Non seulement, le groupe Bolloré réclame une indemnisation de 250 millions d’euros pour la résiliation du contrat Autolib’ au syndicat mixte intercommunal associant Paris et sa banlieue, mais le groupe garde jalousement la mainmise sur les logiciels gérant les quelque 3 244 homes électriques permettant de recharger les véhicules !
Résultat : elles sont inutilisables, ou plus exactement ingérables… La Mairie a annoncé qu’elles seraient mises à la disposition des Parisiens propriétaires de véhicules électriques d’ici à l’année prochaine. Mais Quentin Elhaik, patron d’une entreprise informatique, s’indigne dans une tribune publiée par « Les Echos » (22/8) : « Etant donné la procédure des marchés publics et la nécessité de passer par un appel d’offres, les recours éventuels dans l’attribution du marché, le temps incompressible d’écriture des spécifications, de développement et de test du logiciel, le calendrier annoncé d’une remise en fonction de ces bornes pour janvier 2019 tient du vœu pieux, du miracle providentiel ou de l’escroquerie intellectuelle. »
Bref, c’est la faute à la Mairie, qui n’a pas prévu la « réversibilité du logiciel » lors de la signature du contrat d’exploitation en 2010 sous Delanoë… Et voilà comment Bello règne en gardant les clés virtuelles du programme !
Logiciel libre, j'écris ton nom. :) C'est bon, tu comprends désormais ce que signifie « le logiciel libre donne du pouvoir aux utilisateurs face au marchand de logiciels ? » Ce n'est pas tellement la réversibilité du logiciel qu'il fallait prévoir, mais plutôt la cession du logiciel et de sa recette de fabrication, en même temps que l'achat des bornes.
Dans le Canard enchaîné du 29 août 2018.