The Daily Shaarli
Tellement de bullshit, c'est beau, c'est artistique. Dommage que ça soit le monde effrayant qu'on nous prépare. :(
David Martinon, ambassadeur français pour la cyberdiplomatie […]
Facepalm. La cyberdiplomatie ne peut exister, car le cyber n'existe pas.
[…] En 2013, puis en 2015, deux rapports avalisés par l’assemblée générale des Nations unies ont reconnu des principes généraux, par exemple l’application du droit international dans le cyberespace ainsi que des normes de comportement. […]
SURPRISE ! On ne s'en doutait pas du tout. Allô, Internet est constitué d'une multitude de réseaux basés dans les différents pays et interconnectés entre eux. Les utilisateur-rice-s d'Internet sont les citoyen-ne-s de chaque pays. Il n'y a pas d'indigènes mais les citoyen-ne-s du monde. Il n'y a pas de cyberespace car il n'y a tout simplement pas de territoire : Internet est une multitude de réseaux bien concrets plaqués sur tous les États de la planète. Il n'y a pas un meta-continent à conquérir, il y a uniquement le village-monde de la libre circulation des idées et des personnes qui existe aussi AFK.
Le cyberespace, de l’aveu du diplomate, « ressemble au Far West : le droit est applicable mais il est peu appliqué, tout le monde agit ou peut agir de manière offensive, et il n’y a pas grand-chose pour brider les intentions malveillantes. »
Et, AFK, quels sont les mécanismes en place pour brider la connerie humaine ? Je pense à la vente d'armes à des États et groupements non gouvernementaux peu coopératifs qui tapent sur des civils. Je pense à des États qui massacrent leur population. On peut faire les gros yeux puis la grosse voix. On a des embargos commerciaux. On peut déchoir un pays de la scène internationale (comme la Libye, souviens-toi !). Super, ça fait vraiment bien ressusciter les morts, ça guérit les brûlures des armes chimiques, ça évite les massacres en Syrie et ça empêche réellement de faire péter des bombes à l'autre bout de la planète, je n'en doute pas.
Ce difficile processus technique est, de surcroît, insuffisant. « Elle ne permet pas de conclure définitivement sur l’identité de celui qui a lancé l’attaque et encore moins de celui qui l’a commanditée », précise M. Martinon, pour qui l’attribution est avant tout « une décision de nature politique ». […]
Bien sûr, les opérations de déstabilisation obscures AFK pilotées par des services de renseignement n'ont jamais existé. Bien sûr, il n'y a jamais eu des pays agissant pour le compte d'un autre dans ce type d'opérations, remettant ainsi en cause la traçabilité du commanditaire.
[…] L’idée de la France est donc de rendre les Etats responsables, du moins en partie, des offensives qui transitent sur leurs infrastructures pour viser un pays tiers. Bref, de créer un « mécanisme collectif de responsabilité ». […] Une démarche qui ne peut s’appliquer à tous les types de réseaux, dont certains échappent par nature au contrôle des Etats, qui rencontrera des contraintes de mises en œuvre techniques et juridiques. […] Cette idée pose problème à certains pays, reconnaît-il également, qui font valoir la difficulté à contrôler les infrastructures de leur territoire, tant elles sont importantes. »
Ha ben oui, Internet est une multitude de réseaux qui ne sont pas à la botte de l'État dans lequel ils ont une existence légale.
Néanmoins, l'idée de contrôler toutes les infrastructures de communication d'un pays, fut-il pour empêcher la commission d'une attaque, est juste terrifiante, surtout quand il s'agit d'un État. C'est la certitude d'un flicage et d'un baillonage généralisés. Elle me fait vraiment froid dans le dos.
L’autre axe de négociation français porte sur le contrôle des outils permettant de mener des cyberattaques, et plus précisément d’universaliser « l’arrangement de Wassenaar », qui permet un contrôle de l’exportation des biens dits « à double usage », pouvant à la fois être utilisé à des fins pacifique comme belliqueuse, particulièrement courants dans le domaine numérique. Cet arrangement ne concerne actuellement que 41 pays. […] « Tous les pays veulent aujourd’hui s’armer, quel que soit leur niveau de développement, et certains Etats très en avance considèrent qu’ils ont une industrie et une innovation à protéger. »
Troisième point sur lequel tentera de peser la France, la logique du « hack back », les piratages effectués par des entreprises en guise de réplique à une attaque, contre elle ou leurs clients. Cette riposte privée « est un facteur hautement déstabilisateur, juge David Martinon, car cette riposte peut être déclenchée suite à une mauvaise attribution. Il y a bien sûr des avantages, c’est efficace, et cela peut avoir un effet dissuasif. Mais cela aboutit au fond à internationaliser le second amendement à la constitution américaine, celui du droit de porter une arme ». De plus, estime-t-il, « cela revient à très court terme à minorer la légitimité et l’efficacité des Etats, et c’est de nature à empêcher toute désescalade dans une crise cyber ».
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Après de véritables avancées en 2013 et 2015, le dernier round de négociations à l’ONU s’annonce ardu, plombé par le contexte très lourd issu des accusations américaines à l’encontre de Moscou. […]
Déterminé à mettre un terme à la propagation des publications racistes, haineuses et homophobes sur les réseaux sociaux, le gouvernement allemand a présenté en mars un projet de loi qui prévoit des sanctions très sévères contre les plateformes qui ne se montreraient pas assez zélées pour supprimer les contenus illicites ou qui ne feraient rien pour les retirer.
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Outre-Rhin, la lecture du projet de loi avait provoqué une levée de boucliers chez les associations de défense de la liberté d’expression, à raison. Sans remettre en cause le principe du texte, les organisations pointaient le risque d’une dérive : pour éviter une amende dont le plafond est très haut, un site pourrait vouloir se protéger en retirant aveuglément tout contenu signalé, sans la moindre réflexion.
Force est de constater que les inquiétudes exprimées en Allemagne ont été entendues puisque le texte ne mentionne plus l’existence d’une première infraction pour déclencher la responsabilité de la plateforme et donc sa possible sanction. L’information, sortie par Der Spiegel mardi, a été confirmée lors de la présentation du texte en conseil des ministres, selon l’AFP.
Une formulation plus large est désormais proposée, avec une précision adressée aux autorités de régulation d’intervenir avec prudence de manière à protéger la liberté d’expression. En revanche, les délais de suppression et les montants de l’amende restent inchangés : 24 heures pour les publications manifestement délictueuses, 7 jours pour les autres contenus problématiques.
Qu'est-ce qu'un contenu problématique non délictueux ? :/
Par ailleurs, le texte, qui mentionne la possibilité de supprimer ou de bloquer un contenu litigieux, prévoit aussi les mêmes sanctions en cas de remise en ligne de ces publications.
Ouch… Avec ce genre de disposition, on se dirige vers des automates pour filtrer automatiquement les contenus avant la mise en ligne. On voit déjà les atteintes à la liberté d'expression que cela pose sur Youtube : http://shaarli.guiguishow.info/?unl0Cw .
[…]
Cette situation a conduit Heiko Maas à estimer que Facebook doit être considéré comme un média et donc supporter une certaine forme de responsabilité, conditionnée aux actes que le site peut prendre — notamment en terme de célérité lorsqu’un signalement est fait — pour faire cesser une diffusion problématique survenant sur sa plateforme. Évidemment, ce statut contesté par le réseau social, qui veut n’être qu’une simple firme tech.
Sur la responsabilité des plateformes, voir : http://shaarli.guiguishow.info/?B_o92A .
Donc l'Allemagne va se doter de sa LCEN…
Les gens de chez Datagueule ont besoin d'argent pour financer un documentaire long format (comme leur excellent « 2 degrés avant la fin du monde » dédié au changement climatique / COP 21) qui sera dédié à questionner la démocratie et qui sera diffusé sous une licence Creative Commons (laquelle ?). Pour plus de détails, voir la page KissKissBankBank ou leur vidéo explicative. Je note la volonté de l'équipe de faire participer les citoyen-ne-s à la construction du documentaire : financement, fourniture de sources/arguments/angles_de_vue, etc.
On est à 44 % de la somme demandée et il reste un peu moins de la moitié du temps (13 jours).
