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——————————— August 10, 2018 - Friday 10, August 2018 ———————————

Début 2017 (oui, je n'ai pas pris le temps d'écrire ce shaarli plus tôt…), je me suis fait la réflexion que la non-mixité voulue est en fait le prolongement de l'intimité : d'abord seul penseur, puis plusieurs puis publication des revendications politiques puis naissance d'un combat politique.

L'intimité, c'est la capacité d'être libre, seul ou à plusieurs c'est-à-dire d'expérimenter sans risque, sans se faire juger ou se faire juger par des gens qui partagent un vécu, des idées, un continuum, qui ne sont pas si différents que ça, etc. Nous concevons la vie privée comme relative à un cercle d'individus, donc la question n'est pas de savoir si j'ai des choses à cacher, mais ce que je souhaite cacher à qui. Dans cette conception, un groupe non-mixte se défini comme un cercle d'individus qui a quelque chose à cacher auprès d'un autre cercle d'individus.

Or, c'est toujours dans l'intimité que se déroule la réflexion nécessaire à un combat politique (résumé d'un bout des travaux d'Habermas). C'est dans l'espace privé que se tiennent les conversations politiques, car c'est là que l'on peut réfléchir le monde parce qu'on n'est pas dedans. Être en public ou en compagnie des mêmes personnes en permanence empêche la formation d'idées en désaccord avec celles du groupe d'appartenance (la famille et les potes-amis à l'école sont des stérilisateurs de la pensée). Tout combat politique commence dans l'intimité (ce que certains nomment improprement « clandestinité »), car toute formation d'une pensée dissidente commence là. Comme je l'ai écrit au paragraphe précédent, l'intimité, c'est être seul ou à plusieurs, donc un groupe d'intimes peut réfléchir le monde et préparer un combat politique.

Une non-mixité voulue temporaire permet de réfléchir le monde, d'apporter des idées nouvelles, d'apporter de nouvelles manières de militer par le partage d'une intimité entre les membres des réunions non-mixte. C'est comme réfléchir tout seul, avec les mêmes avantages (aucun risque d'être incompris, violenté ou humilié), mais à plusieurs, ce qui permet d'augmenter la qualité de la réflexion. Cette non-mixité voulue me semble être nécessaire pour initier une nouveau combat politique ou pour apporter des idées nouvelles potentiellement radicalement non conforme avec la pensée majoritaire du moment.

Il me semble qu'il existera toujours des réunions non-mixte sur toute thématique. Si nous refusons ou lynchons médiatiquement celles qui font œuvre de transparence, il ne restera que des réunions clandestines, mais ces réunions auront lieu, c'est une certitude. Un collectif qui avance à découvert ("nous nous réunissons de manière non-mixte", "nous sommes environ XX personnes", "voici nos revendications politiques et les manières dont nous allons les défendre") me paraît plus sain pour la qualité d'un débat de société.

Je conserve mon avis négatif à l'encontre des réunions non-mixtes permanentes et des réunions non-mixtes tenues dans l'espace public, car, avec ces modes de fonctionnement, il me semble que nous virons au communautarisme, un peu comme les quartiers ethniques de Londres dans lesquels les étrangers sont tolérés de justesse et regardés de travers, ce qui n'est ni une action politique, ni une action ponctuelle, mais l'expression permanente d'un rejet légitime basé sur un profond malaise / problème qu'on a laissé prospérer.

Un point d'échange de trafic Internet à Rennes. Il existe depuis 1 an et demi, sous forme associative, bien entendu. Tout opérateur Internet peut s'y raccorder depuis le datacenter Cogent (baie de Grifon, FAI associatif à Rennes) ou depuis le datacenter TDF (d'ici la fin de ce mois d'août 2018). Actuellement, il raccorde 5 opérateurs, un nœud AS112 et des particuliers.

Si t'es employé par un opérateur, un hébergeur ou un fournisseur de services Internet qui a une présence réseau à Rennes ou si tu connais des personnes qui travaillent dans de telles structures, fais passer le mot de l'existence du Breizh-IX, car, sur un point d'échange Internet, plus on est nombreux, plus on rit. :)

De même, si tu connais une structure qui pourrait nous procurer une présence réseau au datacenter SFR de Rennes, n'hésite pas. :)

Full disclosure : je fais partie des membres fondateurs du Breizh-IX, mais ça fait plus d'un an que je suis inactif.

Prétendu documentaire de 2015-2016 qui nous cause de connecter toute l'humanité dans un seul système nerveux qui, du coup, aurait une compréhension mutuelle, apprendrait à communiquer le danger, la sensibilité à l'environnement, bref, qui serait un même organisme fonctionnant en réseau comme jamais dont chaque humain serait un neurone. Un peu comme dans le film Lucy de Besson… Il ne faudrait pas cloisonner Internet et la nature, mais au contraire, former un seul réseau. Ce réseau serait fortement différent d'Internet qui a été détourné de son usage, qui s'approprie nos données au lieu de les restituer à l'humanité, qui se prétend gratuit pour mieux capitaliser sur celles-ci, qui se veut transparent sauf ses acteurs qui veulent demeurer opaque.

Ça fait longtemps que je n'étais pas tombé sur un contenu aussi vaporeux et pipeau… Comme quoi Arte ne diffuse pas que du fiable de chez fiable. Il y aurait une entité informatique nommée Internet… Ce film évoque le magnétisme et l'électricité animale jamais démontrés, ainsi que le mythe selon lequel la communication via un réseau va forcément apporter une plus grande compréhension mutuelle de l'humanité qui deviendrait ainsi, comme par magie, capable de résoudre des problèmes qui lui échappent en ce moment comme le changement climatique. On ne cesse de nous dire que demain, les humains échangeront des informations entre eux… Oui, ça se nomme « parler » et « écrire ». Oui, on peut ressentir des émotions via ces canaux. On nous dit qu'il suffit de s'échanger des impulsions nerveuses pour comprendre l'autre… Pour moi, il ne suffit pas de recevoir un signal 0 ou 1, il y a toute la grille de traduction à prévoir, et, surtout, apprendre à gérer ce flot d'informations qui nous dépassera.

Notons quelques bonnes séquences. Notamment les images montrant les infrastructures Internet à travers le monde : fibres optiques transocéaniques, serveurs, centres de données. Dommage que les explications manquent ou soient incomplètes, comme souvent dans ce film qui, à ce titre, ne mérite pas la classification « documentaire » à mes yeux.

Un documentaire datant de 2015-2016 qui nous parle de la reconnaissance faciale à usage domestique, à usage policier, à usage généralisé. Ce documentaire est intéressant, car il rappelle des concepts, des dates, et des principes évidents mais intéressants.

Mes notes :

  • La réalité augmentée date de 1968, avec un prototype de lunettes très lourdes projetant des formes géographiques. Les premiers casques d'immersion virtuelle sont apparus aux débuts des années 1990 ;

  • La reconnaissance faciale date des années 70-80 pour la théorie et les premiers programmes de comparaison de photos. Les premières comparaisons ne tenant pas compte de l'expression du visage date de 1997 ;

  • L'utilisation de masses de données croisées n'est pas non plus nouvelle. Un des membres de la RAF avait été identifié, car il avait payé sa facture d'électricité en espèces, il ne percevait ni salaire ni allocations, etc. Les trafiquants asiatiques qui importaient de grandes quantités d'héroïne en Allemage ont été détectés, car ils effectuaient fréquemment de courts voyages, etc. La police allemande nommait ça « recherche systématique » ;

  • Des informations anodines permettent de nous décrire. Plein de corrélations, sans cesse améliorées ont été établies : les personnes dotées d'une intelligence supérieure aiment plutôt Mozart, la science, les débats, les orages et marcher dans les feuilles mortes ; les personnes présentant une intelligence faible aiment plutôt les Harley-Davidson ; les libéraux aiment plutôt Léonard Cohen ; les conservateurs regardent plutôt la chaîne TV INSP ; les personnes émotionnellement instables aiment plutôt la Famille Addams ; les personnes émotionnellement stables pratiquent plutôt l'escalade ; les gens heureux de vivre aiment plutôt Indiana Jones, celles qui broient du noir écoutent plutôt Lamb of God, etc. ;

  • Aujourd'hui, des sociétés calculent la solvabilité d'un individu à partir des infos qu'ils peuvent collecter. Demain, ces mêmes informations personnelles seront utilisées lors d'un recrutement, d'une location immobilière ou dans les rencontres amoureuses ;

  • La fin de ce documentaire refait le match entre "la technologie le permet, donc ça se fera, c'est à l'humain de s'adapter en changeant sa conception de la sphère privée, par exemple" et "la technologie est ce que l'humain décide d'en faire" ;

  • Ce documentaire fait une erreur en présentant les services numériques comme vertueux en exposant qu'ils se refusent à utiliser la reconnaissance faciale à l'heure actuelle. Ils ont tenté de le faire (Facebook et Deep Face, par exemple) et se sont mangés quelques mesures, notamment en Union européenne. Ils font ce qu'ils peuvent pour abattre les réglementations protectrices des citoyens.
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