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  • On vous réexplique le projet de loi sur le renseignement - Next INpact

    « Après avoir examiné le projet de loi sur le renseignement, déposé à l’Assemblée nationale par le gouvernement, passons au texte issu de la commission des lois.

    [...]

    Inutile ? Mais pourquoi préciser alors la vie privée et le secret des correspondances ? Simple anticipe Urvoas : « les autres notions auxquelles le texte se réfère ici relèvent de la jurisprudence du Conseil constitutionnel, ce qui n’est pas le cas de la protection des données personnelles ». (article L811-1)

    [...]

    Derrière ces affirmations, l’auteur de cette rustine, le socialiste Pascal Popelin estime que « seul l’État peut mener des activités de renseignement en raison des objectifs poursuivis et des techniques mises en œuvre. De fait, cette politique publique ne saurait faire l’objet ni d’une sous-traitance à des sociétés privées ni d’une privatisation. Car la protection des libertés de nos concitoyens passe par la capacité de contrôle de l’action de l’État qui ne peut par conséquent pas être déléguée à une instance tierce du secteur privé ».

    Il n’est toutefois pas certain que cet amendement interdise l’intervention de sociétés privées, compte tenu de l’ampleur technique du projet de loi, et surtout parce que le texte prévient simplement que la politique publique est de la compétence de l’État, non ses modalités pratiques...

    [...]

    Sept finalités rendues très extensives en commission des lois

    La définition posée, embrayons sur les finalités qui peuvent en pratique justifier le déploiement de l’ensemble des mesures de renseignements. Au cinq existant actuellement, le projet de loi de Bernard Cazeneuve en a prévu sept, lesquelles ont toutefois été considérablement étendues en commission parlementaire (article L811-3).

    [...]

    En commission des lois, une série d’amendements signés principalement Jean-Jacques Urvoas a revu la plupart de ces définitions, pour étendre le plus souvent leur portée. Ces finalités sont désormais :

        L’indépendance nationale, l’intégrité du territoire et la défense nationale
        Les intérêts majeurs de la politique étrangère et la prévention de toute forme d’ingérence étrangère
        Les intérêts économiques industriels et scientifiques majeurs de la France
        La prévention du terrorisme
        La prévention des atteintes à la forme républicaine des institutions, des violences collectives de nature à porter atteinte à la sécurité nationale, de la reconstitution ou d’actions tendant au maintien de groupements dissous en application de l’article L. 212 1
        La prévention de la criminalité et de la délinquance organisées
        La prévention de la prolifération des armes de destruction massive

    À plusieurs reprises, on le voit, les intérêts « essentiels » du projet initial deviennent de simples intérêts « majeurs », ce qui abaisse le niveau de justification du déploiement des outils de surveillances (voir notre actualité).

    Surtout, alors que le projet de loi visait « le recueil des renseignements relatifs aux intérêts publics », phrase suivie de la liste des finalités, la commission cible désormais : « le recueil des renseignements relatifs à la défense et à la promotion des intérêts publics ». Plus clairement, cet objectif autorise un renseignement non seulement défensif (« la défense »), mais également plus offensif (« la promotion ») ce qui ouvre un plus vaste champ d’actions, notamment s’agissant de la défense des « intérêts économiques, industriels et scientifiques majeurs de la France. »

    [...]

    Par défaut, le projet attribue cette compétence aux services spécialisés de renseignement « relevant des ministres de la Défense et de l’Intérieur ainsi que des ministres chargés de l’Economie, du Budget ou des Douanes ». Mais le projet de loi prévoit aussi qu’un décret en Conseil d’État pourra l’étendre. Mieux, le ministère de la Justice a d’ailleurs déjà été ajouté dans la liste, en Commission des lois, afin notamment de propager ces technologies dans le système pénitentiaire.

    [...]

    Ce même décret devra préciser aussi la liste des finalités relevant de tel ou tel service. Par exemple, Bercy s’occupera davantage des intérêts économiques industriels et scientifiques majeurs de la France que de la prolifération des armes de destruction massive… (article L811-4).

    [...]

    En pratique, comment cela se passe ? C’est la partie purement administrative, donc rebutante pour le lecteur. Résumons : la demande initiale est sécrétée par le service du renseignement spécialisé, portée par le ministre de la Défense, de l’Intérieur, de la Justice ou de Bercy. Ce document écrit précise la ou les techniques à mettre en œuvre (quel outil ?), la ou les finalités poursuivies (terrorisme, promotion économique des intérêts français, etc.), le ou les motifs des mesures (pourquoi ?), la durée de validité (combien de temps ?).

    Est aussi renseignée la cible du renseignement : personne, lieu ou véhicule. Sur ce point, la loi est souple : tous peuvent être « désignés par leurs identifiants, leurs caractéristiques ou leur qualité, lorsqu’ils ne sont pas connus mais aisément identifiables ». Ainsi, plutôt qu’un nom (Mme Michu), le service pourra se contenter de mettre en avant le chef présumé d’un groupe plus ou moins menaçant, l’immatriculation d’une voiture, un pseudonyme utilisé sur un réseau social, telle donnée technique, ou la référence client chez un opérateur… (L. 821-2).

    [...]

    Émanant des services, la demande est ensuite adressée au président de la CNCTR (ou l’un de ses membres magistrats). Celui-ci rend, seul, un avis dans les 24 heures.

    Ce cheminement peut toutefois être contrarié si d'une part, le président n’est pas certain de la validité de la demande, et d'autre part, il décide de réunir l’ensemble de la Commission. Celle-ci dispose alors de trois jours pour rendre son avis.

    Mais que se passe-t-il si la commission n’est pas réunie ? Les autres membres sont alors informés dans les 24 heures de l’avis rendu par le président. Deux d’entre eux peuvent dès lors activer cette réunion et là encore, un avis est rendu dans les trois jours.

    Quid si le président ne rend pas d’avis ? L’avis est tout simplement réputé rendu (positivement), ce qui montre combien la disponibilité du président de la CNCTR (ou son représentant) devra être forte.

    L’avis obtenu expressément ou par défaut permet de finaliser l’autorisation du premier ministre. Elle vaut pour une durée maximale de quatre mois. Cependant, elle est renouvelable autant de fois que nécessaire. À chaque fois, cependant, il faudra suivre le même formalisme et respecter la même durée que l’autorisation initiale. (L. 821-3)

    Après 24 h (ou trois jours) donc le premier ministre peut accorder son autorisation suprême pour quatre mois (L. 821-4). S’il autorise, malgré l’avis défavorable de la CNCTR, il doit impérativement expliquer pourquoi il a estimé nécessaire d’y passer outre. Dans tous les cas, la demande initiale et l’autorisation du premier ministre sont enregistrées dans un registre mis à la disposition (non communiqué volontairement) de la Commission.

    [...]

    Voilà pour la procédure normale. Seulement, en présence d’ « une menace imminente » ou d’un risque « très élevé de ne pouvoir effectuer l’opération [de renseignement) ultérieurement », l’urgence prime sur l’encadrement : on passe à l’action ! La décision de déployer directement le renseignement revient en effet au seul chef du service, sans passer par la case premier ministre comme c'était prévu dans le projet de loi initial.

    Seules contraintes : sans délai, il doit informer le ministre compétent, le premier ministre et la CNCTR. (L. 821-5). Dans une telle hypothèse, le Premier ministre peut alors ordonner l’interruption de la collecte et la destruction des renseignements glanés. Cette procédure d’urgence n’est toujours pas activable. Elle est interdite pour la mise en place d’écoute dans des lieux privés d’habitation ou quand la technique de renseignement cible une entreprise de presse, un parlementaire ou un avocat, seul véritable filet qui protège ces professions à caractère sensible (L. 821-5).

    Urgence ou non, si la commission considère qu’il y a un bug dans l’autorisation, elle devra se contenter d’adresser une simple « recommandation » au premier ministre. Elle lui expliquera pourquoi la technique de renseignement est illicite. Le premier ministre décidera des suites à donner « sans délai ». S’il rejette ses remarques, la CNCTR saisira, si elle le souhaite, le Conseil d’État, dans une formation de jugement spécialisée. (L. 821-6). Un détail important : cette procédure ne gèle pas le renseignement en cours.

    [...]

    Mais imagions que tout se passe bien. Une fois les autorisations accordées, l’ensemble des données collectées sera tracé et centralisé (L. 822-1). Chaque technique fait en effet l’objet d’un relevé, accompagné de la date de début et de fin, et précisant la nature des renseignements collectés. Un relevé là encore simplement mis à la disposition de la CNCTR, non communiqué mécaniquement.

    Toutes ces informations, qui vont révéler à des yeux extérieurs jusqu’à l’intime de la vie d’une personne, seront conservées pendant 12 mois et même, pour les données de connexion, durant 5 ans à compter du recueil. En clair, si vous êtes un possible terroriste théoriquement menaçant, toutes vos métadonnées qui décrivent votre environnement social pourront être gardées en mémoire jusqu’en avril 2020. Il s’agit cependant de plafonds maximums figés par la loi qu’un décret en Conseil d’État pourra raboter, suivant les techniques de renseignement autorisées.

    Ce n'est pas tout. Ces plafonds pourront être dépassés dans trois cas. Cela vise :

        Les renseignements liés à une cyberattaque
        Les renseignements chiffrés
        Les renseignements déchiffrés associés à ces derniers

    Là, c’est une conservation sans limites de temps, qui ne peut être justifiée que par le besoin d’une analyse technique. La loi assure aussi ces informations ne pourront pas être utilisées pour la surveillance des personnes concernées. (L.822-2).

    [...]

    Toujours sur la question des délais, si « les renseignements ne peuvent être collectés, transcrits ou extraits à d’autres fins » que les sept finalités, (L.822-3) et ce, pour une durée limitée, « les transcriptions ou les extractions [devront] être détruites dès que leur conservation n’est plus indispensable à la réalisation de ces finalités ». En clair, le fruit des recueils sera conservé sans limite de temps. À toutes fins utiles, un registre sera mis là encore à disposition de la CNCTR.

    [...]

    L’article L. 822-6 prévoit un joli cas de figure : lors de ces collectes, un agent du renseignement découvre par hasard un crime ou un délit, même sans lien avec l’une de ces sept finalités. Là, pas de choix : il devra en aviser sans délai le procureur de la République, en lui transmettant les procès-verbaux utiles.

    C’est une application bête et méchante de l’article 40 du code de procédure pénale. Par ce biais, tout le mécanisme basculera donc dans une procédure judiciaire classique, à partir d’outils exceptionnels de surveillance administrative, si bien sûr le service ne tarde pas trop à faire jouer cette disposition, laps de temps durant lequel le judiciaire restera écarté... Précision importante : cette transmission au Parquet pourrait visiblement se faire même si les mesures de surveillance étaient à l'origine, illicites.

    [...]

    La Commission nationale de contrôle n’a pas vu sa composition modifiée en commission des lois. Reprenons donc ce que nous disions dans notre première actualité. Cette autorité administrative indépendante est composée de neuf membres (L. 831-1) :

        Deux députés
        Deux sénateurs
        Deux membres du Conseil d’État (actuels ou retraités)
        Deux magistrats (actuels ou retraités) de la Cour de cassation
        Une personnalité qualifiée pour sa connaissance en matière de communications électroniques (nommée sur proposition du président de l’ARCEP)

    [...]

    Elles pourront démissionner, non être « virées » sauf si la Commission venait à constater un « empêchement » ou « un manquement » dont les modalités sont renvoyées au règlement intérieur. Ces personnalités sont indépendantes, également dans l’exercice de leurs attributions (L.832-1). Elles « ne reçoivent d’instruction d’aucune autorité. »

    La fonction de membre de la CNCTR est incompatible avec toute activité professionnelle, tout autre emploi public et tout mandat électif, exception faite des députés et sénateurs qui y siègent. (L.832-2). Autre garantie, les membres de la Commission ne pourront être en liaison d’intérêts directs ou indirects avec les services du renseignement, les FAI, les opérateurs ou les hébergeurs techniques. Cependant, la loi ne prévoit aucune obligation de publier les déclarations publiques d’intérêts de ces personnalités.

    En commission des lois, plusieurs voix se sont faites entendre pour dénoncer l’agenda très chargé des députés et sénateurs qui y siégeront. Ils ne peuvent en effet libérer que très difficilement une seule journée par semaine. L’idée a été suggére de proposer d’anciens députés et sénateurs, mais elle a été repoussée. Autant dire, en conséquence, que la charge de travail de cette autorité administrative indépendante reposera essentiellement sur les épaules des magistrats. Selon le texte, la CNCTR ne pourra délibérer que si au moins quatre membres sont présents. Rappelons à ce titre que le silence gardé par le président sur une demande d’autorisation vaut avis…

    Quels seront ses moyens ? Comme analysé précédemment, l’étude d’impact est diablement silencieuse sur les versants économiques du projet de loi. L’article L.832-4, modifié en commission, prévient simplement qu’elle « dispose des moyens humains et techniques nécessaires à l’accomplissement de sa mission ainsi que des crédits correspondants ». Il reviendra finalement à la prochaine loi de finances de lui allouer les fonds nécessaires, sauf à vouloir noyer cette autorité sous un déluge de procédures.

    Il n’est plus précisé dans le projet de loi amendé que les agents de la CNCTR seront choisis « en raison de leurs compétences juridiques, économiques et techniques en matière de communications électroniques et de protection des données personnelles ». Ce qui laisse une plus large manœuvre d’actions, même si ce genre de profils sera évidemment précieux.

    Cette autorité administrative indépendante verra aussi ses comptes vérifiés par la Cour des comptes (L. 832-4). Cependant, sauf erreur, la loi ne prévoit pas de publication du rapport qui en ressortira.

    [...]

    La mission première de la CNCTR (L. 833-1) sera avant tout de « veiller à ce que les techniques de recueil du renseignement soient mises en œuvre sur le territoire national conformément [aux textes] ». À cette fin (art. L. 833-2.), tous, des agents aux ministres, devront faciliter son action (une obligation de moyen, sans sanction particulière). La CNCTR se verra destinataire de toutes les demandes des services mais également de toutes les autorisations accordées par le premier ministre. Elle disposera aussi d’un droit d’accès permanent à toutes les données relevées, collectées, transcrites, centralisées, etc. Un droit d’accès cependant non absolu cependant puisqu’il ne concernera pas la surveillance des communications internationales.

    La même CNCTR sera «informée à tout moment (…) des modalités d’exécution des autorisations en cours ». Seul détail, cette information ne se fera qu’ « à sa demande » et non au fil de l’eau…

    Au-delà, elle pourra toujours essayer de solliciter du Premier ministre « tous les éléments nécessaires à l’accomplissement de sa mission », mais là encore, cette possibilité ne pourra viser des éléments communiqués par des services étrangers, des organismes internationaux « ou qui pourraient donner connaissance à la commission, directement ou indirectement, de l’identité des sources des services spécialisés de renseignement. »

    Pour être mieux éclairée, elle pourra solliciter du premier ministre les éventuels rapports menés en interne sur les services du renseignement (par l’inspection des services du renseignement). Dans le texte initial, c’est le premier ministre qui décidait, ou non, de communiquer d’instinct ces éléments. Cette fois, c’est la CNCTR qui peut solliciter ces documents, nuance importante.

    [...]

    Si quelqu’un s’estime espionné par les services, il pourra saisir la CNCTR via une réclamation. Il devra d’abord démontrer un « intérêt direct et personnel », histoire d’éviter que tous les paranoïaques en puissance ne se pressent à sa porte. Mais comment démontrer un tel intérêt à agir, face à des opérations couvertes par le secret ?

    En commission des lois, il a été cependant confirmé que la CNCTR pourrait également s’autosaisir. Une garantie judicieuse. Dans ce cadre, elle déploie son contrôle pour vérifier que l’éventuel recueil a été correctement mis en œuvre. Une fois son enquête conclue, elle en alerte l’auteur de la réclamation, mais « sans confirmer ni infirmer » de la mise en œuvre de la surveillance (L. 833-3). En interne, si une irrégularité est constatée, on rebascule sur la recommandation au premier ministre, et l’éventuelle saisine du Conseil d’État (L.821-6).

    [...]

    Enfin, histoire de nourrir un peu plus les échanges, à tout moment la commission « peut répondre aux demandes d’avis du Premier ministre, des présidents des assemblées parlementaires et de la délégation parlementaire au renseignement ».

    Nouveauté adoptée en commission, elle pourra enfin consulter pour avis l’ARCEP, évidemment dans le respect du secret de la défense nationale. (L. 833-6).

    [...]

    Passons maintenant aux différentes techniques de renseignement présentes dans la trousse à outils des services. Le projet de loi réorganise le code de la sécurité intérieure opposant d’un côté l’accès administratif aux données de connexion, de l’autre sur les interceptions (les écoutes).

    Commençons par les premières qui concernent non le contenu des correspondances (voix, texte, vidéo), mais tout le contexte d’un échange : le contrat d’abonnement, l’adresse IP, l’adresse postale, le lieu, la date, les numéros de téléphone, etc.,. Pour installer un tel pipeline, il faudra évidemment l’autorisation du Premier ministre, l’inévitable avis de la CNCTR et heureusement le respect de deux grandes conditions (L.851.3). D’une part, le recueil doit viser des personnes « préalablement identifiées comme présentant une menace ». C’est-à-dire identifiées nommément, par qualité, caractéristiques ou identifiant dixit l’article L821-2. D’autre part, ce recueil est fléché à la seule prévention du terrorisme.

    Ces conditions réunies, les agents du renseignement peuvent pomper en temps réel toutes les informations autres que le contenu des échanges « relatifs » à ces personnes. Selon nous, le terme « relatif » ne signifie pas seulement émis ou reçus par ces individus, mais tout ce qui est en relation avec elles, nuance d'ampleur.

    Ce recueil est alors très énergique : les services profiteront alors d’un accès « en temps réel sur les réseaux des opérateurs » pour récupérer des wagons de données de connexion. Il n’y a pas que les opérateurs télécoms qui sont ici visés, s’y ajoutent les sites, les FAI, les hébergeurs, bref, toute la jungle des acteurs du net qui devront tous ouvrir un accès privilégié. Contrairement à la loi de programmation militaire, qui organisait une transmission sur demande, cette fois on change de niveau : l’accès pourra être direct. Les agents entrent, se servent, repartent, sans rien demander à quiconque. Un service tout confort, open bar.

    Dernier détail, les acteurs du numérique se verront interdire de révéler la mise en œuvre d’une technique de recueil du renseignement. Le cas échéant, ils risqueront une amende de 375 000 euros. Ce même montant sera dû s’ils refusent « de communiquer les informations ou documents ou de communiquer des renseignements erronés ». Bref, toute résistance sera futile… car coûteuse.

    [...]

    L’article L. 851-4 est celui sans doute qui suscite le plus de trouble (relire la réaction de l’ASIC ou de Gandi, par exemple). C’est la fameuse boite noire qui concerne cette fois l’hypothèse de personnes non identifiées. Cet article tente de trouver une solution pour anticiper une possible menace terroriste, qu’elle soit fantôme ou finalement bien réelle.

    Concrètement, le Premier ministre pourra imposer à tous les acteurs des nouvelles technologies une « boite noire » sur leurs infrastructures (tuyaux, DSLAM, serveurs, etc.), en fait « un dispositif destiné à détecter une menace terroriste sur la base de traitements automatisés ». L’expression de menace terroriste est elle-même très floue, variant selon les sensibilités sécuritaires et anxiogènes.

    Mais quelle est exactement cette boite noire, ce dispositif lesté d’algorithmes prédictifs ? Rien n’est décrit précisément dans le projet de loi ou son étude d’impact, laquelle évoque simplement « l’anticipation de la menace attachée aux activités terroristes ». C’est sans doute un chalutage profond de toutes les données de connexion pour tenter de trouver, au tamis,  des signaux faibles. À la barre, un algorithme, et en guise de marins, pourquoi pas du deep packet inspection ? Questionné, Matignon nous a simplement répondu que ces détails seraient discutés avec les opérateurs, sans infirmer notre hypothèse. Une obligation : ce chalutage ne portera que sur les données de connexion, non les contenus, cependant la CNIL a déjà expliqué combien il était simple de retracer toute l'identité d'une personne via ces simples éléments...

    Fait important : l’algorithme ne pourra pas procéder à l’identification des personnes concernées. Si les algorithmes « matchent » une possible menace terroriste, cependant, alors le Premier ministre pourra autoriser l’identification des données glanées, après l’avis de la CNCTR. Les services passeront alors à plus musclé, comme c’est déjà prévu par le texte, spécialement à de l’interception judiciaire. On n’ose à peine imaginer les conséquences d’un plantage de l’algorithme, d’un faux positif ou si le logiciel remonte trop tôt dans le précrime.

    Nouveauté en commission des lois : pour apporter un peu de lumière dans cette boîte noire, la Commission nationale de contrôle des techniques de renseignement émettra un avis sur le dispositif et les critères des traitements automatisés (pourra-t-elle ausculter techniquement l’algorithme, ou seulement les critères qui le nourriront ?). Elle aura en tout cas un accès permanent à ces traitements et sera informée de toutes les modifications. En cas de doute, jouera l’éternelle recommandation au premier ministre, suivi d’une possible saisine du Conseil d’État.

    [...]

    Toujours lors de l’examen en commission, Jean-Yves Le Drian, ministre de la Défense a donné un cas pratique que pourrait permettre ce fameux article L.851-4 : « lorsqu’un terroriste décapite un homme dans un pays étranger, des connexions se mettent en place sur notre territoire, pour identifier les réseaux sociaux qui montrent la scène. Un algorithme vérifie immédiatement les connexions qui assurent la diffusion de l’acte terroriste commis en Jordanie, en Iran, en Irak ou en Syrie. Il s’agit non pas de pêche au chalut, mais de ciblage de réseau. Une telle intervention, qui n’existe que dans le cadre de la lutte antiterroriste, ne lèse pas les libertés ». Seul souci, les URL sont considérées comme des données de contenus, non des données de connexion… Erreur ou aveu gênant ?

    Bernard Cazeneuve a ajouté son lot de (petites) précisions : « En ce qui concerne la détection sur données anonymes, on ne peut à la fois refuser de recueillir toutes sortes d’informations et rejeter les dispositifs qui permettent de sélectionner les personnes qui doivent être suivies. Les algorithmes permettent justement de cibler les informations dont nous avons besoin. »

    De même, il a détaillé (un peu) le mode opératoire : « Les services de renseignement définiront, après avis de la CNCTR, un algorithme permettant de sélectionner des données en fonction de critères préétablis. Ces critères sont précisément destinés à éviter la « pêche au chalut » : ils permettront de sélectionner les caractéristiques spécifiques des modes de communication de personnes engagées dans des activités terroristes (…) Les opérateurs mettront en œuvre le dispositif sur les flux de données de connexion empruntant leurs réseaux. Lorsque l’algorithme détectera un profil correspondant aux critères d’une menace terroriste, ce profil sera communiqué au service de renseignement concerné de manière anonyme. C’est seulement si le service estime que le profil correspond bel et bien à une personne susceptible de représenter une menace terroriste que le Premier ministre pourra, après avis de la CNCTR, autoriser l’identification de la personne. »

    La commission des lois a fait sauter au fil des discussions le délai plutôt bref de mise en place de cette boîte noire. Initialement fixé à 30 jours, renouvelables autant de fois, ce délai est maintenant figé dès l’autorisation initiale, soit jusqu’à 4 mois, toujours renouvelables tant que la menace existe ce qui risque d'être du 365j/an puis la prévention du terrorisme est dans l'ADN du renseignement.

    [...]

    À l’article L. 851-6, sont décrites d’autres techniques, non plus seulement limitées au terrorisme, mais motivées par la prévention des sept plaies de la loi. Il y a d’abord la mise en place d’un mouchard permettant de localiser en temps réel une personne, un véhicule ou un objet. Là encore, tout passe par une autorisation du Premier ministre, en principe, évitée cependant en cas d’urgence, de menace imminente ou « de risque très élevé de ne pouvoir effectuer l’opération ultérieurement ».

    [...]

    En commission des lois, gros changement passé un peu inaperçu dans le dédale technico-juridique du texte : plutôt que d'autoriser un dispositif « de proximité », le texte adopté fait maintenant référence à un « appareil » ou « un dispositif technique » dans le sens de l’actuel article 226-3 du code pénal.

    On étend très clairement les capacités de surveillances sous cette discrète référence. L’article en question ne concerne en effet pas seulement les fausses antennes relai, mais vise également tous les « appareils ou dispositifs techniques » qui permettent d’ « ouvrir, de supprimer, de retarder ou de détourner des correspondances arrivées ou non à destination » ou « d'en prendre connaissance » ou « d'intercepter, de détourner, d'utiliser ou de divulguer des correspondances émises, transmises ou reçues par la voie électronique ». (L’article 226-3 du Code pénal renvoi à l’article 226-15 du même code). Il voit donc nettement plus large !

    Même amendé, le texte prévoit toujours que les informations ou documents recueillis par ce biais seront détruits dans les 30 jours s’ils ne sont pas en rapport avec l’autorisation de mise en œuvre. Sinon, s’appliquera le délai programmé en amont.

    [...]

    Les interceptions de sécurité

    Après l’aspiration des données, on passe en effet aux écoutes (voix, écrits, vidéo, texte). D'entrée, prévenons d'une nuance qu’on retrouve déjà dans l’actuelle législation : si les autres outils de surveillance doivent répondre à l’une des sept finalités, cette fois, les interceptions pouvant être autorisées seront celles « susceptibles de révéler des renseignements » relatifs à l’une des finalités. Ce n’est pas vraiment la même chose et permet de taper un peu plus à l'aveugle.

    La CNIL l’a regretté, mais le gouvernement et la commission des lois s’en sont peu souciés : les données de connexion afférentes seront aspirées en même temps que les contenus des échanges. Ces écoutes pourront donc se répandre chez les proches de celui qui est écouté, plus exactement chez ceux « susceptibles de jouer un rôle d’intermédiaire, volontaire ou non, pour le compte de cette dernière ou de fournir des informations au titre de la finalité faisant l’objet de l’autorisation ». Un exemple ? Un chauffeur de taxi qui a échangé sans le savoir avec une personne à risque... C’est finalement tout l’environnement social, numérique, sonore, textuel, visuel, professionnel, familial d’un individu qui sera aspiré dès lors que ce tissu est « susceptible » d’être utile pour l’une des sept finalités.

    Ces outils pourront être installés et exploités sans autorisation, si urgence, menace imminente ou « risque très élevé de ne pouvoir effectuer l’opération ultérieurement », en suivant la procédure vu plus haut.

    En commission des lois, plusieurs mesures ont été adoptées pour assurer une certaine centralisation des interceptions, histoire d’éviter un éparpillement rendant délicat le contrôle de la CNCTR. Le nombre d’interceptions sera comme aujourd’hui contingenté par le Premier ministre (après avis de la CNCTR), sans limites particulières.

    [...]

    Sonorisation des lieux et véhicules et mouchards informatiques

    Ces intrusions très profondes dans la vie privée d’une personne ne seront possibles que subsidiairement, si au regard des sept finalités, les renseignements espérés ne peuvent être recueillis par un autre moyen légalement autorisé (L. 853-1.).

    Elles seront conditionnées à un avis exprès de la CNCTR (le silence ne vaudra donc pas acceptation). Et si son avis n’est pas suivi par le Premier ministre, deux de ses membres pourront saisir le Conseil d’État afin de trancher le conflit (L.853-1 et L.853-2).

    Le projet de loi est généreux, prévoyant l’installation de caméras et micros, même dans un lieu privé. Évidemment, l’inviolabilité du domicile, affichée fièrement au premier article du texte, ne jouera pas. Symbolisme, on vous dit. Autre chose, des mouchards informatiques pourront aussi être placés sur n’importe quel « système automatisé de données ». Selon Matignon, l'expression vise un ordinateur. Mais juridiquement, cela concerne aussi les tablettes, smartphones, les sites internet, les serveurs... bref, n’importe quel bidule qui manipule des flux d’octets.

    Cette foire à l’indiscrétion peut durer deux mois, bien entendu renouvelable si nécessaire. Puisqu’on touche aux correspondances, les données collectées devront cependant être détruites au plus tard à l’expiration d’un délai d’un mois à compter de leur enregistrement.

    Ces opérations seront mises en œuvre sous le contrôle de la CNCTR qui pourra solliciter leur interruption et la destruction des renseignements collectés.

    [...]

    La loi prévoit un régime à part pour le renseignement sur les communications internationales (L. 854-1). Cette hypothèse vise par exemple un émetteur en France et un récepteur à l’étranger. Concrètement, s’il y a un tel élément d’extranéité, l’autorisation initiale du Premier ministre n’est plus soumise à l’avis de la CNCTR.

    Comme mis en lumière par l’ARCEP, ce dispositif pose d’autres soucis. Il sera parfois « délicat pour les opérateurs de déterminer de manière suffisamment certaine le régime dont relèvent les communications internationales émises ou reçues sur le territoire national ». Imaginons en effet des émetteurs et des récepteurs en France, mais qui empruntent des voies internationales (exemple : un VPN à l’étranger). Est-on dans un cas français ou étranger ?

    Le projet de loi apporte un peu d’eau au moulin : lorsqu’une communication renvoie à des numéros d’abonnement ou à des identifiants techniques rattachables au territoire national ou à des personnes surveillées en France, les données seront conservées et détruites conformément aux règles en vigueur dans notre pays, sous le contrôle de la CNCTR. Avec une nuance : « le délai de conservation des correspondances court à compter de la date de leur première exploitation » et non du recueil comme c’est le cas dans les hypothèses franco-françaises.

    Contrairement à ce que nous avions (mal) précisé dans notre première actualité, la CNCTR pourra intervenir a posteriori, de sa propre initiative ou sur réclamation de toute personne y ayant un intérêt direct et personnel. L’objet ? S’assurer que les mesures mises en œuvre respectent les conditions des deux décrets. Seulement, la Commission n’a semble-t-il pas possibilité de saisir une quelconque juridiction, laissant une liberté encore plus vaste à l’exécutif. La CNCTR n’aura en tout cas aucun accès permanent « aux relevés, registres, renseignements collectés, transcriptions et extractions » conformément à l’article L.833-2.

    [...]

    Un amendement porté par Jean-Jacques Urvoas, et adopté en Commission des lois, va aussi obliger les prestataires de cryptologie à remettre désormais « sans délai » les clefs de déchiffrement aux services du renseignement.

    À ce jour, l’article L244-1 du Code de la sécurité intérieure (CSI) oblige ceux qui fournissent des prestations de cryptologie à « remettre aux agents (…) sur leur demande, les conventions permettant le déchiffrement des données transformées au moyen des prestations qu'ils ont fournies ». Dans son amendement, Urvoas accentue la pression sur ces acteurs en exigeant une fourniture des clefs le plus rapidement possible (« sans délai », article L 871-1) : « cet amendement prévoit de contraindre les personnes physiques ou morales qui fournissent des prestations de cryptologie à remettre sans délai aux agents des services de renseignement les clés de déchiffrement des données transformées au moyen des prestations qu'elles ont fournies » a éclairé le député PS.

    Selon l'article L245-2 du CSI, le fait de ne pas déférer aux demandes des autorités habilitées est puni de deux ans d'emprisonnement et de 30 000 euros d'amende…

    [...]

    Sur le terrain international, nos services du renseignement profiteront d’un beau visa. Comme déjà expliqué, selon l’article 10 du projet de loi, le droit pénal de l’informatique leur sera inapplicable dans cette sphère extraterritoriale. Dans le jargon, c’est là une exceptionnelle « excuse pénale. »

    Les services pourront donc pirater, modifier, effacer, copier, enregistrer tout ce bon leur semble, dès lors qu’on reste vissé à l’une des sept finalités. Jamais ils ne risqueront de se voir condamner à une quelconque amende ou peine de prison (sauf cas exceptionnel : pays mis à feu et à sang, etc.). Le périmètre géographique pose aussi des questions ici : quelle est la nationalité d'une donnée, d'un serveur ? Qui sera juge pour l'apprécier ? Quid des Français se retrouvant sur un serveur basé à Cuba ?

    Cette disposition a été simplement corrigée à la marge en commission des lois, malgré les inquiétudes de Sergio Coronado (EELV).

    [...]

    Le Conseil d’État sera la juridiction de premier choix pour ces dossiers sensibles (L. 841-1). Il sera susceptible d’être saisi par trois voies :

    Par toute personne « ayant un intérêt direct et personnel » et qui aura préalablement pris soin de saisir la Commission, afin de faire vérifier les activités de renseignement.

    Par la CNCTR en cas d’autorisation accordée illégalement, de techniques de renseignement qui dépassent les bornes.

    Par une autre juridiction lorsqu’une affaire met en cause le secret de la défense nationale. Il doit alors statuer dans le délai d’un mois à compter de la décision de saisine de la juridiction de renvoi.

    Sa compétence est en premier et dernier ressort (Art. L. 311-4-1). Toutefois, c’est une formation spécialisée de la juridiction qui intervient ici (Art. L. 773-2), le secret de la défense nationale interdisant la moindre publicité des débats (huis clos total). Cette formation sera composée de trois membres du Conseil d’État. Ils pourront heureusement soulever d’office tout moyen qui n’aurait pas été signalé par la CNCTR par exemple. En cas de contentieux, les membres de cette juridiction ont accès aux pièces du dossier et la CNCTR peut être entendue.

    Si le Conseil d’État constate l’absence d’illégalité (pas de surveillance ou surveillance régulière) sa décision indique au requérant simplement « qu’aucune illégalité n’a été commise » : Il lui sera interdit de confirmer ou infirmer « la mise en œuvre d’une technique ». Au contraire, s’il constate une illégalité, il pourra (ce n’est pas obligatoire) d’un, annuler l’autorisation du recueil, de deux, ordonner la destruction des renseignements irrégulièrement collectés. Dans un tel cas, le requérant est informé de l’illégalité et l’État peut être condamné à indemniser son éventuel préjudice.

    Lorsque la même juridiction estime que l’illégalité constatée est susceptible de constituer une infraction, elle doit en aviser le procureur de la République et transmettre l’ensemble des éléments du dossier à la CNCTR. Celle-ci donnera son avis au Premier ministre, qui pourra, s'il le veut, alors déclassifier tout ou partie des pièces en vue de leur transmission au procureur de la République. Autant dire, de l'hypothétique.

    [...]

    Big data et contrôle du fichage

    Toutes les informations glanées lors de ces différentes opérations feront l’objet d’un fichage dont les éléments pourront être croisés à d’autres fichiers de police déjà en place. Soit un joli big data.

    Le projet de loi vient du coup modifier le droit d’accès indirect reconnu aux citoyens (article 11 du projet de loi). En principe, quand est en cause la sûreté, la défense ou la sécurité publique, il faut passer par l’intermédiaire de la CNIL pour contrôler ces mécanismes. En cas de contentieux, le projet de loi adapte toutefois le principe du contradictoire normalement respecté en raison de « la nature particulière des traitements concernés ».

    Dans un tel cas, en effet, la juridiction chargée de trancher un contentieux ne pourra ni révéler ni préciser si le requérant figure ou non dans le traitement en cause. Celui-ci ne disposera d’informations que si des données personnelles le concernant sont inexactes, incomplètes, équivoques, périmées, ou dont la collecte, l’utilisation, la communication ou la conservation est interdite. Et encore… C’est une simple option ouverte à la juridiction, qui pourra donc décider de ne rien dire. Sur ce terrain, l'ASIC a de son côté demandé à ce que la CNIL soit davantage mise dans la boucle. On verra en séance, à partir du 13 avril prochain, si ces voeux seront entendus. »


    Bref : pas de gros changements :
        * Les finalités et les services pouvant avoir recours aux techniques de renseignement sont déjà étendus ;

        * Toujours un manque de temps/moyens pour la CNCTR et le fait que rien ne lui parvient automatiquement sauf les demandes d'autorisation mais cela démeure à sa disposition (au cas où ils auraient le temps et l'envie spontanée de venir mettre leur nez... sérieusement :/) ;

        * Toujours aucune vraie garantie (en tant que citoyen, je ne peux pas me contenter de croire que les dispositions sont tellement dingues qu'elles ne seront pas appliquées contre un innocent, j'ai besoin de preuve/garantie -> voir la sûreté définie dans la déclaration des droits de l’homme et du citoyen de 1789 aka "la protection de l’individu face à la puissance de l’État, que ce soit un roi ou tout autre dirigeant. Le chef de l’État ne peut se saisir de votre personne ou de vos biens car tel est son bon plaisir."). Quelques exceptions pour les professions sensibles (parlementaire, avocat, entreprise de presse) pour les techniques "violentes" comme IMSI Catcher) ;

        * Aucun vrai recours (tout est couvert par le secret défense, il faut un motif pour saisir la CNCTR (intérêt direct et personnel), la CNCTR et le Conseil d'État répondent avec une sorte de lettre type "aucune illégalité n’a été commise"), le droit d'accès indirect (via la CNIL) est raboté pour répondre au besoin du secret,... ;

        * Les durées de conservation des données de connexion des personnes suspectées (5 ans) est totalement demesurée... Déjà que la Cour de justice de l'Union européenne a sabré la directive de 2006 sur le stockage des données de connexion par les FAI/FSI pendant un an... ;

        * Toujours un grand flou autour des fameuses boîtes noires dont les algorithmes (dont il n'est toujours pas dit s'ils seront vérifiés et par qui) devront identifier les mézants terroristes à partir de comportements (utiliser TLS avec des algos forts, GPG, TOR, OTR, ... seront-ils des éléments à charge pour nous suspecter, prolonger la durée de conservation de nos données personnelles, nous coller une surveillance rapprochée ?).

        * J'aime aussi les mots flous comme « majeurs » et « exceptionnels » qui laissent une vaste marge d'interprétation et d'action à l'exécutif. À mettre en lien avec nos représentants du gouvernements totalement affolés suite au piratage de TV5 qui parlent déjà d'acte de terrorisme (Pellerin), vendent le projet de loi relatif au renseignement comme un remède miracle (Cazeneuve), se déplacent (3 ministres en moins d'une matinée, ils n'ont rien d'autre à faire que de jouer l'affiche !), parlent de réunions à venir et de mesures d'exception. Enjoy !


    J'aime également quelques conceptions à l'américaine :
        * Laisser aux FAI/FSI le soin de faire le sale boulot, en proxy (comme le FISA/Patriot Act aux USA) ;

        * Les libertés prises sur les communications internationnales : « La loi prévoit un régime à part pour le renseignement sur les communications internationales (L. 854-1). Cette hypothèse vise par exemple un émetteur en France et un récepteur à l’étranger. Concrètement, s’il y a un tel élément d’extranéité, l’autorisation initiale du Premier ministre n’est plus soumise à l’avis de la CNCTR. ». Internet est un réseau mondiale, une bonne partie de nos communications avec des serveurs partent à l'étranger. ;)
    09/04/2015 10:46:50 - permalink -
    - http://www.nextinpact.com/news/93724-on-vous-reexplique-projet-loi-sur-renseignement.htm
    nomarkdown
  • Exa-Networks/exabgp · GitHub

    ExaBGP est un bon outil mais la doc' est vraiment foireuse (pas à jour, contradictoire,...). Voici quelques notes pour noob débutant. :D

    D'abord, un bout de conf' qui fonctionne :
    « neighbor 198.18.0.2 {
      router-id 198.18.0.1;
      local-address 198.18.0.1;
      local-as 65000;
      peer-as 65000;

      process test {
        run "test.py";
        encoder json;

        neighbor-changes;

        receive {
          parsed;
          updates;
          keepalive;
          notification;
        }
      }
    } »

    Ici on monte une session BGP avec 198.18.0.2, du classique. On veut lancer un programme qui récupère les updates/notif/keepalive/flap du pair BGP. On veut tout ça au format json et pré-parsé par exabgp (pas du brut). Le programme recevra les messages sur stdin et pourra écrire sur stdout pour envoyer des messages à exaBGP. Attention à ne pas mettre le bloc « process » en dehors du bloc « neighbor » ! Si vous faites cela, votre programme sera exécuté mais ne recevra pas les évent BGP, exaBGP ne sachant pas à quel pair BGP le lier !


    Une partie de la configuration se fait avec des variables d'environnement. Exemple : env exabgp.log.destination=stdout exabgp.log.all=true exabgp exabgp.conf


    Pour passer des commandes (injection de routes, par exemple), il y a deux moyens : un programme lancé par exabgp ou utiliser une socket unix. Les commandes dispos : https://github.com/Exa-Networks/exabgp/wiki/Controlling-ExaBGP-:-interacting-from-the-API . Pour la socket : env exabgp.api.socket="/tmp/exa.sock" exabgp exabgp.conf puis socat UNIX-CONNECT:/var/run/blabla/nameofthe.sock STDIN . Apparemment, on peut aussi utiliser des pipes nommés... Attention : show route affiche uniquement les routes que vous avez injectées, pas celles reçues depuis le pair BGP !
    08/04/2015 16:29:47 - permalink -
    - https://github.com/Exa-Networks/exabgp
    nomarkdown
  • Running Functions as Threads in Python « Software Ramblings

    « import thread
     
    def someFunc():
        print "someFunc was called"
     
    thread.start_new_thread(someFunc, ()) »

    Simple, efficace.
    08/04/2015 16:24:03 - permalink -
    - http://softwareramblings.com/2008/06/running-functions-as-threads-in-python.html
    nomarkdown
  • Using socat or netcat to debug unix sockets like telnet for tcp | Ralf Lang

    Lire/écrire dans une socket unix vite fait : socat UNIX-CONNECT:/var/run/blabla/nameofthe.sock STDIN
    08/04/2015 16:03:17 - permalink -
    - http://www.ralf-lang.de/2011/11/22/using-socat-to-debug-unix-sockets-like-telnet-for-tcp/
    nomarkdown
  • How to close file descriptor via Linux shell command - Stack Overflow - Johndescs's mini-recording

    Ha ouais, 1024 FD possibles en même temps (soft limit ulimit). Voir : http://www.cyberciti.biz/faq/linux-increase-the-maximum-number-of-open-files/

    Dans le cas présent, on remarquera que cette limite est bien utile pour éviter l'emballement d'un programme. :)

    ÉDIT DU 01/05/2015 : ça marche aussi pour éviter d'avoir à killer un gedit qui a ouvert un fichier trop volumineux pour lui (mauvaise association) ce qui permet de préserver les fichiers que l'on n'a pas encore sauvegardés. On identifie le fichier avec ls -lh /proc/<PID_gedit>/fd et ensuite on ouvre gdb (oui, pas obligé d'utiliser un fichier batch), on passe la commande : call close(<FD>) . On quitte gdb : quit. gedit va reprendre ses esprits (il était en pause comme tout programme sur lequel on s'attache avec gdb) et constater : « Impossible d'ouvrir le fichier [...] Erreur inattendue : Erreur lors de la lecture du fichier : Mauvais descripteur de fichier ». \o/  

    « call » permet d'appeler n'importe quelle fonction du programme ou des libs linkées au programme. FIN DE L'ÉDIT.
    07/04/2015 23:26:15 - permalink -
    - http://home.michalon.eu/shaarli/?R0hfbA
    nomarkdown
  • Relisons la notice - Journal d'un avocat

    Lecture commentée de la déclaration des droits de l’homme et du citoyen de 1789 par Eolas. À lire.

    « Et comme à chaque fois que rejaillit le conflit liberté versus sécurité, j’ois[2] et lis les mêmes arguments, variations autour du thème “la sécurité est la première des libertés” et “point de liberté sans sécurité”. Mon poil de juriste, que j’ai dru hormis sur le crâne, se hérisse aussitôt. Et je m’en vais faire mien cet apophtegme bien connu des informaticiens : RTFM, qui peut se traduire par “Diantre, et si nous relisions la notice ?”

    La notice en l’occurrence est un texte pour lequel j’ai la plus profonde affection, peut-être le seul texte juridique que je lis avec plus de plaisir encore que la Convention européenne des droits de l’homme : la déclaration des droits de l’homme et du citoyen de 1789. Ce texte est un des plus beaux qui soit, tout le souffle des Lumières l’a inspiré, il résume tout ce pour quoi, depuis un beau jour d’été de 1789, nous avons décidé d’abandonner la monarchie absolue et de prendre notre destin en mains. Pas de le confier à un autre despote, même s’il y aura eu des tentatives en ce sens. Ce texte est en vigueur aujourd’hui, il a été intégré à notre Constitution en 1958, et je frémis de bonheur chaque fois que j’invoque dans des conclusions ou une Question Prioritaire de Constitutionnalité l’un des articles de cette déclaration. Et quand le Conseil constitutionnel annule ou abroge une loi car elle viole cette déclaration, je trouve que cette victoire des révolutionnaires deux siècles après a une sacrée allure.

    Et que dit-elle cette notice ? Elle est assez claire, même si elle est dans un français juridique qui a un peu vieilli qui peut prêter à des confusions sur certains mots employés. Lisons-la ensemble.

    Première question, celle sur quelle tout débat sur la sécurité repose : nous le peuple avons créé un État pour quoi faire ?

    La réponse est à l’article 2 : Le but de toute association politique (dans le sens d’État, et non de parti politique comme cela pourrait être compris aujourd’hui) est la conservation des droits naturels et imprescriptibles de l’Homme. Voilà le but et l’objet de l’Etat : protéger nos libertés. Avouez que ça ne semble plus aller de soi.

    Deuxième question : quels sont ces droits ? Ils sont énumérés juste après : Ces droits sont la liberté, la propriété, la sûreté, et la résistance à l’oppression.

    Cette liste n’est qu’une annonce de plan. Les articles suivants vont développer, mais clarifions un point essentiel tout de suite : la sûreté n’est pas la sécurité que nous promettent nos élus pour peu que nous renoncions à toute garantie de notre vie privée. La sûreté qui préoccupait les révolutionnaires de 1789 n’est pas la certitude de vivre toute sa vie indemne de tout mal, pensée absurde dans la France de 1789, mais, et c’est là la pensée révolutionnaire : la protection de l’individu face à la puissance de l’État, que ce soit un roi ou tout autre dirigeant. Le chef de l’État ne peut se saisir de votre personne ou de vos biens car tel est son bon plaisir. Ça vous paraît naturel aujourd’hui  ? En 1789, le roi disposait encore des lettres de cachet, discrétionnairement. Voilà la sûreté de 1789.

    Ainsi, prenons la liberté. La liberté consiste à pouvoir faire tout ce qui ne nuit pas à autrui : ainsi, l’exercice des droits naturels de chaque homme n’a de bornes que celles qui assurent aux autres Membres de la Société la jouissance de ces mêmes droits. Ces bornes ne peuvent être déterminées que par la Loi. Article 4.

    Cet article ne se contente pas de donner une définition générale : il pose un principe fondamental de notre droit : tout ce qui n’est pas expressément interdit par la loi est autorisé. Souvent, on me pose la question « A-t-on le droit de faire ceci ?» La question est mal posée. Elle devrait être « Est-il interdit de faire ceci ? » Certes, la réglementation et la législation ont sinon interdit du moins encadré et soumis à déclaration voire à autorisation des pans énormes de l’activité humaine, et il est légitime de s’interroger sur la nécessité de chacune de ces règles (c’est le mérite, attention je vais écrire un gros mot, de la critique libérale). Mais en attendant leur réforme, elles doivent s’appliquer. Il demeure que vous chercherez en vain un texte qui dira “ce que vous voulez faire est autorisé”. Il vous faut chercher le texte qui dira que ce que vous voulez faire est interdit. Ce principe est tellement important qu’il sera repris dans l’article suivant, sous un autre aspect.

    Cette définition générale de la liberté ne saurait toutefois suffire. Certains aspects sensibles sont aussitôt détaillés.

    Ainsi, la liberté d’aller et venir, le sens strict du mot liberté, est protégé : Nul homme ne peut être accusé, arrêté ni détenu que dans les cas déterminés par la Loi, et selon les formes qu’elle a prescrites. Ceux qui sollicitent, expédient, exécutent ou font exécuter des ordres arbitraires, doivent être punis(…). Article 7. Vous voyez ce que je vous disais ? C’est contre l’État que la liberté est protégée avant tout. Il n’est nul besoin d’une telle proclamation solennelle pour réprimer l’enlèvement et la séquestration, qui étaient déjà des crimes sous l’ancien régime. Ce texte vise à mettre fin au fait que quand la séquestration était le fait des agents du roi, elle ne pouvait être un crime. C’est là qu’ont germé les droits en garde à vue. Ça a pris du temps, mais les premiers bourgeons ont éclot. Je rajoute ici la fin de cet article qui est un sain rappel : “mais tout citoyen appelé ou saisi en vertu de la Loi doit obéir à l’instant : il se rend coupable par la résistance. Gardez cela à l’esprit, chers concitoyens : obéir aux injonctions d’un policier dans l’exercice de ses fonctions n’est pas un acte de soumission ou de faiblesse, c’est une application de la déclaration des droits de l’homme et du citoyen. Faites-le avec fierté, à tout le moins avec courtoisie : vous agissez comme un citoyen libre.

    La liberté, c’est aussi la liberté de conscience. Nul ne doit être inquiété pour ses opinions, même religieuses, pourvu que leur manifestation ne trouble pas l’ordre public établi par la Loi. Article 10. Au passage, une excellente opportunité pour tordre le cou aux tenants du “la religion doit être cantonnée au domaine privée, rien sur la voie publique”. Votre position est contraire aux droits de l’homme. Manifester ses croyances est un droit fondamental, seul un trouble à l’ordre public permet de le limiter, ce qui a justifié la loi sur l’interdiction du voile intégral, même si je suis réservé sur cette interprétation à titre personnel.

    La liberté c’est aussi la liberté d’expression. La libre communication des pensées et des opinions est un des droits les plus précieux de l’Homme : tout Citoyen peut donc parler, écrire, imprimer librement, sauf à répondre de l’abus de cette liberté dans les cas déterminés par la Loi. Cet article a pour effet direct d’abolir la censure (qui étymologiquement désigne une autorisation préalable à la publication, qui était nécessaire sous l’ancien régime pour TOUT livre ; voilà pourquoi Rabelais et Montesquieu ont publié sous pseudonyme depuis l’étranger, inventant ainsi internet).

    La propriété est traitée à la fin, à l’article 17. La propriété étant un droit inviolable et sacré, nul ne peut en être privé, si ce n’est lorsque la nécessité publique, légalement constatée, l’exige évidemment, et sous la condition d’une juste et préalable indemnité. Cet article est le fruit de profonds débats avec les libéraux de l’époque, et sa situation à la toute fin révèle que les tractations ont duré jusqu’au dernier moment, et explique sa rédaction alambiquée. On proclame ce droit comme inviolable et sacré, avant de dire qu’on peut en être privé, ce qui est une drôle de notion d’inviolabilité et de sacré. Cet article sera invoqué lors des lois de nationalisations de 1982, notamment.

    La sûreté, outre la protection de la liberté de la personne de l’article 7, est détaillée dans les articles 5, 8 et 9.

    L’article 5 prévoit que la Loi n’a le droit de défendre que les actions nuisibles à la Société. Tout ce qui n’est pas défendu par la Loi ne peut être empêché, et nul ne peut être contraint à faire ce qu’elle n’ordonne pas. L’article précédent a déjà posé ce principe mais sur le plan individuel, celui de la liberté, et du conflit des libertés entre les individus. L’article 5 applique ce même principe à l’État. La sûreté impose deux principes essentiels du droit pénal, qui sont encore en vigueur aujourd’hui et qui figurent en tête de tout manuel de droit pénal : le principe de légalité des délits et des peines (et de leur nécessité), et la présomption d’innocence. La Loi ne doit établir que des peines strictement et évidemment nécessaires, et nul ne peut être puni qu’en vertu d’une Loi établie et promulguée antérieurement au délit, et légalement appliquée (article 8). L’esprit de Beccaria souffle sur cet article. Et Tout homme étant présumé innocent jusqu’à ce qu’il ait été déclaré coupable, s’il est jugé indispensable de l’arrêter, toute rigueur qui ne serait pas nécessaire pour s’assurer de sa personne doit être sévèrement réprimée par la loi (Article 9). Je veille personnellement à l’application de la dernière partie de cet article à chacune de mes interventions en garde à vue.

    Reste le dernier, la résistance à l’oppression. Ce droit n’a pas été développé, ce qui est regrettable car cela laisse la voie à bien des interprétations, et surtout à sa non application effective : le Conseil constitutionnel n’a jamais censuré une loi pour violation de ce quatrième droit fondamental. Cela s’explique par son ambiguïté congénitale. Les révolutionnaires, qui en 1789 ne l’étaient pas encore, à ce stade, nul ne songeait à renverser le roi, voulaient légitimer leur action et se donner un blanc-seing pour leur action de sabotage de la monarchie absolue, mais étaient pour beaucoup des libéraux passionnés d’ordre, et proclamer un tel droit pouvait se retourner contre eux. On est toujours l’oppresseur de quelqu’un. Ce droit a donc été laissé dans un état embryonnaire.

    Et la sécurité dans tout ça ?

    Les rédacteurs de la Déclaration n’étaient pas des sots. Ils vivaient dans un pays où le mot insécurité avait un tout autre sens qu’aujourd’hui. Outre des guerres endémiques en Europe, certaines menées sur d’autres continents, les routes et les villes n’étaient pas sures. Ils n’ont jamais eu la naïveté de croire que la liberté rendait nécessairement l’homme bon et que nul n’abuserait jamais de sa liberté ; ils ont d’ailleurs toujours prévu cette hypothèse dans la proclamation des droits.

    La garantie des droits de l’Homme et du Citoyen nécessite une force publique : cette force est donc instituée pour l’avantage de tous, et non pour l’utilité particulière de ceux auxquels elle est confiée. Article 12.

    Ainsi, l’existence d’une police est garantie par la déclaration des droits de l’homme, mes amis policiers peuvent souffler. Elle fait partie intégrante du système protecteur des individus mis en place par cette déclaration. Mais son existence se justifie pour la garantie des droits proclamés par ce texte. Ainsi, ceux qui disent que la sécurité est la première des libertés se trompent et prennent le problème à l’envers. La sécurité est bien sûr essentielle, mais car elle fournit le cadre d’une application sereine et entière des droits de l’homme. L’invoquer pour limiter ces droits est donc une trahison et une forfaiture. »
    07/04/2015 14:34:12 - permalink -
    - http://www.maitre-eolas.fr/post/2015/04/06/Relisons-la-notice
    nomarkdown
  • #députésdépassés - On refait le blog

    Un échange entre un citoyen et son représentant (Jérôme Lambert) qui part du projet de loi relatif au renseignement mais qui va bien plus loin (préjugés, diffamation, méconnaissance des lois, confirmation de l'absence de représentativité,...)... Tout est dit.

    Via http://www.maitre-eolas.fr/post/2015/04/06/Relisons-la-notice
    07/04/2015 14:29:43 - permalink -
    - http://merome.net/blog/index.php?post/2015/04/05/d%C3%A9put%C3%A9sd%C3%A9pass%C3%A9s
    nomarkdown
  • La loi renseignement expliquée à mes parents - Mon blog-notes à moi que j'ai - Blog personnel d'un sysadmin, tendance hacker

    « Mes parents adorent Internet. Ils trouvent ça génial.
    Mais ils ne le comprennent pas. Du tout…
    Non parce qu’ils ne veulent pas le comprendre, juste parce que… ça les dépasse, de très loin.

    Du coup, pour leur expliquer la Loi Renseignement et notamment son volet Internet, je suis bien embêté. Y a des trucs techniques dedans, très techniques. Pourtant, les enjeux sont tout sauf techniques.

    Et tant mieux au final.
    Tant mieux parce que cela rend le texte abordable au plus grand nombre, ou presque. Reste qu’il faut l’expliquer, encore et toujours.

    Inlassablement.
    Pour que les gens comprennent et réfléchissent… ou pas. »

    Très bon article. Tous les points bloquants du projet de loi relatif au renseignement passés en revue et expliqués. À lire et à diffuser.
    07/04/2015 12:04:01 - permalink -
    - http://blog.jbfavre.org/2015/04/07/loi-renseignement-expliquee-simplement/
    nomarkdown
  • La surveillance, c’est maintenant ! : Lorraine Data Network

    « Récemment, notre gouvernement a mis en place la loi de programmation militaire. Cette loi vise notamment à donner plus de pouvoirs aux forces de l’ordre, en leur permettant de bloquer des sites web, sans l’autorisation d’un juge. Depuis, les motifs de blocage se sont multipliés, allant jusqu’aux propositions les plus grotesques.
    Internet leur semble si effrayant, qu’ils ont jugé nécessaire d’en ajouter une couche, avec une nouvelle proposition de loi. Elle porte le nom de loi relative au renseignement et a été présentée le 19 mars. Cette loi est censée renforcer le « renseignement » et légaliser « des pratiques actuelles (mais jusqu’alors illégales) des services secrets ». En procédure accélérée, évidemment. Était-ce pour surfer sur l’émotion soulevée par l’attentat contre Charlie Heobdo ? Quel pire honneur pour les victimes que de brandir leur propre mort en soutien d’une loi liberticide qu’elles auraient dénoncée de toutes leurs forces !

    On pourrait s’inquiéter du respect de nos libertés, avec cette nouvelle proposition de loi. Il n’en est rien, puisque Manuel Valls l’a présentée avec le délicieux sous-titre « protéger dans le respect des libertés ». Pourtant, l’objet de cette loi est bien de permettre aux forces de l’ordre d’aller toujours plus loin dans la surveillance de la population française. Ses champs d’application, comme « la sécurité nationale » ou « la prévention des violences collectives » sont si vagues qu’ils laissent craindre une nouvelle loi liberticide, mise en place pour lutter contre le terrorisme — voire la pédopornographie (qui oserait aller contre ça ?) — et étendue ensuite abusivement, et sans contrôle législatif de surcroît. Les simples mouvements sociaux, ingrédients indispensables de toute démocratie, pourraient d’ailleurs dès le départ faire aussi partie de ces champs d’application.
    Ainsi, nos policiers pourraient bientôt aisément poser des micros, épier nos perditions sur Internet, lire nos courriels ou encore casser le chiffrement de nos données personnelles. Comme dans le film Minority Report, nous pourrions être automatiquement déclaré(e)s suspect(e)s, juste en fonction de ce que dit de nous la surveillance dont nous ferions l’objet au quotidien.
    D’après la proposition de loi, ce pouvoir sera dans les mains d’une seule personne. Au détriment du principe fondamental de la séparation des pouvoirs censée être appliquée en France, ce sera le Premier ministre qui le détiendra :
    « Si une telle menace est ainsi révélée, le Premier ministre ou l’une des personnes déléguées par lui peut décider de la levée de l’anonymat sur les données, informations et documents afférents dans les conditions prévues au chapitre 1er du titre II du présent livre. »

    Et en tant que Fournisseur d’Accès à Internet ? Et bien, nous serions tenus de contribuer à cette surveillance. En effet, cette loi a pensé à nous en prévoyant la mise en place de boîtes noires (qu’on peut aisément qualifier de mouchards) qui collecteraient toutes les métadonnées de nos abonnés. En permanence, et surtout de manière totalement opaque. Un État qui impose un outil pour avoir un accès permanent et non-contrôlable à une majeure partie des communications de ses citoyens est-il encore compatible avec la définition de démocratie ? »
    06/04/2015 23:50:38 - permalink -
    - https://ldn-fai.net/la-surveillance-cest-maintenant/
    nomarkdown
  • Des nouvelles de wonderlan — Blog

    « Il y a quasi deux ans, je vous avais parlé de la mise en place d'une Alix sous OpenBSD comme routeur. J'avais un certain nombre de limitation avec cette carte, comme le fait qu'elle est mon routeur donc si j'upgrade je n'ai plus de réseau. De plus, elle est en i386 et c'est la seule machine de mon lan avec cette architecture donc je ne peux pas compiler sur une autre pour lui donner des binaires ; avec les perfs du CPU et la carte CF pour la mémoire, je ne voulais/pouvais pas compiler avec et comme le projet ne fournit pas des patchs binaires .... Résultat des courses, j'ai pas upgradé pendant longtemps j'avais pas mal de patchs de sécu non appliqués (je sais, c'est mal :().

    Je suis quand même arrivé à 255 jours d'uptime, ce qui en dit long aussi sur la stabilité de la machine (et non, l'uptime n'est pas codé sur 8 bits :p).
    Des envies de jouer

    Cela fait un moment que j'ai envie de jouer avec diverses choses présentes dans OpenBSD, tel que vlan(4), trunk(4) (j'veux dire, davantage que sur un laptop), carp(4), toute la stack ipsec et les daemons de routage openbgpd et ospfd. Mon réseau était trop limité pour faire tout ça. »
    06/04/2015 13:20:57 - permalink -
    - http://blog.chown.me/des-nouvelles-de-wonderlan.html
    nomarkdown
  • Carte des Faisceaux Hertziens

    Via http://shaarli.cafai.fr/?JHLUug
    05/04/2015 09:40:40 - permalink -
    - https://carte-fh.lafibre.info/
    nomarkdown
  • Comment le blocage des sites est devenu leur réponse à tout - Rue89 - L'Obs

    Très bonne analyse, avec des stats/graphes. Rien de surprenant ceci dit : Internet, ses usages et ses disruptions se diffusent dans la société d'où hausse de la peur de perte de contrôle et résistance au changement d'où blocage/censure/filtrage est de plus en plus utilisé par nos représentants.

    Via http://korben.info/news/comment-le-blocage-des-sites-est-devenu-leur-reponse-a-tout-rue89
    05/04/2015 00:39:25 - permalink -
    - http://rue89.nouvelobs.com/2015/04/03/comment-blocage-sites-est-devenu-reponse-a-tout-258485
    nomarkdown
  • Lettre ouverte aux traîtres à la République [projet de loi relatif au renseignement]

    Très bon texte de Laurent Chemla à nos chers représentants au sujet du projet de loi relatif au renseignement.

    « Nous le savons déjà: vous allez le voter. Sans aléa, après un débat cosmétique qui ne servira qu'à corriger quelque coquille ici ou là, vous allez le voter.

    Contre l'avis de deux juges antiterroristes, contre les avis du Syndicat de la Magistrature, de la CNCDH, de l'ordre des Avocats de Paris, de la CNIL, de l'Union Syndicale des Magistrats, vous allez le voter.


    Contre l'avis d'Amnesty, de RSF, de la LDH et de la Quadrature du Net, vous allez le voter.

    Alors que, de partout, les mises en garde affluent, que le New York Times fait sa Une sur "La France, État de surveillance", que le commissaire aux droits de l'homme du Conseil de l'Europe s'inquiète de la dérive sécuritaire liberticide que cette loi implique, et que même le président de l'actuelle commission de contrôle des interceptions de sécurité dénonce la faiblesse des garanties qu'apporte ce texte, vous allez le voter.

    Mesdames, messieurs, vous qui, en théorie, représentez la voix du peuple, c'est ce même peuple que vous vous apprêtez à trahir.

    En mettant (quel que soit l'enrobage sur le pseudo-anonymat des données reccueillies) la totalité de la population sur écoute, en traitant chaque citoyen de ce pays comme un terroriste en puissance, c'est le peuple que vous vous apprêtez à dénoncer comme votre ennemi.

    Je vous engage à relire, avant de voter, la définition de ce qu'est un État policier selon Raymond Carré de Malberg:

    L'État de police est celui dans lequel l'autorité administrative peut, d'une façon discrétionnaire et avec une liberté de décision plus ou moins complète, appliquer aux citoyens toutes les mesures dont elle juge utile de prendre par elle-même l'initiative, en vue de faire face aux circonstances et d'atteindre à chaque moment les fins qu'elle se propose : ce régime de police est fondé sur l'idée que la fin suffit à justifier les moyens. À L'État de police s'oppose l'État de droit.

    En écartant le juge judiciaire de toute autorisation préalable aux écoutes administratives, c'est l'État de droit que vous détruisez: garant des libertés individuelles, sa remise en cause nie le principe de séparation des pouvoirs.

    Et tout ça pour quoi ?

    S'il fallait en croire les maigres débats - imposés par la procédure d'urgence choisie par le gouvernement - cette négation de tous nos principes fondateurs serait nécessaire pour lutter contre le terrorisme.

    Mais cette loi ne concerne pas que la lutte antiterroriste, loin de là: elle s'applique à tous les domaines de la vie en société. "Engagements internationaux", "Intérêt public", "Intérêts économiques et scientifiques", voici quelques-uns des motifs pour lesquels vous allez autoriser, sans contrôle, la surveillance de chaque citoyen.

    Oh, bien sûr, pendant le débat public on ne vous agitera que la menace terroriste, à l'instar de la fiole censée prouver l'existence d'armes de destruction massives en Irak, on vous répètera l'argument mensonger selon lequel "90% des jihadistes se sont radicalisés sur Internet". Oh, oui, si vous osez vous opposer à ce déni de démocratie, on vous accusera d'être responsables des attentats qui pourraient avoir lieu sans ce texte.

    Le même argument vous a déjà été servi pour justifier le récent texte qui permet la censure administrative - sans juge - de n'importe quel site Internet (et dont l'OSCE demande déjà qu'on le reconsidère).

    [...]

    Mais, dans ce moment où le terrorisme n'a de cesse que de voir disparaître toute pratique démocratique, c'est justement l'instant où vous devez vous lever pour défendre les droits fondamentaux et pour rejeter les arguments démagogiques.

    Mesdames, messieurs, s'il vous reste ne serait-ce qu'une once de probité, vous lirez les arguments des opposants à ce texte, sans oeillères et sans calcul politique de bas étage.

    Et si vous ne voulez pas être un traître à la république, madame, monsieur, vous vous y opposerez à votre tour. »

    Via http://korben.info/news/lettre-ouverte-aux-traitres-a-la-republique
    05/04/2015 00:34:21 - permalink -
    - http://blogs.mediapart.fr/blog/laurent-chemla/030415/lettre-ouverte-aux-traitres-la-republique
    nomarkdown
  • Les cinq étapes du déni — Welcome to TheFamily — Medium

    « A chacune des cinq étapes de la transition numérique d’une filière,
    il y a de bonnes raisons de se dire “jusqu’ici, tout va bien”.

    [...]

    La transition numérique affecte moins les entreprises que les filières. Une filière, rappelons-le, est un ensemble d’entreprises qui travaillent ensemble tout au long d’une chaîne de valeur. Elles sont comme des engrenages qui s’engrènent parfaitement, liées par une culture et des procédures installées et optimisées pendant plusieurs décennies.

    Chaque maillon d’une filière correspond à un secteur : des entreprises qui exercent la même activité et se partagent les parts d’un même marché (B2B en amont, B2C en aval). L’édition est un secteur, la librairie est un secteur : toutes les deux appartiennent à la filière du livre. La grande distribution est un secteur, qui appartient à plusieurs filières mais s’inscrit de façon privilégiée dans celle de l’agro-alimentaire. La banque de détail est un secteur, un maillon parmi d’autres de la filière financière. Les chauffeurs de taxi forment un secteur clef de la filière du transport individuel.

    Pourquoi la transition numérique affecte-t-elle moins les entreprises que les filières ? Parce que l’activité d’une entreprise n’est pas fondamentalement modifiée par la transition numérique de sa filière : une maison d’édition continue d’éditer ; un libraire, de vendre des livres ; un grand distributeur, de vendre des produits alimentaires ; une banque de détail, de collecter l’épargne et d’accorder des crédits à des particuliers ; un chauffeur de taxi, de conduire ses clients. En revanche, deux choses changent — radicalement :

        la première, ce sont les relations entre maillons de la filière : à mesure des progrès de la transition numérique de la filière du livre, les relations qu’entretiennent les libraires et les éditeurs ne sont plus les mêmes. Une entreprise numérique s’est immiscée dans la filière : Amazon. Les engrenages commencent à moins bien s’engrener ;
        la deuxième chose qui change, c’est la répartition de la valeur entre les différents maillons. Même si tous continuent à exercer la même activité, tous doivent céder une partie de leur marge aux nouveaux entrants, les entreprises numériques. La transition numérique déforme la chaîne de valeur et redistribue la valeur entre les entreprises en place, dont l’activité reste inchangée, et les entreprises numériques, qui s’immiscent dans la filière, y déploient de nouveaux modèles d’affaires et y captent une part croissante de la valeur.

    [...]

    Etape 1 — L’irruption numérique - Le déni, étape 1 = “Nous ne sommes pas concernés”

    La première étape de la transition numérique d’une filière s’intitule l’irruption numérique. Elle est marquée par un double bouillonnement : celui des cabinets de conseil et agences de toutes sortes, qui commencent à démarcher leurs clients pour leur vendre du “conseil en transformation digitale” (sic) ; celui, aussi, des entrepreneurs, qui commencent à créer des startups à tous les niveaux de la chaîne de valeur pour essayer de déployer de nouveaux modèles d’affaires partout dans la filière.

    [...]

    Etape 2 — L’éveil de la multitude - Le déni, étape 2 = “Nous le faisons déjà”

    L’étape suivante se caractérise par l’éveil de la multitude. Parmi les nombreuses startups qui se sont lancées en ordre dispersé à l’assaut de la filière, certaines commencent à rencontrer leurs premiers utilisateurs. Le bouillonnement des startups n’est plus indifférencié : de plus gros bouillons commencent à se former là où s’éveille la multitude.

    [...]

    Etape 3 — Le rapport de force - Le déni, étape 3 = “Allons voir le Ministre”

    La troisième étape (sur cinq) de la transition numérique se caractérise par l’apparition brutale d’un rapport de force entre les entreprises traditionnelles, habituées à travailler entre elles d’une façon routinière, et les entreprises numériques, qui sont les nouveaux entrants dans la filière. A cette étape, certaines entreprises numériques ont crû de façon si spectaculaire en aval qu’elles commencent à grignoter les marges des entreprises qui dominent le milieu de la chaîne de valeur. C’est le “moment Napster”, celui où les puissantes entreprises en place nourrissent encore l’espoir de neutraliser les nouveaux entrants et d’interrompre la transition numérique en cours.

    Tant que la transition numérique n’affectait que les petites entreprises de l’aval (les libraires, les concessionnaires, les chauffeurs de taxis, les agents d’assurance), la transition numérique ne méritait pas un rapport de force. Mais si les marges des grandes entreprises qui dominent la filière commencent à être affectées, alors il faut commencer à résister. En général, la manière la plus spontanée de résister consiste à se dire que la transition numérique peut encore être contenue. A l’étape 3, la formule du déni nous est très familière : “Allons voir le Ministre”. De nouvelles dispositions législatives ou réglementaires, voire la mise en garde de vue de chauffeurs UberPoP, suffiront à rétablir l’ordre et à faire cesser cette “concurrence déloyale”.

    [...]

    Etape 4 — L’arrivée des géants - Le déni, étape 4 = “Achetons notre principal concurrent”

    Le sentiment que rien n’est perdu disparaît à l’étape 4 : d’un seul coup, ce n’est pas seulement à des startups que les entreprises traditionnelles ont affaire, mais à des géants de l’économie numérique. Dans certains cas, la startup qui est parvenue à prendre une solide position en aval est rachetée par Google : du jour au lendemain, ce n’est plus YouTube, petite startup créée par Steve Chen et Chad Hurley, que les entreprises de la filière audiovisuelle ont en face d’elles, mais Google, aujourd’hui la deuxième entreprise du monde en termes de capitalisation boursière, et dont la puissance financière, industrielle et d’influence est sans égale. Dans d’autres cas, la croissance de la startup est telle qu’elle devient elle-même un géant : tel est le cas d’Uber, créée en 2009 et qui a levé depuis lors près de 4,5 milliards de dollars pour financer sa croissance. Uber est un géant surgi de nulle part en seulement… cinq ans !

    Le rapport de force se retourne donc et inspire aux entreprises une quatrième formule de déni : “Achetons notre principal concurrent”. Les entreprises en place qui demeurent, forcément les plus puissantes, cherchent à consolider leur position en orchestrant des fusions et acquisitions : ce faisant, elles espèrent atteindre la taille critique nécessaire pour pouvoir résister à la pression exercée par les entreprises numériques alliées à la multitude. C’est suivant cette logique que le nombre des majors de la musique est passé de cinq à trois (Sony a racheté BMG, puis Universal a racheté EMI) ou que Maurice Lévy et John Wren ont conçu le projet (avorté) de fusion entre Publicis et Omnicom.

    [...]

    Etape 5 — La remontée de la chaîne - Le déni, étape 5 = “De toutes façons, on aura toujours besoin de nous”

    A ce stade de la transition numérique, l’entreprise numérique dominante se fait l’écho des attentes des utilisateurs : ils veulent mieux, moins cher, sans cesse renouvelé, toujours plus simple, fluide, stimulant, personnalisé. Les entreprises en place, repliées sur l’amont de la filière, font la sourde oreille : “Nous ne changerons rien et continuerons de faire comme nous avons toujours fait. Même si les téléspectateurs souhaitent regarder tous les épisodes d’une série d’un coup (binge watching), nous continuerons de les diffuser au rythme frustrant d’un épisode par semaine. Et les clients des taxis commandés à l’avance auront toujours une course d’approche au compteur + nous ne prenons pas la carte bleue. Si vous n’êtes pas contents, c’est le même prix.”

    [...]

    L’étape 5 s’appelle “remontée de la chaîne” car c’est à ce stade que les entreprises numériques, qui dominent la filière en aval, montrent des signes d’impatience et décident d’évincer de la filière les entreprises traditionnelles qui refusent de changer. C’est par impatience et pour prouver qu’on peut faire mieux et moins cher que Netflix commence à produire des séries, qu’Amazon lance une activité d’édition, que Tesla a appris à construire des voitures, que Google commence à déployer de la fibre à Kansas City et à Austin. L’entreprise numérique venue de l’aval capte une part croissante de la valeur et force les entreprises traditionnelles à serrer les boulons se replier toujours plus en amont de la filière.

    [...]

    Au terme de la transition numérique, la concurrence s’est déplacée et a changé de nature. Nous ne sommes plus dans le paradigme de l’économie de masse, où les entreprises se faisaient concurrence au sein d’un secteur pour se répartir les parts d’un marché. Dans le paradigme de l’économie numérique, les entreprises se font concurrence pour capter la ressource stratégique qui leur permet de continuer à croître : la multitude. Capter cette ressource consiste à déployer autour des individus une boucle de valeur, “où tout prend place dans un tout cohérent, entièrement pensé autour de la qualité de l’expérience utilisateur, et où la valeur d’ensemble est difficile à segmenter”. Dans cette boucle de valeur, théorisée par Henri Verdier puis récemment reprise par Bassem Asseh (directeur EMEA de GitHub), l’utilisateur est comme enveloppé, cajolé, dissuadé de regarder ailleurs et de céder aux sirènes des autres entreprises numériques. On devine dans cette boucle de valeur la supériorité du logiciel, annoncée par Marc Andreessen et revendiquée par des entreprises comme Twilio.

    En d’autres termes, il ne s’agit plus de se disputer les parts d’un marché mais de contrôler les 24 heures de la journée d’un utilisateur — ou les 5 pouces de l’écran de son smartphone. La puissance des entreprises se mesure désormais au périmètre de l’expérience qu’elles créent pour leurs clients, à la solidité de la boucle de valeur qu’elles déploient autour d’eux. Cette boucle de valeur est à la fois un pacte d’alliance avec les clients (“Puisque je trouve ici tout ce dont j’ai besoin, je ne vais pas voir ailleurs”) et une manière de capter toutes les ressources que recèlent la multitude (des informations, des données, des services, des biens, des capitaux), en évinçant les autres entreprises numériques qui (très affûtées elles aussi après qu’elles ont disloqué d’autres filières) cherchent à rentrer dans ce périmètre privilégié. »
    04/04/2015 22:44:43 - permalink -
    - https://medium.com/welcome-to-thefamily/les-cinq-%C3%A9tapes-du-d%C3%A9ni-a7a06072c9fc
    nomarkdown
  • L’incroyable mobilisation de la police pour retrouver huit chaises qu’exige la banque fraudeuse HSBC

    Chaud... Notre monde se résume à des asymétries monstrueuses de ce genre...

    Via http://korben.info/news/lincroyable-mobilisation-de-la-police-pour-retrouver-huit-chaises-quexige-la-banque-fraudeuse-hsbc
    04/04/2015 13:03:33 - permalink -
    - http://www.reporterre.net/L-incroyable-mobilisation-de-la
    nomarkdown
  • France VS démocratie | Piktochart Infographic Editor

    Via http://korben.info/news/france-vs-democratie
    02/04/2015 12:13:38 - permalink -
    - https://magic.piktochart.com/output/5251490-france-democratie
    nomarkdown
  • France: tous unis dans la dérive sécuritaire | L'Hebdo

    « Charb, Cabu et la bande de potes de Charlie auront beau se retourner dans leur tombe, on ne saura jamais quel dessin leur aurait inspiré la nouvelle. Quelques jours avant les élections départementales qui ont débouché sur une large victoire de la droite et du Front national, le gouvernement socialiste de François Hollande a considérablement renforcé l’arsenal antiterroriste avec une loi autorisant la surveillance de masse des citoyens sans contrôle judiciaire.
    [NDLR : ce n'est encore qu'un projet de loi même si il sera bien voté à la quasi unanimité sous sa forme hyper sécuritaire dans moins de 2 semaines...]

    En parallèle, le premier ministre, Manuel Valls, a attribué en urgence une enveloppe de plus de 300 millions d’euros – juste pour cette année! – au Ministère de l’intérieur et au Ministère de la justice. Pour ce faire, le gouvernement a puisé dans les budgets de l’éducation nationale, de l’écologie et de la recherche scientifique.

    Ces «crédits d’avance» sont disponibles immédiatement, sans attendre le passage de la prochaine loi de finance rectificative devant l’Assemblée. Ils permettront l’embauche de 1300 fonctionnaires. Rien que pour la Justice, ce sont 780 policiers, dont 400 gardiens de prison et 30 aumôniers qui seront recrutés.

    Le décret signé par Manuel Valls le 23 mars précise que ces crédits serviront aussi à l’achat de «munitions, de véhicules et de matériel de protection».

    Cet effort est financé par des annulations de crédits de 25 millions d’euros dans le développement et la mobilité durable, de 15 millions dans l’urbanisme et de 100 millions dans la caisse des «dépenses accidentelles et imprévisibles» de l’Etat, qui alimente notamment certains contrats d’embauche aidés par celui-ci, une partie des indemnisations de chômage des intermittents et l’introduction du numérique à l’école.

    Plus de 65 millions d’euros sont retirés à la recherche spatiale.

    Cette augmentation massive des budgets de l’appareil sécuritaire est passée presque inaperçue dans la presse française, absorbée par le crash de l’avion de Germanwings et les élections départementales.

    C’est un autre volet de la lutte antiterroriste qui a suscité les réactions les plus vives, quelques jours plus tôt. Le nouveau projet de loi sur le renseignement – troisième texte du genre présenté par François Hollande depuis son arrivée au pouvoir – a été soumis au Conseil des ministres le 19 mars, le lendemain de la sanglante attaque du Musée du Bardo à Tunis. Ce texte sera examiné en urgence par le Parlement dès la mi-avril, alors que les deux précédentes lois viennent tout juste d’entrer en vigueur.

    [...]

    Dans un étrange aveu, le gouvernement a reconnu qu’un des principaux objectifs de la nouvelle loi serait de «légaliser» des techniques de surveillance déjà en usage. Le texte doit en effet «offrir un cadre légal général à des activités (…) susceptibles de porter atteinte à la vie privée et au secret des correspondances».

    [...]

    En validant le principe de la surveillance massive des communications électroniques avec l’assistance des opérateurs de téléphonie et des fournisseurs d’accès à l’internet, la nouvelle loi donnera aux services français les mêmes outils que leurs homologues américains, dont l’ampleur des activités est pourtant de plus en plus critiquée.

    Le tour de passe-passe législatif du gouvernement socialiste transformera les techniques de surveillance aujourd’hui illégales en «techniques spéciales». Les agents pourront identifier leurs cibles grâce «aux données de connexion» récoltées de façon massive et automatisée auprès des opérateurs de téléphonie et d’accès à l’internet.

    Les services installeront des «boîtes noires» capables de surveiller l’ensemble du trafic pour y détecter des «signaux faibles» de «menaces terroristes». Un algorithme de surveillance détectera des traces révélatrices, comme l’usage de certains mots ou la fréquentation de sites suspects. Les critères utilisés par l’algorithme seront tenus secrets.

    [...]

    Le projet de loi ne consacre pas seulement la surveillance éthérée et invisible des réseaux, elle valide aussi l’usage de mouchards high-tech par les barbouzes de terrain.

    Des «agents spécialement habilités» pourront «s’introduire dans un véhicule, un lieu privé ou un système automatisé de traitement de données (ndlr: les centres d’hébergement informatique) aux seules fins de poser, mettre en œuvre ou retirer les dispositifs de captation» tels que des micros ou des systèmes captant les contenus échangés sur un réseau.

    [...]

    Le recours à ces pratiques ne sera pas soumis à des juges, mais sera autorisé directement par le premier ministre, pour une durée de quatre mois renouvelable. Cette absence de supervision judiciaire est un des points les plus contestés du projet de loi, même si le principe a déjà été validé par une révision précédente qui autorise la censure administrative de sites internet.

    [...]

    Cet aréopage d’élus et d’experts remplacera l’actuelle Commission nationale de contrôle des interceptions de sécurité (CNCIS), dont le manque de moyens est régulièrement dénoncé. Le rôle de la CNCTR sera toutefois «consultatif», et les services pourront contourner ses contrôles «en cas d’urgence».

    L’actuel président de la CNCIS, Jean-Marie Delarue, tout juste nommé à son poste et qui le perdra probablement dans la valse des commissions, s’est montré très critique envers ce projet. «On s’attendrait à ce que le contrôle soit renforcé par ce texte, or c’est l’inverse: on l’affaiblit», dénonce-t-il dans une interview à Mediapart.

    [...]

    Jean-Marie Delarue explique notamment que la nouvelle commission n’aura pas accès aux données collectées par les services, comme c’est le cas aujourd’hui. Pour connaître le type et l’ampleur des informations enregistrées, la CNCTR «devra sonner poliment à la porte de chaque service et attendre sa réponse». La supervision des agents ne se fera pas en temps réel et sera tributaire du bon vouloir des administrations.

    Jean-Marie Delarue note aussi que certaines dispositions, comme la possibilité d’étendre les écoutes à l’entourage des personnes ciblées, risquent de «trop étendre la population couverte par ces techniques», faisant passer la surveillance de «la pêche à la ligne à la pêche au chalut».

    [...]

    Outre ces réactions critiques des milieux directement concernés, le projet de Manuel Valls n’a pas donné lieu à de grands débats. Le quotidien Le Monde – dont certains journalistes avaient été visés par les techniques de surveillances illégales ordonnées par l’Elysée et qui avait récemment dénoncé les pratiques de la NSA américaine – a couvert le sujet avec une grande prudence.

    La seule critique parue dans ses colonnes était signée par un philosophe et sociologue adepte de Bourdieu et de Foucault, Geoffroy de Lagasnerie. A ses yeux, le but du texte est clairement «d’étendre les pouvoirs d’intrusion des services secrets sur les communications et de garantir les possibilités» qui leur sont offertes «d’échapper au contrôle des juges». Cette «tentation» est celle d’un Etat qui renonce à respecter les droits fondamentaux du libéralisme politique du XIXe siècle.

    «Désormais, tout se passe comme si l’Etat n’acceptait plus ces contraintes», observe le philosophe. La preuve: le terrorisme ne serait selon lui qu’un alibi utile pour justifier cette dérive. Le texte du projet de loi mentionne six autres missions dans lesquelles les «techniques spéciales» pourront être utilisées sans supervision judiciaire.

    Il s’agit de la protection de «l’indépendance et de la défense nationale», des «intérêts majeurs de la politique étrangère», des «intérêts économiques ou scientifiques majeurs» ou encore de la «prévention des violences collectives de nature à porter gravement atteinte à la paix publique». Pour Geoffroy de Lagasnerie, la thèse d’une dérive collective des services de l’Etat n’ayant rien à voir avec la finalité affichée de lutte contre le terrorisme est encore renforcée par le fait que l’usage de ces techniques d’espionnage s’étendra à d’autres administrations, au-delà de l’Intérieur, de la Défense et de l’Economie.

    [...]

    Conformément à la procédure «d’urgence», le texte sera soumis au Parlement en une seule lecture. Nicolas Sarkozy, président de l’UMP, s’est déjà dit très satisfait de la version actuelle du projet de loi. Il a assuré que son parti voterait en sa faveur, à la condition qu’il ne soit pas «détricoté» d’ici là par le débat parlementaire. »

    Chiffrage du pognon supplémentaire dépensé dans ce délire sécuritaire et infographie très intéressants : http://www.hebdo.ch/sites/www.hebdo.ch/files/manuel-valls-securite-terrorisme-attentat-charlie-hebdo-credit-augmente-grand.jpg
    02/04/2015 11:49:58 - permalink -
    - http://www.hebdo.ch/hebdo/cadrages/detail/manuel-valls-securite-terrorisme-attentat-charlie-hebdo-vigipirate-fadettes-credit-augmente
    nomarkdown
  • Mail aux députés Coronado, Molac et Cavard [projet de loi relatif au renseignement]

    Envoyé ce soir, histoire de ne pas toujours se contenter de râler mais aussi d'encourager quand c'est positif :

    « Messieurs les députés Coronado, Molac et Cavard,

    Je tiens à vous remercier pour les amendements que vous avez déposés sur le projet de loi relatif au renseignement. Bien qu'incomplets, ils vont dans le sens de la suppression de la surveillance de masse, de la restriction des finalités et des champs d'application de ce texte et augmentent un peu les pouvoirs/facilités de la CNCTR. J'espère que vous serez suivis, ce qui semble compromis vu les premiers votes et rejets en commission des lois.

    Merci d'avoir tenté de protéger les citoyens non pas contre les terroristes mais contre les fous sécuritaires qui veulent mettre un terme à l'État de droit et contre les futurs gouvernements possiblement moins démocratiques. Les seules réponses à apporter au terrorisme seront toujours plus de démocratie, de liberté et d'éducation.

    Cordialement. »
    01/04/2015 22:57:22 - permalink -
    - http://shaarli.guiguishow.info/?lNX1vA
    nomarkdown
  • Mail à mon député à propos du projet de loi relatif au renseignement

    « Monsieur le député,

    Après avoir lu le projet de loi relatif au renseignement (http://www.assemblee-nationale.fr/14/projets/pl2669.asp) et les amendements déposés à ce jour, je souhaite vous exposer mon avis de simple citoyen sur ce texte législatif sur lequel vous serez amené à statuer, en séance plénière, du 13 au 16 avril prochain.


    Avant de commencer, et pour éviter tout malentendu, il est acquis les deux points suivants :
    * Compte tenu de l'article 34 de notre constitution et que la France est en retard sur plusieurs de ses voisins européens concernant l'actualisation législative de ses moyens de renseignement, il peut être entendu qu'une loi sur le renseignement est nécessaire ;

    * Néanmoins, une telle loi ne doit pas être un renoncement à l'État de droit, aux libertés les plus fondamentales ou bien encore à la vie privée comme cela en prend le chemin. Des représentants du peuple français ont d'ailleurs autrefois exprimé la nécessite de protéger ces éléments lorsqu'ils étaient embourbés dans des démêlés médiatico-judiciaires : « Je déplore profondément les atteintes au respect de la vie privée » - F. Hollande à propos de l'affaire Gayet ; « Quand il n'y plus de sphère privée, plus d'intimité, plus de secret des personnes, des correspondances, ça s'appelle, dans l'Histoire, le totalitarisme » - H. Guaino à propos de l'affaire des écoutes Sarkozy.


    Quels problèmes posent ce projet de loi ?
        * Ce texte est une réponse sécuritaire et médiatique qui, jouant sur le contexte actuel (attentats contre Charlie Hebdo) et, prétextant d'une lutte contre le terrorisme, va, en réalité, bien au-delà puisque le champ d'application est élargi à des motifs supplémentaires particulièrement flous : « les intérêts essentiels de la politique étrangère, les intérêts économiques ou scientifiques essentiels » ; « la prévention des violences collectives pouvant porter gravement atteinte à la paix publique ». Par son imprécision, ce dernier motif fait courir le risque d'utilisation de techniques très intrusives envers des militants politiques, associatifs et syndicaux. Il convient de restreindre fortement les motifs pouvant déclencher l'utilisation de techniques de renseignement ainsi que les services de l'état pouvant recourir à ces techniques et croiser les données collectées avec des fichiers existants (actuellement : ministère de la Défense, de l’Intérieur, de l’Économie, du Budget, des Douanes mais un élargissement futur est possible d'où un risque fort de dérives).

        * Ce texte rend légales des techniques de renseignements sans en étudier ni le coût, ni l'impact, ni l'efficacité (l'étude d'impact est indigente sur l'efficacité et l'évaluation budgétaire). Toutes les techniques de renseignements doivent-elles être légalisées ? Non. Cela doit être discuté lors d'un véritable débat démocratique. L'usage de méthodes illégales par les services de renseignement doit être fortement sanctionné lorsque leur existence est révélée (et la source journalistique ainsi que le journal qui en sont à l'origine doivent être protégés). En l'état, ce texte vise à offrir l'impunité aux agents de l'État et notamment à ceux qui ont eus et auront recours à des techniques de renseignement illégales.

        * Ce texte n'oppose concrètement ni juge, ni contre-pouvoir, ni aucune garantie à un exécutif tout puissant : les données de connexions/personnelles relatives aux personnes suspectées sont conservées pendant des durées clairement trop longues (la Cour de justice de l'Union européenne a statué en ce sens en avril 2014), la CNCTR est purement consultative, les recours des citoyens (auprès du Conseil d'État) sont inapplicables en pratique (procédure placée sous le sceau du secret défense, le citoyen ne sait pas qu'il est victime d'atteintes à sa vie privée,...). Dans un État de droit, il convient d'offrir de solides garanties proportionnées aux atteintes que peuvent occasionner les techniques de renseignement.

        * Ce texte organise une véritable surveillance de masse en cela qu'il prolonge la Loi de programmation militaire de 2013 en permettant à l'exécutif de placer des mouchards (les fameuses boîtes noires évoquées par la presse) dans le coeur des réseaux informatiques des fournisseurs d'accès à Internet (Orange, SFR, Free,...) et des hébergeurs (OVH, Online,...) de France pour une analyse en temps réel des actions et des comportements de tous les clients desdites entreprises, le tout sans garanties suffisantes (autorisation du Premier Ministre uniquement, durée limitée mais renouvelable à l'infini sans que le nombre de renouvellements soit exposé dans les rapports de la CNCTR,...). Le fait de procéder à une pêche au chalut massive pour affiner dans un deuxième temps est inacceptable. L'utilisation d'un algorithme couvert par le secret défense est tout aussi intolérable. Letout ne peut conduire qu'à l'auto-censure des citoyens et à des dérives totalitaires sans précédent à l'heure où des pans entiers de notre société basculent vers le numérique : commerce, accès à l'information, expression (politique ou non), communications avec des entreprises, des professions réglementées (avocats, médecins,...) et administrations publiques, correspondance privée,... Il convient d'interdire catégoriquement ce type d'espionnage, au nom des libertés et du respect à la vie privée.

        * De nombreux opposants à ce projet de loi, dans sa forme actuelle, se sont manifestés : journalistes, défenseurs des droits et libertés des citoyens, avocats, magistrats, opérateurs réseaux (y compris des fournisseurs d'accès à Internet), la CNIL, le Conseil National du Numérique et le commissaire aux droits de l’Homme du Conseil de l’Europe. Ces groupements et personnalités vont bien au delà du militant. De même, le gouvernement refuse tout débat public en utilisant une fois de plus l'astuce de la procédure accélérée. N'est-ce pas là deux signes forts attestant du caractère profondément liberticide de ce projet de loi ?

        * Comment peut-on accepter de suivre (de cautionner et de surpasser) les exemples de l'Angleterre et des USA quand on a vu le Patrioct Act puis le FISA (qui donne un cadre à la toute puissante NSA, actrice des révélations Snowden sur la surveillance de masse), Guantánamo, la légalisation de la torture,... ?!


    En résumé, il faut :
        * Restreindre les finalités/les champs d'applications ;
        * Restreindre les services de l'État qui pourront avoir recours à des techniques de renseignement ;
        * Réfléchir aux techniques de renseignement qu'il convient de rendre légales et celles dont il convient de condamner l'usage ;
        * Introduire de la Justice/des contre-pouvoirs forts/des garanties fortes pour l'ensemble des citoyens ;
        * S'opposer fermement à l'instauration de toute forme de surveillance de masse.
        * Cette liste n'étant pas exhaustive, je vous invite à vous reporter au site web suivant (La Quadrature du Net est une association de défense des droits et des libertés à l'heure du numérique) : <https://wiki.laquadrature.net/Amender_le_PJL_Renseignement>;

    Je vous invite vivement à prendre une position ferme en faveur de la liberté en soutenant les amendements de Messieurs Coronado, Molac et Cavard qui, bien qu'incomplets, vont dans le sens de la suppression de la surveillance de masse, la restriction des finalités et des champs d'application, augmentent les pouvoirs/facilités de la CNCTR. Il convient également de rejeter les amendements sécuritaires de Messeieurs Ciotti, Goujon et Geoffroy qui vise à l'augmentation de la durée de conservation des données personnelles relatives aux personnes suspectés, au renforcement des contrôles aux frontières,... Je vous incite également à faire naître et grandir un débat construit, rationnel et démocratique au sein de notre Assemblée.

    Enfin, je vous invite vivement à protéger les citoyens français non pas contre les terroristes mais contre les fous sécuritaires qui veulent mettre un terme à l'État de droit et contre les futurs gouvernements possiblement moins démocrates (que ferait le FN avec de tels outils de renseignement rendus légaux s'il accédait au pouvoir en 2017, par exemple ?). Les seules réponses à apporter au terrorisme seront toujours plus de démocratie, de liberté et d'éducation.

    Cordialement. »

    Envoyé hier soir. Défauts :
        * Trop long (mais d'un autre côté comment montrer qu'on se sent concerné, qu'on a réfléchit sur le sujet, qu'on a lu une partie du projet et des amendements, des résumés journalistiques et des avis contradictoires avant de leur écrire ?

        * Le FUD sur le FN est totalement inutile (les autres partis ne se sont pas montrés plus démocratiques en ce qui concerne Internet jusqu'à présent et jusqu'à preuve du contraire (présomption d'innocence du FN). Je n'ai pas remarqué ce vice de raisonnement jusqu'à ce que Johndescs me le signale... :(

        * J'ignorais que les amendements seraient votés dès aujourd'hui en commission des lois. Je pensais que tout serait voté en séance plénière du 13-16 avril. Du coup mentionner les amendements de Messieurs Coronado, Molac et Cavard dont certains ont déjà été rejetés, ce n'est pas du plus bel effet. :(
    01/04/2015 22:45:35 - permalink -
    - http://shaarli.guiguishow.info/?9Id3rw
    nomarkdown
  • Agissons contre le projet de loi de surveillance ! | La Quadrature du Net

    « Depuis sa présentation en Conseil des Ministres le 19 mars dernier, le projet de loi relatif au renseignement soulève des critiques multiples et argumentées de la société civile, des associations de défense des libertés, du monde judiciaire (jusqu'à certains magistrats antiterroristes !), des professionnels du numérique et même de l'actuel président de la Commission nationale de contrôle des interceptions de sécurité.

    [...]

    Légalisation générale des pratiques auparavant illégales des services de renseignement, sans contrôle ni discussion publique de leurs efficacité et finalités, mise en place d'interceptions massives des données des citoyens sur Internet, absence de garanties de contrôle en amont des interceptions, impossibilité pratique de recours du citoyen contre les potentiels abus des services : ce projet de loi, présenté comme une « grande loi d'encadrement du renseignement » est en réalité un blanc-seing donné aux services de renseignement et au pouvoir politique, autorisant des intrusions massives et inédites dans la vie privée des citoyens et élargissant le périmètre des actions des services bien au-delà de la justification anti-terroriste sous laquelle il est actuellement présenté.

    [...]

    Les députés semblent aujourd'hui peu enclins à contester ce projet de loi : faisons leur faire entendre la voix des libertés et demandons leur de protéger les citoyens qu'ils représentent !

    [...]

    L'ampleur de la mobilisation citoyenne est désormais le seul outil qui pourra faire évoluer les parlementaires avant l'examen du projet de loi en séance publique à partir du 13 avril prochain. »

    http://sous-surveillance.fr/
    01/04/2015 16:48:08 - permalink -
    - http://www.laquadrature.net/fr/agissons-contre-le-projet-de-loi-de-surveillance
    nomarkdown
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