The Daily Shaarli
Un débat vraiment clair et structuré autour de la question de la neutralité des intermédiaires techniques / neutralité du net. Plein de termes du débat sont expliqués sous un jour nouveau avec beaucoup de pédagogie : neutralité du net, zéro-rating (discrimination positive d'un service sur Internet), racket des fournisseurs de contenus par les fournisseurs d'accès à Internet, différenciation par service ou par type de service, services spécialisés (le cas de la VOIP sur les box des FAI est abordé), les exceptions à la neutralité du net permises par le Règlement européen (ce qui montre que le Règlement n'est pas aussi contraignant que les fournisseurs d'accès à Internet (FAI) tentent de faire croire), etc.
J'en recommande vivement l'écoute, notamment à des non-initiés.
Via https://twitter.com/JFrHernandez/status/1037645555554557953 via https://twitter.com/bayartb/ .
Non seulement, le groupe Bolloré réclame une indemnisation de 250 millions d’euros pour la résiliation du contrat Autolib’ au syndicat mixte intercommunal associant Paris et sa banlieue, mais le groupe garde jalousement la mainmise sur les logiciels gérant les quelque 3 244 homes électriques permettant de recharger les véhicules !
Résultat : elles sont inutilisables, ou plus exactement ingérables… La Mairie a annoncé qu’elles seraient mises à la disposition des Parisiens propriétaires de véhicules électriques d’ici à l’année prochaine. Mais Quentin Elhaik, patron d’une entreprise informatique, s’indigne dans une tribune publiée par « Les Echos » (22/8) : « Etant donné la procédure des marchés publics et la nécessité de passer par un appel d’offres, les recours éventuels dans l’attribution du marché, le temps incompressible d’écriture des spécifications, de développement et de test du logiciel, le calendrier annoncé d’une remise en fonction de ces bornes pour janvier 2019 tient du vœu pieux, du miracle providentiel ou de l’escroquerie intellectuelle. »
Bref, c’est la faute à la Mairie, qui n’a pas prévu la « réversibilité du logiciel » lors de la signature du contrat d’exploitation en 2010 sous Delanoë… Et voilà comment Bello règne en gardant les clés virtuelles du programme !
Logiciel libre, j'écris ton nom. :) C'est bon, tu comprends désormais ce que signifie « le logiciel libre donne du pouvoir aux utilisateurs face au marchand de logiciels ? » Ce n'est pas tellement la réversibilité du logiciel qu'il fallait prévoir, mais plutôt la cession du logiciel et de sa recette de fabrication, en même temps que l'achat des bornes.
Dans le Canard enchaîné du 29 août 2018.
Les Lecteurs qui ont ouvert « Le Figaro » le 18 août ont dû s’étonner de l’intérêt soudain de Natacha Polony pour un suiet brûlant : l'amour que portent les Japonais à la gastronomie Française ! Dans une tribune enflammée — « Leçon japonaise sur la France » -, la consœur établit un parallèle audacieux avec la France qui brade ses fleurons industriels (comme Alstom) alors que des Japonais viennent à Chinon (Indre-et-Loire), cet été, suivre les cours de l'institut Français du goût. L'intérêt de Polony pour cette colossaie délégation nippone (de 10 personnes) a trouvé son explication, depuis, dans un article de « La Nouvelle République » (20/8) : la journaliste vient de prendre la présidence de l'Institut du goût, ce qu'elle avait, bien sûr, omis de préciser dans sa vibrante tribune.
En matière de journalisme aussi, les Japonais ont beaucoup à apprendre des Français !
Dans le Canard enchaîné du 29 août 2018.
Le Conseil des droits de l’homme des Nations unies a condamné la France pour le licenciement de la salariée voilée de la crèche Baby Loup. Une condamnation moins remarquable par ses effets — elle n’en aura évidemment aucun sur un licenciement approuvé en 2013 par la Cour de cassation en séance plénière — que par la qualité de ceux qui l’ont prononcée.
Le Conseil des droits de l’homme, qui a succédé en 2006 au Comité des droits de l’homme — lequel fut notamment présidé par la Libye de Kadhafi et a nommé en 2017 l’Arabie à la Commission de la condition des femmes —, réunit en effet en son sein quelques-uns des meilleurs défenseurs des droits de l’honnne de la planète. Parmi eux, la Chine et l’Arabie — champions des décapitations —, Cuba, l’Egypte, le Pakistan, la République démocratique du Congo, etc. Jamais le Conseil n’a émis la moindre condamnation contre les pratiques de ses membres, dont la moitié ne répond pas aux critères d’une société démocratique.
Le Conseil, il est vrai, est assez occupé par ailleurs. Sous l’influence de l’Organisation de la coopération islamique (OCI), il a, depuis sa création, adopté plus de résolutions condamnant Israël (67) que tous les autres pays du monde (61), toutes dictatures confondues. Au point qu’en 2008 le secrétaire général de l’ONU, Ban Ki-moon, était « déçu par la décision du Conseil de choisir seulement un dossier régional spécifique, le conflit israélo-palestinien, malgré l’étendue et la portée des allégations de violations des droits de l’homme dans le monde entier ». Et certains de ses membres œuvrent aujourd’hui à un ambitieux projet : inscrire le blasphème religieux comme une forme de racisme.
Rien n’arrêtera l’avancée des droits de l’homme, à l’ONU.
Dans le Canard enchaîné du 29 août 2018.
ÉDIT DU 16/09 À 12H14 : dans le Canard du 05/09 : « « Le Canard » s’est emmêlé les palmes, la semaine dernière, dans l’article intitulé « Guignolade onusienne ». Il a attribué au Conseil des droits de l’homme de l’ONU la « condamnation » — en fait, un simple avis — prononcée contre la France pour le licenciement de la salariée voilée de la crèche Baby Loup. En réalité, c’est le Comité des droits de l’homme qui a émis cet avis. Une différence qui n’est pas que de nom : le Conseil onusien réunit une cinquantaine de pays, dont certains fort peu préoccupés par les droits humains, alors que le Comité est composé de 18 « experts » indépendants. Le coupable s’engage à apprendre par cœur l’organigramme des Nations unies. » FIN DE L'ÉDIT DU 16/09 À 12H14.
En trimballant leurs flingues partout, les flics les perdent n’importe où… jusqu’au bois de Boulogne. Mortel !
Le pistolet automatique avec lequel, le 17 août, la prostituée transsexuelle Vanesa Campos a été tuée, au bois de Boulogne, était celui d’un policier ! Depuis l’autopsie de la victime, réalisée au lendemain du meurtre, les enquêteurs de la crim’ savent que la balle mortelle de 9 mm a été tirée par un Sig Sauer de service. Gros malaise au cabinet du préfet de police de Paris, où l’on a aussitôt fait le rapprochement avec un incident signalé sept jours plus tôt.
Le 9 août, à 1 h 20 du matin, au même bois de Boulogne, un poulet en goguette après une journée de travail laisse dans sa voiture sa carte de police, son brassard et… son arme avec un chargeur. De retour de sa petite virée, il découvre qu’il s’est fait barboter ce barda. La suite est connue… Le préfet de police a de quoi se mettre en pétard !
Depuis que les flics, menace terro oblige, ont le droit de se balader enfouraillés en dehors des heures de boulot, on ne compte plus les flingues volés ou égarés : 24 depuis le début de l’année rien qu’en Ile-de-France. Et les armes retrouvées ne sont pas comptabilisées. En avril, par exemple, lors de l’inventaire d’un stock d’armes appartenant à la Direction de l’ordre public — un service dépendant de la Préfecture de police (PP) —, les armuriers se sont aperçus que trois Sig Sauer et un pistolet mitrailleur Beretta manquaient au râtelier. Les quatre flingues n’ont, à ce jour, pas été récupérés par la police des polices, chargée de l’enquête.
Un alibi à deux balles
Autre fait d’armes sur lequel la PP est restée discrète : la perte abracadabrantesque, en février, sur l’autoroute A6, de trois autres pistolets mitrailleurs dernier cri, des HK UMP 9, dont ont été dotés policiers et gendarmes après les attentats du 13 novembre 2015. Le 5 février, à 8 h 10, miracle ! un membre de la fameuse brigade de recherche et d’intervention au flair de Rantanplan a « découvert sur la route au sol (sic) », non seulement les flingues, mais aussi « six chargeurs, les cartons d’emballage de ces derniers, ainsi que diverses pièces ».
Dans le rapport adressé à son chef, le poulet Sébastien D. écrit : « Je me suis alors rendu compte qu’il s’agissait de pistolets mitrailleurs supportant l’inscription “Propriété de l’Etat”. » Fumant !
Aussitôt, la maison poulaga confie une enquête aux limiers de l’Inspection générale de la police nationale. Grâce à leurs numéros de série, ces derniers reconnaissent les pétards comme appartenant au service de « formation opérationnelle spécifique et tactique ». Le 6 février, les deux coupables sont identifiés et invités à rédiger des rapports à la suite de l’« incident de transport (sic) ». Le premier explique : « Trois cartons sont tombés du coffre de notre véhicule pendant le transport sans que nous puissions nous en rendre compte. » C’est ballot.
Et le second de préciser : « J’ai bien entendu du bruit côté coffre. » Malgré un arrêt et une brève vérification, « il m’était à ce moment-là impossible de m’apercevoir que des cartons avaient chuté du véhicule, car il faisait nuit, et les conditions météorologiques étaient difficiles du fait de la pluie verglacée puis de la neige ». Pour ne rien arranger, l’auteur du témoignage, de son propre aveu, « était souffrant (grippe) ».
Et un peu lent à la détente ?
Wooooh Wooooh Woooh… flippant. :O
Dans le Canard enchaîné du 29 août 2018.
