The Daily Shaarli
G Milgram a déniché une nouvelle façon de pratiquer la science, de produire des connaissances : dans un milieu naturel, au sein d'un cercle de constellation écologique (= une simple ronde), des scientifiques incarnent des entités naturelles (une rivière, un loup, de la neige, le temps long, etc.) afin de ressentir leur vécu dans le but d'épaissir la connaissance par des dimensions supplémentaires. 🤡️ C'est le ouija version entités naturelles, en gros. Par Patrick Degeorges, Institut Michel Serres (ENS Lyon).
Parce que la méthode scientifique, notamment la reproductibilité des expériences, c'est limitant, c'est chiant. De nos jours, les scientifiques doivent « s'immerger dans l'expérience ».
Attention quand même : il faut exprimer convenablement le ressenti de l'entité incarnée. Dire « Comme épicéa, je me sens menacé par les bûcherons capitalistes » n'est pas convenable. Il faut dire : « Ma gorge est sèche, je voudrais me déplacer… ».
Afin de cacher la misère, ne surtout pas hésiter à présenter cette nouvelle approche de manière pompeuse : « Des savoirs écologiques à une écologie des savoirs : expériences transformatrices en terrains scientifiques » ou « Créer les conditions de l'émergence. Pratiques transformatrices, intelligences analogiques, et savoirs situés ».
Organiser cela sous forme d'une formation lors d'une université d'été à destination de doctorants ou sous forme d'une conférence à IRCELyon (Lyon 1 - CNRS). Quitte à raconter de la merde, autant y apposer un logo CNRS.
La finalité de tout cela, c'est de convaincre les décideurs politiques et l'opinion publique d'agir concrètement contre le changement climatique, vu que les alertes de la science traditionnelle ne fonctionnent pas.
Ça me fait un peu penser au débat sur l'attribution d'une personnalité juridique des entités naturelles afin de mieux les protéger. Se pose alors la question de leur représentation, vu qu'une forêt est trop conne pour se défendre en justice, et de l'apport de ce concept par rapport à l'octroi, en direct, d'un intérêt à agir à des associations de défense de la nature. De même, je ne comprends pas l'apport de l'intermédiation proposée par Patoche.
Par contre, comme trop souvent, le titre de la vidéo est aguicheur : ça serait gratuit ou financé par le privé que ça n'aurait toujours pas sa place dans des institutions de recherche.
Rabe ici. Autre formation en 2024 dans une École rattachée à l'univ de Strasbourg, et au CEA en 2022-2024. Formation conçue au sein d'Ideas Laboratory / Y.SPOT, le centre d'innovation ouverte du CEA, dont rien que le nom et la description me laisser penser que ça doit financer d'autres bullshit. 8-10 k€ la formation de 10 jours (hors déplacement et logement) et 4 intersessions en distanciel. Suite à la vidéo de G Milgram, l'IRCELyon a retiré du web la vidéo de la causerie, et le papier de recherche a aussi été retiré 🥲️.
Toujours aussi médiocre, Cash investigation :
Plaintes CNIL déposées par LQDN en 2022 contre le TAJ, TES, et la vidéosurveillance de l'espace public (normal et VSA).
Quatre ans plus tard, où en est-on ?
La plainte contre la vidéosurveillance a été classée car l'objet était trop large (nous demandions à la CNIL de dire que l'ensemble de la vidéosurveillance était disproportionnée).
En revanche celles contre les fichiers TES et TAJ sont toujours en court. Nous avons fait un ajout à la plainte sur le TES il y a un an avec de nouveaux éléments démontrant un détournement du fichier : https://www.laquadrature.net/2025/11/24/la-police-detourne-le-fichier-des-passeports-et-des-cartes-didentite/
Source : liste de discussion de LQDN, ce jour.
À la CNIL, la sieste est toujours aussi intense.
