The Daily Shaarli
Projet de loi de transposition de la directive (UE) 2023/970 du Parlement européen.
La directive européenne devait être transposée avant le 7 juin 2026… Fiers d'être des guignols.
Je retiens de l'avis du CE :
En matière de sanctions, l'obligation de résultat de la directive n'est pas reprise dans le projet de loi (pjl), uniquement une obligation de moyens. (Les sanctions portent uniquement sur les obligations déclaratives, de transparence, de mise en œuvre des procédures de remédiation, pas l'application de la remédiation. Dit autrement : pour échapper à la prune, il suffit de mettre en œuvre la procédure, pas qu'elle aboutisse.) Le CE estime que c'est OK car la directive est un grand chambardement, blablabla (point 31 de l'avis).
L'organisme pour l'égalité de traitement devrait être le Défenseur des droits. Le CE soulève que, pour que ce la advienne, il faut modifier ses missions par une loi organique, introuvable à ce jour (point 33 de l'avis).
Le CE reste dans l'idée qu'un statut différent (ex. : entre les salariés de droit privé ou de droit public de La Poste) constitue une justification objective (non-sexiste) d'une différence de rémunération à travail égal… (point 53 de l'avis)…
Au point 44 de son avis, le CE expose que, dans le public, la confection des catégories d'emploi égal sera basée sur les grades et/ou le cadre d'emploi. Je m'interroge sur l'harmonisation avec les contractuels (qui, formellement, n'ont pas de grade ni cadre d'emploi, mais dont la rému peut être calquée sur celle des titulaires). Au point 62, le CE relate que le pjl concerne aussi les contractuels de droit privé.
J'ai retenu de la directive que, sur certains points, elle porte sur l'ensemble des manquements au principe d'égalité, pas qu'en matière de sexe. Ces points : infos avant embauche sur la rémunération et les critères d'évolution, droit d'information individuel sur la rémunération dans sa catégorie de travail (si susceptible de révéler la rému d'une seule personne : droit indirect, via délégué du personnel, CSE, etc.), indemnisation déplafonnée, renversement de la charge de la preuve (l'employeur doit montrer qu'il n'y a pas discrimination), et sanctions.
