D'après Jacques Rigaudiat (conseiller maître honoraire à la Cour des comptes) venu vendre son bouquin :
Les premiers socialistes révolutionnaires militaient pour l'abolition du statut de salarié. La Vie Ouvrière oublie de rappeler qu'il était plus proche d'un salaire à la tâche conçu pour fidéliser le peu de main d'œuvre (féminine) disponible en ville, seule la lutte sociale l'a fait évoluer ;
En Suède, l'extrême-droite est la 2e force politique du pays depuis 2022 (20 % des voix aux élections législatives). L'année 2015 aurait marquée un tournant avec l'arrivée de 163 000 demandeurs d'asile. D'après le bouquin Le Mécontentement suédois, entre 1986 et 2015, les baisses de taxes et d'impôts, les privatisations de services publics et le plafonnement des assurances maladie et chômage ont creusé les inégalités et ont renforcé le sentiment d'abandon dans les campagnes. L'accès aux services publics, tels la santé, est perçu comme une compétition avec les nouveaux arrivants. Pourtant, les Démocrates de Suède, le parti d'extrême-droite, ne sont pas, malgré leur discours, anti-élites économiques, mais uniquement anti-élites culturelles et politiques. Ils défendent des valeurs familiales plutôt conservatrices, dont des rôles genrés, mais, dans une Suède profondément séculière et égalitaire (mouais, ce n'est pas ce que montre à voir le paragraphe précédent…) dans laquelle les droits des personnes LGBT sont bien ancrés et l'avortement légal depuis 1975 (comme en France…), ils ne s'y attaquent pas frontalement. Depuis 2022, les sociaux-démocrates ont mis l'accent sur l'insécurité (hausse brutale de la criminalité liée aux gangs et au trafic de drogue) et sur une immigration plus restrictive ;
Au Japon, le Shunto, c'est-à-dire les négociations salariales du printemps auraient abouti à des hausses inédites depuis 30 ans. En réalité, elles sont concentrées sur les CDI et une partie des salariés des grandes entreprises (évaluation individuelle). Pis, il existe un salaire minimum national à 6 €/heure et 47 salaires minimums préfectoraux qui restent bas : ceux des villes régionales ont été maintenus à un bas niveau afin de protéger les PME toujours en difficulté. Malgré tout, ces PME s'appuient sur l'exploitation des travailleurs immigrés non qualifiés, malgré (ou grâce à) une réforme de la politique migratoire de 2019, qui permet d'encadrer leur venue (pas de libre choix de la profession, et liberté de circulation réduite les empêchant de rejoindre les grandes villes aux plus hauts salaires). L'objectif, non atteint, bien évidemment, était de pallier au manque de main d'œuvre née de la conjonction entre le vieillissement de la population (dont ce n'est pas la première fois que j'en entends parler) et la reprise économique de ces dernières années.