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——————————— April 21, 2020 - Tuesday 21, April 2020 ———————————

@HowTommy :


Pourquoi, même dans le monde du logiciel libre, on se sent obliger de changer l'aspect visuel et le comportement de nos interfaces graphiques tous les 2 ans ?! Ça m'énerve, mais ça m'énerve !

Personnellement, je pense que ça vient du fait que trop peu de gens travaillent sur ce type de projet et/ou d'un manque de vision sur la façon d'utiliser un logiciel.
[…]
C'est un peu pareil dans le monde du logiciel libre et sur l'utilisation personnelle d'UX. Une UX ne sera jamais utilisée exactement comme l'aura pensée son créateur. Ce qui implique que chaque refonte d'UX doit normalement s'accompagner : (de la meilleure mais plus compliquée, à la pire)
> de données extraites de sondes dans l'application (pour voir ce qui est utilisé et comment)
> de données extraites de sondages auprès d'utilisateur pour identifier ce qui est important à leurs yeux
> de données extraites ... de l'utilisation perso des développeurs. Ce qui créera énormément de breaking changes.

Après se pose la question de l'égo. Quand tu es persuadé de concevoir un truc au mieux, et que tu te prends une vague de mécontement de gens qui n'utilisaient pas l'outil comme toi, ton égo s'en mêlera, ce qui finira souvent sur une de ces 3 réactions : (de la meilleure mais la plus rare, à la pire)
> Mince, je n'avais pas vu l'utilisation comme ça, je vais y réfléchir, quitte à rollback (la plus rare)
> Ouais enfin je dev un truc pour vous et vous vous plaignez, vous êtes des cons, je vais finir par arrêter de dev...
> C'est MON outil et MA vision. Vous devez l'utiliser comme moi.
[…]
Après dans l'informatique libre c'est encore plus amplifié, car le développeur ne peut pas mettre de sondes dans son logiciel pour identifier son utilisation...
Et s'il veut vraiment le faire, il doit coder son propre système avec anonymisation. Et la majorité des gens diront "non merci" quand ils installeront l'application. Ce qui donnera encore moins de visibilité au développeur ^^
[…]
EDIT : Après y'a deux autres trucs à prendre en compte :
> les évolutions graphiques (un logiciel qui a 10 ans ça se ressent à mort dans son interface, il faut le faire évoluer pour qu'il ne devienne pas inintéressant et inutilisé)
> le fait que le dev libre soit souvent fait par des passionnés (= ils veulent développer un truc cool et joli, pas maintenir une vieille interface qu'ils n'aiment peut-être plus)

J'avais mis ce shaarli de côté en attendant de lire d'autres points de vue sur l'UI/UX dans les logiciels libres, mais, finalement, ce sujet ne m'intéresse pas, donc je ne lirai pas ces points de vue mis de côté, donc je réponds.

Ce que tu écris est vrai. C'est d'ailleurs des points qui reviennent souvent dans les débats UI/UX dans le logiciel libre. Parmi les arguments courants, t'as oublié l'absence de spécialistes UI/UX aux côtés des développeurs et le sentiment des spécialistes UI/UX d'être mal considérés par les auteurs de logiciels libres sous prétexte de voir parfois (souvent, en fonction des témoignages) leurs contributions bloquées au motif "qu'on essaye de faire un logiciel fonctionnel, on verra l'apparence plus tard, bon sang !" (que j'interprète plutôt comme une priorisation du travail qu'un refus).

J'ai l'impression que ça ne répond pas à ma râlerie. Ce que j'ai écrit, c'est que la volonté même de changement en permanence me fatigue. La mise en œuvre de ce changement est annexe. L'un des buts d'être alternatif, c'est aussi de ne pas courir comme un poulet sans tête comme ça se fait partout ailleurs. C'est de résister à la folie du monde. D'être alternatif, quoi. Quand un logiciel fonctionne, il fonctionne, on arrête de tout y changer afin que rien change.

Qu'un logiciel standard change d'interface tous les ans, c'est environ normal : il faut faire croire au changement afin de susciter l'achat / le renouvellement et de maintenir l'intérêt autour du produit à des fins commerciales. Comme pour l'apparence d'un frigo ou d'un smartphone ou d'un humain (on nomme ça la mode). Ça permet également de vendre de la formation.

En revanche, je ne comprends pas les motivations d'un logiciel libre pour ce faire. Les évolutions graphiques… Tant que c'est fonctionnel, qu'est-ce que ça peut faire puisqu'on ne pourra pas rivaliser, sur l'apparence, avec les logiciels privateurs, donc qu'on ne recrutera pas de nouveaux utilisateurs avec ça (en revanche, on peut en perdre) ? Le côté passion, je peux comprendre, mais il va à l'encontre des reproches habituels adressés aux logiciels libres qui ne seraient pas utilisables, en ligne de commande, pas jolis, etc. justement par passion. Quand on a un logiciel libre qui perce, comme Enigmail, et que l'on se donne de la peine pour le promouvoir (chiffro-fêtes, cafés vie privée, etc.), ça veut dire qu'il convient, donc en changer l'apparence par plaisir est une mauvaise idée : la formation est à refaire (ce qui coûte, à nouveau du temps de bénévole rare qui n'est pas mis ailleurs), on va perdre des utilisateurs qui ont autre chose à faire qu'à s'adapter à nouveau, etc.

La stabilité dans le temps donnerait un avantage aux logiciels libres aux yeux de toute personne pour qui un ordinateur est un simple outil. L'apparence d'une agrafeuse ou d'une casserole ne change pas tous les quatre matins. Le moindre changement peut décourager les utilisateurs. Exemple : le renommage (et changement de l'icône) d'Iceweasel en Firefox dans Debian GNU/Linux a troublé des proches. Je te parle même pas du passage de GNOME 2 à GNOME 3 (Shell ou non) que je n'ai pas effectué chez ces proches par appréhension, du coup. Les nouveaux comportements de Gajim (cliquer sur la croix ne réduit plus la fenêtre dans la zone de notification, le champ de saisie dans une fenêtre de conversation n'est plus extensible, un nouveau message n'est plus signalé par une icône clignotante dans la zone de notification mais par un changement de celle-ci) perturbent autant l'utilisateur lambda.

On me dira que le ruban Microsoft Office en a troublé plus d'un. Oui, mais les gens utilisent ce logiciel en majorité par contrainte (emploi, paperasse). C'est comme le nouveau menu démarrer dans winwin 8 (winwin est utilisé par confort et/ou ignorance)… qui a été retiré sous la grogne des utilisateurs. La différence entre ces deux exemples (Office et winwin) et un logiciel libre, c'est qu'utiliser des logiciels libres, qui sont encore des bidules alternatifs, ça constitue déjà un effort, donc leurs utilisateurs seront d'autant moins enclins à fournir des efforts supplémentaires pour s'y adapter.

Bien sûr, si ça se trouve, les développeurs d'Enigmail (dans le cas présent) pensaient que la nouvelle interface serait plus conviviale. Peut-être même que ce changement a été demandé par une majorité d'utilisateurs ou imposé par un changement interne dans le fonctionnement de Thunderbird. Ça reste dommage.

@OpenNews :


C'est dommage que le débat sur l'anonymat reste au final très superficiel.

Dans ce shaarli précis, mon propos n'est pas de débattre de la moralité (bien / mal) de l'anonymat, mais de rappeler que ça existe aussi AFK. Ma rhétorique s'adresse justement aux gens qui n'ont pas le temps / l'envie d'approfondir le sujet. Partant de là, tout ton écrit est hors sujet.


1) Effectivement on constate que les gens sur internet ne sont pas vraiment anonyme, mais ... grâce aux GAFAM. Tout les exemples de personnes identifiées et poursuivies sont liées à une collaboration des GAFAM avec la justice et au fait que les GAFAM eux-mêmes imposent ces utilisateurs de produire des éléments pouvant les identifier.

Rhétorique (généralisation). C'est faux. Dans le cas de l'attentat de 2012 à Toulouse, Le Bon Coin avait transmis aux flics les infos sur les personnes qui étaient entrées en relation avec le militaire assassiné le 11 mars (les flics ont été trop lents pour se servir de l'info à temps, mais c'est un autre sujet). Le Bon Coin n'est pas un GAFAM. Même chose pour Triskel, l'éditeur de services numériques publics qui ont été utilisés sans accord préalable (il n'y avait pas lieu d'en demander) par des membres du collectif Anonymous afin de coordonner une attaque DDoS : ce ne sont pas les GAFAM qui ont cafardé. Ce n'est pas non plus les GAFAM qui balancent les fournisseurs de nœuds de sortie Tor (voir les bilans moraux de l'association Nos Oignons). Je n'évoquerai pas les cas privés que j'ai eu à connaître dans des Fournisseurs d'Accès à Internet / hébergeurs associatifs et dans mes emplois (on fournit un accès à Internet aux collègues comme toute organisation moderne).

Les GAFAM sont imposants et ont un impact sur beaucoup de citoyens, donc il est légitime de s'intéresser à eux, mais ils ne sont pas les seuls acteurs. Les FAI sont tenus de conserver des traces (mais la Cour de Justice de l'UE a jugé en 2014 et 2016 que la France les fait conserver trop longtemps et qu'elles portent sur trop de personnes indifférenciées, ce qui constitue une atteinte à la vie privée, pile ce que les militants pro-vie privée affirmaient en 2004… À l'époque, c'était eux les méchants pas beaux qui voulaient la vie privée absolue qui s'oppose à la vie en société gnagnagna). Même chose pour les sociétés commerciales qui fournissent un accès à Internet à leurs employés. En France, les fournisseurs de services sont également tenus de conserver des traces des personnes qui publient des contenus. Même chose pour les hébergeurs. Il y a évidemment les services sur lesquels l'anonymat a un intérêt très limité comme un site web de rencontres (il faudra bien se rencontrer sincèrement à moment donné, donc mentir démesurément afin de préserver sa vie privée a peu d'intérêt) ou un réseau social (en fonction de l'usage) ou des boutiques en ligne (adresse de livraison…). Enfin, il y a les traces collectées contre le gré des personnes comme celles collectées par les traqueurs publicitaires ou de mesure d'audience et celles qui sont liées à l'externalisation rampante (comme AFK), ce qui inclut les profils fantômes sur les réseaux sociaux.


C'est parfois étrange de voir certaines personnes utiliser à la fois l'argument que personne n'est vraiment anonyme sur internet et de l'autre qu'il y a un problème de respect de vie privée avec les GAFAM,

Rhétorique ("ce n'est pas cohérent tout ça" / fausse opposition entre deux concepts). J'ai écrit que l'anonymat existe sur Internet comme AFK, point. Ci-dessus, j'ai exposé qu'il y a des collectes légitimes et illégitimes (je n'ai pas écrit légales / illégales, la CJUE a jugé illégal au regard du droit de l'UE le régime français de conservation des traces côté FAI) de données permettant d'identifier une personne. Sur Internet comme AFK. Ben oui, AFK le boutiquier d'un bled où j'ai jamais mis les pieds, pour qui je suis donc anonyme, se souviendra quand même de moi quelque temps si les flics l'interrogent. Mon barman préféré voit environ avec qui je traîne (il a pas les noms, mais il voit). L'anonymat est relatif, de fait, AFK comme sur Internet, mais il existe et il faut prendre ça en compte.

Dire « on n'est pas anonyme sur Internet » et « il y a un problème de respect de vie privée par les acteurs du numérique », ce n'est pas contradictoire. Ce n'est pas parce que quelqu'un n'est pas anonyme pour toi que tu peux faire n'importe quoi avec les éléments qu'il t'a confié et qui lui retirent son anonymat à tes yeux. L'enjeu, c'est la manière de procéder à la collecte et à la conservation des traces et leur encadrement. La collecte d'infos permettant de lever l'anonymat est-elle légitime ? Quelle en est la motivation ? Est-elle prévue par un texte de loi ? Si elle n'est pas une obligation, y-a-t-il eu consentement ? Quelle est la procédure d'accès ? Y-a-t-il des contre-pouvoirs ? Etc.


Les interactions réellement anonymes s'opposent aux règles de société de base.

Je ne pense pas. Comme je l'ai écrit, l'anonymat est la forme la plus courante des relations dans une société humaine. Internet change rien à l'affaire. L'anonymat n'est pas dangereux en lui-même. Les stats de la criminalité vont dans ce sens-là : la victime connaît son agresseur dans la majorité des cas. Le simple fait d'être anonyme ne va pas te donner l'envie de me nuire, il y a d'autres facteurs éco-socio-psycho-culturels et motivations qui entrent en jeu. Petite digression : c'est le cas des insultes / menaces sur les réseaux sociaux, par exemple : c'est aussi dû aux choix de ces plateformes numériques de promouvoir ce qui mousse car ça maintient l'engagement des gens donc les rentrées publicitaires, ainsi qu'à la limitation de la taille des messages qui, dans la pratique, contraint à faire court. Or "nik ta mèr sal chien", c'est plus court qu'un long pavé explicatif (point "l'outil impacte la manière dont les rapports sociaux ont lieu").


Ceux qui défendent une vie privée absolue sont pourtant en général également ceux qui dénoncent les entreprises qui lobbyent secrétement avec les politiciens ou poussent pour des actes biaisés en science, sur le marché, ou dans les médias.

Rhétorique (pousser le raisonnement à l'extrême). Là encore, je n'ai pas écrit que la vie privée devait être absolue. Ensuite, tu confonds espace privé et espace public. Quand tu participes à la vie publique (exemple que tu donnes), ça ne peut pas être en scred, ça ne peut pas relever de la vie privée. Il est évidemment que seule ta participation à la vie publique et ce qui pourrait l'influencer (relation privée qui entraîne un conflit d'intérêt, par exemple) doit être public, et que le reste de ta vie doit rester privé. Il existe l'expression « la vie privée pour les faibles, la transparence pour les puissants » qui résume cette idée, mais je ne l'aime pas trop, car elle laisse penser qu'un PDG du CAC 40 ou un chef d'État ou un militant ne peut pas avoir de vie privée en dehors de ses fonctions de part sa """"puissance"""".


il n'y a personne au milieu pour proposer ce qui existe depuis des siècles: protéger la vie privée non pas en rendant techniquement impossible le viol de la vie privée, mais en rendant possible son illégalité parce qu'on a construit une société qui ne le tolère pas.
Techniquement, il est hyper facile pour un état d'espionner le courrier de quelqu'un. Mais ouvrir les enveloppes lui est tout simplement interdit.
De la même manière, la question n'est pas un anonymat techniquement impossible à lever, mais impossible à lever sans impliquer des acteurs citoyens ayant des garanties légales.

Là encore, je n'ai pas parlé de rendre techniquement impossible le viol de la vie privée. Je suis d'accord, sauf que je suis moins candide : le courrier postal a toujours été ouvert par les services de renseignement / les flics / l'État en général et il l'est toujours. Sous conditions blablabla, mais quand même. Même constat dans le numérique d'autant que c'est plus facile, ça se voit pas ou difficilement, c'est moins coûteux, etc. Numérique comme AFK, ce n'est pas toujours pour des raisons légitimes ni même légales. C'est pour ça qu'on a besoin des deux : d'une règle de vie en commun qui dispose que ce comportement est inacceptable et des solutions techniques qui permettent de rendre effectif ce joli principe si besoin.

@OpenNews :

J'ai mis du temps à comprendre l'objet de la discussion : je l'ai compris début 2019. Depuis, te répondre était dans ma liste des choses à faire…

Je reconnais mon erreur : dénoncer les faux positifs d'un algorithme de surveillance (auto ou mano) est une abus de langage / raccourci qui se base sur des présupposés.

Mes présupposés étaient :

  • Surveillance automatique et traditionnelle ne sont pas exécutées en parallèle mais en série, la surveillance auto nourrit la surveillance traditionnelle, à quelques dizaines / centaines d'exceptions près ;

  • Il n'y aura pas de """"vrai"""" contrôle des résultats produits par la surveillance auto car :
    • Mythe de la machine qui se trompe jamais (du coup, rappeler que la machine produira aussi des faux positifs et des faux négatifs, ça a du sens, à condition de le formuler explicitement, en effet). Cette confiance peut également dé-inhiber les flics alors qu'une surveillance manuelle pourrait déclencher une prudence car l'expression non-verbale du collègue laisse planer un doute qu'on est plus habitué à prendre en considération ;

    • Flics / renseignement en sous-effectif, donc il n'y a pas le temps, donc on préfère aller perquisitionner / arrêter avant et discuter ensuite (ça revient à ce que tu écris : « aucune preuve que la variable décorrélée sera utilisée correctement »).

Mon raccourci / abus de langage était : un ordinateur traite plus de personnes que les effectifs de renseignement et de flics dont on dispose actuellement, donc un même algorithme appliqué par quelques milliers de flics / espions ou par un ordi ne donnera pas le même résultat : en absolu, le nombre de faux positifs de la surveillance automatique sera plus élevé que celui de la surveillance manuelle, donc ça mérite qu'on s'y intéresse d'autant plus. J'aurais dû écrire ceci plutôt que "y'aura des faux positifs avec la surveillance auto, c'est mal", oui.


L'exemple des fruits est là pour démontrer qu'il est mathématiquement incorrect de prétendre qu'une sélection ayant un grand nombre de faux positifs est un problème en soi.

Pas d'accord. Si la généralisation d'un algorithme, par son automatisation, entraîne la """"découverte"""" de plus de faux-positifs qu'il y a de terroristes en réalité, on est face à un problème d'inefficacité de la généralisation de cet algorithme qui produit trop de faux positifs en absolu quand il est automatisé. C'est intéressant à relever car ça permet d'aller contre la rhétorique "je m'en fiche de ma vie privée si c'est efficace" sans entrer dans un débat de philosophie : ça ne sera pas efficace, au contraire, en plus d'être liberticide (si l'on reste sur mes présupposés exposés ci-dessus). Mais, oui, ça ne permet pas de descendre en flammes directement la surveillance auto : on pourrait chercher et trouver un autre algorithme, faire un vrai contrôle décorrélé en sortie de l'algo, etc.


Ce n'est pas l'existence de faux positifs qui crée ce problème. Cet argument est un bon argument contre la surveillance en général, mais s'il est utilisé pour attaquer la surveillance automatique uniquement, cela revient à dire que vous ne voyez pas de problème à avoir une surveillance traditionnelle qui a ces problèmes.

Comme dit, la masse de faux positifs n'est pas la même car la capacité de traitement n'est pas la même. C'est difficile, à juste titre, de convaincre qu'un système mano est malsain car il y a une erreur de temps en temps. Je ne dis pas qu'il ne faut pas s'en occuper, mais ça me semble être moins problématique.


La surveillance automatique ne va pas forcément amplifier les arrestations, car l'exécutif sur ce plan est surement déjà saturé, simplement, au lieu de s'attaquer injustement au musulman qui est un faux positif dans la méthode traditionnelle, on va déplacer le cercle des victimes sur d'autres critères, sans forcément l'augmenter.

C'est un point de vue. J'ai l'inverse, voir ci-dessus (confiance aveugle, etc.). Mais, oui, ça ne change pas ce que tu dis : si on est convaincue d'une causalité entre la hausse des faux positifs en absolu due à la généralisation du traitement et le nombre d'emmerdes (arrestations, perquisitions, etc.), il faut le dire clairement sans avoir recours aux faux positifs.


Un élément qui me dérange un peu, c'est que les faux positifs de la méthode traditionnelle sont typiquement des minorités, et j'ai l'impression que certains se réveillent uniquement quand ils se rendent compte qu'avec la surveillance automatique, comme la sélection se basera sur des éléments moins triviaux que l'appartence ou la fréquentation d'un groupe communautaire minoritaire, ils peuvent également être eux-mêmes un faux positif.

Je ne suis pas totalement de cet avis. Rien à ma connaissance permet d'affirmer que la surveillance auto se basera sur des éléments moins triviaux. les éléments triviaux sont plus faciles à programmer (les coordonnées GPS de son téléphone mobile indiquent qu'il fréquente telle mosquée / gus). De même, les flics peuvent être tenté de ré-introduire du faciès dans la surveillance traditionnelle en sortie de la surveillance auto : puisqu'il n'y a pas assez d'effectifs pour surveiller tous les faux positifs sortis par l'algo automatisé, on va se concentrer sur les noms qui ne sonnent pas bien la France, pour l'exprimer trivialement. Mais là encore, oui, ça sert à rien de dénoncer les faux positifs, il vaut mieux évoquer le secret (légitime ou non, ça se discute) de l'algorithme, le contrôle de l'usage qui en est fait, etc.

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