The Daily Shaarli
En juillet 2016, l'ARCEP, le régulateur français des télécoms, a ouvert une consultation publique portant sur son analyse du marché (des marchés, en vrai) de l'accès à Internet haut débit (HD) et très haut débit (THD) fixe en France. C'est important car c'est en partie avec les réponses que l'ARCEP fixera le cadre de sa future régulation des marchés haut débit et très haut débit fixe pour 2017-2020. C'est-à-dire changer de modèle si elle constate que le co-investissement échoue à faire émerger une offre FTTH correcte, décider si elle impose ou non des offres de gros sur la fibre optique qui permettront l'entrée de petits acteurs locaux sur le marché comme les TPE ou les FAI associatifs ou si ces acteurs se feront évincer comme ce fût le cas sur l'ADSL, etc.
J'ai déjà écrit un shaarli fort documenté sur ce sujet donc je ne réexpliquerai pas les concepts que je manipulerai ci-dessous. De même, j'avais proposé un résumé pas trop résumé de la réponse de la FFDN à cette même consultation.
En février 2017, l'ARCEP a, à nouveau, ouvert une consultation publique sur ces sujets. Histoire de confirmer sa compréhension des réponses et d'affiner quelques points avant de pondre la régulation. La FFDN n'a pu y répondre dans les temps, faute d'implication bénévole. J'ai quand même décidé de lire ce que ça raconte. L'objet de ce shaarli est donc de faire un résumé de ce que j'ai compris des positions de l'ARCEP.
Pour des raisons qui m'échappent, l'ARCEP a changé quelques termes de vocabulaire utilisés.
Les opérateurs de la FFDN consomment principalement sur le marché 3b. Certains opérateurs ont une boucle locale radio. Ils pourraient y proposer des accès aux autres opérateurs sur les marchés 3a ou 3b. Mais, évidemment, ça n'intéresse aucun opérateur.
L'ARCEP a toujours un raisonnement fort tordu concernant la FTTH.
Orange est très présent sur la fibre : 44 % des prises en ZTD, 91,5 % des prises en ZMD, 23 % de l'exploitation des prises RIP.
L'ARCEP maintient donc les obligations existantes sur le cuivre (obligation d'accès, offre de référence publique, indicateurs QoS, tarif reflétant les coûts). Aucune obligation sur la fibre, la régulation symétrique serait suffisante. L'ARCEP se demande néanmoins si elle ne doit pas imposer la non-discrimination des processus opérationnels sur la BLOM + fournir des fibres surnuméraires pour les PMI de la ZTD.
L'ARCEP ne préconise plus la possibilité de laisser Orange moduler le prix du dégroupage dans certaines zones afin de forcer un passage à la fibre. Excellente nouvelle. De plus, l'ARCEP proposera bientôt un cahier des charges concernant la fermeture des NRA dans les communes ayant le statut « zone fibrée » (loi Macron puis République numérique). Des expérimentations préalables apparaissent nécessaires aux yeux de l'ARCEP.
Raisonnement problématique : l'ARCEP constate qu'il n'existe actuellement pas d'offres de gros d'accès activés sur fibre au niveau national, mais en déduit que c'est le même marché car fibre et cuivre sont substituables… Je peux substituer de l'existant à de l'inexistant ? :/
Vu que l'ARCEP estime que HD cuivre et THD fibre sont substituables (voir ci-dessus), alors il n'y a pas lieu d'imposer la fourniture d'offres bitstream à l'opérateur dominant car un micropérateur qui voudrait intervenir à moindre coût sur la fibre ne serait pas désavantagé à souscrire à une offre de gros d'accès activés sur cuivre. Donc, si t'es un grozopérateur, tu investis en passif sur l'infrastructure de demain (le cuivre ne permet pas la montée en débit sur le long terme). T'es un micropérateur, tu bosses sur l'infrastructure du passé à un coût relatif prohibitif. Donc, on réserve bien le marché de masse de la fibre aux grozopérateurs alors que les offres bitstream avaient ouverts la concurrence sur le cuivre. Le micropérateur ne peut pas se contenter de jouer dans les RIP (quand cela est possible, malgré la réglementation de l'UE, ce n'est pas toujours acquis !).
Orange a une position significative sur ce marché.
L'ARCEP maintient les obligations existantes sur le cuivre (maintien de l'obligation d'accès livrée ATM (département et région) ou Ethernet/IP (région), offres de migration de masse bitstream vers dégroupage, pas de discrimination HD/THD). Rien sur la fibre.
On notera la coquille page 53 : « A ce jour, ces offres Ethernet représentent déjà plus de la moitié du parc d’Orange sur fibre (66% mi 2016) ».
Orange a une position dominante sur ce marché à cause de sa position historique (d'avant l'ouverture à la concurrence) sur le cuivre. C'est bien de l'écrire. Mais pourquoi l'écrire uniquement dans cette analyse alors que c'est tout aussi vrai pour les marchés 3a et 3b ?
L'ARCEP maintient les obligations existantes (obligation d'accès, maintien des prestas existantes, reproductibilité des offres, non-discrimination, QoS, contrôle tarifaire, etc.). Nouveautés :
L'ARCEP propose de réguler la possible cohabitation entre la BLOM et la BLOD : obligation, pour Orange, de non-éviction sur les offres activées construites sur la BLOD. Cette contrainte serait basée sur les offres d'accès passives dans les endroits où la BLOM est déployée ou en cours de déploiement. Cette proposition est curieuse : cela revient à créer un monopole, pour Orange, sur la BLOD, qui sera donc un secteur très haut de gamme dont seul Orange pourra se vanter d'opérer.
The US House of Representatives voted Tuesday to eliminate ISP privacy rules, following the Senate vote to take the same action last week. The legislation to kill the rules now heads to President Donald Trump for his signature or veto.
The White House issued a statement today supporting the House's action, and saying that Trump's advisors will recommend that he sign the legislation. That would make the death of the Federal Communications Commission's privacy rules official.
The rules issued by the FCC last year would have required home Internet and mobile broadband providers to get consumers' opt-in consent before selling or sharing Web browsing history, app usage history, and other private information with advertisers and other companies. But lawmakers used their authority under the Congressional Review Act (CRA) to pass a joint resolution ensuring that the rules "shall have no force or effect" and that the FCC cannot issue similar regulations in the future.
