que c'est assumé, mais la priorisation que tu fais des différentes activités possibles permet d'exprimer qui tu es et s'il convient de marcher à tes côtés ou non sur tel ou tel sujet. Mais, compte sur moi pour te mettre face à tes responsabilités : tu as le temps, tu choisis de te pas le dépenser dans telle ou telle activité. Dis-toi bien que c'est peut-être pour ça que pas mal de choses vont mal. Je suis responsable, tu es responsable, il⋅elle est responsable, nous sommes responsables de ces merdiers.
EDF propose de fermer les réacteurs les plus récents… ou de stopper toute la filière.
C'est un document confidentiel et plein de surprises touchant à l’avenir du nucléaire que « Le Canard » a pu consulter. Daté de mai et constitué d’analyses réalisées par l’Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire (IRSN) à partir d’éléments plus anciens émanant d’EDF, il s’attaque au dossier brûlant des combustibles radioactifs. Ceux-ci commencent leur vie dans les centrales et la terminent sous forme de déchets — des centaines de tonnes — dans les « piscines » des centrales puis dans celles de l’unité de retraitement de la Hague.
Dans son rapport, l’IRSN commente et actualise une étude — aussi secrète — réalisée par EDF en 2016. L’électricien y dressait, pour la période 2015-2025, un tableau exhaustif des flux de matières radioactives (uranium, plutonium) nécessaires à la bonne marche des 58 réacteurs du parc français. Et passait en revue les installations existantes ou destinées à gérer les combustibles usés.
Surprise : motus sur la loi de transition énergétique, pourtant adoptée un an plus tôt, qui prévoyait, à l’horizon 2025, une baisse de 50 % de la part du nucléaire dans la production d’électricité ! A aucun moment la fermeture de 19 réacteurs, conséquence de cette baisse, n’était envisagée. L’IRSN ayant souligné cette incohérence, EDF a prévenu : si ces 19 réacteurs ferment, « l’arrêt de tous les réacteurs devient inéluctable au plus tard cinq ans après l’arrêt de la première tranche ». fini, le nucléaire !
De qui se MOX-t-on ?
Pourquoi une conclusion aussi radicale ? Parce que, précisent les experts d’EDF (et d’Orano — ex-Areva), les vieilles centrales vouées à la fermeture carburent au MOX, un mélange d’uranium et de plutonium issu du retraitement des combustibles usés des centrales les plus récentes.
Si elles stoppent toute activité, leur nourriture radioactive va s’entasser dans les piscines jusqu’à saturation — d’ici cinq ans. Sans compter que l’établissement de retraitement de la Hague ne dispose plus que de 7,4 % de ses capacités. Seule solution, selon les électriciens : bloquer l’ensemble de la chaîne de production…
EDF propose une alternative gaguesque : fermer en premier… quelques centrales parmi les plus récentes, sans assécher la filière MOX. Cela permettrait, conclut le « numéro 2 mondial de l’électricité », de retarder le risque de saturation (piscines et la Hague) de quelques années. Réponse sèche de l’IRSN : « Ce scénario présente un caractère fortement théorique. »
Heureusement, EDF et Orano ont un autre plan pour stocker toujours plus de combustible usé : construire (à Belleville-sur-Loire, selon « Reporterre ») une nouvelle « piscine d’entreposage centralisé » géante d’ici à 2030. Mais, de nouveau, l’IRSN tique : « La capacité industrielle à réaliser ces projets dans les délais prévus n’est pas définitivement acquise. » Ces antinucléaires sont partout !
Je crois me souvenir que (source : documentaire audiovisuel de 2009 Dechets, le cauchemar du nucleaire) :
Du coup, oui, si l'on ne consomme plus de MOX, il y a aucun intérêt à faire enrichir notre uranium appauvri en Russie, donc nous perdons notre poubelle russe. Mais, en quoi est-ce un argument ? Même en utilisant le MOX, nous avons quand même un problème de stockage. Il est externalisé, mais il existe.
Dans le Canard enchaîné du 17 octobre 2018.
Ministère de l'Intérieur : Collomb est remplacé par Castagner, l'homme de confiance de Macron, mais on lui retire la direction générale des collectivités territoriales de son giron (sa tutelle est transférée au ministère de la Cohésion des territoires) et le Président lui adjoint Nunez, ex-préfet de Police et ex-patron de la DGSI, comme secrétaire d'État chargé de la sécurité. Castagner ne sera pas responsable de grand'chose ;
Ministère de la Culture : Franck Riester (ex-UMP, ex-UDI) remplace Nyssen. Ceux et celles qui ont suivi les débats autour des lois HADOPI apprécieront ;
Ministre de l'Agriculture : Didier Guillaume, ex-sénateur PS qui avait déclaré prendre sa retraitre politique en janvier 2018 ;
Ministre de la Cohésion des territoires : Jacqueline Gourault, poussée par son poto Bayrou ;
Ministre de la ville : Julien Denormandie, un très proche de Macron, ex-secrétaire d'État auprès du ministre de la Cohésion des territoires ;
Sous-ministre chargé des relations avec le Parlement : Marc Fresneau, poussé par son poto Bayrou ;
Secrétaire d'État au ministère de l'écologie : Emmenuelle Wargon, ex-chargée du lobbying chez Danone.
