Ça faisait un moment que je voulais lire cet essai de La Boétie dans lequel il nous explique que la servitude envers un tyran (que l'on peut entendre aujourd'hui au sens d'une autorité quelconque) est volontaire et qu'il n'y a pas besoin d'une révolution dans le sang pour défaire un tyran.
Quelques notes sur La Boétie :
Quelques erreurs à propos du Discours de la servitude volontaire :
Quelques notes sur le discours :
République = res publica = chose publique. Une monarchie n'est pas adaptée pour gérer la chose publique en cela qu'il n'y a rien de public dans ce mode de gouvernance mais la volonté privée d'un seul. De même, il y a des rapports publics entre l'État et les individus contrairement au patronat ou au paternalisme qui sont des rapports privés entre les individus. De là découle que les citoyen-ne-s ne sont pas lié-e-s à l'État mais que l'État est une émanation collectiviste du citoyen-ne ;
Il n'y a pas de bon ou de mauvais tyran : le simple fait de placer quelqu'un-e au sommet d'une pyramide est le problème en lui-même. En effet, même si cette personne a toujours fait le bien, elle pourra faire le mal. C'est en gros ce que j'exprimais dans le shaarli suivant : De la violence politicienne ;
Les humain-e-s sont différent-e-s par nature. La tolérance et la fraternité permettent leur complémentarité. Je trouve ça très joliment formulé sous la plume de La Boétie ;
La liberté est naturelle, elle s'exprime même chez l'animal. Exemple de l'éléphant qui négociera son ivoire contre sa vie sauve face à un braconnier et de la domestication animalière en général ;
La servitude des Peuples ne peut pas être de la lâcheté ni uniquement de l'admiration envers un-e ni une résignation face à une force militaire imposante car elle concerne trop de personnes à travers le monde et que les tyrans qui ont des facultés exceptionnelles réelles admirables sont très rares ;
Du coup, qu'est-ce qui explique la servitude des peuples ?
Et donc, comment on se libère ?
La personnification du régime, dont la 5e République est une illustration parfaite (on vote pour un-e Président-e, son programme alors qu'il y a toute une équipe derrière lui, d'avant son élection jusqu'à la fin de son mandat, dont on entend jamais parler), n'est pas nouvelle : Pyrrhus attribuait à son gros doigt des pouvoirs de guérison, les rois de France se prétendaient d'origine divine et prêtaient des pouvoirs magiques à la fleur de lys, etc. On voit donc une envie de faire le show, de se démarquer. Leur solitude, crée par leur sentiment d'unicité est la source de leur pouvoir. Mais c'est du flan ;
Les mauvaises institutions sociales et politiques entraînent inévitablement les humain-e-s dans des sentiers dangereux. Oui, je le pense aussi. C'est pourquoi il faut être minutieux lors de l'écriture de documents fondateurs de structures sociales comme une Constitution ou les Statuts d'une association. C'est pourquoi, il faut toujours tenter de créer l'écosystème (associatif, humain, etc.) le plus pur, le plus complet qui puisse exister et qui respecte des principes fondamentaux banaux comme l'indépendance ou la séparation des pouvoirs ou l'existence de contre-pouvoirs effectifs. Car sinon, la dérive sera facilitée.
Merci à HS-157 ( http://hs-157.moe/ ) pour le prêt du bouquin (d'où la motivation pour le lire :P ).